L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam

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22 February 1915
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s.n. 1915, 22 February. L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam. Seen on 24 March 2019, on https://hetarchief.be/en/pid/8g8ff3n01m/
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4ére Annee i^riza. 6 cents (lo centimes) Lundi 33 février 1915 L'ECHO BELGE L'Union fait la Force. Journal Quotidien du matin paraissant à Amsterdan Belge est notre nom de Famille. Toutes les lettres doivent Être adressées au bureau de rédaction : N.Z. VOORBUROWAL 234-240. Téléphone: 2797. Rédacteur en Chef : Gustave Jaspaers. ( Charles Bernard, Charles Herbiet, Comité de Rédaction : ; Gustave Peellaert, René Chamtory, f Emile Painparé. , " ' -«-m —m Pour les annonces, abonnements et vente au numéro, s'adresser à l'Administration du journal: N.Z. VOOHBURGWAL 234-240. Téléphone: «775. Abonnement f En Hollande f. 1.50 par mois, payable par anticipation I Etranger fl. 2.00 „ ,, Les forgerons de la guerre. Il sera curieux, pour l'historien de l'avenir, de déterminer la part '.|ue la grande industrie du fer et de l'acier a eue dans la guerre moderne. Car lorsque l'économiste, supputant le nombre de milliards qu'a coûté au monde la paix armee de quarante ans et le formidable conflit qui en a été l'baoutissement logique, conclut à une perte sèche pour l'humanité, il oublie de faire le compte des bénéfices de Krupp et consorts. Dans une affaire judiciaire, la première chose dont se préoccupe le juge d instruction c'est de savoir à qui le crime profite : cui prodest. C'est incontestablement aux fabricants de fusils, de canons et d'obus et à eux seuls que profite la catastrophe flui plonge le monde entier dans la ruine et le deuil. Ceci veut-il dire qu'ils en ont aussi 1» responsabilité? Peut-être. Car il n'est pas vrai qu a fabriquer des socs de charrue on gagne autant qu'à forger des lames d'épee ; de même les mortiers de 42, les plaques de blindage pour cuirassés, les lance-bombes et autres engins similaires laissent infini ment plus de bénéfices que les locomotives et les rails de chemin de fer. Pourquoi. C'est difficile à expliquer mais depuis que la guerre existe, c'est-à-dire depuis que le monde est monde, l'industrie de la guerre a toujours été fort profitable. • , . • C'est en Allemagne que cette industrie avait pris le développement le plus considérable. Non seulement elle suffisait aux besoins du plus formidable empire militaire qui ait jamais voulu imposer sa loi au monde mais encore aux Etats voisins 6ans trop se soucier du point de savoir si les canons qu'elle leur livrait ne seraient point un jour-destinés à tirer sur des soldats allemands. L'essentiel c'est qu'ils fussent payes en bel argent comptant et quand 011 trouvait le moyen non seulement de se faire payer d'ayance mais encore de faire servir le6 canons à bombarder la forteresse qu'ils étaient destinés à défendre, comme à Anvers, c'était triple bénéfice. Sans doute, direz-vous, ces messieurs ont eu raison de fa-ire leur beurre aujourd'hui que l'assiette est cassée. Il faudra courir au plus préssé, une fois que la tourmente sera* passée, et les charpentiers, les maçons et les" fabricants de verre auront leur tour. Erreur profonde. Les maîtres de^ forge allemands 11e songent pas encore à entonner l'air fameux du bon forgeron: C'est peut* la paix, dit-il, que je travaille! Non. La paix qu'ils rêvent ne peut être que la continuation de cet état hybride qui n'était que la préparation à la guerre et qui a si durement accablé l'Europe depuis la conclusion du traité de Francfort. L'intérêt de ces messieurs exige que nous courrions à de nouveaux abîmes et que dan6 un quart de siècle les peuples s'entr'égorgent une fois de plus pour leur permettre de toucher de gros dividendes. Aussi viennent-ils de prendre une résolution où ils signifient brutalement aux .dirigeants de l'Allemagne qu'ils auront à compter avec eux. Les exigences de" ces messieurs tiennent en trois point: lo Les pourparlers de paix ne seront pas confiés aux seuls diplomates. 2o La paix doit donner à l'Allemagne un surcrât de puissance sur mer et un accroissement de domaines coloniaux. 3o Dans l'organisation douanière de cette plus grande Allemagne, les industriels allemands bénéficieront d'une large représentation., Le premier point de ce joli programme pose en quelque sorte la question préalable. Pas de diplomates ! Enregistrons encore une fois, non sans malice, le crédit que les Allemands eux-mêmes accordent à cette belle diplomatie qui leur a mis sur le dos tous les peuples civilisés. Et comme ils ne tiennent plus à être roulés on comprend qu'ils désirent remplacer au futur congrès de la paix les fantoches de la carrière par des hommes ' d'affaires surtout habitués à rouler les autres. Ce sont eux qui auront à imposer au monde cette pax teutonica qui 11e manquerait pas de susciter de nouvelles coalitions vis-à-vis desquelles l'Allemagne ne pourrait se maintenir qu'en accumulant dee armements plus formidables encore que tout ce qu'on a vu jusqu'ici. N'est-ce pas que l'on voit tout de suite percer le bout do l'oreilie, et pas d'une oreille d'âne pour sûr! Quel accueil le peuple allemand fera-t-il à la proposition de ces messieurs ? Sans do«-te il se trouvera des hommes doués de bon sens pour le mettre en gardo contre le bloc enfariné du ,,Verein deutsclier Ei-sen und Stahlindustriellen". Mais ce n'est pas sur la sagesse du peuple allemand que nous devons compter, c'est sur nous-mêmes. Que les alliés écrasent le militarisme et l'impérialisme allemands et ils mettront fin, par le fait même, à la coupable industrie des fabricants de canon. Seul le triom- S phe de notre cause peufc donner au monde cette paix durable à laquelle il aspire. Charles Bernard. —■ , ■._ : — Propos d@ Gusrre. Une ,,paix allemande Les Allemands n'ont jamais brille par leur sens de la mesure. Quand ils veulent être polis, ils sont obséquieux et collants; quand ils veulent être aimables, ils sont grotesques. Il n'y a que lorsqu'ils veulent être grossiers: alors ils n'ont qu à se laisser aller à leur généreuse nature. Un de leurs publicistes, M. le conseiller Rudolf Martin, vient de faire à son gouvernement une plaisanterie que M. de Beth-mann n'a pas paru goûter très fort. Il a publié un livre intitulé ,,La guerre mondiale et sa fin". Ce livre a été interdit par les autorités, et les exemplaires répandus dans le public ont été saisis. On vient de m'envoyer cet opuscule qui serait d'un dément sil n'était un plaisantin d'une espèce, particulièrement délicate. A l'heure où même les optimistes de jyrofession commencent en Allemagne à douter de le victoire finale, M. le conseiller Martin parle carrément de la ,,paix allemande" qui couronnera cette guerre allemande. Et quelle paix, messei-gneurs? L'Allemagne aura toute l'Europe, sans parler des colonies belge et françaises. La plaisanterie est cruelle, et le conseiller Martin vient de mettre les pieds dans le plat avec ce chic et ce tact qu'on ne trouve plus qu'à Berlin. Le gouvernement lui-même a trouvé qu'il exagerait, et qu il est une limite dans V importunité qu'il est dangereux de dépasser. D'oà sa bulle d'interdiction. Mais voyons les ,, condition s" de paix de M. le conseiller Martin. On les trouvera à la page 53 de son petit livre au chapitre ,,La fin de la guerre mondiale". Je résume, car M. le conseiller Martin est filandreux, comme l'Agence Wolff elle-même: A la fin de la guerre, l'Allemagne — évidemment victorieuse sur tous les fronts — exigera pour elle et ses alliés: lo. les provinces baltiques y' compris rétrograde, 2o. la Pologne Russe jusqu'à Brest-Litovsk,3o. La Russie méridionale jusqu'au Volga et la mer Caspienne, y compris Odessa et Kieuw, ,,car, dit M. le conseiller Martin, pour l'Allemagne, la grande affaire est de détruire la Russie, source de dangers immenses pour notre patrie." Côte Ouest, maintenant. L'Allemagne aura après la guerre: lo. La côte française depuis Boulogne jusqu'à l'Escaut, avec les ports de Calais, Dunkerque et Ostende, 2o. La Belgique (naturellement!), 3o. Une tranche de la France comprise entre la Belgique au nord et une ligne tracée de Boulogne-sur-mer à Belfort, en passant par Reims, JfO. les îles anglaises de la Manche. Puis les colonies françaises du nord de VAfrique deviendrant allemandes ainsi que le canal de Suez et aussi l'Inde, dont Guillaume II, toujours ban prince, fera peut-être une colonie autonome. Enfin, pour compenser VAllemagne des dépenses que cette guerre lui aura occasionnées, elle exigera une indemnité de guerre de 160 milliards de marks! Un point, c'est tout. On conçoit que les gouvernants allemands aient trouvé la fantaisie de M. Martin assez dure, surtout dans le moment actuel, où certainement les jeux subtils de l'ironie et de l'esprit doivent plutôt les, agacer. Mais il/. Martin s'avère ici et une de fois de plus Allemand de race. Il a voulu être drôle. Il n'a réussi à être qu'un drôle. R. H. F, — —— Constant Sfoffels. La nouvelle nous parvient de la mort de l'avocat Constant Stoffels, d'Anvers. Constant Stoffels était une figure attachante d'enthousiaste de l'art et de l'idée. Ce Flamand très cultivé alliait à une sensibilité de coeur exquise une finesse d'esprit pénétrante. Critique — il a passé en revue dans divers journaux et périodiques tout le mouvement artistique, littéraire et musical belge depuis ces vingt dernières années — il était plutôt doué d'imagination et sous sa plume, bientôt, l'analyse se changeait en un hymne d'admiration. Son étude sur Peter Benoit, la meilleure monographie que l'on ait écrite sur ce maître, est une manière de paean Vni l'honneur de la race flamande. Sa forte éducation classique, ses connaissances profondes et étendues en même temps que sa curiosité toujours en éveil lui conféraient un don charmant d'éclectisme qui lui faisait discerner tout de suite ce qu'il y avait de meilleur en toutes choses. Flamand de coeur et d'aspirations, latin par penchant, il y avait en lui ce mélange qui fait la particularité, l'originalité du Belge qui a participé dans une égale mesure aux deux cultures, française et nordique. Naturellement, son enthousiasme qui dans le plan idéologique l'entraînait vers un panthéisme ardent, s'alliait à un épicurianisme digne de ce fils des Muses qui savait lire Horace en latin. Car Stoffels a aussi écrit des vers, en flamand et en français. Sans doute les terribles événements actuels ont exercé une réaction trop brusque sur son esprit. Il est mort.... Nous, qui avons eu l'honneur de compter parmi ses amis, nous adressons à cette tombe à peine fermée et sur laquelle, sans doute, une main pieuse aura déposé ces fleurs qu'il aimait, une u.ensée émue- £, B. En Belgique. A Bruxelles. Les théâtres et les cinémas ont rouvert leurs portes, il y a beau temps déjà! Dans les théâtres, on ne fait pas d'art-, il s'en faut! A nos lecteurs de juger. A la Scala: ,,M. Van Jabber est un bambo-cheur" ; à la Gaîté: ,,En v'ià une autre" (revue avec Maud d'Orby) ; au Bois Sacré: ,,Viens jouer avec", ,,La Clémence d'Auguste" et ,,L'Homme en habit noir" ; au Win-ber-Palace ,,Jef Sloekker, cambrioleur", avec le concours d'Arthur Devère. Les Folies-Bergère abritent une troupe flamande, qui joue ,,Ben Leil of de zoon van den nacht!" Ce théâtre a été débaptisé et s'appelle actuellement: Volksschouwburg. Quant au Koninklijke Vlaamsche Schouwburg, les représentations s'y donnent les- dimanche et lundi de chaque semaine, au bénéfice des artistes et avec l'aide de l'administration communale dé Bruxelles! .* • *. A Uccle, on distribue chaque jour 4.000 portions de soupe et 4.000 portions de pajn ie 200 grammes chacune. Dans cette soupe entrent de la viande et des"féculents. Elle est fabriquée dans deux locaux d'où on la transporte aux différents centres de distribution.En outre, une fois par semaine, les familles reçoivent un secours spécial. Au début, on donnait 2, 3 et 4 fres. par famille; ensuite, 011 fit des distributions en produits alimentaires. Le comité de l'Oeuvre du Vêtement est représenté à Uccle par M. Josse Allard. Il est aidé par un comité de dames sous la présidence de Mme Victor Allard. Mmes Errera et Xavier De Bue sont secrétaires et Mme Londès en est {résorière. Cet organisme a déjà procuré du travail à des centaines d'ouvrières. ■K- * * Nous avons reproduit récemment quelques phrases bien françaises( !) des avis et proclamations que signe, chaque -matin, le freiherr von Bissing. Nous avons omis de signaler ces mots, teintés du plus pur atticisme : ,,il faut réserver à nos troupes les sources des dons de l'amour" (sic). On en a bien ri, comme vous pensez! Mais on n'a jamais pu comprendre. * * * En visitant Londerzeel, on peut faire la connaissance d'une demoiselle, aussi humble que charitable, Mlle Oriane, qui depuis tout un temps et encore à présent fait sa tâche journalière de parcourir les multiples champs de bataille de Londerzeel, Londerzeel-Saint-Joseph, Breendonck, Thisselt, Heffen, Malderen, etc., pour trouver les endroits où sont tombés et enterres nos soldats. Elle exhume les corps, procure au simple soldat comme à l'officier supérieur un' beau cercueil et les conduit vers un lieu de repos plus convenable. Cette patriote au coeur si noble recueille, conserve et classe tous les objets trouvés sur chaque soldat, et susceptibles de servir à l'identification. Bon nombre ont déjà été reconnus, grâce à son travail et à ses soins.Plus de deux cents de nos braves ont été exhumés et transférés à l'ombre du clocher. Même un petit monument a déjà été érigé sur le champ do bataillé de Londerzeel-Saint-Josepli, le plus important des environs, A Anvers, Nos lecteurs n'ignorent pas, — puisque nous leur en avons fait part — que M. Lcuis Franck s'est rendu en Hollande, en compagnie de son ami le sénateur Rijok-mans. Il a. visité de3 camps de réfugiés et d'internés. Aussi, Ccnvenait-il, ne fut-ce que pour la forme, qu'une fois rentré à Anvers, il racontât à ses collègues, son petit voyage, ce qui fut fait, au cours d'une séance tenue à l'Hôtel de Ville. Notre correspondant nous en envoie le texte officiel, découpé d'une feuille anversoise, car les édiles qui font chercher à la frontière les journaux belges paraissant en Hollande, n'ont pas l'autorisation de faire parvenir directement ou indirectement à ceux-ci, leurs communiqués. T£t, comme les communications do ce genre, avec commentaires, 11e trouvent pas un seul porteur qui veuille s'en charger, les journaux belges • publiés en Hollande doivent s'en référer aux textes de la ,3 Presse" ou de r,,Haudelsblad". Le communiqué reproduit par ces journaux est donc rédigé comme suit; ,,Assistaient à la séance : MM. L. Franck, Alphonse Itijckmans, Jean De Vos, bourgmestre, Desguin, Cooh et Albrecht, échevins ; Hub. Mélis, secrétaire communal; Mgr. Cleynliens, Paul Kreglinger, K. Weyler, le sénateur Leclef. L. "Van Peborgh, comte Legrelle, Ed. Cas-telein, Montens, Carlier, Matthys, Dr. De Gueldre, Royers, Van Damme, Langlois. Hertogs, membres de la Commission Intercommunale; Fred. Delvaux, avocat de la Ville; Kreglinger, Willy Friling et Schob bens, secrétaires de la Commisson. ,,Le président Louis Franck 'rend. compte de la mission qu'il a accomplie en Hollande, en compagnie de Mtre Rijckmans. ,,Après avoir discuté plusieurs pointf d'administration et d'approvisonnement r.vec différents ministres néerlandais, M Louio Franck a eu l'occasion de recueilli] de la bouche d'officiers belges, plusieurs éclaircissements au sujet des opérations militaires. qui ont précédé et suivi la chut* d'Anvers „I1 en résulte à l'évidence que l'interven lion des autorites civiles n'a nui en aucun façon aux opérations militaires de l'armé belge. Il semble au contraire que les acte posés par l'autorité civile qui avait ét laissée sans instructions par l'autorité mil: taire, ont été conformes aux intentions d général de Guise." ,,M. Franck rend compte de sa visite a-camp de Nunspeet où résident quantité d nos concitoyens. Le Gouvernement hollan dais fait pour eux tout ce qui est possibl dans les circonstances actuelles, mais si le réfugiés qui sont rentrés suivant notre coei seil, pouvaient voir quelle est la conditio: des réfugiés qui ont écouté d'autres conseils leur jugement 11e serait plus douteux. Il 11 peut-être bon pour personne de vivre duran des mois dans des conditions comme celle qui régnent forcément dans les camps d concentration". Il suffit de ces deux extraits pour per suader nos lecteurs que M. Franck a 1 souci constant de se disculper et cherche se persuader à lui-même qu'il a fort bie< agi en se substituant, lui simple avocat c qui n'était ni bourgmestre ni échevin, a gouverneur militaire de la position fortifié d'Anvers, le général De Guise, lequel s trouvait au fort Ste Marie (qui n'est pa en Chine, que nous sachions), prenant 1 une résolution qui étonna von Besseler lu: même, au point que celui-ci crut à un ru$e... de guerre et ne lui offrit à dîner qu lorsque l'officier, envoyé à Anvers, -lui eu rendu compte de ce qui se passait. L'étonnement de von Besseler suffisa: donc à montrer à M. Franck qu'une autor: té civile ne se substitue en aucun cas a gouverneur militaire d'une place forte, -au moins en temps de guerre. Quant l'histoire de Nunspeet, elle est savoureuse Il n'y a pas eu assez de victimes du . ,Koir weder tôt betere dagen!" parait-il! Ma: nous avons trop souvent parlé de ces diff< rentes questions pour qu'il soit besoi d'insister.... * * * L'esprit des employés de la Compagni des Tramways Anversois est au-dessus d tout éloge. Ce ne sont pas ces braves gei qui s'abaisseront jamais devant les All< mande. Ils exécutent les ordres reçus av< zèle et ponctualité, mais ils font bien vo: aux Allemands que ceux-ci 11e sont pas c le même race que les Belges. Et la popuh tion leur en est reconnaissante, car les o casiens ne manquent pas, pour les r< ceveurs et wattmen, de montrer aux enm mis qu'ils ne sont en Belgique que pour u . certain temps Par contre, beaucoup d'agents de poli< croient intelligent de singer le6 Allemanc et de faire preuve d'une rudesse dont noti caractère s'accommode mal.. Ils saluent à ] façon boche et redressent leur position sit< qu'un officier passe. A quand le parad marsch 1 * * * La plus grande partie des vivres arrive] directement de Hollande. Mais des brui de complications internationales ayant co ru, les Anversois redoutent vivemei qu'un conflit nouveau éclate. Dès lors, . Hollande, ayant besoin de tout son appr visionnement, ils seraient privés de lei bifsteack quotidien. * * # Aux vitrines des marchands de journau: 011 voit de nombreuses cartes de la guer et des illustrés en quantité, notamment ,,Panorama", publié à Leyden. * * * Les Hollandais peuvent effectuer aiséme le voyage jusqu'à Anvers. Ils obtiennent d passeports très facilement. * * * Un grand nombre de personnes ont cte 0 teintes d'aliénation mentale. A Liège. Depuis trois mois, les Allemands ont renon à afficher les nouvelles de la guerre à Lié et dans les environs. C'est que, malgré, tou leur épaisseur, ils ont fini par se rend compte -que les Liégeois s'amusaient par tr du style abracadabrant et des traductions i effables des proclamations impériales. Citons un échantillon de cette prose, afficli entre Liège et Herve par un commanda d'étappe pour inviter les habitants à rentr chez eux le soir et à respecter les troupes : ,,Au crépuscule, chacun doit rentrer en s< même. \ ,,Les habitants doivent respecter les trouj passantes et les singuliers soldats allemands * * * On annonce la mort à l'âge de 92 ans de j Adolphe Greiner, ex-secrétaire particulier roi Léopold 1er, de Mme Magnette, mère sénateur et de M. Georges Kemna, professe l'Athénée. A Marrsisir On se rappelle que dans sa lettre paston le cardinal Mercier signalait parmi les 110 i breux meurtres.de prêtres commis par les s dats allemands en Belgique celui de l'ab Bilande, aumônier des sourds-muets, à Bouj près Namur. On nous apprend aujourd'hui que ce m ; heureux prêtre a été fusillé parce que. dans jardin qui entoure sa maison, on avait trou quelques fusils jetés au passage par des solds belges battant en retraites A Verviers. La ville prête de l'argent sur les lots de ville et les livrets de caisse d'épargne. Une somme de 250,000 francs est prévue pouiv. ces opérations. La caisse communale fait également des - avances aux membres de mutualités qui ne e peuvent pas toucher à leur capital et elle e entretient les employés communaux qui ne peu-s vent pas encaisser leurs pensions. é A TirSerraorat. Ll II y a quelques jours, la .,Kommandantur" avait convoqué à l'Hôtel de Ville, tous les 1 jeunes gens des vingt-huit communes environ- e liantes, appartenant aux classes de 1912, 13, - 14 et 15 et qui n'avaient pu rejoindre l'année q belge — les jeunes gens étaient invités à aller s signer un papier par lequel ils s'engageaient à ne jamais prendre les armes contre l'Allemagne.1 Des officiers étaient là qui attendaient. Ils ' attendirent même longtemps, car — comme ^ soeur Anne, — ils ne virent rien venir ! t Ces jeunes gens, s'étaient réunis au nombre s de plusieurs centaines, et s'en étaient allés 3 d'un autre côté, loin de la ville,... Aw Luxembourg, 3 i Les Allemands redoutent que les popula- I tions, qu'ils s'efforcent de terroriser, appren-, nent la vérité sur les événements actuels. Aussi 0 traquent-ils partout avec acharnement ceux Li qui osent lire des journaux non soumis à la e censure allemande. e II y a six semaines, MM. les abbés François, s curé à# Namoussart, et Chenot, curé à Les-à Fosses, ont été arrêtés pour avoir osé lire le ,,Courrier de la Meuse" en revenant d'une céré-e nionie qui avait eu lieu dans un village voisin. Evidemment ils auraient dû lire l',,Ami de e l'Ordre" ou le ,,Bien public" ! remai^ue ,,Le ^ XXo Siècle". * * m ^ A Virton, d'après une récente communication, tout est calme. Malgré cela, un Ll grand nombre de familles s'en vont. Où? 7 Nous ignorons. Le manque de travail et la a difficulté de se ravitailler sont les causes de • cet exode. La ration journalière est de 325 grammes ;s de pain ou une demi-livre de farine. Les céréales atteignent un prix élevé. II C'est ainsi qu'on paie de 40 à 45 fres. les 100 Kos. de froment, 38 fres. le seigle et 75 fres. la farine. Le3 chevaux et les porcs e sont vendus au prix fort. e Le vente du bétail est interdite. Les Àlle-13 mands n'ont pas encore réquisitionné celui !- qui se trouve aux alentours de la ville. Il c est permis — quelle faveur ! — aux habi-r tants de s'occuper de commerce, [e * * * l" A. Musson, il est strictement interdit de traverser les ponts. Pour se rendre à St. Mard, on cot donc obligé de'faire un sérieux détour. Mais avant tout, il faut se rendre, n par l'Avenue Bouvier, à Virton où se trouve le kommandeur allemand. 'e On est obligé de se tenir à grande distance 's des voies du chemin de fer. On s'éclaire dans "e la commune au moyen de carbure. a * * * Virton et St. Mard n'ont pas souffert du passage des envahisseurs. Il n'en serait pas de même du village de Latour qui ne compterait plus que douze hommes, tous d'un III certain âge ! ^ A Halauzy, à Ethe, à Musson, les Alle-11- mands ont fusillé un grand nombre de périt sonnes. Les cent vingt prisonniers fait à a Musson sont rentrés d'Allemagne, récem-ment. C'était des jeunes gens et des hom-ir mes d'âge. Le plus jeune comptait 15 ans, le plus âgé soixante. * * • » A Latour, les troupes allemandes ont fu-sillé beaucoup d'habitants. Mais aupara-10 rant, ceux-ci avaient été obligés d'enterrer leurs compatriotes du village d'Ethe. Toujours la Kultur! Dommage pour nous que nous 11e comprenions pas ces raffinements ^ de civilisation. gs ,t_ Ata Wallon. A Montigny-sur-Sambre, un pqre de famille fut arrêté et emmené par les Allemands. Lorsque ceux-ci voulurent bien le relâcher, il trouva sa maison en feu : Sa cé femme et sa fille, âgée de 17 ans. se trouve vaient-, absolument nues, dans la citerne, te Un bébé de trois mois fut également retrou-re vé dans un puits, sans eau heureusement. Le fils de M. Gibon, l'industriel connu, n~ reçut un coup de baïonnette dans le ventre. ée " nt er AM I^fiSTBltoOtarâa )i- A Molenbeersel, un acte inqualifiable s'est produit. Deux soldats ont tué à coups es de crosse un paysan qui s'en revenait de •" Hollande et qui habitait à quelques pas de la frontière. Ensuite, les deux soldats allè-tf. rent chercher une quinzaine de leurs cama. lu rades qui s'en vinrent aussitôt et visitèrent :lu toute la ferme. Ils y trouvèrent un vieux ur fusil, inutilisable, et qui datait du temps de Napoléon 1er. Aussistôt, ils s'emparèrent des trois fils du cultivateur et les conduisirent à Maeseyck, d'où les malheureux ne Lje sont jamais revenus. n. Par crainte des représailles d'une popu-jl- lation justement indignée, les Allemands bé renforcér<|it le poste de Molenbeersel de 'fi, cinquante hommes. k; OSSF2S ÏÏS5S ,ys A Grimbergen, Hamme et Zele, la situation s'améliore. A" Termonde l'autorité militaire a pris les premières dispositions pour la reconstruction des habitations détruites. Un des ponts est déjà réparé et a reçu le nom deç,,Herzog von Wurtemberg Brucke" (sic). On est d'avis que l'hôtel de ville qui se trouve Grande Place pourra être facilement réparé. La cathédrale n'a nullement souffert. Peu a peu, là vie renaît dans la ville. m m, M, La réponse albasde La note allemande occupe toute la première page des journaux, elle révèle le goût bien connu des Allemands pour le ,,colossal"; comme le style ,,kolossaal" elle est lourde et indigeste. Elle est, en outre, longue et filandreuse, essaye de sauver la face en soulevant mille questions étrangères, en plaidant constamment à côté. Si quelquefois elle touche à la question de couler des navires non combattants, voire des navires neutres, elle plaide les circonstances atténuantes ! Sur le fond gt le droit pas un mot. Voici la note résumée en une phrase: nous exigeons de nos ennemis qu'ils observent non seulement les lois de la guerre, mais qu'ils ne fassent même rien de ce que nous estimons devoir être défendu. Quant à nous, nous nous défendons comme nous pouvons et pour nous il n'y a d'autre loi que notre intérêt: Deutschlànd iiber ailes. La Germanie l'a proclamé par la bouche de M. Bethmann-Holweg : nécessité ne connaît point de loi ! Cela a été dit déjà pour justifier la violation de la neu^falité belge. C'est k même système qui continue . Les circonstances atténuantes que l'on fait valoir sont : l'Allemagne risque de mourir de faim, les alliés reçoivent des armes, peut-être les navires neutres contiennent-ils ce que nous qualifions de la contrebande. Ils daignent pourtant reconnaître que les sujets d'un pays neutre ont le droit de livrer des armes aux belligérants, mais Berlin estime que les pays neutres doivent défendre cette exportation, maintenant que la suprématie anglaise sur mer empêche les armées impériales d'en profiter. Comment trouvez-vous cette excuse ? Vous, neutres, vous ne pouvez protester si je coule vos navires, car ils pourraient peut-être transporter de la contrebande. Ne me demandez pas pourquoi je n'observe point les lois de guerre sous ce rapport, c'est tout simplement parce que mes sous-marins risquent eux-mêmes d'être coulés! On n'est vraiment pas plus naïif. L'Allemagne conteste à l'Angleterre le droit de l'affamer (elle affirme sans citer un texte) mais qu'aurait dit cette même Allemagne, si en 1870 on avait voulu porter des vivres à la population civile de Paris? Qu'il s'agisse de trois millions de citoyens ou de soixante-dix la situation change-t-elle? Qu'il nous soit permis d'ajouter deux réflexions : d'abord il 11e s'agis-s'ait pas jusqu'ici d'affamer le peuple allemand, mais de le priver des matières nécessaires à la guerre, en second lieu les conventions de La. Haye disent nettement que le pays occupant des territoires ennemis doit pourvoir à l'alimentation des régionaux, Or, où en seraient nos pauvres compatriotes restés au pays sans le secours du Relief Comité? Loin de les nourrir, 011 les a affamés. Toujours le même principe : J'ai le droit parce que c'est mon intérêt ; vous n'avez pas le droit, parce que c'est encore mon intérêt. •> La note prétend que l'Allemagne a jusqu'ici observé les lois de la guerre; il est vrai que la note ajoute ,,sur mer". Cela n'est pas encore vrai. Dès le début de la guerre elle a inondé la mer du Nord de mines dont ont été surtout victimes les navires neutres. Si l'Angleterre s'est vue forcée de répondre en semant des mines dans les coins occupés par les naVires de guerre allemands, hors de la zone des neutres, elle a par contre envoyé de nombreux ,,trawlers" pour repêcher les mines qui ce trouvaient sur les grandes lignes commerciales.Berlin, saris reconnaître explicitement quo ses ennemis observent les lois de la guerre, n'ose pourtant point les contredire; voici la phrase dans toute sou ingénuité : ,,La communication de l'Amirauté britannique, en s'appuyant sur le droit maritime intérieur, prétend que cette mesure (l'emploi du drapeau neutre) est absolument justifiée, aussi ses nationaux s'empressent-ils de suivre cette recommandation!" Pas un mot, ni de protestation, ni de controverse. ,,Dans ces conditions, dit la note, il est fort difficile aux sous-marins allemands, de distinguer les navires neutres, un examen préalable ne pourra avoir lieu dans la plupart des oas, car une attaque sur le piquet-ci'investigation, auquel 011 peut s'attendre de la part d'un navire anglais déguisé, exposerait le sous-marin lui-même à la destruction.' ' Berlin reconnaît ainsi qu'il faut un examen préalable, mais comme il se pourrait (le fait ne s'est pas encore produit) que les Anglais non oombattants cherchent pourtant à se défendre, ces messieurs déclarent qu'ils ne veulent point eu courir les risques. Pour conclure, l'Allemagne ne connaît qu'une loi : son intérêt. Et c'est elle qui ose parler de culture supérieure! François Rosseels.

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