L'indépendance belge

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s.n. 1915, 01 Oktober. L'indépendance belge. Konsultiert 20 Juli 2019, https://hetarchief.be/de/pid/1c1td9p191/
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Kfième armes., No. 232 L' INDÉPENDANCE ROYAUME-UN! s ONE PENNY* BELGE. CONTINENT : 16 CENTIMES. (HOLLANDE : 5 CENTS.) ADMINISTRATION ET REDACTION: .. BLREAXj A PARIS: rUDOR BOUSE, TUDOR ST.. LONDON, E.C. PLACi' ° < i Vi , TELEPHONE: CITY 3960. TELEPM.: (238-75. • ' — — LONDRES, VENDREDI 1 OCTOBRE 1915. f 3 MOIS, 9 SHILLINGS. ) ABONNEMENTS: 16 MOIS, 17 SHILLINGS. [- CONSERVATION PAR LE PROGRES. 11 AN, 32 SHILLINGS. ' SOMMAIRE. LA SITUATION : Cent quarante-quatre canons pris en cinq jours sur le front occidental. — La deuxième ligne allemande est entamée en Champagne. —■ Situation satisfaisante sur le front russe. — ïmportan= tes déclarations de M. Vénizélos.—La menace austro-allemande. La Belgique et le problème monétaire. — Jules Coucke. Lettre des Etats-Unis. Lettre du Hâvre. En Belgique. Billet Parisien. Etc. LA SITUATION. Vendredi, midi. T.es nouvelles du front occidental son toujours excellentes, et il est permi aujourd'hui de dire, sans encourir le foudres de ia censure, que les opération en Champagne et en Artois constituer réellement les débuts de f'offensdv générale qui doit chasser les Allemand de France et de Belgique. Le général J offre a dit: en effet, dan l'ordre du jour qu'il a adressé samec matin à ses troupes avant l'assaut dé sôrmàis historique, que: "L'offensiv va se poursuivre sans trêve et sans rc lâche. Souvenez-vous de la Marne Vaincre ou mourir!" Jusqu'à présent la victoire sourit nos troupes, et lie chiffre croissant d leurs trophées en constitue l'éclatan témoignage. Cent quarante-quatre canons (don 121 pris en Champagne), une vingtain de mille prisonniers et trois corp d'armée taillés en pièces, tel est le bila des cinq premiers jours de cette oft'çr sive, qui a déjà sérieusement ébranlé le lignes de l'adversaire. Les fluctuations de l'incessante bataill prouvent avec quel acharnement l'ennerr défend ses positions, et quel héroïsme faut aux assaillants pour avoir raiso d'un tel adversaire. En Artois les positions françaises l'est de Soiuchez ont été soumises à u violent bombardement, niais aucun action d'infanterie n'y eut lieu. En Champagne, 'es Français parvin rêrif à prendre pied, par endroits, dan la seconde ligne de défense allemande l'ouest de la Butte de Tahure et de 1 Ferme Navarin, et sur certains point ils passèrent au delà de cette ligne, mai ils furent bientôt arrêtés par un feu d barrage de l'artillerie allemande, cjui le obligea à se retirer. Les Français s maintiennent néanmoins solidement dan la seconde ligne de l'ennemi, et le der nier communiqué signale du terrain ga gné au nord de Mesnil et au nord d Massiges, dans la direction- de Cerna}' où de nombreux prisonniers furent faits Par contre, 1' "Ouvrage de la Dé faite," situé au nord de Ripont, qui avai été conquis, a été repris en partie pa l'ennemi, qui y a subi de fortes perte au cours d'une seconde contre-attaqu contre les nouvelles positions françaises En résumé, la poursuite de l'offensiv a permis à nos vaillants alliés d'élargi la brèche à l'est et à l'ouest tout ei avançant et en occupant en partie 1; ■seconde ligne. D'autre part la flotte britannique a fai sa réapparition sur la côte belge, et le ti de sa grosse artillerie a efficacemen soutenu l'action des batteries lourde franco-belges. Le dernier communiqué russe est de plus réconfortants, et parle d'uni tournure nouvelle et favorable de la situa tion sur tout le front oriental. Les signe: (le dépression morale chez l'ennemi si multiplient et se manifestent par l'aban don des blessés et des fourgons à 1; moindre alerte. Dans la région de Dvinsk la lutte esl t toujours aussi vive, et dans la région s des lacs les Allemands ont été, une fois s de plus, repoussés avec de fortes pertes, s L'offensive de l'ennemi sur la Wilia, t du côté de Smorgon, a été arrêtée. Dans e le sud, sur Je Styr, les Russes, tout en s se retirant, font de nombreux prisonniers, et dans la région de Luck et s de Tarnopol nos alliés ont remporté une li nouvelle série de succès. [.a réouverture de la Chambre hellé- e nique a donné lieu à une magnifique raa- - nifestation patriotique qui a fourni à M. . Vénizélos l'occasion de faire de très importantes déclarations, « tr -~ ■X ! i .1 . , . V VV e s ii S ' • Fout en prenant acte des déclarations e rassurantes faites par M. Radoslavoff ii relatives à la signification de la mobilisa- 1 tion bulgare, M. Vénizélos a fait ressorti tir les dangers que présente une mesure militaire de ce genre, et qui se trouvent à encore accrus du fait que la Bulgarie ne n fait aucun secret de son intention de ne e pas respecter le "statu quo" territorial consacré par traité entre la Bulgarie et - ses voisins. s Malgré le désir universel de maintenir ï la paix, a dit M. Vénizélos, la nation a grecque est prête à défendre l'intégrité s et les intérêts vitaux du pays et à résister s à toute tentative de la part d'un quel- B conque Etat balkanique d'établir une s prédominance qui signifierait la fin de e l'indépendance politique des autres s Etats. En terminant, l'éminent homme - d'Etat grec a déclaré qu'il serait heu-s reux si les assurances échangées entre , les deux gouvernements pouvaient abou-. tir à une démobilisation simultanée, qui - écarterait tout danger pour la paix. t La mobilisation bulgare se poursuit r sans incident, paraît-il, mais auss'i sans s enthousiasme. 2 Athènes annonce que depuis deux . jours îa Bulgarie a renforcé les fron-d tières greco-serbes de trois divisions r (40,000 à 50,000 hommes). Trois autres î sont parties vers la frontière roumaine, et î une troisième force serait concentrée dans la région de Dédéagatch, apparem- t ment pour faire face à un débarquement r éventuel sur les côtes de l'Egée, t Quant à l'offensive austro-allemande s contre îa Serbe, elle se précise, s'il est vrai, comme on l'annonce de Nish ? au "Temps," qu'un demi-million ; d'hommes sont massés sur la frontière - serbe. Le fait que plus de la moitié de s cette force (350,000 hommes) seraient : des troupes allemandes indiquerait que - l'état-major austro-allemand entend î mener " très rondement " les opérations sur ce nouveau front. LA BELGIQUE ET LE PROBLÈME MONÉTAIRE. Une fois la Belgique libérée, une de premières tâches que s'imposera à l'ae tivité vigilante du gouvernement sera d parer à la disette monétaire qui se pre duira dans le pays. Les réserves de 1 Banque Nationale seront sinon complc teraent taries, tlu moins largement er tamées l'or et l'argent, qui auror échappé en Belgique même à la prise d 1 occupant, continueront en partie à s dissimuler par le moyen de la tlrésaur: sation. Il importera d'autre part de rc tablir l'unité indispensable à toute circu latioa monétaire saine et normale e est une des conditions essentielles d crédit public, qui repose avant tout su '.es sentiments de sécurité et de confianc C|U inspire le signe représentatif de valeurs. Or, depuis l'occupation aile niande, on a émis en Belgique de •noimaies de types très différents : le bmets, de la Banque Générale, cjui on ' emplacé ceux de la Banque Nationale des coupures en papier ; des pièces de mi me valeur en zinc ; du numéraire e: ' onze, dont l'administration communal s de Gand a frappé, et frappera encore, :- une certaine quantité (et cet exemple ne e tardera vraisemblablement pas à être i- suivi par d'autres communes); il n'est a pas jusqu'à certains établissements :- commerciaux privés — on a cité - le grand bazar de Liège — qui t n'aient, rapporle-t-on, lancé des e coupures de Fr. 0.10 et Fr. 0.25 dans la e circulation. Il faut se garder de conîlam- - ner en bloc ces émissions : certaines - d'entr'elles, qui offrent la garantie du - crédit de la Société Générale et des : grandes communes, paraissent répondre j aux nécessités du moment. Il n'en est r pas moins vrai que leur variété même, e où il peut se glisser des espèces d'ori-s gine suspecte, présente de sérieux dan- - gers, dont les brusques fluctuations dans s les prix et la baisse de îa valeur de la s monnaie ne sont pas les moindres. Dès à t présent, nous ne nous en apercevons que ; trop par la hausse continue du change. - Au lendemain du retour au pays, il im-i portera donc de rétablir l'ordre dans ce e chaos et de purger la circulation de tou te? les monnaies parasitaires qui la su chargeront. N'oublions pas, en effet, qi le droit de battre monnaie et, par \o' de conséquence, celui d'émettre des bi , Itets qui ne sont qu'une variété de moi naie est, de sa aiature, un droit régalic qui rentre dans les attributions esse: tie'Ees de îa souveraineté publique exe céc par il'Etat. Ajoutons, en ce qui co: cerne les billets, que les leçons de l'hi toi.re — .notamment les expériences pr tiquées en France et en Angleterre -condamnent, définitivement tout régin autre que celui d,u monopole de l'émi sLon confié à un établissement unique-soit une banque d'Etat, .soit c moins une institution privi offrant des gages indiscutables de crée et placée, comme c'est le cas pour n tre Banque Nationale et pour la Banqi de France, sous le contrôle direct et surveillance de l'Etat. C'est le se moyen d'assurer une valeur égale à to le papier circulant dans le pays ; c'e aussi la seule façon d'investir les bille de garanties solides de sécurité dépa sant de beaucoup toutes celles que pou raient offrir la solvabilité plus ou moii aléatoire de banquiers particuliers. L' volution historique des grandes instit, tions de crédit montre que la faculté d' mettre des billets ne peut être laissée l'initiative d'établissements privés; si < droit n'est strictement réglementé et m me monopolisé, il prête à trop d'abus q ont pour résultat de* précipiter ou d'aj graver les crises commerciales. Ce so: là les principes d'une économie monéta re organique, auxquels le gouvèrnéme: belge s'empressera de revenir quand aura repris la direction des affaires pub ques. Son premier soin sera donc de p rifier l'appareil circulatoire du pays d'y rétablir une indispensable unit< puis, cette besogne d'épuration prélin-naire accomplie, il devra, en vue d'à! menter le commerce et l'industrie, pou voir à doter le pays d'instuments d' change suffisants, sans que ceus-ci de vent nécessairement , consister en nio: naie métallique. De quels éléments peut-on prévoir qi se composera notre système monétaire En vue de faciliter le règlement des p tites transactions courantes, si l'on î peut frapper en quantité suffisante r billon en cuivre ou en nickel et des pièc< divisionnaires d'argent, il sera néce saire de compléter le stock métallique p; des coupures en papier. Le Gouvern ment devra, sans aucun doute, faire a] pel aux capitaux étrangers, et le coi cours financier de la France et de l'Ai gleterre ne manquera pas de lui être a quis pour lui permettre de reconstitui son outillage économique — notan ment son réseau de voies ferrées et d'oi vrages d'art qui aura grand besoin d'êt: remis en état. Il en résultera dans pays un certain afflux de monnaie méta lique, mais de beaucoup insuffisant poi les besoins des échanges. Pour combl le déficit, il paraît difficile que l'Et; échappe à la nécessité d'émettre des bi lets à cours, c'est-à-dire inconvertiblt en espèces. Ce serait là un importan dérogation au principe généralemei admis en vertu duquel toute émission c billets doit être garantie par une couve ture métallique plus ou moins impo tante. En Belgique la proportion d< billets est fixée par la loi à un tiers, c France à la moitié par rapport à la n serve d'or et d'argent; en Angletern quand l'émission dépassa un certai chiffre (fixé actuellement à ^18,450,000 il faut pour chaque billet excédant cet: limite déposer une quantité équivalent d'or dans le département d'émission c la Banque : du rapport existant enti l'encaisse métallique et le montai de l'émission au 31 janvier de cet: année, il résulte que le bill< de banque anglais est gagé par de l'c à concurrence de 80 p.c. de sa valeu Seulement, pour interpréter raisoi nablement ce chiffre, il faut ajouter cjt tous les titres de crédit autres que le billets sont également par essence coi vertibles en or sur îa place de Londres de sorte que, malgré leur* masse impre: sionnante, les réserves de la Banqi d'Angleterre seraient très loin de suffù pour faire face aux demandes éventuelk de paiement en métal jaune de tout papier se trouvant dans la circulatioi Qu'est-ce à dire, sinon que l'Angleteri elle-même, en dépit des précautior extrêmement rigoureuses qu'elle a prise pour réglementer l'émission, n'échapp pas à la loi commune et, comme le coi statait récemment, le professeur J. Nicholson, se trouve sous le " régiir déguisé," de l'inconvertibilité des bi lets? Nous verrons ultérieurement qu les garanties qui s'attachent au ren boursement des billets en espèces sor bien plus illusoires encore dans les autre pays, et qu'elle viennent même à dii paraître complètement aux heures crit ques de dépression économique. (.1 suivre.) JULES COUCKE. LETTRE DES ÉTATS=UNIS. ie • ♦ 1 Influer.ce de la guerre européenne sur l'industrie ^ aux Etats-Unis, 1- r- (De noire correspondant.) 1* Charlestown, 18 septembre. Réclames disparues. -1" Au début de la guerre européenne, le — affaires industrielles aux Etats-Uni Ie n'étaient peut-être pas aussi brillante s* qu'aux jours de MacKinley et de Roose ~ velt, mais elles étaient néanmoins dan Ju une situation très bonne, saine et nor ^ maie. Quand on déployait, 1e matin, so: journal, on ne s'attendait plus à y lir- ie qu'un citoyen, bien connu pour ses mé 'H thodes hardies et flamboyantes, avait e: u' une nuit, tout en dormant, ajouté un Jl douzaine de millions de dollars à soi st immense fortune, ou que M. Gotro: -s avait accaparé les mines de cuivre d s" l'Ouest et M. Skinnem les régions pétro r" lifères du Sud-Ouest ou de la Virgini ls Occidentale. On avait aussi cessé d< e" voir dans les journaux les annonces qui -J" autrefois, y paraissaient par douzaines c'~ où ''on promettait des intérêts fabuleu: à allant dans certains eas jusqu'à 520 p.c. -e payables à raison de 10 p.c. par semain à tous ceux qui placeraient leurs écono UI mies et celles de leurs amis et connais ï" sances dans des entreprises absolumen ■jt infaillibles, que l'on expliquait par l i- menu avec Jongs rapports à l'appui, rap î' ports signés par des ing-énieurs dont oi il n'avait jamais entendu parler, mais au i- l'on présentait au public en termes ap J- propriés, comme le fameux M. X..., in Et venteur du procédé d'extraction de l'o des eaux de l'Océan Indien, ou bien di j- l'illustre M. Y..., auteur du projet di i- chemin de fer aérien en ligne droite, pa r- lequel on irait de New-York à San-Fran cisco, la bagatelle de 5,000 kilomètres î- en huit heures, au lieu de quatre-vingt î- Sei?e. De.- annonces de l'espèce é.vaie« autrefois paru dans nos plus grand ie journaux, s'y étalant quelquefois su ■ plusieurs pages, jour après jour et se f- mairie après semaine, sans regarder à 1: ie dépense. Les nombreux financiers qu u avaient découvert des procédés absolu 's ment certains qui leur permettraient di s- faire cent fois mieux que 'Gould, Van ir derbilt et Rockefeller réunis, avaien ?- aussi disparu des journaux. i- Les grands pirates industriels et finan î- ciers avaient poursuivi leurs victime: i» pendant si longtemps d'une façon si in > tensive, qu'ils avaient fini par leur ap îr prendre tous leurs procédés et personni î- ne mordait plus. Dame Justice, eH< aussi, avait un peu tardivement, mai e trèê sévèrement, fini par se mêler de 'e affaires de ces messieurs. Autrefois 1- quand on mettait sous clef un multi >r millionnaire capitaine de la finance, 1< pays entier en pariait pendant de: semaines. Les temps ont changé. Oi a maintenant coffré tant de ces mes -s sieurs, que personne ne s'en étonne plus Nos chemins de fer. |e Aax Etats-Unis, on a toujours ei r_ l'habitude, et avec raison, de juger 1; r_ marche des affaires d'après la prospériti ,s des compagnies de chemin de fer. Le: n Américains disent que quand les chemin: i_ de fer vont, tout va, comme autrefoi: ; les Belges des régions charbonnière: n avaient coutume de dire : "Quand 1< charbon va tout va." ;e Quand la guerre .éclata en Europe :e nos grands chemins de fer étaient pion [c gés dans une période de transformation •e qui durait depuis 17 ans et qui est loir it d'être terminée. On met une seconde :e voie où il y en a une seule, trois e ;t quatre où il y en a deux. On atténue >r les rampes, perce des tunnels, abolit le: -. passages à niveau dans les région.: i- populeuses. Les travaux d'art son e graduellement remplacés par de nou :s veîles constructions qui puissent sup i- porter sans danger des trains qui son ; quelquefois composés de plus d'une cen taine de wagons chargés chacun de 50 : e 75 fonnes de houille. Les wagons de 3( e ou 40 tonnes sont rapidement remplacé: •s par d'autres, en acier, d'une capaoitf e rarement inférieure à 60 tonnes, car dé j i i. le wagon de 50 tonnes est démodé ou er e train de le devenir. Des locomotives de [S 200 tonnes remplacent celles plu: :s légères. e Dans le service des voyageurs, le: î- améliorations sont aussi surprenante: ;. que dans celui des marchandises. Là oi e les compagnies rivales ne peuvent plu; !- lutter de vitesse, elles emploient le luxe e et ie confort pour maintenir et augmen- î- ter le nombre de clients. Tout cek it s'effectue sans négliger la sécurité de: :s voyageurs qui est probablement auss >- grande aux Etats-Unis qu'en Belgique i- ou en France. De tels travaux, qui, en réalité, con stïtuent une transformation presque radicale s'effectuant sur des distances énormes par un très grand nombre de compagnies à la fois, exigent, on te .. comprendra, un temps très long et beaucoup d'argent. Prospérité du raihvay. Cependant, nos chemins de fer, à peu s d'exceptions prés, ont résolu le problème " de : donner des dividendes dë 6 à 8 pour cent, payer l'intérêt de leur dette et 1 amortir sagement celle-ci, tout en amor- 2 tissant dans leur entièreté, au fur et à mesure de leur exécution, les travaux de 1 transformation. 2 Sous le ^régime de piraterie économi- 1 que qui sévit si longtemps dans le pays, c les chemins de fer avaient une tout au-? tre coutume. Celle-ci consistait à em- - prunter tous les ans les sommes néce s- - saires pour payer non seulement les 2 travaux de transformation, mais les > simples améliorations et quelquefois i aussi le renouvellement ordinaire du ma-1 tériel roulant et l'entretien des voies et i des bâtiments. - Nous ne pouvons entreprendre de dire - ici les causes qui ont amené un aussi - grand changement dans l'administration t de nos compagnies de chemin de fer. - Contenton-s-nous de dire pour le moment " cjue Dame Justice, ici aui.si, a été forcée 1 d'intervenir et de sévir maintes fois 2 contre les richissimes brigands que ■ Roosevelt, pendant son second terme ■ présidentiel, »Va i t déjà appelés "rnale-' factors of great wealth." C'est Roose- - velt, il n'en faut pas douter, qui osa le î premier lever l'étendard de la révolte contre le régime des richissimes malfai- • teurs. Les présidents qtii suivirent i Roosevelt à la Maison Blanche ne firent ■ que continuer ce que leur courageux pré-t" ciécesseur avait commencé en 1907. 5 S'il est vrai que la mesure de ia prospérité industrielle aux Etats-Unis est ■ ctonnée par l'a situation plus ou moins J prospère dles compagnies de chemins de i fer, il n'est pas douteux que quand la " guerre commença en Europe, l'industrie ; en Amérique était dans de très bonnes " conditions, grâce à l'assainissement t économique qui venait de s'effectuer dans le pays. . La situation en 1914. En juillet 1914, non seulement nos . chemins de fer, mais nos aciéries, ate- , liers, charbonnages, pouvaient à peine » satisfaire aux demandes de leurs clients. - Les salaires étaient partout à la hausse. 5 Mieux encore, le prix des vivres avait baissé considérablement. Il y avait bien quelques centres in-. dustriels où le patron et l'ouvrier n'é-, taient pas d'accord. C'était dans des j régions isolées des Montagnes-Rocheuses, où le bras du gouvernement fédéral n'avait encore pu atteindre certains grands industriels très riches, les plus riches des Etats-Unis, du monde peut-1 être. Confiants dans leur isolement loin-; tain qui, jusque là, leur avait permis de faire la loi à tout une communauté sans > attirer l'attention du monde extérieur ; ï forts, surtout dans la pensée que leurs > innombrables millions leur permettraient d'acheter ce que les lois leur refusaient, : ces industriels ne craignaient point les lois. Une enquête parlementaire a mon-, tré depuis que ces gens avaient littéra- ■ lement acheté tout un Etat, y compris i les pouvoirs judiciaire, législatif et exé-i cutif. Ces derniers avaient alors menacé : de recourir à la force armée si le gouvernement fédéral se mêlait des affaires in- : térieures de l'Etat. Washington se con-; tenta de temporiser, attendant les élec-. tions de novembre 1914, qui balayèrent complètement les pouvoirs qui s'étaient • si facilement laissé acheter. Tout est - calme maintenant au Colorado. A part ces quelques discordances 'dont le suf- . frage universel devait bientôt faire i bonne justice, le ciel industriel était plus ) rassurant en juillet 1914 que je ne l'avais ; vu à n'importe quelle époque durant un ■ séjour de près de vingt-cinq ans aux i Etats-Unis. i C'est avec raison, je crois, que : j'emploie le mot " rassurant." Nous ; avions vu des temps où l'industrie faisait plus d'argent, beaucoup plus d'argent, ; même : de 1897 à 1908, par exemple. , Mais l'industrie, alors, était trop mono-i polisée et représentait une fraction très petite de la population ; les salaires, quoique plus élevés qu'à aucune autre époque antérieure, étaient trop bas pour satisfaire le monde des travailleurs" mécontentés par la hausse incessante des . denrées alimentaires, des vêtements, des loyers. De pareilles conditions ne présagent jamais rien de bon. Elles ne • durèrent pas. La situation de 1914 était, je 3e répète,

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Dieses Dokument ist eine Ausgabe mit dem Titel L'indépendance belge gehört zu der Kategorie Liberale pers, veröffentlicht in Bruxelles von 1843 bis 1940.

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