Le nouveau précurseur: journal du soir

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14 September 1914
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s.n. 1914, 14 September. Le nouveau précurseur: journal du soir. Seen on 23 August 2019, on https://hetarchief.be/en/pid/599z02zx90/
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liaadi 14 septembre 1914 CIWQ ŒronïBgKfls. 80' année 3!° »îi£5 Le Nouveau Précurseur I^ijBOisrtTinvcEiisrTS - AKVKR8, on ta lt.00 fr.; «tr moi» 6.50 fr.; trois moi* 8.60 fr. INTKRIBUK. - 15.00 4p.; . 8.00 fr.: - 4.50 fr. HOLLAKDK, . 88.00 fr.; . 16.00 fr.; - £ «0 fr. LUXBMBOUM, . 88.00 fr.; . lB OOfr.; • 6.OÙ fr. K<I0N POSTALE, » 48.00 fr.; . Si.00 fr.; » lO.SOfr. Tant «how&ement m poumtt j—qu'i relu» lonMt Gif i An*** m ta*m éa Kntl et <iea> «<** H* bmn de* JOURNAL DU SOIR TttfMOBES { { 39, VIEILLE BOURSE. - ANVERS. A.Tsnixr oisrcTB 3 : oawnaim8,l* petite ligne, fr. 0.30 | RAclamb, u ligne. . . fr. 1.50 » i à 4 lignes . » 1.00 Faits mtkrs, la ligne . . » 2 50 FiKANaÈstKs, 1* ligne . - 0.50 [ ' Chronique Anvers . . . » 3^00 Lm annonçât de l'étranger et de La Belgique sont reçues aussi par VAgence Haxxts, i, fiât* dm Martyrs, à Br%meGes, 8, Pimos 4ê ki Bourse, à Paris. st X High Solbcm, à Londres. La défaite allemande s'accentue L'ennemi est en pleine retraite Une lutte formidable. — L'effort héroïque des alliés.— Une poursuite sans exeenple|par son extension et son intensité. M. Delcassé, ministre des Affaires étrangères, communique à M. Klobukowski, ministre de France en Belgique, le télégramme suivant qu'il vient de recevoir du généralissime Joffre: Bordeaux, 13 septembre 19 heures 50. Général Joffre annonce au Gouvernement que notre victoire s'affirme de plus en plus complète et éclatante. Ennemi en pleine retraite continue à abandonner prisonniers, blessés, matériel. Après effort héroïque de nos troupes pendant la lutte formidable qui a duré du 5 au 12, armée éxécute poursuite sans exemple par son extension et son intensité. A notre gauche, avons franchi Aisne en aval de Soissons. l/alenciennes et Amiens sont évacués. Au centre, nos armées sont au nord de la Marne. Dans l'Argonne l'ennemi quitte Révigny, mais tient encore » Laimont. Dans l'est, avons occupé Saint-Dié, Raon-l'l\tape, Baccarat, Lunéville, Remezeville. i Le rapport officiel anglais Le général Fresich rend compte des quatre journées d'opérations. - Pertes importantes des Allemands. » Leur moral est vigoureusement atteint ANVERS, 13 septembre, 10 héU»'£S du soir. — Communication de la Légation britannique. - Voici le résumé des opérations des armées anglaises et françaises pendant les quatre derniers jours, résumé communiqué par le War Office: Le 6 septembre, l'avance de la droite allemande vers le sud atteignit un point extrême à Coulommiers et Provins. Ce mouvement était couvert par un détachement de flanc considérable, à l'ouest de la ligne de la rivière l'Ourcq. Ce mouvement de l'ennemi vers le sud mit en dangereuse position son aile droite, vu qu'il avait évacué la région de Creil-Senlis-Compiègne, à travers laquelle II avait poussé son avance. Les alliés attaquèrent citte aile exposée, 8 septembre, sur le front et sur le flanc. Les forces de couverture furent assaillies par une armée française ayant la place do Paris comme base et qui porta son action sur la ligne Nanteuil-le-Handouin-Meaux. Les forces principales de l'aile droite de l ."ennemi furent attaquées de front par l'armée anglaise qui avait été transférée du nord à i l'est de Paris, et par un corps français qui s'avançait à son côté, sur la ligne Crécy-Coulommiers-Sézanne,Ces opérations combinées ont jusqu'à présent .réussi complètement. L'extrême droite des Allemands fut repoussée Jusqu'à l'Ourcq, où elle se défendit avec acharnement et exécuta plusieurs contre-attaques vigoureuses, sans réussir cependant à résister à la pression de l'offensive française. Le corps principal de la droite de l'ennemi essuya en vain de défendre d'abord la ligne de la rivière Grand Mofjfl et ensuite celle de la rivière Petit Morin. Jetée par dessus ces deux rivièrea et me-nacée„sur son aile droite par la défaite de son | détachement de flanc par l'aile gauche des 1 alliés, l'aile droite allemande repassa la ; Marne le 10 septembre. L'armée anglaise, ayant une partie des forces françaises à sa gauche, traversa la ri- ! vière en aval de Château-Thierry, mouvement ; qui obligea las forces ennemies à l'ouest de ' l'Ourcq — déjà assaillies par le corps fran- j çais formant l'extrême gauche des alliés — j de céder et de se retirer dans la direction ! du nord-est et vers Soissons. Depuis le 10 septembre, l'aile droite tout entière des Allemands bat en retraite, dans un désordre p^nsidérable, suivie de près par les troupes françaises et anglaises. 1 Le 10 eî te il septembre, on a capturé 6,000 prisonniers et 15 oanons, et on dit que l'ennemi continue à battro en retraite avec rapidité, en traversant l'Aisne, évacuant la région de Sois* sons. On AHHOnpff que la cavalerie britannique se ' trouvé aujourd'hui samedi) à Fismes, près de Reims. Tandis que l'aile droite allemande était ainsi repoussée et mise en désordre, les armées françaises plus à l'est, livraient bataille au centre aHemand qui s'était avancé jusqu'à Octry. Entre le 8 et le 10 septembre, nos alliés ne furent pas en état d'agir efficacement à l'ouest de Vitry, Le 11 septembre, pourtant, cette partie de j l'armée allomande commença à céder et finar ; lement abandonna Vitry — où la ligne de l'en- ! nemi formait un saillant — sous la pression des troupes françajsçs se trouvant entre la Haute-Marne et la Meuse. t Les troupes françaises suivent l'ennemi et chassent une partie de ses forces dans la direc-tion du nord,, vers la forêt de l'Argonne. La 3mç armée française rapporte aujourd'hui (samedi) qu'elle s'est emparée de tojite l'artillerie d'un corps d'armée ennemi, c'est-à-dire environ 160 canons. L'ennemi est denc en retraite sur toute la ligne à l'ouest de IVIçusç et non seulement il a subi des pertes importantes en hommes on matériel, mais encore son moral est vigoureusement atteint. i A ANVERS Avis aux réfugiés On demande des renseignements sur: 1. Alfred Franzen, caporal, 8me de ligne, 3me compagnie, 2me bataillon, qui se trouvait à. l'hôpital de Namur le 15 août. 2. Arthur Van Heesbeecke, 4me division, 8me de ligne, section dés mitrailleuses. Prière de donner les renseignements chez les Volontaires civils, marché au Lin,26-28. Les personnes qui pourraient donner des renseignements sur Joséphine Merchs et ses parents habitant, 223, lue de Diest à Lou-vain; ou bien sur la famille Bulinckx, habitant Sehaerbeek, rue de Waslhem, n. 1267 sont priées de s'adresser à François Bulinckx, soldat de la 12me brigade mixte,, 2me batterie, 3me division d'armée, présentement à l'ambulance de l'hôpital anglais, plaine Van Schoobeke, 13, à Anvers. i 3. M. Paul Noppeil d'Aerschot, demande I | des renseignements sir sa femme et sa fa- ' ; mille. S'adresser I-lôte! de Midi, marché aux Œufs, 36, à Anvers. M. Arnold Boulsomnie, de Liège, demande des nouvelles de son iils, Mathieu Arnold, caporai de lji Ire compagnie des ponton-nieis du génie, esserj^ à la chartreuse à Liège. Réponse à donntr à M. G, Maelfeyt, rue de Cobou.rg, 26. Mme Léon Van CrieHinge-AIaerts, d'Aerschot, et ses deux enfants sont en Angleterre.M. Verbeeck, place d< la Gare, 15, Anvers, demande des nou\elles de Nathalis Van Uelmont, lime régiment, Oscar Verbeeck, âme lanciers, et de la famille Van Ilentenrijrk, dp vWoluwaSt-Pierre et de Sg.inj.-T l'ond. Commission des navires et marchandises saisis Les intéressés,propriétaires des marchandises débarquées des vapeurs Gneisenau et Délia, sont informés qu'ils ont à retirer les laissez-suivre y relatifs contre production des pièces justificatives et paiement du frêt et des frais à la Commission des navires et marchandises saisis, 35, courte rue Neuve, avant le 18 septembre courant.Passé ce délai, les marchandises seront emmagasinées aux frais, risques et périls des intéressés. Les fonds en dépôt Un arrêté publié hier au Moniteur (lequel soit dit entre parenthèses, ne nous parvient que ce matin) apporte quelques modifications à l'arrêté royal du 21 août 1914, concernant le retrait des fonds déposés en banque.Jusqu'au 30 septembre, les fonds déposés avant le 4 août dernier pourront être retirés à concurrence de 10 p. c. du solde créditeur par quinzaine, sans pouvoir dépasser mille francs. Pourront toutefois être effectués sans limite de montant: 1. Les retraits de fonds destinés au paiement des appointements et salaires des employés et des ouvriers de toute entreprise industrielle ou commerciale. Le retrait pourra atteindre, à chaque échéance de paie, le montant des appointements et salaires dont il sera justifié par les états de paiement du personnel. Sont assimilés aux salaires, pour l'application de cette disposition, les allocations temporaires ou rentes viagères allouées aux victimes d'accidents du travail et dont il sera justifié, à la satisfaction du dépositaire, soit par les contrats ou jugements, soit par les écritures du débiteur.' 2. Les retraits de fonds demandés par les entrepreneurs de travaux et fournitures pour la défense nationale en vue du paiement des frais et dépenses autres que ceux prévus au 1. ci-dessus, nécessaires à l'exécution de ces travaux ou fournitures. 3. Les retraits de fonds destinés au paiement total ou partiel de tous impôts, contributions, taxes, redevances et fermages même non échus, dus à l'Etat, aux provinces ou aux communes. Lô retrait sera effectué au moyen d'un chèque délivré par le dépositaire au nom du ministre des Finances. Les chèques ainsi délivrés seront acceptés par les receveurs ou comptables publics comme valant numéraire. Protêt des traites et recours Les dispositions de l'arrêté royal du 24 août 1914 sont modifiées ainsi qu'il suit: Les délais pendant lesquels doivent être faits les protêts et tous actes concernant les recours, pour toute valeur négociable échue actuellement ou venant à échéance avant le 1er octobre 1914, sont prorogés jusques et y compris le 2 de ce mois. Le remboursement ne pourra être demandé aux endosseurs et autres obligés pendant ce délai. Pendant le même délai,le porteur est dispensé de l'obligation d'exiger le paiement le jour de l'échéance. Il est tenu de donner avis que l'effet peut être payé au domicile du porteur. Les intérêts, calculés au taux de 5 1/2 p.c., seront dûs depuis l'échéance jusqu'au paiement. Les opérations de l'armée belge La situation Notre armée de campagne s'est replacée sous la protection des forts de la première ligne après avoir atteint un résultat qui présente au point de vue de l'ensemble des opérations conduites par les états-majors français et anglais, une importance capitale puisque par notre intervention, deux corps d'armée se sont trouvés dans l'impossibilité de se porter au secours des armées allemandes en retraite dans le nord de la France. A cause de la concentration de toutes les forces allemandes disponibles dans le pays, — les 3me et 4me corps, les détachements de Landwehr et de Landsturm et 15,000 fusilliers marins, — notre armée s'est trouvée à la fin de la quatrième journée en présence d'un ennemi supérieur en nombre, Notre armée de campagne continue à être pour l'ennemi une menace oonstante qui l'obligera à immobiliser des forces importantes dont il a en Franco le plus pressant besoin. A^utei^s fjue les récentes opérations ont permis de constater une fois de pfcis la supériorité du tir des Belges. Au camp d'Âgramant Les Allemands, à Bruxelles, se battent et s'entretuent correspondant du Times télégraphie que la discorde régne au camp d'Agf.amftfttj en d'autres mots, que les Allemands qui occupent .Bruxelles, se battent et s'entretient.Uîje rixe grave Q éclaté centre guerriers teutons près de la caserne d'Ëtterbeek. Il y a eu ijne dizaine de tués. En Allemagne Le public en apprenant tes défaites allemandes, est déséspéré, — Il veut connaître la vérité. — Si nous sommes battus en France, nous sommes perdus, disent les allemands. Cn télégraphie de Londres: Malgré Se3 précautions prises par les autorités allemandes pour cacher les défaites essuyées par leur armée, le public commence à se rendre compte de la véritable situation par des nouvelles venues de (a Suisse. Quand il a su les défaites des troupes allemandes en France ç'a été une explosion eje désespoir. Jusqu'ici te publie croyait que l'ar-mée n'avait eu qu'à enregistrer des vjotçires, trompe comme il Pavait été par les fansses dépêches de l'agence Woiff. La réaction est terrible; dans les villes les habitants parcourent Ses rues en se lamentant. Ils réclament à cor et à cris la vérité. On signale qu'à Munich notamment les bureaux des Journaux ont été fermés par crainte de bagarres. Ils disent que si l'armée se fait battre par les français, elle sera tout à fait incapable d'opposer une résistance sérieuse à la Russie. « S'il en est ainsi, disent-ils, jiqus sommes perdus.» Aux Indes ANVERS, 14 septembre, midi. — Communication de la légation britannique. — Dépêche de Londres, le 14 septembre. — Le racontar d'une révolution aux Indes, répandu par les légations allemandes dans certaines capitales est une pure invention. Le sentiment d'enthousiasme pour "a guerre,'tel qu'il a été décrit dans les dépêches précédentes, ne fait que croître et les témoignages de loyalisme des princes et des corps constitués et des peuples des Indes se multiplient chaque jour. Les Australiens ANVERS, 14 septembre. — Communication de la légation britannique. — Dépêche de Londres, le U septembre. Les forces navales australiennes se sont emparées de la station de télégraphie sans fil à. Herbestshobe.Les Allemands ont perdu 30 tués et 70 prisonniers. Dansi'arçiiipel Bismarck Une dépêche de Londres annonce que pendant' un combat dans l'archipel Bis martïk (Guyanne allemjinde), deux officiers allemands, 15 sous-officiers et une cinquantaine de policiers iiidigènes ont été faits prisonniers. Il y a eu, en outre, du côté allemand, de nombreux tués. Les Allemands émulés Un télégramme expédié de Berlin à Home reconnaît que l'armée allemande, manœuvrant en France, est extrêmement fatiguée. L'évacuation de la Haute-Alsace continue. Les Allemands se concentrent toujours sur Strasbourg et Metz. Un «Zeppelin» so pleine nier On nous signale que vendredi midi, un Zeppelin a passé au-dessus de l'Ile de Bor-kum, se dirigeant vers la mer du Nord. Borkum est une île fortifiée, appartenant à l'Allemagne, devant la Frise allemands, tout près des îles frisonnes de la Hollande. L'Empereur Guillaume II On affirme que le quartier général de l'empereur allemand est actuellement non plus à Metz, mais à Luxembourg, où il serait installé dans l'hôtel de la, légation d'Allemagne.Le quartier général allemand et surtout Guilaumè II, déplacent souvent le lieu de leur séjour de crainte de voir des aéroplanes des alliés leur jeter des bombesjil paraît mêibe que, de ce chef, ils ont été déjà en sérieux danger, L'empereur est accompagné non seulement dè son état-major militaire, mais_.aus-si, de ses principaux collaborateurs politique^.I,;- chancelier von Bethmann-Hollweg est r, ses pôtés et porte l'uniforme des dragons; M. von Jagow, secrétaire d'Etat aux affaire;. étrangères et tous les fonctionnaires de son département ont endossé un uniforme teinte kaki assez semblable à celui des offi ciers d'infanterie. Ils ont fait cela pour ne pas être distingués et en but à des attaques directes. UNE NUIT DE GARDE Confus de ne rien faire alors que mille mains se tendent pour soulag-r les victimes de la guerre, je ne vous cacherai pas que ma répugnance pour mon incroyable inertie monta à son comble en voyant chacun aider samedi midi au débarquement de nos soldats blessés; de la coupe aux lèvres il n'y avait pas loin car une heure plus tard 011 agréa mes services comme veilleur pour la nuit dans une de nos cliniques; le soir même je me rendis à mon poste et me prépara^ pour la veillée. Il n'est'que huit heures un quart et déjà il fait nuit noire, la pluie balaye les rues pendant que le vent fait rage; tel un aveugle, il faut marcher en tâtonnant, car on n'y voit goutte, il me semble traverser de ténébreux chaos. Dans de spacieuses salles, les blessés sont alignés en tout petit nombre, car il s'agit avant tout de sauvegarder les préceptes d'hygiène. Couchés séparément dans de pratiques lits de camp, ils dorment à poings fermés; c'est que, depuis quelques jours, ils n'ont eu que les tranchées ou l'herbe des prés pour passer la nuit. D'en dessous de ses draps de lits, recouvert de sa tunique, dépasse ici une tête aux traits sereins et calmes d'un tout jeune homme; un éclat d'obus lui abima une côte. Là-bas ronronne un artilleur barbu aux traits farouches; une phalange lui a été arrachée d'un doigt; le sang marque lentement sur son pansement. Un autre se plaint d'avoir la main tuméfiée, un projectile s'est logé dajis l'avant-bras. Pendant que dans l'obscurité je poursuis ma ronde,la tempête à l'extérieur fait rage, la pluie tombe à torrents et bat les gr&nùès vitres qui semblent devoir céder bientôt aux efforts de l'aurag^n; dans la rue des débris de vitres s'effritent sur le pavé; une tornade chasse les rares noctambules qui se protègent la tête contre les hampes de drapeaux tombant çà et là. Pendant que sous les poussées de l'équi-noxe, la terre semble arrivée à son heure dernière, un soldat wallon à mon passage se dresse sur son séant et me demande si la bataille n'a donc pas encore cessé. Je m'évertue à lui faire comprendre que c'est le vent qui fait rage, que c'est le ciel qui tonne, mais non plus le canon; à grande peine il se résoud à me croire et se rendort poursuivi aucun doute par des visions ensanglantées. Plus loin un petit homme trapu tout en goûtant un sommeil réparateur clâme: :cJeanneke... Jeanneke», probablement le nom de sa gamine lui ravie par cette guerre infâme que nous fait un ramassis d'êtres abjects n'ayant du soldat que le nom. Ah, je vous jure que cette nuit fût atroce lu milieu des éléments déchaînés et tout întouré que l'on se frayait d'individus suspects dont, l'obscurité rendait les traits factices plus mystérieux et la présence inexplicable,Pendant que la fin de la tourmente s'ac-:ompagne de craquements sinistres, un lignard flamand se réveille et s'exclame: iEn ons mannen die daarin zijn.» Et, en effet, au milieu de ce typhon on se demandait qui étaient les plus à plaindre des blesses logés dans Une clinique ou nos vaillants tioupiers passant la nuit dans les tranchées.Petit à petit, le jour commence à poindre, les rideaux s'ouvrent, et là où j'avais entrevu un être farouche,est couché un tout jeune homme aux traits délicats et fins. Pendant que je me plais à admirer quelques superbes tatpufiges, un blessé proteste contre, Ifi barbarie des Allemands; il se fait fort de prouver que les derniers obus qui éclatèrent au-dessus des troupe? belges recelaient des silex, des rnqrceaux d'acier, des vis, des clous et des débris de limes. Ah, les canailles! Paul hel1er, A Donstantinopie Les journaux grecs affirment, — mais jusqu'à présent aucune confirmation ne nous est arrivée -- qu'une scène très violente aurait eu lieu récemment entre le prince-héritier de Turquie et Enver-Pacha, le premier adversaire de la guerre, le second très porté à l'intervention turque au profit de l'Allemagne. La discussion aurait été si violente que Enver-Pacha aurait fait feu sur le prince héritier et l'aurait blessé au bras drott. Le prince à son tour aurait tiré sur le ministre de la guerre et l'aurait blessé sérieusement à la jambe gauche. On prétend môme qu'Enver-Pacha serait mort. Mystérieuses par les de lord Mener il parle d'un facteur formidable qui étonnera l'Europe Les manifestations, qui se succèdent chaque jour dans le Parlement, dans la, Cité, dans tout le pays montrent dit le correspondant londonniçn de V Indépendance, qu'aucun fléchissement ne se produit dans la résolution prise par le peuple anglais tout entier d'aller, quoiqu'il arrive, jusqu'au bout d,s cette guerre, jusqu'à la. victoire finale, et de délivrer le monde du cauchemar du mi|tta.vi?Iîie germanique. On a beaucoup remarqué les énigmati-ques paroles du 'ministre de la guerre anglais,lord Kitehener,déclarant l'autre jour à la Chambre des lords «qu'il existait dans la situation un facteur formidable qui ne pouvait encore être dévoilé mais qui lorsque son existence aura été révélée étonne rait certainement l'Europe.» On s'est demandé de quel fait lord Kitehener avait voulu parler. Est-ce de la prochaine arrivée d'un contingent de troupes indiennes? Est-ce de l'envoi d'une armée japonaise? Ou de l'entrée en scène d'une nation restée neutre jusqu'ici? Ne s'agirait-il pas d'une découverte scientifique dont il a été beaucoup question ces temps derniers et qui assurerait une énorme supériorité à la puissance qui en possède le secret? Dans tous les cas le vainqueur de Omdur-man, le pacificateur de l'Afrique du Sud, l'administration auquel l'Egypte doit sa. magnifique prospérité est un esprit trop pratique, trop précis, trop ennemi des chimères, pour avoir parlé en l'air. Attendons-nous à la prochaine apparition du nouveau facteur qi^i doit augmenter dans des proportions formidables les chances déjà si prédominantes des armées alliées. L'union complète de tous les Anglais, quelles que soient leur opinion, leur croyance o.i leur situation sociale dans un inênu: sentiment de défense du droit contre la violence et la barbarie est un fait sans précédent dans l'histoire d'Angleterre. On a lu les admirables déclarations faites vendredi dernier au Guildhall par M. Asquith, M. Bonar Law, M. Balfour et M. Winston Churchill. Dans la presse l'unanimité est la même. Le Daily News dont nous avons eu bien souvent à signaler la partialité en faveur du kaiser et de l'Allemagne écrivait: « Le kaiser s'est placé à jamais hors la loi. Sa politique de barbarie calculée dont la destruction de Louvain est l'exemple le plus scandaleux, ne mobilisera pas seulement contre lui dans chaque pays toutes les plus nobles impulsions, mais elle le stigmatise comme un criminel que la société humaine ne peut plus tolérer.» Le chef du puritanisme anglais M. Frédéric Ilarisaon qui a depuis longtemps prévu la crise actuelle avec l.a prescience d'un véritable prophète^ exprimé dans le Times la même idéç; «Il faut, dit-il, que nous fassions vibrer le monde entier de notre sentiment d'horreur! La caste des Junkers et la dynastie des Hohenzollern sont responsables de ces infamies. Il appartiendra au peuple allemand de régler le compte de cette race qui l'a ruiné et déshonoré.» Enfin — chose qui ne s'était pas vue depuis plus d'un siècle — clans les églises catholiques irlandaises, les prêtres lisent en chaire des lettres de leurs évêques demandant aux fidèles de prier pour l'Angleterre «actuellement engagée dans une guerre où elle a pour elle la Justice et le Droit». En vérité, cette guerre aura plus fait pour la fraternité dea hommes que cent ans de paix. Les vaillants Autrichiens La Tribuna de Rome dit qu'un grand nom bre de blessés autrichiens de la bataille de Lemberg sont arrivés à Trieste. Ils disent que tous les officiers de trois bataillons ont fui le champ de bataille et se sont réfugiés dans un bois. Les troupes ont été annihilées; il ne reste plus que 30 survivants des trois bataillons. L'arme de guerre et l'arme d'apanhe Ainsi que le disait le cardinal Mercier dans l'interview que le Nouveau Précurseur a reproduite ii y a quelques jours, la guer-r? était chevaleresque autrefois; elle, aurait dft scientifique aujourd'hui, mais nos ennemis en font une guerre barbare. Il y a quelque chose de singulièrement révoltant dans cette idée: la science au service de la barbarie. Nous avons suivi en temps de paix Iqs, ingénieuses inventions sur le terrain militaire; nous avons admiré le génie — quelle que fût sa nationalité, — qui dota son pays "d'engins perfectionnés. Avec quelle passion ne vîmes-nous pas éclore ces •merveilles de l'air? avec quel intérêt n'avons-nous pas suivi les descriptions des «(Zeppelin», dans les journaux? Il est vrai qu'on nous les représentait plutôt sous des aspects riants. Il y en avait qui ne servaient que pour le tourisme. L'an dernier, la société qui les exploitait offrait aux touristes cinq voyages principaux: Hambourg-Lubeek et retour, deux heures de voyage dans chaque sens, et deux heures d'arrêt à Lubeck, — dont coût deux cents mark; Hambourg-Copenhague et retour, six heures de voyage pour quatre cents mark, le tout avec le «Ilanra». Le «Victoria-Luise» faisait cent kilomètres autour de Baden pour deux cents mark et Baden-Stuttgart et retour pour deux cent cinquante mark. La lecture de ce «prospectus» ne vous produit-elle pas l'impression que donnent les affiches aux éclatantes couleurs qui, dans les gares, prônaient les beautés des villégiatures et vous engageaient à y faire le voyage? Hélas! au même moment, le regard s'arrête à la devanture d'un marchand de journaux, où s'étale l'autre image, — celle qui représente l'oiseau sinistre jetant des bombes sur le Poids Public, L'appareil de tourisme est devenu l'appareil de destruction et (te mort. » * * Et pourtant, il semble bien que le premier enthousiasme pour les ((Zeppelin» se soit quelque peu émoussé. On se souvient d'avoir lu que Guillaume y n'abandonna jamais le vieux -comte, qui était un personnage populaire comme Blériot en France et Olioslagers chez nous. Il i _carnait pour les Allemands l'idée de la conquête de l'air. Il ne fut pas soutenu par l'état-major, qui lui préféra nettement un des siens, le major Gross, lequel fit la série, malheureuse d'ailleurs, des M (militar). Par contre, l'empereur et le peuple furent fidèles à Zeppelin. Toute la capitale allemande a chanté jadis un refrain qui fit fureur et devint comme une obsession, au café-concert, au phonographe: «Zepp'lin! Zepp'lin! Komme docU

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