La métropole d'Anvers: paraissant provisoirement à Londres

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s.n. 1915, 07 August. La métropole d'Anvers: paraissant provisoirement à Londres. Seen on 21 August 2019, on https://hetarchief.be/en/pid/g73707xp58/
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LA MÉTROPOLE D'ANVERS, PARAISSANT PROVISOIREMENT A LONDRES. ~~22me ANNÉE. SAMEDI 7 AOUT 1915. N°- 219. LÀ NEUTRALITE DE LA BELGIQUE. If ALLEMAGNE, EN PUBLIANT LES " DOCUMENTA DE BRUXELLES," EN OFFRE UNE PREUVE INATTENDUE. UNE ARME A DEUX TRANCHANTS, Un habile cambriolage opéré au ministère , la guerre à Bruxelles a fourni aux Alle-jinds la fameuse "convention Barnar-kton,'.' dont seuls la falsification et le tru-•iage pouvaient faire une arme contre nous, i; ennemis ne pouvaient évidemment s'arrêter j,;i beau chemin. Après le bureau de M. de jroqtieville, celui de M. Davignon vient de ju'pir la prince-monseigneur. Les nobles rjerriers qui, à un contre cent, ont assassiné i Belgique, en ont extrait un certain nombre à rapports diplomatiques adressés à notre foreign Office par quelques-uns de nos agents t Berlin, à Paris et, à Londres. Ces rapports :nt été consciencieusement épluchés par ceux le; espions de la " Politische Abteiluûg," qui éprennent—plus ou moins—le français, et est, comme d'habitude, la " Gazette Générale : l'Allemagne du Nord," organe officieux du ;uvernment allemand qui bénéficie du profit de ce coup digne de Cartouche, sous :}rme de "révélations" qu'elle étale sans pudeur. Nous'ne. les avons pas encore lues ians le texte, et il importe peu d'ailleurs pour I: moment, mais nous avons parcouru les deux jirimuniqués dans "lesquels le Wqlff-Bureau a prétendu résumer lés articles' de la " Nord-ieutsçHe." Comme cé 'soni cès communiqués lue reproduit la presse neutre, ils vont, en iltendant mieux, nous fournir l'occasion de quelques remarques du plus haut intérêt. Et d'abord, que nous apportent ces documents, en supposant que les extraits que la Wilhelmstrasse en publie soient authentiques et exactement traduits? Viennent-ils confirmer, appuyer, mettre en pleine lumière les .conclusions que les Allemands prétendent pouvoir tirer du mémorandum Barnardiston et qu'ils ont exploité contre nous avec une mauvaise foi où la bassesse se •dispute à la vilenie? Donnent-ils enfin au H'nde la preuve formelle, irrécusable, de ce |ue la Belgique avait, huit ans avant la [uerre, violé elle-même" sa neutralité au profit le la Grande-Bretagne et des puissances de Entente? Les Allemands infèrent cette héorie d'une simple conversation privée tenue >:i 1906 entre un officier supérieur belge et l'attaché militaire anglais à Bruxelles, conversion dont .la base était l'hypothèse—vérifiée ppuis lors'—de la violation de notre territoire bar l'Allemagne. En admettant que la Bel-tique se fût feétirètémén't jointe à l'Entente, t! est évident que cet acte diplomatique extrêmement important pour elle aurait dû être précédé de lôngues'et laborieuses négociations, lo'nt les rapports de nos ministres à Londres t à Paris auraient dû, inévitablement, porter les traces nombreuses. Et en poussant les hoses an pis, en supposant que ces négociais aient été entourées d'un secret profond et qui croira', qiielle que pussent être la fai-ilegse et l'incapacité dé la diplomatie alle-psnde, que ses représentants à Bruxelles lient été, pendant neuf ans, complètement îveDgles, sourds... et muets?) il est évident, ;:ur tout homme de sens, qu'une convention • h aurait lié la Belgique à l'Entente aurait, par le fait même, réagi pour le moins sur le "ton" des dépêches rédigées par nos minis-tres à Londres et à Paris. Or, que constatons-nous? Ceci, qui est capital. D'abord, on ne trouve 'as, dans ieà " documents de Bruxelles," ■ ombre—Forhbre, entendez-vous !—non seulement d'une preuve, mais même de la plus Rible indication, du moindre indice, du plus •éger soupçon qui pourrait faire croire que la Belgique ait conclu, entre 1905 et 1914—époque iverte par les rapports dont M. de Jagow -ait état—un accord quelconque avec aucune [des Puissances de là Triplé Entente, et en particulier avec l'Angleterre,, impliquant une j atteinte quelconque à notre neutralité. Bien >u contraire ! Loin de faire soupçonner en lien que notre Gouvernement soit entré; avant I T-Tession injustifiable de l'Allemagne, dans • "rbite dé ees Puissances, les extraits de ces ppports publiés par la "Norddeutsche" et [^produits par le Wolff-Bureaii tendraient plu-'ôt à faire croire que certains de nos repré-'"fttants, tout à Berlin qu'à Londres et à Paris, défendirent a' certaines époques, tant au voilage dé celle où lès Allemands placent la "convention." - Barnardisfon qu'à la veille même de la guerre, le point do vue allemand! Le premier communiqué Wolff, par exemple, ^produit une phrase d'un rapport adressé à Bruxelles par notre ministre à Paris, signalant 'a politique de certains membres du gouverneront français et émettant l'avis que la revi-viscence de cette politique était dangereuse Pour l'Europe ét pour notre pays. Or, sait-on à Quelle date fut écrit,'d'après les cambrioleurs Bruxelles, ce rapport rédigé par le repré--ntant, auprès du chef de l'Entente, d'un Pays qui, d'après les Allemands, aurait sacrifié neutralité à ladite -Entente? Le 16 janvier 19141 La " Norddeutsche " ajoute avec une naïVeté réellement déconcertante: " Il semble We le baron Guillaume ait prévu les événements qui se produisirent six mois plus tard." Et le Wolff-Bureàu se rend tellement bien t'ompte de la contradiction que doit inévitablement révéler la publication de ces "extraits choisis," entre- l'attitude véritable de la Bel-'-"■que avant- In guerre et celle que les Allemands lui ont imputée.sur la foi du document .^rnardiston.-.qu'il .se .garde bien de nous '^cuser d'avoir fait partie de l'Entente avant ''f.,4 août 1914.. H se contente de parler des , sympathies" belges pour les puissances de Europe occidentale " ! En un mot, lea " documents de Bruxelles," possèdent une valeur quelconque, con-^'ituont une preuve nouvelle, formelle et u autant pl\is précieuse qu'elle est fournie par les Allemands eux-mêmes, de la façon scrupuleuse dont la Belgique n'a cessé, jusqu'à la veille même de la guerre, de s'acquitter loyalement de ses devoirs de neutralité les plus stricts. Mais, dès lors, nous demândera-t-on, pourquoi l'Allemagne publie-t-elle aujourd'hui des extraits de certains rapports diplomatiques belges qui établissent d'une façon irréfutable que la Belgique n'a cessé d'observer la neutralité la plus scrupuleuse et dont la " révélation "—si révélation il y a—constitue la condamnation publique la plus éclatante des mensonges échafaudés par l'Allemagne elle-même, depuis le 25 novembre 1914, par la publication tronquée et par la traduction falsifiée du mémorandum Barnardiston? Tout simplement parce que ces extraits, convenablement choisis, isolés, dégagés de leur contexte, peut-être truqués ou tronqués, présentés en tout cas dans un ordre arbitraire et artificiel, paraissent emporter une condamnation, par la Belgique neutre, de la politique de l'Entente jusqu'à la veille même de la guerre. A jjremière vue. la manœuvre est d'une suprême inhabileté. On peut se demander par exemple, quel doit être l'état d'esprit d'un neutre après la lecture des plaidoyers de la " Norddeutsche "? Il a vu, il y a huit mois, la même "Norddeutsche " se servir des documents cambriolés au ministère de~la guerre de Bruxelles pour essayer de prouver que le Gouvernement belge était inféodé à l'Entente depuis 1906. Il constate aujourd'hui que l'organe officiel du Gouvernement allemand publie des coupures de documents diplomatiques belges dont la tendance générale est hostile à l'Entente et dont certains, vieux de dix ans, jugent même sans indulgence certains actes de la politique anglaise! Le lecteur-neutre se demandera sans aucun doute: " Qui trompe-t-on ici?" et il se dira certainement qu'une contradiction aussi nette constitue une insulte étudiée à son intelligence. Il faut considérer cependant que l'Allemagne a sans doute d'autres desseins. Peu lui importe peut-être que la prétendue condamnation de la politique de l'Ehtente par la Belgique implique l'aveu de notre stricte neutralité, dès l'instant que cet aveu est indirect et subsidiaire. Sans doute le fait de voir " justifier " son soi-disant " bon droit," devant le monde neutre, par un témoignage neutre, lui semble-t-il suffisamment important, à un moment où elle aspire à une paix honorable, pour entraîner la " réhabilitation "—si l'on peut employer ce terme—d'ailleurs toute accessoire, de ce témoin, qu'elle s'est préalablement attachée à diminuer et à salir? Qui sait même si elle n'espère pas se servir de ce témoignage truqué comme d'un germe de discorde destiné à semer la suspicion entre les Alliés et la Belgique et à nous séparer des garants de notre droit violé par elle? Qui sait si elle n'a pas en vue une équivoque manœuvre pacifiste tendant à la restitution de notre patrimoine sous certaines conditions dont telles phrases de certains rapports de quelques-uns de nos diplomates fourniraient la base préparatoire? Supposons que la publication des documents de Bruxelles impliquant l'aveu de notre bon droit absolu ,soit une amorce destinée à sonder l'opinion belge et que l'Allemagne veuille nous dire: "Je me suis trompée, les documents diplomatiques que j'ai publiés prouvent que vous n'avez jamais cessé d'être neutres et que, dans l'ordre international, vous me donniez plutôt raison. Soyons amis, voulez-vous? Oublions ce qui s'est passé ! Quelles sont vos conditions pour en finir? " Eh bien, si telles sont réellement les intentions secrètes de l'Allemagne en reconnaissant notre bon droit dans toute son étendue, nous préférons lui dire tout de suite qu'elle perd son temps en nous faisant des avances. Que peut valoir, en effet, tout d'abord, aux veux d'un observateur impartial, en tant que "démonstration" du prétendu "bon droit" de l'Allemagne, la publication tronquée, partiale, entrecoupée de commentaires perfides, présentée dans un ordre illogique, peut-être falsifiée ou truquée, de certains documents diplomatiques, publication dictée en un mot, non par la sobre et sereine critique historique, mais par des motifs étroitement politiques, passionnés et intéressés?—"Rien! Les rapports diplomatiques d'un gouvernement neutre sont surtout et avant tout, par la nature même des choses, le reflet des ambiances, des courants d'opinion, des avis de personnalités plus ou moins autorisées tels qu'ils se réfractent dans les milieux où il sont écrits. Ils ne prennent pas parti, ou, s'ils prennent parti, ils se complètent, se corrigent et s'équilibrent mutuellement dans la pensée du Gouvernement auquel ils servent d'indication dans sa politique extérieure. Pour tout dire, ils sont neutres, ou ils contribuent à créer au Foreign Office auquel ils sont adressés une atmosphère neutre. Ils participent du statut politique de notre pays et de l'Europe, statut aboli, en ce qui nous concerne, du fait de l'Allemagne, par son ultimatum du 2 août 1914 ; ils appartiennent à une période de notre histoire dont un crime— un crime allemand—a établi irrévocablement la limite; et rien de ce que nos diplomates peuvent avoir jugé, pensé ou écrit, en toute conscience, en toute bonne foi, sinon peut-être toujours en toute indépendance à cette époque révolue de notre existence comme Etat neutre, ne saurait affaiblir en rien les liens d'amitié qui nous unissent indestructiblement aux Puissances restées fidèles, elles, à leurs obligations, liens scellés sur les mêmes champs de bataille, dans le sang, la gloire et la dou- LE ROI ALBERT I REÇOIT LA CROIX DE GUERRE FRANÇAISE. S Le lundi 2 août, anniversaire de l'ultimatum adressé par l'Allemagne à la Belgique, le président de la République a rendu visite au roi Albert ainsi qu'à la reine Elisabeth, et leur a apporte"', en même temps que ses, vœux personnels, l'expression des sentiments unanimes de la France. Le Roi et le Président se sont rencontrés à t Loo, une des plus anciennes villes de la ( Flandre. j De là, le Roi et le Président sont partis ensemble en automobile et sont allés examiner ; plusieurs organisations défensives de l'armée J * a belge et des positions d'artillerie. 1 I r Le Président a beaucoup admiré la belle < tenue des troupes belges. Il a conféré des < croix de la Légion d'honneur et des médailles ( i11" militaires à des officiers et à des soldats qui lui ont été signalés pour leur bravoure. "rs II a remis au Roi lui-même la Croix de ' guerre française, en lui répétant que la France jla" considérait la cause de la Belgique comme in- ] " dissolublement liée à la sienne. Le Roi a re- i m~ mercié le Président avec émotion. Le PTési- , ^e~ dent est ensuite allé présenter ses hommages * 0I^ à la Reine. Le Roi et la Reine ont retenu le i Président et M. Millerand, qui l'accompa-le_ gna.it, à déjeuner, avec les deux princes, la ,n£ jeune princesse et M. de Broqueville, prési- } |lt_ dent du conseil et ministre de la guerre. :as :nt GREVES EN BELGIQUE. ( ue Le " Maasbode " du 31 juillet, signale, de , source bien renseignée, que des troubles . nc sérieux ont eu lieu dans le Borinage et à , )ar Charleroi. 1111 Les mineurs de Mons sont eii grève, et il y . a eu des troubles sévèrement réprimés par les '1S> Allemands : deux soldats et sept ouvriers ont été tués; il y a plusieurs blessés. Les soldats , j allemands gardent les mines menacées. ( A Charleroi, les troubles ont été provoqués par la cherté des vivres. Des magasins furent mis à sac. Les troupes allemandes ont chargé: il y a eu dix manifestants tués et ia~ quarante blessés. e? Quatre bataillons de Landsturm sont allés renforcer les troupes d'occupation de Mons, et , ■ns deux ont été dirigés sur Charleroi. Dans i '}lT. toute la région l'excitation est très vive. Nous n'avons pu obtenir confirmation de 1 ces informations, que nous reproduisons sous toutes réserves. Ie" LES INCIDENTS DE LUTTRE. 'eu :>î1" " Vaderland " donne sur les incidents de Luttre des détails qui complètent ceux que. ~ nous avons déjà publiés. e? Le 25 mai, les Allemands imposèrent à l'ad-01y ministration communale de Luttre la publi-cation d'une affiche invitant les ouvriers de ro' l'arsenal de l'Etat à reprendre le travail le 1111 lundi suivant: les ouvriers n'avaient rien à ' craindre, l'autorité communale les couvrirait 011 vis-à-vis du gouvernement belge, etc. ,rjc" Bien entendu, le 27 mai, aucun ouvrier ne se présenta à l'arsenal. Alors des soldats armés s'en furent trouver six contremaîtres et agents . de surveillance, leur donnant ordre person-l.ls" nellement de se rendre au travail tous les jes jours. Le lendemain mardi, des soldats sont allés chercher des ouvriers pour les conduire au travail ; ceux-ci refusant de se mettre à la l*}~ besogne, on les plaça dans des wagons. Cette de scène se renouvela tous les jours de la semaine; le samedi il y avait 45 hommes dans ~e les wagons: on les conduisit en Allemagne. . La semaine suivante, les Allemands imagi-3 " nèrent de faire venir le directeur des ateliers, M. Kesseler, qui était alors prisonnier à in<7 Charleroi ; ils l'obligèrent à faire un petit dis-cours aux ouvriers pour les exhorter à re-me prendre le travail. Peine inutile! Les em-!l!e prisonnements recommencèrent: au bout de ais cette seconde semaine, il y avait 266 déportés. er" Ils sont revenus à Luttre vers le 10 juillet ; les on: Allemands les avaient ramenés à condition 1U1 qu'ils reprissent le travail, faute de quoi ils )ur reprendraient le chemin de l'Allemagne, où ils avaient souffert énormément. en" Les choses en sont là... Actuellement., 350 civils allemands travail-3US lent à l'arsenal. La commune est occupée par ;on 940 soldats. ux — Le Vatican a été informé que l'archevêque de Sarajevo, Mgr Stadier, qui, en août 1914, avait proclamé la guerre sainte contre la ar~ Serbie, l'a proclamée maintenant contre f< l'Italie. Les archevêques d'Agram et de Zara auraient s suivi cet exemple. 10 ' Le Vatican a ordonné une enquête à ce sujet. tes, ' ne- leur. Enfin, les écrits de nos diplomates avant ■ la l'institution de notre statut nouveau sont aussi tm- irrelevants à l'égard de nos Alliés que pour-de raient l'être, par exemple, les documents diplo-;els matiques autrichiens antérieurs à la guerre ont austro-prussienne de 1866 à l'égard des rela-'ils tions austro-allemandes en 1915. ent Le 2 août 1914, nous avons pris parti; l'in-sée qualifiable agression de l'Allemagne nous a ca- ouvert les yeux; depuis un an, un fleuve de out sang et de honte nous sépare d'elle, et nous \, à sommes d.e cœur et d'âme avec nos Alliés qui ont ont juré, avec nous, s'abattre le militarisme rti- germanique et de construire sur ses ruines une de Europe libéfée, meilleure et plus belle, on- Tout cela n'empêche pas, pour en revenir à Iti- notre point de départ, que de deux chose? t à l'une. Ou bien les documents de Bruxelles e— sont faux, et ils ne signifient rieu. Ou bien, ent ils sont authentiques et ils démontrent que ites la Belgique n'a pas cessé un instant, depuis ute 1839, de maintenir à l'égard de toutes les :ut- Puissances la plus stricte neutralité, et itte qu'ainsi les calomnies de l'Allemagne sur ce !tat point sont stigmatisées devant l'univers païens l'organe officieux lui-même de son gouverne-ent ment. urs Nous laissons à la " Norddeutsche " le choix aps entre ces deux thèses. ou- F. D. R. LA GRANDE GUERRE. VARSOVIE, IVANGOROD ET APRES. LA TRAGEDIE DE POLOGNE—LE PLAN ALLEMAND.— PROBABILITES. —LE CALME SUR LE FRONT OCCIDENTAL.—L'OFFENSIVE ITALIENNE. —LE GENERAL SARRAIL AUX DARDANELLES.La prise de Varsovie est confirmée par Pé-rograde qui annonce qu'en vue des conditions le la situation générale les troupes russes se rouvant à l'ouest de la capitale de Pologne se iont retirées sur la rive droite de la Vistule, eudi matin à 5 heures, sans être attaquées par 'ennemi, après avoir détruit tous les ponts lerrière elles. Les troupes allemandes les ont iuivies sur la rive gauche du fleuve, mais il ist douteux qu'elles aient déjà pu le traverser. l.a retraite russe 'a été parfaitement ordonnée ;t Berlin, tout en se réjouissant de cette nouvelle victoire, voit sa joie mêlée de désap-jointement, car le " butin," cher de tout emps aux hordes barbares, est maigre: les ïusses ont évacué tout leur matériel de guerre :t jusqu'aux machines des usines à munitions. Parallèlement à l'occupation de Varsovie, /ienne annonce aussi l'occupation de la for-eresse d'ivangorod située au confluent de la ^ieprz et de la Vistule, sur le chemin de fer ^holm-Varsovie, c'est à dire à la face sud du riangle stratégique de la Pologne. Celui-ci :st donc définitivement détruit. Pétrograde îxplique que les forts d'ivangorod étant construits en maçonnerie, incapables de résister iux canons modernes et de soutenir un siège m règle, les réserves de la forteresse ont été néthodiquement évacuées (sans doute sur Brest-Lito^ki), que les troupes se sont retirées, et que leur arrière-garde a fait sauter nercredi les casemates, jjuis, qu'après avoir létruit les ponts, elle s'est repliée sur la rive Iroite de la Vistule. Le premier acte de la grande tragédie de Pologne se termine ainsi d'une façon drama-ique, après un an d'une résistance qui mérite outes les admirations. Il est probable qu'à "heure où nous écrivons ces lignes les irmées russes auront réussi à se replier en bon )rdre vers la ligne Cholm-Brest-Bielostok-Jrodno, où elles pourraient, si cela était nécessaire, opposer une nouvelle résistance. Tout dépend cependant, en cette matière, de •e que feront les Austro-Allemands, mais il est iouteùx qu'après le grand effort qu'ils ont dû 'ournir dans des circonstances difficiles, et les pertes énonnes qu'ils ont subies (toute la Prusse orientale regorge de blessés), ils puissent inquiéter la retraite des Russes. Le point faible de ceux-ci est leur extrême aile iroite, où les Allemands font de nouveaux efforts pour atteindre par un raid audacieux le L-hemin de fer de Pétrograde, mais comme leur irmée de Courlande a de nouveau été repoussée devant Riga, il ne faut pas s'exagérer /importance de cette menace. D'une façon générale on estime que les Allemands ne se contenteront pas de s'assurer ie la Vistule, mais qu'ils voudront aussi se couvrir paT la Bug, et par les marais de Pripets qui constituent une défense naturelle issez analogue à cellc créée artificiellement pai les Belges par les inondations de î'Yser. 1 ne faut pas oublier que la topographie de la Pologne offre de meilleures positions contre une invasion venant de l'ouest que contre ur mouvement offensif dirigé vers l'ouest et que les Allemands voudront d'abord consolidei leurs positions nouvelles, avant de combinei lin nouveau coup. Essayeront-ils alors de pousser par Riga el Reval vers Pétrograde, voudront-ils s'assurei ies riches régions industrielles d'Odessa el i'un débouché sur la mer Noire; ou bien ren-Forceront-ils les Autrichiens pour une nouvelle attaque contre la Serbie vers la mer Egée du contre l'Italie vers l'Adriatique, toutes apérations qui seraient dans les vœux des rurcs? Ou bien encore tenteront-ils une nouvelle poussée vers Calais ou Paris? Qui pourrait le dire? Contrairement cependant à ce qu'on pense ians certains milieux, ce dernier plan est le moins probable, et on le sait bien à Rome, o£ les événements de Pologne ont fait beaucoup plus d'impression qu'a Londres et à Paris. Or peut espérer cependant que les Alliés sauronl parer le coup en agissant du côté des Balkans Déjà on nous annonce que la Serbie consentirait à des concessions à la Bulgarie. S: ?ette bonne volonté, dont nous sommes infini ment reconnaissants à nos héroïques alliés serbes,.pouvait entraîner la reconstitution de la Ligue Balkanique et provoquer une nou velle attaque de flanc contre Constantinople an grand pas aurait été fait vers la victoire ei les admirables sacrifices de nos amis russes n'auraient pas été vains. Il est à espérer que les Balkaniques comprendront au plus tô' qu'ils ont- tout à craindre d'une victoire de h nouvelle Triplice et que si l'Autriche et h Turquie devaient sortir fortifiées des récents événements, c'en serait fait de l'indépendance ies petites nations du sud-est de l'Europe. Sur le front occidental, un calme relatif con hinue à regner. Les Allemands n'ont plus renouvelé leurs coûteux efforts contre la Linge 'Vosges). A Neuville-Saint-Vaast (Artois), i la Fontaine-aux-Charmes et à Saint-Huber ;Argonne), comme au Bois Haut (Meuse), leur: attaques, ou "leurs tentatives d'attaque, ont été repoussées. Ailleurs on ne signale que de: bombardements ou des combats de grenades. Par contre, l'offensive italienne est plu; énergique que jamais. La vallée de Cordevale îst presqu'entièrement occupée par les Alpins Leur dernier exploit est l'assaut heureux di poste de douane du Col de Nana, où les Autri chiens s'étaient très fortement retranchés. Su; le plateau de Carsie, l'ennemi a contre-attaqin dans la direction du bois de Cappuccio, mai: loin d'y réussir, il se fit prenelre la forte tranchée (Trincorome) qui domine le débouche Driental de ce bois et que les Italiens n'avaien pas encore pu atteindre. De là, ceux-ci von prendre San Marino del Carso sous leur feu. Dans les Dardanelles, statu-quo. Le généra Sarrail a pris le commandement du corps ex peditionnaire français. L'UNION NATIONALE. NOS UNIVERSITAIRES ET LA QUERELLE DES LANGUES. •Nous avons, comme tous les journaux belges, reçu la lettre ci-dessous, émanant, des sommités de la science universitaire belge séjour-nant, tant à l'étranger qu'en Belgique occupée, et nous nous empressons de la publier, avec un plaisir d'autant plus vif que nous n'avons, pour notre part., abordé le sujet brûlant de la question des langues que pour protester contre l'inopportunité évidente ele toute discussion à ce sujet, en ce moment. Nous espérons fermement que l'appel éloquent et autorisé des universitaires belges sera écouté. Par la même occasion, nous nous félicitons de voir les représentants de la haute culture belge agir collectivement dans les graves circonstances présentes, et nous émettons le vœu que leur intervention unanime dans les problèmes qui se présenteront encore à la Belgique puisse se reproduire encore pour le plus grand bien de la Patrie et du Pays. Voici l'appel des universitaires belges:— Monsieur le Rédacteur, Les discussions qui se sont élevées récemment dans certains organes de la presse sur la question des langues ont produit une impression pénible dans tous les milieux belges. Elles ne répondent ni aux devoirs de l'heure présente, ni aux sentiments de la nation. Parmi nos populations restées au pays, courageusement unies dans leur attitude si ferme et si digne envers l'envahisseur, elles n'ont trouvé aucun écho; elles soulèvent la réprobation unanime dans les rangs de notre vaillante armée. Unis devant le danger commun, tous les partis, dans un élan de générosité patriotique, ont fait trêve à leurs divisions. Nous nous refusons à croire que seule la question des langues puisse venir troubler l'accord de la Nation. Faut-il ajouter que ces polémiques regrettables, en même temps qu'elles servent les desseins de l'ennemi, sont de nature à déconcerter les nombreuses sympathies acquises dans le monde entier à notre cause? L'opinion publique ne comprendrait pas qu'un peuple, qui s'est sacrifié avec une générosité sans exemple à la défense de son idéal national, ne puisse imposer silence à des querelles particulières jusqu'au jour de la libération finale. En acceptant dans les circonstances actu-élles de diriger en pays ami un organe belge, vous avez assumé, Monsieur le Rédacteur, une mission très haute : celle d'exposer et de défendre avec une pleine indépendance, mais aussi avec la conscience ei.'une lourde responsabilité, les intérêts et les aspiratiems de notre peuple. La restauration de la Patrie, objet suprême de nos efforts, exige impérieusement l'union complète de la nation. Il vous appartient d'aider à la maintenir. Vous n'hésiterez donc pas à proscrire et à condamner tout ce qui, en nous divisant, viendrait nous affaiblir. Il n'est pas de cause, si noble soit-elle—et nous n'en exceptons aucune—qui puisse, en ce moment, élever sa voix au-dessus de celle du Pays. Malgré leurs divergences d'opinions sur les questions qui ont fait l'objet des polémiques récentes, les signataires de cette lettre s'unissent pour demander instamment à tous les organes de la presse belge de renoncer à la publication de tout article qui serait de nature à réveiller l'antagonisme des langues et à compromettre la discipline et la concorde nationales. Notre appel sera entendu, car nous avons la conviction profonde que le sentiment auquel il s'adresse est celui de l'unanimité du peuple belge. Veuillez agréer, Monsieur le Rédacteur, l'assurance de nos sentiments distingués. G. CESARO, de l'Université de Liège; EM. COLSON, de l'Université de Liège; A. COPPENS, de l'Université de Louvain; J. CORBIAU, de l'Université de Louvain; M. DE COCK, de l'Institut Supérieur de Commerce d'Anvers; A. DE GROOTE, de l'Institut Supérieur de Commerce d'Anvers; CH. DEJACE, de l'Université de Liège; L. DE LA VALLEE-POUSSIN, de l'Université de Gand; G. DELMARCEL, de l'Université de Louvain;J. DENYS, de l'Université de Louvain; F. DESCHAMPS, de l'Institut. Supérieur de Commerce d'Anvers; CH. ,pE VISSCHER, de l'Université de Gand ; P. E. DUMONT, Dr phil. de l'Université de Bologne; ; F. GOFFART, de l'Université de Gand; J. HAVET, de l'Université de Louvain; P. HENRY, de l'Université de Louvain; A. MERTEN, de l'Université de Gand; ; A. MERTENS, de l'Université de Louvain; ; CH. MOELLER, de l'Université de Louvain; ,1. PERSITN, de l'Université de Gand; F. RANWEZ, de l'Université de Louvain; A. ROLIN, de l'Université de Gand; | X. STAINIER, de l'Université de Gand; , O. STEELS, de l'Université de'Gand; J. THOREAU, de l'Université de Louvain; L. VAN DER ESSEN, de l'Université de Louvain ; ! H. VAN DER LINDEN, de l'Université de Liège. A. VAN HECKE, de l'Université de Louvain. MONITEUR BELGE. ; Nom NATION RAPPORTEE. , Par arrêté royal du 24 juillet, 1915, la nomination au grade de capitaine en 6eoond du lieutenant Gendarme, P.-F.-H, détache au service de la e^alonie, laite par arrêté royal du 9 avril, 1915, est rapportée, cet officier étant sig-1 nalé comme disparu par le Ministre des Colonies. — Les soldats allemands des forts d'Anvers i ont reçu une consigne très sévère. Ils ne ; peuvent plus quitter les forts. Les paysans . des environs ont reçu ordre de tenir prêts : chevaux et chariots. Le commandant de la position fortifiée a fait savoir qu'il est défendu , de couper les arbres dans les bois qui se trouvent dans l'enceinte de la position. — Le conseil communal de Termonde a approuvé les plans de reconstruction de la ville; l'architecte est M. J. Sterck. NOTRE BUREAU DE CORRESPONDANCE. Dans le 'but de rendre service à nos lecteurs et à nos oompatriiotes (restés au pays et de» fournir des moyens d'existence à un de nos umis d'Anvers, nous avons organise' un sur-vice de correspondances pour la Belgique, écli>appant à la censure allemande. Malgré toute notre bonne volonté et le de— voûment de nos intermédiaires, 110.11s devons reconnaître que ce service n'a pas répondu a nos espérances. La frontière hollando-belgej est tellement hérissée d'olbstaoles qu'en ces derniers temps le pourcentage de lettres auxquelles nous sommes parvenus à obtenir uno réponse est descendu en dessous de cinquante pour cent. Dans ces conditions, étant donné en outra: que nous avons entrepris ce service sans aucun' esprit de lucre, et en nous engageant a rembourser toute somme versée pour toute lettre-restée sans réponse (garantie que ne donne aucun autre service de l'espèce), nous avoua ; décidé d'interrompre nos envois. Si les circonstances le permettaient, nous les reprendrions et nous ne manquerions pas de l'annoncer. Comme nous l'avons promis, nous rembour-»-serons après deux mois pleins les personnes qui n'ont pas obtenu de réponse, même si leurs lettres sont parvenues à destination* Nous avons remboursé samedi dernier les envoyeurs de lettres confiées à notre courrier du 29 mai, qui n'ont pas encore obtenu de réponse, et nous continuerons à en faire do même, de semaine en semaine. Si des réponses nous arrivaient encore, nous les enverrions, sur avis, contre paiement de la somme fixée. HOMMAGE AU ROI ALBERT. A l'occasion de l'anniversaire du 2 août, le comité central franco-belge a fait parvenir au roi Albert l'adresse suivante par l'intermédiaire de la légation de Belgique:— Sire, Les membres du comité central franco-belge ne peuvent laisser passer l'anniversaire du 2 août 1914 sans exprimer à Votre Majesté les sentiments que cette date inoubliable évoque dans la conscience universelle. Ce jour-là, devant le parjure, vous avez affirmé le respect du serment; devant la violation du droit, vous avez revendiqué les garanties imprescriptibles de la justice; devant la ruée de l'invasion barbare, vous avez fait appel au patriotisme de votre peuple, résolu à défendre jusqu'à la mort son indépendance et sa liberté. L'héroïque Belgique a fait cause commune avec son Roi. A partir de ce jour, elle s'est élevée au rang des plus grandes nations. Illustre par son passé, féconde en leçons d'honneur et de courage, elle a ajouté une page glorieuse à son histoire, elle s'est acquis des titres immortels à la reconnaissance de l'humanité. L'intrépidité de son Souverain, l'abnégation de sa Reine, l'énergie de son gouvernement, la vaillance de son armée resteront à jamais dans le souvenir dps hommes comme des exemples et des leçons. Il y a quelques mois, nous demandions aux: Français de témoigner leur solidarité à leurs compagnons d'armes de I'Yser et des Flandres en prenant pour emblème " le petit drapeau belge." Aujourd'hui, c'est autour du grand drapeau de la Belgique, sous les plis duquel vos soldats marchent à la victoire à côté des nôtres et préparent à leur pays les éclatantes réparations dues aux plus nobles sacrifices^ que nous convions nos compatriotes à se réunir, afin de vous apporter un hommage d'admiration et de gratitude pour l'incomparable service rendu à la France, à ses alliés, au droit et à la civilisation. Suivent, au nom de comité, les signatures dè MM. Jean Dupuy. président d'honneur; Stephen Pichon, président ; Paul Strauss, vice-président; Georges Berthoulat, secrétaire; Arthur Meyer, trésorier, et Gaston Bérardi, secrétaire général. — Cygnes des temps : On vient de tuer à, Potsdam cent cinquante cygnes dans la propriété du Kaiser; on n'avait plus d'orge à leur donner. — On annonce la mort de Mgr Deckers, prélat de l'abbaye des prémontrés de Tongerloo, pieusement décédé à l'âge de 69 ans. Mgr Deckers a eu jadis sous sa direction Mgr Heylen, actuellement évêque de Namur. C'esti lui qui fonda à la demande de Léopold II la mission des Prémontrés au Congo. ON DEMANDE DES OUVRIERS DANS LE ROYAUME-UNI. Des ouvriers belges désirant travailler dans Royaume-Uni sont informés que les " Board of Trade Labour Exchanges" (qui sont les seules autorisées par le gouvernement britannique d« présenter des ouvriers belges aux patrons anglais), ont un grand nombre d'emplois à conférer, surtout dans le industries agricoles et du génie civil. Des offres de service doivent être faites à la Bourse du Travail la plus proche du domicile; pour l'adresse se renseigner au bureau de postes ae la localité. Des belges se trouvent dans les asiles de • réfugiés à Londres peuvent s'adresser aux Bourses du Travail qui sont établies dans ces asiles; d'autres Belges résidant «à Londres, à la Boure# du Ti avail à Aldwych Skating Rink. ANNONCES. 9 pence la ligne.—Joindre le montant aux ordres, g.Y.p. DENTISTRY.—VICTOR COTILS, d'Anvers (rue Quellin).—Consultations tous les jours de 2h. 30 i 6 heures.—Qxlord-street 351. Téléphone, 2782 M ij IA direction de l'East London War R«fugee -À Hostel, Harley College, 53a, Bow-road, E., demande places pour jeunes filles belge? comme demoiselles de maj^a-sin ou vendeuses.—Répondre à Mme. Georfu^Bhyne, directrice. UNE vie nouvelle dans un pays nouveau. La culture des iruits en République Argentine oflr« do grandes chances aux Français ou Beiges pourvus de capitaux et de quelque expérience pratique. L^s personnes qu s'y intéresseraiernt sont priées de s'adresser à. " Fruit-s." Mcgre. W. H. Smith and Son. Kingsway, London. NOUS mettons vivement nos compatriotes en garde contre certaines agences de placement d'employes, qui nc visent qu'à leur escroquer de l'argent . Ne versez de cautionnement ou do garantio qu'arec les relcrcnces les plus sérieuses I

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This item is a publication of the title La métropole d'Anvers: paraissant provisoirement à Londres belonging to the category Oorlogspers, published in Londres from 1914 to 1919.

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