Belgenland

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21 octobre 1918
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s.n. 1918, 21 Octobre. Belgenland. Accès à 25 août 2019, à https://hetarchief.be/fr/pid/qr4nk37j8d/
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ijnt dagelijksch TIEN CENTiEMEN ———anuB—i—«nMdMi * ninnri h hh wjiijgaaMi Maandag 2t October 1918 BELGENLAND LE PAYS BELGE Drukker-Uitgever A. Moens-Patfoort, Wijngaardstraat, 19 AU ROI SIRE, Parmi les vieilles cités du sol patrial reconquis par l'héroïsme de nos soldats et de eurs admirables alliés, la vilie de Bruges, la première est appelée à l'honneur de vous saluer. Certes le souvenir de ses gloires passées lui en conférait déjà le droit ; mais c'est surtout, aujourd'hui, comme capitale de laWest-Flandre qu'elle doit parler, de cette Flandre détruite, bouleversée, éventrée, de cette Flandre dont le sol généreux a depuis quatre ans bu tant de sang, vu tant de douleurs, de cette Flandre si fière naguère de ses antiques cités et de ses villages prospères et qui ne peu! plus jeter ses yeux désolés que sur des monceaux de décombres semblant rougeoyer encore des lueurs d'incendie de l'anéantissement d'Ypres et de Dixmude et sur la mer boueuse des inondations, dernier rempart d'une indomptable nation et ultime secours demandé à la nature contre le flot de l'invasion barbare. Ah ! Sire, nous nous étions promis tant de claire joie en songeant à votre retour dans la patrie libérée, nous avions tant vécu en imagination le radieux triomphe de votre Joyeuse Rentrée ! Et voici que nous n'avons presque plus la force d'exprimer notre indicible bonheur; nous sommes comme deux frères revenant d'un lointain exil, qui s'étaient fait fête de s'asseoir à la table familiale mais qui ne se rencontrent que sur la tombe de leurs parents et dont l'immense tendresse ne peut se traduire que par un serrement de main sans fin, les yeux dans les yeux et la gorge serrée, sans dire un mot, car toute parole ferait éclater des sanglots. Nous n'avons plus celte joie tant rêvée, car nous avons trop souffert et nous avons vu trop souffrir, trop pleurer, trop prier et nous craindrions que des éclats trop bruyants ne vinssent torturer quelque part une mère dont le fils ne reviendra jamais plus, une épouse qui ne reverra plus son mari, des petits enfants qui, désespérément, appellent un père couché là-bas pour toujours. Nous avons souffert, Sire, comme vous avez souffeit ; mais quelques terribles qu'aient été nos épreuves, elles ne se peuvent comparer à celles des hommes qui, sous votre commandement, ont passé quatre ans et demi de fatigues surhumaines, de combats d'épopeé, de dangers incessants. Ce sont ces hommes-là, que nous saluons en votre personne, ces hommes dont les douleurs et le sang nous ont rachetés, ont refait de nous d'esclaves que nous étions devenus, des hommes libres dans une patrie libre. Nous devons leur dire, aujourd'hui, en ce jour de gloire qu'jls ont si chèrement acheté, que pas une heure ne s'est écoulée en ces longues années, où notre pensée constante et angoissée n'ait été avec eux, où nous n'ayons partagé en esprit avec eux, les heures sanglantes qu'annonçait la voix formidable des canons et ces autres heures aussi, infiniment longues et tristes, où, sous le ciel bas et sombre nous les devinions transis dans les tranchées boueuses où mar- uus par le gei sous la Dise se ruant ae ia mer. Ah ! oui, que sont nos souffrances à côté des leurs ! Nous avons été bafoués' écrasés, blessés â toute heure dans nos sentiments les plus intimes ; nous avons vu des femmes, des enfants, des malades jetés brutalement sur le pavé par un vainqueur arrogant descendu au rang de pillard ; nous avons supporté en silence les affronts que nous avons dû essuyer quand les barbares sont venus s'asseoir en maîtres insolents à notre foyar ; nous avons vécu sous un régime d'abominable tyrannie basé sur la dénonciation et rappelant cee Dix de Venise dont on croyait la sinistre histoûe engloutie à tout jamais dans les abîmes dn passé ; nous avons vu des hommes traqués comme des bêtes fauves, jetés dans d'immondes prisons, envoyés mourir lentement de faim dans des bagnes lointains, parce qu'ils ne voulaient pas servir l'ennemi de leur patrie ; nous avons vu dévaliser nos intérieurs par des Barbares anx abois qui voulaient, de notre bien, faire des munitions pour tuer nos fjères ou tisser des vêtements pour vêtir leurs hordes guenilleu-ses ; nous avons vu l'immoralité provoquée, assistée, encouragée par un pouvoir despotique se parant ironiquement du titre < d'autorité » ; nous avons vu, honte dernière, une poignée de misérables stipendiés parl'ennemi, assaillir leur Patrie pantelante et la livrer pour le salaire de Judas ; nous avons vu assassiner honteusemeut, en cachette, des braves qui avaient voulu servir leur pays et dont le cadavre proscrit a été enfoui dans une fosse obscure snr laquelle aucune prière n'avait le droit de s'élever ; nous avons vu mourir des milliers de nos compatriotes, tués par la misère après avoir été affamés par les bandes de brigands déshonorant le nom de soldat ; nous avons vu les mères ravaler leurs larmes quand la voix suppliante des enfants leur demandait du pain ; nous avons vu les jours d'hiver sans feu, nous avons connu les soirées sans lumière, nous avons vécu 'les longs mois d'effroyable détresse. Tout cela, nous l'avons supporté sans une faiblesse, sans un moment de défaillance, pour rester dignes de ceux qui, derrière l'horizon. apportaient, eux, le suprême sacrifice sur l'autel de la Patrie. Aussi, Sire, est-ce le front haut, la conscience nette, que nous nous présentons devant vous, en hommes libres parlant à un Roi libre, remplis de l'indicible fierté de n'avoir jamais douté de la Patrie, d'avoir résisté opiniâtrement, inlassablement à l'ennemi, à ses ruses e: à ses brutalités, d'avoir montré au monde entier que la masse peut vaincre des Belges, mais qu'aucune puissance humaine n'est capable de les courber. Sire, notre endurance, notre constance notre inébranlable fidélité à la Patrie et à Votre Personne qui la symbolise, pous donnent certains droits aujourd'hui, dont nous vons demandons respectueusement l'autorisation d'user. Les hommes qui ont eu en ces années terribles la charge du gouvernement en terre d'exil ont bien mérité du pays et nous ne leur marchandons pas notre reconnaissance ; nous ne doutons pas qu us n aient depuis longtemps songé à l'heure présente et vi^agê les mesures nécessaires à la résurret .n de la Belgique ae ses ruines ; ruais nous \ ,uurions que, dans leurs délibérations, une part, une très large part, soit faite aux hommes qui ont cru que leur devoir les attachait à la population martyrisée qu'ils avaient l'honneur de représenter en temps de paix. Ces hommes-là pourront exposer au gouvernement notre état d'âme ; ils pourront l'éclairer sur de nombreux faits qui, peut-être, ne seront arrivés à lui qu'incomplètement rendus et déformés ; 'ls seront les portes-pai ,)le autorisés de « ceux qui sont restés », qui ont la légitime exigence de mettre leur ménage en ordre eux-mêmes et qui craindraient de voir surgir des Sauveurs du Capitole. Et maintenant, quels sont nos vœux? Le premier, le plus grand de tous, universel, sans discussion ni contestation possibles, c'est de récompenser largement, royalement, ceux qui nous ont défendus, les armes à la main. C'est grâce à eux qu'aujourd'hui nous pouvons nous dire Belges, ils ont payé notre liberté de leur sang ; au chirurgien qwi vous a sauvé la vie, on ne marchande pas les honoraires. Nous so unes pauvres, c'est entendu; beaucoup d'e .re nous sont ruinés. Ne parlons pas, évidemment, de la poignée de requins, de Shylock de boutique qui se sont mis à plat ventre devant l'ennemi pour lui vendre leurs marchandises frelatées et qui ont indignement exploité la misère de leurs compatriotes. Nous saurons les faire rentrer dans l'ombre s'ils se permettaient de plastronner. Mais nous tous," les honnêtes gens qui sortons de la guerre pKus pauvres que nous y sommes entrés, nous n'entendons pas, malgré notre détresse, marchander la récompense due à nos défenseurs. Si la France a toujours été assez riche pour payer s. gloire, la Belgique ne le saca pas moins pour payer sa liberté. Il y en a d'autres encore qu'il faut se récompenser ; ce sont les martyrs qui ont souffert l'emprisonnement, le bagne, la déportation pour rester fidèles à leur patriotisme ; ce sont les fonctionnaires qui n'ont pas voulu pactiser avec l'ennemi et que lui ont héroïquement refusé leurs services au prix du pain de leur familie.Ce sont aussi les magistrats qui se sont montrés dignes do leurs grands ancêtres et qui ont prouvé la race des Agneessens n'était pas morte en notre pays. 11 faut mettre aussi en une admirable lumière ceux qui sans crainte, sans faiblesse,ont personnifié la Belgique crucifiée, u maintenu haute sa fierté et sa dignité devant l'envahisseur et dont les deux figures les plus resplendissantes, grandes d'une grandeur antique, sont le bourgmestre Max, de BruxelLs, et surtout S. E. le cardinal Mercier. Cependant, Sire, une justice qui sç contenterait de récompenser mais qui ne saurait pas punir ne serait pas complète. Et ici nous touchons à un point grave. 11 n'est personne qui, journellement, n'exprime l'espoir que ceux qui ont failli devront être traités selon leurs œuvres. Et pourquoi, néanmoins, le scepticisme qui se fait si souvent jour, ce doute dans

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Cet article est une édition du titre Belgenland appartenant à la catégorie Culturele bladen, parue à Bruges du 1918 au indéterminé.

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