Les nouvelles du jour: feuille luxembourgeoise d'informations

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14 February 1915
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s.n. 1915, 14 February. Les nouvelles du jour: feuille luxembourgeoise d'informations. Seen on 23 April 2019, on https://hetarchief.be/en/pid/p26pz52f79/
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Feuille Luxembourgeoise d'Informations ARLON, LE 13 FEVRIER 1915 L'eflort militaire russe En Pologne —t<U»— Les voles terrées stratégiques -M— 11 y a environ un mois, notre journal a publié un article inédit consacré à 1 effort militaire russe. Nous y exposions quelle œuvre importante a été réalisée en irioins de 10 ans par les autorités militaires russes, en sorte que la Russie meurtrie de 19C4 a lait place, en un laps de temps relativement fort court, à une puissance militaire parfaitement préparée pour la lutte. Cette œuvre, nous l'avons dit, ne comportait pas seulement une réorganisation partielle et un rajeumssement des cadres, niais aussi une augmentation sérieuse des effecti.s et une amélioration non moins importante, du matériel de guerre. Un côté particulièrement intéressant de cette œuvre tormidabie avait été laissé dans l'ombre au cours de notre exposé: c'est l a-mélioration, dans un but militaire,du réseau de communications par routes et par chemin de ter, dans ies immenses régions de la Pologne où se joue en ce moment la plus grosse partie peut-être, de la terrible et gigantesque campagne européenne. On a toujours dit que les distances constituaient la difficulté principale de la déien-se ou de l'attaque russe. Toutes les guerres, depuis celles du premier Empire napoléonien, jusqu'aux guerres récentes de Turquie et de Mandciiourie, ont prouvé que la question des transports était, pour l'armée russe, le problème le plus difficile à résoudre.Malgré la présence d'effectifs considérables sur ses diverses frontières (immédiatement avant !a guerre, 9 corps en Lithua-nie et en Pologne, 5 dans le,,sud-ouest, 3 au Caucaswr-2- an Turkif -mrr-3 ert-Extr^mi-Orient, 1 en Finlande), il restait à la Russie quatorze corps d'armée qui ne pouvaient être amenés à pied d'œuvre que par de longs transports par voies ferrées. La longueur moyenne de ces transports dépasse 1,300 kilomètres, c'est-à-dire environ la largeur dé la France. L'existence de lignes de transport nombreuses et bien outillées était donc, et est encore pour la Russie, une nécessité vita'e. Si les lignes stra'égi-oues ne sont nnrfois eue d'un raooort économique médiocre elles sont d'une ermde importance pour la conduife dî la po'itioue d'un oavs. La Duissance militaire se mesure en effet au nombre de troupes ou'un pays peut j>=ter sur ses frontières en un temps donné. La Russie disposait au début des opérations de cinq lignes à double voie et d'une ligne à voie simple aboutissant en Pologne. La création d'une nouvelle voie ferrée reliant directement Varsovie au centre de l'empire, à cette région de la Volga, riche en blé et riche en hommes, était une nécessité inéluctable qui n'a pas eu le temps de se réaliser. L'état-major russe se rendait parfaitement compte de l'importance qu'il y a pour lui à pouvoir disposer le plus tôt possiole de tous les moyens de transport qui lui étaient nécessaires pour répondre par une concentration rapide à l'action d un ennemi qui a pris comme base de sa tactique l'accélération de la mobilisation et de 1 attaque.tn plus de ces nouvelles lignes, d'autres améliorations restent nécessaires pour donner au reseau lerré russe une capacité de rendement comparable à celie des roseaux de 1 turope occidentale. Le budget des voies et communications ne tournit pas à ce sujet les mêmes promesses que le budget de la guerre. Sur les 100 millions d'augmentation prévus pour 1914 au budget ordinaire des voies et communications, 26,889,728 roubles seulement (consacrés à l'acquisition de matériel roulant, en particulier de 400 locomotives à grande puissance) étaient d un réel intérêt pour le département de la guerre. Les autres augmentations ne visent que des améliorations relatives à l'exploitation commerciale. De même sur les 110 millions du budget extraordinaire des chemins de fer, 24,/b2,lb0 roubles se rapportent à des travaux à exécuter en turope. 11 n'y a guère que 6 millions qui soient consacrés à des dépenses pouvant intéresser le ministère de la guerre. il y avait peut-être là une lacune à combler.Mais les événements ne l'ont pas permis. Ils se sont précipites de tei.e manière que la vaste et toute neuve organisation militaire a dû se déclancner malgré ses im-periections encore nombreuses. Les plus sensibles peut-être consistaient en cette insuffisance du réseau ferré en Pologne russe. On l'a bien vu, des que les opérations ont pris une allure sérieuse. Entre autres qualités indiscutable», l'armé* du feld-maréchal von Hindenburg présentait une extrême moDilité qui lui permettait de parer à toute tentative des Russes, forcement lente à se réaliser. Cette mobilité du côte allemand, cette lenteur du côté russe, n'ont d'autres causes que l'état du réseau ferré de l'un et de l'autre côté du front. 11 est possible, il est même probable, que depuis lors, l'armée du grand duc Nicolas j a cherché à réparer ce défaut de son organisation et qu'en arrière du front, l'on a fiévreusement établi les voies stratégiques dont absen:e s'est fait cruel'.ement sentir aux Russes, dès les premières opérations. Quoi qu'il en soit de ce côté de la question, et a envisager les choses tout à fait OD,ectivement, il faut rendre hommage a 1 eiiort militaire de l'tmpire russe. Une chose digne de ren,arque, c'est qu'il s'est accompli sans apporter le moindre trouDle ni la moindre g^ne à cet immense pays, alors qu'en France, par exemple, les dépenses militaires nouvelles ont posé un véritaole proDlème budgétaire. Les plus-values récentes de ses exercices ^L'aient même prévoir, que cette année, en dépit de la formidable augmentation des dépenses militaires, le budget aurait encore une fois été bouclé par un excédent... si la guerre n'avait pas éclaté. Habits de deuil Nous lisons dans le Quotidien, de Bruxelles, cette belle page de notre excellen.e consœur, Alice Colin: « Bruxelles, chaque jour, un peu plus s'endeuille,et c'est,au long des rues que tns-ment ecla.re un ciel gris et livide, de noire» silhouettes, des formes graves et recueillies. Car ce ne sont pas seulement les meres éplorées, les épousés prostrées qui dissimulent mal les ravages de la douleur s us le voile funèbre; il en est d'autres, beaucoup d'autres que la détresse du pays et l'affliction du monde ont conviées à ce deuii na- ' ticnal.£t-cc!a scnrblc ap.iiseH» g, an x France des malheureux, et cela par .( ré-' conforter l'âpre misère, et cela console l'immense infortune! Hélas [pourquoi faut-il que la même pensée pieuse, que le même souci d'humanité n'habite point tous les cœurs? Pourquoi ai-je entendu dire que la mode était au noir, que nos mondaines et nos coquettes revêtaient à plaisir les lugubres cou leurs de deuil? Peut-on concevoir que la coquetterie se serve ae »a mort pour se mieux parerjqu elle choisisse pour taire saiiiir une peau Dlan- . che et fine, du crêpe sombre mystérieusement replié sur lui-même ou des cachemires amorphes qui donnent un relief étrange et captivant aux échancrures audacieuses et provocantes? La Mort passe. C'est la mort glorieuse de nos fiis et de nos frères; c'est la mon affreuse dans les tranchees inondées après la souffrance atroce, après l'épuisement, après la résistance vaine... La Mort cour; ^c de longs frissons, des spasmes, d é-pWj'antei, de lugubres complaintes, d'un n|Bà l'autte du monde. Est-ce craie, la noire et tragique messagère, qu'il faut attendre la mode nouvelle r tst-ce entre ses mains sanglantes qu il iaui abandonner la beauté pour conserver à ceite-ci son prestige et perpétuer son règn^ souverain ? jeunes filles, jeunes femmes, il vous sied certes de porter îe deuii, le deuil des campagnes dcsolces et des cités détruites, le ueuu des rires envoles et des chansons oubliées, le deuil des hauts-fourneaux éteints , et des chantiers déserts, le deuil de 1 ari, le deuil de la muse, et surtout, oh! oui, surtout, de la vie belle, et bonne, et jeune qui s'en va, qui s'écoule stérile, à pleins bords, sans que nul la puisse recueillir! Mais ce deuil-là n'a point besoin de faste ni d'apparat; il ne s'extériorise pas jusqu'aux gazes fines, jusqu'aux étoffes de prix; il n'exige pas une décoration spécial bien apparente; il ne s'abrite pas exclusivement derrière un voile où le regard apparat plus attrayant parce que plus mystérieux!...Le deuil vrai, celui qui vit d'accord avec l'amertume de nos larmes, avec la stupeur de nos effrois, avec l'effondrement de nos espoirs, celui-là est dans l'effacement, dans tout ce qui repousse la pitié indiscrète, dans la tenue sévère et grave, dans le geste mesuré, dans la phrase silencieuse et p nd_-rée! Il est dans les logis béants où l'on ras-t semble ce qui reste encore ci- la famTe,où' l'on cause de cœur à cœifr, d'âme t, âme autour du berceau orphelin. Il est d ins les ruines informes où les masses enchevêtrées écrasent mal les souvenirs. I! est autour des tombes anonymes où rien ne décèle la gloire oui, sous elles, rayonne, mais où la terre est informe de couleur, sous le ciel gris et las et morne comme devraient l'être nos t visages et nos cœurs. » Alice COLIN. Un hommage <m Japon au roi Albert Un journal |aponais, ÏAsahi, a pris, nos lecteurs le savent, I ni tiative d une manifestation de sympathie t 1 égard du roi Al-oert,en oll'rant au souverain beige un sabre, œuvre merveilleuse ci '.n grand* artiste du seizième siècle. M. St'.,n ara, envoyé spécial de l'Âsahi, a été pVaenté au roi Albert par M. Zamanaka, cht >~:é d'affaires du Japon en Belgique. En :ffrant au souverain ie sabre ta:ai, M. Su;]'.-.ara a prononcé les paroles suivantes: « Je demande humblement la permission en laveur ue Kyuhei...^yrayama, président des Asahi Siiimbun (le Soleil du matin) de Toivio «t d'Osaka, d o frir à Votre Majesté un sabre tachi. « Je prie Voire Majesté de me permettre de lui confirmer que peuple japonais tout enner a conçu îa p.us grande admiration pour le courage etfla perseverance de votre Majesté et ae se^ujets. « L'offre de ce sabre, l'âme du Samouraï que M. Murayama vou.; prie gracieusement d accepter, traduit la Ir^s haute idée que le peuple du japon se fait de la brave nation Je 1 ouest dont l'héroïsme a été proclamé à travers le monde ent:er. « M. Murayama a choisi ce sabre dans sa collection d'objets d-nrt. Sa 'ame a été aite en 1577 par un célèbre forgeron nom- é Nakajawa Schichirûyemon-no-jo Iuki-'.ane, oui vivait à Osaiune, dans le Japon ■ccidental, et mourut en 1588 ». Le Roi a remercié avec une visible émotion.CHRONIQUE V ACTUALITE ) L'histoire M grenades ï L'histoire de la guerre du jklXme siècle n'a connu l'emploi si abondant des grgiades à main que dans la guerre des iortifleations. Personne n'a cru que cette arme extrêmement ancienne ,qui est déjà appliquée aux déouts du développement de l'artillerie, jouerait encore un rôle si important. La grenade à main, à qui les grenadiers doivent leur nom, revient jn ce moment aux honneurs et forme, comme à l'époque de la guerre de Trente Ans, un moyen important dans les combats rapprochés, peur infliger à l'ennemi de sérieux dommages. Les grenades à main ont bien la forme la plus primitive des grenades en général, comme le canon a la forme des canons à main.Les premiers canons apparus étaient des tuyaux mis sur un trépied pour le tir> mais qui étaient portés a la main, donc réellement des fusils en forme de ca-, non. Ces canons à la main étaient employés pour le ;ir de ces obus creux remplis de poudre qui apparurent vers 1500. Dans le livre de la guerre de Bap-tista délia Valle de 1523, nous trouvons la première notion exacte sur l'art de fabriquer et de jeter les grenades à main. On se servait d'abord du canon à main, genre mortier ,dont par exemple, l'arsenal de -^erlin possède un exemplaire intéressant du canon à main fondu par Max h'eberger ,à Nurnberg, en 1594. Cette chose intermédiaire entre le canon el l'arme à feu à main, ne fut pas allumée de la manière .labituelle au moyen de verges enflammées ou de la poudre détachée, mais elle était montée par une serrure à ressort. La mise sur un affût admirable qui représente l'activité de l'artillerie et la décoration d'armoiries sur les tuyaux prouvent quelle valeur on at-triouait a ces canons a main pjur iancer les grenades a main. Au XViime siècie on conduisit un nouveau eenon pour les grenades a mairi, un mortier à pied en ie r, qui fut dénomme, d apras i'inventeur, le celéDre constructeur de fortifications ooenora, «le mortier » Jocnora». ^a canon ,peu lourd et maniaole, suoit de nomoreux perfectionnements e. au X Ville siècie le mortier a main, qui îut introduit du temps du roi-soldat Friedrich, dans 1 armée piusjiemie pour le lancement des grenades, ne posait ,y compris son échafaudage,que 29 Kiios. cnireiomps, la grenade a main était enlevée depuis longtemps des canons à main et donnee- dans ies mains des soldats. Au XVime er XVilme siècie, ces obus turent lancés par un instrument qui avait la forme d'une grande cuiller, uéja au XVIime siècle on fabriquait des grenades a main qui contenaient à l'interieur un appareil à amorce dans ie genre de la platine et qui ,par cet arrangement, pouvaient produire automatiquement et sur le coup leurs effets. Les grenades etaiem fondues en grande partie en ter et étaient reiMjies ensuite de poudre. L'amorce était allumée iniwHiatement av^nt le lancement, car l'explosion devait se produire au milieu dès ennemis et occasionner de grands ravages. Le ianceur de grenades à main, le «grenadier», jetait, au ; noient de la iancer, son rusii sur l'épaule pour avoir J4^H8HÉd£u:cs et prenait la grenade dans la main '^^^^^amor.c dans la main gauche pour l'allumage Cette manxu» re a eu son effet sur la confection deVuniforme, car le vieux chapeau à grands rebords n'Jpt pas utilisable pour le grenadier, attendu qu'il le gênait lorsqu'il devait jeter le fusil au-dessus de la tète sur l'ép ule et quand il voulait jeter des grenades. Il reçut donc bientôt un simple bonnet pointu ..ui se transforma successivement en grands bonnets de grenadiers. 11 y a dans différents musées un grand nombre de grenades remarquables, en verre et autres matières. L'ESPAGNE ET LA GUERRE Une interpellation au sénat espagnol KO»»-— Au Sénat, M. Dato ayant den. jndé à M. Na/arro Reverter, l'ancien ministre des finances, d'accepter un nouvel ajournement de son interpellation portam sur les conséquences du conflit européen pour l'Espagne, de nombreux sénateurs protestèrent,. M. Garcia Prieto, faisant ressortir la gravité du problème soulevé, déclara vouloir développer cette i interpellation si M. Navarro Reverter ne le faisait pas .Finalement M. Navarro Reverter exposa l'idée générale de son interpellation. L'interpellateur dit que la guerre actuelle a précipité dans la lutte 24 millions d'hommes, qui combattent avec les armes les plus modernes et les plus perfectionnées et qui ont cessé de produire. La guer re a déjà entraîné pour les belligérants une dépens* : de cent dix milliards. ; Le gouvernement espagnol, depuis le commencement des hostilités, a observé une attitude passive, ' dont il n'a rendu compte à personne. « Il importe aujourd'hui , déclare l'orateur que le gouvernement s'explique et fasse connaître les mesures qu'il compte prendre afin d'atténuer pour l'Espagne, les conséquences du conflit européen, notamment les conséquences économiques.» M. Navarro Reverter explique que la nécessité qui s mpose aux grandes puissances de conquérir de nou".e-t?u < marchés est la cause du choc qui se pro-S duit '-ntre les intérêts matériels et qui changera la » face oc-s nations, surtout de celles qui, comme les nations du Nord, marchaient vers la transformation progressive du commerce et de l'industrie. 1 L'orateur montre quel besoin éprouvait l'Allemagne d'assurer sa situation sociale et économique, visiblement ébranlée, et constate qu'une évolution se produit au sujet du moyen sanglant qu'elle a employé.Pendant que les autres nations neutres s'agitent ; patriotiquement vers l'avenir entrevu, l'Espagne restera-t-elle les bras croisés devant les hécatombes actuelles? Le gouvernement ne doit pas perdre une minute pour défendre les intérêts de la nation. M. Navarro Reverter croit que !a paix sera signée en 1915; il voudrait voir'son pays se préparer , discrètement pour ce nvment. Le, fait-Il ? "Ën "terminant, "Toratèuf deciare' qu'il--«ppiauu^ etv que la nation entière applaudit avec lui l'attitude d'absolue neutralité adoptée par le gouvernement et ^ qui ne doit pas être discutée, mais simplement observée.Dans une récente conversation, M. Navarro Reverter a dit quel Stait son but, quel cadre il voulait .' tracer à ces débats, qu'il jugeait d'une nécessité absolue. « Depuis le mois de juillet, on ne s'est pas préoccupé aux Cortès de la situation économique créée ^ en Espagne par le conflit européen. Celle-ci, par sa situation géographique ,est appelée à rester neutre, mais cette neutralité ne signifie nullement l'impassibilité devant les conséquences fatales de la guerre. J'estime qu'il est nécessaire, à la veille du bou-^ leversement qui va se produire au point de vue industriel, commercial, financier et douanier, pour ne citer que ces problèmes entre bien d'autres, d'instituer au Parlement un débat auquel devront prendre part tous les représentants des diverses régions de la nation et émettre leurs vœux. » ï DANS LA TRANCHEE Boudru, carrier —)o(— C'est un territorial français dont l'âge avancé étonne ses camarades de tranchée. Un de ceux-ci, le soldat Lidau, se décide un jour et l'interroge : — Qu'est-ce que tu faisais, Boudru, dans le civil? — J'faisais des pavés à Ballainvilliers, près de Longjumeau, expliqua Boudru avec complaisance. Tu connais pas Ballainvilliers? Les plus belles carrières de grés et les meilleurs tailleurs de pavés qui existent au monde; même qu'une fois les Anglais sont venus chercher une équipe pour l'emmener à Malte. Alon père, mon grand'père, mon arrière-grand-père étaient carriers, et avant... je ne sais plus! On a toujours taillé le grés, dans ma famille. Moi, quand j'ai été mis au pavé, j'avais treize ans. J'en ai quarante-neuf, aujourd'hui. — Tu as quarante-neuf ans? dit Bidau ,étonné. Je me disais, aussi... C'est pas pour te vexer, mon vieux,mais tu marques bien 7 ou 8 ans de plus que les plus anciens qui sont ici ! Comment ça sé fait qu'on t'a envoyé en première ligne, dans les tranchées? T'étais d'âge à rester chez toi; en tout cas, t'aurais pas dû quitter les ateliers militaires, des fois qu'on aurait eu besoin de ta spécialité. C'est le règlement.— On a besoin de ma spécialité, c'est ça 1 répondit Boudru en rigolant. Le maire, les gendarmes, enfin toutes les autorités à Ballainvilliers m'avaient bien dit: «Boudru «vous n'êtes pas dans ceux qui partent. De votre classe, on n'appellera que les ouvriers spéciaux qui pourront être utilisés dans les ateliers de l'armée. Et vous êtes carrier: qu'est-ce que vous-voulez que l'armée fasse d'un carrier? On ne va pas paver la route jusqu'à Berlin. » [ V « Je vais te dire une chose, tu ia croiras ou tu la croiras pas, ça m'embêtait de rester sur mon derriè- * re .J'ai quarante-neuf ans, mais j'en vaux bien un autre.C'est le poussier des carrières qui m'a blanchi le poil, faut supposer ; à part ça je suis solide. La carrière avait fermé,mais il est parti tant de monde,dans les campagnes, que je trouvais toujours à gagner une pièct ds trois francs, ]t 'rivais. C'sst donc pas la question de trouver à manger. « Pourtant, je m' serais pas engagé. J' suis d'ceux qui prennent les choses comme elles arrivent. On veut de moi, ça va bien. On n'en veut pas, faut pas réclamer. Bon, voilà qu'un jour le brigadier de gendarmerie arrive avec une feuille de route. « — Paraît qu' vous partez tout de même, après tout, père Boudru, qu'il fait. « — Par exemple, que je dis, c'est rigolo! Et pourquoi ça? « — C'est pas à moi à vous le dire, même si je le savais .Vous êtes mobilisé pour votre spécialité, voilà le sûr et le certain. «< Puisque c'était pour ma spécialité, je prends me massette, mon pic, une scie — je crois qu' si j'avais eu de la dynamite à ma disposition ,j'aurais pris de la dynamite — j'embrasse la bourgeoise après lui avoir bien fait comprendre qu'elle allait toucher vingt-cinq sous par jour pour elle et quinze sous pour les trois gosses; je pars, et j'arrr/e où je devais aller, où c'est qu'on m'habille comme tu me vois maintenant, en territorial. Et puis j'attends. « J'attends huit jours, j'attends quinze jours, pas trop malheureux, mais un peu embêté tout de même de n'avoir rien à faire, mais rien de rien, qu'à me remonter le moral chez les bistros. Je pensais toujours: (dis m'ont fait venir pour ma spécialité: où « c'est qu'elle est, leur carrière de pierres? » « Enfin le colonel passe dans les chambres, un brave homme de colonel. Il se fait donner les états individuels par ies capitaines, les sergents-majors, et il dit : «Alors on nous les a envoyés, les mobilisés spé-« ciaux? Ça n'est pas trop tôt ! Vous ferez descendre « ce^ homme-là, où vous savez. On le désire ! » « Ça y était ! Je prends ma massette, mon pic, mon cise u, ma scie, qui étaient dans un sac, et j'accompagne un sergent-major qui me conduit dans la cour. Toujours pas plus de carrière que sur ma main. Mais je pensais : ((Peut-être qu'ils construisent une forti-(( fleation». Au lieu de ça, le sergent-major me conduit dans un atelier où je vois un homme en train d'étouffer sous quinze mille pantalons rouges .autant de capotes et autant de tuniques. Et le chef lui dit : « — Voilà votre ouvrier. « — C'est pas malheureux ! qu'il a fait. « Moi, je tenais toujours mon sac à la main . v « — Qu'est-ce que vous avez là-dedans? fait l%omme, .qui avait aussi les galons de sergent. • « — Més outils, sergent. « — Vous avez apporté vos outils? Vous êtes un garçon, sérieux. C'est étonnant ! Là-dessus, je sors la massette, les ciseaux, tout ce qui s'ensuit, et il se met à faire des yeux, mais des yeux. c'est q'ae ça, «le «v.. . qu'est-ce que ça? Est-ce que vous vouW!..ez dèr moi ? « — Mais, sergent, puisque je vous dis que ce sont mes outils. « — Eh ! bien, si on a jamais vu rétrécir une culotte avec une scie ! Nous avons demandé des tailleurs. Vous n'êtes donc pas tailleur? « — Je suis tailleur de pierres, que je répondis, abruti. (( ...Tu comprends, ils avaient demandé des tailleurs. L'admin'stration avait vu ((tailleur» sur mon livret et n'avait pas lu plus loin. Alors, ce tailleur-là, çà l'a dégoûté. Il a dit qu'il ne voulait plus me voir. Ça fait qu'on m'a versé avec les autres, et de fil en aiguille je suis venu ici... Là, tu vois, ils viennent de tirer sur le périscope. Un centimètre de plus à droite, et tu n'y coupais pas. Fais donc attention, andouille. » REVUE DE LA PRESSE ) Les articles paraissant sous cette rubrique, ont un : caractère purement documentaire. Nous les reprodui sons pour permettre au lecteur de se rendre compte de l'état de l'opinion publique dans les différent, pays. L'ANGLETERRE ET LA MENACE ALLEMANDE La Pall Mail Gazette dit que la résolution prise par les Allemands de torpiller tous les bateaux marchands, venant après le décret du gouvernement établissant le^ monopole des grains, est une lourde méprise. Ce n'est pas nous, c'est notre ennemi qui, à la longue aura à en souffrir, puisque la possibilité pour lui d'obtenir, en petite quantité, ce dont il a besoin, repose sur les bâtiments neutres. La menace dirigée contre le commerce des neutres va détruire cette possibilité. LES FORCES DES BELLIGERANTS L'Invalide russe, l'organe militaire publié à Pé-trograd, fait remarquer que dans toutes les guerres — et il cite notamment la guerre russo-turque de 1877-1878 et la guerre russo-japonaise de 1904-1905 — après un certain temps pendant lequel les adversaires ont donné leur maximum de force, il se produit une accalmie. Le même phénomène vient de se répéter. Maintenant, derechef, les ressorts se tendent pour recommencer la lutte avec une énergie nouvelle. Les adversaires se regroupent, et surtout, se renforcent. Aucun Etat au monde, écrit VInvalide russe, n'avait eu les moyens d'instruire toute la masse de sa population masculine apte à porter les armes. On supposait qu'une guerre du genre de celle qui a lieu présentement, ou devait finir rapidement par une rencontre colossale et de plusieurs jours des armées, ou s'éterniser en donnant aux forces adverses 1 le temps de se refaire par l'adjonction des masses | non éduquées militairement, mais que l'on pouvait instruire. Et les ouvrages militaires d'Europe donnent comme chiffres des réserves à prendre parmi les hommes ayant été instruits : France, 41 p. c. (4 millions) ; Allemagne, 36 p. c. (4 1/2 millions) ; Autriche-Hongrie, 21 p. c. (2 millions) ; Russie (y compris les cosaques. 21 p. c. (6 1/4 1 millions). IM" 45 Le Numéro M centime» Dimanche 14 Février 1915

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