Journal de Gand: politique, industriel, commercial et littéraire

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s.n. 1915, 21 Juillet. Journal de Gand: politique, industriel, commercial et littéraire. Accès à 19 août 2019, à https://hetarchief.be/fr/pid/dj58c9vg41/
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.Mercredi '21 juillel l9Io e > centimes le numéro 59me année — N° 202 * JOURNAL DE GAND ABONNEMENTS : BELGIQUE): .S fr. par an ; \ fr. pour six mois ; îi tr. pour trois mois Pour l'étranger, le port en sus HED ACTION & ADM1NINTHAT10N : 3, RTTie IDE "FL.A USTHRIED, 3, G-^HSTID TELEPHONE 665 A N N 0 N C E S : Voir le tarif au bas de la dernière page du journal. Avis officiels allemands AVIS Siisie des produits de la récolte t foute la nouvelle récolte du seigle, du fro-j n,eni, de l'avoine est frappée, immédiatement, ,ij saisie provisoire, comme cela s'est fait pour e loin. Touie vente est défendue d'avance; les ,,,1.raventions sont punies de confiscation et j'uiie amende de 500 marks. Lu paiement des quantités qui seront saisies I p la direction de l'armée, se fera au moyen I j.tans de réquisitions. Ces bons ne seront dé-l]imj'que quand les quantités auront éîé réel-[ jjient acceptées. | la quantité qui sera requise par l'autorité ;;r.i:.e sera réglée par des stipulations ultérieures.L'orge ne peut être saisie. Elle peut être librement transportée; mais I uniquement dans le ressort d:s opéra.ions et de l'étape de la 4" armée et exclusivement à l'usa-,g des BRASSEURS. Toute exportation est interdite.Pour éviter des spéculations et des-majorations de prix, 'es dispositions légales de toutes sor.es qui concernent la récolte des grains et du loin de -cette année, en tant qu'ils peuvent être saisis, so.it déclarés NULLES. Cet ordre entre immédiatement en v:gueur. GautL le 14 juillet 1915. Le Commandant de l'Etape. Quand les envois aux prisonniers de guerre atteigneni-ils leurbui? Malgré les instructions et avis réitérés des autorités compétentes, on délivre journellement des envois destinés aux prisonniers de guerre, lesquels doivent être refusés narce qu'ils ne répondent pas aux conditions requises. Souven' ce refus est considéré comme un manque de bienveillance et cependant il n'est fait que dans l'intérêt propre de l'expéditeur, Les envois déposés n'atteignent leur but et ne font du plaisir aux destinataires que quand ils parviennent à destination en bon état et non détériorés. Or, ceci ne peut avoir lieu que quand ils peuvent apporter les difficultés du transport, ce qui test possible que quand l'emballage est en bon tiai et solide. Ce qui convient Je mieux à-cet effet, ce sont les pe.iies boîtes en carton, solides, qui, comme c'est le cas en -Allemagne, sont fabriquées par l'industrie privée et vendues à bon marché. Les personnes intéressées peuvent voir de pareils cartons au bureau de poste pour la population civile belge où ils servent de modèles. L'inscription encore laisse à désirer. Tout envoi doit porter en tête de l'adresse la mention lisible ii Kriegsgefafigenenséjulung ». Le lieu de destination doit être indiqué en bas à droite, i en caractères grands et lisibles et doit être fortement souligné. En outre, l'expéditeur doit Iajouter son adresse complète à gauche, au bord. Nous signalons entre parenthèses que ceci doit è.re fait pour tous les autres envois de lettres : sur les cartes postales, au recto à gauche; sur les lettres,«au verso de l'enveloppe. Celui qui ne remplit pas ces conditions, ne rend pas seulement la tâche difficile à toutes les personnes qui ont à s'occuper de ce travail,mais il est aussi éventuellement la cause d'un retard ou de la non-arrivée des envois. Pour cette raison, conformez-vous à toutes les décisions données dont l'unique but est de faciliter le fonctionnement des envois, de même que d'en empêcher les retards et les pertes. (Communiqué.) LA GURRE Sur le front occidental Communiqué officiel allemand W T. B. — Grand quartier général, 19 juillet, à 3 h. 55 après-midi : Dans le secteur de Souchez, après une journée relativement calme, l'activité s'est intensifiée la nuit. Une attaque française sur Souchez a été repoussée. Plus au sud de ce point des tentatives d'attaques furent enrayées sous notre feu. Sur le front entre l'Oise et les Argonnes, nombreux et violents combats, d'artillerie et de mines. Dans la forêt d'Argonne faibles tenta-tivs d'a.taques ennemies, sans signification. Sur les hauts de Meuse, au S.-O. de Les Epnrgcs et à La Tranchée ia bataille s'est poursuivie avec alternatives de succès. Nos troupes ont perdu de potits avantages locaux qui avaient été obtenus le 17. Nçus avons capturé 3 officiers et 310 hommes.Communiqués officiels français Paris, 18 juillet (après-midi). — La jiuil a élé relativement calme. Rien à signaler excepté quelques actions d'artillerie eu Belgique, près de St-George, en Arlois et autour de Souchez. L'attaque ennemie, dirigée le 16 juillet contre les positions conquises par nous à la Fontenelle, a été menée par deux bataillons. Paris, 18 juillet (soir), — En Artois, lutte assez violente d'artillerie autour de Souchez. Uue. dizaine d'obus de gros calibre ont été lancés sur Arras. Sur les Hauts-de-Mèuse vives actions d'infanterie. Nous avons, ce matin, par une contre-attaque, repris l'élément de tranchée que l'ennemi a occupé hier sur la croupe sud du ravin de Souvaux. Au cours de la journée une nouvelle attaque ennemie a été repoussée. Sur le front oriental Communiqué officiel allemand W. T. B. — Grand quartier général, 19 Juillet, 3 h. 55 après-midi : Des troupes allemandes ont pris Tuckum et Schiurk. Windau a été occupé. Dans la poursuite de l'ennemi battu près d'Alt-Autz nous avons atteint hier la région des monts Hofzum et au nord de cenx-ci. A l'ouest de Mikau l'ennemi se tient sur une position préparée. A l'est de Popeljany et Kurschany, le combat se poursuit. Entre la Pissa et la Schkawa les Russes ont évacué leurs positions plusieurs fois rompues pariions, et se sont retirés ..vers. le.Narew, Le.a. troupes allemandes de réserve et le Landwehr se sont conduites admirablement au cours de ces combats des derniers jours, dans cette région de forêts et marais si favorable à la résistance de l'ennemi. L'armée du général von Gallwilz s'est avancée plus loin. Elle se trouve déjà sur tous les points à la ligne du Narew, au S.-O. de Oslro-leuka-Nowo Georgiewsk. Là où les Russes ne trouvaient pas d'abri dans leur retranchements et têtes de ponts ils ont déjà franchi le Narew. Le nombre des prisonniers s'est élevé à 101 officiers et 28,760 homme'». En Pologne également, entre la Vislule et la Pilitza, les Russesresfenten retraite veis l'Est. Front Sud-Oriental. — L'ennemi battu, le 17 juillet, dans la région au N.-E. de Sienno, par l'armée du générel von Wogrsch tente d'enrayer la poursuite dans ses positions préparées d'avance derrière le secteur Ilzanka. Les positions ennemies avancées près de Ciepilo ont été enlevées déjà par le vaillant Landwehr de Silésie, au cours de l'après-midi d'hier. Les mêmes Iroupes ont pénétré la nuit dans la position principale ennemie située derrière. De même, la ligne ennemie près de Kasanow et Baranow commence à fléchir. La décision est prochaine. Entre la Vistule supérieure et le Bug, la bataille a continué avec un égal acharnement pendant tout le jour, livrée par les troupes alliées sous le commandement supérieur du maréchal von Mackensen. A la position de percée des troupes allemandes, près Pilaszkowitze-Krasnostaw, les Russes firent des efforts désespérés pour éviter la défaite. Un détachement de la Garde tout frais, fut jeté dans la mêlée et batlu par nos troupes. Plus à l'Est, jusqu'à la région de Gra-bowiec, des troupes ' austro-hongroises et allemandes ont forcé le passage de la Wolica. Près el au nord de Sokal des troupes autrichiennes put franchi le Bug. Sous la pression de ce succès l'ennemi a baitu en retraite pendant la nuit surtout le front entre la Vistule et le Bug. 11 tente seulement encore det résister à la position de percée à l'ouest de Krasnostaw. Les Russes ont subi une lourde défaite. Les troupes allemandes et le corps se trouvant sous le commandement du feldmarschalleutnant von Arz ont du 16 au 18 juillet seulement, fait 16,250 prisonniers et pris 23 mitrailleuses. D'après des ordres écrits trouvés, le commandement supérieur ennemi avait décidé, sans considération pour les pertes, de tenir jusqu'à l'extrême limite les positions actuellement conquises par nous. Communiqué officiel autrichien Vienne, 19 juillet. :— La bataille entre la Vistule et le Bug est en plein cours. Les Russes offrent une résistance extraordinairement tenace; ils en vinrent sur plusieurs points à des mêlées avec l'assaillant, avant d'abandonner leur position. Au Bug, dans la région de Sokal, nos troupes chassèrent l'ennemi d'une série de localités opiniâtrement défendues. La ville de Krasnostaw et les hauteurs au nord de Zolkiewka ont été prises par des forces allemandes. A l'ouesl de la Vistule, les armées coalisées procèdent également à l'attaque. Au nord-est de Sienno, le front russe a été débordé. Sous-cette pression, l'ennemi évacue ses positions entre la Vistule et le chemin de fer Kielce-Radom. En Galicie orientale, la situation n'a pas changé. Communiqué officiel russe W. T. B. — St-Pétersbourg, 17 juillet. — Après des combats avec nos avants-gardes, l'ennemi a occupé le 15 juillet la rive droite des cours d'eau Windau el Wenta et poursuivi dans quelques secteurs son mouvement contre l'est. Sur le front au-delà du Njemen, l'ennemi a entrepris dans la nuit ou 14-15 juillet une attaque au nord de la ville Suwalki, près du village Glubokirow où il s'est emparé d'une partie de nos retranchements. Au front du Narew, dans la nuit du 15 au 16 juillet, nos troupes se sont retirées entre Pissa el Orschulz pour s'établir sur une position plus fermée à la rive droite du Narew. Dans ce secteur, l'ennemi entreprit des attaques isolées entre Pissa et Ochwa. A l'ouest du coati s d'eau Orschulz des forces nombreuses ennemies attaquent le front des villages Pobosfio et Cie-chanow. Au centre de la région du vil'age Zbiki nous avons arrêté le mouvement ennemi, qui, y faisait de légers progrès. L'attaque allemande qui s'était développée la nuit précédente dans le secteur Grabowi-Opinagura fut enrayée à 400 pas de notre front. Entre Siechanow et Wychgorod, combats d'avant-postes. A la rive gauche de la Vistule, au nord de la Pilitza, fusillades. Au sud de la Pilitza, le 15, nous avons repoussé une double offensive au nord-ouest et à l'ouest des routes menant à Radoin. Ailleurs, des escarmouches de postes de garde. Entre la Vistule et le Wieprz, pas de changement.Entre le Wieprz et le Bug, de même que dans là région du Bug, en aval de Kristvnopol violentes fusillades d'avant-postes. Dans la région du village Brabowetz, ainsi qu'au sud de Grûbe-schow, et au Bug en aval de Sokal, une bataille ' s'amorce. Violent feu d'artillerie et fusillades au cours inférieur de la Zlola-Lipa. A son embou- : ehure nous avons repoussé une attaque. Au Dnjester les combals.se poursuivent. Nos troupes attaquent deux groupes ennemis, qui avaient franchi le Dnjester près Iwanje el Grodek. Dans la Mer Noire nos torpilleurs ont attaqué les batteries récemment établies de Suuguldak. Sur le front itaio-autrïchien Communiqué officiel autrichien Vienne, 19 juillet. — Le feu d'artillerie continue sur tous les fronts. Plusieurs faibles attaques contre le Col di Lina ont élé repoussées. L'ennemi a subi des pertes considérables. Communiqué officiel italien W. T. B. Rome, 18 juillet. — Dans le Corde-vale supérieur (Cadore) nos troupes, qui avaient continué depuis quelques jours l'offensive entreprise contre les groupes de forts près de Fal-zarego et Livinallongo, sont sur le point de s'emparer de la zône élevée et difficile entre ces deux positions. Hier, en dépit des difficultés du terrain et de la résistance épiniâtre de l'ennemi, nous avons atteint une ligne qui s'étend de-Bois-pasz et la crête du Falzarego sur la partie supérieure de la vallée Franza et aboutit au versant du Col Lana. L'action de notre infanterie se distingua surtout à la prise des versants qui descendent du Col Lana vors Salessi et la vallée Andraz. Dans la région de l'Isonzo, plus grande activité autour de Flitsch. Le soir du 15, nous avons repoussé des attaques contre les hauteurs dominant la tête de pont de Plava. Dans la nuit du 16-17 deux de nos dirigeables ont bombardé Gor2 et Mont Saint-Michel. Les dirigeables, éclairés par les projecteurs ennemis et vigoureusement canonnés, sont revenus indemnes dans nos lignes, à la levée du jour. Aux Dardanelles Communiqué officiel turc Constatinople, 18 juillet. — Piès de Sedd-ul-Balir, l'ennemi entretint un feu d'infanterie et de mitrailleuses violent, jusqu'au matin, devant notre aile droite, à l'aide de pistolets à balles lumineuses. Nos batteries de l'AnaloIie ont bombardé dans la nuit du 15 au 16 juillet les camps -ennemis près de Sedd-ul-Bahr, Teke Burnu et Mortilima. Le bombardement provoqua près de Teke Burnu un incendie qui dura jusqu'au matin et des explosions. Ces batteries bombardèrent le nouveau le 16 juillet le camp ennemi dans les environs de Sedd-ul-Bahr et y provoquèrent un grand désordre. A Irak, l'ennemi, après la fin de la bataille du 14 juillet, tenta dans la région de Kalatelnay, avec une partie de ses forces, une attaque contre notre aile gauche, attaque que nous.avons repoussée avec succès. D'après des nouvelles récentes, l'ennemi a perdu, au cours de la bataille du 5 juillet, un lieutenant colonel de l'artillerie. Pendant la bataille du 14 juillet, quatre chaloupes ennemies, avec des vivres et des munitions, se sont échouées sur notre aile droite. Devant une hauteur défendue par une de nos compagnies, les Anglais perdirent 200 morts. En mer Communiqué officiel autrichien Vienne, 18 juillet. — Un de nos sous-marins a torpillé et coulé ce matin au sud de Ragttse le ■croiseur italien Giuseppe Onribnhti. Il coula en 15 minutes. (Le O/useppe Garibaldi avait une longueur t de 105 mètres; il porlait 1 canon de 25.4, 2 de 20.3, 14 de 15 et 10 canons de 7.6 centimètres. 11 cubaii 7.400 tonnes et portait 556 hommes d'équipage.) # « ^ Amsterdam, 18 juillet. — On annonce de Washington à Reuter : Le gouvernement allemand a dédaré au gouvernement américain que le vapeur américain Nebraska a été attaqué pat-erreur le 25 mai par un sous-marin allemand. Le gouvernemenl allemand déclare que ce torpillage est dû à un hasard malheureux et il offre une indemnité. En Angleterre Une innovation parlementaire Sir R. Borden, ministre-président du Canada, qui se trouve actuellement à Londres, a été invité à assister à une réunion du cabinet anglais. C'est la première fois qu'un fait semblable se passe dans l'histoire parlementaire de l'Angleterre. On pense que c'est le premier pas vers la formation d'un grand conseil supérieur, qui comprendra des représentants de toutes les parties de l'Empire britannique. Ali Mexique D'après une dépêche de New-York, les forces constitutionnelles commandées par Carranza sont entrées à Mexico. Les communications télégraphiques entre Vera-Cruz et la capitale sont coupées. Il y a lieu de remarquer que Vera-Cruz est occupé par le chef d'une autre faction mexicaine, le général Villa. OhPDtiîquB Gantoise THÉÂTRE PATHÉ. — La Direction du Pathé annonce pour dimanche et mardi prochain, en soirée, deux concerts artistiques. Les noms des artistes, le choix du programme font bien augurer d'une soirée s'annonçant sous de si bons auspices. Notre grande artiste M"' Buyens, dont l'éloge n'est plus à faire, chantera le grand air de Samson et Dalila : Mon cœur s'ouvre à ta voix. Sans aucun doute, elle ajoutera unchevror.de plus à sa couronne artistique si brillamment tressée. Cette sympathique artiste, merveilleusement douée, dont la superbe voix de contralto, chaude, prenante, empoigne l'auditeur et le laisse sous le charme, est appelée à un brillant avenir. Une débutante d'hier ; M11'- Posthumus, duga-zon à la voix claire, limpide, mélodieuse, chantera un air de La Princesse (l'Auberge et le duo de Michaëla de Carmen. M. Debouvre, baryton Martin encore à ses débuts dans l'art lyrique, manie admirablement un bel organe au timbre juste et puissant. Sa diction est impeccable et il a de bien jolies demi teintes. Il chantera « Que ne peut-on rêùer toujours » et « Viens Aimer » de Messaline. M. de Raeve, que nous citons le dernier car il ne compte plus ses succès, charmera ses auditeurs dans Le Songe d'une nuit d'Eté. Le spectacle commencera par le grand film « La Danseuse ». Le maestro Guillemyn dirigera l'orchestre. ËllEOÏRICITÉ réPar- ^'gnées CiENlETS " zi . „ 14, rue de Brabant, Gand (694) MORT SUBITE. — Un malheureux infirme, quinquagénaire, dont le nom est encore inconnu, est tombé malade samedi sur la voie publique Avenue.Clémentine; transporté dans une maison de la même rue', l'infortuné ne tarda pas à rendre le dernier soupir. feuilleton du Journal de Gand 45 Le Comte DE Monte-Cristo par ALEXANDRE DUMAS Pour tout ameublement, un lit, une chaise, une table, un seau, une cruche. A ce lit il y avait bien des tenons de fer, ! niais ces tenons étaient scellés au bois par des vis. Il eût fallu un tourne-vis pour tirer ces vis et arracher ces tenons. A la table et à la chaise, rien; au seau il y avait eu autrefois une anse, mais cette anse avait été enlevée. 11 n'y avait plus pour Dantès qu'une ressource, c'était de briser sa cruche et, avec un des morceaux de grès taillés en angle, de se mettre à la besogne. 11 laissa tomber la cruche sur un pavé, et la cruche vola en éclats. Dantès choisit deux ou trois éclats aigus, les cacha dans sa paillasse, et laissa les autres épars sut la terre. La rupture de sa cruche était un accident trop naturel pour que l'on s'en inquiétât.Edmond avait toute la nuit pour travailler; mais cfans l'obscurité, la besogne allait mal, car il lui fallait travailler à tâtons, et il sentit bientôt qu'il émoussait l'instrument informe contre* un grès plus dur. Il repoussa donc son lit et attendit le jour. Avec l'espoir, la patience lui était revenue. Toute la nuit il écouta et entendit le mineur inconnu qui continuait son œuvre souterraine. Le jour vint, le geôlier entra. Dantès lui dit qu'en buvant la veille à même la cruche, elle avait échappé à sa main eï s'était brisée en tom- ] bant. Lé geôlier alla en grommelant chercher une cruche neuve, sans même prendre la peine d'emporter les morceaux de la vieille. Il revint un instant après, recommanda plus d'adresse au prisonnier et sortit, Dantës écouta avec une joie indicible le grincement de la serrure qui, chaque fois qu'elle se refermait jadis, lui serrait le cœur. Il écouta s'éloigner le bruit des pas; puis,quand ce bruit se fut éteint, il bondit vers sa couchette qu'il déplaça, et, à la lueur du faible rayon de jour qui pénétrait dans son cachot, put voir la besogne inutile qu'il avait faite la nuit précédente en s'adressant au corps de la pierre au lieu de s'adresser au plaire qui entourait ses extrémités. L'humidité avait rendu ce plâtre friable. Dantès vit avec un battement dê cœur joyeux que ce plâtre se détachait par fragments; ces fragments étaient presque des atomes, c'est vrai; mais au bout d'une demi-heure,v cependant, Dantès en avait déjaché une poignée à peu près. Un mathématicien eût pu calculer qu'avec deux années à peu près de ce travail, en supposant qu'on ne rencontrât point le roc, on pouvait se creuser un passage de deux pieds carrés et de vingt pieds de profondeur. Le prisonnier se reprocha alors de ne pas avoir employé à ce travail ces longues heures successivement écoulées, toujours plus lentes, e: qu'il avait perdues dans l'espérance, dans la prière et dans le désespoir. Depuis six ans à peu près qu'il était enfermé dans ce cachot, quel travail, si lent qu'il fût. n'eût-il pas achevé! Et cette idée lui donna une nouvelle ardeur. En trois jours il parvint, avec des précautions inouïes, à enlever tout le ciment et à mettre à nu la pierre ■: la.muraille était faite de moellons au milieu .desquels, pour ajouter à la soiidité, avait pris place de temps en temps une pierre de taille. C'était une de ces pierres de taille qu'il avait presque déchaussée,et qu'il s'agissait maintenant d'ébranler dans son alvéole. Dantès essaya; avec ses ongles, mais ses ongles étaient insuffisants pour cela. Les morceaux de la cruche introduiis dans les intervalles se brisaient lorsque Dantès voulait s'en servir en maniéré de levier. Après une heure de tentatives inutiles, Dantès se releva la sueur et l'angoisse sur le front. Allait-il donc être arrêté ainsi dès le début, et lui ^faudrait-il attendre, inerte et inutile, que son voisin, qui de son côté se lasserait peut-être, eût tout fait ! Alors une idée lui passa par l'esprit; il demeura debout et souriant; son front humide de sueur se -sécha* tout seul. Le ^geôlier apportait tous les jours la soupe de Dantès dans une casserole de fer- b : v Celte casserole contenait sa soupe et celle d'un j second prisonnier, car Dantès avait remarqué que cette casserole était, ou entièrement pleine, i ou à moitié vide, selon que le porte-clefs commençait la distribution des vivres par lui ou par son compagnon. Cette casserole avait un manche de fer; c'était ce manche de fer qu'ambitionnait Dantès et qu'il eût payé, si on les lui avait demandés en échange, de dix années de sa vie. Le geôlier versait le contenu de cette casserole dans l'assiette de Dantès. Après avoir mangé sa soupe avec une cuiller de bois, Dantës lavait cette assiette qui servait ainsi chaque jour. Le soir, Dantcs posa son asslct c à terre, à mi-chemin de la porte à la table; le geôlier en errant mit le pied sur l'assiette et la brisa en mille morceaux. Cette fois il n'y avait rien à dire contre Dantès : il avait eu tort de laisser son assiette à terre, c'est vrai, mais le geôlier avait eu celui de ne pas regarder à ses pieds. Le geôlier se contenta donc de grommeler. Puis il regarda autour de lui dans quoi il pouvait verser la soupe; le mobilier de Dantès se bornait à cette seule assiette, il n'y avait pas de choix. —Laissez la casserole,dit Dantès, vous la reprendrez en m'apportant demain mon déjeuner. Ce conseil flattait la paresse du geôlier, qui n'avait pas besoin ainsi de remonter, de redescendre et de remonter encore. Il laissa la casserole. Dantès frémit de joie. Cette fois il mangea vivement la soupe et la viande que, selon l'habitude des prisons, on mettait avec la soupe. Puis, après avoir attendu une heure, pour être certain que le geôlier ne se raviserait point, il dérangea son lit, prit sa casserole, introduisit le bout du manche entre la pierre de taille dénuée de son ciment et les moellons voisins, et commença de faire le levier.Une légère ascillation prouva à Dantès que la besogne venait à bien. ! (A suivre).

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Cet article est une édition du titre Journal de Gand: politique, industriel, commercial et littéraire appartenant à la catégorie Liberale pers, parue à Gand du 1856 au 1923.

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