Journal de Liège et de la province: feuille politique, commerciale et littéraire

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s.n. 1914, 07 Juillet. Journal de Liège et de la province: feuille politique, commerciale et littéraire. Accès à 24 mai 2019, à https://hetarchief.be/fr/pid/p843r0qx8v/
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Mardi 7 Juillet 1914 CENTIMES Mardi 7 Juillet 1914 Franco en Belgique Un an : IS y.. » » 6 mois : 8 fr. » » 3 mois : 4 fr. Franco en Hollande Un an : 22 fr. » Union postale » 32 fr. On s'abonne, au oureau du Journal et dans tous tes bureaux de poste, ADMINISTRATION TÉLÉPHONE 567 JOURNAL DE LIÈGE Annonces, » â la ligne, 2© ceni Réclames, „ ...» 40 cent, Faits divers , ■ '. « . » 1 franc Réparations judiciaires » 3 francs "informations financières » 3 francs Avis de sociétés i« petite up» 30 cent. Émissions. . ...» 1 franc EÊDÂOTIOK TÉLÉPHONE 917 FEUïLLE POLITIQUE. LITTERAIRE ET COMMERCIALE. - FONDEE EN i764 RÉDACTION ET ADMINISTRATION s BOULEVARD DE LA SAUVENIÈRE, 25 ÈTRANGER FRANCE Essad Pacha à. Paris Paris, 6. — Essad-Pacha, ancien ministre de la guerre d'Albanie, venant de Rome par Modane, est arrivé ce matin à la gare de Lyon à 6 h. 35. ANGLETERRE La grève ide l'arsenal de Woolwilch Londres, t>. — L'arsenal de Woolwich est complètement fermé. Toutes les entrées sont gardées par des piquets de grévistes. ITALIE Les. élections municipales Borne, 6. — Dans les élections municipales qui ont eu lieu hier, les constitutionnels ont triomphé à Lugano, Côme, Lodi et Po-tenza.Les socialistes ont remporté la victoire à Vérone et les démocrates à Toramo. PORTUGAL OEuvrc d'apaisement LisLonne, 5. — Poursuivant son œuvro d'apaisement, M. Bernnrdino Machado, président du conseil, lait tous ses efforts pour que la campagne électorale qui va s'ouvrir ■dans quelquco semaines ne soit pas l'occasion de violences excessives. 11 convoque les directeurs de journaux qui se signalent par leurs écarts de langage et les invite à rester dans certaines lii: ites. En môme temps, il prescrit aux agents du ministère public de poursuivre sans défaillance les journalistes qui chercheront, par la calomnie et la violence, à exciter les passions et à provoquer de l'agitation.BULGARIE L'incident roumano-bulgare Sofia, 6. — Les délégués roumains doivent rencontrer aujourd'hui à Routschouk les délégués bulgares. De là la commission entière se rendra par Silistrie à la frontière roumano-bulgare pour commencer l'enquête sur l'incident -lu 1er juillet. ALBANIE A Durazzo Durazzo, 6. — Une délégation est arrivée d'Argyrocastro pour demander au prince de prendre des mesurés. Dans le cas où çes demandes ne seraient pjis accueillies cette ville s'unirait aux Epirotes. Quelques Mirdites ont rapporté que quatre gendarmes qui se trouvaient de garde aux retranchements avancés sur le pont de la lagune, ont tenu des conciliabules avec les insurgés. Le major Kroon est chargé de faire une1 enquête. Trois .'/parlementaires envoyés par. la légation française sont allés demander des renseignements a.u sujet de l'attaque qui s'est produite à Izti contre la demeure d'un citoyen français. Nouveau succès des insurges Durazzo, 6. — Stavora a été prise par les insurgés après un violent combat soutenu par les forces gouvernementales, qui venaient de Koritza. ETATS-UNIS L'explosion de New-York New-York, 5. — On a trouvé sous les ruines de la maison détruite hier, trois hommes.et une femme, tous anarchistes militants. La police croit que seule l'explosion prématurée de la bombe, cause de l'accident, a. empêché un attentat de la bande terro-rigto appelée «les Rouges», probablement contre la propriété de M. Rockefeller, située près do Tarritown. Des trois hommes tués par l'explosion, Caron Ilanson Berger était le plus connu. C'est lui qui dirigea les manifestations des sqjis-jtr&yail l'hiver dernier et mena une campagne contre M. Rockefeller junior, à propos des émeutes dans les mines du Colorado.Il n'y a pas huit jours que Caron proférait encore des menaces contre la famille Rockefeller et prédisait que. la dynamite joyerq.it son Jrôlà dans la lutte que les travailleurs indépendants du monde entier engageaient contre elle. Six autres .personnes ont été grièvement blessées dans l'explosion, mais elles étaient complètement étrangères à la bande anarchiste. Le Conflit Mexieo-Américain L'élection présidentielle \Vashiingtoii, 5. - On dit qu'encore une fois une crise est imminente au Mexique. Un certain nombre de dépêches officielles parvenues ici depuis quelques jours disent que la situation est très mauvaise dans la capitale. La lumière électrique et les services hydrauliques de la ville seraient menacés par des brigands, et on assure qu'un esprit de mutinerie se manifeste de nouveau parmi les troupes du général Huerta. L'élection présidentielle a lieu aujourd'hui. On sait que beaucoup de ses conseillers ont demandé au général Huerta de saisir cette occasion pour se retirer avec honneur et se désister en faveur d'une personne capable de former un gouvernement provisoire acceptable pour toutes les puissances. D'autre part, la nouvelle de l'arrestation d'un sujet britannique nommé George Sain-clair Douglas par les constitutionnalistes à Zacatecas, sous l'inculpation d'avoir prêté assistance aux fédéraux, cause beaucoup d'émotion. Les gouvernements britannicjue et américain font tout leur possible pour régler cette question, et l'on espère nue les constitutionnalistes ne voudront pas s'embarquer .dans une nouvelle affaire Benton. Le gênerai Villa confisquerait les propriétés de Benton Washington, 5. — Au sujet de l'affaire Saint-Clair Douglas, les agents consulaires américain et britannique ont reçu l'ordre de voir le général Villa et d'obtenir de lui qu'en tout cas un fonctionnaire britannique soit autorisé à assister aux débats du conseil de guerre. En dépit des assurances données, on assure que le général Villa est sur le point de confisquer les propriétés de l'Anglais Benton, exécuté il y a eruelques mois sur son ordre. L'ambassade britannique et le ministère des affaires étrangères ont fait d'énergi. ; ques représentations à ce sujet. Le Crime de Serajevo Optimisme à Vienne Vienne, 5. — Les milieux diplomatiques tendent manifestement à croire à l'impossibilité de toute complication grave à la suite de l'attentat de Serajevo. Les craintes qui ont pu tout d'abord paraître justifiées, du moins temporairement, provenaient de trois causes : le langage de la nresse austro-hongroise vis-à-vis de la Serbie, les manifestations suscitées par l'attentat et les excès auxquels ellos ont donné lieu, et enfin la question de l'enquête à Belgrade sur la genèse du crime. >En ce qui concerne le premier point de vue, on a lieu de croire que la surexcitation, d'ailleurs compréhensible, s'apaisera de plus en plus. A l'égard du second, la passivité des Serbes de Bosnie-Herzégovine et 1 absence de toutes représailles de leur part écartent les dangereuses complications que l'on pouvait, redouter. Quant au troisième point, qui n'était pas dénué d'importance, les traditions d'impeccable correction internationale de l'Autri-che-Hongrie et les tendances pacifiques de sa politique sont autant de garanties que le calbinet de Vienne n'aura pas d'exigences contraires au droit des geps. D'autre part, on a toute raison de croire que le gouvernement serbe accueillera avec bon vouloir toute réclamation légitime. Manifestation anti3crbe Vienne, 5. — Aujourd'hui a eu lieu devant l'hôtel de ville de Vienne une manifestation organisée par le parti chrétien-social.Deux mille personnes environ y ont pris part. Après un discours du comte Tromos et de M. Funder, rédacteur en chef • de la ]{cirhsposl, qui ont crié : « A bas la Ser-Me ! » les manifestants ont effectué1 une promenade sur le Ring, eu répétant les mêmes cris et en chantant l'hymne impérial.Ils se sont dispersés ensuite sans incident.L'opinion à. Belgrade Belgrade, G. — Les violentes manifestations antiserbes qui se sont produites en Bosnie et même à Vienne, après l'attentat de Serajevo, soulèvent d'unanimes protestations dans tous les milieux de la capitale. Les journaux publient des informations très détaillées sur les faits qui se. sont déroulés à Serajevo après le drame. Elles présentent un tout autre caractère de gravité que celles venant de source viennoise. Plus de quatre mille personnes ont été expulsées et l'on compte quatre cents arrestations. Les journaux serbes sont suspendus et leurs directeurs arrêtés. Les dégâts commis au préjudice des Serbes sont évalués à vingt millions. Toutes les maisons de commerce serbes ont été obligées de fermer leurs portes. Ces manifestations antiserbes sont l'œuvre de la populace, soudoyée par la police dans le but de prouver au monde civilisé la prétendue indignation du peuple bosniaque. Ces individus sans aveu n'étaient que quatre cents, alors qu'à Serajevo il y a trente mille hommes de troupes et cinq cent cinquante agents de police. Les démonstrations qui se sont renouvelées devant la légation de Serbie à Vienne, sous l'œil de la police, viennent s'ajouter aux persécutions infligées aux Serbes dans toute l'Autriche. La nervosité s'empare du public de Belgrade, et l'on s'attend aux pires conséquences pour les relations serbo-autrichiennes- Ce que dit un chef du parti jour»e-tcheque Vienne, 5. — On mande de Prague eiu'à la réunion du groupe local du parti jeune-tchèque, ".VI". Kramarsz s'est livré à différentes considérations sur l'attentat de Serajevo et la mort de l'archiduc François-Ferdinand.Sel"'il M. Kramarsz, la mort- de 1 archiduc est un grand malheur, non seulement pour la monarchie austro-hongroise, mais aussi pour le peuple auqiuel appartient le meurtrier.'M. Kramarsz, dont la sympathie pour la; Serbes est bien connue, n'a cependant pas hésité à déclarer que le prestige de la Serbie exigeait que l'on donnât à ses enfants un enseignement cfui fit d'eux autre chose que des lanceurs de bombes et des ■héros du revolver. A l'égard de la politique intérieure, M. Kramarsz croit que tous ceux qui avaient mis leurs espérances en l'archiduc en ce qui touche la réalisation de leur idéal politique auraient subi quelques déceptions. Selon lui, l'archiduc visait avec une volonté de fer une Autriche-«Hongrie fortement consolidée et unitaire. Cette condition aurait exigé de différentes nationalités certains sacrifices qu'elles n'auraient pas consentis sans peine. Tout porte à croire qu'il se serait produit entre l'archiduc devenu empereur et le peuple tchèque des difficultés à ce sujet. Los complices des assassins Vienne, 5. — On mande de Serajevo que dix individus sont dès maintenant convaincus d'avoir pris part directement ou indirectement ;i l'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand et de sa femme ; cinq étudiants, dont Prinzip, le typographe Cabri-novitch, un instituteur et trois journalistes. Le lieutenant. Merizzi, qui accompagnait l'archiduc lors de l'attentat et que plusieurs journaux ont déclaré atteint de tétanos, est en bonne voie de guérison et ne garde déjà plus le lit. L'automobile sanglante Vienne, 5. — L'automobile dans laquelle l'archiduc François-Ferdinand et la duchesse de llohenberg ont trouvé la mort est en rouite pour Vienne, où elle sera exposée au profit du fonds des orphelins militaires aviïiut d'être placée dans la collection impériale dos voitures historiques. Des téhfloiins oculaires racontent que le comte H'arracb, le propriétaire du véhiciile, aurait, après le premier attentat, sauté sur le mar. hepied de l'auto et sorti de sa poche un revolver qu'il aurait braqué dans la direction de la foule. Ce geste spontané, destiné ftj protéger l'archiduc contre d'autres agressions, aurait. amené l'héritier du trône à prononcer cette phrase : — Laisse donc, ne fais pas de bêtises ! Cabrinovitch serait un protégé autrichien Paris, 6. — Le correspondant du • Temps à Belgrade lui télégraphie qu'on vient de découvrir à la préfecture de Belgrade un dossier prouvant que Cabrinovitch, qui lança la bombe à Serajevo, fut protégé par le consul d'Autriche-Hongrie jusqu\ï son arrivée à Belgrade. 11 dut être expulsé de Serbie en raison des soupçons pesant sur lui d'être un agent autrichien. Mort trafique de l'aviateur Le^agneux Saumur, 6. — Aujourd'hui, vers 5 heures, l'aviateur Legagneux faisait des évolutions sur le terrain des Eunaudières, à Saumur. Après avoir survolé la ville, il voulut exécuter la double boucle. Au moment où il terminait ses évolutions au-<lessus de la Loire, son appareil, au lieu de se redresser, piqua du nez et l'aviateur tomba dans le fleuve avec son appareil. Des mariniers accoururent, mais l'aviateur et son appareil ne furent ramenés sur la rive qu'au bout de 25 minutes. Legagneux était sans connaissance. On le transporta inunédiatement dans une automobile à son hôtel. Là, on constata qu'il avait les jambes brisées et la poitrine défoncée. Le malheureux aviateur ne tarda pas à succomber. La ville, qui avait pavoisé, mit immédiatement ses drapeaux en berne. L'aviation française perd en Legagneux un de ses meilleurs et plus courageux pilotes. Dans toutes les épreuves auxquelles il participa, il fit montre d'un imperturbable sang-froid et depuis 1913, il détenait le record de la hauteur, étant monté à une altitude de 6.500 mètres. C'est avec la plus grande stupéfaction et la plus douloureuse surprise que la triste nouvelle de cette fin tragique sera connue par tous ceux qui s'intéressent aux progrès de l'aviation. Legagneux était sympathiquement connu et tous pleureront la perte de cet homme courageux qui avait mis au service de la science nouvelle toutes ses connaissances et son mépris du danger- Marge Ë Cirait il Lpi! Aller à Lyon et n'en pas profiter pour aller admirer les beautés du Jura, de la Suisse et de la Haute Savoie, eut été un crime impardonnable que nous avons eu soin de ne point commettre. Nous avons donc gagné la grande cité lyonnaise par le chemin des écoliers en empruntant les voies les plus rapides et un moyen de locomotion, un peu désuet peut-être par ce ; temps d'automobilisme et d'aviation, mais ! pratique cependant : le chemin de fer. Nous sommes donc partis de Liège, un i soir et moins de cinq heures après un ra- j pi/,le de la. Compagnie du Nord nous ame- I naît i Paris. On connaît la marche régu- j lière de ces trains, on s'ait aussi les pro- , grès énormes qui ont été réalisés sur cette j ligne qui possède aujourd'hui les express ; les plus rapides du monde. Aller de Liège j à Paris en 4 heures 15 minutes est, à présent, chose banale et la grande et formidable ville est devenue un peu notre banlieue à nous, Liégeois. •¥r De Paris nous nous sommes dirigés vers la Suisse par Pontarlier. Cette fois, c'est un rapide de la puissante société du P.-L.-M. qui nous emportait vers la région des i glaces et des neiges éternelles. Les trains du P.-L.-M., faut-il le dire, j n'ont rien à envier à ceux de la Compa- J gnie du Nord. Confort, rapidité, régula- i ri té de marche, personnel obligeant et stylé, tout est compris et organisé pour assurer au voyageur un maximum de bien-être. Le P.-L.-M., pour peu que l'on voyage sur son réseau, apparaît comme une des plus formidables et une des plus belles manifestations du génie humain en matière d'exploitation de chemin de fer. Peu de compagnies en Europe, voire même en Amérique, peuvent présenter une organisation j aussi belle, aussi complète, offrir aux voya. , geurs des voies d'accès plus grandes, plps profondes, au coéur d'un pays. A côté des grandes lignes internationales qui se dirigent vers le Midi, la Suisse et l'Italie, surgissent de multiples lignes Secondaires que sont venues compléter depuis deux ou trois ans tout un service de trans-oc .s en commun'par autocars. Si nous ajoutons que ce service étend se; ramifications depuis la Côte d'Azur [jusqu'au lac Léman et dans tout le Jura on cr-mprendra l'importance et la puissance de cette organisation. Et, chose admiraible, c'est dans le Dauphiné, la Savoie, le Jura, dans ces régions bénies des dieux, terr r promises des touristes, c'est dans le dédale émouvant des montagnes, des pics neigeux, des 'glaciers énormes, des cols abrupts, des vallées profondes aux gorges sauvages, où bouillonnent des torrents, que les autocars du P.-L.-M'. promènent aujourd'hui les touristes et leur font connaître un pays dont., seuls, quelques privilégiés ou d'intrépides marcheurs, avaient pu jusqu'alors apprécier les beautés. Aussi, depuis la mise en service des autocars de la Route des Alpes, tout le pays qui s'étend depuis les rives de la Méditerranée jusqu'aux rives du Léman, connaît-il une prospérité qui va en grandissant d'année en année. Grâce ;■ ce service merveilleux, Nice et la Côte d'Azur, comme Grenoble, Chambery, Aix-les-Bains, Annecy, Chamonix, Evian-les-Bains et Genève sont reliés 'à toutes les régions de iFrance et d'Europe. Et c'est un jeu aujourd'hui que de parcourir ces régions alpestres, jadis inaccessibles et ignorées. Mais nous voilà loin de notre voyage à Lyon. Le train du P.-L.-M. nous conduit donc en quelques heures de Paris à Pontarlier en passant par Dijon. Nous ne nous attarderons pas à décrire le trajet qui ne devient réellement intéressant qu'à partir de Doel. Là. on s'engage dans le Jura et c'est, pour le voyageur, une succession d'enchantements jusque Pontarlier. Après cette ville, on pénètre en plein dans le massif jurasien ; le train s'élève par une succession de défilés au fond desquels serpentent des rivières torrentueuses. Arrivé au faîte du massif, la ligne s'engage dans une vaste déchirure que dominent les montagnefc de Laver, n et de Larmont. Puis apparaît, dans un décor féerique, une vallée profonde que surplombent d'énormes pics et des monts recouverts d'épaisses forêts. Le train descend vers Vallorbe où il pénètre alors en Suisse. Après les formalités de douane, peu compliquées d'ailleurs, notre rapide nous emmène vers Lausanne et Montreux que nous* avions choisis comme étape. Nous ne vous décrirons pas lès charmes du lae- Léman, la beauté de ses horizons, le caractère majestueux des pics et des montagnes qui l'encadrent. A Montreux nous sommes près de Territet j et c'est avec joie que nous accueillons les ; nouvelles que l'on veut bien nous donner de notre Roi qui s'est acquis dans le pays une grande popularité. Notre souverain et sa gracieuse épouse habitent à Territet une charmante villa, toute parée de roses et dominant le lac. Site enchanteur, eden ravissant, bien fait pour assurer le repos et le calme. Mais le Roi est un ardent alpiniste et le matin même où nous traversions Territet il venait de partir pour Sion, dans le Valais, où il se proposait d'escalader une des plus hautes montagnes. Moins intrépides que notre Souverain, nous prenons le train à Montreux et, par la vallée du Rhône, nous nous dirigeons vers Martigny. Cette partie du voyage est déjà d'un charme intense ; les premiers pics neigeux apparaissent et l'on fait plus ample connaissance avec la Dent du Midi, les Diablérets tandis qu'au loin, vers Brigue, apparaissent les hauts sommets de rOberland et du Valais. A Martigny, nous quittons notre train pour emprunter la ligne du chemin de fer électrique qui va nous conduire au Chate-Nard et de là à Chamonix. C'est la voie la plus indiquée pour gagner le Massif du Mont Blanc et la célèbre station alpestre, car elle réserve au voyageur une succession de panoramas et de sites d'une beauté incomparable. Parmi les chemins de fer de montagne, la ligne Martigny-Chatelard-Chamonix est certes l'une des plus audacieuses et aussi l'une des plus pittoresque. On en pourra juger quand nous aurons dit que le coût de la ligne sur le territoire suisse, c'est-à-dire environ la 'moitié du parcours, s'est élevé à sept mililons, et cela en raison des nombreux ouvrages d'art nécessites par un tracé établi constamment à flanc de montagne. En quittant Martigny, la ligne longe un moment le Rhône, puis elle franchit la Drance pour atteindre la halte de La Ba-tiaz et enfin Vernayaz ou l'on peut s'attarder à la visite des célèbres gorges du Trient et de la cascade de la Pissevaché. Au sortir de la station de Vernayaz, commence le tronçon à crémaillère d'une longueur de 2.477 in., dont 1914 en rampe de 20 %. La ligne traverse le Trient au débouché des Gorges sur un pont métal-liriue, aborde la montagne et s'élève rapidement par deux grands lacets au milieu des rochers qui se dressent au-dessus de Vernayaz. Peu à peu, l'horizon s'élargit. On domine à pic la vallée du Rhône dont les villages, les moissons et les bois ne paraissent plus que des étendues irrégulières et multicolores parmi lesquelles serpente et C'riile le Rhône s'écoulant vers le lac de Genève. La vue se trouve masquée dans deux tunnels dont un, en courbe, offre cette particularité que les trains en res-sortent à»une centaine de mètres en-dessus de l entrée inférieure. La voie ferrée traverse une seconde foi ; route qui décrit une quarantaine de zigzags dans un vallon rapide, boisé de châtaigniers et tout rempli du murmure d'un torrent. De hautes sommités neigeuses surgissent tandis que les chaînes secondaires semblent s'abaisser. A un contour, dominant les autres cimes, la coupole argentée du Grand Cpmbin apparaît dans un décor de sapins et de mélèzes. Le passage de l'aiguille d'une voie d'évitement ralentit suffisamment la marche des trains à cet endroit pour permettre de jouir dé ce tableau fugitif. La ligne contourne un éperon rocheux et arrive au Pontet, arrêt de service à l'extrémité supérieure de la crémaillère. Des habitations apparaissent, c'est .Salvan, qui groupé ses chalets si caractéristiques sur un plateau verdoyant, semé de rochers do l'époque glacière d'une curieuse conformation.Dès Salvan la ligne suit le flanc de la montagne, décrit une courbe dans les prairies et, au sortir d'un petit tunnel, atteint la halte des Maréçottes, séjour d'été tranquille, centre d'excursions faciles. Les habitations de la localité s'étagent au-dessus de la station ; comme tout dans cette contrée elles attirent et retiennent les regards. Elles ont ce charme particulier d'être en parfaite harmonie avec ce sol où elles se dressent. On y remarque beaucoup de ces vieux ,et pittoresques chalets en bois de mélèze auxquels le temps a donné une teinte brun-noir très chaude. Après les Maréçottes, la ligne s'engage sur un viaduic qiui franchit d'une seule arche hardie et élégante la gorge sauvage au fond de laquelle cascade le Triege. On arrive au Trétien, halte accrochée au flanc de la montagne abrupte. En quittant le Trétien la ligne traverse des pentes dénudées recouvertes d'éboulis et sillonnées d'avalanches en hiver et au printemps. Elle franchit les deux principaux couloirs à avalanches dans des galeries maçonnées. Un peu plus loin, au sortir d'un tunnel d'une longueur de 579 mètres, la ligne est entaillée dans des parois de rochers surplombant des gorges sauvages. Le paysage est. des plus impressionnant. On ne se lasserait pas d'adimirer les lignes de ces pentes abruptes et grandioses. Des sapins en complètent l'aspect farouche par leur attitude hardie. La moindre aspérité, le plus petit ressaut leur est une place convenable. Us se campent fièrement au-dessus d'abîmes formidables et lorsque frappés par la foudre leur tronc sec et ébranché se penche au-dessus des gorges, ils semblent résister encore courageusement à la chute qui les menace. Peu à peu la montée s'atténue, le paysage devient plus riant, voici des prairies, puis la station de Finhaut-Giétroz, point culminant du tracé situé à 1.237 mètres d'altitude.Impossible -de décrire le charme de cette jolie station alpestre. C'est la Suisse sous son aspect le {dus séduisant, le plus caractéristique.Finliaut est d'ailleurs une station d'été très recherchée, admirablement située ià la base du Bel-Oiseau, en face du Glacier du Trient et du passage de la Tête-Noire ; les buts de promenades y sont nombreux et variés et les prairies sont tout égayées par le murmure d'une quantité de ruisseaux. De Finliaut la ligne descend jusqu'au C'hiatelaifl en suivant des pentes boisées, assez abruptes et coupées d'arêtes rocheuses. A mesure qu'on approche de la rivière, le paysage gagne en douceur. Le coup d'oeil en arrière sur les Gorges du Trient et sur le village de Finhaut coquettement perché sur son plateau élevé est du plus bel effet. La ligne s'engage ensuite dans un étroit défilé où se trouve la srare du Chàtelard, dernière station suisse. La ligne franchit l'Eau-Noire qui, à cet endroit, délimite la frontière entre la Suisse et la France. Et, remontant le cours d'eau, elle atteint, la gare internationale de Vallor-cine, à l'altitude de 1.212 mètres. C'est ici que s'opère le transbordement des voitures de la Cie Martigny.Chàtelard dans celles de la Cie Paris-Lyon-Méditerranée. Il n'y a point de douane française à Valloreine, cette localité étant située dans une zone franche de douane qui comprend une partie de la Haute-Savoie. Le train atteint ensuite la halte du Buet, montagne dont le sommet de 3.109 mètres est proche et d'où l'on jouit d'un merveilleux panorama. Non loin de la station, la voie ferrée disparaît dans le tunnel des Montets (1883 m. de longueur) aménagé oour le passage des piétons en hiver lorsque le service des trains est suspendu. Une vue magnifique se révèle au sortir des ténèbres du tunnel. La vallée de Chamonix s'étend dans toute sa longueur, encaissée entre de hautes montagnes. iDes arêtes aiguës déchirent le ciel, de toute part surgissent des glaciers ; au premier plan l'Aiguille Verte dresse son élégante pyramide de glace et dans le lointain s'arrondit la coupole blanche du Mont Blanc. La voie descend ensuite vers Argentière, et longe les contreforts boisés des Aiguilles Rouges, pénètre dans les gorges de la Tine et. passe par les stations de Les Tines, Les Pratz et arrive enfin à Chamonix, dont la situation à proximité du Mont Blanc, fait un centre d'excursions d'une variété et d'une richesse étonnantes. •* De Chamonix, nous avons gagné iFayet-Saint-Gervais, gare terminus de la ligne normale et à traction à vapeur venant de Genève. La vallée de l'Arve, q,ue la ligne côtoie, est de toute beauté et offre de magnifiques échappées sur l'immense glacier des Bossons, sur les montagnes de la Triaz et de Taconnaz, sur les aiguilles de glace du plateau supérieur. Le train gagne ensuite les Houches, à l'entrée ele 'la vallée de Chamonix, passe à Servoz où l'on aperçoit, dans un cadre prestigieux, la chaîne des Fiz. Puis c'est la descente vers St-Gervais par des gorges profondes et fort pittoresques où se trouvent les usines hydro-électriques alimentant la ligne électrique du P.-L.-M. Au Fayet-Saint-Genvfais nous abandon- , nous le train électrique oour monter dans ; un des cars de la Route des Alpes, qui doit noue conduire à Annecy. Ces voitures, qui peuvent emporter une vingtaine de voyageurs, confortablement installés sur des banquetes moelleuses, sont conduites par un personnel d'élite et des mieux stylés. Et on comprendra l'importance de ce détail quand nous aurons dit que les cars-alpins, circulant dans des régions excessivement accidentées, réclament chez ceux qui les pilotent, non seulement du sang-froid mais aussi une habileté extraordinaire. En quittant le iFayeft-Saint-Gervais, le car-alpin nous conduit vers St-Gervais-les-Bains, station thermale très fréquentée d'où l'on jouit d'un très beau panorama sur la vallée de l'Arve encadrée par la chaîne des Fiz, l'Aiguille de Varenz, la Pointe Percée et la chaîne du Mont, Blanc. Nous gagnons ensuite Mégèlve puis, après avoir longé les gorges de l'Arly, véritables précipices, où le regard plonge à plus de 400 mètres de profondeur, nous arrivons à Flumet, charmante et pittoresque localité. De là, la route s'élève et gagne par d'autres gorges impressionnantes le village de la Giettaz, merveilleusement assis au milieu d'un cirque immense de montagnes. Nous commençons à gravir le col des Ara-vis. Pendant une grosse heure, not^ autocar, avec une belle vaillance, va suivre les lacets de la route q.ui serpente dans la montagne où elle décrit de nombreux lacets. Nous atteignons enfin le col dsoù l'on domine le massif du Mont Blanc, qui apparaît, majestueux et imposant, dans sa blancheur immaculée. Du Col des Aravis, commence ensuite la descente vers les rives du lac d'Annecy. Pendant plus de deux heures c'est une succession nouvelle de panoramas prestigieux ; c'est la Clujaz, ce sont les pittoresques vallées du Petit Bornand et du Grand, c'est St-Jean de Sixt, village délicieux, c'est Tho-nes où l'on s'engage dans la vallée du Fier qui nous conduira aux rives du lac d'Annecy. •X- Ici le spectacle change. A la sauvagerie de la montagne succède le charme des eaux dont la nappe bleue et limpide s'étend ià perte de vue. Quelle poésie se dégage de ce lac, qu'on voudrait s'attarder et vivre sur ces bords, dans ces villas gracieuses, blotties dans la verdure où fleurissent les roses dont le parfum prenant embaume l'atmosphère. Sur les bords du lac d'Annecy, nous avons retrouvé une villa fameuse, souvent aperçue au cinéma et dont le souvenir nous hantait. Nous l'avons revue avec joie, dans son décor naturel et nous avons compris ..pourquoi les fabricants de films l'avaient choisie pour y situer leurs scènes d'amour et de volupté. Après Annecy, nous avons gagné Aix-les-Bains et le lac du Bourget. La grande cité balnéaire que nous visitions pour la première fois, nous a laissé la meilleure impression. Promenades superbes, magasins somptueux, Casino fort bien aménagé au milieu d'un parc immense. Le soir, il y avait dans les salons une foule nombreuse et fort élégante et les tables de jeu étaient fort entourées. Le matin, nous quittions Aix-les-Bains sous la pluie. Le train longe le lac du Bourget pendant plus de vingt kilomètres, si près qu'il semble que l'on pourrait toucher l'eau de la main. La ligne suit les méandres de la rive, décrit avec elle des courbes immenses, s'enfonce dans les baies profondes pour franchir en tunnel des pics rocheux, après lesquels on retrouve le lac, toujours immuablement bleu et comme serti entre des montagnes dont les cimes se perdent dans les ôrouillards fuligineux du matin. Trois heures après, le P.-L.-M. nous amenait à Lyon, cité fameuse située au cofluent de la Saiô'ne, aux eaux d'émeraude, et du Rhône fougueux, semblant emporter avec lui un peu des énergies puissantes arrachées aux glaciers ot aux neiges éternelles. Revue de la Presse LE GOUVERNEMENT ET LE F LA MINGANTISME Sous ce Litre, i'Indépendance Belge, appréciant le discours que M. de Broqueville pjcr.cnça dimanche à Turvhout, fait jus-lice des protestations d'amitié que ce minisire prodigua aux Wallons : Au fond, tout cela ne constitue que la garniture du discours de M. de Broqueville. C est la question des langues qui en a fourni la matière essentielle. Il faut croir î que l'honorable chef du cabinet avait beaucoup à se faire pardonner par les clé ricaux flamingants, car il s'est ingénié i leur démontrer que la cause flamande n's pa^ de plus ardent défenseur que lui. A-t-L voulu corriger l'effet produit sur les flamingants par sa fameuse lettre, à la veille des élections, à MM. de Crawlhez et Braco-nier ? Peut-être, mais si cette avance aux Wallons, dans le seul but de sauvegarder des intérêts électoraux, a ému à ce point les flamingants, ceux-ci sont des naïfs ; l'expérience n'a-t-elle pas suffisamment démontré qu'un gouvernement clérical est forcément un gouvernement flamand ? M. de Broqueville, à Turnhout, y a été de tout cœur : il a rappelé qu'il fut un des premiers à prêter à la Chambre le serment en flamand ; il a éve>qué le souvenir de ses luttes anciennes, aux côtés de M. Côre-mans, pour « les droits flamands » ; il a rappelé que c'est lui qui fit voter la loi fixant les droits de la langue flamande à l'école militaire et à l'armée, et il a promis pour l'année prochaine une solution ferme de la grave question de l'Université de Gand par l'institution à Gand d'un enseignement supérieur complet en langue flamande. Si nous comprenons bien, il s'agirait. de créer à Gand une université flamande à côté de l'université française qui subsisterait telle quelle. Il est à craindre que M. de Broqueville se soit] donné inutilement (beaucoup «le peine pour satisfaire ses amis flamingants, car â peine son discours était-il terminé qu'il se trouva deux orateurs pour proclamer que les Flamands exigent la transformation de l'Université française de Gand en université flamande — ce qui n'est pas précisément ce que M. de Broqueville avait indiqué comme devant constituer une solution « équitable » et « cordiale o>. Ce qu'il faut retenir de ce discours ministériel, c'est que le gouvernement et la droite, dans l'espoir de retrouver les éléments qui les abandonnèrent le 24 mai dernier, vont appuyer fortement vers le fla-mingantisme. Celui-ci, nous n'en avons jamais douté, est essentiellement clérical, mais si, par là, M. de Broqueville espère détourner la menace d'une débâcle du parti catholique, il est à craindre que cette politique ne crée un véritable péril national. En tout cas, ceux qui ont le souci sincère de sauvegarde de l'unité morale de la nation auront le devoir de combattre énergi-quement cette orientation flamingante (lu •gouvernement et de la droite. Bn Belgique Un discours de M- de Broqueville M. de Broqueville s'est rendu hier a Tuinhout pour assister à une réunion de l'association cléricale de l'arrondissement. Et il y a prononcé un long discours où il s est occ'upè au la loi militaire pour déni. 'îitier que les charges avaiept plutôt diminué qu'augmente depuis le renversement du cabinet libéral. Cette partie quelque peu paradoxale de son discours fera sourire. Au lieu de revendiquer crânement l'honneur d'avoir réorganisé l'armée, il a plutôt plaidé les circonstances atténuantes. Et il a fait dû même pour l'obligation scolaire. Il y a vu des tempéraments. « Le demi-temps, a-t-il dit, peut être réglé de telle façon que, après douze ans, les enfants ne devront fréquenter l'école que pendant la période d'biver ou un demi-jour pendant toute l'année. » Parlant de la loi sur les assurances sociales, il s'est exprimé en ces termes : «< La triple assurance maladie, invalidité, vieillesse a été votée par la Chambre. Sur les instances d'amis très compétents, le gouvernement a cru devoir insérer dans le projet le principe de l'obligation, qui a été adopté à ki quasi unanimité. Pour éviter le reproche de témérité, le Gouvernement a proposé d'ajourner à 1919 l'application du principe en ce qui concerne l'invalidité et la maladie. Or, paraît-il, même dans ces conditions, le principe de l'obligation inquiète de nombreux amis. Plusieurs pensent même que ce principe rend la loi inapplicable. Le problème se posera devant le Sénat : le Gouvernement l'examinera avec un sincère désir d'aboutir à une solution favorable. » C'est à dire que le gouvernement abandonnera M. Hubert et se ralliera aux propositions faites par la majorité du Sénat. Rien du Congo ! M. de Broqueville a terminé son discours en examinant la question des langues. C'est la partie la plus entortillée de sa harangue.11 a assuré à partir d'octobre 1915 l'organisation à Gand d'un enseignement supérieur en langue flamande. Quelle sera cette organisation ? Le gouvernement doublera-t-il les cours de l'Université de Gand ? M. de Broqueville ne s'est pas expliqué. Il , a promis de résoudre avec une grande largeur de vues les questions relatives au haut enseignement. Puisse celte largeur de vues ne rien 'sacrifier au flamingantisme. Le discours de M. de Broqueville n'est pas trop rassurant ; il est vrai qu'il a. été prononcé en flamand et dans un milieu où les flamingants ne font pas défaut. A la Chambre La salle des séances de la Chambre est envahie par les peintres. Un immense échafaudage a été élevé pour permettre le nettoyage du larttemeau et de tout le plafond. La brigade ouvrière va débuter par un « lavage >» sérieux du lanterneau et du plaifond, ainsi que des murs des tribunes et de l'hémicycle. Les fiots d'éloquence vont ê-tre remplacés par des flots d'eau... de Jouvence. Eh effet, l'on veut rafraîchir la salle dos séances et lui restituer les tons neigeux de sa parure primitive. Les peintres feront le reste, le nettoyage terminé. Il n'est question, pour le moment .d'aucun autre travail... parlementaire. Le projet d'édifier un second ascenseur a été définitivement écarté, le premier n'étant presque jamais employé et la dépense devant être trop élevée. Le vent est aux économies. Cet ascenseur aurait pu, toutefois, rendre de grands services en desservant la bibliothèque. Curieuse constatation Vous ne l'ignorez pas. les cléricaux sont, parait-il, les grands protecteurs de l'agriculture. Or c'est la province la plus cléricale, le Limbourg, puisau'elle ne compte pas un seul conseiller provincial libéral, qui se montre la moins généreuse dans les encouragements donnés. Alors que la province de Liège affecte à l'agriculture 3.1 p. c. de ses dépenses générales, le Iiainaut 2.7 p. c. et le Brabant 2 p. c., le Limbourg arrive bon dernier avec 1.2 p. c. C'est la province de Namur la plus généreuse, parce que l'opposition y est très forte et n'a cessé de réclamer de nouveaux - subsides au profit des organismes agricoles. Quant 'ià. l'Etat, il consacre à l'agriculture 1.90 p. c. de ses dépenses générales, modestes encouragements que l'on ne critiquerait pas s'ils n'allaient uniquement qu'aux cléricaux. Sait-on que la Suède, pays moins agricole q^ie le nôtre, lui accorde 7.30 p. ,<•. de son budget. Les cléricaux ont donc tort de se vanter, d'être les protecteurs de l'agriculture ! Il s'en faut. Retour du Congo La malle congolaise Anversville est arrivée vers 10 .1/2 heures, hier matin, à Anvers.Les passagers signalent qu'une certaine effervescence règne dans la région des Ba-kuba (Kassaï) et elle cause une vive inquiétude à Lusambo, ohef-lieu du district. Ils disent également que M. Van Lennep, gérant de la compagnie du Kassaï, a été attaqué dans sa factorerie de Kita et blessé par des indigènes à coups de flèche. Son état, heureusement, n'inspire plus aucune inquiétude. CONSEIL PBOniL DE LIÈGE Séance du 6 juillet 1914 La séance esit ouverte à 3 heures sous la présidence de M. Loumaye. Après la lecture des pièces parvenues au bureau, on passe à la discussion des rapports des commissions spéciales. La première discussion eut trait à l'apprentissage des estropiés. M. Eugène Mottard rappela le dépôt qu'il fit il y a quatre ans d'une proposition de création d'une école jd'apprentissage des estropiés. A cette époque, il demandait la création de cette école par la province de Liège comme avaient fait les provinces de Iiainaut et de Brabant. Cette école devait rendre aux accidentés du travail une partie de leur capacité et leur permettre ne gagner leur vie. Mais ce projet a été renvoyé à une commission spéciale et cette commission a conclu de façon tout' .à fait différente de celles des commissions hennuyère et brabançonne.Elle propose de placer les estropiés chez des artisans qui seraient chargés de les éclu-guer.Ces artisans éducateurs recevraient de la Province une indemnité de 200 francs et cela constituerait un essai. On pourrait ensuite se diriger vers l'école d'apprentissage. M. Mottard ne veut pas de cet essai ; il prétend que l'expérience des autres pays et en outre les essais du Hainaut et du Bradant doivent nous inciter à commencer tout de suite et à créer l'école. On a objecté la, question de dépense. L école proposée pour une centaine de mutiles coûte 35.000 francs dans le Hainaut et la commission proposant de donner 200 fr. par estropié, il est certain qu'en ajoutant es dépenses diverses, on arrivera au même total. O autre part, on trouvera difficilement à la campagne le dévouement .nécessaire chez les artisans et, de l'avis de l'honorable député permanent, il est inutile de faire cette expérience et il faut plutôt profiter de celle des deux autres provinces. M. Gaston Grégoire demaneie d'adopter les conclusions de la commission spéciale. L année dernière, dit-il, le commission s'est présentée avec à peu près les mêmes dispositions et l'on a décidé de renvoyer la question devant une seconde commission composée en partie de partisans et d'adversaires. Or, cette seconde commission s'est ralliée aux conclusions de la première. Nous ne sommes pas adversaires de la création d'une école d'apprentissage, mais nous voulons faire l'expérience. Après quelques observations de MM. De-fize, .Depaifve, Debarsy, Bommerson et Gen-debien qui se rallient aux conclusions de la commission, M. Valère Henault soutient que seule la création d'une école d'estropié-; pourra donner des résultats sérieux. Il en défend le principe et combat le place>-meiit à domicile. M. Mottard reprend la parole et demande que 1 on mette aux voix sa proposition et M- Boulanger l'appuie, déclarant qu'il croifi à l'inefficacité du placement à domicile. Finalement, après quelques échanges do vues, le président met aux voix l'article premier, qui est conçu en ces termes : « Une somme à déterminer par le Conseil est portée au budget provincial, afin de permettre à la Députation permanente do donner des primes aux estropiés qui seraient admis à des cours d'apprentissage agréés par elle, et des indemnités aux instructeurs chargés de ces cours. » Cet article est adopté par 44 voix contre 23. L'assemblée décrète ensuite l'urgence et le reste du règlement élaboré par la commission est adopté par assis et levé. Le Conseil passe ensuite aux autres questions de l'ordre du jour et il vote par assis et levé les conclusions des rapports sur l'amélioration de l'espèce bovine, sur les concours d'habitations à bon marché et sur la création dans la province d'hôtelleries pe>-pulaires, établissements a.nalogues à ccux , qui existent en Angleterre et qui sont des sortes d'hôtels ouvriers où l'on fournit pour quelques centimes le gîte et la nourriture.L'assemblée examine ensuite la question de la répartition du subside provincial en faveur des ouvriers mineuits et celle de lai réorganisation du service technique provincial. questions qui ont été traitées et résolues en commission. Elle vote ensuite un subside de 2.500 francs à la Société Franklin pour la célébration du 50e anniversaire de sa fondation ; puis elle aborde la discussion des conclusions du rapport de la deuxième commission. Celui-ci décide, de ne pas donner suite à la demande telle qu'elle a été formulée de la section de Renory de l'Union professionnelle des machinistes et chauffeurs de l'Etat Belge, tendant à voir le Conseil provincial émettre un vœu en faveur de l'adoption par la Chambre des Représentants du projet de loi dépo'sê par M. le député Pépin, projet relatif là la diminution et à la. réglementation des heures de service eles agents attachés aux transports publies. A ce sujet, M. Wasson présente quelquas observations. Il voudrait que le Conseil ne s'abstint pas complètement dans cette question et il dépose des conclusions sur le bureau du président. Une discussion s'établit et M. Henri Fran-cotte met tout le monde d'accord en proposant la formule suivante qui est adoptée « Le Conseil émet le voeu de voir l'administration des chemins de fer étudier les moyens d'améliorer le sort de ses ouvriers. »

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Cet article est une édition du titre Journal de Liège et de la province: feuille politique, commerciale et littéraire appartenant à la catégorie Liberale pers, parue à Anvers du 1832 au 1940.

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