Lâcheté ou maladie psychique?

Lâcheté ou maladie psychique?

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Redactie 10 octobre 2016 60

Les privations, l’anxiété permanente et l’impuissance de l’individu rendaient la guerre des tranchées physiquement, mais surtout psychologiquement atroce. Une grande partie des soldats s’effondrait et ne parvenait plus à fonctionner malgré l’absence de blessures visibles. À la fin de la guerre, l’armée britannique comptait 80 000 cas d’obusite.

 

Belgisch dagblad 10/05/1916, p. 4

"Hoe het zenuwgestel van den soldaat lijdt", Belgisch dagblad 10/05/1916, p. 4

 

Les premières années, ces hommes furent tout simplement mis de côté comme des lâches qui simulaient leurs troubles pour quitter le front. L’obusite ne fut reconnue comme une véritable affection qu’en 1916. Un grand désaccord existait toutefois quant à son traitement. Certains médecins militaient pour des centres de traitement séparés derrière les lignes et en Grande-Bretagne. Ils traitaient l’obusite par hypnose ou de la même façon que l’hystérie ; avec des chocs électriques ou des bains d’eau froide. Pour le commandement en chef, ces soldats en institutions psychiatriques étaient cependant un « gaspillage » d’effectifs. On choisissait toujours plus souvent d’évacuer le moins d’hommes possible pour cause d’obusite. Les soldats qui s’effondraient recevaient un ou deux jours de repos, un bon repas et un uniforme propre avant d’être renvoyés au front. On était convaincu que si un soldat montrait trop longtemps des signes d’obusite, la cause était sûrement sa faible constitution et non la guerre. Le commandement en chef estima que les soldats ne pouvaient pas être « payés » pour une dépression nerveuse. Ils ne recevaient ni médaille de blessé ni pension. Et ils n’avaient droit au statut de blessé que si leur dépression était clairement liée à une explosion. Le commandement en chef continua à avoir du mal avec l’absence de causes physiques de l’obusite.