L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam

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s.n. 1915, 25 Mars. L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam. Accès à 26 avril 2019, à https://hetarchief.be/fr/pid/862b854h88/
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,ôra I: ~ ii rr "5 cents fSO Centimes) j ? Jeudi 25 mSrs 191S L'ECHO BELGE Journal cïïiôtîitten -du \ matir14 paraissant à Amsterdam L'Un ton fait la Force. Bëltae est notre nom de Famille. Toutes les lettres doivent être adressées au bureau de rédaction: JV.Z. VOOBBURGWAL 234-240 • Téléphone: 2797. Rédacteur en Chef : Gustave Jaspaers. ( Charles Bernard, Charles Herbiei, Comité de Rédaction Gustave Peellaert, René Chambry, ( Emile Painparé. Pour les annonces, abonnements et vente au numéro, s'adresser à l'Administration du journal: N.Z. VOORBURGWAL 234-240. Téléphone : «775. Abonnement I En Hollande il. 1.50 par -mois. noiifahlo non I Ftnonnnn fl O fi F» f Le combat finira faute ie [i minitions. l'attention publique vient d'être appelée brusquement sur le problème des munitions de guerre par Lord Kitchener. Avec cette franchise qui est un des plus beaux fleuron; du gouvernement anglais, son ministre de ]a guerre a eu le mâle courage d'indiquer ce point faible aux Chambres. Il n'a pas caché que ce sera la grande préoccupatior des mois prochains. Avec le grand sens pratique des Anglais, qui ne geignent pas. mais qui agissent, Kitchener a annoncé de; maures énergiques tout en faisant appel s la bonne volonté de toutes les usines qui peuvent aider à travailler pour l'armée, ainsi qu'à tous les ouvriers qui ont presque autant de mérite à sacrifier leur repos en travaillant pour la patrie, que les héro; qui risquent leur vie sur les champs de bataille. Cependant la Grande-Bretagne met sor orgeuil à se subvenir à elle-même. La France d'autre part est aujourd'hui admirablement fournie; par surcroît de pré cautions ©lie a fait des marche* à l'étrangei dont un notamment de 3 millions de car-touches par semaine, marché rendu public par le désappointement d'un am-bassadeui allemand. Mais on a eu en vue la Russie qui souffre de pénurie de munitions et \ qui lord Kitchener compte envoyer de groi approvisionnements dès l'ouverture des-Dar dar.elles. Disons en passant que nous 6avon: de science personnelle que la Russie pass< Fi' de gros contrats avec toutes les industrie: locales qui sont susceptibles de travaille] pouf la guerre. Le magnifique effort belge et français au Donetz depuis 1900 à. su heureusement développer nombre d industries. On. sent aussi a ce discours que le ministre anglais pressent la venue d autres clients qui ne peuvent se trouver que parmi les neutres d'aujourd'hui. Pendant que la- Grande-Bretagne prend ainsi ses précautions en vue d'une guerre de plus en plus générale et de plus en plus intensive,. que devient l'ennemi? • Nôùs avons la conviction profonde que l'Allemagne a pris ses précautions; préparant la guerre depuis longtemps, elle a soigné évidemment pour des munitions. Nous ne doutons point qu'elle était large-i ment fournie en prévision des événements. Heureusement ceux-ci ne se sont pas dé-! roulés comme l'avait décidé l'invincible [ état-major prussien! L'héroïque résistance belge, l'avance russe en Prusse orientale, l'intervention énergique de la ,,misérable petite armée" de French. la glorieuse victoire de la Marne, les succès homériques des gerbes, ont ruiné les plans allemands. Au lieu de prendre Paris vers le 15 août, ren-[ du la France à merci en un mois, réduit la Russie pour fin septembre, avoir enregistré \ une paix glorieuse avant l'hiver, le colosse \ allemand se trouve au bout de huit mois ï devant des ennemis plus menaçants et plu? [ forts qu'au premier jour av;ec, pour comble, f un blocus inattendu qui coupe à la Ger-| manie les aliments indispensables, les vi-1 vres, les armes et la matière première nécessaire à la fabrication des munitions. Oui, l'Allemagne était largement fournie pour une guerre de deux ou trois mois, - mais son coup du Père François n'ayant V pas réussi, elle se trouve aujourd'hui à quia ¥ au triple point de vue vivres, armes et mu-t nitions. Nous ne pouvons songer à entreprendre I ici les longues études nécessaires pour dé-f montrer jusqu'où va la pénurie de l'autre [' côté du Rhin, aussi renverrons-nous nos lecteurs à la très sérieuse étude parue dans I la Revue des Deux-Mondes de février 1915. [ On y rechercihe avec soin où nos ennemis I chercheront les grandes quantités qu'exigent f la guerre, en acier, zinc, étain, nickel, 1 manganèse, chrome, aluminium, pétrole, [ nitrate, chlorate de potasse et surtout en \ cuivre. Nous avons déjà fourni antérieurement [ ce renseignement que l'Allemagne consom-| mait plus de 200.000 tonnes de cuivre. M. i Lannay dans l'étude précitée cite cet élé- V ment sans en prendre texte; il* étudie seule-I ment la quantité de métal rouge nécessaire 1 à la guerre, il le fait avec un grand souci E de détails et d'exécution en étudiant notam-I ment la composition des cartouches et shrap-I nells de divers calibres, consommation ré-I duite par le système de primes mises sur le I récolement des douilles vides, plus la con-t sommation de la marine, etc.; il arrive à un I emploi mensuel de 15,000 tonnes, rien que I pour la guerre. D'où viendront à l'Aile-I magne ces quantités énormes qui, quoi I qu'on fasse, doivent être fortement majo-I rées par les nécessités des industries civiles. Les preuves que cette pénurie est déjà [ angoissante résident dans le fait de l'enlè-I .vement des portes de bronze de la gare I -d'Anvers, de celui des batteries de cuisine. [ mais surtout du fait que l'on a signalé er Belgique, en Suisse et même en Hollande i l'achat des cens en cuivre avec une prime f de quinze pour cent! Tout le monde sait que le billon ne vau; pas le quart de la valeur que lui donne h l coing officiel! Cet affplement ne peut sub f sister, tellement le prix payé est exorbitant Jugeant sur des données absolument incon testables, nous disons que la tonne de cuivr< à Hambourg 6e traite à 3000 francs, soi presque exactement le double du marché d< Londres. S'explique-t-on maintenant ces mille e un indices qui se font jour? Comprend-t-oi pourquoi les bulletins français et anglai enregistrent constamment des succès d'artil lerie, alors que les Allemands, malgré leu: manque de pudeur, n'en annoncent aucun Saisit-on pourquoi des prisonniers allemand ont reconnu que la plus grande économie ; été recommandée? Ne s'explique-t-on pa; pourquoi tant de bombes cï'aviateurs et di Zeppelins n'explosent même pas? Qu'il nous soit permis d'y joindre un der nier indice personnel qui nous vient ei droite ligne du front. Un de nos jeunes ami: de l'artillerie du dépôt nous écrit: ,,D< temps en temps un artilleur part pour rem placer un camarade tué ou blessé" et plui loin ,,j'ai interrogé les hommes des batterie: revenant au repos derrière le front, beau coup n'avaient même pas perdu ui homme." Certes on ne dira pas que notre pauvr< petite artillerie belge porte plus loin que 1. grosse artillerie allemande ; nœ artilleur: sont donc exposés ; si heureusement nos vail lants compatriotes souffrent si peu, c'es avant tout au conditionnement défectueu: des munitions ennemies qu'on le doit. Aussi pouvons-nous justifier le titre d' cet article: l'Allemagne ne manquera pa de munitions daps le sens absolu du mot mais elle en manque sous le double rappor de la quantité et de la qualité. Cette excellente situation ne peut que s développer et assure de plus en plus la supé riorité de nos alliés. C'est après avoir étudié ce sujet que l'oi comprend toute la sanglante ironie d l'image du ,,Cri do Paris" où l'empereu Guillaume s'approche avec respect d'un cru cifix : il le considère avec' pitié et soudai] s'écrie: ,,Mais il est en cuivre!" Ce cri du coeur du guerrier aux aboi dépeint mieux que do longs discours l'éta d'âme désespéré de l'état-major allemand C'est pour nous, au contraire, un précieu: et prépondérant pronostic de la prochain victoire de la civilisation latine sur les hor des de la Kultur germanique. François Rosccels. Les Allemands en on! assez Chaque fois quo notis faisons un prisonnic allemand, nous réalisons un double avantage nous supprimons un combattant, et nous trou vous, dans les poches do sa capote grk*3, un ou plusieurs lettres qui attestent, sans dénier ti possible, l'atroce angoisse qui, chez; eus serre les ce>eurs et >2S ventres. Citons quelques nouveaux exemples dit „L Matin" Lettre trouvée sur un Bavarois. — D rigoureuses prescriptions concernant .W vivre ont été publiées afin do nous permettre de te nir jusqu'à la saison prochaine. 11 faudra que nous aussi, coûte que coûte, nous aidions gagner la victoire. A chaque instant des honnies sont appelés à la caserne— Autremen tout va bien, sauf quo la huch» à pain est d plus en plus difficile à atteindre. Oh! que d maux vous avea à supporter! Les nôtres n sont rien on comparaison " Lettre datée de P.... 23 février 1915. — Il faut bien envisager l'avenir sans crainte mais il faut cependant qu'il y ait un change ment. Je ne puis croire quo cela dure encor longtemps ainsi. Tout lo monde demande 1 paix." L...., 24 février 191o. — .,La semaine pa^ sée on a distribué à chaque famille des bons el pain. Je reçois par t»? m ai ne, trois livres d pain pour 60 pfennigs et T.... en reçoit 2 1: vres pour 40 pfennigs. Ce pain est parti con nie un ripn. Déjà jeudi mon pain était tou mangé. J'ai été_vendredi, samedi et dimanch sans pain. Ce n'est que mardi que l'on m'e donna de nouveau. • ,,Le prix eles pommes de terre, qui était pr mitivement de 10 pfennigs, a été porté à 3 pfennigs; maintenant il est de 70 pfennig* C'est un renchérissement terrible. Si seulemen la guerre finissait! Qu'advi#ndra-t-il?... O parle toujours de grandes victoires et malgr tout cela la guerre no se termine pas. On poui rait bien faire la paix." G 10 février 1915. — Si seulemen cette t»>rriblo guerre finissait. Bien des ger eeraient contents, car les vivres deviennent d plus en plus chers et l'on ne peut obtenir pa semaine qu'une livre e1») farine et un peti pain par jour, coûtant 30 pfennigs." Dans un autre ordre d'idées, on peut cor stater, d'après ces lettres édifiantes, combie le _ gouvernement allemand doit se repenti aujourel'lrui des extravagante» nouvelles qu' propageait audacieusement il y a quelque mois. L'une des plus sensationnelles fut la pris de Verdun. Or les Boehevs ont fini par comprendre, ma gré leur crédulité, que Verdun n'avait jamai été pris par eux. Aussi leur désillusion esi elle profonde. Voici, par exemple, un extrait de lettre d 2 février : Lettre d'un pasteur. — ,,L'énervement rè gne chez nous en particulier par suite des me sures de rigueur du gouvernement, qui veu amener plus d'économie dans l'emploi do la fr rine. Cet énervement, qui se traduit en un façon de raisonner insensée et inconvenant* prouve quo beaucoup chez nous n'ont pas con i pris que c'est la guerre »?t que cette guerr est très sérieuse." ; Nous sommes déjà en février et Verelu , n'est toujours pas entamé. Mais vous pouve être certains que la guerre ne sera pas ternv néo aussi longtemps que nous n'aurons paspri possession ck ce ,,Sedan" de la guerre moi" ■ eliale. En Belgique. AB'r'U'X e 11 es. .Vous avez été tenu au courant des faits r raconte un lecteur de 1',,Indépendance" d'une scandaleuse immoralité dont la Bel 5 gique en général et Bruxelles en particu 1 lier sont le théâtre depuis l'occupation aile ; mande. La capitale du royaume a été ènva 5 hie par une tourbe immonde qui, grâce î la protection occulte de certains milieux étale sans vergogne jusque dans les endroit; | publics les pires turpitudes. La sifcuatioi 5 est telle qu'un homme qui se respecte n'os< 5 plus pénétrer dans une vespasienne, dans 1; | crainte d'être en butte aux sollicitation: ' inavouables d'individus dont l'audace es 5 sans "bornes, car ils 6e savent assurés d< l'impunité. Et il en est ainsi dans tous le 1 domaines du proxénétisme, ce qui a eu' sur tout pour conséquence d'accroître sensible 5 ment la population des hôpitaux militaires 1 Aussi l'état-major a fini par 6'émouvoir e 5 on a dépêché de Berlin une brigade de h " police des moeurs ayant à 6a tête le sieu: ' Gerstein, le fameux président de la polie : des moeurs de cette ville. Le fait que I'oî ait eu recours à ce...spécialiste émérite, ter ' reur des filles soumises et des home)sexueli 3 d'outre-Rhin, indique suffisamment que c ' mal honteux avait pris des développement inquiétants en Belgique. Reste à savoir : présent si les pouvoirs de Gerstein lui per " mettent ele porter une main audacieuse su les établissements de nuit où les fils à pap; embusqués dans les fromages des ministè 1 res se délassent des ennuis d'une campagne 3 qui, pour n'être pas exposés aux danger r du front, commence tout do même à parai tre terriblement longue à ces jeunes offi I ciers de proie dont l'appétit s'irrite de len teurs qui reculent sans cesse l'heure béni ' de la curée... Ce n'est pas pourtant que cette jeuness-aussi avide que peu reluisanto manque ei ^ Belgique d'occasions de réaliser des petit bénéfices, qui ne sont certes pas à dédaigne et qu'elle no dédaigne pas non plus, fich tre! Le plus clair de leurs ressources, le embusqués les tirent d'une adroite exploi tation des bons de répuisition. ',,Cette be dide gommer ce' ' réclame une certaine mis !en eccne et le concours de plusieurs figu rants. Voici comment on procède: quand s ■ présente un particulier assez naïf pou s'imaginer qu'on va lui rembourser san autres formes les bons dont il est nanti, oi r le renvoie invariablement à l'administra ' tion communale, qui n'ayant rien à voi ~ dans cette affaire, éconduit le visiteur ~ Celui-ci retourne à la ,,Kommandatur" e alors il se trouve là, comme par hasard, ni brave jeune homme — sous les espèces 1 s plus souvent d'un élégant officier — qu s'informe avec bienveillance du but de s: 3 démarche. Après avoir feint d'examine s attentivement les papiers que lui montr son interlocuteur, le jeune homme hoclie 1 tete en déclarant: — Je suis bien au regret pour vous t monsieur, mais ces bons ne sont pas en règle t» — Comment, pas en règle, se récrie 1 s victime. C'est cependant un officier qui m e les a remis. — Je ne dis pas le contraire, seulemen • en a négligé telles ou telles formalités e ' vous aurez bien de la peine à vous fair paver cela avant la* fin de la guerre. a Le commerçant fait la tête que vou devinez. Aussi le brave jeune homme e a-t-il pitié. 0 — Il y aurait un moyen, suggère-1-: o comme s'il était frappé d'une idée subite - ce serait d'envoyer directement vos pièce " à Berlin, et pour vous tirer d'embarras, j me chargerais volontiers des démarche e, moyennant une ristourne de 15 p.c. pou couvrir les frais. Généralement, la ,,poire", comprend c 5 que parler veut dire ; l'accord se fait, san ;. autres difficultés sur ces bases, et quelque t jours après notre homme.se représente à 1 ^ ,,Kommandantur" où un fonctionnaire e é tenue, comme ils le sont tous, lui déclar * d'un front serein et la main sur sa nobl £ conscience: — Ah. ! l'administration communale rc e fuse de tenir ses engagements! Nous autre r Allemands, monsieur, nous sommes coi t rex:ts, à telle enseigne que nous payons mêm ce que nous ne devons pas payer. La-de^us, après prélèvement des 15 p.c II réglementaires le fonctionnaire aligne un j série de marks (qui ne valent qu'un fran et six intimes), et le pauvre commerçant s'il ne veut pas s'attirer une mésaventur e plus désagréable encore, doit se retirer e: donnant les signes de la plus vive recon - naissance. s Oh ! oes messieurs ont, Dieu merci, plu d'une corde' à leur arc. Il n'y a pas de jou où l'autorité prussienne ne signale des dé gâts causés aux lignes télégraphiques et au voies ferrées. Cela est qualifié par nos er - r-emis d' ,,actes de malveillance," et ne t cessite une pénalité qui se chiffre souven - par plusieurs certaines de mille francs, selo e l'importance de la localité. Si on sonns à votre téléphone, éviter d e décrocher le récepteur, car le dendemai vous auriez la visite d'un monsieur cliarg n d'encaisser la somme de cent marks pou ?.; l'utilisation de votre appareil. Il peut se faire aussi que vous trouvrez u s matin dans votre boîte aux lettres u journal prohibé. Empressez-vous de le brv 1er, car on fera .tantôt une perquisition à votre domicile et la saisie du corps du délit vous vaudrait une amende d'au moins vingt ' marks. ' Il y a mille petit faits de ce genre qui se passent chaque jour en Belgique et en fa.veur desquels on ne peut pas toujours invoquer une simple coïncidence. Tenez, 3 'autre jour, à Metrchtem, un L maréchal-ferrant e6t requis de ferrer sept ' oents chevaux, ce qui, à trois francs par ' ferrure, .retient à plus de deux mille francs. [ Seulement, l'officier réquisitionneur n'avait pas de fonds pour payer, et il abandonna au maréchal un cheval de troupe qui pou-' vait bien valoir huit à neuf cents francs. J Le maréchal était en. somme déjà fort sa-' tisfait d'être remboursé de son fer, quand la lendemain se présente un autre officier flanqué de plusieurs soldats qui vient saisir le cheval, propriété de l'armée alleman-; de, comme en témoigne la marque dont sa cuisse est ornée. Il s'en fallut même de peu . que le maréchal ne fût déferré à un conseil ^ do guerre. ( Tout cela décèle une mentalité extraordinaire qu'on ne rencontre nulle part ailleurs et qui revêt parfois un aspect 3 moins anodin. Je vous raconterai à ce pro-; pos cette stupéfiante histoire: Pendant les combats qui se livraient au nord de Bruxelles avant la prise d'Anvers, un corps de troupe vint occuper, à Strombeek-Béver. rétablissement des frères Alexiens, où sont soignés plus do deux cents aliénés. Requis de fournir des vivres, le supérieur, malgré l ses protestations, dut s'exécuter, et les pauvres aliénés restèrent deux journées entières sans manger. L'état de certains d'entre eux, qui devenaient furieux, néces-" si ta des mesures, spéciales de précaution. Ce 5 quo voyant, le. colonel qui logeait avec ses officiers au couvent, proposa au frère supé-3 riour de supprimer les ,,bouches inutiles' 1 en fusillant en masse tous les pensionnaires 3 ajoutant que ,,Ce serait, d'ailleurs, une r charité à faire à ces malheureux dans les circonstances actuelles... " 5 Leur inconscience est incommensurable Ne sont-co pas des entrepreneurs allemand: qui parcourent en ce moment les région: 5 eiévâstées et, notamment Louvain, offranl leurs services aux propriétaires pour le 3 reconstruction des immeubles incendiés paj r les armées teutonnes ! Après cela, on peul 5 tirer l'échelle! i * * * r On . raconte que les barbiers ont doubh leur tarif pour faire la barbe aux Allemand: [. qui viennent chez eux. Depuis la prise d< ^ Przemysl, les figures de nos ennemis se son 3 tellement allongées que la partie du visagf • à raser a quasiment doublée. i A Anvers, l Après le bombardement, le prix des sucre: a considérablement hausse,, ce qui fit craindri qu'on manque un jour de sucre. A présen ' que l'inventaire a été dressé d»2s quantités el< sucre disponibles, on peut se demander le mo 1 tif qui aurait pu déterminer cette hausse, h ô stock disponible étant énorme. Leux qu avaient provoqué cette hausse se sont rendu: t compte que leurs manoeuvres devaient avoi: t une fin et les prix redescendirent bientô e après. En plus du sucre travaillé en Belgique, An g vers dispofo encore d'une énorme quantité el< sucre venant de l'étranger. Par ordre des auto 1 rites allemaneles l'inventaire a été fait au 2-février des réserves de sucre accumulées dan 1 lei entrepôts publics et privés. Voici cot in : ventaire : s Sucre cristallisé 9,395,441 K.G. e Sucre ele betteraves brut 7,790.210 ,, s Sucre candi 7,042,609 ,, r Sucre de cannes 2,o2Ô,90ô ., Mélasse 91,200 „ Au surplus, les firir.*?s anversoises ont en e core une réservé de 215,000 Kos. de sucre dan s les entrepôts bruxellois, à Atli 86,500 Kos, ; s Tirslemont 119,700 Kos. a Etant donné ootte situation qui doit tran i quilliser ceux qui mettent' du sucre dans leu 0 café, les Allemands en profitent pour conseil Q 1er aux cultivateurs de ne pas planter ele bet teraves. mais ele se livrer à la culture des ce réaies. Il faudrait être n'gaud pour ne pas voi lo bout ele l'oreille qui passo (d'autant que 1; s Germania a de grandes oreilles) et l,,Handels " blad van Antwerpen", feuille germanisée e d odieusement germanophile, essaie de parsiiade: aux paysans que la culture de la betterave in sera pas lucrative. q Voilà le travail des valets de la plume an versois! On voit la déplorable influence qu'il pourraient avoir, si nos paysans les écoutaient ' Faisons crédit au bon sens de ces derniers. L; 3 malice est par trop grossière pour qu'on s'j 1 laisse prendre. Au feasr© Waliom. s r Les ceinturons des soldats allemands por tent ces mots ,,Gott mit uns". En Wallonie t ôn y ajoute ,,icou;\ Et les militaires, croyan à une parole aimable, de remercier lorsqu'il] Belge facétieux prononce la^ pnrase, désor mais fameuse, sur leur passage. :l # Pas une seule' maison n'a été brûte à Agi e mont, pas un seul habitant n'a été fusillé. Lor ele la prise do Charlemont, les habitants s sont enfuis; ils sont restés quatre jours clan e les bois de Rosée. Toutes les maisons d'Agi r mont ont été fouillées par les Allemands. Actuellement, tout est calme. Les habitant n ne souffrent pas de la faim, mais le pétrole e n le charbon font défaut. L'aelministration corn munale a fait distribuer du bois à cliae^ue mé " nage. ' ^ Il y a à l?Hôtel Franœ-Belge, sur le territoire de Heer-Agimont, un poste • de 30 Allemands.A Malisi-e's. Dans une correspondance datée de Bruxelles, 27 février, le journal catholique allemand ,,Koelnische Volkszeitung" (No. 175 du 1 mars 1915), .suivi par une foule d'autres journaux austro-allemands, recommence à prétendre, contrairement à tous les documents et faits de la cause, que jamais aucune entrave ne fut apportée à la liberté des relations du Cardinal Mercier avec l'épiscopat ni avec le clergé, depuis le moment où I reçut du gouverneur-général von Bissin^ un permis de circuler en automobile, c'est à-dire depuis une époque antérieure i l'incident de sa Lettre Pastorale ;—constate „La. Métropole". Décidément, la presse allemande. oublie vite. Rappelons que les faits prouvés par ses propres aveux, ainsi que par ' l'attestatior personnelle et publique-du Cardinal Mercier •sont les suivants: Au début d'octobre 1914, peu après h prise d'Abvers, le Cardinal-Archevêque d< Malines avait reçu du gouverneur d'Anver: . l'autorisation de visiter en automobile, les paroisses de cette province et, peu après cette autorisation avait été étendue, par 1( maréchal von der Goltz, aux paroisses, di Brabant, seconde province du diocèse.d< Malines; plus tard, le Cardinal, Primat d< Belgique, avait obtenu la permission d< visiter les autres évêques, ses suffragants mais, de fait, il n'avait pas encore eu l'occa sion d'en user lorsque se produisit l'inciden de la Lettre Pastorale de Noël 1914. Dès que les autorités allemandes euren connaissance de celle-ci, elles arrêtèrent e condamnèrent l'imprimeur diocésain à uni amende de 500 marks ou trente jours d< prison ; elles saisirent en tous lieux, tant î Malines qu'à Bruxelles et Anvers, et jusqu< dans les presbytères de villages, tous le! exemplaires de la Lettre qu'elles puren découvrir ; défense fut intimée aux curéi de la lire en chaire; plusieurs furent mêm< arrêtés pour avoir refusé de prendre l'enga gement de ne pas la lire. Le samedi 2 janvier 1915, à G heure: du matin, sommation officielle fut faite ai Cardinal, de rendre compte de sa lettre pas toralo, lo matin même, au gouverneur-général Le dimanche, 3 janvier, le gouverneur général interdit, par télégramme, au Cardina de se rendre à Anvers où il devait préside: la cérémonie du salut à la Cathédrale. Le lundi 4 janvier, un officier apport; au Cardinal, de la part du gouverneur voi ! Bissing, un mémoire dans lequel celui-ci lu ! déclarait formellement, entre autres choses * que l'autorisation de visiter les autres évêque: : belges lui était retirée; le cardinal pritaeti ! de cette interdiction formelle. Le gouverneur-général ayant communiqu peu après aux journaux une note "dans la quelle il avait l'audace de déclarer „qu'àucùni entrave n'avait été apportée à l'exercice d< la charge pastorale du cardinal-archevêque,' le Cardinal se vit contraint de lui inflige: un démenti catégorique dans une lettre latin aux membres du clergé de son diocèse, daté< du 10 janvier 1915. Il affirmait dans cette lettre que la noti du gouverneur-général était „contrajre à 1: vérité," et il protestait en ces termes: ,,Je proteste que vos droits, mes cher collaborateurs, et les miens comme citoyen comme pasteur des âmes et comme membr du Sacré-Collège, ont été violés." (Voir 1 texte latin de cette lettre dans „Do Tijd: d'Amsterdam, No. 20520, du 27 janvier 19i5. Entre cette protestation solennelle di Prince de l'Eglise et la dénégation intéressé' d'un journal allemand, même catholique comme la „Ivoelnische Volkszeitung," per sonne no peut hésiter. Il est donc avéré que: lo. La liberté de la parole épiscopale .di 3 cardinal-archevêque de Malines, dans se l rapports avec son clergé et avec les fidèle de son diocèse, a été vinculée; 2o. Par ordre du gouverneur-généra allemand, le cardinal-archevêque de Maline a dû rester consigné dans son palais depui; " le samedi matin 2 janvier, jusqu'au lund - soir 4 janvier, c'est-à-dire, jusqu'après avoir L sur ini onction formelle, dù rendre compt< - de sa lettre pastorale au gouverneur; ; 3o. Le Cardinal a été privé de la libert ' d'aller à Anvers remplir une fonction reli 5 gieuse de sa charge; 4o. Il a été privé formellement de 1 ! liberté d'aller visiter ses suffragants; 5o. Le gouverneur von Bissing a sciem i, ment altéré la vérité pour donner le chang à l'opinion publique sur sa conduite enver le cardinal. Ajoutons que le général von Bissing commis une autre ,,altération de la vérité' en adressant au début de janvier, au clerg du diocèse de Malines, une circulaire oi^. i ' avait l'audace d'affirmer que le cardinal lu avait déclaré par écrit consentir à ce qu 1 la lecture de sa lettre pastorale dans le églises fut interrompu ou même omise. Le cardinal fut oblige de protester énei giquement que cela aussi était faux% Plus ieur " journaux belges ont, de leur côté, mis h 5 gouverneur von Bissing au défi de publie g le consentement écrit du cardinal, dont ilavai _ l'audace de se prévaloir : le général n'a pa encore osé relever ce défi. s Concluons : En recommençant à dire, ave ensemble, que la liberté de circuler en auto " mobile dans le pays n'a pas été rendue a-cardinal puisqu'elle ne^ lui a pas été enlevée les journaux allemands et autrichiens obéis- ■ sent visiblement à un mot d'ordre: ils continuent à servir la;vérité,de la même manière •que le gouverneur von Bissing la respecte. A M Irfirsulb owrg.. Récemment, le - feu a détruit, accidentellement, uno ferme.lo'-long ele la route de Has-selt à Maestricht, à l'extrémité d'un .village voisin do Hasselt. Les Allemands.de l'endroit voulantprouver c^ue c'est à tort epi'on leur donne le;nom d'incendiaires, se rendirent.en nombre sur les lieux et aidèrent à combattre l'incendie. Cet incendie fut en effet pour eux une bonne aubaine; le commandant s'empressa' de-.se rendre sur place, prit dans ses bras un très jeune enfant sinistré, se plaça devant''la porto d'entrée ele la maisem en feu, tenant l'enfant Qévé au-dessus de. sa tête et se fit photographier ainsi par un des soldats pour prouver i qu'il-avait sauvé l'enfant des flammes! ; Quant aux .soldats, la photographie les représente devant le bâtiment, travaillant à l'éx-. tinction du * feu, au moyen de la - ptfmpe! à in-1 ■ ' candie. C'est eneïore. une . admirable. -mise en scène 1 au moyen de laquelle on cherche^à-démontrer ! que les Allemands , sont (des ■ hommes -v do cœur > ; et de? braves ,gens. ; i —^—r— : Une trahison. i Mon cher ,,Echo Belge", avezrvoustdéjà ; appris quo.Stijn Streuvels-est.mcrt? Mort.à * sa patrie, mort moralement, mort intellec-tuellement dans l'admiration de tous, les jeunes écrivains belges patriotes, qu'ils ] soient connus iou. obscurs. N'importe-t-iP pas ; que tous les Belges apprennent cet événe- i ment? C'est pourqoui, mon cher ,,Echo i Belge",. je vous écris ces lignes. l. Le ,,Telegraaf" nous a annoncé ce nou- > veau désastre, ce nouveau monument'VI'art î national qui s'écroule sous la kultur. M. t' Aug. Monet nous y_ explique la trahison de * Stijn. Streuvels. dans un bel. article indigné ' (c'est à œt: article que-j'emprunte les cita- ■ tions de Stijn Streuvels ■ jointes à cette lettre). 3 Stijn Streuvi&lî;;collabore, sous le contrôle i allemand, à un journal'protégé par les Al-- lemands. Vôicri un extract, entre, autres, du * ,,journal de la guerre'-'- qu'il publie dans le * ,,Vlaamscho Post" : l ,, Après-le départ des officiers allemands... " „Je me sens surpris. Je ne sais-que faire,et ,,me mets tranquillement à.réfléchir. Voilà 1 ,, donc ma-première renex>ntre avec des.mi-\ ,,litaires ... allemands■ et cette rencontré "m'a i ,,tranquillisé sur beaucoup de choses. Voilà » ; ,,six ou. sept ; hommes dont hier j'ignorais 3 ,,rexistence,-et'maintenant ils sont dans ma 5 ,,pensée pour toujours, avec leur apparence, ,,leur son de voix, leur expression, leur i ,,caractère,et leur stature. ,,De plus, ils sont des ennemis de la.patrie. J ,,Ils. sont'venus'ici sans y être invites. Ils ' ,,ont exigé gîte et nourriture. Et au pre-„mief abord s'élève, au lieu de répulsion, : ,,une espèce d'amitié. En nous séparant J ,,nous nous sommes souhaités bonheur et * bonne chance, avec la promesse de nous ,,revoir. Nous ne nous sommes pas trouvés 5 ^ennemis, et nous n'avons pas éprouvé 1 ,,l'ombre de répulsion ou de mépris l'un ,,pour l'autre. Voici un fait: qu'on ne peut 1 ,,fe>rcer l'impression que vous fait une per- j ,,sonne, ni la déterminer par des résolutions ^ ,,prises d'avance, pour autant, du moins, 5 ,,qu'il n'existe point d'aveugles haines de ,,races ou des Sentiments de vengeance en- ) ,,racines. Ces officiers allemands m'ont 1 ,,donné l'impression qu'on a d'une réunion 3 ,,confortable, avec des compagnons de voya- ' clue 1° hasard rassemble, avec qui on a ,,des relations amicales, parce au'ils sont ,,des gens bien élevés, avec qui l'on peut ,,'causer. On ressent cette amitié, d'abord 1 .,par bonn© éducation, parce qu'on éprouve 3 ,,une estime mutuelle et parce que l'on 3 ,,peut, par des conversations sur des sujets ,,intéressants, agréablement passer le temps \ ,,ensemble. On se sépare, pensant qu'on ne 3 ,,se reverra probablement plus, mais on 3 ,,garde la bonne impression de la connais- 1 ,,sance faite et l'on se souvient agréable- j ,,ment du temps confortablement passé. ! ,,Dans les circonstances où je me trouve, ces ,,six officiers me sont plus précieux que 3 ^cent de mes concitoyens de ce village, " ,,encore qu'il faille nommer ceux-là ,,mes ennemis et ceux-ci mes amis. Je 1 ,,n'examinerai point s'il convient que ce ,,soit ainsi. Je constate simplement me® ,,impressions et.j'ajoute que je ne sais pas. 3 ,,que je ne suis pas sur, qu'une semblable 3 ,,réunion avec des Français ou avec des ,,Anglais m'eût laissé une aussi bonne im- i • » 1 ,, pression. 5 Stijn Streuvels, auteur de Lente Leven, 3 n'aviez-vous donc ni fils, ni frère, ni ami, } personne de votre sang, personne de votre 1 race, personne de votre patrie, sur ces 3 bords de l'Yser où vos cdnq officiers bien 3 élevés allaient combattre en vous quittant, que vous souhaitiez à ceux-ci ,,Bonheur et bonne chance"? 3 Stijn Streuvels, maître de la jeune école * littéraire de West-flandre, n'aimez-vous r plus le libre peuple flamand pour la langue ^ duquel vous avez tant lutté, que vous pré-3 fériez, à 100 de vos villageois, six étrangers, venus jusqu'à Inghoyghem à travers'? le 3 sang et les larmes de vos compatriotes? Stijn. Streuvels, neveu de Guiclo Gezelle, 1 n'àviez-vous pas ,,le sentiment de,.vengeance -enraciné"^; ciuiseuL-'tdites-yous. V ,,peut

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Cet article est une édition du titre L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam appartenant à la catégorie Oorlogspers, parue à Amsterdam du 1914 au 1918.

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