La Libre Belgique

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22 November 1918
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s.n. 1918, 22 November. La Libre Belgique. Seen on 24 April 2019, on https://hetarchief.be/en/pid/3x83j39p92/
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Vendredi 22 Novembre 1ÎM RÉDACTION ET ABHIRISTMTiON : BRUXELLES 12, Monlagne-aiixIIerbes-Polagères, i 2 Les annonces sont reçues exclusivement an bureau du journal, rue Montagne-aux-iicrbes-Potagères, 12, et à l'Agence Havas, place îles Martyrs, 8, à Bruxelles IN. 176. ANNONCES: DEMANDES et OFFRES D'EMPLOIS et de SUJETS* 1 à3 lignes . . i.00 Chaque ligne supplémentaire 0.40 PETITES ANNONCES : la ligne 0.60 RECLAMES avant les annonces : ia ligne . . 2.00 F%ÀITS DIVERS : la ligne. . . . 6.00 5.00 4.00 NECROLOGIES : la ligne 2.50 ALBERT LE FORT. Aux jours tragiques où Bruxelles, dans la fièvre de sa patriotique colère, brandissait par milliers ses drapeaux tricolores et répondait à l'injure allemande par ses refrains favoris, vibrants défis, ardentes prières, espoirs farouches: ••• ]Le Roi ! La Loi ! La Libertél ••• Dieu protège ln Iï2n*C Delgique El son Ifcol ! ces jours-là nous avons vu passer le Roi... Il allait au Parlement affirmer solennellement qu'un peuple qui défend son droit ne meurt pas! Nous l'avons vu sortir de cette assemblée, foyer brûlant d'une foi que rien en devait amoindrir, le front rayonnant. Il avait méprisé les sentiers vulgaires. Il avait osé aspirer et atteindre aux plus hauts sommets du devoir et de l'hon-- aeur. Il s'en allait, Roi et Soldat, on ne savait pas si c'était à la Victoire, mais, à coup sûr, à la Gloire, à l'Immortalité... Heurtée, bousculée, tout en larmes, une pauvre pcLite femme du peuple était à notre côté.Elle venait de donner à son homme le suprême baiser d'adieu avant qu'il voltft à la frontière... Et maintenant, la voix rauque à force d'acclamer son Roi, elle tendait éperdu-ment vers, Lui son petit enfant, qui agitait un drapelet. Elle disait au petiot : « Crie-lui : au revoir ! » El le gosse y allait de son mince filet de voix, crânement, au milieu du grondement populaire : « Au revoir ! » * * * Pendant quatre ans et plus, écrasés sous la lourde botte de l'envahisseur, nous avons vécu de cette pensée : Il re-S&asra/,Et plus l'épreuve durait, plus elle devenait lourde, plus notre confiance s'exaltait. La rage de l'occupant grandissait en proportion. Ah! c'est que nous savions qu'au pied du drapeau mutilé, troué par la mitraille, mais toujours debout, grand comme un héros de légende, Albert le Magnanime tenait en respect, avec ses enfants, ses soldats, ses lions, les hordes furieuses, sans cesse renouvelées des Teutons impuissants qui frissonnaient au seul nom de l'Yser. Nous savions quels rayons de gloire montaient,là-bas,de la dune sanglante... Nous savions que se préparait, àl'heure marquée par liieu, le triomphe qui devait tout payer, tant de sang et tant de larmâs ! *** Et voilà que le moment du Revoir est venu. Le Roi des Belges, de tous les Belges, passe sous la voûte frémissante des drapeaux, précédé des héroïques légions dont les exploits ont forcé l'admiration de l'univers. Grâce à Lui, grâce à Elles, notre petit étendard est devenu un symbole, le symbole de la fidélité sereine et obstinée au Ijroit et à l'Honneur ! Grâce au Roi, nous sommes montés si haut, qu'on ne dit plus la petite, mais bien la Grande Belgique! **» Sire, Dans l'allégresse qui déborde et emplit les rues de la cité, vous passez comme un Roi, certes, follement mais justement acclamé, avant tout comme un Boi, mais aussi comme le Père de cette armée qui est notre orgueil, comme le meilleur ami de ce bon peuple qui durant la longue et dure occupation n'a cessé d'attendre le retour de Votre Majesté.Vous nous revenez ayant à vos côtés la Retrie, qui est pour chacun d'entre nous le symbole le plus haut, le plus pur de la charité. La Reine! mais elle est aujourd'hui une personne sacrée, car ses yeux ont reçu les regards mourants des héros magnifiques frappés face à l'ennemi, Ses lèvres ont souri doucement aux petits soldats qui sur le bord du tombeau l'appelaient: Maman ! Sire, Au milieu des acclamations qui tomberont comme des fleurs autour du magnanime Roi, de la sublime Reine des Belges, et des enfants royaux, il y aura, passant comme ua souille très doux et très fort tout ensemble, les voix des 1 morts qui ont donné leur vie pour le ; drapeau, les voix des soldats, des fusillés, des martyrs obscurs et splendides, : pourtant. , Tous ils saluent le Roi qui rentre \ glorieux et victorieux dans la Belgique , libérée par leur beau sacrifice. D'autres morts encore se dressent, mais dans l'ombre d'une crypte royale. . Ce sont les membres de votre auguste famille: c'est Léopold Ier, qui fut un sage; . c'est Léopold II, qui fut un génie... Ils tressaillent aux cris de toute une nation, de tout un monde qui vous appelle ï Albert le Fort, et ils sont fiers de Vous I 1 Grâces à Pieu, notre Roi appuyé sur l'armée fut une force invicible. Désormais la Belgique marchera vers ' des destinées merveilleuses. i Avec et par Albert le Fort, le pays j vivra dans une paix féconde; et c'est < pourquoi, dans l'enthousiasme des heu- j res inoubliables qui s'écoulent, de toute j la force de notre voix, de toute l'ardeur de notre amour, de toute la profondeur [ de notre confiance, nous jetons à travers < les fanfares, les grondements des canons, 1 le bourdonnement des cloches, le cla- , queinent des chers drapeaux,le cri mille < fois répété par un peuple libre : Vive, vive, vive fe Roi! Notre Boi à jamais!! LA LIBRE BELGIQUE Les hommes de la, Guerre M. de Broquevilie A cote du K/oi, 'nous verrons, à travers nos aou/venirs et n-os préocen-pat/iions de ces citfiq dernières années, l'homme politique, 1? C'lbi qlu 011Sail'-isa ia résistance. -C'est M- de iirioque v-.tie qmi rassoinpia1 a^i,'^, ^ du Cabinet SeliGilacrt, Le s eféôneifts duvers de la Jjtroite ; c'est M. de Broiqfueviile q.ui, 1 au milieu de difficultés de tout genre, eu ' dace de la minorité bi-partite unie et fré- 1 missaute, -obtint du scrutin général la con- • firmation. de la Droite au pouvoir. Dos avant le>s élections, M. de Broqne-vilio ania.it son idée : pourvoir, en toute ' hâte, à la défense nationale, qu'il savait compromise en cas de conflit européen. ' An/cun parti n'était en état d'y autcfcire, [ c'e^-à-dire d'établir le service général. : à gauche, la majorité et la cohésion manquaient; à droite, l'état ancien des esprits faisait redouter des hésitations. Seul un ministre sûr d'tune majorité rajeunie sortie grxce à Lud triomphante d'un scrutin récent, pouvait réaliser cette réforme primordiale. M. de Broquevilie le comprit. Derrière l'art supérieur avec lequel il conduisit ses troupes au oombat, il y avait, l'inspirant, le soutenant, mm haut sentiment de patriotisme. «Ceux q-ui ont assisté, dans la coulisse, depuis quarante ans, aux préparatifs d'une élection générale savent quelle clairvoyance, quelle habileté, qaielle activité ingénieuse et inlassable ils réclament. Kiarement campagne fut (menée tawec pareille résolution et un tel souffle. M. de Broquevilie utilisa le terrain ainsi conqiuds. Main de fer sous un gant de velours, il alla de l'avant, surmontant tous les obstacles : ils n'étaient pas minces ou aisés à touirnér. Même parmi les parlementaires qui jamais ne marchandèrent leur concours à notre établissement militaire, tous n'étaient pas disposés à voir la Patrie en péril. Le précédent de 1870 hypnotisait encore l'immense majorité de notre peuple. M. de Broquevilie était informé, mais il j a des informations, des preuves non ostensibles. L'accueil que reçut l'exposé # des motifs confidentiel, élaboré par la direction politique du Ministère des Affaires étrangères, dans la séance secrcte de la Chambré des Représentants, fut plus empreint de sceipticisme q.ue d'enthousiasme. Il ne faudrait pas l'oublier aujourd'hui, pas plus que l'on ne pensera à faire iuin reproche à personne de n'avoir pas anticipé sur les événements, du moment qu'il est clair que la leçon n'est pas perdue. Le maréchal Jidberts, âgé de de SG ans, voulut mourir au front anglais, en France, où il était venu réconforter le soldat de ses sympathies et les officiers de ses eonséilsj le « Times », qui l'avait aidé avant la guerre dans sa propagande pauj le service général, nota que, après la catastrophe, il n'avait ipas eu un imot de blâme .pour ses adversaires de la veille pas un mot pour s'applaudir «d'avoir deviné juste et à temps. - Le vieux maréchal était un grand soldat et -un excellent chrétien. Bon exemple fut plus éloquent que les plus ajoeribes récriminations. (Gouverner c'est prévoir : le baron de Broquevilie a eu ce coup d'«nl. Deux hommes dont les qualités des hommes politiques présents et à venir n'obligeront point à nier le mérite, M. Beernaert et M. Woes-te, avaient été ses parrains; oe n'es^-pas sans de sérieuses garanties que le 'Hqi avait fixé son oboix sur le député de Turn-liout, esprit ouvert, mûri par l'observation, d'iune bonté prenante, ferme avec de la souplesse, toujours maître de ses nerfs et ne perdant pas un instant de vue le but élevé qu'il s'est'assigné. A son initiative les Chambres votèrent les effectifs, la Droite vota de pkiis les crédits et M. de Broquevilie iwsujfcfki à l'armée l'élan, une &me nouvelle : rappelez-vous ! on eût dit que çpuieluu'un feattait mystérieusement la charge. Un rapport de l'Etat-major allemand, daté du i9 mars rovèiie à quel point la réorganisation militaire, entreprise ^>ar M. de Broquevilie, contraria les desseins des centres militaristes de Berlin. Il fial-^ lait, an* moyen de la diplomatie, surveiller cette -réorganisation, et dans quelle direction elle a'orientait. Un avenir prochain peut-être nous en apprendra davantage à oe suoet. D'après «ufli discours iprononcé aux grandes manoeuvres suisses Gturillaw-me il affectait de s'imaginer que la neutralité de la Belgique était à la merci d'orne ohiquenamide et laissait su~^oser que pour qu'elle fut 'bien <réelle il était nécessaire de la (garantir par l'occupation allemande. M. Er/<borger, membre du Gouvernement actuel à Berlin, a établi dans un livre sur la Société des Nations qiu» la Belgique, en 1914, n'a manqué à aucun de ses devoirs, a correctement suivi la ligne droite. M. de Broquevilie et le Koi peuvent revendiquer une belle pairt d'honneur à raison de ces pagies de notre histoire, qui resteront des plus émouvantes, des plus décisives. J1 conviendra d'y joindre, à l'heure opportune, le chapitre de nos relations avec les Alliés: on verra avec quel doigté des négociations, parfois très délicates, ont été conduites. i*uel que soit le oôté anecdoti-qiue de la retraite de l'ancien chef du Cabinet, il reste vrai, dès à présent, qu'il n'y a ipas eu solution do continuité entre les « directives > de M. de Broquevilie et celles de M. Coreman, son émineni successeur et ami : le discours-programme de celui-ci a -paru à tout observateur l'éloge ou la paraphrasa de la politique de oelui-lav ■ Les grandes pensées viennent du cœur, a-t-on dit. Le bon conseiller, tqn'nn cœur noble et généreux ! Les actes puoiics<de M. de Broquevilie s'inspirent des mêmes sentiments qui ont porté ce père donner ses fils au (pays sous les armes. Une des règles de vie de la nouvelle génér-tion devra ôtre de faire plus large place l'admiration due aux bons serviteurs de la cause nationale* Es is le Gomité M i fait pour Mil? flu ili-mm le mis. ÎDans -les derniers jours de l'année 1914, l'ambassadeur des Etats-Unis à Londres, ! voulant décrire d'un mot l'oeuvre entreprise par le Comité National de Secours ! et d'Alimentation de Belgique avec le concours de la « Commission for Relief in Belgiium », n'hésita pas à dire qu'elle constituait l'entreprise la plus «gigantesque qui, en (praoil domaine, eût jamais été mi- 1 Très iii.t,irlemejJif" un début de i'mvdsîôS?^ un jour vint, en octobre 1014, « mais la -grande masse de la population ne l'a ja- ; mais su » où les autorités communales des grandes villes de Belgique aperçurent nettement le spectre de la famine pour to-v- • tes les classes de la société : il n'y aivaat plus de farine q.ue pour 15 Jours. Grâce à MM. Solvay, Em. Janssen,Max, ; Jadot et Franco,ni, des mesures furent -prises d'urgence. Ils dépêchèrent a Londres, avec mission- d'y acheter des vivres, im Américain, M. Shaler. Mais cœtte mission : se heurta aux hésitations dtf0 gouvernement anglais q.ui craignait de compromettre, en laissant entrer des vivres en Belgique, le succès du blocus décrété contre l'Allemagne. Des négociations ardues eurent lieil par l'intermédiaire des ambassadeurs d'Esna-gne et des Etats-Unis à Londres et à Berlin entre els cabinets anglais et allemand au sujet du ravitaillement de notre pays en farine et en froïaent, et le 18 octobre 1914, le (gouverneur général allemand von d^.r Goltz donnait, par écrit, l'assurance formelle que les v.ivres importés par le Comité National seraient exempts de toute réquisition de la part des autorités militaires. Dès le lendemain de la recentioij de cette lettre, M.M. Francqui,Lambert e Gibsom, secrétaire de la Légation de Etats-Unis à Bruxelles, partaient poui Londres ; leurs délibérations avec le gouver nement britannique furent couronnées d un succès complet; ils rentrèrent à Bruxelles porteurs de l'autorisation d'importer toutes les denrées nécessaires à la population civile -belge, à condition qu'elles seraient convoyées jusqu'à notre frontière par la « Commission for Relief in Belgium » et eue leur répartition dans toute la Belgique se ferait sons le patronage des ministres d'Espagne et des Etats-Unas a Bruxelles. , Telles sont les origines de cette œuvre qui figurera-dans l'historique de la guerre mondiale au membre des plus grandioses. Bientôt, par des rapports actuellement sOiUs presse, on pourra juger de/ 1 ampleur presque inimaginable que les événements lui donnèrent. Mais dès à présent on peut d'«uin premier et rapide coup d ce.il en mesurer la prodigieuse etendue. Aiu 1er novembre 1918, c est-a-dire après un peu plus de quatre années de fonctionnement, le Comité National avait «mporte 3 98(6.559 tonnes de vivres représentant une valeur de 3,051,564,118 francs. Interviennent dans ces chiffres : le tro-ment pour 124,913,602 tonnes valant fr. un milliard 124.913.684; la farine pour 331.198 tonnes valant fr- 230.517.793; le maïs pour 408.930 tonnes valant fr. 179.931.706; le riz pour £30.803 tannes valant f-r. 140.303.240 ; les pois pour 31.800 tonnes valant fr. 30 millions 3.370; les haricots pour 115.439 tonnes valant fr. Iil6.5*4.695 ; le lard pour 91.676 tonnes valant fr- 251.565.813; le saindoux pour 152.940 tonnes valant fr. 453 millions 1I~.7S8; le lait porur 51.605 tonnes valant fr. 77.631.965; le café pour 31.948 tonnes valant fr. 58.70/.435. i Se figure-t-on le labeur que représente le transport, la manutention, la répartition do telles quantités? Rien que pour le service maritime il fallut 60 steamers de hante mer exclusivement affectés à cet usage ; ces steamers durent à tous elurs voyages éviter la zone barrée, c'est-à-dire •faire le tour par le nord de l'Ecosse. Et cela n'a pas empêché le torpillage d'une vinigtaine de ces navires q.oai ont sombré avec leur chargement ; à la suite de chacun de ces torpillages il a tfallu faire fia,ce, d'urgence, à un déficit dans le ravitaillement. Cette situation s'aggrava encore quand l'Amérâq.uo entra en lice et oue toute la flotte fut mobilisée pour les besoins militaires. Los arrivages se ralenti-, rent et l'on dut vivre au jooir le jour. Vers; ï-o même moment, par suite du déficit dans la. récolte du froment aux Etats-Unis, le Comité National d/ut pendant plusieiirs semaines se contenter, au heu de froment, de « substitutes >, c'est-à-diro d'or-.e 'ic seigle et de farine de qua- : lite inférieure. Que de fois, en l'espace de ces quatre annees, on a entendu des gens .plus ea-c.rns a critiquer qu'à réfléchir, blâmer le: yom-ite iSational de aie pas les ravitailler plus largement. Il n'eût pas demandé mieux. Mais le Comité National n'est pas! un organisme qui s'approvisionne librement, il ne reçoit .pas autre chose que la part — et quelle immense part, pourtant, ■on vient de le voir ! — que les Alliés kii font dans Je total des vivres produits dans le mônd« et dans l'ensemble des moyens de transport disponibles. La guerre en absorba énormément et la guerre sous-manine détruisit des millions tonnes. On fera un jour l'histoire des crises que le Comité National eut à surmonter.Quelle ■l'ngenio&ité il fallut, à certain moment, déployer pour répondre à des besoins ur gen ts ! Un exemple entre cent. Il y a un certain nombre de mois, quand ' le froment n arriva plus d'Américpue qu'en quantité insuffisante, le Oomite National s'ingénia « tirer du maïs tout ce qu'il est possible d en tirer : de la farine, du gruau, de la céréaline pour remulacer le riz dans les soupes communales ; des tourteaux, qui ont permis aux œuvres d'aliments* leirï" 'bétail et leurs (porcheries; de l'huile, qui a permis aux charbonnages de continuer l'extraction ; de la mayonnaise ; du savon ; de la graisse consistante; de la levure; de l'alcool pour les pharmaciens et les services hj'igiéniques, etc. Un des avantages les plus importants que la création du Comité National ait rendu à la Belgique, c'est que les oom lies représentant la valeur des vivres importés, c'est-à-d'ire plus de 3 milliards de francs, n'ont pas dû sortir du pay* Eu effet, les vivres ont été achetés an moyen d'argent mis à la disposition de la « Cc m-missi<>n for Relief in Belgium » par le gouvernement belge, argent ou-3 ("-Jui-ci a pu emprunter à l'étranger. S'il en avait é»*5 a.utrement mous aurions eu à supporter la dépréciation du change, et non seulement nos vivres eussent coûté beaucoup pl'is cher, mais nous aurions été saignés de tout l'or qui restait dans le pays. C'est une erreur de croire que le Comité National a pu subvenir aux besoins de toutes ses oeuvres d'assistance au. moyen du bénéfice réalisé sur la vente des pro-importes, et qu'il a dû sans ccsse iv Ji nain po^jr alignent^,r Belgique pour les vivres importés sont, à très peu de chose près, ceux .payés dans toius les pays alliés. Par exemple, pendant presque toute la durée de la guerre, le po.in a été moins cher en Belgique qu'en Angleterre. Cela provient de ce que le Co-nitë National a profité, en .Belgique comité à l'étranger, de nombreux concours g-atuits et d'une réduction de prix, soit pour l'acquisition de la marchandise elle-nême, soit pour son transport, soit pour awi entrepesage. Après l'entrée de l'Amérique dans la dierre, la production des Etats-Unis a été strictement répartie entre les pays consom-nateirs, mais la Belgjqne est restée l'en-fînt privilégiée des Alliés. Sans doute le jkrtago entre tou.ttôs les mations intéressées à'est pas chose aisée, et l'on conçoit sfcns peine qiu'il n'a pas toujours été -possible fie doser exactement ce qu'il fallait à CftRjqije «pays rpour lui donner 1 s alimen-tatiôr. idéale. Mais nul homme de bonne foi, oomnsissant les dwflicultés qu'il a fallu vaincje, ne contestera que ai le Comité National n'avait pas existé, plus de dix millions d'êtres humains auraient connu les ainscoijses des jours sans pain, et finalement Iles affres d'une famine telle que la granœ majorité de la nation n'y eût pas survéTu., La rentrée du Eoi j'e Roi, la Reine, les princes Léopold et C arles seront à cheval, accompagnés d'ne suite nombreuse- Koekelberg, l'administration commu-nae souhaitera la bienvenue au Roi à son pesage sur le territoire de la commune. jn prévision de cette cérémonie, une tribune sera établie chaussée de Gand, à l'interaction de la rue Jacquet. a a, limite du territoire de Molenbeek-Saiirj-Jean vers Berchem-Sain te-Agathe, Leui Majestés et Leurs Altesses Royales serôt haranguées par M. Mettewie, if. de bourmestre de Molenbeek-Saint-Jean, entoura du collège échevinal et du conseil comikual. Su le parcours du cortège, à partir du Marcé-aux-Poulets jusqu'au haut du bou-levar Botaniqne, les élèves des écoles of-'fiicielfe et libres du grand Bruxelles forme roi. la haie. Ohftue établissement scolaire — denms 1 les édes primaires j.usqu'aiLx athénées — sera présenté par une délégation de cin- ; quant6élè»ves. Les drapeaux scolaires ac-compaieront les délégations. Le lcig du trottoir du parc, la iaaie seia ; faite p? les mutilés de la guerre. Ce •»va la notepéniible dans cette journée d'allégresse.Ciuqïents jeunes filles chanteront la « Brabtiçonne » am moment ou ie« Souve- , rains e Leurs Altesses Royales pénétre- J ront das le Palais, devant lequel seront ; masséspus les drapeaux des écoles du ! •grand hixelles. j Le Pais de Bruxelles n'étant pas enco-re suffiwnment prêt, le Roi, la Raine et , leurs étants résideront pendant quelque temps a château de Laeken. Le louveau Gouvernement ; Nous (oyons savoir quêM. le baron Ru- î zatte, gol-erneur de la Flandr« occidentale, s qù avaii 'abord, pour des motifs de santé, c rrusé dt aire partie du cabinet de la res- 3 t; iratio. lationale, vient, sur les instances d dises ans et en vue du bien général, d'ac- .r a iter le prtefeuille de l'agriculture. c l Un télégramme du Roi. 5 3 Le Roi vient d'envoyer le télégramme suivant à l'administration communale de Bruxelles en réponse au télégramme de dévouement que la ville de Bruxelles lui a adressé,ie 17 novembre dernier, jour de la délivrance : > Je remercie sincèrement Monsieur l'Eclie- ■ vin Lemonnier du chaleureux télégramme ® qu'il m'a adressé au nom de ses concitoyens. ; C est avec émotion que la Reine et moi nous j songeons à notre retour dans la capitale . vendredi prochain. 1 (Signé) Albert. Lophem, 18 novembre 1918. JOIES Se DOULEURS i La singulière vie que nous menons de-» puas quelque tem/ps ! Rarement les joies et » les douleurs se sont mélangées lavec pa- 1 reille continuité. La nue, pour qui sait ' voir, offre à l'heure actuelle les spectaales les plus variés. Partout autour de nous, - «visibles ou invisibles, éclatent les flxrn-t hou<rs et les sotuiffranees.. ; Voici vôtre gars revenu, la maman.Qu'il L est transformé depuis quatre ans ! Il était ; ipiarti inuberbe, g;ringalet et le voici fliom-l me, la poitrine large, le teint hâlé par la j vie au gran-d air, les traits duncis. Vous : êtes heureuse, et poiurtant à votre joie se [ mêle la douleur : c'est qu'il revient seul, - sans son frere, soldat comme lui. Et les - nuamans qui n'attendent plus personne et î qjuii traversent nos nues, frissonnantes sous ; leur voile de orêpe : ne croyez-vous pas - que tous ces déploiements de drapeaux, que toutes ces clameurs de fête, n'aigui- 5 sent pas leur souffrance 1 Et toi, petite ; amie, qui chaque soir recommandais à la ; Vierge celui -qiui était aju loin, je sais le secret de ta nervosité et de ta »pâleair. «Il» > est revenu pourtant... Avant son départ les^ p«aroles qui définitivement lient n'a- i vaient pas, il est vrai, été ,-prononwées en- - tro vous. Mais sans s'être parlé, il te semblait que l'on s'était- compris; et tu es res- i tée, oormptant sur lui, sentant l'absence et : les dangers qu'il courait, fortifie* l'attache- - ment que tu avais pour lui. Il est revenu, ; rayonnant et glorieux ; mais, hélas ! son î cœur est à une autre rencontrée là-bas. Tu î souffres silencieuse,chère petite, et autour de toi on s'étonne de te voir si peu d'en-" train en ce temps d'enthousiasme ; tu as-5 sistes, les oreilles bourdonnantes, les yeux L vagues, à l'écroulement d'un rêve qui fut ' toute ta force pendant la traversée -de : quatre années maudites... Ce n'est rien,.pe- \ 9 LES ADIEUX DU GOUVERNEMENT BhLGE AU HAVRE ET : A SAÏNTE-ADRESSE. On télographie du Havre, à la dste du 18 novembre, . que M. Oooreman, président du conseil de Belgique, a adressé aux maires du Havre et de Sainte-Adresse la lettre suivante : Bruges, 16 novembre 1918. Eloignés de leur pays par les tragiques : exigences de la guerre, lé gouvernement ! belge et plusieurs milliers de ses compa- : ■ triotes ont reçu dans vos cités accueillantes 1 ung. hospitalité dont le souvenir ne s'effa- ! 1 *?E?a ni do leur mémoire ni de leur cœur. j Grâce à l'asile que vous leur avez réservé, i les réfugiés belges ont pu, sans oublier leur 1 patrie lointaine, goûter au sein d'une atmosphère de sympathie un puissant ré- J 1 confort dans les longues épreuves de la c séparation. Chez vous ils ont connu les joies ' ; et les tristesses de la vie : ils y ont fondé J des foyers, ils y ont établi des berceaux, ils j y laisoent des tombes. i L'allégresse du retour au pays ne nous t défend pas contre l'émotion que nous éprou- 1 vons à l'idée de quitter l'asile où nous avons 1 passé quatre ans de notre vie. Nous ne s partirons pas tout entiers. Notre gratitude c vous reste : elle vous demeurera, défiant le i temps et l'oubli. Laissez-nous vous prier, 1 Messieurs les maires, de vous faire auprès j de vos populations les interprètes de nos i sentiments et de leur transmettre le salut de notre sympathie profonde et durable. f COOREMAN. î S L • — C L8 sscours-ofiomaoe et la reprisa u travail. Parmi les secours du C. N., un des plus importants était le secours ahômage. So.n but ^essentiel était de venir en aide à la 1 classe ouvmère par une allocation remnla- 5 çant partiellement le sala-ire qui faisait'dé-Baut. il fallait soutenir la classe ouvrière pour ne pas coiwpromettte le relèvement ( de notre pays^ dans la période d'après- i guerre, 1 empêcher de s'expatrier, et sur- i toiut la mettre à même de résister aux of- s fres" alléchantes de l'ennemi. Il fallait aussi empêcher notre peuple de 1 mourir de faim. v Au début, le C. N. s'efforça d'assurer t 1 occupation des ohôaneurs en accordant des e suicides 3alx travaux communaiwc et en or- a ganiaant de* prestations de travail des secourus- L'institution £lu chômage partiel J> favorisait la continuation du -crevai 1. On sait la .politique criminelle suivie oar n l'autorité allemande : obtenir le plus grand r nombre de chômeurs possible afin d'avoir u de la main-d'œuvre à sa disposition pour 5 l'embauchage dans ses naines d'abord, et f ensuite porur l'enlèvement forcé. Les inter- ^ dictions allemandes se suivirent et restrei- t gnirent le chan^p d« l'activité industrielle. c En présence de cette situation, le C. . ff soutint indirectement la résistance de la p classe ouvrière ; et cette résistance, on le n sait, fut admirable. c< î*i,ais cette situation doit finir et il s'agit de resfctucci' l'industrie nationale. Cette es- jr ipècc de rente, très attrayante pour les "i chômeurs cF'habiiu4e>, fessera d'être servie, d' L'article 12 du règlement du C. N. en cetto matière déclare exclue de tout secours tonte personne, et avec elle son ménage, qui refuse d'accepter un travail convenablo approprié à ses aptitudes professionnellea et aux conditions de salaires ordinaires. Le C. N. entend que cette disposition soit appliquée dès «.injourd'hui. Il va de soi qu'il ■n est pas possible d envisager la sucmres-sion pure et simple du seoours du jour au lendemain. Il continuera à se j.ustifier pendant une .période transitoire, laquelle psts* see, il disparaîtra. Toutes les mesures doivent être prises pour sauvegarder la dignité et la valeur de 1 ouvrier et, en cette matière délicate, on suivra de préférence les règles adoptée» par les associations professionnelles. Nouveaux ministres d'Etat. On annonce comme certaine la nomiua-îïïï nouveaux ministres d'Etat : MM. Max, Carton de Wiart, Segers, Fran-< qui et Masson. . -kj-' î^armignies ira aux Science^ et aux Arts; M. Jaspar, aux Affaires économiques^ La ctaiiip Sss ÉïiiiBts. Comment se débarrasser des charges de la Guerre ? En attendant que la presse allemande nous apporta un récit exact de la révolution en Allemagne tic ses procédés, de ses manifestations et de ses conséquences, toutes choses sur lesquelles il n'est pas permis <1o se lier absnlumeni. à l'Agenee Wolff, devenue l'ormne officieux delr République deMM. Sclieideman et Hasa après avoir été 1 organe officieux du gouvernement impérial, — il est de quelqce intérêt de supputera quel prix, sinon à quelles conditions, l'Allemagne résoudra la question qui so dresse en tête de ces lignes. Cei tes, nul a cette heuro ne saurait dire ce que cou--teraa l'Allemagne le grand conseiltenu à Potsdam au mois de juillet 1911, où la guerre fut décidée, où l'ut iUTele a tout lo moins l'ultimatum à la Serbie,-quoi ■ „,"t' les Alliés ont ftxé le cliifl're, il .t'est pas omciellenient connu. Une brochure pangernianisre, pallie il_\ a trois mois, sous le titre ei-tlessus, présentait un diptyque: d'un ciîté, un Allemand guilleret et ';u !'c,>11 la main, les 5 milliards de la Dette de l'Empire antérieure à la guere (tel devait être le sort ds 1 Allemagne dans le cas d'une paix allemande, c'est-à-dire victorieuse); de l'autre côté, le même Allemand Haletant sous un lourd sac de 170 milliards de dette dont le poids retombera sur l'Allemagne si les Alliés obtiennent la paix sans devoir payer des indemnités : la les données de fin 1«17 • il ne1 prévoyait pas le cas actuel : non seulement les Alliés-ne paient rien à l'Allemagne, mais l'Allema^e sera tenue envers les Alliés à concurrence de sommes irn-menses, ne fut-ce qu à titre do dédommagements La description des impôts à mettre en Allemagne dans hypothèse d une paix Scheideman ou paiî dé famine ou pa.x de la (li-faite, était émouvante sous la plume do 1 auteur pangermaniste, chargé de propager au front et dans le - heimat.. la bonne doctrine de' Ludendorf.qui pourtant, a ce moment-là. s'il n'eûtétô aveuglé comme tous ceux que la Providence veut perdre, aurait du savoir que sa chute était certaine et mimmente. Grandiose, au contraire, lui apparaissait avenir de son pays dans l'hypothèse de la « paix allemande », selon 1 expression du Kaiser. Ou mettait purement etsimplement à la charge de l'ennemi 20u mil-liards : 120 milliards du chef des dépenses de guerre 45 milliards pour la rente et,)es armements, 5miù hards du chef de dégâts coloniaux,30 milliards du chef des pertes essuyées par l'industrie privée. Soit 13mil-. liards a paj*er annuellement à l'Allemagne, intérêt ec amortissement. L'auteur oubliait la part due aux allies de 1 Allemagne. Sur la base de 50 % cela portait la dette des Alliés à 300 milliards ou 19 m milliards annuellement, amortissement et intérêt La brochure de Lohman était discrète en comparaison de Henri Clatz, présidentde l'Alliance pangermaniste, dans Deuisches Kriegsziel. Il frappait linan- ' ciôrement l'ennemi : en représailles pour les assassinats (?) commis sur des Allemands, pour réaliser nna belle colonisation à l'intérieur, pour résoudre le pro-i blême de 1 habitation suivant le principe: à chaquo famille sa maison, pour garantir dos salaires aux hommes mariés et des indemnités aux enfants, au profit des officiers et des employés. L'univers entier aurait sué, haleté pour transformer l'Allemagne en Eldorado. M. Clatz se disait: puisque le Trésor de l'ennemi sera fort démuni, nous nous attaquerons aux sources colossales de richesses que des Beiges et des Français possèdent en Autriche, en Pologne, en Russie, en Roumanie, môme en Allemagne: fabriques, établissements de gaz et d'électricité, chantiers, usines à' petrole, charbonnages, etc. Ces sources de richesses, il les évaluait à 200 milliards. La brochure Lohman esquissait un programme financier : en un tour demain, l'Allemagne étale investie de toutes les voies de communication, des trésors miniers : charbon, fer. sel, huile, du fond etdu sous-sol, des forêts et domaines, de toute contrée propre a des établissements, dans les territoires cccupés. La Belgique, le Nord de la France, la Lithuanie, la Cour-lande, la Roumanio et la Pologne rapporteraient, à dire d'expert, 60 milliards.llhie partie de la flotie pnne-rnie et du Canal do Suez rapporterait 12 milliards. 11 resterait à couvrir 128 milliards par 1a livraison de matières premières, de semi-fabricats et de denrées alimentaires, et en argent, le tout de provenance ennemie. Sans préjudice : 1° de la part des autres alliés rte l'Allemagne ; 2® de l'augmentation proportionnelle . i la prolongation de la guerre, car tous ces calculs étaient arrêtés tin 1917. Tels étaient les chiffres certifiés exacts par un homme compétent, Fischer, de Munich, disait la brochure. C'était, en préparation, une nouvelle édition do la vieille formule : le vaincu devait payer au vainqueur les frais de la guerre et, si possible, quelque chose par' surcroît. En 1870, l'Allemagne s'était fait rembourser par la France ses frais immédiats de guerre, soit 1 milliard 2 millions; 4 milliards avaient été jugés par elle me indemnité suffisante. Depuis août 1914, le Reichs-:ag a voté en frais de guerre immédiats 130 milliards; »n y ajoutant, les fiais de tous genres, rentes, etc., on irrive sans peine au total ci-dessus. , » Prétendre que ces sommes, do 2 à 300 milliards, missent être extraites de la bourse publique des Puis-lances de l'Entente, même au cas_ d'une victoire allemande complète au sens pangermaniste, on ne l'ose-m, pu? même dans le camp pangermaniste. observait e député Roi» I>'après les statistiques, la fortune pudique, avant la guerre, représentait en Allemagne de Jà 400 milliards, en France 2 à 230 milliard», en Angle-erre 3 ou 340 milliards, aux Etais-Unis 783 milliards. 3n somme la fortune publique n'a qu'une valeur rela-ive: elle repose sur le travail, son fondement et sa :ondition; c'est le travail qui lo met à fruit. Sol, mines, abriques ne valent que si le travail s'en mêle. L'an-►rovisionnement, en argent comptant, en or, est si nince, qu'il est à peine utile d'en parler à l'égard d« es sommes fantastiques. » C'est donc au produit du travail qu'il faudra demander, de part ou d'autre, de quoi couvrir les indem ités ou dédommagements. A ce propos, la statistique 'avant la guerre ouvre quelques perspectives. En 10 Centim'es numéro. i m m1 ■«lin i~ —

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