L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam

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s.n. 1916, 28 Decembre. L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam. Accès à 16 juillet 2019, à https://hetarchief.be/fr/pid/3t9d50gv8z/
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36me Année IV°. 796 5 cents «Jeudi 28 décembre 1916 L'ECHO BELGE L'Union fait la Forcer Journal QUotîcSîen du matin paraissant en Hollandi Belge est notre nom de Famille, B-J- i 1 Toutes les lettres doivent être adressées au bureau de rédaction: N. X. VOORBURQWAL 234-240, AMSTERDAM Téléphone: 2797. Rédacteur en Chef: Gustave Jaspaers. ( Charles Bernard, Charles Herbleî, Comité de Rédaction: ^ Re„é chambry, Emile Painparé. ———— —iCSmmm Pour les annonces, abonnements et vente iu numéro, s'adresser à l'Administration du ournal: \.Z. Voorburgwal 234-240, Amsterdam Téléphone: 1775. >faonnenientsi Hotlandefi. 1.50 par mois. Etranger fi.2.00 par mois innoncesi 15 cents la liane. Réciamesi 30 cents la ligne. Les Raisons des Neutres assistes à une manoeuvre d'enveloppement pouf la paix boche .• \ oica qua la Suisse emboîte le pas à l'Amérique. Le gouvernement de Berne appuie, la urne <ls Wilson. Il ee place donc au même point da vue que le gouvernement de Washington et il mérite les mêmes félicitations et les mêmes blâmes. . L'intérêt est la mesure des aotions. Ceci est surtout vrai pour les actions diploma i-quea. Si nous avons vu l'intérêt que peut avoir l'Amérique à faire cesser^ une guerre où elle menace d'être entraînée, nous ne voyons pas au premier abord eu quoi la neutralité suisse est en jeu. Si les alliés relu-sent de mttttre bénévolement le cou dans 1b noeud coulant dont a parlé Lloyd George l'Allemagne va inaugurer des méthodes do'guerre qui surpasseront en cruauté et en barbarie tout ce qui a été enregistre par l'Histoire jusqu'ici: Et, quelque répugnance que les Américains en aient, il faudra bien, finalement, que Wilson traque sa machine à écrire contre d'autres arguments. Sous cet angle on ne peut pas trop eu vouloir au gouvernement de Washington d avoir mis dans le même sac les bourreaux et les victimes et, sans se préoccuper des causes ni des origines du conflit, d'avoir tente d v mettre fin. Les intérêts sacrés de 1 humanité ne sont ici qu'une entrée eu majore; le» intérêts autrement sacrés des Etats-Unis demandent que la guerre prenne fin. boit. Mais ici nous sommes bien a 1 aise pour i e-poudre que nos intérêts à nous exigent que la guerre continue. C'est à quoi les Américains qui sont pratiques ne trouveront rien a répondre. Et ils s'inclineront comme s est incliné Napoléon III quand Lyicoln, au nom des Etats du Nord, déclina poliment mais fermement son offre médiatrice, lois de la guerre de Sécession. Mais la Suisse? Quel est l'intérêt qui la guide? Evidemment les neutres sont places dans une situation difficile. Elle nous parait enviable, a nous, par comparaison. Mais, placés en. dehors de la guerre et souffrant de la guerre, on comprend qu'ils soient animes <lu désir de mettre fin à une situation anormale qui les gêne considérablement dans leur vie économique. Pourtant, ils n otaient pas intervenus jusqu'ici. La Suisse avait réussi à obtenir du cacao de la France et de la houille et du fer de l'Allemagne. Le différend qui avait surgi au sujet de ces importations était en train de s'aplanir. Aussi l'on se demande pourquoi la Suisse a brusquement interrompu un silence long de deux années et demi si aux anciennes difficultés il n était pas venu s'en adjoindre de nouvelles. Est-ce que la Suisse comme les Etats-Unis craindrait les violences d'une Allemagne poussée à bout?^ Et quelles? C est pour éviter la fameuse ligne de la Meuse •— Verdun ! — que les Allemands violèrent la neutralité belge. Liège, la Marne, l'Yser, obligèrent finalement l'Allemagne à abordes cette ligne de front. On connaît le résultat. Est-ce que l'idée ne pourrait pas venir au grand Etat-Major de Berlin d essayer par le sud ce qu'il a vainement tente de réaliser au nord et de tourner par Lyon la ligne qu'il n'a pu tourner par Reims ni forcer par Verdun? L'opération présente quelque danger. Guillaume II, qui inspecta naguère l'armée euis6e, la trouva suffisamment aguerrie pour abandonner provisoirement toute velléité d'intervention de ce côté. Il préféra la-ncer ses armées sur Liège. C'est une décision qu'il a dû regretter souvent. Mais ces regrets ne l'ont pas rendu plus sage. Pourquoi ce qui n'a pas réussi d'un coté échouerait-il de l'autre? Pure hypothèse, évidemment. Mais les Suisses aiment tant l'Allemagne. Quand, en 1814, l'Europe se rùa sur la France, les Suisses, sur s\mple sommation , laissèrent passer les armées coalisées. Evidemment, malgré leurs tendresses pour une ,,kultur" dont ils participent, ce précédent regrettable ne lie pas les Suisses d'aujourd'hui. C'est même parce qu'il les lie si peu. que le Gouvernement de Berne préférerait ne pas se trouver à un moment donné dans la nécessité de choisir..., Les journaux de Berlin insinuent que l'initiative américaine sera suivie d'autres interventions encore que celle de la Confédération Helvétique. Alors tous les neutres qui élèveraient leur voix en faveur de la paix auraient un but intéressé? Peut-être... Tous craignent le coup du désespoir que la bête acculée dans sa tanière, blessée mais encore formidable, va tenter pour briser le cercle de ses ennemis..Car il importe» qu'on sache "bien que, si l'Allemagne offre la paix, c'est qu'elle n'a plus de confiance dans la guerre. La médiation de Wilson, malgré la mauvaise humeur de la presse allemande, mauvaise humeur vite réprimée sur un mot d'ordre, a été acceptée par la Wilhelmstrasse avec tant de célérité qu'on peut se demander si ce n'est pas Bernstorff au lieu de "Wilson qui a rédigé la note. L'Allemagne veut la paix, pardon, sa paix, avec d'autant plus d'ardeur qu'elle-même hésite devant l'énormité de l'effort à accomplir — de l'horreur à déchaîner. Encore une fois nous comprenons la situation embarrassée des neutres. Mais nous? Les neutres ne pensent cru'à eux-mêmes. Ils ont raison. Inspirons-nou# de cet exemple1* ■Çbarles Bernard* Pour les Etrennes \ de nos soldats au front Le jour de l'an approchant, nous clôturons aujourd'hui notre liste afin de pouvoir a faire parvenir les dons de nos lecteurs avant le l.r janvier à nos vaillants soldats au front Au nom de ceux-ci, merci de tout coeur a ceux qui nous ont fait parvenir leur obole grande ou petite. Grâce à eux, les soldats déshérités connaîtront un peu de joie dans leur triste vie des tranchées de l'Yser. Nous tenons à remercier plus spécialement M.M. Genicot, Pfeffer et Van Mar-senille qui, une fois de plus, ont bien voulu faire circuler nos listes, mars surtout merci à M. Léon de Ghaffoy de Cour celle qui, à lui seul, a> assuré le grand succès de notre souscription. Si nous sommes en effet arrivé au total inespéré de Jj.371.2J/^ fl. plus 723.90 frs.f ce qui fait au delà de 13.000 francs — chiffre que nous n'aurions jamais osé rêver. — c'est surtout à lui que nous le devons. Nous lui en sommes particulièrement reconnaissants. L' Annexion de la Belgique Ainsi que l',,Echo Belgo'' l'a rapporté, i. s'est trouvé à la Chambre des Communes ur député libéral pour dire que l'Angleterre devrait accepter la proposition de paix de l'Allemagne parce que le t>ufc pour lequel li Grande-Bretagne était entrée en lice — h restauration ae l'indépendance de la Belgique — était déjà atteint. Eu effet, aurait déclaré cet liomme politique, que l'on ne peut pas qualifier do clairvoyant, il n'y a plus d'annexion uistes en Allemagne. Si c'est comme cela, tant mieux, et les Bel ges seront les premiers à s'en réjouir mais M .vfasson, le député en question, eût fait l'économie d'un discours, qui dans la Douche de tout autre eût pu paraître bizarre, s'il avai lu, en ces derniers temps, la presse allemande uotamment la ,,Gazette populaire de Cologne" il est vrai que ce parlementaire appartient sans nul'doute, au groupe de .bord Maioane, le plus fougueux adversaire do . 1/1 oyd George qui est, lui, la bête noire des journaux d'outre-Rhin. Citons pour mémoire que lé ,,Leipzigei Tageblatt" qualifie le nouveau premier ministre anglais d',,<apaclie politique" et lia ,,Sohfle-sisclie Zeitung" de „lèpre politique et morale" Quoiqu'il en soit, voici, d'après l\,AJlcleut-sche Blaetter" (organe de la ligue pangerma-niste), les exigences minimes que l'Allemagne devra imposer à ses ennemis au moment de le conclusion de la paix : lo. L'Allemagne doit s'annexer une partie du territoire de la France occupée; 2o. La Belgique doit être rattachée à l'Allemagne ; 3o. L'Allemagne doit avoir une hase navaic sur la Manche en un point choisi à l'ouest du détroit de Douvres; 4o. L'Allemagne doit s'annexer les provinces baltiques de la Russie, la Lithuanie entière, la, Pologne russe et la plus grande par tie de l'Ukraine, c'est-à-dire tous les territoires russes à l'ouest d'un© ligne tirée de Kiei à la- Crimée, comprenant Odessa et une partie de Ja côte e>ccidentale russe de la mer ÎNoire 5o. L'Allemagne doit annexer le Congo belge, qui, réuni à ses colonies africaines, permet tra de constituer un immense empire dans l'Afrique centrale; 60. L'Allemagne doit établir, dans toutes les parties du monde, autant de stations navales qu'il sera jugé nécessaire par les personnalités compétentes ; 7o. L'Autriche et la Bulgarie se partageraient la .Roumanie, la Serbie, le Monténégro et l'Albanie; 80. La Turquie s'annexerait l'Egypte, le Soudan, Tripoli; P'empire turc, au nord de l'Afrique, s'étendrait vers le sud jusqu'au s limites de l'empire allemand du centre africain. Après avoir pris connaissance de ces exigences ,,minimes" des pangermanistes, on est tenté do donner raison au député Masson. U n'y a plus d'annexionnistes en Allemagne, il n'y a plus que des gens dont les facultés mentales ont été fortement ébranlées par la prise de Bucarest. Les pauvre»! La victoire française de Verdun leur aura servi de douche bienfaisante!, —p . A épingler! Ainsi qu'on le sait Maurice Maeterlinck a adressé, récemment, une lettre aux Américaine pour leur signaler la tyrannie des Allemands en Belgique. La „NorddeUtsche Allgemeine Zeitung" a cru devoir répondre à cette missive dans les tenues suivants : ,,Maeterlinck ignore ou laisse ignorer à ses lecteurs que la Belgique est le pays du continent européen où la situation est la meilleire au point de vue social, économique et hygiénique. Et tout cola grâce à l'administration allemande."C'est a se' demander si l'on n'est pas le ' jouet d'une hallucination à la lecture de cette phrase digne vraiment d'être épinglée. Si von Bissing Kassongo n'était pas à l'heure actuelle dans un état quasi comateux, on le soupçonnerait d'être l'auteur de ces lignes. Cet éloge dithyrambique de l'administration boche est bien dans la manière du vieux baron qui adore se donner à tour de bras et à toute volée des coups d'encensoir sur le nez. C'est du reste là un jeu terriblement1 dangereux, et allea voir si ce n'est pas à lui que nous devons de trembler, en ce moment, pour les jours de notre freiherr bien aimé! — ■ - n y a un an 28 décembre J915: Echec allemand dans la région de l'Hartmannswiilerkopf (Vos-gts).En Perse les Russes occupent la [ville dfAssçtbadflo à Vou<st de Ramadan* En Belgique. Réponse aux prétendues justifications données par les Allemands Les ouvriers réduits en Belgique à l'inactivité ne Sont pas au nombre de 500.000 si l'on ne compte dans ce chiffre que les hommes. . Le nombre de ceux-ci n'atteint pas 350.0Ô0. Le. chiffre exact est de 346.989. Il y a. en outre, un certain nombre de chômeurs dit partiels, dont l'inactivité n'est que très intermittente. Les Alliés n'ont jamais refusé de fournir à la Belgique les matières premières nécessaires à ses fabriques et usines. Ils ont seulement demandé, pour ne pas jouer un rôle de dupe, que l'Allemagne leur donnât la garantie que les matières premières introduites, pour remplacer celles qui avaient été saisies, ne seraient pas confisquées à leur tour. Dans la seconde moitié de l'année 1915, un groupe d'industriels belges a offert à l'autorité allemande des moyens pratiques de réaliser les desiderata des Alliés: le ravitaillement industriel se serait fait comme le ravitaillement alimentaire, sous la direction du Comité National et le protectorat des mêmes représentants des trois puissances garantes. L'argent provenant de l'exportation des fabricants aurait servi à l'achat de nouvelles matières premier res. La combinaison échoua. Le Gouvernement impérial, à Berlin, refusa de souscrire à un engagement d'ensemble, se réservant de prendre des décisions dans chaque cas particulier. Il dut céder d'une part à la pression des industriels allemands qiu escomptent la ruine complète de l'industrie belge, et d'autre part à celle' des autorités militaires qui, dès lors, méditaient de cou-server en Belgique des contingents d'hommes momentanément inoccupés pour s'en servir quand elles en auraient besoin. Il suffit de parcourir la nomenclature des arrêtés pris par l'autorité allemande, depuis le .11 décembre 1914 jusque dans ces derniers jours, pour constater que l'industrie nationale a été successivement dépouillée de tous ses stocks et de tous ses moyens de production et tarie ainsi dans ses sources. Non seulement les machines-outils jugées utilisables ont été enlevées par les Allemands pour servir à la fabrication du matériel de guerre dans les nouvelles usines qu'ils ont installées chez eux, mais les industriels belges ont été empêchés de remplacer les machines exportées et de réoccuper leurs ouvriers. Pour choisir dans les usines belges les machines qui pouvaient leur convenir, l'autorité allemande a délégué des concurrents allemands de ces usines, et, chose inouïe, afin de réduire l,e marché belge à "l'impuissance immédiatement après la guerre, ces concurrents ont profité de leur passage dans les usines pour y démolir des installations fixes, fours, etc Le fait s'est produit notamment dans les Ateliers de construction électrique de Charleroi et dans les usines de Maubeuge. La province de Luxembourg, où l'industrie est nulle, avait été la moins atteinte par les réquisitions pratiquées dans le restant du pays, et le Comité de Secours, en | vue d'éviter le chômage, y avait entrepris une série de travaux auxquels une grande partie de la population était appelée à collaborer. Il a fait exécuter ainsi depuis le commencement de la guerre 750 kilomètres de chemins de fer vicinaux, assaini 324.000 hectares de terrain fangeux, planté 1.100 hectares inexploités, construit 3.000 fosses à fumier et citernes à* pûrin, procédé à des aménagements de cimetières, à des distributions d'eau, à des améliorations d'étables; il a dépensé, pour la réalisation de ces travaux, une somme de ,frs. 9.540.000 représentant presque exclusivement des salaires, et dans laquelle les pouvoirs publics, Provinces, Commîmes, et Etat, n'ont eu à intervenir qu'à concurrence de francs 1.790.000. Des travaux du même genre étaient projetés et approuvés, une partie déjà entamée, et, brusquement, leur conti- | nuation et leur achèvement ont été inter- ; dits par des ordres transmis aux administrations communales. Ces . défenses reposent aux archives de ces administrations. En sorte que les mandataires de la province de Luxembourg ont pu écrire dans leur protestation que ce sont les mesures prisés par l'administration allemande qui ont acculé les travailleurs au chômage qu'elle leur reproche, et que celle-ci sévit violemment contre eux à raison de l'inaction qu'elle-même a voulue et créée. On prend des étudiants, des rentiers, des cultivateurs, des gens de maison en service, des ouvrière d'ateliers qui n'ont jamais chômé, puis le troupeau d'esclaves est embarqué sans leur laisser le temps des adieux. Toute l'humanité dont on se vante consiste à leur recommander, comme à Nivelles, de ne se munir que d'un petit bagage à main. C'est uné ironie de parler d'une enquête spéciale sur chaque cas particulier. Le Lieutenant Général Hurt avoue dans son avis à tous les Bourgmestres du Grand Bruxelles et du Brabûnt que: ,,L'administration allemande n'a ni le temps, ni les moyens de faire une enquête 6ur la situation de chaque personne." C'est donc l'arbitraire le plus absolu. Ce qui prouve que l'on ne veut pa6 seulement les chômeurs à raison de leur inactivité c'est que dans certains établissements métallurgistes, à Mer-bes-le-Château. à Pâturages, les oatrona ont été forcés de fournir 20 pour cent des ouvriers travaillant chez eux. Les chefs de l 'industrie belge vont même, dans leur protestation^ jusqu'à dire qu'ils pourraient citer des cas de chômage provoquas artificiellement, c'est-à-dire que certains ateliers ont été délibérément privés de • leurs chefs et contre-maîtres, et qu'en décapitant tel établissement ou tel atelier, en plaçant sous séquestre tel grand charbonnage de Campine, on a du même coup jeté sur le pavé tous ceux qui y trouvaient leur gagne-pain.Le recrutement s'exerce suivant deux modes ; aux uns on demande des engagements volontaires et la manière dont ces signatures sont arrachées. Dieu sait par quelles insinuations ou menaces, par quelles offres de salaires qu'on fait miroiter à leurs yeux, a souvent été décrite. Ceux-là sont tombés dans le piège et sont acquis aux fabriques de munitions. Les autres,' recrutés de force, n'ont, en perspective qu'un salaire dérisoire et, au lieu des 7 à 8 marks dont parle l'interview, 37^ pfennigs. Et quelle garantie ont-ils qu'on ne leur forcera pas la main? L'affiche d'Antoing ne dissimule rien: ,, L'autorité allemande signale qu'on pourra forcer le civil au travail s'il n'y a ] pas assez d'ouvriers volontaires, par exemple pour. les travaux dan3 les usines, dans les scieries, dans les ateliers, dans les fermes, pour les travaux des champs, pour la construction des chemins de fer et des routes. , On ne forcera jamais la population à faire 1 des travaux exposés au feu continu. En cas ! de refus de travail, il serai prononcé contre | chaque personne qui refusera le travail des | peines d'amende et de prison, de placement ' élans un 'bataillon d'ouvriers civils, d'arrêt avec nourriture réduite.'' Les déportations Les Allemands prétendent, que les civils belges déportés 11e sont pas employés à des travaux militaires. Or, il résulte d'un rapport des autorités militaires belges du front que, le 25 novembre 1916, deux soldats russes, prisonniers des Allemands, réussirent à gagner les lignes anglaises près d'Ypres. Ces eleux prisonniers avaient été employés à construire des réseaux de fils de fer barbelés; des civils belges sont contraints, déclarent les Russes, à creuser des j tranchées et des abris et à préparer des em-: placements de mitrailleuses et de batteries, | Les travailleurs civils belges ont un gardien allemand par groupe de dix hommes. Ils sont très mal nourris et parmi les pri-1 sonniers russes la moitié sont mourants. | Il y a lieu de rappeler, d'autre part, qu'une affiche apposée le 21 octobre à An-toing et convoquant les hommes pour le ; travail volontaire ou forcé dit, en propres termes, hypocritement: On. ne forcera jamais la population à faire des travaux exposés au feu continu. Le Régime de la Terreur Nous avons dit que deux filles de l'aoïcien ministre des finances, M. Michel Levie, avaient été arrêtées par les Boches. Voici à ia suite ele quelles circonstances. M. Levie assistait à la messe célébrée à la mémoire d'un de ses fils, mort au champ d'honneur. Prévenus par leurs espions, les Boches décidèrent de perquisitionner aussitôt chez l'ancien ministre. Ils fouillèrent la -maison du haut en bas et mirent les papiers personnels des habitants sans dessus dessous, avec une brutalité et un sans-gêne écoeurants. Que trouvèrent-ils? Des lettres que les jeunes filles avaient eu l'intention d'adresser à ceux de leurs frères qui veillent sur l'Yser. C'est — du moins — le prétexte dont les Barbares se sont servis 1 pour emmener les deux jeunes filles. Elles furent incarcérées à la prison de Turnhôut et 1 il fallut l'intervention ele M. de Villalobar, « ministre d'Espagne, pour qu'elles fussent ren-dues à la liberté. Elles étaient restées 2o jours sous les verrous.Tous les tacts, ce von Bissing. A Bruxelles La ,,Deutsche Tageszeitung" a publié, et la 1 presse allemande a reproduit un article attribuant à un homme d'Etat belge qui, d'après la 1 description qui en était faite, semblait être M. ; Woeste, ministre d'Etat, la préface d'une réédi- ■ tion récente d'un ouvrage antérieur à la.guerre, 1 signé. ,,0. Dax". L'auteur de la préface blâ- ' niait la politique suivie par 1e gouvernement belgo depuis le début do la guerre: il appelait un crime contre la patrie le fait d'avoir repoussé l'ultimatum allemand et déclarait que le document diploraatiquo publié par les Allemands 1 avait démontré l'existence d'un traité sccfet i d'alliance do la Belgique avec l'Entente. L'articlo avait visiblement pour but do com- ' promettre une personnalité belge et de persua- < dor aux, neutres quo l'unanimité historiquement acquise aux décisions du gouvernement belgo < n'existait pas en réalité. Or, lo gouvernement belgo a maintenant < acquis l'assurance la plus certaine et défiant tout démenti, quo ni M. Woeste. ni aucun , homme d'Etat belge, répondant à la description faite par le journal allemand, n'a écrit de com- ( mentaires pour lo livre en question. La réédition du livro signé ,,0. Dax" est le fait des Allemands, la préfacé en est apocryphe. Elle est écrite par un AHemand ou par un écrivain aux gages dos Allemands. Le iivro signé ,,0. Dax", dont il est question dans cetto dépêche, fut en effet publié en Bel-«riauo trois ans avant la f.uerre* Il traitait de la situation militaire do la Belgique dans l'éventualité d'un conflit franco-allemand et indiquait l'intérêt qu'aurait eu la Belgicjue à se ranger du côté des Allemands. Le ,,Temps" a dénoncé à l'époque le caractère tendancieux de ce livro qui fut âprement discuté en Belgique même et dont l'auteur était un officier supérieur belge très connu, qui retira son livre du commerce en présence des discussions provoquées par sa thèse, en contradiction absolue avec la saine concoption de la défense de sa% neutralité à laquelle la Belgique s'est fermement tenue. • * • La question de Bruxelles, ville flamande, aurait pu jeter les Belges les uns contre le6 autres. Tel était lo but poursuivi par von Bissing. Or, on prend philosophiquement la chose, exmfiant dans le gouvernement belge qui rétablira les droits méconnus. Les flamingants en sont pour leurs frais. En attondant, le procureur du Roi a invité les fonctionnaires ele la capitale et des faubourgs à se conformer aux prescriptions de l'arrêté sur l'emploi de la langue flamande pour la rédaction de toutes les pièces administratives. Ixelles échappo à la mesure, mais toutes les autres communes ont été flamandi-sées.• » * Le corps de police a été très épremvé depuis le commencement de la guerre. Plusieurs commissaires sont morts. Aujourd'hui l'on apprend la mort de M. Dixe, le doyen des agents spéciaux, décédé subitement, A Louvain Les locaux ele la Table-Ronde, — société fondée en 1482 — brûlés par les incendiaires allemands en août 1914, vont être reconstruits par les soins de l'administration communale, avec le concours financier de la Banque Nationale de Belgique. C'est l'architecte anversois Max Winders qu'on a chargé de dresser les plans. La Grand' Place sera reconstruite d'après les plans anciens. Ce sera une reconstitution du 15e siècle. Dans les locaux reconstruits seront installés les bureaux de la Banque Nationale. * * * . Depuis la fin ele l'année 1914 les conservateurs de la bibliothèque John Rylands, Je Manchester, s'occupent activement de reconstituer la bibliothèque de Louvain» A Gand Maurice Wilmotte, lo savant professeur à l'Univorsité do Liège, émet son opinion sur l'Université von Bissing. On lira, sans nul doute, avec intérêt, cette opinion très raisonnable : La eiUestion de l'Université flamande doit rester une question ouverte, et je regrette qu'un engagement formel ait été pris à ce sujet, dans la déclaration gouvernementale, datée l'autre jour du Havre. Il n'est pas exact ele dire que cetto question allait être résolue lorsque la guerre éclata. Et tout d'abord, on peut différer d'avis sur son opportunité. Remarquez epie je no me place pas ici sur le fâcheux terrain de la lutte des langues. J'ai toujours pensé, toujours écrit que le Flamand devait avoir les mêmes droits de citoyen epio le Wallon, quo s'il était établi qu'il réclamait pour ses fils une instruction à tous les degrés en un idiome d'aussi faiblo circulation que sa langue maternelle, il no fallait pas balancer à 1a. lui concéder; mais restait à démontrer epie tel était 10 sentiment do la classe, qui envoie ses fils à l'université, et je soutenais, avec non moins d'énergio, ejuo cette démonstration n'était pas faite. Si Paul Fredericq et He&ri Pironno, maintenant relégués dans un camp d'officiers en Allemagne, s'opposèrent avant la guerre à cette transformation de l'Université de Gand en une université flamande, o'est parte qu'ils n'étaient pas rassurés sur le sort du futur établissement, et donc c'est que ieur expérience les laissait défiants sur la détermination que prendraient elo nombreuses familles flamaneles, bien capables d'envoyer leurs enfants ailleurs, si ces derniers cessaient de recevoir à Gand l'instruction supérieure en français. Lo sentiment d'Emile Yandervelde, qui ne pensait pas alors qu'il dût devenir ministre, était probablement le même. Dans un article commenté du ,, Peuple", derac d n journal officiel du parti socialiste belge, combattit la transformation de l'Université de Gand et proposa une autre solution, la création el'uno université flamande à Anvers. On me dira que les événements ont pu changer sa conviction et celle ele bien d'autres. Je n'en veux rien croire. Les familles bourgeoises des Flandres n'ont eu aucune occasion de manifester un revirement, qui se justifierait moins quo jamais en ce moment. Est-ce qu'il n'y a pas, en France et en Suisse française, des milliers de gens appartenant à la bourgeoisie belge et qui-» sont nés dans le Norel et 1 Ouest du pays? Ne s'applaudissent-ils pas, chaque jour, de la prudence du " législateur, epii, en maintenant làr-bas l'enseignement du française à côté de celui du flamand, leur a épargné la douleur, le ridicule et lo dommage ele 11e pouvoir être compris dans le pays dont ils ont été heureux de recevoir l'hospitalité? Sans ce privilège do la possession de deux langues, ils seraient aussi vivement dignes de compassion que ces pêcheurs ostendais, qui erraient, en théories lamentables, dans les rues de Montpellier ou do Toulouse et étaient privés do la consolation de conter leur misère, ou même de demander leur chemin ! Pour ma part, je reste inébranlablement opposé à la suppression de l'Université française de Gand, et je le resterai jusqu'à mon elernier souffle. Qu'on allume do nouveaux-flambeaux civilisateurs, soit: qu'on en éteigne un seul, non, jamais. Et si l'on veut créer une université de plus dans notre pays, je n'y verrai nul inconvénient, puisque la Suisse, qui est moins peuplée epio la Belgique, en compte une demi-douzaine. La libre concurrence des langues est, aussi bien que la libre concurrence des enseignements. une source de vitalité et de prospérité. Défendre à un père de famille de chensir la langue dans laquelle on instruira son enfant, c'est le ramener à l'esclavage^ L'effort de la France. L'Usine, (Suite) Bien de plus intéressant à suivre que, dans une telle usine, une usine vraiment up-to-date, le processus de toute la fabrication d'un shrapnell, depuis le moment où les barres d'acier américain sont coupées en tronçons, à la longueur voulue, par une presse hydraulique qui les casse comme verre, jusqu'à ce que le projectile achevé, verni, soit chargé sur un wagon qui le transportera loin de là, à la poudrerie. Ce que nous voyons ici mis en oeuvre, mais avec quelques corrections, une mise au point française, c'est le système de l'Américain Taylor, qui vise au maximum d'efficience par l'organisation, à la réduction au strict minimum des pertes de temps et d'énergie. Yoici par exemple deux petits détails qui m'ont frappé entre tous. Veut-on, au bureau central de cette cité industrielle, appeler un ingénieur, un contremaître, un directeur? Au lieu de lui courir après dans le? halls immenses pendant une demi-heure, 011 l'avertit qu'on a besoin de lui en allumant sur un tableau électrique placé très haut, dans tous les halls, un signe distinctif, d'une couldur spéciale, que connaît la personne appelée. Il suffit pour cela d'appuyer sur un bouton. Le directeur-propriétaire de l'usine a imaginé un système, de paie à la foie simple et ingénieux, ppii économise le temps de ses ouvriers et leur épargne l'ennui d'une longue attente dans le froid et la boue après leur journée faite. Naguère, ils faisaient la file devant les guichets, cependant qu'un employé comptait en francs et centimes le salaire de l'ouvrier payé aux pièces ou à l'heure. Maintenant, à la fin de la semaine, l'ouvrier se dirige vers une fenêtre portant l'initiale de son nom. On lui tend une e^arte sur laquelle se trouvent les rubriques suivantes: ,,Balance de la semaine dernière. — Autant d'heures à autant. •— Primes." Le total est réduit à. un chiffre rond immédiatement voisin: 100, 120, 80 francs, l'excédent étant reporté sur le compte de la semaine suivante. L'employé place sur la carte un timbre bleu, rouge ou vert selon la somme à payer et l'ouvrier se rend à un guichet où un employé n'a devant lui que des piles d'une même somme: 100, 120 ou 80 francs. L'ouvrier tend sa carte, l'employé la somme. Pas de temps perdu à compter. En un clin d'oeil tout est fait. La division du travail, dans cette usine, est poussée à l'extrême; sur une même ligne on voit 20 ou 25 machines qui font la meme opération. Il n'y a pas moins d'une centaine d9 phases dans la fabrication d'un obus, dont plus de la moitié au moins n'ont trait qu'au contrôle, infiniment minutieux. Le transport est «assuré par de puissantes grues électriques ou aimantées, des ponts roulants dociles et silencieux. La manutention est pour ainsi dire nulle. Mais la merveille de cette usine, ce sont de petits cars actionnés par un accumulateur et qui courent dans toute l'usine, transportant les ©bus, dirigés d'une main sûre par des jeunes femmes. La main-d'oeuvre, dans la fabrication même, a été pour ainsi dire totalement supprimée. Je n'ai rien vu de plus surprenant, ni de plus amusant à la fois que la production et le placement des balles de shrap-nells. Le plomb est. réduit par un système de machines en longues lanières ductiles qui deviennent balles dans les matrices. On pense aux confiseurs qui, à la foire, fabriquent de la même façon des ,,boules" et des ..chiques". Les balles de plomb sont pesées puis versées en quantité voulue dans les o*îus, avec de la résine bouillante, le tout étant agité par une machine qui porte le nom pittoresque de trembleuse et met les balles en place beaucoup mieux, certes, que ne le font ces mains de femmes que j'ai vu accomplir le même travail dans une usine anglaise. Quand l'obus est terminé, on le soumet à une suprême opération de contrôle, dont je ne veux point révéler ici la nature. Il s'agit de voir s'il n'y a point, dans l'acier, de défaut, de paille, qui pourrait provoquer l'explosion du canon. L'opération dont nous parlons décèle à coup sûr la moindre imperfection. Mais elle compromet dangereusement, au hout de quelques mois, la santé des ouvriers qui la font. On y emploie des ,,Sidis" ou des Annamites. ,,Que voulez-vous, nous dit l'officier qui nous accompagne. Il vaut mieux risquer la santé de quatre ou cinq de ces pauvres bougres que d'exposer quelques douzaines d'artilleurs français à sauter un jour avec leur canon !" On ne saurait assez dire et répéter quel effort industriel, quel effort d'organisation magnifique a fait depuis deux ans la France privée de ses mines de chaçbon du Pas-de-Calais, de ses mines de fer de Briey. A Saint-Etienne, à Roanne, à Toulouse, à Bourges, au Creusot, à Lyon, dans le Dauphiné, l'incomparable génio d'improvisation ele la France a fait siïrgir de terre de nouvelles et formidables cités industrielle^. Un Américain, qui est mieux que quiconque place pour juger des applications de I3, science et de l'industrie à la guerre actuelle, vient de payer à cet admirable pays un tribut d'admiration qui restera. Après avoir constaté la faillite de l'Allemagne qui' n'a) en ianoyé dans cette

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Cet article est une édition du titre L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam appartenant à la catégorie Oorlogspers, parue à Amsterdam du 1914 au 1918.

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