La Flandre libérale

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08 January 1914
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s.n. 1914, 08 January. La Flandre libérale. Seen on 17 July 2019, on https://hetarchief.be/en/pid/nz80k2870m/
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40* Année — Jeudi 8 Janvier 1914 (asMiiiasatggBeiwewaawtBMWBWMWHWiwa^ QUOTIDIEN. - 10 CENT. fj. 3 — Jeaîîi 8 Janvier 1884 LA FLANDRE LIBÉRALE ABONNEMENTS 1 mois. 8 mois. < moi». 1 »n. BELGIQUE ; Fra 2.00 4.00 8.00 16.00 UNION POSTALE : Fr. 3.75 9.00 18.00 36.00 On t'abonne lu bureau du journal et dans tous les bureaux da posta RÉDACTION, ADMINISTRATION ET IMPRIMERIE GAND, 3, RUE DU NOUVEAU BOIS, 3, GAND ABONNEMENTS ET ANNONCES ; Il — RÉDACTION — Téléphone 322 || Téléphone 18 ANNONCES Pour la ville et les Flandres, s'adresser an bnrean du Journal,. — Pour le reste du pays et l'étranger, s'adresser à l'Office de Publicité, rue Neuve, 36, à Bruxelles. vu © «!wuuo au uurcau uu juui u< LA Magistrature congolaise —o—• Il est certain que la nouvelle de réformes profondes au Congo a été mal accueillie par la masse du pays. Une grande partie de la population est toujours restée méfiante, en effet, vis-à-vis de l'œuvre congolaise. Avant l'annexion, cette partie de l'opinion, peu éclairée sur ce qui se passait dans la colonie, s'en désintéressait. Le Congo était quelque chose d'exceptionnel et de lointain dont il ne convenait pas de s'embarrasser l'esprit. Les discussions techniques auxquelles! se livraient des spécialistes ne passionnaient aucunement. On sait comment le pays repoussa une première fois l'annexion. Celle-ci ne fut acceptée que sur les affirmations formelles, solennelles et répétées des ministres et des hommes d'Etat cléricaux les plus considérables, affirmations d'après lesquelles aucun risque financier n'était à craindre, le Congo constituant un grenier d'abondance inépuisable, et les mines seules du Katanga étant inestimables — ce qui est d'ailleurs certain... pourvu qu'on puisse les exploiter. Il est donc naturel que la nouvelle du déficit ait inquiété et que les exhortations patriotiques du souverain aient causé de l'humeur. Le gouvernement clérical, né malin, et qui prévoyait cela, n'a pas hésité à user, sn l'occurrence, de la popularité du Roi, qui s'est mis courageusement en avant pour montrer la voie désagréable de l'intervention. Encore une fois, cela ne peut tromper personne, le Eoi parlant au nom du gouvernement et celui-ci seul étant responsable. Or, des procédés de ce gouvernement, nous avons les meilleures raisons de nous méfier, et tout ce qui vient de lui nous paraît naturellement suspect.' En matière coloniale, notre méfiance est aussi grande qu'en tout autre domaine. Jusqu'à présent, en effet, les gouvernements cléricaux n'ont cessé de masquer et de déformer la vérité, à propos du Congo. Sous l'ancien régime, lors de la reprise, et depuis lors, à chaque discussion du budget, les cléricaux n'ont cessé de faire les déclarations les plus audacieuses. Nous rappellerons en temps opportun certaines manifestations, récentes encore, de M. Renkin, répondant " victorieusement " à ses adversaires. Depuis la reprise, un " bluff " énorme a été entrepris et poursuivi, notamment au Katanga, où un véritable trust financier s'est formé, trust au nom duquel le gouverneur de la Société Générale parlait , le premier de l'an, en présence du Roi et réclamait des réformes. Nous reviendrons en détail sur tout cela, car le sujet en vaut la peine : de l'orientation qui va être donnée à la colonie, et des garanties d'honnête administration qui nous seront accordées, dépendent, en effet, notre réputation et notre prospérité. L'une et l'autre peuvent être gravement atteintes. Mais le danger sur lequel il faut tout d'abord insister, c'est qu'à toute évidence la majorité catholique à laquelle résiste faiblement un ministre ardemment combattu, et qui a dû se justifier devant le Vatican, veut faire du cléricalisme un article d'exportation et de colonisation. L'attitude du " Patriote ", du " Bien public de toute la presse cléricale est significative. On n'accepte le Congo qu'à une condition : c'est que les missions — les seules missions catholiques, bien entendu — jouissent d'un pouvoir absolu, et c'est que l'accès du territoire congolais soit interdit aux fonctionnaires affiliés à une secte _ philosophique qui ne plaît pas à la moinaillerie belge. Or, c'est ce que nous ne pouvons admettre et les réformes que l'on annonce dans le domaine judiciaire ne nous disent absolument rien qui vaille. Que les magistrats, comme les fonctionnaires, soient désormais soumis a un stage colonial, cela est peut-être rationnel et utile. Mais que 1 on touche à l'indépendance de la magistrature, que l'on veuille renoncer à la séparation des pouvoirs, cela nous paraît chose extrêmement grave, en présence surtout des attaques injustifiées et scandaleuses dont la jnagistrature congolaise est l'ob- "6 L'exemple d'autres colonies, que l'on nous offre pour nous convaincre, est sans portée. Nulle part n'existe, en effet, la lutte ardente, implacable que mène contre la nation laïque le T>arti des prêtres et des moines catholiques belges. Cela n'est même pas soupçonné dans le_ reste du monde, sauf peut-être en 'Autriche et en Espagne. Nous sommes à cet égard il ci uaua iuua ioa HÎIIWUA HV pt/oiv dans une situation douloureusement exceptionnelle et ce qui se passe dans l'Afrique du Sud, au Congo français ou ailleurs nous est complètement indifférent. Les magistrats belges, on l'a troo clairement vu, ont droit à des garanties spéciales au Congo, surtout s'ils ne sont pas catholiques; car s'ils ne s'inclinent pas devant les missions, s'ils ont l'audace de vouloir soumettre les membres de celles-ci au régime du. droit commun, alors ils seront attaqués sans merci, vilipendés, traînés dans la boue, et leur ministre sera mis en demeure de les frapper. Ce ne seront plus des magistrats, mais des domestiques.Voilà ce que le souci de notre dignité nous empêche d'accepter. Il faudra donc apporter une prudence extrême dans les retouches qui seront faites, à' cet égard, à la charte coloniale, si l'on veut faire appel au concours des libéraux.— ->—••«»—<: La question scolaire L'ÉDUCATION DES FEMMES jaut-u aaais ie sysieme suuiairc ynuMi-re qui est soumis en oe moment à l'examen de; la Chambre, préconiser l'école mixte, la coéducation, ou bien faut-il pousser à la création d'écoles ou de classes spéciales pour garçons et pour filles, comme le propose M. Nolf! Au point de vue pédagogique' les avis sont partagés, parce que d'après les uns il y a une différence entre la nature morale de l'homme et celle de la femme, alors que d'après les autres — les femmes distinguées qui dirigent le mouvement féministe — il n'y a pas de différence entre elle et l'homme. A notre avis, ces femmes jugent leurs semblables d'après elles-mêmes et non pas d'après la généralité. Il ne peut y avoir une' identité absolue entre la nature» morale des deux sexes, parce qu'il y a diversité de nature physique, diversité de fonctions, donc diversité de facultés. Dès lors, l'éducation doit être différente, et on ne peut admettre que les filles et les garçons se trouvent sur les mêmes bancs à l'école primaire, et y reçoivent le même enseignement. L'éducation des filles ne peut pas toujours viser au même but, employer le3 mêmes moyens, porter sur les mêmes objets que l'éducation des garçons. Dès lors, une commune ne satisfait pas à ses devoirs, en matière scalaire, en établissant ou en maintenant au moins une école communale mixte; il îaut qu'il y ait des écoles ou des classe.s séparées pour lés deux sexes; dirigées et tenues par des instituteurs pour les garçons et par des institutrices pour les filles.*** Une autre question ; oelle-ci à l'adresse des parents : L'éducation de la jeune fille doit-elle être confiée à une institution laïque ou bien aux couvents 1 Qu'on nous permette de répondre à cette question par un extrait diu " Traité de l'éducation des filles par Féne-lon : " J'estime fort l'éducation des bons " couvents mais je compte encore plus " sur celle d'une bonne mère. Si le cou-" vent n'est pas régulier, les filles y en-" tendront parler du monde comme d'une espèce d'enchantement et rien ne fait " une plus pernicieuse impression que " cette image trompeuse du siècle qu'on " regarde de loin avec une admiration et " qui en exagère les plaisirs sans en mon-" trer les mécomptes et les amertumes. '" Si, a-u contraire, un couvent est dans " la ferveur et la régularité de son " institut, une jeune fille de condition y " croît dans une profonde ignorance du " siècle. C'est sans doute une heureuse " ignorance, si elle devait durer toujours ; " mais: si votre fille sort du couvent et " passe à un certain âge dans la maison " paternelle où le monde abonde, rien " n'est plus à craindre que cette surprise ''' et ce grand ébranlement d'une imagi-" nation vive. Elle sort du cou-"vent comme une personne "qu'on aurait nourrie dans "lesténèbresd'uneprofonde "caverne et qu'on ferait p a s-"ser tout à coup au grand " j o u r." On ne saurait mieux marquer les dangers auxquels soint exposées les jeunes filles par une éducation qui ne les prépare en rien avec les réalités de la vie. Or, c'est cette éducation-là qu'on donne encore actuellement dans la plupart des couvents. On prépare avant tout... à la vie future ! Faire des saintes, faire des nonnettes, tel est l'idéal des bonnes sœurs. Vj* dit Un tel enseignement ne réalise pas la devise: L'école pour la vie. P. CNUIXDE. v-» « g»—f Echos & Nouvelles L' « Adoration des muges > de Hugo Van fl?r Gees Le Kaiser-Friedrich Muséum vient d'entrer en possession d'une merveille longtemps convoitée et qui a bien failli, quoique achetée et payée, ne jamais s'offrir à l'admiration des Allemands. Il s"agit du fameux retable, attribué à Hugo Van der Goes, que le directeur général des musées allemands, le docteur Bode, avait découvert en Espagne, dans l'abbaye de Monforte, et payé sept cent mille francs. Immédiatement connue, la nouvelle suscita un mouvement de protestation si violent que le comte de Ro-manonès, alors président du conseil, donna ordre au prieur du couvent de Mon-forte de ne pas se dessaisir du tableau. Une souscription publique fut ouverte dans les journaux espagnols pour la remboursement au gouvernement allemand de la somme qu'il avait versée. L'Allemagne ne se tint pas néanmoins pour battue ; elle engagea avec le gouvernement espagnol des négociations qui viennent enfin d'aboutir, et depuis deux jours le tableau est exposé aux yeux du public dans une des salles du Kaiser-Friedrich Muséum. L'œuvre est importante et fort belle. Dans un édifice en ruines, ouvert par deux larges brèches sur un paysage fortement vallonné, la Vierge, au pied d'un pilier, est assise. Sur ses genoux, elle tient l'Enfant nu. Les figures de la mère et de l'enfant sont empreintes d'un réalisme très franc. Devant la Vierge, un roi mage agenouillé, les mains jointes, contemple dans une extase muette le spectacle. Derrière lui, se® deux compagnons restés debout, leurs présents à la main, ont une même attitude d'adoration attendrie et de prière. D'autres personnages. derrière eux, s'entrevoient. Du côté opposé, Joseph agenouillé fait pendant au roi mage agenouillé. L'œuvre semble avoir été attribuée avec beaucoup de^usïesse au maître flamand Van der Goes. E'ie se rejoint à l'art de ce dernier à la fois par l'allure familière et simple des personnages, par les colorations où le bleu domine, et par la facture, beaucoup plus large que celle des Van Eyck, dont Van der Goes, dit-on, fut l'élève.On est mal renseigné sur l'histoire du peintre. On le croit Gantois. On sait qu'en 1468 il fut employé, à Bruges, avec ses confrères de la ville, à la décoration des maisons et des rues pour la "joyeuse entrée" de la fiancée de Charles le Téméraire; qu'il exécuta en 1470, pour Thomas Portinari, banquier florentin établi à Bruges, la magnifique composition dont s'enorgueillit aujourd'hui le musée de® Offices ; _ qu'il entra peu, de temps après en religion, et qu'après avoir donné pendant dix-huit mois des signes non équivoques de folie, il mourut en 1482 au couvent de Rood'endal, près d'Auderghem, dans la forêt de Soignes. *** Corbeaux.. .voyageurs On vient de faire des tentatives tendant à remplacer les pigeons voyageurs par des corbeaux. En Allemagne, une société s'est constituée pour pratiquer le dressage des corbeaux, et il paraît que les premiers essais furent satisfaisants. Les corbeaux, alléchés... par le fromage et par d'autres victuailles qu'on leur offrait aux lieux où se fit le dressage, revenaient ponctuellement, munis des lettres qu'on leur avait confiées. Tout alla bien durant l'été. Mais une fois que, l'automne venu, des vols de corbeaux sauvages envahirent le pays, on vit avec inquiétude que le service devenait moins régulier. Bientôt les corbeaux-facteurs ne revinrent plus de tout. On examina la chose et on s'aperçut de ce fait curieux : des troupes de corbeaux sauvages se précipitaient sur leurs congénères domestiqués, et les contraignaient par la force à rester auprès d'eux. On en vit même qui, martyrs de la civilisation, ayant refusé d'obtempérer aux injonctions des barbares, furent déchirés à coups de bec. Si lês corbeaux eux-mêmes ne respectent plus la liberté du travail... mt* Eeeommsndallon Une société étrangère d'assurances sur la vie adresse1 en ce moment de nombreux prospectus à différentes catégories de fonctionnaires, afin de les engager à conclure des assurances mixtes. Dans un de ces prospectus, on lit: "Si vous êtes membre du clergé, mettez-vous dès maintenant à l'abri des fluctuations de l'esprit nouveau aux tendances modernistes. et évitez-vous ainsi pour votre vieillesse les surprises que l'avenir peut vous réserver et dont nous avons de récents exemples." Le couplet est curieux... Le tmfle des écus Au cours d'une analyse sur le commerce de la Belgique avec la France, 1' "Action Economique" constate que les importations de monnaie (cause du rapatriement des écus emportés en France), ont atteint 342.870.000 francs, contre 248 millions 74 mille francs, pendant les 11 Jk U1VJJUVUV ■ premiers moi® de 1612, soit une augmentation de 94,706,000 francs. On voit par là que les mesures prises pour enrayer le trafic des écus n'ont eu jusqu'ici aucune efficacité. La loi de Gresham ne cesse de jouer au grand préjudice des commerçants belges qui se trouvent à court de numéraire et de la Banque Nationale qui doit effectuer de très coûteux rapatriements. U préparation de le j .uaesse Aucun éducateur, maître ou père de famille, ne peut se désintéresser de cette formation physique et morale des jeunes gens qui, sous le nom assez impropre de préparation militaire, retient aujourd'hui dans tous les pays l'attention des autorités et des bons citoyens. Si les nécessités de la défense nationale ont été les causes premières de ce mouvement en faveur de la préparation, si le but immédiat poursuivi est actuellement de conserver une solidité suffisante à l'instruction militaire compromise patç une réduction excessive du temps de service, il n'en est pas moins vrai que cette formation physique et morale peut constituer pour tout citoyen la meilleure des préparations à la vie — à cette lutte pour la vie, chaque jour plus ardue, tout en faisant pénétrer dans les cœurs ces sentiments de fraternité, d'entr-aide, de solidarité qui, dans le monde moderne, sont susceptibles de la plus heureuse influence aul point de vue social. Mais pour atteindre ces résultats si utiles il est indispensable que la préparation ne s'égare pas dans des voies dangereuses qui lia tentent souvent : il faut notamment éviter avec soin de " jouer au soldat Pour mettre en garde les niombreux dévouements qui se consacrent généreusement à la préparation militaire, pour leur faciliter la tâche en précisant les matières utiles à enseigner, la "Vie militaire ", l'excellente revue illustrée qui sa répand de plus en plus, vient d'entreprendre l'élaboration d'un programme concret de préparation qu'elle se propose de publier en détail. Le numéro de janvier, qui vient dei paraître, expose les directives qui, au point de vue physique, doivent servir de guide aji&s l'application du programme; cha cun des numéros suivants renfermera une tranche de ce programme dans les trois principales branches: l'éducation physique, l'éducation morale, les notions complémentaires. _ Il faut savoir gré à la "Vie militaire " de s'être attelée à cette besogne ingrate mais excessivement utile. Elle répond au vœu d'un grand nombre de personnes prêtes à se dévouer à l'œuvre de la préparation, mais qui hésitaient faute de données concrètes et précises. *** Sa Jeune maman La scène est dans une voiture de tram. Rita, buib ans, vient d'y être installée par sa maman, qui, tout en lui donnant les vingt centimes qui serviront à payer le "voyage" aller et retour, lui fait quelques ultimes et brèves recommandations. Rita a écouté bien sagement, en hochant la tête d'un petit air entendu et tout en ayant l'air d'e trouver que ces recommandations sont bien superflues... Bien sûr qu'elle ne se lèvera pas avant l'arrêt du tram ; qu'elle fera bien attention aux voitures ; qu'elle ne marchera pas dans les flaques d'eau. Dame! Elle sait se conduire, n'est-ce pas? Et puis, n'a-t-elle pas "charge d'âme'", elle aussi ? Rita, en effet, tient dans ses bras une énorme, une magnifique poupée qu'elle o'o'uve des yeux, tout en la berçant doucement.iLe tram s'ébranle et le receveur, qui a assisté en souriant paternellement à la. petite scène des "adieux", s'approche de Rita, qui lui tend spontanément ses deux eouis. — Eh bien, et votre petite fille, dit-il, elle doit payer aussi. Rita est surprise. Elle rougit très fort, lève de grands yeux étonnés sur le digne fonctionnaire. Et tout à coup, elle se souvient, vraisemblablement, de ce que sa mamam répondit tant de1 fois, quand elle était... petite et qu'il s'agissait de payer sa place en tram. Et toute sa sérénité reconquise, bien tranquillement, posément, comme si elle affirmait un droit que l'on ne saurait lui contester, Rita, désignant sa poupée, profère ces mots : — Elle n'a qu'un an, Monsieur... Rita saura se défendre dans la vie. &&& Le roi ei Ieeumique Le négus Ménélick — qui est bien mort — aimait les artistes et surtout ceux qui pouvaient l'amuser. Après la bataille d'Adoua, où son armée mit en déroute les troupes italiennes, un des prisonniers demanda la permission de divertir le souverain victorieux. Ménélick fit comparaître le soldat, et l'autorisa à le divertir. Et le comique du captif fut si intense, ses variations si drolatiques, que l'empereur, ravi, lui demanda ce qu'il désirait. — Rentrer en Italie, répondit le joyeux soldat. Et Ménélick le fit remettra aussitôt en liberté... Le soldat qui avait tant amusé le négus s'appelait Frégoli : il commençait alors sa carrière fameuse de transformateur légendaire. Billet bruxellois Y -T- Y 7 janvier. On avait parlé de "Parsifal" — naturellement. Et puis, après les extases traditionnelles sur le "chaste fou", on en était venu à l'affaire des Hospices de Bruxelles — histoire extrêmement palpitante, mais que j'essayerais en vain, surtout dans ces cinquante lignes, d'illuminer de clarté : c'est une histoire faite de tant d'histoires! (La violente querelle qui a éclaté lundi marque, il est vrai, une date : celle de la scission entre libéraux, à Bruxelles). On avait déploré la cherté de la vie, comme il convient, et raconté quelques frasques de domestiques, sans quoi lesi salons n'offriraient à coup sûr rien de gai. Bref, on avait causé gentiment. Voilà que, tout à coup, quelqu'un se met à parier de savants ( je vous demande un peu !) et de savants belges (ça c'est trop fort), qui auraient fait une découverte considérable (laissez-moi rire). — Parfaitement, insista cet individu, une grande découverte et qui peut avoir des conséquences les plus vastes et les plus heureuses. On dit que MM. Bordet (le directeur dei l'Institut Pasteur du Bra-bant) et M. Delange (son adjoint), ont découvert le sérum qui permettra d'opérer instantanément la coagulation du sang... Déjà, tout le monde avait fui ce raseur, et la conversation générale était revenue au tango, qui fait fureur. Comme j'avais eu> la faiblesse de m'in-téresser à ce bout de conversation, j'ai pris des informations auprès d'un jeune savant, fort bien placé pour savoir et capable d'une petite indiscrétion. Il m'a confirmé la nouvelle. On cherchait depuis trois ans. On a trouvé. Et comme je lui' demandais pourquoi on ne la faisait pas connaître, pourquoi on en faisait mystère, il me dit, notamment : — Ah ! c'est qu'il faut prendre garde à la susceptibilité des savants étrangers. Evidemment, si nous étions à Paris, le "Matin" aurait déjà publié un article aussi sensationnel que celui du "Journal", avec photographies, interviews et battu de jolis coups de grosse-caisse. Mais nous sommes de simples chercheurs belges. Et même des Bordet, illustres à l'étranger, doivent prendre garde de ne point froisser leurs collègues de Paris et d'ailleurs. " Il faut d'abord que la communication soit faite aux Académies, qui examineront et jugeront hiérarchiquement et solennellement. Prenons garde de ne pas nous fermer certaines j>ortes de sociétés savantes! Eh! bien soit, puisque le progrès est fait de ces misères, nous attendrons. Mais quand les grandes Académies auront daigné prendre connaissance et ce prononcer, j'espère bien qu'on fera un peu de tam-tam ! Vraiment, il n'y aurait pas de mal à ce que nous nous passions du galon, sous ce rapport. Le gouvernement saura-t-il avoir — bien qu'il s'agisse de deux mécréants — le geste qui s'impose, le geste à panache?'C'est nécessaire, et plus qu'on ne le croit, dans un pays aussi matériel que celui-ci. , —— — Us système da H. Ossfroes * On sait qu'après MM. Prins, Lambert et de Greef, un des chefs du parti socialiste, M. Destrée a soumis à la commission des XXXI, un système, à lui, de réforme électorale et constitutionnelle.Ce système obtient la très chaude approbation du Peuple. "La formule, " dit ce journal, est séduisante de logique et de clarté ; elle est vraiment "elle-même pure et simple". C'est une illusion. Le système de M. Destrée est très supérieur, nous en convenons volontiers, à ceux qu'ont ébauchés ses confrères en sociologie à la commission des XXXI. Eu effet, M. Destrée propose " à la base de l'électorat au triple degré" le suffrage universel. Malgré certaines répugnances, mais loyalement, il ajoute à ce principe, celui de la représentation proportionnelle.Sur ces points, M. Destrée rencontrera sans doute l'adhésion sinon de tous les libéraux, du moins de la très grande majorité d'entre eux. Ils se rendent compte que le suffrage universel est inévitable, que ce qu'on pourrait lui vouloir substituer serait-bien pire et que la garantie sérieuse et efficace contre les abus possibles de la puissance du nombre est dans la représentation proportionnelle. Mais M. Destrée émet deux autres desiderata, sur lesquels nous osons espérer que l'accord se fera moins facilement.D'abord, il reclame_ le référendum, "dans tous les cas épineux' . » On sait notre opinion sur le référendum. C'est une institution qui, sous un faux air démagogique, est à l| la fois irrationnelle et conservatrice à || l'excès. C'est une mesure spécialement absurde et dangereuse dans les "cas épineux", qui exigeraient de la masse électorale une acuité d'esprit qu'elle j| ne peut pas avoir. Ensuite M. Destrée veut la "repré- ij sentation des intérêts". Ici, il s'agit de s'entendre. M. Destrée n'a pas la prétention d'introduire dans les conseils communaux, les conseils provinciaux ou à la Chambre, des membres, représentant les diverses catégories d'intérêts. Conseils et I Chambre doivent, d'après lui, être élus par tous les électeurs, la majorité et les minorités d'entre eux devant | être représentées proportionnellement à leur nombre. De plus, M. Destrée re- ;] connaît très nettement que le conseil || communal ou provincial doit, comme la Chambre, avoir le droit de décider des intérêts qui leur sont confiés. Ce que M. Destrée propose, c'est d'adjoindre aux conseils communaux i!| une série de commissions, qui seraient purement consultatives, qui pourraient ou devraient émettre de simples avis, laissant au conseil communal la décision et la responsabilité. Il va de soi que l'idée de créer, à côté de l'autorité qui décide, une commission consultative n'a rien en soi d'irrationnel, il faut ajouter qu'elle n'a l'j rien de neuf. Beaucoup de commissions de ce genre existent. Elles rendent parfois des services. Mais, M. Destrée propose que ces commissions, qui pourraient être plus ' V)u moins Inombreuses, soient toutes composées de six membres, désignés, deux par le pouvoir communal, deux par les intéressés de la catégorie des producteurs, deux par les intéressés de la catégorie des consommateurs. Pourquoi limiter ainsi le nombre et la qualité de ceux à qui le pouvoir h communal doit demander avis? On lo comprend aisément. C'est afin de pouvoir donner une application au moins apparente au principe de la représentation des intérêts. D'après cette idée, le pouvoir communal devra demander l'avis non pas de ceux qui sont capables de lui donner l'avis le plus sage, mais de ceux qui lui donneront le plus sûrement un avis .conforme à leur intérêt particulier. Ainsi pour l'enseignement communal le conseil consultatif devrait comprendre deux délégués du pouvoir communal, deux délégués des parents des élèves, deux délégués du personnel en- | seignant. Ainsi encore pour le service de l'élec- | tricité communal, la commission consultative ne comprendrait pas les hommes, que l'on juge les plus compétents, mais deux délégués de l'administration communale, deux membres élus par le personnel des usines, deux membres élus par les abonnés des services de l'électricité. Voilé bien des élections en perspective ! Voilà bien des corps électoraux ! Ceux-ci seraient composés d'après des listes électorales établies par le collège et publiées par lui, sa décision étant || d'ailleurs susceptible de recours devant une autorité supérieure. Tous les intéressés majeurs, Belges ou étrangers, hommes ou femmes, auraient le droit de vote. Il suffirait d'avoir un enfant à l'école, par exemple, d'être abonné au service de l'électricité. De peur que ce système paraisse trop simple, M. Destrée propose du reste que ces commissions, purement consultatives en principe, aient cependant un droit de surveillance ! et de contrôle! sur l'administration. Le même système devrait, moyennant certaines modifications, être appliqué aux conseils provinciaux. Quant au Parlement, si nous comprenons bien la pensée de M. Destrée, la Chambre, a^ant seule le droit de décider, serait élue au suffrage universel, avec représentation proportionnelle.Le Sénat, auquel M. Destrée ne semble ajouter qu'assez peu d'impor- S tance, 'deviendrait une simple assem- 1 blée consultative. Dès lors, il ne serait plus nécessaire de le faire élire par le | corps électoral général et il ne faudrait | pas y maintenir la représentation pro- :|j portionnelle. Il serait, lui, le repré- ;j sentant des diverses catégories d'intérêts existant dans la nation. Il faut dire que sur ce point M. Destrée ne 1 s'est pas donné la peine d'être bien complet. Ses indications sont vagues et générales. Tel est dans ses grandes lignes le système proposé. £1 est moins absolument mauvais que d'autres, en ce qu'il laisse subsister le suffrage universel et la représentation proportionnelle. Pour le res-te, il est presqu'aussi loin des réalités

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