Informations belges

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s.n. 1918, 07 Avril. Informations belges. Accès à 25 avril 2019, à https://hetarchief.be/fr/pid/tm71v5fz8m/
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N" 656 bis 7 A vvîl 191S INFORMATIONS BELGES (xx) — L'esclavage des enfants belges. — Après avoir contraint aux travaux militaires les hommes du territoire belge envahi, les Allemands ont, mettant le comble à leur iniquité, étendu l'odieux servage aux femmes, puis aux enfants. En ce qui concerne ces derniers, les nouTelles les plus récentes venues de Belgique occupée, ne laissent subsister aucun doute sur l'application générale de la barbare mesure. Qu'on en juge: —« Les Teutons réquisitionnent des « chômeurs » dans les écoles de Mons » ; — « Des évadés de Belgique occupée arrivés en Hollande, signalent qu'à Erneghem on a enterré, il y a un mois, dix corps de jeunes Belges rapportés du front. « Un père avait offert une forte somme pour racheter sou fils âgé de 14 ans ».— « Mais le plus terrible — écrit-on de Gancl à un quotidien hollandais — c'est la réquisition des civils, même des jeunes garçons...»« En janvier 1918, les autorités allemandes auraient procédé à un recensement de tous les jeunes gens de plus de 13 ans dans tout le ter ritoire d'étape de Mons ; en février, ils les convoquèrent poiu' passer une sorte de conseil de revision et, es temps derniers, ils choisissaient les plus robustes d'entre eux et les faisaient, partir sous la conduite d'une escouade de soldats armés dans la direction de Vnlenciennes et de Saint-Quentin. Mons a fourni 320 jeunes gens ; Saint Ghislain. 48 ; Fra-ineries, 76 ; Cuesines, 37 ; Quevy, 22 ; Haine-Saint-Pierre, 96 ; Manage,81 ; Quiévrain, 98. Les localités de moindre importance ont dû aussi fournir leur tribut au minotaure allemand ». « Un grand nombre de tout jeunes gens de 14 à i7ontétéenimenésdans la Meuse française pour y effectuer des travaux de terrassement derrière les tranchées allemandes ; la plupart, croit on, se trouvent dans la région de Saint-Mihiel et au Nord de Verdun. » (xx)— Un exemple du martyre ir.fligé par les Allemands à des enfants belges. — Un émouvant témoignage.— Le correspondant de Maes-tricht (Limbourg-hollandais) d'un journal belge paraissant à La Haye, lui écrit vers la fin de mars 1918, sous le titre : « L'odyssée d'un pauvre gosse. » « C'est un tout petit bonhomme, 1 m. 42 exactement, maigre mais cependant bien portant. Il paraît avoir treize ans. L'air intelligent, très fier, il nous raconte sa douloureuse histoire, en un français assez correct, mais avec un accent allemand qui le rend vraiment très curieux. « J'ai 17 ans, dit-il de sa petite voix fluette. J'ai été fait prisonnier deux ou trois jours « après la guerre» (août 1914). J'avais alors environ 13ans 1/2... Je jouais avec 16 autres petits camarades de mon village dans le bois, chez nous, à Folz les-Caves, près de Landen, où il y a de grandes surfaces boisées. Tout à coup, nous sommes entourés par une dizaine de soldats allemands dont l'un mte prend par le bras et empoigne un de mes petits amis; tandis que les autres soldats font de même. Et ainsi, deux par deux, ils nous emmènent nous ne savions où, sans nous laisser même la douceur d'aller embrasser nos mamans, leur dire oii nous étions, ce que nous devenions. Pas un de nous ne put échapper. Je n'ai plus revu depuis lors ma chère maman, ni mes sept petits frères et sœurs qui sont restés en Belgique. « Nous avons suivi tantôt des grand'routes, tantôt des chemins de terre. Par-ci, par-là, les Allemands ramassaient d'autres gamins pas plus âgés que nous. Au soir nous étions 70 ! Nous sommes arrivés dans une grande gare. Des soldats nous ont fourrés dans des wagons, 15 par compartiment, avec pour chaque errnnne 5 soldats allemands baïonnette au ea.nnn et cinq cartouches. Le gosse dit : « 5 patroons » au fusil !... c< Nous sommes arrivés à Aix, puis à Cologne, où nous avons reçu enfin un morceau de « noir pain »... Tous nous pleurions et beaucoup ont été malades. « On nous a conduits de là à Wahn. Nous y avons su enfin ce que l'on nous voulait. On nous a mis, en effet, à chacun autour du bras une bande blanche portant ces mots : « Kriegsgefangene »... Et en disant ceia, notre petit part d'un grand éclat de rire, tant il trouve la chose cocasse et drôle encore pour des gosses de son âge !... « Je ne sais pas ce que mes petits camarades sont devenus. Les uns ont été envoyés d'un côté, les autres par ailleurs. Moi, j'ai été expédié dans une ferme près de la frontière, où je suis resté. J'y travaillais très fort, avec deux chevaux, à tous les travaux de la campagne et dans les écuries. « J'y recevais le matin une tartine de « noir pain » non beurré, à 10 heures la même chose, à midi une soupe et deux ou trois pommes de terre, le soir une soupe. Au commencement, j'avais « beaucoup faim », mais je me suis habitué. « Les gens n'étaient pas méchants-; quand je n'avais pas bien travaillé, la femme me Irappait ; mais l'homme, qui était buveur, m'aîmait bien. « .1 ai essayé deux (ois de m'enfuir. La première fo's, j'ai été repris près de la frontière. J'ai été mis dans une prison « toute noire » pendant six semaines, avec pour manger et boire du « sec pain » et de l'eau, i a seconde fois, j'ai été repris près de Liège et j'ai été condamné à trois mois de prison ! C'est dur, Monsieur, pour un enfant comme moi, de pareilles tortures. J'en ai beaucoup souffert. J'ai recommencé cependant mes projets d'évasion. Quelque ebose déplus fort que moi m'animait. Je voulais revoir maman ! Ce besoin était en moi plus fort que la souffrance, plus fort que la faim, plus fort que la peur, plus fort que tout. « Nous étions sept petits Belges de mon âge qui travaillions dans les fermes des environs. Depuis longtemps nous épargnions de notre solde — moi je gagnais douze Mark par mois — pour soudoyer une sentinelle. Dimanche matin, nous nous sommes réunis, nous avons donné 30 Mark à un soldat que je ' connaissais depuis quelque temps : il nous a laissé passer !... Une heure durant, nous avons fait semblant de jouer non loin du fil de fer... J'ai marché, seul, à pied, jusqu'à la ville voisine. Mes amis ont été arrêtés, je crois, par des soldats hollandais ; moi seul « j'ai couru ! » « J'ai été chez « Monsieur le Consul de Belgique ». Il m'a dit que je suis trop petit pour être soldat belge. Mais, voyez-vous, Monsieur, ce n'est pas de ma faute. Le médecin belge d'ici m'a dit que je n'avais pas assez mangé et que je n'ai pas poussé comme les autres. « J'attendrai ! « Je vais travailler pour gagner beaucoup d'argent pour envoyer à ma maman en Belgique. « Mon papa, lui, était soldat, avec mon frère aîné. Ils sont tous les deux prisonniers en Allemagne depuis longtemps... J'ai pu voir une seule fois mon pauvre papa et jamais mon frère ! « Notre conversation est finie. L'enfant n'a pas laissé échapper une plainte II s'en est allé jouer au foot-ball au Vrythof, avec les enfants de l'hôtelier qui l'a recueilli. Et je reste assis, comme écrasé par ce récit si naïf et si poignant à la fois d'une des innombrables victimes des barbares sans entrailles. J'ai rendu de mon mieux le récit tel que le gamin me l'a fait. Je n'y ajoute aucun commentaire, aucune réflexion. »

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Cet article est une édition du titre Informations belges appartenant à la catégorie Oorlogspers, parue à Le Havre du 1916 au 1919.

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