Le soir

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s.n. 1918, 28 November. Le soir. Konsultiert 25 August 2019, https://hetarchief.be/de/pid/p55db7x51k/
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Kg» ATSTraTCH?, JËUM S8 3TOV1ÈMBBE 1918. f.MTÏftN AR je numéro provisoirement : 1© centimes. - iS0 11 LU SOUl a fi-j i.L\r;icr.!i're:r.O!à los Ailciï-.'ju"...;, t,t:i lui out enlevé la presque totalité de sou matériel. Des 80 bons de réquisition qu'il a ou devrait avoir en sa \-c-. s 3-slon, un seul constate l'enlèvement de 'près do 50 moteurs élect:: ,u ;j; d'autres de 200,000 kilos de papier, qui ont été pris pour être livrés aux journaux censures. Nous paraîtrons donc jusqu'à nouv.,1 or !ro avec des moyens de fortune. Nos lecteurs nous excuseront, lies machines, un outillage complet out été commandés il y a six mois aux Etats-Unis, et nous permettront de paraître bientôt dans des condition', meil- l9ures quo celles de 1914. T Les abonnements sont provisoirement suspendus, l'ennemi nous ayant enlevé nos approvisionnements. Ils seront rétablis sous peu notre papier arrivant la suite de l'armée. Nous déduirons Cm prix LE SOIR Demandes d'emplois (tarif réduit) ... 3 petites lignes. 1.00 Toute ligne en pins. C.40 v Toutes autres rubriques ou annonces commerciales. • la ligne, c.eo Faits Divers (lr* partie) . . , . . , •.. -y , §.00 — (2ra® partie) . . » . , » ' -r- ' S*00 — (3™« partie) . . . . - . f~—S—-i.ii ; Sport et Réparations judiciaires . . # , —. 8.00 ^Nécrologies # 2.50 'Réclames avant les annonces. .... — C.oo Théâtres et Spectacles ...... — <j,oo Téléph. : Annonces : A 501 — Administ. : A 4738 — Réd. : A 196 et A 3549 Rédaction et Administration : 23, Place de Louvain, Bruxelles. B>cnx éditions t ÀB à 2 h. el Ml à 6 h. Le discours du Trône L'ère des réformes esî ouvïr'cs. C'est vendredi que, vraisemblablement, la Cham bro abordera la discussion do l'adresse en réponsi au discours du Trône. En a'tendant que M. Delacroix fasse la para phrase des déclarations du gouvernement du Roi solennellement exprimées par celui-ci,qu'il nous soi permis d'examiner brièvement leur tendance, et d( scruter la pensée qui les a inspirées, do les con crétiser dans leur forme pratique. Les Chambres ont été unanimes , à saiuor de leurs acclamations le passage louant nos magnifiques soldats, partis, glorieux déjà, en août 1914, et revenus en liéros d'épopée, enrichis des palmes do la victoire. Le Roi a équitablement associé ù leur gloire ces modestes héros, tous nos compatriotes, qui ont lutté ici, pied à pied, sans une minute de lassitude, contre l'oppresseur, qui, pas un | instant, n'ont douté du succès final ; à ces fiers jeunes gens qui ont affronté les fils électrocuteurs et les balles ennemies, deux fois soldats déjà avant 4'avoir pu revêtir l'uniforme. Nous espérons que, pour ceux-là, il y aura demain la distinction spéciale qu'a si bien méritée leur patriotisme ardent, qu'ils aient pu réussir à rejoindre les rangs de notre arméo ou bien qu'ils aient été souffrir dans les geôles prussiennes .* comme il y aura, n'est-ce^pas ? une distinction pour ces martyrs do la cause nationale, incarcérés en Allemagne pour avoir aidé nos soldats à franchir la frontière gardée par les bourreaux de la Belgique, ou pour être, avec tant d'ingéniosité, venus en aide à leurs compatriotes malheureux ou démoralisés. Pour les veuves et les orphelins, les mutilés, les prisonniers, ceux qui ont été soldats, l'Etat veillera à accorder des pensions d'une part, des places do l'autre. * ' * Mais la déclaration royale tient compte de l'héroïsme attesté par tous. Tous ont été égaux devant la souffrance et la misère, sous le joug. Tous se *ont également bien battus, magnifiquement battus, e\ tous, qu'ils fussent bourgeois, ouvriers ou gen-\ii mmes, ont lutté, ont souffert, ont triomphé. I\ >létaires et paysans, comme fils de privilégiés, é sur le môme front. Il est légitime qu'ils fûjf les mômes droits. f] erait beau voir, demain, ceux-là qui, pen-4a tant d'années, Ont institué pour les fortunés 1d( la vie des privilèges en matière de charges militaires, tenter de continuer d'autres privilèges en faveur des mômes privilégiés î Nous allons donc au S. U. À 21 ans. Nous avons eu l'occasion, souvent, d'évoquer la possibilité de cet élargissement nécessaire du droit du suffrage. De bons esprits pensaient, au Havre , comme à Bruxelles,—et parmi ceux qui d'ici envisageaient ainsi la question, il y avait notamment M. Camille Huysmans—que le S.U. à 25 ans, avec six mois de résidence et une seconde voix aux pères de famille, âgés de 35 ans, était dans le domaine des choses raisonnables. Nous allons d'emblée au S. U. à 21 ans. Soit. Il serait inadmissible que ceux là qui se sont battus, qui, à 16 ou 17 ans, sont partis pour rejoindre l'armée, ne puisent jouir, aujourd'hui, d'un droit électoral que posséderaient ceux restés tranquillement chez eux. Or, il est impossible d'inscrire dans la Constitution une disposition transitoire qui dirait, par •xemple : « Tout Belge, Agé de 25 ans, possôde le droit de .. »jiŒr»g®. vvt, e.arîiftAiVWH<> . pendant la gu«ft e de 191*, joiiirâ. cependant de-oo droit quel que soit son âge. » Les dispositions constitutionnelles ne supportent pas d'exception. Personne ne songera, d'autre Çart, à nous replonger dans le maquis des discussions d'ordre constitutionnel. Voici plus de quarante ans que trop d'hommes politiques, dont le talent eût été si utile à la chose publique, ont perdu le meilleur de leur temps et de lour activité à la bataille pour la révision. Il y a, présentement, d'autres champs d'activité pour eux. La Belgique a besoin, pour se «refaire », peur sa reconstruction, du concours de tous ses enfants. Ne nous attardons plus aux choses politicu-lardos. Va donc pour le S. U. à 21 ans. Mais, quid du suffrage des iemmes? Il est devenu la loi de bien des peuples. Déjà il «st inscrit dans les lois anglaises. Les autres nations suivront inéluctablement. Les femmes, pen-^ dant la guerre, ont souffert, ont lutté, se sont A sacrifiées à l'égal des hommes. Chez nos alliés, ^ «lies ont coopéré directement à l'action des armées, prenant à l'arrière la place des soldats. En priucipe il y a unanimité pour reconnaître les droits de la femme. On diffère seulement sur la question d'opportunité. 11 y a des hommes d'Etat, tel M. Emile Vander-▼elde, qui estiment, qu'en tout cas, il faut lever dans la Constitution, la barrière qui s'oppose à l'octroi éventuel du droit de suffrage a la fournie -— de manière que, le jour venu il suffise de l'ajoute d'un article a la loi électorale pour en régler l'application et la modalité. Nul doute qu'en cette matière, l'union nationale ne s'atteste et que cet accord n'intervienne très vite, lin essai aux élections communales pourrait être .immédiatement tenté. ta Uno partie du discours du Trône n a pas été très bien saisie par l'opinion publique. Elle est ainsi conçue : La pratiqua da la religion, qui a été pour les croyants, nn grand réconfort uux joura des épreuves douloureuses, n'a jamais été dans l'armée un obstacle à la camara-^ derie ; comment dès lors des divergences dans co dos m maine pourraient-el.es être une source dé divisions dan-^ ia vio civile et politique î Les lois et leur exécution doivent concourir a faire de ces principes une 4'éalité. îS'agit-il (l'une loi prochaine relative a des questions d'ordre religieux I Nullement. — L'allusion vise la loi ficolairo. et implique qu'il faut accorder à tous — aux c:\thol ques comme aux croyants, comme aux protestant comme aux israélites, le droit do faire donn< j à leurs enfants l'instruction morale do leur clioi: La loi scolaire, votée avant la guerre par 1< Chambres, serait appliquée, avec uno large extor sion do l'inspection da l'Etat s'étendànt à toutes 1( , écoles, qu'elios soient libres . ou officielles du m-ment où elles reçoivent les subsides de l'Etat. Pour ce qui concerne l'enseignement, du me ment un article serait ajouté à la loi, en vertu di ; quel un nombre de pères de famille agnostiques < ; réclamant pour leurs enfants un cours de moral qui ne serait pas basé sur la Révélation ou sur un idée religieuse, y auraient droit. 11 n'y aura évidemment p!t5-de meilleure garanti pour les pères de famille catholiques, quant à l'ave nir, sur le terrain de renseignement religieux, qu la reconnaissance des droits des pères de famiil libre-penseurs., en matière d'instruction de la me raie. * * * Pour le choix do la langue, le droit du père d famille serait absolu. En Flandre comme en Wal lonie, la faculté de faire instruire ses enfants, e: français ou en flamand, doit ôtro prévue intégrale et elle le sera. L'accueil que les Chambres ont fait à l'annonc de la création d'une Université flamande à Gan< a été tellement glacial qu'il a frappé les membre: du ministère Delacroix. Il n'a pas échappé au Roi nous le savons. Nous avons ou l'occasion do dire que les Fia mands avaient droit à une„ Université flamande mais que les Gantois n'en voulaient à aucun prh chez eux. Ils sont seuls juges. Que l'Université s< fasse à Gand, à Anvers, à Saint-Nicolas ou ail leurs, les aktivistes et ceux qui se modelaient hy pocritoment sur eux feront leur deuil de tout es poir: Y Université française de Gand, en aucut cas, ne sera supprimée, comme ils l'eussent voulu Ces messieurs affirmaient très haut qu'ils préféré raient la suppression pure ot simple de l'Universite française ïTo Gand et pas d'Université flamandi du tout f maintien de l'Université française. Cette Tôuvre nocive ne se réalisera jamais. <* Faisant allusion aux réformes sociales, le discours du Trône contient cette phrase, que l'on î diversement interprétée aussi : Dans un intérêt collectif, les dommages et los destructions tans précédent causés par la guerre aux particuliers appelleront une réparation intégrale et rapide. Les effets de ces ravages ont démontré combien tout se tienl dans la vie économique; l'usine est aux ouvriers ce que les ouvriers sont aux commerçants, et ce que ceux-ci son aux professions libérales. 1 La penséo qui a dicté ces phrases no tend nullement à établir un indice de dépendance de l'ouvrier vis-à-vis du patron, la volonté do comparor i'ouvriei à un outil, mais simplement de montrer que l'usine n'est rien sans l'ouvrier, ot l'ouvrier rien sain l'usine. * * Dans la pratique, est-ce le gouvernement acfcuol émanation du suffrage plural, qui assurera h mission de réaliser toutes les réformes qui s'annoncent et sont inéluctables? Nous ne le croyons pas. Le gouvernement actuoi aura à pourvoir aux affaires de nécessité immédiate. Il cherchera à rétablir les organisations que la guerro, quo l'ennemi systématiquement, a dé truites. Il soumettra aussi aux Chambres les projets de lo; dont la solution s'impose sans lo moindre retard. Pour lo surplus, on attondra le gouvernement issu des élections prochaines. serais vera : juin '1919 -qu'elles-- pourraient avmr-Hoir,'sur la base dli S.t/ à SI 'dnâ',"s&Wpasser par les formalités qu'impose la Constitution, Il n'y aurait pas élection de Chambres nouvel-les pour examiner le point de savoir « s'il y a lieu •» à revision constitutionnelle, mais élection immédiate de la Constituante. C'est inconstitutionnel. Evidemment. Mais ceux qui^'répondent : La Chambre actuelle peut-elle sié-gér valablement, constitutionnellomont î Ont-ils tort ? L'existence du gouvernement belge au Havre était-elle constitutionnelle? Les arrôfés-'o:s pris là-bas ont-ils jamais été prévus par la Constitution ?«.. Nous sommes en présence d'une Belgique nouvelle. Les traités de 1830 et de 1839 qui ont créé la Belgique sont appelés a disparaître. Il s'agit donc de « refaire » la Belgique, uno Belgique indépendante, libre, en possession do toute sa souveraineté. Il appartiont à tous ses enfants do coopère* à ce renouveau. Puisque tout 1e monde est rallié au principe du S. U. pur et simple, ne perdons pas un temps précieux en discussions byzantines. Elisons bien vite une Constituante, et occupons-nous des affaires du pays ruiné par un ennemi contre lequel il nous faut rester fraternellement unis ! Edmond PATRIS. PETITE GAZETTE Le mlhSsfre de k*2até rieur. Lo nouveau ministre de l'Intérieur, M. do Bro quevi'.le, revenu sur ses hésitations, a prêté sermon: entre los mains du Roi. ILo retour de £5. ISSfiSson. Le nouveau ministre do la Guerre, avant d< prendre possession do son portefeuille, a voulu aile, embrasser les siens à Mons. M. Masson rentre on bonne sanlé et plus vaillan quo jamais. On parle de la nomination prochaine de MM. Pau Berryer et Louis Bertrand en qualité de Ministrei d'état. Le barreau serait honoré dans la personne de son bâtonnier, M. Léon Théodor, qui serai appelé, lui aussi, à un poste honorifique. B-© Cardinal ASercler. Monseigneur Mercier Ta décliné formellemen tout honneur La manifestation quo l'ou organi sait n'aura donc pas lieu. i- Contrairement à ce qu'ont annoncé nos confrère: 3, parisiens, le Cardinal ne se rendra pas à Paris. !l> cl.'jso ssaanlfcstnlio» en l'honneur de : • £1. SSockstael s La société De Vereenigde Vricnden de Laeker " organise pour le 30 novembre prochain, à 7 heures 1 du soir, on la salle Odéon, rus Marie-Christine,une manifestation à l'occasion du 80J anniversaire de M. le bourgmestre Emile Bockstael. Cette fête sera donnée au profit des orphelins de nos héroïques soldats. A Sainle-Gadule. Vendredi prochain, ù. 11 heures, sera célébré, à Sainte-Gudule, un service solennel, à la mémoire des soldats morts pour la Patrie. 8 S. M. le Roi y assistera. • A fa synagogue. 0 Un service d'actions de grâces a été cilébr«! 3 à la Synagogue, rue de la Régence, à l'occasion du retour du Roi et de la Reine et de la libération de la Belgique. Etaient présents à la cérémonie un officier de la Maison du Roi, M. le marquis de Villalobar et M. Brand 3 Whitlok, représentants de l'Espagne et des Etats-Unis, M. Lux, représentant le ministre de la justice. M. ;e gouverneur Béco. M- le bourgmestre Max. accompagné de MM. les » échevins Lemonnier, Steens et Jacqmain, M le comte d'Arschot, chef du cabinet du Roi, M. 3 Speyer, sénateur. M. le baron Lambert, du 1 Consistoire, recevait ses invités. î A 11 heures, M. le grand-rabbin de Belgique a fait son entrée pendant que le chœur ' chantait YAdou Olom de Rossi. Après la récitation des prières et une allocution de M. le grand-rabbin, les chœurs chantèrent la Brabançonne et Vers VAvenir, et les cris de : Vive : le Roi ! Vive la Belgique l retentirent, poussés ) par tous les assistants. ELa délivrance «îe SSrnxeHes. Lo roi d'Angleterre vient d'adresser le télégramme suivant à l'Administration communale do 1 Brus elles, on réponse aux félicitations qui lui ont été envoyées à l'occasion de la délivrance de la capitale : Monsieur Maurice Lemonnier, Bourgmestre, ff. do la Ville de Bruxelles, A l'heure triomphale pour la cau6e sacrée du Droit, ce m'est un plaisir infini d'accueillir les salutations do la noble Ville de Bruxelles, ot je vous remercie, Monsieur le bourgmestre, au nom du peuple britannique, des parole* généreuses quo vous m'avez adressées. Les souffrances et l'héroïsme des vaillants habitants de Bruxelles, pendant ces longues années de guerre, seront à jamais mémorables. Et jo me réjouis de plein cœur avec la Belgique dans sa libération d'uno cruelle tyrannie. (signé) GEORGES R. I. D'autre part, l'Administration communale vion^ de recevoir do M. Brand Withlock, ministre d'Amérique, le télégramme suivant en réponse à celui que la Ville de Bruxelles lui a adressé, lo 17 novembre : , Monsieur Maurice Lemonnier, Bourgmestre ff. de la Ville de Bruxelles, Votre télégramme qui m'annonce la libération de notre chère Viile de Bruxelles m'apporte la plus grande joie, et je vous en exprime touto ma gratitude, Je salue et félicite Bruxelles délivrée, et je vous prie d'être mon interprète auprès de vos collègues et do la population tout entière pour leur exprimer le sentiment ému de mou inaltérable dévouement. Mon cœur est resté avec vous tous pendant cette longue absence, et il me tarde do vous voir. Mme Brand Withlock me prio de vous faire part do sa gratitude pour l'honneur que vous lui avez l'ait, elle se réjouit avec moi de vous revoir. (signé) WITHLOCK. Ministre d'Amérique, sLa SJguo des Patriotes. La Ligue des Patriotes, dont le Soir a parlé t ces, JiOjUrs derniers, & ;â sa 4été M. José- Ht>»nc-bicq,'à- rimWftvj?,de en qualité de président. A. la Sionn&ie. Rien n'est encore décidé quant à la date do la réouverture de la Monnaie. La plus grande activité rêgno sur notre première scène lyrique. Mais la ville doit décider du jour où notre Opéra reprendra son activité, et il y a, do C9 côté, un peu d'hésitation. En outre, on attend le retour de Suisse do M. Kufferath, retenu au delà des frontières par des formalités da passe-port. Quand le sympathique directeur reviendra à Bruxelles, il trouvera do ia bonno besogne accomplie, et son personnel prêt à le recevoir. A la B^onrso. C'est définitivement lundi prochain, 2 décembre, que la Bourse de Bruxelles fera sa réouverture. !La ïe.yée dos «basses. Le département de la guerre a décidé d'accorder un congé de plusieurs mois, aux. Jeunes gens faits prisonniers par les Allemands et qui, rentrant d'Allemagne, tombent sous l'application de l'appel des classes. Avant d'aller à la caserne, il leur faut 1q temps de réparer leurs forces. C'est ce qu'a, très bien compris M. Louis Franck, qui assume la charge de ministre de la guerre, en. attendant que M. Masson prenne possession de son cabinet.Pour m os soiUîîaU ea Âllemagno. Nos soldats des quatrième et cinquième divisions d'armée vont donc sous peu aller s'établir sur le Rhin. Une mesure s'impose, et nous avons l'assurance que notre nouveau ministre ; de la guerre, qui est un homme de sens et de cœur, saura, sans retard, la prendre en leur faveur. Son prédécesseur, le général de Ceuninck, 1 que les Belles n'auront guère connu, puisque nommé au Havre en juin 1917, il n'était plus ministre en revenant à Bruxelles, a pris au ; cours de son mandarinat, quelques mesures... mettons excessives. C'est ainsi qu'il avait imposé pour nos sol-[ dats le port du bonnet de police. Il en résulte f que les jours de soleil, nos soldats sont aveuglés, et que la pluie, les mauvais jours, leur dégouline le Ion,? de la figuré. ' D'autre part, nos soldats ne peuvent porter ni imperméable, ni houseaux de cuir! Us doivent donc être mouillés jusqu'aux os i et voir l'eau leur entre'' dans les chaussures, grâce !ï la ridicule petite demi-jambière dont on les a dotés. Nous ne doutons pas qu'une prompte et dé- m i i i ii l't'a-iftu w.i.uj—-c—■ — ?r ' • — — ; cisive intervention de M. Masson mette fin ô toutes ces mesures que le caporalisme seul a pu justifier jusqu'ici. o Hes Anglais en Allemagne. Le général sir Henry Rawlinson, comman. dant de la 4° armée, qui fait partie des forces britanniques d'occupation sur le Rhin, a adressé à ses troupes un ordre du jour dans lequel il déclare qu'il est convaincu que les soldats britanniques demeureront fidèles aux vieilles traditions de l'honneur et que, en pays ennemi, ils ne feront pas supporter les conséquences de la guerre ni aux femmes, ni aux enfants. Voilà la proclamation d'un vrai soldat, qui veut conserver à ses troupes leur caractère chevaleresque et pour qui la morale et le droit doivent inspirer la conduite de la guerre Déjà le maréchal Péta in avait adressé le même appel aux armées françaises. H'08 cheiains <ïe fer. Des trains partent désormais de la gaie du Nord : à 6 h. 20 pour Ostende; à 7 h; 10 pour Liège ; à 8 h. 30 pour Anvers. S^our îa Sl-$îss.e!»s eîes petiis pauvres. Uno heureuse idée, c'est tout d'abord de reculer sa date, ainsi que vient do le décider l'œuvro « Les amis des enfants do nos soldats>«. A l'heure présente, jouets et bonbons sont à peu près inexistants, leur prix, en tout cas, est inabordable.L'idée est donc excellente, Le Soir s'y rallie volontiers, et il vient ^appeler à ses lecteurs que. la St-Nicoios des enfants pauvres est une institution bruxelloise. Depuis cinq ans Le Soir a dû interrompre cette tradition charitable. Faut-il dira qu'il entend la rétablir, sans retard ? Il fait appel à la générosité de ses lecteurs. Depuis clni{ ans, ils ont ignoré les douceurs de la St-Nicolas, les pauvres potiots de nos crèches, de nos hôpitaux, de nos écolos.Les lecteurs du Soir voudront certos compenser largement ce long retard. Nous attendons leur obole avec confianco. A lreaie-c;a<j cu-îîesàus «Je l*£rig. Ça continue. Aprè3 l'aérobus sur Londres avec quarante et un passagers, voici l'aérobus sur Paris. On annonce qu'un autre appareil a survolé la -banlieue parisienne, portant trente-cinq personnes l A quand un de ces monstres au-dessus de Bruxelles ? Pour nos conduis pitipes UN GESTE qui S EMPOSiE Après Bruges, Gand et Anvers, Bruxelles a accueilli avec un enthousiasme justifié les vaillantes troupes beiges et continvc à faire fête aux délégations des armées alliées qui sont les hôtes de ia capitale. Hier c'était Gharîeroi; (jemain ce seront Liéje et Namur, Hasselt et Arlon. Partout, la même joie délirante, partout la même fierté, Ces héros furent cinquante et un mois à la peine : il n'est que juste ru'iîs soient longtemps à l'honneur. Jamais nous ne leur témoignerons assez de gratitude. Dans une quinzaine, d'autres vaillants, les prisonniers de guerre belges qui reviendront des camps d'Allemagne, de Hollande et de Suisse,, seront, à leur tour, reçus à bras ouverts. Et la foule, par son empressement à les accueillir, aura à cceur de chercher à 1er lar. efoïïleifrs i^utermi- f *»&:>le*e;«HauqucM4s furent '-astreints, apt'fcs ' avoir résisté aux dangers et aux souffrances de la tranchée. Il est cependant une catégorie de vaillants serviteurs de la patrie qui semblent devoir échapper à ces ovations, dont le retour au pays passe même complètement inaperçu et qui, en attendant que la mise on marche de trains leur permette de regagner le foyer auquel ils furent arrachés voici nombre do mois, "d'années déjà, errent lamentablement dans los rues et font, durant des heures, la file au bureau do ravitaillement pour obtenir le bon de p-ain indispensable. Il s'agit des condamnés politiques. Ah ! qui dira jamais les tortures endurées par ces centaines, par ces milliers de braves qui, dans tous les coins du pays, seuls au milieu de tant de trembleurs, eurent le courage de s'exposer aux pires châtiments de l'occupant pour venir en aide pratiquement à leurs frères do l'autre côt'î d î front. Tandis que la masse s-e contentait de gémir et d'espérer, ils agissaient, eux. Pour recueillir et transmettre aux alliés quelques renscigne-mnnts sur les mouvements de l'ennemi, peur détruire les travaux d'attaque ou de défense des Boches, pour guider vers la frontière les jeunes gens désireux de s'enrôler ou les soldats séparés de leur unité qui voulaient, aller reprendre leur place aux côtés de leurs "frères d'armes, ils eurent tous les dévouements, toutes les audaces. L'occupant ne désarmait pas. Pas une semaine ne s'écoula durant ces quatre années d'occupation sans être marquée par de nombreuses condamnations, toujours sévères, parfois criminelles. Mais ni les exécutions impitoyables, ni la menace constamment réalisée des travaux forcés à perpétuité ne rebutaient ces intrépides. Prêtres ou magistrats, avocats ou médecins, hommes politiques, petits employés ou ouvriers, vieillards ou adultes, femmes du pe>p'e ou jeunes fiilcs du monde, poursuivaisnt, d'initiative personnelle, leur tâche ingrate, obscure, mais héroïque. L'çccupant dut même, en fin de compte, renoncer à publier ses inexorables arrêts puisqu'il s'avérait que, loin de terroriser, cette pnblication ne contribuait qu'à stimu<j, 1er de nouvelles ardeurs, qu'à susciter de nouveau^ martyrs. Oui, des martyrs. Le mot s'impose. On frémira lorsque, lo légitime enthousiasme qui fait vibrer en ce moment tous les cœurs étai quelque peu dissipé, on pourra prêter un oreille plus attentive aux récits sincères d ceux qui ont vécu cette procédure barbai des tribunaux de campagne, qui ont subi l€ raffinements de la «question» des auditeur militaires, qui ont dû se soumettre à l'implt cable régime des bagnes et des prisons d l'Empire. ' < .. A Dieu ne plaise que nous songions à fair ici le procès du gouvernement belge, qui eu déjà tant de soucis d'autre nature, qui 1 plupart du temps ne savait pas et qui, pou le surplus,, était complètement désarmé. C n est donc pas un reproche; mais cette cor statation de fait s'impose : on n'a rien tenté ou si peu que rien, au Havre, au cours d ces quatre années, pour chercher à venir e] aide à ces malheureux compatriotes qui, vie times «de leur ardent patriotisme, ne cessé rent d'être traités en véritables parias, tra qués, bafoués, affamés, dépouillés. Pour eux toutes les conventions internationales res tèrent lettre morte; à eux, aucun accord entr« les belligérants ne s'appliqua jamais. Nombreux sont ceux d'entre eux qui, aprè: avoir comme par miracle échappé au poteai d'exécution, sont morts là-bas de souffrance! et d'épuissment Et ceux qui, ces jours der niers, ont pu rentrer, libérés par la révolu tion, l'amnistie ou l'armistice, nous re viennent prématurément vieillis, effondrés anéantis. La plupart ne retrouveront pluî au foyer que la misère et la désolation... Sera-t-il dit qu'en ce moment où la Belgique acclame ceux qui eurent l'occasion d'émerveillsr le monde par leur dévouement et-leur courage, pas une pensée n'ira à ces valeureux champions de la cause commune, qui, vivant au milieu-dés troupes ennemies, sans stimulant ni appui, sans cesse guettés par une mort peu glorieuse et au mépris des Dires difficultés, r,e vouèrent eux-mêmes et les leurs tout entiers à -la destruction, sacrifiant de gaieté de cœur ce qu'ils avaient do plus cher au monde, pour accomplir l'œuvre la plus mé'-itoir^ et la plus nécessaire? Sera-t-il dit qu'à cette heure où nous fêtons le t-riorap'he sans précédent remporté sur la Barbarie moderne, qu'en ces jours où l'on rveut, plein d*esp'ôir. jeter les fondements d'une Belgique nouvell?, plus gTande et plus prospère que jamais, on n'aura pas un/reste d'admiration et de gratitude pour ces héros qui.contribuèrent nour une bonne part au grand.succès et qui ont prouvé, dans des circonstances où il y avait quelque mérite, on l'avouera, à apporter cette preuve, qu'ils étaient bien ceux-là sur qui on peut surtout compter, à présent quo nous avons besoin d'ho^m^a d'éner«?ie et de patriotes décidés. r<Bis d.it qui cito dat». assure un vieil adage. Nous attendons du gouvernement qu'il accomplisse sans plus de retard l'œuvre de justice et de réparation à. laquelle ont droit les condamnés politiques qui viennent de rentrer dans ce pa.vs, par lequel et pour lequel ils ont tant souffert. LUC, - Il y avait fùte nier soir, à ia Monnaie, fête patriotique^ et iête d'à; t. Dans la salie vénérable uu depuis p.us àe liaatre ans n'étaient en-que des Allemands ec des courtisans de l'Allemagne, la foule familière a pénétré, heureuse, avec l'attendrissement presque de l'exilé qui rentre au. foyer natal, bur toutes les lèvres, le-sourire de la délivrance. Dy,us tous les yeux la belle humeur joyeuse des cens mii se rc^rouv. ut dans un_ ciécojL airair.ySfoâfs Jcnt « c«feièfraff&é"Qtnts~les couloirs ni uans ia salle. D'un regard circulaire on cherche et on retrouve les lignes accoutumées. les coins d'ombre et de lumière dont le souvenir hantait nos soirées d'hiver, lit sous le lustre discret d'autrefois, parmi cette aiiiueuce mèlèê, pour un peu on se prendrait à douter. En vérité, ne dirait-on pas un soir de réouverture ? Des visages connus, des profils d'étrangers, le Lirait, l'affairement, l'émoi curieux d'une saison qui va débuter? A-t-on vraiment « fermé » pendant quatre ans ? Ou bien les quatre mois d'été traditionnels n'ont-ils paru si longs — et si tristes — que par une illusion de rêve, un cauchemar décevant ? Mais la réalité est là, sur la scène; los uniformes des musiciens-soldats nous rappellent les atrocités de l'invasion, la guerre et ses deuils, ses dévoûments, ses sacrifices, — et les rares moments d'accaiinie que la bonté providentielle d'une Heine sut ménager au milieu des tempêtes et des horreurs du front. La.phalange s> mplioiiinue de l'armée belge de campagne a pris place, et voici que le sergent CorneiFdc Thorau s'apprête à diriger l'orchestre, à l'eildroit même où les habitués de la maison l'ont tant de fois applaudi. Aussi quelle acclamation,soute de chaleur et sympathie,salue son entrée ! Jamais, aux plus belles heures de son histoire, la Monnaie n'a vu assemblée plus.nombreuse (sinon, plus briilaqÉft) ni plus sincèrement.unie dans une communion patriotique.. lit ie concert commence. Une Brabançonne vibrante, exécutée allegro, que toute la salle écoute debout. Déjà l'on admire la vaillance du jeune chef : on reconnaît sa maîtrise, faite de vigueur et de précision. 11 domine l'orchestre d'une main impérieuse et souple et en obtient des nuances, des oppositions, un relief saisissants. L'ouverture du iïoi d'Ys, de Lalo ; puis la délicieuse symphonie en ré mineur, de César Franck ; la Fantaisie sur un thème wallon, de Théo Ysa\ a (mort récemment) ; le poème musical d3 Pàmsîcy-Korsakov/, Shéhérazade, coloré à souhait (et qui valut au violon solo, M. Gadeyne, un beau succès personnel) ; le carnaval de Pr\n-cssc d'Auberge, de Biockx, ont tour.à tour î-H goûter îe.s précieuses qualités de cette phalange, créée au hasard de la guerre, mais débordante d'att •nfio'n, de discipliné et de bon gré artistique. Les bravos et les rappe's ne lui ont pas manqué. Le programme se terminait par les Hymnes nationaux de nos Alliés. On a bissé d'enthousiasme la Marseillaise, jouée dans un rythme accéléré, prestissimo, comme au pas de charge, qui faisait contraste avec l'adagio plus so- lï lennel des airs anglo-saxons. On a redemandé e également le God save the Ring et l'Hymné Q américain (La Bannière étoilèe). On a fai}2 0 trisser la Brabançonne finale I . ,rji. g Dans la salle quelques uniformes, belges et étrangers. Dans l'avant-scène municipale, M, Adolphe Max, notre bourgmestre (de mieux en. ■ mieux portant et cordialement fêté à son arrl* vée), ainsi que MM. les échevins Steens, Le* monnier et Jacqmain. • , e En somme, soirée superbe et sans doute fruc- t tueuse pour les Orphelins de la guerra, au 1 profit desquels le concert a été organisé. r . J.-B. D. e — , La prise de la crêîe des l'iandfes 1 Nous avons donné, à l'occasion du défilé do la VI° division d'infanterie lors du ï«tour - du Roi. quelques indications sur la iiîrnlèra - offensive de l'armée belge. Voici les ({tata da service des diverses unités : - ■ I.e 28 septembre avait donc été choisi comma date de 1 offensive. La. veille, l'appel îiuivanï du Boi avait été communiqué aux troupes : a Soldats, « Vous allez livrer un puissant assaut au> positions ennemies. » Aux côtés de vos héroïques camarades britanniques et français, ii vous appartient de refouler l'envahisseur qui opprime vos frères depuis plus de quatre ans. » L'heure est décisive. » Partout l'Allemand recule. » Soldats, » Montrez-vous dignes de la cause sacrée de notre indépendance, dignes do nos traditions et de notre race. » En avant pour le Droit, pour la Liberté, pour la Belgique glorieuse et immortelle. » ALBERT. » Le 28 septembre nos six division^ d'armée, soit douze divisions d'infanterie avec dix-huit régiments se mettaient en mouvement. Troi3 divisions d'infanterie et un corps de cavalcrl? français se trouvaient en réserve. A la droite de l'armée belge se tenait la II® armée •tannique, également en première ligne. L'assaut fut irrésistible. Au soir de la première journée, les neuf divisions d'infanterie belges engagées de Dixmude à Ypres avaient avancé; de plus de huit kilomètres, sous une pluie bat-' tante et sur un terrain barré de tranchées avec abris bétonnés, et bourrées de mitrailleuses. La forêt d'Houthulst. formidable bastion que les Allemands croyaient inexpugnable, était aux trois quarts conquise. Plus de quatre mille prisonniers, dont uno centaine d'officiers avaient été capturés, ainsi que de nombreux canons de campagne, des centaines de mitrailleuses, des mortiers de tranchée et un matériel considérable. Les Allemands amenèrent leurs réserve-; quatre divisions de renfort. La bataille it.,.,-! de plus belle, mais le lendemain 29 r.-. un temps épouvantable, l'armée belge s'en i. rait de Dixmude, Clercken, Zarren, Ter > Slidenberg, etc. Elle était devant Wesf " sobeke, prenait Moorslede et s'avançait (<■ îs la direction de Roulors, jusqu'à Colliemo'c hock. Le "0 septembre toute !a crête des Flandres était conquise et dépassée. Nous avions avancé de plus de di\--huit kilomètres, fait six mille prisonniers, pris 250 canons et 300 mitron, leuses. Neuf divisions allemandes, du 28 septembre au 2 octobre, se succédèrent en face de no<* troupes. L'ennemi engageait toutes les force qu'il possédait en Flandre. A ce moment, il y eut une pause : il fallait pour continuer les opérations, rétablir les communications pour permettre les dépJacv monts de i-artllleite.lourde et l'arrivée des ap« prbvisionneanents de toutes espèces nécessaires pour la continuation de l'offensive Dans ce terrain complètement bouleversé, criblé de trous d'obus, n'ayant plus que des vestiges de voies de communication, il fallut réaliser des prodiges pour amener tout le matériel i pied d"couvre, et pendant que les troupes du génie et leurs auxiliaires rétablissaient les routes et les voies ferrées, des combats incessants se poursuivaient «n première ligne pour harceler l'ennemi, lui prendra encore ça ot.là un village, un point solfdement fortifié; un nid do mitrailleuses particulièrement gênant ; l'empi'-cher autant que possible de renforcer ses lignes. Pendant cette pause obligée, quelque." unes des divisions belles furent mises au repos et remplacées par des divisions française?, èt l'on vit, a l'occasion de cette relève, cette chose magnifique: une division, apprenant qu'elle allait être relevée le lendemain fl l'aube, et se trouvant devant deux hameaux dort la possession était ûprement disputée, partit le soir à ^'assaut et enleva définitivement deux hameaux, ne voulant pas remettre ft la division française qui allait la relever, le soin d'achever la tâche. Le terrain étant déblayé, la date du 14 oclobr j fut choisie pour la reprise de l'offensive. Celle-ci fut menée par l'armée belge renforcée par Ia 11° armée britannique, et par les septième et trente-quatrième corps (armée française). Cet ensemble formait le groupe d'armée des Flandres sous les ordres du roi des Belges. Cet ensemble était divisé en trois groupements: le groupement Sud, Centre et Nord. Au Nord, étaient nos preiîilère, dixième et quatrième divisions d'infanterie, avec notre division de cavalerie, le tout sous le lieutenant général Michel ; an Centre, étalent les trente-quatrième ot septième corps français, sous les géné-ranx Nudant et Massenet : au Sud, étaient les sixième, deuxième et troisième divisions d'inJ fanterie belge avec la cent soixante-quatrième division d'infnnterie française lo tout sous le lieutenant général Biebuyck. L'attaque principale d«s troupes franco-beiges se produisit, sur un front, de dix-huit kilomètres. sans vrêpornIUm 'l'artillerie., afin de nous assurer les avantages de la surprise. Les attnnues se continuèrent jusqu'au 27 octobre. T,'armée, belge franchit l'Yser au Nord de Dix. mitde et s'emnara de tout le terrain sur la rive est. Te groupement nord délivra la cote e{ Ostende, puis Bruges, le groupement centre enlevait Ronlere et marchait jusqu'à De.vnze : 'e groupement sud prenait. Tseghem, Ingelmun-ster. etc., se soudant è la deuxième armée bri- Le procès de Miss Cavell par M* Saâi KIR3ÇHEN (Suite) Constant Cayron, 18 ans, fils du marchand <lô volaille très connu à Bruxelles, reconnaît avoir distribué des Mots du Soldat et des numéros de la Libre Belgique, qu'il tenait d'un Inconnu. Il ignorait quo c'était punissable. Il n'à pas participé aux départs vers la Hollande, jnais il a remis une liste des jeunes gens qut roulaient franchir la frontière au Père Pir-bouI, Jésuite de la rue Royale. fioul, jésuite de la rue Royale* C'est co religieux qui se rendit chez les moyens de gagner la Hollande. Parmi eux se trouvait le propre frère de l'accusé, qui par ie Mot du Soldat informa sa famille de soh heureuse arrivée en Hollande. L'auditeur ne requiert point les travaux for cés contre Cayron à raison de son jeune âge il réclame cinq ans de prison. Energiquement défendu par M0 Dorff, 1 accusé s'en tirera avec deux ans et dix mois. •• Gracié et revenu en Belgique après avoir purgé une partie de sa peine, le malheureux jeune homme muurut d'épuisement." (1)- (î) Lo cas Oayroa-Pirsoul donna lieu à. un eu risuK ot malheureux incident, on dehors d» là sa;i-d'audience. M* Dorff. ayant appris quo la pèr< Pirsoul f.vait eu dw entr'vues aveo lo jouno Cayron &lîa voir r.o dsv:ii«r dans la prison"où il purgeai! h*, p~:uo i laquelle il avait tié oondamué dan l'a.' ai; ' Caveli, afin do. se procurer l'j-.'rcseo dt pôro Pir.-.oal et do provenir celui-ci d'avoir à si mettre à l'abri. Le pèro l'iraaul s'empressa d3 passer en Hol lande, ra&ir, la police eut vent do la- visité d< M' Dorf? &*• lu pKison. Bile, cuisina le jeune" Oayron iiut avoua la vérito. La pelico adrC33<i uu ra;;por Boigné à l'auditeur. Oeîui-ci et interdire en conzt fjuonce à M* DorlT l'accî-s du prétoire du Brabant et mon o-callent confrùre fut obligé d» plaider do rénaYo.ni devant' les seuls tribunaux do province où. faut-il ic dire, il continua à r&nûro de grand services. L'accusé Armand Heuze, 42 ans, s'occupar d'équipements coloniaux, avoue avoir rencoi tré par hasard à, Bruxelles, Mlle Thulièr, qi lui demanda de loger des personnes amenée par elle à Bruxelles, en tout dix Français < deux Russes. Ii en plaça six ohez Botèon. u logeur, et six chez le cafetier Pansaers. s'engagea à. régler leurs dépenses ; ii obéissa ainsi à un bu* patriotique. * sfc * Le sympathique avocat Demoustier, ci Mons, a agissant en bon citoyen belge et pi patriotisme », a en janvier 1915 donné asii une nuit à un soldat anglais, en février deux autres également pour une nuit. C( deux derniers étaient accompagnés du guid Jolly. — Ne leur avez-vous pas donné un pas t conduite jusqu'au tramway r — Oui. — Comment un homme de votre rang fait-pareille politesse à des gens de petite coud tion f — Je considérais cela comme un devo: d'hospitalité. m* Demoustier reconnut qu'il n'ignorait pî que ces pauvres diables, auxquels il voula économiser le prix d'un logement A l'Hôte devaient passer la frontière à leurs risques périls ; il a cru qu'il s'agissait de cas isolés il a agi sur simple demande de Crabbé et n jamais pensé qu'il pût éûre question d'une o ganisalion constituée (1). I.e cSbarelier Pansaers, qui, condamné trois ans de prison, se pendit de désespo (î) Rappelant ce fait dans une lettre écrite do maison pénitentiaire do ïlheinbaoh (où il purgea la peino do trois ans de travaux forcés à laque! il était condamné)", — l'auditenr avait requis dix an — l'avocat Dcdjoustior diào-it avec philosophie « Oa fait un an par soldat, et par nuit. •» La défense gardera lo souvenir (l'o la fermeté do la simplicité aveo lesquelles H* Demoustier € 4 posa avoir fait son devoir. dans sa cellule, déclara dans sa dépositic l: qu'il avait reçu un jour la visite de M. Heu: 11 qu'accompagnaient « une petite dame et der s hommes ». Ils lui dirent qu'ils étaient des i furriés du Nord la France. Heuze était se client. 11 les accepta sans arrière-pensô ! C'étaient des Russes. lt On devait ven'r les chercher le lendema pour les conduire où ? Il l'Ignorait. A peii étaient-ils partis que quatre Français vinre les remplacer. Il les accueillit de même; i •*; étaient d'un certain û,se et avaient l'air d'o vriers. 9 Tous ont. oublié de le payer. a Heuze lui a donné, plus tard, soixante fran s que Pansaers devait leur remettre. Pan3ae e a gardé trente francs pour les dépenses que 1 personnes qu'il avait logées avait faites dai ç son établissement. ■k ■ -*r •' il Les dépositions suivantes n'offrent guè j. d'imprévu sont colles des guides, homin et femmes, qui, nour des sommes no représe r tant que leurs frai3.de voyage, dirigeaient 1 intéressés vers ia frontière, des personnes q ^ ont offert l'hospitalité, gratis ou non, à d rï soldats qui s'adressaient à eux, sur la recoi , maudation de Libiez, de la comtesse de Bel! 5' ville, de Crabbé ou de quelques autres des pri cipaux accusés. Ce sont de braves gens, q ' restaient partagés entre leur désir de rend , un service patriotique et celui d'être débarre l" sés d'êtres compromettants. Ce sont : Julie Va denmei'gelle, Marie Mouton, Crabbé et sa fei me, Aimé Richet, Michel Caveneel et sa fei x tJiù, institutrice à Wihéries et Française jr naissance, Paul Godefroy, mort en Allemagr Oscar Mathieu, Marie Libiea-Dubuisson, co [a nue sous le sobriquet de « Bruyère *, îmque it déclare hautement n'avoir agi que de sa proj îe initiative en logeant deux Anglais, qui s'étaie s! évadés de l'ambulance de Wihéries, Delphi Sauvet, Joséphine Honoré, François Van D et voet, arrêté et poursuivi pour ce seul fait q x. Baucq s'est rencontré, un Jour, dans son ci avec trois jeunes gens inconnus .de 4uk V n Dievoet, et avec lesquels Baucq a causé tr je minutes. x II faut signaler particulièrement le rôle ( é- houillours du Borinage, parmi lesquels Fri ,n çoià Crappez et Etienne Lemaire, qui ont h ^ pitalisé chez eux, quelquefois pendant c mois, des soldats échappés aux combats d'a( n 1914. Tous ces gens sont — si l'on considère le r r,* de gravité de leurs actes et non la sévérité ( ]s peines requises — le menu fretin de l'accu tion : ce sont de pauvres diables, des primit: pour lesquels la vie a toujours été dure et q souvent, obéissant autant des mobiles de cl rité qu'au besoin de gagner quelque argent Z de manger une fois à leur faim. is Beaucoup s'expliquent dans le lourd et ti ïs nant patois borain ; visiblement, ils ne se r dent pas compte de ce qu'ils ont fait; ils comprennent pas toujours la question que li traduit l'interprète; ils répondent au basa re sans adresse, voire sans intelligence, ils 53 mandent qu'on les renvoie chez eux, parce ( u- leur femme et leurs enfants sont réduits à es mendicité. ui Signalons pour finir, le cas bizarre d rs guste-Simon Albert, détective de profess n- et pensionnaire de l'accusée Marie Mout e- Cette femme illettrée pria un jour Albert n- ré^iigftr pour elle une quittance des somi ui qu'elle avait reçues de Mlle Thulier ; pour re seul fait Albert fut arrêté, détenu pendant s- longs mois... ot finalement acquitté. Son in n- cence saute aux yeux et l'on serait bien n- peine d'expliquer la raison de sa mise en ] n" vention. ie m * m. e, n- Leé seuls témoins entendus furent avec le fils de Mme Ada Bodart.les policiers qui ava: re mis l'affaire en état. nt Seal# Sut intéressante la déposition du lie ne nant Bergan «t de son adjoint Pinkhof ie- avalent fait le dossier. Le lieutenant Beœ ue commença par s'élever contre les aîlégati .té des Inculpés qui avaient prétendu avoir jn mal compris h l'instruction : tes procês-verb )is d'enquête ont été rédigés avec le plus gran soin, et il n'est pas possible que des erreur les s'y soient glissées... Ln" L'auditeur,désireux d'étayer pnr la dépo?itlo: J*3" du lieutenant, les conclusions d'ernseoriblc qu' comptait développer dans son réquisitoire, ir sista pour lui faire dire qu'on se trouvait d< vaut une organisation bien établie dont chî .eu cun des accusés était un membre actif ayar e un rôle déterminé ot. — chose encore plus grav — devant une organisation non seulement d recrutement, mais encore d'espionnage. Il e 1,1 ' déclara convaincu qu'il en était parmi les a< iaj cusés qui possédaient des renseignements tri €t importants et alla jusqu'à se demander si o loi . de son offensive, le général Jofîre n'en ava< pas tiré de précieux avantages. » Le lieutenar Berysm répondit qu'à son avis il n'avait pc existé d'organisation pour ce qui concerne l'e 'V pionnage. Il y avait probablement ou un se p.el vice d'espionnage établi dans les étapes du d lue partement du Nord avec concentration de rei la seigr.emei.ts à Maub&uge, d'autres service.» Mons et à Bruxelles avec acheminement ve: \u- la frontière hollandaise — mais c'était une a. 10n tre organisation que celle qui occupait prôse: on. tement le tribunal. <10 La première audience se termina sur cet ncs déposition. Las accusés fiurent reconduite à ce prison de Saint-Gilles, dans les autobus q les avaient amenés le matin. n0~ >{e >2c vpi1. Ils se retrouvèrent le lendemain à la Chai bre des Représentants enfiévrés pour la plupa par la mauvaise nuit que l'on devine. Les e cusés se placèrent sur les bancs où 6iégef le autrefois la Droite, le tribunal parmi les ban ent de la Gauche, les avocats au bas de Thémicyc sous le bureau présidentiel, ute- * qui * * ?an Aussitôt l'auditeur militaire prit la parc ons pour le réquisitoire ; il commença par féli été ter la police, et nous écoutâmes avec une i box eignation patiente ces compliments « de si I le ». réservai notre curiosité pour la qualift-5 ration des délits et îe quantum des peines requises.i Alors, nous fûmes épouvantés de l'exagéra-l tion de langage .et d'opinion de notre adver» l- saire ; pendant deux heures, avec une passion !- et un emportement inattendus, il s'efforça de l- prouver qu'il y avait organisation syst^matl-t que. plan prémédité, complot, alors qu'il était e constant que la plupart des accusés ne se con-c naissaient pas. f Les aveux des inculpés le dispensaient de ~ discuter la matérialité des faits ; il employait 10 tous ses efforts à pervertir leur caractère, A ^ instituer un délit qu'ils ne comportaient pas. : Il adjurait les juges de songer aux dangers 1 auxquels l'armée allemande était exposée, et se sentant sur un bon terrain de manœuvres, il exagérait ces dangers à plaisir. Il requit la [" peine de mort contre neuf des prévenus, et à charge des autre» des peines si sévères que nous nous en étonnons encore aujourd'hui malgré not^e longue pratique de la Justice x_ militaire allemande. i- Pour les expliquer il invoqua la haute trahison, il distingua entre Factivité de « l'organi-te sation » en France et en Belgique ; l'organl-la sateur principal était en France, le prince de 2i Croy (1), assisté de sa sœur, de la comtesse de Belleville et de Mme Thulier. tandis qu'en Belgique, dans le Borinage, c'étaient l'avocat Libiez, l'ingénieur Capiau et le pharmacien a- Derveau, fabricant de fausses pièces d'iden-rt tité ; à Bruxelles Miss Cavell, dont l'Institut c- concentre toutes les opérations criminelles, et .it qui agit de concert avec M. Séverin, Mme Bo-cs dart, M. Hostelet (« patriote dêtermiué »), un le pourvoyeur de la partie financière, et M. Baucq qui distribue des Libre Belgique et repère les routes de la frontière hollandaise... le (1) Détail typique t 1e prince do Croy était allé I q_ l'étranger aveo un passeport délivré par le» Ail» \ mands. - - -~ ~ y. 14 rulvre^

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