Journal de Gand: politique, industriel, commercial et littéraire

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s.n. 1915, 04 August. Journal de Gand: politique, industriel, commercial et littéraire. Seen on 25 August 2019, on https://hetarchief.be/en/pid/w950g3mk31/
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— ._——— ABONNEMENTS : I BELGIQUE : H fr. par an ; \ fr. pour six mois ; 2 fr. pour trois mois Q Pour l'étranger, le port en sus RÉDACTION & ADMINISTRATION : r-e.it±c r e flam.ee, 3, gand TÉLÉPHONÉ 6C5 annonces : Voir le tarif au bas de la dernière page du journal. toujours les distributions de prix I Monsieur le Directeur, Comme votre journal s'est occupé à diverses lses de la question des distributions de •s je vous adresse quelques réflexions qus ieni de me suggérer la lecture du palmarès l'Athénée royal. Peut-être estimerez-vous f ies peuvent constituer une suite modeste intéressants articles qui ont paru dans vos mes- iiemarque d'abord que les innovations in-uiles cette année ont réduit la volumineuse lure ordinaire à moins de 40 pages, y jris les extraits du règlement et les appen- Toutes les distinctions des élèves d'une e sont présentées en un tableau occupani ludeux pages : à côté du nom de chacun, ft trouve le pourcentage obtenu dans l'ensemble Kiis, indiqués par une lettre initiale, les succès Importés dans chaque matière. Ces tableaux L très faciles à parcourir et permettent de se [mire compte immédiatement de la valeur d'un ïncurrent. Le classement personnel n'existe ie pour les résultats généraux : plus de 1' prix, .2'prix, etc. dans les différentes branches. C'est là, me semble-t-il, un progrès dans le ns des idées qui ont été défendues avec de ilides arguments par un de vos collaborateurs Lij'émets le vœu que l'on adopte à l'avenir le assement par catégories aussi bien pour les isultats généraux que pour les résultats parti-[liers. Les élèves qui obtiennent les 0,8 forme-lnt la Ie catégorie, ceux qui obtiennent les 7seront rangés dans la 2"", ceux qui ont les 6dans la 3'' et ceux qui n'ont que les 0,5 dans idernière. Quant aux autres, il serait peut-être luniain de ne pas faire figurer, comme cette ■née, à côté de jeunes gens privilégiés obte-lant 0,88 et 0,85, des condisciples n'arrivant [l'au quart des points. Comme on l'a dit, ces trniers pourraient sans doute invoquer bien js circonstances atténuantes pour expliquer ur insuccès et ils sont déjà suffisamment punis ir l'humiliation de devoir redoubler leur classe. Quoi qu'il en soit, il m'a paru utile d'attirer itention sur une innovation heureuse et qui irile d'être imitée dans fous les établissements nstruction moyenne. S Je vous présente, Monsieur le Directeur, lommagede mes sentiments dévoués. Un père dejamille. LA GIJERRI] Sur le front occidental Communiqué officiel allemand Berlin, 2 août (midi). — Dans la partie occi-mlilede l'Argonne, nous nous sommes empa-s,par une attaque imprévue à la baïonnette, de «sieurs tranchées ennemies; nous avons fait isonniers 4 officiers et 122 hommes et pris 1 [ilrailleuse. Le soir, les Français ont de nouveau [laqué la ligne Schratzmânne-Barrenkopf. Pen-pnt toute la nuit, le combat y a été très acharné, ii Lengenkopf, de nouveaux combats sont en purs. Sur plusieurs points du front nous avons il sauter avec succès des mines. Au sud de an-de-Sapt, notre artillerie a abattu un ballon pptif français. Un aviateur força un aéroplane (iiiemi à atterrir près de Longmer, à l'est de lérardmer. Communiqués officiels français Paris, 1 août (après-midi). — En Artois, autour fSouciiez, quelques tentatives d'attaques enne-|ies à la grenades ont été repoussées. En llsace, l'ennemi a attaqué dans la nuit nos posions au Schratzmaennele et au Reichsackerkopf. Le 31 juillet, nos avions ont lancé sur Dal-eim, près de Morhange, des obus. Paris, 1 août (soir). — Dans la journée du 1'août, lutte d'artillerie d'intensité moyenne en Artois et dans la vallée de l'Aisne, plus violente au nord-ouest de Reims dans la région de la ferme de Luxembourg (entre Cauroy et Loivre) et en Argonne occidentale dans la région de la Fontaine-aux-Charmes et de la côte. Pont-à-Mousson et le village de Mai-dières ont été bombardés. Des avions ennemis ont lancé sur le plateau de Malzeville, près de Nancy, une vingtaine d'obus. Sur lie front orientai Communiqué officiel allemand Berlin, 2 août. — Mitau a été pris par nos troupes après un combat. La ville est généralement indemne. A l'est de Poniewicz, des com-" bats se sont développés ; ils prennent un cours favorable pour nous. Au nord-est de Suwalki, la hauteur 186 (au sud-est de Kaletnik) a été prise d'assaut. Au nord-ouest de Lômza, nos troupes ont atteint le Narew après avoir brisé sur plusieurs points la résistance opiniâtre des Russes. 1 officier et 1,003 hommes ont été faits prisonniers. Sur le restant du front, jusqu'à laVistule, nous progressons. 560 prisonniers, dont 1 officier, ont été amenés. Devant Varsovie, la situation est inchangée. Au Nord, se rattachant à la hauteur conquise le 31 juillet près de Podzameza, les troupes du lieutenant général von Woyrsch avancèrent, dans de violents combats, à travers le terrain boisé vers l'est. L'ennemi en retraite perdit 1,500 hommes en prisonniers et 3 mitrailleuses. Devant Iwangorod, les troupes austro-hongroi-ses livrèrent des combats victorieux. Le demi-cercle autour de la forteresse se rétrécit. Chez les armées du général feldmaréchal von Mac-kensen, l'ennemi se maintient encore entre la Vistule et la région au sud est de Leneczna. Des troupes allemandes ont eu de nouveaux succès à l'est de Kurow. Elles firent 600 prisonniers. Entre Leneczna et Zalin (au nord-est de Cholm), le combat de poursuite progressé. Au Bug, nous avons atteint la région au nord de Dubienka. Des troupes austro-hongroises avancent au sud-ouest de Wladiihir-Wolynsk au delà du Bug. Communiqué officiel autrichien Vienne, 2 août. — Entre la Vistule et le Bug un violen," combat s'est déroulé sur de nombreux points. Nos alliés refoulèrent l'ennemi au sud-ouest de Dubienka, au sud de Cholm et au sud de Leszna. Au nord de Lubiin nos troupes repoussèrent de fortes contre-attaques et continuèrent dejkuis lors leur attaque. Près de Kii-now une diV^sion allemande se trouvant en contact avec l'armée de l'archiduc Joseph-Ferdinand a pris d'assaut deux lignes ennemies se trouvant l'une derrière l'autre. Des troupes aus.ro-hongroises se sont frayé le chemin jusqu'à Nowo-Alesandria. Pendant qu'ici à la rive e.v, de la Vistuie et près de Lublin. l'ennemi résiste encore, il continua ce matin tôt sa retraite plus loin à l'est dans la région jusqu'au Bug.__ Des régiments allemands ont, dans leur poursuite, traversé ce matin Cholm. Dans l'a Ga iicie orientale, la situation est inchangée. Au nord-es; d'Iwangorod des troupes allemandes, : : ! i avaient avancé hier sur la rive est, ont enlevé aux Russes un point d'appui impor an.. Chez les forces alliées, sous le commandement en chef autrichien, on a amené en juillet 527 officiers russes eï 126,311 hommes prisonniers; 16 canons et 202 mitrailleuses ont été capturés. ' .... _ Communiqué o:I-'cicl russe W. T. B. St-Pétersbourg, 31 juillet. . Entre le Njemen et la Ditna, le 29, combats d'avant-gardes. Au sud de Bsuske, à la rive gauche.du Muscha, dans la région au-delà du Njemen, l'ennemi a renouvelé dans la nuit du 28-29 juillet ses attaques au nord de Suwalki, près du village Klenorzeyzy. Dans la région de Kowno, les avant-gardes ennemies remontèrent du sud-est et se sont approchées des ouvrages avancés de la place. Au Narew, surtout duels d'artillerie. Au même front, entre le-village Kamenka, au Narew, et la ligne ferrée, nous avons exercé une pression sur les- troupes allemandes. A la rive droite du NaPew, au nord de Sie-roezk, nous avons repoussé plusieurs attaques. A la Vistule, l'ennemi a fait passer à l'aide de pontons, des deux côtés de l'affluent Radotnka, et sur quelques points, ses avant-gardes sur la rive droite du fleuve et tenlé de construire des ponts. Nos troupes attaquent les détachements ennemis qui ont Iraversé lj Vistule. Entre la Vistule et le Bug, l'ennemi a entrepris, le 29, une attaque en grandes masses, sur les deux rives du Wieprz. Dans le secteur Chmiel-Piaski il a été repoussé, mais le long de la rive gauche du Wieprz il a réussi, après une violente bataille, à avancer dans tu! secteur. Un détachement s'empara du village Travaniki et passa, au-delà de ce point, sur la rive droite du Wieprz. Sur ie front itsio-autrichien Communiqué officiel autrichien Vienne, 2 aoû,. — De petits combats dans le territoire de frontière du l'y roi et de la Carin-inie eurent, hier, une issue favorable pour nous. Dans la région de Casiel Tesino deux compagnies ennemies ont été surprises et ont subi des pertes considérables. Des attaques de bersaglieri contre nos positions vis-à-vis du rlohen Trieb (hauteur dt- frontière à l'est de i'Iocken) réussirent partiellement jusqu'à dans ■nos. propres lignes. .l'assaut, de .nés réserves refoula tou.efois l'ennemi qui subit des pertes considérables, notamment par no.re leu d'artillerie. Au front du territoire de la côte, le calme est complet depuis le territoire du Krn jusqu'à la tête de pont de Gorz inclusivement, abstrac-iion faite d'un feu d'artillerie et de petites tentatives d'attaques. Par contre, l'ennemi prononça dans le courant de la journée d'hier et cel.c nuit, de fortes attaques répétées contre la partie avancée vers l'ouest de notre position au bord du pla.eau du Karst. A l'est de Po'.azzo, le cembai n'est pas encore terminé. Une attaque venait, de Se/ et trois attaques venant de Ver-migliano, ont été repoussées avec de conSjdéra-b'es per.es italiennes. Communiqué officiel italien Rome, 1" août. — Dans la vallée de Camo-nica, nous avons repoussé l'ennemi, renouvelant au cours de la nuit du 29 au 30 juillet son attaque contre nos positions près de l'abri Garibaldi. La même nuit, en Carinthie, deux attaques de détachements ennemis contre le Freikofel ont été repoussés. Le jour suivant notre infanterie, fortement soutenue par l'artillerie, a commencé à attaquer dans la région de Petit Pal. L'ennemi fut repoussé le soir, lorsqu'ayant reçu des renforts, il enlreprit une contre-attaque. A l'isonzo, les opérations dans le but d'étendre la tête de pont de Plava ont été poursuivies. Nous avons détruit des obstacles en fils, et ■ I étendu l'occupation le long du pied du Mont Caoco et près de Zagora. Dans le Karst, notre offensive se heurte à présent à la seconde et ! forte ligne de défense préparée par l'ennemi. Én mer Londres, 31 juillet. — (Renier). — Lloyd annonce : Le vapeur à passagers Iberian, de la ligne Leyland, a été coulé par un sous-marin. L'Iberian, 5,223 tonnes, a été d'abord bombardé, puis torpillé et coulé. 7 personnes ont péri, 61 ont élé sauvées. En Hollande Le zinc se fait rare Ce n'est pas seulement la question du charbon qui cause de l'inquiétude en Hollande, mais aussi celle du zinc. On apprend que le département de galvani-sage de la grande fabrique d'objets métalliques Lambriex, à Maestricht, a dû arrêter son exploitation et éteindre ses fours, par suite du manque de zinc. Un grand nombre d'ouvriers de cette industrie seront, par conséquent, forcés de chômer. En Albanie On mande de Valona à la Sera que les Grecs ne sont plus qu'à 8 kilomètres de Valona. Dans tous les territoires albanais qu'ils occupent, ils ont établi un gouvernement civil. Les autorités militaires grecques ont fait afficher des proclamations annonçant qu'elles prennent possession du sud de l'Albanie au nom du roi de Grèce. Au Japon Crise ministérielle Le cabinet Okumaa donné sa démission. On attribue sa retraite à l'accusation de concussion électorale dirigée contre M. Oura, ministre de l'intérieur. ECHOS Intéressantes déclarations d'Edison D une interview du célèbre inventeur Edison, que publie le « Maiin », ces notes intéressa n tes : Jusqu'au moment où le secrétaire de la marine, M. Daniels, a lait appel au patriotisme d'Edison, le grand inventeur a refusé d'appliquer son esprit à la recherche des moyens qui pourraient aider k détruire la vie. J'ai toujours travaillé a rendre l'exisence plus agréable à l'homme, dit-il. Je ne m'efforcerai de créer des armes nouvelles que pour obéir à mon pays. Nous lui avons demandé quelles armes nouvelles il a imaginées. 11 n'a pas rtpondu directement, il a dit : Jusqu'ici, dans cette affreuse guerre, on n'a recouru qu'aux ressources de la chimie; l'électricité n'a pas encore joué un rôle important. Pourrait-on employer l'électricité sans fil par exemple pour provoquer l'explosion i une grande distance d'une base de munitions? Oui. L électricité pourra.'ï-elle faire éclater une torpille avant qu'elle ait atteint son but? Devan; cetie question, Edison hésite un instant, puis il déclare ; « Notre inventeur Hammond a prouvé qu'une torpille peut-ê.re guidée a l'aide d'un courant électrique jailli du navire qui l'a lancée. On n'a pas encore démontré que le navire visé |5ar la torpille pourrait disposer du même pouvoir. Mais je ne serais p?s surpris si l'on voyait surgir une invention capable de protéger un vaisseau contre la torpille qu'on lui envoie. J'ailleurs nous allons voir de grands changements se produire dans l'architecture des navires. » pu i — il i eawgiai:,»iwii« ■ Aux Etats-Unis Par ferry-boat du continent américain à Cuba La communication directe de l'Amérique du Nord à l'île de Cuba, sera mise en exploitation avant l'hivcr.On pourra désormais se rendre de New-York à la perle des Antilles sans changer de voiture. il y a déjà plusieurs années que la ligne de chemin de fer qui aboutissait à la ville de Miami, à l'extrême pointe méridionale de la presqu'île de Floride, a été prolongée jusque Key-West qui est situé sur une des îles de corail, qui s'étendent en demi-cercle à 250 kilomètres vers l'Ouest. Ces îles ont été reliées par des ponts immenses. qui comptent parmi les œuvres les plus hardies des ingénieurs américains. Un chaland énorme de 107 mètres de longueur sur 17.5 rrc res de largeur et treize mètres de hauteur emmènera d'ici peu, sur 4 paires de rails, les trains arrivant à Key-West et les transportera à Cuba dont la pointe est située à environ 80 kilomètres de Key West. Doub'e meurtre à F.ecîoo Le nommé Gus.ave Aercke, âgé de 21 ans, demeurant rue du Moulin, a tué, dans la nuit de dimanche à lundi, son frère cadet, âgé de 17 ans, garçon-coiffeur chez M. Van den Bossche. place du Marché, et sa jeune sœur, âgée de 8 .■".ns. 11 é.ait rentré ivre le dimanche soir et s'était "querellé avec son frère. Le lendemain matin il s'éloigna précipitamment de la maison. Sa .nère, inquiète de ses allures, monta à la chambre des deux cadeis et les trouva baignant dans leur sang; la fillette était morte et le garçon agonisant.Le meurtrier a été arrêté au pont de Vinder-haute. Il a avoué avoir, sous l'empire de la co-ère provoquée par la dispute du dimanche soir, assommé son frère à coups de marteau. Interrogé au sujet du meurtre de sa sœur, il répondit : J'étais comme fou, j'ai frappé à tort et à travers On prétend que Gustave Aercke ne jouit pas de toutes ses facultés et a été renvoyé, pour ce notif. de l'atelier où il travaillait. Abonnements Prix de l'abonnement par trimestre : DEUX FRANCS Prix de l'abonnement par mois : SOIXANTE QUINZE CENTIMES Payables par anticipation. Chronique d'Art Concert Waelput Le Concert Waelput de dimanche a dépassé les prévisions les plus optimistes. Bien rares étaient ceux qui connaissaient notre Waelput de façon plus ou moins complète. La plupart — et j'en suis — n'ont jamais eu l'occasion d'entendre que des fragments qui, tous en eux-mêmes, portent l'empreinte d'un génie, mais qui ne donnent pas toute sa mesure comme l'a fait le concert de dimanche. Non, personne n'avait pu se figurer que notre musique nationale, que notre art flamand pût se glorifier d'un nom tel que Waelput, qui ne pâlit pas à côté des plus grands dont les Grands Concerts Symphoniques exécutèrent précédemment les chefs d'œuvre. Nous pouvons en être fiers et proclamer qu'un peuple qui produit des titans pareils ne peut périr 1 Tout chez lui respire l'élégance, la finesse, en n'excluant pas le coloris vigoureux pro- anueton du Journal de uana o/ Le Comte DE Monte-Cristc PAR ALEXANDrtE DUMAS Comme il l'avait dit à l'abbé Faria, soit qu 1 distraction que lui donnait l'étude lui tir de liberté, soit qu'il fût, comme nou avons vu déjà, rigide observateur de sa parole "e parlait plus de fuir, et les journées s'écot ttnt pour lui rapides et instructives. Au bot "n an c'était un autre homme. Quant à l'abbé Faria, Dantës remarquait que %é ta distraction que sa présence avait ap flr'ée à sa captivité, il s'assombrissait tous le ®rs Une pensée incessante et éternelle pi lissait assiéger son esprit; il tombait dans d fondes rêveries, soupirait involontairemen e 'evait tout à coup, croisait les bras, et se pre !enait sombre autour de sa prison. Un jour il s'arrêta tout à coup au milieu d'u E ws cercles cent fois répétés qu'il décriva ptour de sa chambre, et s'écria : — Ah ! s'il n'y avait pas de sentine'le ! — Il n'y aura de sentinelle qu'autant que vous le voudrez bien, dit Dantès qui avait suivi sa pensée à travers la boîte de son cerveau comme à travers un cristal. . — Ah! je vous l'ai dit, reprit l'abbé, je ré-" pugne à un meurtre. — Et cependant ce meurtre, s'il est commis, le sera par l'instinct de notre conservation, par un sentiment de défense personnelle. — N'importe, je ne saurais. — Vous y pensez, cependant? e — Sans cesse, sans cesse, murmura l'abbé, it „ — Ht vous avez trouve un moyen, n est-ce ' pas? dit vivement Dantès. — Oui. s'il arrivait qu'on pût mettre sur la t galerie une sentinelle aveugle et sourde. — Elle sera aveugle, elle sera sourde, répondit le jeune homme avec un accent de résolution qui épouvanta l'abbé. s — Non, non! s'écria-t-il; impossible. Dantès voulut le retenir sur ce sujet, mais e l'abbé secoua la tête et refusa de répondre da- vantage. - Trois mois s'écoulèrent. — Etes-vous fort? demanda un jour l'abbé à ^ Dantès. t Dantès, sans répondre, prit le ciseau, le tordit comme un fer à cheval et le redressa. — Vous engageriez-vous à ne tuer la sent nelle qu'à la dernière extrémité? — Oui, sur l'honneur. —: Alors, dit l'abbé, nous pourrons exécute notre dessein. — Et combien nous faudra-t-il de temps pot l'exécuter? — Un an, au moins. — Mais nous pourrions" nous mettre au tr: vail ? — Tout de suite. — Oh ! voyez donc, nous avons perdu un ai s'écria Dantès. — Trouvez-vous que nous l'ayons perdu dit l'abbé. — Oh ! pardon, pardon, s'écria Edmond rot gissant. — Chut! dit l'abbé: l'homme n'est jamai qu'un homme: et vous êtes encore un des mei leurs que j'aie connus. Tenez, voici mon plan L'abbé montra alors à Dantès un dessin qu' avait tracé : c'était le plan de sa chambre, d celle de Dantès et du corridor qui joignait l'un à l'autre. Au milieu de cette galerie, il établi; sait un boyau pareil à celui qu'on pratique dan les mines. Ce boyau menait les deux prisor niers sous la galerie où se promenait la sent nelle: une fois arrivés là, ils pratiquaient un large excavation, descellaient une des dalles qt formaient le pancher de la galerie; la dalle, un moment donné, s'enfonçait sous le poids du soldat, qui disparaissait englouti dans l'excavation : Dantès se précipitait sur lui au moment r où, tout étourdi de sa chu.e, il ne pouvait se détendre, le liait, le bâillonnait, et tous deux r alors, passant par une des fenêtres de cette galerie, descendaient le long de ia muraille extérieure à l'aide de l'échelle de corde et se sau-" vaient. Dantès battit des mains et ses yeux étince-lèrent de joie: ce plan était si simple qu'il devait réussir. P Le même jour les mineurs se mirent à l'œuvre avec d'autant plus d'ardeur que ce travail succédait à un long repos, et ne faisait, selon toute probabilité, que continuer la pensée in-time et secrète de chacun d'eux. Rien ne les interrompait que l'heure à la-: quelle chacun d'eux était forcé de rentrer chez I soi pour recevoir la visite du geôlier.Ils avaient, d au reste, pris l'habitude de distinguer, au bruit e imperceptible des pas, le moment où cet homme descendait, et jamais ni l'un ni l'autre nfe fut s pris à l'improviste. La terre qu'ils extrayaient - de la nouvelle galerie, et qui eût fini par com- - hier l'ancien corridor, était jetée petit à petit, e ■ et avec des précautions inouïes, par l'u'-e ou i . l'autre des deux fenêtres du cachot de Dantès i\ ou du cachot de Faria; on la pulvérisait ave." i soin, et le vent de la nuit l'emportait au loin ans qu'elle laissât de traces. Plus d'un an se passa à ce travail exécuté avec un ciseau, un couteau et un levier de bois pour tous instruments; pendant cette année, et tout en travaillant, Faria continuait d'instruire Dantès, lui parlant tantôt une langue, tantôt une autre, lui apprenant l'histoire des nations et des grands hommes qui laissent de temps en temps derrière eux une de ces traces lumineuses qu'on appelle-la gloire. L'abbé, homme du monde et du grand monde, avait en outre dans ses manières une sorte de majesté mélancolique dont Dantès, grâce à l'esprit d'assimilation dont la nature l'avait doué, sut .extraire cette politesse élégante qui lui manquait et 'ces façons aristocratiques que l'on n'acquiert d'habitude que par le frottement des classes élevées ou la société des hommes supérieurs. Au bout de quinze mois, le trou était achevé; l'excavation était faite sous la galerie; on entendait passer et repasser la sentinelle, et les deux ouvriers, qui étaient forcés d'attendre une nuit obscure et sans l.une pour rendre leur évasion plus certaine encore, n'avaient plus qu'une crainte : c'était de voir le sol trop hâtif s'effondrer de lui-même sous les pieds du soldat. On obvia à cet inconvénient en plaçant une espèce de petite poutre, qu'on avait trouvée dans les fondations, comme un support. (A suivre). — ——.. Mercredi i aoùl 191 > 13 centimes le numéro 59me année — N0 210

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