Journal de Gand: politique, industriel, commercial et littéraire

355 0
close

Warum möchten Sie diesen Inhalt melden?

Bemerkungen

senden
s.n. 1915, 22 August. Journal de Gand: politique, industriel, commercial et littéraire. Konsultiert 25 Juni 2019, https://hetarchief.be/de/pid/1v5bc3x36c/
Text zeigen

Over deze tekst

Onderstaande tekst is geautomatiseerd gemaakt met OCR (Optical Character Recognition). Deze techniek levert geen 100% correct resultaat op. Dit komt mede doordat oude drukken moeilijker te lezen zijn met software dan moderne. Dat betekent dat er onjuiste tekens in de tekst kunnen voorkomen. Er wordt gewerkt aan verbetering van de OCR software

Dimanche '22 ei lundi '2ÎÎ aoûl ■■■bmmbmamm——m——!—— EJ cenlimes lo numéro f>9me année - N° 234-235 JOURNAL DE GAND ABONNEMENTS : iRLGIQUIÎ : S îr. par an ; 'i fr. pour six mois ; S fr. pour trois mois Pour l'étranger, le port en sus RÉDA'CTION & ADMINISTRATION : 3, RXJE] L. E FLANLRE, 3, GAND- TÉLÉPHONE 665 ANNONCES : Voir le tarif au bas de !a dernière page du journal. Avis oîîicîels de l'autorité allemande Le service postal Un avis officiel publié dans le ressort du gouvernement général, dit que, désormais, l'échange de lettres entre Bruxelles, Vc j viers et Liège et leurs faubourgs et communes voisines ainsi que entre Anvers, Has-I s;lt et Welkenraedt, sans faubourgs et cora-| munes voisines, d'une part et la Suède et I la Norvège d'autre part, est autorisé. Les ■ condiitons sont les mêmes que pour les re-I lations déjà antérieurement autorisées avec ■ ['Allemagne, le grand-duché de Luxem-Htourg, les Pays-Bas, l'Autriche-Hongrie, ■ la Bosnie-Herzégovine, le Danemark et la I Suisse- Le trafic avec des pays plus éloignés ■ en transit par la Suède et la Norvège n'est ■ pas autorisé. Entreront en vigueur en même ■ temps, les restrictions suivantes, pour I l'échange de correspondances entre la Bel-I «ique et les pays étrangers en relation pos- ■ taie avec la Belgique, y compris la Suède I et la Norvège. ILe texte des lettres privées qui doivent rester ouvertes, à envoyer à l'étranger non | ennemi, n'importe s'il est rédigé en langue I* allemande, flamande-néerlandaise ou française, ne peut dépasser deux pages du ror-: mat ordinaire des lettres (in-cjuario). Les let-I très ne peuvent contenir aucune annexe I portant des nouvelles. Elles doivent être, I au surplus, écrites d'une écriture claire, fa- ■ cilement lisible et à interligne assez espacé. ■ Ne sont pas admises non plus des lignes I d'écriture passant à traver d'autres lignes I Pour les lettres d'affaires, si. pour le sur-I plus, elles sont conformes aux conditions I précitées, le texte peut dépasser l'espace ae I deux pages et on peut y ajouter des relevés I de comptes, des prix courants et annexes I commerciales analogues. Pour l'envoi des I lettres à l'étranger on ne peut se servir que I d'enveloppes ne portant qu'une couche de I papier ou d'étoffe. On ne pçut donc point I se servir d'enveloppes doublées de papier I ciesoie ou d'autres étoffes. Pour les lettres qui ne sont pas conformes à ces prescriptions les expéditeurs doivent s'attendre à ce que,par suite de la difficulté I de l'examen de ces lettres, celles-ci n'arri-| vent à destination qu'avec un retard de plu-I sieurs semaines. Les restrictions ci-dessus indiquées ne I sont pas applicables au trafic de lettres en-I tre la Belgique et l'Allemagne. En ce qui concerne l'échange de lettres I avec les Pays-Bas, les prescriptions actuel-I les restent en vigueur. D'après celles-ci, ne I sont autorisées pour les communications I d'un caractère personnel que les cartes-pos-I laies. Pour les communications purement I commerciales les lettres sont autorisées, ■ mais elles ne peuvent dépasser deux pages ■ d'une feuille ordinaire de papier à lettre I LA (ÏÏJKIUU] Sur ie front occidental Communiqué officiel allemand Berlin, 20 août. — (Midi.) — Entre Angres et I Souciiez l'ennemi fut chassé (les tranchées qu'il I avait occupées hier. Au Schratzmaennele, dans les Vosges, une I petite partie ds nos tranchées avancées fut oc-Icupéepar les Français, Communiqués officiels français Paris, 19 août (après-midi). — Grande activité I sur le front d'Artois ; une attaque de notre part I nous a rendus maîtres du carrefour de la route I Béthune-Arras et du chemin d'Ablain à Angres, I où la position ennemie formait un saillant dans I noire avant-ligne, plusieurs contre-attaques Iennemies ont été repoussées. Au nord de Carleul nous avons repoussé des attaques à coups de grenades et de pétards. Violentes canonnades entre l'Oise et l'Aisne, dans le secteur de Bailly, ainsi que sur les plateaux de Quennevières et de Nouvron. En Argonne notre artillerie a maîtrisé le bombardement des batteries et lance-bombes ennemis vers la Fontaine-aux-Charmes et dans la région de Marie-Thérèse. Dans les Vosges, lutte continue et violente sur le sommet du Linge. Nous nous sommes emparés d'une nouvelle tranchée ennemie à la crête du Schratz-tnammele.Paris, 19 août (soir). — Lutte d'artillerie toujours intense sur la majeure partie du front, notamment sur les deux rives de l'Oise dans les régions de Plessy., de Roye et de Lingré, où le feu de notre artillerie a atteint un train et des convois ennemis, en Champagne et dans la Wcevre méridionale L'ennemi a fait exploser une mine aux abords de la côte 285, sans causer des dégâts à nos travaux. Dans les Vosges l'ennemi n'a plus réagi que par une violente canonnade contre nos positions du Linge et du Schratzmaennele.Sur la front orientai Communiqués officiels allemands Berlin, 20 août. — La forteresse de Nowo GeorgiewsU, le dernier arrêt des Russes en Pologne, a été prise après une résistance opiniâtre. Toute la garnison, s'élevant hier, à la fin du combat, à 20,000 hommes et un matériel provisoirement inestimable, tombèrent dans nos mains. L'empereur s'est rendu à Nowo-Geor-giewsk pour exprimer la reconnaissance de la Patrie et la sienne au commandant de l'attaque, le général d'infanterie von Beseler, et aux vaillantes troupes assaillantes. Berlin, 20 août. — Groupe d'armée du général feldmaréchal von Hindenburg. A l'est de Kovno, nos troupes suivent l'ennemi après des combats heureux. Dans la région de la Dawina, jusqu'à la route d'Augustowo-Grodno, les Russes se sont retirés sur la ligne Gudule- (à l'est de Mariampol) Lordzieje-Studzieniezna où ils opposent de nouveau de la résislance. Egalement à l'ouest de Tykocin, les combats se poursuivent. L'armée du général von Gallwitz continue avec succès son attaque. 10 officiers et 2,650 soldats furent faits prisonniers, 12 mitrailleuses furent conquises. La forteresse de Nowo-Georgiewsk, le dernier arrêt de l'ennemi en Pologne, a été prise après une résistance opiniâtre. La garnison toute entière, 6 généraux et plus de 85,000 soldats, y compris déjà plus de 20,000 pris lors de la dernière attaque, furent faits prisonniers. Le nombre de canons s'est élevé à plus de 700. La quantité du matériel de guerre ne peut encore être évaluée. Groupe d'armée du général feldmaréchal prince Léopold de Bavière : Le groupe d'armée continue sa marche en avant. Groupe de l'armée du général feldmaréchal von Mackensen : L'aile gauche rejeta l'ennemi derrière le secteur de la Koteska et de la Paluwa, au sud-ouest de Wisoko-Litowsk. Au sud du Bug nous avons gagné du terrain en face de . Brest-Litowsk. A l'est de VVIodowa, nos troupes ont atteint en poursuite acharnée la région de Piszcza. Communiqué officiel autrichien W. T. B. Vienne, 19 août. — Les forces austro-hongroises, sous le commandement de l'archiduc Joseph-Ferdinand et du général von Kovetz, se sont emparées, au nord de Janow et Constantinow, du passage au-dessus du Bug. Niemirow et autres villages de la rive septentrionale ont été pris d'assaut. L'ennemi est culbuté. La poursuite subséquente a commencé. Les troupes d'enveloppement de Brest-Litowsk, don le centre est occupé par les divisions du Feld marchal'eutnant von Arz, ont enlevé à l'ennèm quelques positions avancées de campagne prè Wladjmir-Wolynsk. En Galicie orientale, rien de neuf. Communique officiel r::s e W. T. B. St-Pétersbourg, 19 aoû'.— Dans 1 région de Riga et près de Jacobstadt pas d changement réel. Une tentative de la flotte aile mande de repêcher nos mines à l'entrée du golf de Riga; a été enrayée par le feu de nos navires Près de Dûnaburg nous avons arrêté la tenta tive de l'ennemi de pasrjr à l'offensive, la nui du 16-17 et le jour suivant. Devant Kowno, les Allemands ont réussi aprè des combats violents qui ont duré 11 jours à s'établir dans, les ouvrages situés à la riv gauche du Njemen, à l'ouest du Jesia. ils ten tent de s'établir sur la rive droite de ce cour d'eau endigué, où une partie des ouvrages e; encore en nos mains. Tous les ouvrages su la rive droiie du Njemen sont en notre pouvoir Au Narew supérieur, ainsi que entre ce fleuv et le Bug, les combats se sont poursuivis le 1 et 17, avec résultats variables. L'ennemi entrepris des attaques surtout violentés du côt ouest sur les routes vers Bialostok et Bielsk. Au Bug, dans la région Siedlec-Tscheremcha après avoir arrêté l'offensive ennemie, nou avons entrepris une contre attaque favorable. Devant Nowo Georgiewsk, l'ennemi continu ses attaques acharnées contre le front nord-es des fortifications. Ses principaux efforts viser les ouvrages qui dominent le chemin de fe venant de Mlawa. Au Bug supérieur, à la Zlota-Lipa et a Dnjestr, aucun changement. i Sur le front îtslo-autrichie? Communiqué officiel autrichien VV. T. B. Vienne, 19 août. — L'artilléri lourde italienne a continué son feu, hier et cetl nuit, contre nos ouvrages du Tyrol. Une attaqu de deux bataillons ennemis contre nos position avancées au plateau éievé de Folgaria.a ét repoussée. Les combats violents continuent dans le secteur nord du front, à la côt?. Un forte attaque contre Hrzli Vrh a échoué comm les précédentes. Les Italiens ont attaqué six foi et sans résultat, l'après-midi et le soir, la parti sud de la tête de pont de Tolmein. Durant tout la nuit, également, la bataille a continué ave violence ; la tête de pont est restée, comm avant, toute en notre pouvoir. Au moins 601 cadavres italiens, non encore inhumés, gisen ici devant nos tranchées. Canonnade habituelle dans la région de Gorz Communiqués officiels italiens W. T. B. Rome, 18 août. — Le lo-g de frontières du Tyrol et du Trentin notre feu d'aï tillerie s'est poursuivi violent et actif. Dans 1 vallée Bâcher (Sexte) nos troupes ont pris le 1 une seconde ligne de tranchées et fait butin d fusils, munitions et autre matériel de guerre. E Carinthie un de nos détachements, en s'avançan sur la. crête du Vrsik, dans la direction d Javozcek, réussit à déloger l'ennemi d'uni tranchée et à s'en emparer. Sur le front près de Tolmein, la journée d'hie est marquée par une nouvelle avance, Les troupes du Karst ont eu du succès. Peu dant leur avance, l'ennemi tenla une aftaqui violente contre notre centre, concentrant le fei de nombreuses batteries à ce point, et procédait à un assaut d'infanterie. Grâce à l'interventioi rapide et énergique de notre artillerie, l'attaqui t fut enrayée. Notre infanterie exécuta ensuite une contre-attaque, gagnant quelque terrain, i W. T. B. Rome, 19 août. — Hier 20 unités > autrichiennes et un avion ont attaqué la petite ile , Pelagosa. Notre garnison soutint le choc violent avec grande vaillance. L'ennemi se retira sans tenter un débarquement. (S) Taon de Reval. 1 Aux Dardaneiies Communiqué officiel iurc Cônstantinople, 20 août. — Près ci'Anaforfa, une force ennemie, évaluée à un régiment, prononça le 18 août une attaque, mais il fut refoulé " avec de grandes pertes. 'Près d'Ari-Burnu et Sedd-ul-Bahr, le calme règne. * £n mer 2 Londres, 19 août. — Lloyd annonce : Le vapeur anglais Bonny et le vapeur espagnol § Isidoro ont été coulés; les équipages ont été { sauvés. r • # Belfast, 18 août. — (Reuter.) — Le va-s peur de pêche George a été coulé. L'équi-page a été sauvé. a # * . , Londres, 18 août. — Lloyd annonce que les vapeurs norvégiens Minerai et Romu- ius ont été coulés. Les équipages ont été ' sauvés. s Berlin, 20 août. — Officiel. — Le sous-marin « E. 13 » a été détruit le 19 août à ^ la sortie méridionale du Sund par un tor- * pilleur allemand. r Londres, 20 août. — (Reuter). — La 1 malle-poste Grodno de la ligne Wilson et le vapeur anglais Thonjielcl ont été coulés. Les équipages ont été sauvés. i * * ' Copenhague, 20 août. — Un sous-marin anglais a heurté le fond, à la côte sud-est de Saltholm. Le sous-marin semble avoir - pris feu. 3 * 5 Londres, 20 aoûte. — L'Agence Reuter 5 annonce ; Les vapeurs Maggie et Sorbina, - -ce dernier appartenant à K ligne Wilson. , ont été coulés. Les équipages ont été sau- 2 vés. s Londres, 2a) août. — Reuter annonce ? Le vapeur Arabie, de la White Star Line, 2 jaugeant 10,000 tonnes, a ete torpille, se trouvant en route pour 1 Amérique.L équipage ainsi que les voyageurs ont pu être ) sauvés. I Le vapeur anglais Dunslea. a été torpillé. En Allemagne Au Reichstfg' La séance du Reichstag allemand a été ouverte s jeudi par un discours du président Dr Kaempt. Plus, le chancelier a prononcé un long discours _l sur la situation. Le projet concernant les nou- 1 veaux crédits de guerre de 10 milliards a éié 2 ensuite renvoyé à la commission du budget, à 1 l'unanimité. 1 W. T. B. Berlin, 19 août. -- Le « Vorwaerts» 3 i écrit que la fraction socialiste du Reichstag - | votera les crédit de guerre. Un ultimatum de l'Italie à la Turquie ? W. T. B. Turin, 18 soût 1915. — Le corres-; pondant romain de la « Stampa » télégraphie : , « Sonnino a reçu hier après-midi en audience [ l'ambassadeur turc Naby Bey, qui avait inter-, 1 rompu pour cette raison sa villégiature à Vallom- > 1 broso. On ignore le sujet de l'entretien, mais on ' I croit pouvoir affirmer qu'il s'y est agi d'un désir exprimé, en deux mots, à la Turquie, de voir ce pays renoncer dans le plus bref délai à ses projets concernant les sujets italiens. De cette façon, cette entrevue a la portée d'un Ultimatum de l'Italie à la Turquie. Si l'Italie n'a pas reçu, dans quelques jours, complète satisfaction, le conse'. des, ministres sera convoqué pour prendre les mesures nécessaires. Le retour a Rome de tous les ministres absents serait en rapport avec cette question ». ECHOS La flore des tranchées On a observé que les tranchées creusées en France ont une flore particulière d'une variété surprenante. Le coquelicot y domine : ses fleurs écarlates se dressent en rangs serrés sur les bords des tranchées. Dans les endroits secs, le liseron lui fait concurrence; il s'y développe le long du sol parce qu'il manque d'un soutien qu il puisse enlacer. Les liserons forment souvent un véritable lapis tout le long des parois. On trouve encore dans les tranchées beaucoup d oseille, des orties, de la chicorée sauvage et même des radis. Quand les tranchées sont creusées dans les champs de luzerne, cette plante fourragère se développe sur les bords et sur les parois avec une force extraordinaire. 11 y pousse également quelques arbres — sous un format très réduit, cela va de soi — tels le cerisier, le frêne, le peuplier et même le chêne. Anti-alcoolisme UnS femme de buveur disait un jour à un juge qui condamnait son mari à un mois de prison, et non pour la première fois : « Monsieur le juge, je demande qu'on mette mon mari en liberté! et l'alcool en prison. » Chronique Gantoise ATHENEE pour jeunes filles. — Beaucoup de personnes ont appris tardivement *a reprise des cours supérieurs pour dames qu organise l'Athénée de jeunes Filles. ' es n ont pu de ce fait se faire inscrire à la première série de conférences ((août-sep-tembre) dont le programme a été publié. En considération des demandes nombreuses qui lui ont été faites en ce sens, l'Athénée. a décidé d ouvrir à nouveau les listes d inscriptions (gratuites) aux dits cours le lundi z3 courant de 12 heures à i .30 h. (H.E.C.). Rappelons ici que la première conférence aura lieu le mardi 24 courant à 5.30 heures (H.E.C.), dans un local qui sera porté à la connaissance du public. (Communiqué). L'industrie de ia conservation des aliments Les conserves alimentaires de toutes es-peces et de toutes provenances interviennent actuellement largement dans la nourriture aes millions d hommes qui se livrent bataille aux quatre coins de 1 Europe. Nui n ignore, par exemple, que le soldat anglais possède dans son paquetage une ou deux boîtes de conserves contenant un dîner complet, qu il garde comme a réserve » pour le moment oû la nourriture pourrait lui manquer. Dans 1 armée belge, le légendaire boite de « Plata » a joue un rôle important; enfin pour nous, pauvres civils, le problème difficile du ravitaillement est encore rendu plus ou moins aisé grâce aux conserves alimentaires. Allez d'ailleurs regarder la vitrine des magasins ouverts par le Comité de Secours hispano-américain, et vous bénirez ceux qui ont trouvé le moyen d'ami ner d'Amérique les innombrables por- ■ Feuilleton du Journal de Garni 73 Le Comte DE Monte-Cristc PAR ALEXANDRE DUMAS Ces gens sont tous des contrebandiers des demi-pirates. Sous prétexte de faire L cabotage, il écument les côtes; ils aimeron mieux me vendre que de faire une bonn; action stérile. Attendons. Mais attendre est chose impossible; j< meurs de faim;- dans quelques heures 1< i Peu de forces qui me reste sera évanoui d ailleurs l'heure de la visite approche S 1 éveil n'est pas encore donné, peut-être ne se doutera-t-on de rien; je puis me fair< passer pour un des matelots de ce petit bâ liment qui s'est brisé cette nuit. Cette fable he manquera point de vraisemblance; nu hc viendra pour me contredire; ils sont bier engloutis tous. Allons. Et, tout en disant ces mots, Dantès tourna les yeux vers l'endroit oû le petit navire s'était brisé, et tressaillit. A l'arête d'un rocher était resté accroché le bonnet phrygien d'un des matelots naufragés, et tout près de là flottaient quelques débris de la | carène, solives inertés que la mer poussait et repoussait contre la base de l'île,qule'les battaient comme d'impuissants béliers. En un instant la résolution de Dantès fut prise; il se remit à la mer, nagea vers le bonnet, s'en couvrit la tête, saisit une des solives et se dirigea pour couper la ligne que devait suivre le bâtiment. - — Maintenant, je suis sauvé, murmura-t t-il. ; Et cette conviction lui rendit ses forces. Bientôt il aperçut la tartane, qui, ayant le vent presque debout, courait des bordées entre le château d'If et la tour de Planier. Un instant Dantès craignit qu'au lieu de serrer la côte le petit bâtiment ne gagnât le large, comme il eût fait par exemple si sa destination eût été pour la Corse ou la Sar-daigne; mais, à la façon dont il manœuvrait, le nageur reconnut bientôt qu'il désirait passer, comme c'est l'habitude des bâ-I timents qui vont en Italie, entre l'île de Ja-i rcs et l'île de Calaseraigne. Cependant le navire et le nageur appro chaient insensiblement l'un de l'autre; dans une de ses bordées, le petit bâtiment vint même à un quart de lieue à peu près de Dantès. Il se souleva alors sur les flots, agitant son bonnet en signe de détresse; mais personne ne le vit sur le bâtiment, qui vira de bord et recommença une nouvelle bordée. Dantès songea à appeler; mais il mesura de l'œil la distance et comprit que sa voix n'arriverait point jusqu'au navire, emportée et couverte qu'elle serait auparavant par la brise de la mer et le bruit des flots. C'est alors qu'il se félicita de cette précaution qu'il avait prise de s'étendre sur une solive. Affaibli comme il était, peut-être n'eût-il pas pu se soutenir sur la mer jusqu'à ce-qu'il eût rejoint la tartane; et, à coup sûr, si la tartane, ce qui était possible, passait sans le voir,il n'eût pas pu regagner la côte. Dantès, quoiqu'il fût à peu près certain de la route que suivait le bâtiment, 1 accom. pagna des yeux avec une certaine anxiété, jusqu'au moment oû il lui vit faire son abattée et revenir à lui. Alors il s'avança à sa renconte; mais avant qu'ils se fussent joints, le bâtiment commença à virer de bord. Aussitôt Dantès. par un effort suprême, | se leva presque debout sur 1 eau, agitant son bonnet, et jetant un de ces cris lamentables comme en poussent les marins en détresse,et qui semblent la plainte de quelque génie de la mer. Cette fois on le vit et on l'entendit. La tartane interrompit sa manœuvre et tourna le cap de son côté. En même temps il vit qu'on se préparait à mettre une chaloupe à la mer. Un instant après, la chaloupe montée par deux hommes, se dirigea de son côté, battant la mer de son double aviron. Dantès alors laissa glisser la solive dont il pensait n'avoir plus besoin, et nagea vigoureusement pour épargner la moitié du chemm à ceux qui venaient à lui. Cependant le nageur avait compté sur des forces presque absentes; ce fut alors qu'il sentit de quelle utilité lui avait ete ce morceau de bois qui flottait deja, inerte, a cent pas de lui. Ses bras commençaient à se roidir, ses jambes avaient perdu leur flexibilité, ses., mouvements deveriaient durs et saccadés, sa poitrine était haletante. Il poussa un grand cri, les deux rameurs redoublèrent d'énergie, et l'un d'eux lui cria en italien ; Courage ! Le mot lui arriva au moment ou une vague, qu'il n'avait plus la force de surmon ter, passait au-dessus de sa tête et le couvrait d'écume. Il reparut battant la mer de ces mouvements inégaux et désespérés d'un homme qui se noie, poussa un troisième cri, et se sentit enfoncer dans la mer, comme s'il eût eu encore au pied le boulet mortel. L'eau passa par-dessus sa tête, et à travers l'eau il vit le ciel livide avec des taches noires. Un vicient effort le ramena à la surface de la mer. Il lui sembla alors qu'on le saisissait par les cheveux; puis il ne vit plus rien, il n'entendit plus rien; il était évanoui.Lorsqu'il rouvrit les yeux, Dantès se retrouva sur le pont de la tartane, qui continuait son chemin; son premier regard fut pour voir quelle direction elle suivait; on continuait de s'éloigner du château d'if. Dantès était tellement épuisé, que l'exclamation de joie qu'il fit fut prise pour un soupir de douleur. Comme nous l'avons dit, il était couché sur le pont; un matelot lui frottait les membres avec une couverture de laine; un autre, au'il reconnut pour celui qui lui avait crié' Courage ! lui introduisit l'orifice d une gourde dans la bouche. (A suivre).

Over deze tekst

Onderstaande tekst is geautomatiseerd gemaakt met OCR (Optical Character Recognition). Deze techniek levert geen 100% correct resultaat op. Dit komt mede doordat oude drukken moeilijker te lezen zijn met software dan moderne. Dat betekent dat er onjuiste tekens in de tekst kunnen voorkomen. Er wordt gewerkt aan verbetering van de OCR software

Er is geen OCR tekst voor deze krant.
Dieses Dokument ist eine Ausgabe mit dem Titel Journal de Gand: politique, industriel, commercial et littéraire gehört zu der Kategorie Liberale pers, veröffentlicht in Gand von 1856 bis 1923.

Bekijk alle items in deze reeks >>

Zufügen an Sammlung

Ort

Themen

Zeiträume