L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam

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s.n. 1914, 12 November. L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam. Konsultiert 20 Juni 2019, https://hetarchief.be/de/pid/jq0sq8rk1r/
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jer© Année N°. 20. IO Centimes jeudi 12? WovemUre-1914 »ca—a—Hli .. ■ ' — ■" ■ ■ t ii m in i il m- mm. L'ECHO BELGE L'Union fait la Force. «Journal quotidien du niaiïn paraissant à. Amsterdam. Belge est notre nom de Famille. Toutes les lettres doivent être adressées au bureau de rédaction: N.Z. VOORBUHGWAL 234-240. Téléphone: 2797. Rédacteur en Chef : Gustave Jaspaers. ( Charles Bernard, Charles Herbiet, Comité de Rédaction : Gustave Peellaert, René Chambry, ( Emile Palnparé. Pour les annonces, abonnements et vente au numéro, s'adresser à l'Administration du Journal: N.Z. VOORBURGWAL 234-240. Téléphone: 1775. L'hospitalité. C'était un beau vieux mot tendre et harmonieux, que nous avions célébré comme une noble chimère, dans les poèmes homériques ou virgiiliens, ou dans les phrases cadencées des vers d'Horace ou. des proses de Cicéron, mais ce n'était qu'un mot très beau; il ne servait plus, dans nos temps modernes, qu a nous rappeler une coutume presque fabuleuse des âges anciens... Dans notre Belgique nous avions chacun notre foyer, et il n y avait point d'errants parmi nous. Hélas! tout à coup les Barbares, qui s'étaient éloiguéa dans ia nuit des temps, et dont nous ne savions les noms que par les très vieilles histoires, les Baroarcs (des Barbares nourris de la lecture de Nitsche) i ont reparu en chair- et en os, et avec une savante obstination ils ont occupé tour à tour jusqu'au plus humble de nos villages. Tous nos foyers ont été violés et nous voici, après des siècles de civilisation, replongés aans la barbarie primitive. Rares sont les Beiges qui ont. gardé un loyer, et le nombre des errants est innombrable. J'ai vu des villes plus solitaires que des nécropoles, et des grandes routes tumultueuses uu bruit des foules en fuite. Et le noble mot d'hospitalité, qui ne servait plus, de mémoire a homme, a repris $031 usage et sa beauté.. Ceux qui avaient conservé leur foyer, en Angleterre, en Hollande, et ça et là, en Belgique encore, Tout partagé avec ceux qui ne connaissaient plus la quiétude des jours et le silence des nuits, le pain qui se mange sans ^hâte, le verre qu'on lève d'une main sûre vers des lèvres" empressées.. La guerre nous afflige de maux incalculables. Nous avfcns^ dans la mémoire, pour cent ans d'atroces souvenirs. Qui n'a pas été atteint? Oui, c'est vrai^mais ce,qui est vrai aussi, et je demande qu'on tienne compte de ce fait, dans le bilan de l'universelle détïesse, c'est que la guerre a été l'occasion, occasion douloureuse et magnifique, des plus beaux gestes et des plus belles actions humaines. Des batailles ont été livrées, triomphantes, à l'égoïsme. Des bombes ont explosé, mais aussi des poitrines. On a ouvert des tranchées d'où les meilleurs sentiments sont montés à l'assaut des masses. Quand on 1 écrira l'histoire de cette guerre de^ 1914, nous apporterons aux historiens, à côté des atrocités à faire frémir, le récit de belles actions à faire pleurer ; aux barbaries qui auront deshonoré cette lutte gigantesque, nous opposerons les actes de bonté innombrables qui honorent l'humanité. Le chapitre de l'hospitalité sera un des plus touchants et un des plus beaux de cette histoire, dont la moitié plongera dans l'ombre et l'autre dans la lumière. Que bénie d'avance soit la mémoire de ceux qui auront renouvelé la tradition antique ae la divine hospitalité ! De ceux qui, sifns calcul, et pour la seule beauté du geste, auront ouvert à l'errant ou à l'exile, leur foyer, leur bourse et leur* coeur. Je puis dire, renouvelant le mot discret de Bossuet, que j'en connais, et je les prie de trouver ici, dans ces simples lignes (que d'autres pourront répéter), dans ce geste de la plume,, l'expression attendrie de ma reconnaissance et de mon affectueuse amitié. POL DEMADE. ji ■ g ■ » Propos de Guerre. Panem et C'ircenses" du pain et des divertissements, les Allemands croient encore (lue c'est suffisant, comme au temps de Néron, pour amadouer la masse. Comme ils se voient obligés de lui disputer parcimonieusement le pain bis de la guerre, ils essaient de se rattraper sur les divertissements et ont permis aux cinémas de rouvrir leurs portes. Bien entendut les films seront sévèrement censurés et pas urte note patriotique, pas une vue rappelant les horreurs de la guerre, ne seront tolérées. On devra s'en tenir aux programmes abêtis-santSs mélodramatiques ou comiques à pleurer de jadis. Et l'on espère que le peuple s'en contentera, oubliera tous ses griefsy cessera de murmurer. C'est plus naïf que méchant. La Belgique n'oubliera jamais les horreurs commises, l'injuste violation de son territoire, toute son imméritée misère, dont l'Allemagne semble avoir aujourd'hui quelque remord, mais que la réouverture des cinémas et des proclamations édulcorées ne suffiront pas à expier. Tout de même, les exploitants desdits "théâtricules, qui consentent, tels certains de nos confrères, à paraître sous la férule de nos maîtres provisoires, font de Vassez vilaine besogne. M. l'avocat Dupont stig-matisa j£aityeurs en termes véhéments leur conduite, à la dernière réunion des Belges, au Café Hollandais de la Haye. On îious j{'dirai iïjayt kitJb & & SfiTa. une mau> vaise excuse. Lorsque tant de Belges met rent superbement pour la Patrie, il vav mieux manquer de pain que de consentit honteusement, à manger de ce pain-làl G. P. ——a» ■ a ■ <m»« Les Faibles. Chacun doit regarder l'utilité commun comme le but auquel on doit tendre. Car dès qu'on ne connaîtra d'utilité que 1 sienne piopre et qu'on voudra tout tire à soi. nulle sorte de société 11e saurai subsister entre les hommes.* Ainsi s'exprime un philosophe de l'an tiquité. Mais il parlait en temps d< paix... Il ne pensait pas, il ne voulait pa penser à la guerre. Moins encore à Une luth injuste et sans quartier et. qui réduisit < néaiis dans une détente d'inutile destruc tion des œuvres d'art que le géni< et le labeur de l'homme avaient créées. Les hommes de son époque, qui 11e s< réclamaient d'aucune culture particulière,— sinon celle du coeur et de l'esprit, — n'eus sent pas admis que des femmes et des en fants pussent être chassés de leurs toits, ei expiation. Mais les paroles de bonté, d< charité, de mansuétude doivent sortir leur: effets lorsque l'atmosphère ne sera plu: trcftiblée par l'explosion des obus. Il iaui attendre. On dit bien que des citoyen: d'Anvers auraient perdu de vue que c'esl forfaire aux* devoirs du patriotisme qu< servir les projets de l'envahisseur. S ils exis tent, ceux-là, ils doivent être rares! Cai sont des citoyens vraiment dignes de ce nom. ceux qui se défendent avec fermeté contre toutes les emprises, même amicales. Ayant repoussé les attaques guerrières par la force des armes, il convient de repousser les tentatives pacifiques, au moins prématurées. Non tant de ce que l'on s'en méfie, que parce que l'ennemi reste l'ennemi. Ce n'est pas le fait d'une ville tombée qui met. fin à la guerre. Réunis aujourd hui dans l'enceinte deî mernes remparts, ils seraient donc prêts à offrir à leurs, ennemis le secours de leurs bras puissants ] Ils leur ouvriraient aussi, et sans pudeur, les foyers encore chauds du passage de nos troupes venues se réchauffer à la llamrne claire du Patriotisme? C'est impossible ! Ce besoin de rendre le bien pour le mal, non en vertu des commandements que dégage la morale tout entière, mais pai laiblesse ou par sottise, serait la conséquen ce d'une pauvreté de jugement lamentable, De tels rapprochements, auquel rien ni personne n oblige, s'ils étaient prouvés, nous affligeraient et nous effrayeraient parce qu'ils seraient la négation dès sacrifices que chacun de nous s'est imposé et tendraient à accuser une inquiétante faiblesse morale. , Seraient-ils à ce point libres de tout chagrin? Non, car nous comptons tous dans l'année un fils, un mari, un frère, un parent, un ami. Comptent-ils pour rien l'épreuve douloureuse qui nous est réservée, qui nous tourmente et nous emplit à la fois de secrète angoisse et de graves soucis, nous qui ne sommes pas des faibles et qui avons quitté Anvers parce qu'il ne nous plaisait pas de subir le contact de ceux qui croient leur nation supérieure à toutes les autres parGe qu'ils entretiennent une armée forte et nombreuse? Et notre estime se trouverait un peu diminuée pour ceux qui s'appliqueraient a oublier que l'amour de ^ la patrie est un sentiment effectif, réel, presque palpable tant il occupe de place en notre coeur. s > Nous ne vivons plus à l'époque ou 1 on mourrait sur un bûcher pour sauver son prochain. Mais qu'il y a loin de ceux qui se sacrifiaient à l'être aimé, à la défense d'une idée aux faibles d à présent qui iraient, comme on l'a dit, vers 1 envahisseur, la main tendue. C'est au moins excessif et les Akfemands eux-mêmes n'en demandent pas autant.... L'écrivain du ,,Génie Latin enseignait lui aussi que la France devait pardonner à ses ennemis, puisque tous les. hommes restent frères, malgré la mitraille. Bientôt pourtant, il comprénait de toute la profondeur d'un jugement un instant entraîné loin du courant normal, — que l'heure du pardon n'avait pas sonné. Et voulant reconnaître publiquement une erreur passagere, malgré ses soixante-dix ans, il demandait à combattre ceux qui foulaient aux pieds son sol natal. Que d'enseignements cet exemple dégage! Sans doute vous a-t-011 calomnié, vous qu'on a représenté au travail dans les forts, dans les tranchées ou occupés à raccorder le pont de bateaux jeté sur le fleuve ? Ce n'est pas vrai et toute la grandeur de votre patriotisme doit en souffrir. Car le gain serait médiocre d'un tel travail et la contrainte n'existe pas. Et puis, il y a la conscience, ce juge qui pèse le moindre de nos actes avec prudence.... Si nous en parlons aujourd'hui, c'est que toutes les manifestations du peuple belge rfous sont communes. Nous y participons de tout l'élan de notre âme. Car. nous sommes peut-être plus, sensibles aux exemples qu'aux plus fières paroles, parce qu'ils ont plus d'autorité. R, C« ■ • ■ mm En Belgique. A Bruxelles. Les allocations distribuées chaque semaine aux typographes sans emploi atteignent 13,000 irancs. Mais leur caisse est à peu près vide et il a fallu leur prêter 50,000 francs. Nos typos se demandent avec anxiété ce que demain leur réserve. 3 Les pensions dues aux veuves et orphelins , des fonctionnaires et aux pensionnés ues ad-i ministrations de l'Etat seront payées par le v Gouvernement belge. b „ „ „ * * "A" Des voitures ont lait jusqu'ici, moyennant " le prix de ù lies, des visites aux champs de bataille d'Eppeghem, de Sempst, de Maiines, u'iioistade, u'noutem, d'Elewijt et au fort de Waelhem. Le départ s'eflectuait vers 7 heures du matin, le retour vers 0 heures du soir. L'autorité militaire a interdit ces excursions. Avouez qu'elles n'étaient pas onéreuses. Cinq francs pour un tel circuit, d'une durée do 1O heures, alors que le voyage Anvers— Bruxelles, par auto oïlicielle, coûtait fres, — c'était donné! * * * Le bruit a couru do la mort de M. Davignon, ministre des affaires étrangères, en ce moment au Havre. Cett<j nouvelle a pu être démentie fort heureusement. * * * Les débitants de tabac ont dû fournir à l'autorité allemande les quantités de tabac-, cigares, cigarettes se. trouvant dans les débits et fabriques de cigares de l'agglomération au delà de la quantité mininia nécessaire à la population. Le service postal est établi entre Bruxelles, d'une part, et, d'autre part, Mons et environs, Namur, Liège, Verviers et l'Allemagne. Depuis le 3 novembre, les lettres sont remises à domicile une fois par jour dans l'agglomération bruxelloise et les faubourgs et une fois par semaine dans les environs de la capitale.» * * La foule est toujours très dense aux établissements qui fournissent des renseignements. Il faut signaler comme un modèle lo bureau organisé par la Croix-llouge, Marché-au-bois. Avec une aménité constante et une remarquable rapidité, un personnel d'élite donne des renseignements sur tous nos soldats .prisonniers en Allemagne ou internés en Hollande. Ce même bureau reçoit les lettres adressées à ces personnes et les réponses. Les soldats belges internés en Hollande et nos réfugiés pourraient s'adresser à la Croix-llouge à La Haye qui, piut-êtr'e, se chargerait de transmettre leurs lettres au comité de Bruxelles. C'est ce que suggère notre correspondant particulier. .* * * Le bourglnestre Max qui, plus que jamais, est l'idole des Bruxellois, a fait parvènir à l'un de ses amis une lettre de Slatz, disant qu'il était fort bien traité et que les Allemands avaient pour lui les égards auxquels il a droit. • * * L'émotion a été grande du rappel de la garde civique ou plutôt des membres de l'ancienne garde civique car, le 19 août, au soir, la veille de l'entrée des Allemands, les soldats-citoyens du 2e ban avaient été désarmés et licenciés. Par contre, ceux du 1er ban avaient été mobilisés et envoyés dans les Flandres où ils coopérèrent avec l'armée. Récemment, on les a licenciés à leur tour et nombre d'entre eux ont regagné leur domicile, à Bruxelles. Or, voilà que l'autorité allemande les convoque à son tour, par voie d'à triches, à une espèce d'inspection dans la cour de la nouvelle école militaire, près du Cinquantenaire. Le premier jour, on a cru à une arrestation en masse suivie d'un envoi en Allemagne. Mais il n'a jamais été question de cela. L'autorité militaire allemande veut simplement prévenir tous les gardes, les jeunes comme les vieux, qu'ils ont à rester à Bruxelles et ne peuvent, en aucun cas, s'enrôler dans nne armée jle campagne. * * * On a logé dans une dépendance de l'abattoir quelques habitants de villages-frontières français. Ils avaient tout perdu : maisons, vêtements, animaux. Spectacle lamentable que leur arrivée ! » » * Des lecteurs nous ont demandé si le tramway Cinquantenaire-Tervueren continuait à fonctionner. Nous pouvons leur en donner l'assurance. * *• * Ceux qui' s'intéressent au monde artistique, et ils sont nombreux, apprendront avec plaisir que le ténor Ernest van Dijck, Mmes Fanny Carlhant et Hendrickx, le ténor Dua, le baryton Bouilliez, le chef d'orchestre Lauwerijns, tous de la Monnaie de Bruxelles, sont à Loi^res où ils prêteront leur concours le 17 novembre à un grand concert de gala, donné au Queens Hall au profit des Belges nécessiteux. « A Anvers. M. von Mallinckrodt est revenu prendre la direction de sa maison de commerce. Tous les produits coloniaux de sa firme continuent librement à sortir de ses magasins et à être expédiés vers l'intérieur du pays. Seuls, les prix de ses denrées ont un peu augmentés. * * * A l'Hôtel de Londres logent de nombreux officiers allemands. Au Restaurant Lepage, Avenue de Keyser, à l'heure du dîner, ils occupent toutes les tables. Enfin, le soir, surtout après 9 heures, le .Weber est bondé da capitaines et de lieutenant». le seul café, du reste, qui puisse rester ouvert jusqu'à minuit. <• * * De nombreux curieux visitent Anvers. On y vient en foule de Bruxelles, de Maiines, de Louvain et d'ailleurs. La Belgique pourtant, en ce moment, offre moins de confort aux touristes que le Monténégro ou que le Katanga. Mais que voulez-vous, la curiosité seira toujours la plus forte.... Et parmi les ,,curiosités" que l'on montre aux visiteurs, figurent les ruines de notre malheureuse consœur La Métropole. Les soldats allemands, qui servent de cicerone aux curieux, ne manquent jamais de les conduire devant ces décombres. ♦ * * Désormais ceux qu'on rencontrera en rue après 8 heures paieront 3 Mks. d'amende. Ca droit faire plus d'impression que des menaces d'autre sorte. * » * On nous affirme que la vie doit continuer à Anvers comme s'il n'y avait pas d'occupation de militaires ennemis, mais il n'y a plus moyen d'avoir un kilogrammae d'avoine pour nourrir les chevaux qui devraient aider au trafic, malgré qu'il y ait de formidables réserves d'avoine, que les Allemands retiennent à leur usage. A Hasselt. Le gouverneur de la région est le général Keim. Il a élu domicile chez M. Portmans, bourgmestre de la ville. La Kommandantur s'est installée chez M. le docteur Roélandts. Les Allemands s'occupent de peindre leurs guérites aux couleurs allemandes. Le gouverneur militaire de Liège, en tournée d'inspection dans la contrée, est passé par Hasselt. II a longuement inspecté les bâtiments où les troupes étaient logées. A Mouland. Un des correspondants de l'„Algemeen Handelsblad d'Amsterdam" a visité Mouland et Visé. Nous résumons les impressions qu'il a publiées de son voyage. Tout Mouland est détruit. On a peine à s'imaginer qu'un charmant petit village dressait ici les murs blancs de ses fermes et ses toits d'ardoise et ses toits de chaume. Bien entendu, d'habitants on n'en voit plus. Deux auberges sont encore ouvertes, mais le jour seulement, car les aubergistes retournent passer la nuit en Hollande. * a * Partout, sur le sol, on trouve, des douilles de balles, des bourres dlobus. * * * On s'èst battu ferme près du pont. Le sol est soulevé, à certains endroits. Dans une prairie, des cadavres de vaches, de porcs. Et partout, la destruction la plus complète. # A Visé. Visé a tellement souffert que ce n'est guère plus" qu'un souvenir Reste-til encore des murs ? Oui, mais calcinés. Oh ! ce n'est pas que tout, absolument tout le village ait été détruit mais les maisons qui n'ont pas été endommagées se comptent aisément. * * * L'hospice St. Hadeliii est transformé en hôpital de la Croix Bouge. * * * . •■ De-ci, de-là, quelques flèches indicatrices: ,:Zur Kriegsbrucke". Le pont métallique que les Belges avaient fait sauter est en voie de réparation. On s'occupe de la première moitié de celui-ci. On peut lire sur celui-ci: „Briicken reparatur Gelsenkirscheï. Bergwérlîliiltte". * * * Jusqu' à présent, c'est un pont de bois qui permet aux Allemands de passer la Meuse. Il repose en partie sur l'ilôt Eobinson. Il faut montrer patte blanche pour le traverser et un poste veille à ses deux extrémités. A la gare de Visé, la cuisine des soldats est installée. Les deux hôtels qui se trouvaient dans les environs de celle-ci et étaient tenus respectivement par MM. Quaden et Michaux sont entièrement anéantis.* * * Beaucoup d'animaux, — chats et pigeons ceux qu'on n'a pu captiver, — rôdent parmi les décombres. Sur quelques portes — il en reste, par miracle —• on peut encore lire : „Défense de piller sous peine d'amende". Mais les caves, partout, sont vides. # * * De l'église, les murs restent debout. Mais c'est absolument tout. * * * Plusieurs maisons appartenant à des sujets hollandais ont été incendiées. Il en reste pourtant trois qui n'ont pas souffert. Elles potkoU9-aam_deM.,\Vatrin1,M..Ho'j^ i dais. Elles sont situées à la limite des com munes de Visé et de Souvré. * * * On rencontre quelques personnes, à mine patibulaire. * * * Les rares habitants restant à Souvré cherchent du pétrole ici-même. * * * Mais où sont les 3000 habitants deVisé: A Lokeren. A Lokeren, les maisons particulières ont souffert tout spécialement. Les portes closes ont été défoncées à coups de haches, les coffresforts fracturés et, ce qui était actions, valeurs non négociables, parsemait les chambres. Et 'toujours le vin! Il y avait à Lokeren quelques bons amateurs. Ik retrouveront à leur retour leurë caves complètement vides,. m mm De Roozandaal à Charleroi. La route est presque partout semblable, où qu'on aille en Belgique. Prairies tram quilles, laboureurs au travail, — c'est le calme et comme si la guerre n'avait pas éclaté; puis, fermes détruites, champs ravagés, tombes multiples, — là où la bataille s'est déroulée. Il en est ainsi de Rosendael à Charleroi comme de Maes-trioht à. Louvain, et partout, partout ailleurs. Mentionnons donc rapidement, au long de notre route, ce qui est susceptible d'inte-resser le lecteur. 1/a tristesse est générale, marquée sur tous les visages. Và, c'est indéniable ! C'est un sentiment qu'on ne peut cliacher et qui se lit. Bientôt, nous arrivons près d'un de nos forts de première ligne. Le drapeau allemand y flotte. Pénible impression! Une sentinelle, le fusil sur l'épaule, arpente calmement la route, d'un pas lourd et régulier. Partout, dès fils de 1er barbelés. Une barricade s'élève en travers de la route. On est sévère ici pour le laisser-passer. Les ponts ont été rétablis près des autres forts qu'un fossé entoure, — pour faciliter le passage aux voitures i Des tranchées s'ouvrent à gauche et à droite de la route. Aussi, tout contre, quelques tombes de soldats belges et allemands! La vue des premières maisons que l'on aperçoit, complètement rasées, est d'un effet lamentable. Au cune description n'en peut donner une idée exacte...'.^. Bientôt nous sommes à Anvery et de là nous filons sur Maiines. Rien de particulier qui 11'ait été dit. Le sol est remue, bouleverse : on s'est battu férocement. Mais à Maiines,. la destruction est saisissante. Grand' Place, il est impossible que deux voitures se croisent à cause des décombres .obstruant le chemin ! Il faut donc attendre son tour pour passer. Un des vitraux de ia Cathédrale est percé de centaines de trous. Sfe. Rombaut a beaucoup souffert. Beaucoup de maisons aussi sont sans portes. Dans d'autres, les panneaux ont été brisés ou la serrure arrachée. A Vilvorde, une énorme tombe appelle le regard. Elle a été toute fleurie par des mains pieuses. Ce sont les 'nôtres qui dorment la, aux portes même de Bruxelles. Nous ne nous arrêterons guère ici. Toutefois, nous sommes obligés de quitter notre voiture. Alors, pour joindre Charleroi, nous devons effectuer le trajet que voici : Tram-v.ay de Bruxelles à Waterloo par la Petite-Espinette et de Waterloo à Nivelles (la guerre a fait monter les tarifs!). De Nivelles (qui est vide de soldats) un service de voitures esit établi jusque Jumet d'où un tramway vous permet de rejoindre Charleroi. Comme vous voyez, oa n'est pas très simple et les correspondances sont souvent manquées, ce qui fait perdre un temps précieux. Mais l'on arrive : c'est l'essentiel. En passant par Gosselies, où je me retrouve en pays connu, je remarque que toutes les portes ont leurs inscriptions et, comme tout le monde était chez soi au moment de l'entrée des Allemands, aucune porte il "a été enfoncée. Nous traversons Gosselies et arrivons à la Chaussée de Bruxelles. La destruction commence ici et toutes les maisons ont été incendiées, volontairement. Je cause avec quelques habitants et d'après ce qu'ils me disent les Allemands ont été surpris par les Français. De cette surprise, ils se sont vengés sur les habitants en inoendiant leurs maisons. Ils ont fait ensuite marcher des civils devant eux qu'ils relâchaient à quelques kilomètres de la ville, mais d'autres étaient retenus. Je cause avec un de ces otages, qui est dermes amis, et il me confirme qu'il a dû marcher devant les soldats allemands avec son enfant âgé de 6 ans ! J'avoue que j'avais accueilli jusqu'avant mon arrivée dans ce pays tous les récits horribles lus dans les journaux avec un certain soepticisme. Mais depuis que j ai vu, de mes yeux vu, depuis que je tiens de la bouche même de mes amis, en lesquels je place toute ma confiance, des détails sur les méfaits qui ont été commis, je dois me rendre à l'évidence. Que les incrédules viennent ici et s'enquièrent ils s'en retourneront édifiés 1. Les prétendues atrocités beiges. On sait la campagne de presse menée par 1 certains journaux allemands contre de prétendues atrocités belges. "Elle n'a eu aucun succès sur ceux qui nous connaissent. 11 n'entre pas dans notre caractère d'être brutal et sanguinaire. Nous n'avons jamais brûlié de ville que je sache ! Et voici que le ,,Vorwaerts", le principal organe du parti socialiste allemand, se charge d'ouvrir les yeux aux aveugles volontaires. Citons-le textuellement : ,,Nous avons pu déjà établir la fausseté d'un grand nombre d'assertions alléguées avec oeaucoup de précision et répandues également dans la presse au sujet de prétendues cruautés qui auraient été commises par les populations des pays avec lesquels l'Allemagne est en guerre contre des soldats ou des civils allemands. Nous pouvons aujourd'hui mettre fin à deux autres de ces récits fantastiques. Le correspondant de guerre du ,,Berliner Tageblatt" avait, il .y a quelques semaines, parlé de cigares et cigarettes remplis de poudre et qui auraient été donnés ou vendus à nos soldats dans un but diabolique. 11 prétendait même avoir vu de ses yeux des centaines $le cigarettes de ce genre. On nous assure, de source autorisée, que ces histoires de cigares et cigarettes ne sont pas autre chose que d'audacieuses fantaisies. D'autre part, des récits de soldats auxquels des ,,francs-tireurs" auraient crevé les yeux circulent dans toute l'Allemagne. Or, j)as un cas de ce genre n'a été officiellement constaté. Jusqu'ici, chaque fois que l'on a jdu vérifier, l'inexactitude en a été démontrée.Il importe peu en cela que des bruits de ce genre aient une apparence de certitude positive ou même soient appuyés par des ,,témoins oculaires". Le désir de se faire remarquer, le manque de critique et l'erreur personnelle jouent dans les jours que nous traversons un rôle malheureux. Tout nez emporté ou seulement bandé, tout œil enlevé est immédiatement transformé en nez ou en œil enlevé par les ^francs-tireurs". Déjà la ,,Gazette populaire de Cologne" a pu, contrairement à des assertions très précises d'Aix-la-Chapelle, établir qu'aucun soldat avec les yeux crevés 11e se trouvait dans les ambulances de cette ville. On disait aussi que des blessés de ce genre étaient soignés dans le voisinage de Berlin ; mais partout où l'on a fait des recherches au sujet de ces bruits, leur entière inanité a été démontrée. Finalement, ces bruits se sont concentrés sur Gross-Lichterfelde ; un journal de midi, très répandu à Berlin, imprimait il y a quelques jours encore, en gros caractères, que rien qu'au lazaret de Lichterfelde, il y avait ,,dix soldats allemands légèrement blessés, auxquels une main criminelle avait crevé les yeux". Or, sur une demande de renseignements adressée par le camarade Liebknecht, la réponse suivante du médecin en chef de ladite ambulance a été écrite à la date du 18 de ce mois : ,,Très honoré monsieur, ,,Heureusement, il n'y a rien de vrai dans ces bruits. Salutations très dévouées. ,,Professeur Rautenberg." * * * Ui} nouvel emprunt de guerre. Le correspondant du ,,Times" à Copenhague apprend dans les cercles financiers de cette ville que l'Allemagne se prépare à émettre un nouvel emprunt de guerre de 5 milliards de marks au mois de décembre. On se demande le succès qu'il rencontrera après le four qu'a fait l'emprunt précédent! mm % mm Le carnage. Les journaux anglais publient toujours les récite des batailles livrées dans le sud-ouest de la Belgique et dans le nord de la. France. Un correspondant du ,,Daily Chronicle" nous fait remarquer que si l'on a fait mon-tre d'un courage surhumain au cours des combats livrés dans ces régions, les propriétés privées ont été détruites par le6 terribles effets de l'artillerie. „Nous n'attendons plus que la mort, aurait dit un officier belge à ce correspondant, et nous sommes étonnés qu'elle ne soit pa6 encore arrivée, au milieu de cette pluie d'obus. Dans le temps, lorsque je partais en reconnaissance avec une petite troupe de cyclistes, nou6 pouvions encore faire de la bonne besogne. Notre audace, notre esprit d'initiative trouvaient leur récompense. L'individu comptait pour quelque chose. Mais ici, autour d'Xpres, que pourraient encore faire des hommes, de la cavalerie, de l'infanterie, des éclaireurs! Le canon fait tout l'ouvrage, semant la mort d'une façon inévitable. C'est une lutte canon contre canon, où les hommes servent de cible, fauchés irrémédiablement comme les feuilles des arbres sont arrachées par les vents d'automne. Le sol est jonché de cadavres et il n'y a pas de victoire décisive, ni de l'un,^ ni de l'autre côté. Une semaine meurtrière suit l'autre. La position se modifie un peu, c'est tout. C'est épouvantable". ■■ ■ — — i.

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