Journal de Gand: politique, industriel, commercial et littéraire

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s.n. 1915, 02 Septembre. Journal de Gand: politique, industriel, commercial et littéraire. Accès à 22 juillet 2019, à https://hetarchief.be/fr/pid/gx44q7v424/
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Jeuili 'J septembre JF3 centimes le numéro 59me année — IV0 '24Î3 JOURNAL DE GAND ABONNEMENTS : RÉDACTION & ADMINISTRATION : ANNONCES : ELGIQUE : .S fr. par an ; ï fr. pour six mois ; 3 fr. pour trois n^fs Q .R.TT1D 12'E IT-LAN ^ RE, 3, C3-A TNT i ~, Pour l'étranger, le port en sus ' TELEPHONE 665 Voir le tarif au bas de Ia dernière PaSe du lournal- A travers Gand V. a place Ste-Pharaïlde ! Un des joyaux de 'j e( du monde ! Ce formidable et pro-bicu'x Château des Comtes, cette suite de Lons anciennes, si diverses et si semblait cet opulent portique du Marché aux ■ssons, suffiraient chacun à enorgueillir L ville; ma's ce 1U' es' P'us étonnant lui-être que la profusion de monuments de lire cité, plus étonnant que l'accumulation U pierres historiques et la variété de li-L architecturales c'est la merveilleuse lleur qui est répandue sur tout cela. La Lté de Gand ne peut pas se traduire par [plume ni le dessin, ni la photographie : il Lit la palette d'un peintre. Lui seul dira Icharme du vieux donjon se mirant dans L verie de ses fossés, des feuillages clairs Liant à l'assaut des vieilles briques, des f.jéas lumineuses entre le dédale des pina-ls et des créneaux. [Malgré le haut intérêt des constructions jvirennantes, c'est le Château des Comtes ji requiert impérieusement ici l'attention, lis ne pouvons songer, actuellement, à en ^iier l'intérieur; nous nous en consolerons {contemplant longuement l'édifice sous ses Lets extérieurs, de beaucoup les plus inférants. Pour embrasser d'un coup d'œil msemble du Château des Comtes plaçons-Ls au fond de la ruelle du Petit Gewat. L'enceinte nous apparaît vraiment impolie, avec son formidable mur crénelé refit les tours demi-circulaires, ou mieux, 5" échauguettes » (poste élevé d'observa-n), également crénelées, et solidement sises sur de nombreux contreforts. Au mr [u de l'enceinte nous voyons s'élever le Injon, haut de trente mètres, à trois étages [fenêtres cintrées. bu pont de la Décollation, la vue du mo-imeni est moins impressionnante mais Is poétique, car il apparaît dans un cadre [rveilleux, dont Bruges seule peut offrir iquivalent : la Liève, large et calme comme f lac, des pelouses verdoyantes et de riches Sndaisons, des maisons anciennes artiste-Int restaurées. N'oublions pas d'aller adirer celles-ci de plus près sur l'autre pont [la Liève: le Château des Comtes forme 1rs le fond du tableau et surgit des eaux mme la fantastique demeure d'un géant us les contes d'autrefois. Mais... « ceci est pas un conte », et la réalité l'emporte r 1a fiction : nous sommes vraiment en ;e d'un palais mystérieux et magnifique, Instruit au IX1' siècle par un bras toute-issant. celui, dit-on, de Baudouin •as de fer, puis livré à travers les siè-p à des destinées tantôt splendides, tan-tragiques. Résidence des Comtes de indre, jusqu'au XIV" siècle, le Château rita dans ses hautes salles, tendues de suites tapisseries, les plus illustres princes moyen-âgé, il vit se dérouler entre ses 1rs les joutes, les tournois, les cours imour, il fut le témoin de colloques solen-ls, d'actes importants, de cruautés farou-es. De 1353 à 1779 il fut. le siège du Con-il de Flandre et cacha dans ses sombres ûtes les malheureux condamnés aux hor-iirsde la torture et de la prison. Quan don aperçoit le monument de loin, milieu des clartés de la rivière, des feuilles et du ciel, on ne songe qu'aux pages irieuses de son histoire mais quand, par rue de la Monnaie, on s'approche de ses 'ouches assises et de ses pierres sombres, est secoué d'un frisson comme si on les /ait imprégnées de larmes et de sang. Cette impression s'accentue encore lors-on s'arrête devant la lourde porte ro-ine que flanquent deux tours octogones et e surmonte un cartel attribuant l'édifica-n du monument à Philippe d'Alsace.Cette ——M———an—om—b— porte, s'ouvrant sur un passage voûté,donne seule accès dans le Château. La distribution intérieure de celui-ci n'a pu être rétablie avec autant de précision que la disposition de l'enceinte et ce, à cause de la multiplicité des constructions parasites qui avaient envahi -et rongé l'édifice au siècle dernier. L'honneur d'avoir restitué à la cité cet admirable et unique Château revient aux archéologues gantois qui, en 1887, décidèrent l'édilité à en acquérir « les ruines », et surtout, à jeu l'architecte De Wasjfi qui sut relever ces ruines au po'nt d'opérer une véritable résurrection historique et artistique.Ne quittons pas la place Ste-Pharaïlde sans savourer là beauté toute païenne du portique du Marché au Poisson. LA fi U E R R R Sur le front occidental Communiqué officiel allemand Berlin, 31 août (midi). — Pas d'événements essentiels. Communiqués officiels français Paris, 30 août (après-midi), — A la fin de la journée une lutte violente d'artillerie, accompagnée d'explosions de mines et de combats à coups de bombes et de grenades, s'est déroulée en Argonne sur un grand nombre de points. Les tranchées ennemies ont été endommagées aux Courtes-Chaussées, aux Meurissons et à Bo- , tante. La nuit a été plus calme dans cette région ainsi que sur le reste du front. Paris, 30 août (soir)..— Actions d'artillerie en Artois et dans la région de Ouennevières. En Argonne nos batteries ont maîtrisé à plusieurs reprises les tentatives de bombardement de l'ennemi. Canonnade assez vive en Lorraine vers Moncel, Bezanges et Chazelles, ainsi que dans les Vosges (régions Rabodeau, de Launois et du Linge). Sur le front orienta! Communiqué officiel allemand Berlin, 31 août. Groupe d'armée du général t'eltimaréchal von Hmdenburg. Le combat à la tête de pont au sud de Fried-richstadt suit encore son. cours. A l'est du Njemen nos troupes avancent vers la ligne de chemin de fer conduisant de Grodno à Vilna et ont fait 2,600 prisonniers. Sur le front de l'ouest de la forteresse de Grodno. nous avons atteint la région de Nowy-Dwor et Kusniéi. A Grcdek l'ennemi abandonne, devant nos attaques, ses positions à la lisière est cle la forêt de Bialystock. Groupe d'armée du général feîdmaréchal r-rince Léopold de Bavière. Le pasasge du Narew supérieur est déjà emporté par endroits. L'aile droite du groupe d'arm.'e avance vers Pruzana. Groupe d'armée du général fe'dmarécïial von Mackensen. La poursuite a atteint le secteur Muchawice. Des arrière-gardes ennemies ont été culbutées. 3 700 prisonniers sont tombés en nos mains. La poursuite des troupes allemandes et austro-hongroises qui ont percé au nord de Drzezany a été arrêtée par endroits à la Strypa par une contre-attaque de forces considérables russes. Communiqué officiel autrichien W. T. B. Vienne, 30 août. Les armées des généraux Ptlanzer-Baltin et Bothmer cm poussé hier jusqu'à la Sirypa. L'adversaire a tenté à plusieurs secteurs d'endiguer notre poursuite. Partout ii fut refoulé. Une résistance très acharnée dût être brisée au Koropiec-Bach inférieur. Les troupes du général von Bôhm-Ermolli se heurtèrent, à i'e-ji de ZIoczow et sur ia ligne allant de Bialykamein par Toporow vers Radzie-chow à des positions fortement retrnnchées. L'ennemi fut attaqué et culbuté à de nombreux endroits du front. A Wolhynien, nos troupes avançant contre Luck ont encore gagné du ■ ain. Nous avons pris à l'ennemi Swinin-ciiy et d'autres localités opiniâtrement dé-fendues". Les troupes combattant dans le secieur Bialo-Weiskaja-Puszcza ont battu les R l'-ses près de Szereszowo et les ont poursuivis jusque Pruszany. . Communiqué officiel russe W. T. B. St-Pétersbourg, 30 août. — Communiqué de l'Etat-Majdr : Dans la région de Riga pas de changements. Vers Friedrichsstadt, après des combats violents, nos troupes se sont retirées ces derniers jours plus à l'ouest de cette ville. Vers Jacobsstadt et Diinab'urg pas de changements à l'ouest. A la rive droite de la Wilija et entre ce cours d'eau et le Njemen des combats violents se sont poursuivis le 27 et 28 août, sur le front de Podberszje au nord de Wilna jusqu'à Nowyje Troki, Taubi et plus loin jusqu'au Njemen. Sur le front entre les sources du Bobr et du Pribet, pas de changement réel. La nuit du 27-28 et le jour suivant, il n'y eut dans cette région que des combats d'arrière-gardes. L'ennemi, ayant concentré de grandes forces au sud de Wladimir-Wolynsky, commença l'offensive vers Lusk, Staros et Roshischt-sche et tenta de contourner le flanc droit de notre position en Galicie. Pour cette raison nous avons pris les mesures pour.la nécessaire concentration vers l'arrière de nfes troupes, opération qui s'est exécutée les 27 et 28 août, sous la protection de- combats au nord-ouest de Lusk. Sur le front itsio-authehien Communiqué officiel autrichien W. T. B. Vienne, 3C août. Les Italiens ont entretenu hier, sur tout le front du littoral, un feu d'artillerie d'intensité variable. A plusieurs endroits l'infanterie ennemie entreprit des tentatives d'approche et de pet,tes attaques. Comme toujours, elle fut refoulée. Aux frontières de Carinthie et Tyrol, situation inchangée. Communiqué officiel italien W. T. B. Rome, 30 août. — Dans la vallée Sugana on annonce la destruction par les Autrichiens de quelques ponts, routes automobiles e de la ligne ferrée au fond de la vallée dans les secteurs de Roncegno et Novaledo. Le soir du 26 août, l'ennemi entreprit une attaque violente contre. le Monte Armentera, mais elle fut repoussée. A l'Isonzo supérieur un de nos détachement; de montagne tenta, le matin du 27, une attaque énergique des tranchées ennemies, du Monte Cukla jusqu'à l'ouest du Monte Rombone, oi elles formaient une position très forte, en gradins, sur la première pointe du Rombone. Pai suite des grandes difficultés du terrain et de 1e résistance acharnée de l'ennemi, qui entravai .notre marche par fusillades, grenades à mains, et en faisant rouler des pierres de ia hauteur, nos troupes ne réussirent qu'à s'emparer de quelques retranchements. L'ennemi continue i lésister au sommet supérieur, en contact étroi avec les nôtres. Aux Dardanelies Communiqués officiels turcs Consiantinople, 29 août. L'ennemi s renouvelé le 28 août ses attaques des 2ô e 27 dans la région d'Anaforia. Les attaques ennemies furent particulièrement acharnée; ces derniers jours. L'ennemi fut néanmoins complètement repoussé et subit des pertes ôicrmes. Nous avons reconquis par des contre attaques quelques-unes des tranchées situées dans notre centre et qui étaient occupées par l'ennemi et avons tué la garni-. toi. Pendant les combats des deux derniers jours, l'ennemi perdit 10,000 tués. Nos pertes sont comparativement minimes. Nos aéroplanes participant au combat ont jeté avec succès des bombes sur les positions et ies camps ennemis. Pour le surplus rien d'important ne s'est passé. Constatinople, 30 août. Au front des Dardanelles l'ennemi n'a rien entrepris hier clans la région d'Anaforta. Notre artillerie a touché un torpilleur ennemi qui fut remorqué au loin. Près d'Ari-Burnu rien d'impor tant. Près de Sedd-ul-Bahr l'artillerie de notre aile gauche détruisit une position ennemie de lance-bombes. Sur les autres fronts rien d'essentiel. En mer La Haye, 29 août. — Le Times publie un télégramme d'après lequel le vapeur belge « Beyle » a été coulé par un sous-marin allemand.Au Portugal Mouvemen; monarchiste Le « Temps » mande de Lisbonne que le ministre de l'intérieur vient de communiquer à la Chambre que des monarchistes ont soulevé, à nouveau, la population en certains endroits. Des mesures de précaution ont été prises. Malgré cela, la caserne d'infanterie à Guimarais a été attaquée. On a relevé plusieurs blessés. Le ministre a ajouté que des bombes et armes ont été saisies. Le pont de Trofa, entre Oporto et Braga, a été légèrement endommagé par une explosion de dynamite. Le trafic n'a pas cessé. Les communications entre Braga et Guimarais sont coupées. Dans les autres régions, la tranquillité n'a pas été troublée. A Lisbonne ne se sont produits que des accidents sans importance. D'un autre côté, on dit que les communications entre Braga et Tripas, qui étaient coupées, sont rétablies. 40 arrestations ont été faites. Au Texas Un cyclone New-York, 29 août. — La ville de Galveston, au Texas, a été en grande partie détruite par une trombe. 600 personnes environ auraient péri, les dégâts sont immenses. Le pont du railway reliant l'île au continent a été détruit. La récolte du coton au Texas est perdue. 6 Conseil communal de fiant! Séance secrète du lundi 30 août. 1. Cahier des charges pour la vente des terrains communaux. Prix des clôtures. Modification. Un nouveau iype de clôture, plus convenable que le précédent, est accepté. Le prix en est fixé à 10 fr. le mètre courant. 2. Service de nettoyement. Prise en loca-;ion d'un terrain prairies -de Tronchiennes. Approuvé. 3. Hospices civils, a) Travaux à l'Hospice Guislain.Crédit de 5C00 f. Approuvé, b) Hospice Loasbergs. Personnel spécial. Crédit de'36C0 fr. Approuvé. 4. Théâtre Néerlandais. Reprise des représentations à partir de fin septembre 1915. Intervention ds la ville. 11 sera alloué un jbjide de cent francs par semaine. Si après deux moi - l'exploitation n'est pas de nature à soutenir convenablement ceux qui doivent en profiter, ce subside sera aug-; menié. 5. Concerts à organiser au profit d'arii::-^ tes musiciens. .Demandes de subvention. ■MjjÉfrilÉj ÉÉÉlBÉ ■ Un subside de 75 fr. par semaine sera accordé dans les mêmes conditions qu'à L'article précédent. Les concerts De Vos et Heckers obtiendront également une subveir tien de 75 fr. 6. Construction de murs du quai du Dock. Ajourné. 7. Réquisitions. Travaux à effectuer à la plaine d'exercices de St-Denis. L'autorité militaire allemande avait invité la Ville à faire opérer le nivellement de la plaine, à la surélever au moyen d'une couche de bonne terre de 12 cm. et enfin à l'ensemencer de gazon pour obtenir une belle plaine, permettant aux avions de guerre de manoeuvrer avec facilité. La Vi'.le fera connaître à la Commandan-turs qu'elle n'entend pas payer les frais de ce travail, qui doit servir exclusivement comme moyen de défense pour l'armée allemande et qui ne peut pas être imposé aux habitants d'un territoire occupé. 8. Installation de châlets de nécessité. Convention. Approuvé. 9. Hospices. Bud?et 1915. Insuffisances: a) Part des Hospices dans la formation du fonds commun: fr. 7204.65. Approuvé.b) Art. Pain. 32,000. Approuvé. 10. Impositions. Réclamations. Approuvé.11. Cours d'eau n" X2. Rôle de répartition des frais. Approuvé. 12. Ecoles Communales. Personnel. Demandes de places. La classification proposée par le Collège est adootée. 13. Ecoles Communales. Personnel. Mesure disciplinaire. M.l'échevin de l'Instruction publique fait connaître que les lettres de 'a Ligue des Instituteurs ayant paru dans les journaux, le Conseil a pleine satisfaction; i! n'y a pas lieu de punir le membre du personnel enseignant qui était en cause. 14. M. Delbaere est démis de ses fonctions de professeur d'anglais. Le Collège ©rendra des mesures pour que les leçons d'anglais continuent à être données. La place de professeur d'allemand étant vacante, M. Rieder est nommé définitivement à ces fonctions. Communications. M. l'échevin Lam-pens fait connaître que les deux maisons du Fossé Courbe dont la Ville est propriétaire serviront pendant la guerre à l'installation des bureaux du Fonds de Chômage. Ultérieurement on y établira les bureaux de l'Hôtel de Ville 7, 8 et 9. qui sont installés actuellement à l'avenue de la Place d'Armes.L'autorité allemande a approuvé la nomination de M. Van Dousselaere comme commissaire de police en chef de la ville. La Banoue d'Assistance et de Prêts a reçu l'autorisation de paver une partie des appointements aux ouvriers, employés et fonctionnaires des Chemins de fer et des Télégraphes. De ce chef la Ville n'aura plus d'avances à faire à la Banque d'Avances et de Prêts. Chronique Gantoise DANS une lettre adressée au Bien public, M. le Chef-Doygn de Gand et son secrétaire protestent avec indignation contre une imputation contenue dans le compte-rendu de la séance du Conseil communal du 23 août, relative à des actes de partialité politique reprochés à certains doyens chargés de ta distribution de vêtements aux enfants pauvres.Le Bien public répond... qu'il a emprunté cette relation du Journal de Cand et ignore si elle a un caractère authentique. Mettons les choses au point. Le membre du Conseil communal qui a —M———I—————E3M——MB—M wiicion au journal de CJand 82 Le Comte Monte-CRISTO PAR ALEXANDRE DUMAS Non, dit-il au patron j'ai été un mala-°il. et il est juste que je porte la peine de 1 maladresse. Laissez-moi une petite proton de biscuit, un fusil de la poudre et s balles pour tuer des chevreaux, ou ;me pour me défendre, et une pioche pour : construire, si vous tardiez trop à me ve-r fendre, une espèce de maison. Mais tu mourras de faim, dit le patron. J aime mieux cela, répondit Edmond, le de souffrir les douleurs inouïes qu'u ul mouvement me fait endurer. Le patron se retournait du côté du bâti-ent, qui se balançait avec un commence-ent d'appareillage dans le petit port, prêt [éprendre la mer dès que sa toilette serait hevés . Que veux-tu donc que nous fassions, Maltais! dit-il, nous ne pouvons l'abandonner ainsi, et nous ne pouvons rester, cependant ? Partez, partez! s'écria Dantès. Nous serons au moins huit jours absents, dit le patron et encore faudra-t-il que nous nous détournions de notre route pour te venir prendre. Ecoutez, dit Dantès: si d'ici à deux ou trois jours vous rencontrez quelque br.,; ment pêcheur ou autre qui vienne dans ces parages, recommandez-moi à lui, je donnerai vingt-cinq piastres pour mon retour à Livourne. Si vous n'en trouvez pas, revenez.Le patron secoua la tête. Ecoutez, patron Baldi, il y a un moyen de tout concilier, dit Jacopo: partez, moi je. resterai avec le blessé pour le soigner. Et tu renonceras à ta part de partage, dit Edmond, pour rester avec moi ? Oui, dit Jacopo, et sans regret. Allons, tu es un brave garçon, Jacopo, dit Edmond. Dieu te récompensera de ta bonne volonté; mais je n'ai besoin de personne, merci : un jour ou deux de repos me remettront, et j'espère trouver dans ces rochers certaines herbes excellentes contre les confusions. Et un sourire étrange passa sur les lèvres I de Dantès, il serra la main de Jacopo avec effusion ; mais il demeura inébranlable dans sa résolution de resler, et de rester seul. Les contrebandiers laissèrent à Edmond ce qu'il demandait'et s'éloignèrent non sans se. retourner plusieurs fois, lui faisant à chaque fois qu'ils se retournaient tous les signes d'un cordial adieu, auquel Edmond répondait de la main seulement comme s'il ne pouvait remuer le. reste du corps. Puis, lorsqu'ils eurent disparu: C'est étrange, murmura Dantès en riant, que ce soit parmi de pareils hommes que l'on trouve des preuves d'amitié et des actes de dévouement. Alors il se traîna avec précaution jusqu'au sommet d'un rocher qui lui dérobait l'aspect de la mer, et de là il vit la tartane achever son appareillage, lever l'ancre, se balancer gracieusement comme une mouette qui va prendre son vol, et par'Jr. Au bout d'une heure elle avait comoléle ment disparu ; du moins de l'endroit où était demeuré le blessé il était impossible de la voir. Alors Dantès se releva plus souple et plus léger qu'un des chevreaux qui bondissaient parmi les myrtes et les lentisaues sur ces rochers sauvages, prit son fusil d'une main, sa pioche de l'autre, et courut à cette roche à laquelle aboutissaient ' les entailles qu'il avait remarquées sur les rochers. Et maintenant, s'écria-t-il en se rappelant cette histoire du pêcheur arabe que lui avait raconté Faria, maintenant, Sésame, ouvre-toi ! III ÉBLOUI SSEMENT. Le soleil était arrivé au tiers de sa course à peu près, et ses rayons de mai donnaient, chauds et vivifiants, sur ces rochers, qui eux-mêmes semblaient sensibles à sa chaleur ; des milliers de cigales, invisibles dans les bruyères, faisaient entendre leur murmure monotone et continu • les feuilles des myrtes et des oliviers s'agitaient frissonnantes, et rendaient un bruit presque métallique; à chaque pas que faisait Edmond sur le granit échauffé, il faisait fuir des lézards qui semblaient des émeraudes: on voyait bondir au loin-, sur les talus incliné^ les chèvres sauvages qui parfois y attirent les chasseurs: en un mot l'île était habitée, vivante, animée, et cependant Edmond s'y sentait seul sous la main de Dieu. Il éorouvait je ne sais quelle émotion assez semblable à de la crainte : c'était cette dé fiance du grand jour, qui fait supposer, même1 dans le désert, que des yeux inquisiteurs sont ouverts sur nous. Ce sentiment fut si fort, qu'au moment de se mettre à la besogne Edmond s'arrêta, déposa sa pioche, reprit s'on fusil, gravit une dernière fois le roc le plus élevé de l'île, et de là jeta un vaste regard sur tout ce qui l'entourait. Mais ,nous devons le dire, ce qui attira son attention ce ne fut ni cette Corse poétique dont il pouvait distinguer jusqu'aux maisons, ni cette Sardaigne presque inconnue qui lui fait suite, ni l'île d'Elbe aux souvenirs gigantesques, ni enfin cette ligne imperceptible qui s'étendait à l'horizon et qui à l'œil exercé du marin révélait Gênes la superbe et Livourne la commerçante; non: ce fut le brigantïn qui était parti au point du jour, et la tartane qui venait de partir. Le premier était sur le point de disparaître au détroit de Bonifacio- l'autre, suivant la route opposée, côtoyait la Corse, qu'elle s'ac-prêtait à doubler. Cette vue rassura Edmond. (A suivre) i

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Cet article est une édition du titre Journal de Gand: politique, industriel, commercial et littéraire appartenant à la catégorie Liberale pers, parue à Gand du 1856 au 1923.

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