L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam

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s.n. 1917, 23 Juin. L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam. Accès à 25 août 2019, à https://hetarchief.be/fr/pid/sn00z72699/
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3ême Année N«. 973 S cents Samed? '23 SasSn 1917 L'ECHO BELGE L'Union tait la Force, Joisrnei a^otidien du matin paraissant en Hollande Rulnn nst nntrp. nom du Famille. Toutes les lettres doivent être adrassf«s au bureau de rédaction: fi. IL. VOOkBURGWALt 234-348, AiHSTEHOAM. Téléphones: 2797 et a77.5. Rédacteur en Chcl : Gustave Jaspaers. I Charles Bernard, Charles Herhleî, Comité de Rédaction: s Ren£ Chnmbry, Emile Rainparé. 1*0111- les annonces, abonnements et vente au numéro, s'adresser à l'Administration du ]ournal:N.Z. Voorburgwal 234-240, Amsterdam Abonnements: Hollande fl. 1.S0 par mois. Etranger (I. 2.00 par mois. Pour les militaires au front et les militaires internes en Hollande N. 0.75 par mois payable par anticipation. Annonces: 15 cents la ligne. Réclames: 30 cents la ligne. UN CONTRASTE I/aèitorité de M. Ribot, qui s'est affirmée lors de la discussion sur l'octroi de passeports aux socialistes français désireux de se rendre à Stockholm, s'est encore 'accrue dans les derniers débats de la Chambre. La politique de M. Ribot est faite de décision, d'une décision mûrement réfléchie, de netteté et de franchise. C'est une politique de fermeté qui sait se plier aux exigences du régime parlementaire. M. Ribot est le chef d'un gouvernement qui gouverne et qui laisse à la représentation nationale l'impression do gouverner avec lui. D'où la force et le prestige de la France, qui n'ont jamais tant rayonné qu'aujourd'hui. I/O parlement français n'a pas toujours feu une bonne presse. Cependant il ne s'est jamais départi de son attitude ardemment patriotique depuis le début de la guerre. Son désir d'établir des responsabilités, de prendre sa part à l'organisation de la défense nationale, a pu le pousser à des excès de zèle. Mais, dans l'ensemble, loin d'être un obstacle, dans ces temps tragiques et extrêmement difficiles que nous vivons, il a plutôt constitué un stimulant de l'oeuvre gouvernementale. Cela est surtout vrai depuis l'avènement au pouvoir de M. Ribot. C'est cependant cette même Chambre qui, peu de mois avant la guerre, accueillit M. Ribot, qui avait accepté de former un ministère, d'une façon indigne. M.Ribot, qui avait un grand passé, devant la haute probité, la pénétrante intelligence et l'expérience consommée duquel quiconque aurait dû s'incliner avec respect, tomba sous le3 quolibets et les huées. Il n'était pas resté une heure au pouvoir. Comment se fait-il qu'il y reste, comme ministre des finances depuis le début de la guerre,» comme président du conseil depuis plusieurs mois et que, jamais, position de chef de gouvernement n'ait paru plus ferme que la sienne depuis le mois d'août 1914? Tout son secret encore une fois est dans l'art de gouverner et c'est pourquoi la Chambre, qui sent dans les circonstances actuelles la nécessité pour la France d'être gouvernée — à condition qu'elle puisse prendrp part aux actes de ce gouvernement — fait crédit à cet homme qui sait ce qu'il veut, qui sait où il va et qui, sans rien compromettre des prérogatives nécessaires du pouvoir exécutif, donne au législatif l'illusion d'inspirer ses actes en lui demandant tout simplement de les approuver. Aussi les dernières séances du Palais Bourbon ont donné le spectacle réconfortant d'une grande assemblée symbolisant l'union de tous les Français et leur volonté de vaincre. C'est à peine si les Raffin-Dugens et les Brizon ont lancé, de-ci, de-là, une interruption sans nerf et sans portée. On les sentait découragés; la mauvaise semence de Kienthal et de Zimmerwald ne peut germer dans le terreau français. Et c'est ainsi qu'un débat, qui eût pu dégénérer en un grossier tumulte où le prestige et l'autorité des chefs de l'armée française eussent été sottement compromis,, a pu être provisoirement'écarté grâce à l'intervention de M. Painlevé, le ministre de la guerre, qui a rallié la confiance de la Chambre dans un haut commandement digne de la bravoure-des soldats et dont on peut attendre dans un avenir raisonnable la réalisation des plus chères espérances de la nation. Le gouvernement français, la Chambre française et le peuple français ne forment qu'un. Et quand, au milieu du chaos et des phénomènes de dissolution que, des fois, nous observons autour de, nous, nous cherchons l'appui de quelque chose de ferme et de solide, c'est de ce côté que nous devons nous tourner. Quel contraste avec la situation en Autriche! Après trois ans d'un gouvernement du bon plaisir dont l'unité de direction ne fut que la conséquence d'une sujétion absolue aux actes du gouvernement allemand, l'empereur se décide à réunir les représentants de la nation. Une heure de séance suffit à démentir tout ce qu'on avait dit sur la cohésion d'un Etat'où trois ans de guerro et de privations communes avaient dû fondre en un seul bloc tous les peuples qui le composent. Jamais le fossé qui les sépare ne parut plus profond^ creusé par les crimes do l'oppresseur et la haine de l'opprimé. On révèle que c'est par dizaines de milliers que la bureaucratie autrichienne- allemande a fait pendre ou fusiller des sujets tchèques, polonais, italiens dont la fidélité avait paru suspecte. Et la fidélité des autres, pour autant qu'elle ait jamais existé, en a reçu .une rude atteinte. La révolution russe a surexcité à l'extrême l'âme de tous ces peuples encore esclaves en leur faisant entrevoir un retour à la liberté. Les Polonais rêvent de la restauration de leur ancienne patrie et les Tchèques manifestent pour leur indépendance au cri de: Vive la France! Il ne faut pas chercher plus loin les raisons dee idées pacifiques de l'empereur Charles. Il sent qu'à tenir plus longtemps le sort de la monarchie lié à celui de l'Allemagne c'est courir le risque de voir la monarchie s'effondrer. Il intrigue à Paris, à Londres, à Pétrograde. Il voudrait aussi intriguer à Rome. Mais Rome se bute dans sa volonté de prendre Trieste. C'est le grand obstacle. Pour nous, nous n'avons pas, ici, à former des voeux ni à faire des pronostics. La diplomatie de l'Entente saura bien sauvegarder nos intérêts et préparer une paix telle que nous la voulons et QM iK>int telle que la vont l'Allemagne. Elle s'appuie, pour agir, sur l'autorité de | deux grands pays, unis et forts, la France i et la Grande-Bretagne; elle a^contre elle la i diplomatie d'un pays en pleine dissolution j et qui ne songe plus qu'à séparer ses desti-l nées du grand empire militaire dont l'ambition l'a conduit à sa ruine. Charles Bernard. .mnm ■ • ■ : Les socialistes belges du pays occupé centre la conférence de Stockholm. Une nouvelle nous parvient de Belgique envahie qui ne manquera pas d'émouvoir tous ceux, socialistes ou non, qui savent quel degré ont atteint les souffrances endurées par nos compatriotes gémissant depuis près de trois an3 sous la botte du soudard prussien : Les militants du Parti ouvrier belge, consultés, se sont, à l'unanimité moins une■ voix, prononcés contre la participation des socialistes belges à la conférence de Stockholm, renouvelant ain-si l'expression des sentiments admirables reflétés par le message que Vandervelde divulgua il y a quelqu :s mois. A cette heure trouble et dramatique de la guerre, où une compréhensible lassitude se fait sentir partout, où l'Allemagne essaie de tirer parti des événements de Russie et, par des pro-<.5dés rocambolesques, d'embrouiller le problème des responsabilités, les mandataires respectés de la classe ouvrière belge gardent, au pays de la famine et de la terreur organisée, une vue claire des choses. Ils savent que c'est l'Allemagne qui, dans les derniers jours de juillet et les premiers jours d'août 1914, mit le feu aux poudres; Ils n'oublient pas Visé, Louvain, Andenne, Dinant, Tamines, Aerschot et Termonde, tant de crimes que l'opinion ' publique allemande — si elle existe! — n'a pas encore répudiés et dans lesquels peut-être trempèrent quelques-uns des 4 millions d'électeurs socialistes d'outre-Rhin ; Ils rient en entendant Scheidemann et Le-gien dénoncer l'impérialisme anglais ou français et poser aux agneaux candides; Ils savent que dès socialistes font partie des gouvernements nationaux en France, en Belgique, en Angleterre, en Italie et sont prêts h faire prévaloir en temps et lieu les hautes idées do justice qui sont à la base même dû socialisme qui ne se contente pas de creuses ritournelles. Et, pour toutes ces raisons, ils se refusent à siéger dans une assemblée quelconque) en ce moment, avec des traîtres, ces socialistes allemands aux âmes d'esclaves qui ont traîné dans la bouo sanglante le drapeau du socialisme international. L. P. m ia I -gV-iJ / Brésil et Belgique Le sénateur brésilien Irineu Machado, le premier qui protesta dans un Parlement neutre contre la violation de la neutralité belge, a été reçu officiellement au Havre par les membres du Gouvernement belge. Après que M. de Broqueville eût salué l'homme d'Etat brésilien et sa patrie, amie sincère et fidèle de la Belgique, M. Machado prit la parole et prononça un admirable discours qu'il conclut en ces termes: ,,Unis a la nation belge, aux courageux descendants du roi de Jérusalem et de l'empereur de Constantinople, par la plus complète identité d'idées et par la plus parfaite solidarité morale, j'espère, messieurs, que les Brésiliens seront, dans quelques jours, rangés 'aux côtés de vos glorieux gars: j'espère que sous nos fiers drapeaux nos lé- fions viendront bientôt lutter aux côtés des éroïques soldats de la France éternelle que vous avez sauvée. Et voilà votre plus grande gloire, et la plus belle couronne de lauriers qu'un pays pourrait posséder; vous l'avez, ô Belgique libre et immortelle! En sauvant la France, votre Roi et votre Parlement, votre général Léman, votre armée, votre peuple ont sauvé la civilisation et l'humanité, car ces quatre semaines tragiques de martyre de la Belgi» que sont les quatre semaines qui assurent la victoire de la Marne et sauvent la liberté du monde!" Enfin, dans une superbe envolée lyrique, M. le sénateur Machado glorifia le Roi, le gouvernement et le pçuple belges. Si les Russes nous lâchaient De Gustave Hervé dans la ,,Victoire": Ce serait évidemment une catastrophe pour nous d'être lâchés par les Russes. (£e serait la guerre prolongée terriblement, le reste des Alliés obligés à de plus sanglants sacrifices encore; mais enfin, tout ne serait pas perdu quand même: notre front est assez solide à l'heure actuelle, nous avons une assez forte supériorité numérique, les Anglais, les Belges, les Portugais et nous sur notre front pour contenir, en liaison avec les Italiens, les forces totales de l'Allemagne et do ses Alliés. Et quand l'Amérique entrera en ligne, avec la colossale puissance qu'on verra, la victoire serait encore certaine et archicertaine, la victoire militaire, la seule qui rabattra l'orgueil allemand.Mais, qu'on se rassure, la catastrophe dont on nous menace n'est pas à craindre. // y a un m 23 juin 1916: En Bucovine les Eusses [ occupent Cfoura, Goumara et Straja, à i 1'oiiest de Radaoulz Vischnitz. L'ennemi se I replie yerj les QoirpathesTl En Belgique. A Bruxelles (De notre correspondant particulier.) Vous ne pouvez vous imaginer ce qu'est la vie à Bruxelles! Oe que les Boches appellent organisation, c'est le vol, le brigandage organisé. Ils cambriolent les maisons, non seulement pour faire main basse sur le cuivre et le bronze (c'est la guerre et ils ont besoin de métaux), mais encore pour se saisir de toutes sortes d'objets qui ne sont pour eux d'aucune utilité militai-r e . Je puis vous citer des noms et des faits. Je connais une maison habitée, où, profitant do l'absence momentanée du propriétaire et de sa femme, deux Boches se sont présentés accompagnés d'un serrurier pour forcer la porte et enlever le piano. La victime, ayant ou l'idée de déposer plainte à la Ivommandantur, reçut l'effarante réponse que voici: ,,Mais non, Monsieur, il n'y a pas eu cambriolage, il y a eu ,,réquisition." Voici un bon, vous pourrez le toucher après la guerre!" Réquisition! Quand on ne vous prévient pas et qu'on profite lâchement de votre absence! Réquisition! Allons donc! Ce n'est pas ainsi que cela s'appelle en français! Ut s'il n'y avait que pela! Mais la misère! La misère affreuse, l'insuffisance de nourriture, les privations de toutes sortes qui viennent s'ajouter aux tortures morales que nous font supporter l'ennemi. Tous les jours on peut voir des malheureux tomber épuisés, tandis qu'ils font la file au Comité de l'Alimentation 7>our avoir de quoi ne pas mourir de faim. La tuberculose fait des progrès énormes. Il a fallu ' que la ville de Bruxelles organise des repas spéciaux plus substantiels pour les 'tuberou-leux. Ces repas se donnaient dans des locaux particuliers et étaient au nombre de deux par jour, mais tout récemment nos édiles ont dû décider, la mort dans l'âme, je vous l'assure, do ne plus les accorder à ceux dont l'état était trop avancé et à ceux dont l'âge ne laissait plus d'espoir. C'était, vu la pénurie de matières alimentaires, des éléments nutritifs jetés et qu'il valait mieux garder pour en faire profiter ceux que la médecine ne condamnait pas encore. X'est-ce pas affreux? Et que nous réserve l'avenir? Les Boches chassés, que nous restera-t-il ? Tout nous a été | pris, tout, jusqu'à nos bois, jusqu'à nos arbres qui sont coupés impitoyablement et expédiés en Allemagne. Avec quoi, nous, peuple actif ©t si industrieux, reprendrons-nous notre vie économique? Les Boches, par contre, seront prêts; avec nos matières premières, nos machines, nos produits, ils pourront dès la conclusion de la paix lancer leurs marchandises sur les marchés'. Tls seront prêts et il faudra bien se fournir chez eux. Du moins, c'est là-dessus qu'ils comptent et c'est pour cela qu'ils nous dépouillent. Les plus doux d'entre eux trouvent cela fort bien. N'cssavez pas de leur faire comprendre l'odieux de leur conduite. Il est des cl.oses qu'un Boche ne peut saisir; 1?, notion ou'il a du bien et du mal est toute snéciale. Il y a' entre les Boches et nous, comme l'a dit un snirituel Bruxellois, une absolue ,,incompatibilité d'honneur". Entre les Boches et nous et aussi entre les flamingants et nous. Ces derniers régnent en maîtres sur notre vie. On flamandi^e -à t<mr de bras, au grand mécontentement de tout Bruxelles. A r~ésent les traîtres viennent de faire décréter par leurs associés allemands que le flamand serait imposé comme langue véhiculai ro dans l'enseignement de Bruxelles et des faubourgs. Toutefois, comme la mesure para:s-I sait quand même trop radicale aux Allemands, ils permirent (remarquez leur grandeur d'âme!) que les enfants dont les parents exigeraient formellement qu'ils fussent enseignés en français bénéficient de cette prâce. Aussitôt, les flamingants de courir à la Kommandantur pré- i venir que tous les parents, sans aucune exception, choisiraient la langue française. Ces voyous savent à ciuel point les mesures qu'ils ont fait signer blessent les Bruxe^ois dans leurs sentiments les plus profonds. Même coux qui désiraient auparavant que leurs enfants fussent inscrits dans les classes flamandes prétendent à présent ne leur apprendre que le français. Les flamingants font'— on en jugera par co seul exemple — le plus grand tort à la cause flamande. Alors, pour espionner les parents, les activistes ont réussi à fa're nommer une commission qui a pour but* de vérifier si les déclarations des chefs de famille sont conformes à l'esprit de l'arrêté du 23 février 1916. Les individus qui la eomposent. tous admirateurs passionnés de l'Allemagne, s'appellent Van der Wallen, inspecteur principal, De TCneudt, an-eien instituteur à Garni (promu chef de division et bombarde président de la commission), Van Mieghem, instituteur à Héverlo, Loflot, inspecteur cantonnai, et Van Laar, professeur à Anvers (celui-ci ,,opérant" comme inspecteur cantonal). En outre, les Boches et leurs assoies poursuivent 1'..œuvre" de séparation administrative avec fébrilité. Tls annoncent • qu'ils vont transférer à Namur les fonctionnaires du Ministère de la Justice dont les noms suivent: MM. 7^ » Rode, secrétaire général ; Moreàu. Maus et Dom, directeurs généraux; Didion, i ; Basse, Lannov, Moens, Rai et et Gillard, directeurs; Anciaux, Périer, De le Court, Cau-lier, Stinorlhamber, Lebrun et Henrard, chefs de division: Belym et Renault, inspecteurs; De Hertogl , Poncelet. Biaise, Maltiva. Urbain. Copine, Maquet, Baltus. Gcrber, Turhe-lin, Henry, Amiable, Baiwirr, De Bournonville, chefs de "Sureau. Vous 1- savez peut-être: ils ont formé deux ministère des finances et deux ministères de la justice. Ils se hâtent de tout bouleverser, de tout déranger, de faire du gâchis. Et les nominations succèdent aux nominations. Les dernières en date sont celles d'un employé du nom de F. Verstrijnge, commerçant ou cabaratier — on ne sait au juste — et qui va occuper les fonctions de chef de division au ministère du travail et de l'industrie, et d'un certain Hugo Van den Broeck. que les Boches prétendent être économiste. Pourvu, mon Dieu ! qu'il se montre économe de nos deniers! Mais c'est le contraire qui se produira. Les flamingants orient «Viy§ la Flandre" en fouillant dans nos poches. La Flandre n'est ju'un prétexte pour que ces criminels ripaillent avec nos économies et emplissent leurs bourses. Si la peine méritée qui doit les frapper n'est pas d'une sécurité exemplaire, — je vous le lis sans forfanterie : les patriotes se feront justice eu*-mêmes. Il serait bon qu'au Havre on en fut averti. Nous sommes déoidés à ne tolérer aucune faiblesse dans l'application du châtiment.* * * Un terrible orage — qui a duré près de trois jours — s'est abattu sur la ville. L'entrepôt de la plaino Tour et Taxis, qui servait de dépôt aux Allemands, a été atteint par la foudre et complètement brûlé. * * * Les Boches, pour abattre le courage do nos braves populations, prétendent que la guerre durera encore trois années. Comme si l'on croyait à ce que disent les Boches ! Mais on fait uno exoeption lorsqu'ils racontent qu'ils seront battus, les alliés devenant décidément trop forts. —Pour une fois, ils raison, sais-tu, disept les Ketjes. * * * La ,,Kolnisclie Volkszeitung" est mécontente. Elle prétend qu'un Boche important a créé én Belgique des loges maçonniques. Le journal colonais plaide pour sa chapelle. Mais il a uno façon amusante d'envisager la situation: ,,ces loges maçonniques, écrit-il, vont froisser les sentiments de la population catholique flamande. Elles nuiront donc à notre politique flamingante." Que l'organe catholique allemand se rassure : la population belge tout entière, à quelque parti qu'elle appartienne, se moque de ce que les Allemands font. Cela n'a aucune importance. Leurs oeuvres sont des oeuvres mort-nées. Le coup de balai final n'en laissera rien subsister. * * * L'administration communale à pris l'initiative de faire enlever les matériaux provenant des parties écroulées de la Grande-Boucherie. Ensuite, le vieil édifice — ou tout au moins les parties qui en restent — éera démoli avec les petites maisons qui se greffaient autour. La Ville a l'intention d'exproprier remplacement, sur lequel sera construit une annexe à la Maison du Roi. La petite rue du Poivre qui séparait la Maison du Roi de la Grande-Boucherie disparaîtra, de sorte que l'annexe qu'on va construire ne fera qu'un avec la Maison du Roi. La façade dirigée vers la rue du Mar-ohé-aux-IIerbes serait copiée sur celle qui existe Grand'Plade. De la sorte, le Musée Communal, devenu trop petit, pourra être pratiqueront agrandi. Un journal de Bruxelles ajoute que le souvenir do la Grande-Boucherie ne sera toutefois pas Perdu pour les Bruxellois. On va procéder à édification d'une maquette à grande échelle, qui reproduira fidèlement l'antique édifice. C'est dans cette intention que l'on procède en ce moment au moulage des parties ornementales encore existantes. Pour les parties disparues, notamment lo superbe fronton aux armes d'Es-pagnè, qui décorait l'entrée, le large escalier disparu depuis longtemps, etc., on s en rapportera aux documents complets que possèdent les archives. La maquette sera placée au Musée_ commùnal parmi tous les souvenirs historiques de la ville do Bruxelles. * * * ,,La Belgique" menace. En effet, lo journal des Hutt, Moressée ct; consorts, écrit gravement à propos des dernières' difficultés apportées dans le; ravitaillement du pays par les Boches : ,,11 faudrait pas que les Anglais (sic) s'avisassent derechef d'entraver le service régulier des navires du Comité". Mais ,,La Belgique" se garde bien de publier les'noms des navires du ,3Relicf Fund" torpillés par les Allemands? * * * Les étangs Léopold. bassins de décantation qui doivent empêcher l'envasement des étangs du parc royal, sont entourés d'une grille monumentale. très délabrée depuis longtemps. Il a été décidé qu'on la réparerait et qu'elle serait repeinte. C'est un long travail, la grille ayant quatre kilomètres de tour. * * * Le fermier C d'Evere, tomba dans une fosse à purin Son fils s'y jeta à son tour pour porter secours à son père, mais les deux hommes ne tardèrent pas à succomber. A Anvers Le père Van Eygen, recteur des Rédempto-ristes, et le père do Snik ont été condamnés à cinq années de travaux forcés. A Iwlê^e L'abbé Joassart, secrétaire des oeuvres sociales, a été déporté. A Namur La Commission d'approvisionnement a pris en location dans les environs d'Eghezée 50 hectares sur lesquels on va planter des pommes de terre. Grâce à cette mesure de prévoyanoe, la population peut compter sur 200 grammes de pommes de terre par jour et par personne pendant près d'une demi-année. A Malines Le soupe populaire payante oomptait, le premier jour de fondation (celle-ci remonte au 1er mars) 1200 membres. Ils sont 7655 aujourd'hui. La soupe est distribuée gratuitement à 9114 personnes. Tous les midis, 2500 litres de soupe sont servis aux enfants des éooles. * * * Un horrible crime a été commis à Wavro Ste Catherine: le père S., sa femme et leur fille ont été assassinés à coups de pagnard. L'instruction, jusqu'à présent, n'a relevé aucum indice qui j>ermg^te de reterouver les Au Pays Wallon I Le gouvernement belge a été prévenu que les Montois récemment déportés sont employés à des travaux d'ordre militaire derrière le front 1 boche, à Gerin, Arleux, Cantin, Doulai, etc. Parmi ces déportés il se trouve des malheureux qui ont déjà travaillé en Allemagne et que les Boches renvoyèrent en Belgique après lo fameux engagement pris qu'ils no tiennent d'ailleurs pas. C'est donc la seconde déportation dont les braves gens sont victimes. Le bruit court ici que les Boches déporteront en Roumanie les ouvriers montois. * * * Dans les détails rétrospectifs publiés dans notre numéro du 20 courant sur le passage des Allemands à Jemelle on lit que l'on eut à déplorer la mort du fils Ligo. Un lecteur nous écrit que c'est une erreur. Il s'agit du brasseur Emile Bolle et de son domestique, fusillés pour avoir caché un cheval appartenant aux troupes françaises. * * * Veut-ou un exemple du merveilleux moral qui soutient la population belge? Nous le trouvons dans une lettre envoyée par une vieille brave dame de Verviers à l'un de ses parents: ,,Je ne suis pas d'accord avec les pessimistes, dit-elle. D'après tout ce que nous voyons, d'après tout ce que nous entendons, la guerre ne peut plus durer, longtemps. Pourquoi passerai-je à l'étranger? Du reste, on exige une très forto caution et je ne suis pas disposée à courir une aventure où ma responsabilité serait grande. Les avantages dont vous me parlez et que je trouverais en Hollande me lassent indiffé-férents. Le pain que vous mangerez ici au retour sera sain et blanc. Que cela voué suffise. Nous, ici, nous nous abstenons de tout plaisir. Notre joio est dans notre espérance, — qui est^ solide. Soyez courageux autant que nous lo sommes. Nous vivons tous pour notre bonheur futur." * N'est-ce pas admirable après les souffrances endurées depuis bientôt trois années?' * * * Les frères Peronnet, domiciliés au hameau de Dotmmartin, près de Saint-Georges, ont été attaqués par des voleurs qui, voyant les locataires verrouiller les portes de leur ferme, tirèrent sur eux plusieurs coups de revolver. L'une des balles atteignit un des frères Peronnet au côté, mettant ses jours en danger. Le parquet de Huy a fait une descente. * * * „Le Courrier de la Meuse" apprend que neuf femmes ont été fusillées à Stavelot. En Campine La commune de Neerpelt a été punie tout l'hiver. Le soir, après 6 heures et demie, plus personne ne pouvait se trouver dans la rue; • les hommes de moins de 40 ans devaient se présenter deux fois par Semaine à la revue. Devinez le motif: Plusieurs jeunes gens de iNeerpelt avaient quitté la commune et, après avoir franchi la frontière, étaient allés rejoindre l'armée. L/es pères de ces jeunes gens furent en outre sévèrement punis. Jean Vanhoudfc a encouru une amende de 300 marks; le meunier Sevens est encore en prison. La famille do l'ingénieur Declairfayt et M. Edgard Lumders ont dû payer 4,000 francs d'amende et leur vieux beau-pore fit 15 jours de prison. Eug. De Brusseleer a été condamné à 10 ans de travaux forcés, Broeckx à 1 an. Beaucoup d'hommes ont été déportés; plusieurs sont déjà revenus et racontent la misère et la faim qu'ils ont endurées I.' 1 .. . Phisi-. unis sont morts en exil. Au mois d'avril il y avait à ? • " 'no Allemands. Tous les locaux sont bondés., Plusieurs de ces militaires ont pris part au combat de la Somme et nous citent des traits de la malice française, leur héroïsme et la justesse do leur tir d'artillerie. D'autres ont combattu contre les Anglais et disent que leur tir est tprrible. Tous s'exercent au maniement des fusils-mitrailleurs ou au lancement des grenades.La cherté de la vie est incroyable et provoquée en partie par la trop grande force d'occupation. Cet hiver sont décédés M. Willems et son épouse, Adrien Jube, curé; Geloudenan, etc. ."Néanmoins la population reste courageuse et. malgré toutes les souffrances et los privations, elle est convaincue de la victoire finale. Ass L,Srrsteoasr£| Huit études notariales sont vacantes. Plusieurs cantons ne possèdent plus d'agents ministériels. * * * .1700 portions de soupe sont journellement distribuées à Lanaecken. * * * La note comique nous est fournie par le Koramandant de Hasselt qui a jugé bon de faire afficher le petit communiqué suivant: ,,11 est interdit aux habitants de montrer encore aux soldats allemands des billets de banque allemands ppur leur demander s'ils sont bons. Tous les œillets allemands en circulation en Belgique sont valables, sans qu'il soit nécessaire d'examiner s'ils sont vrais ou faux." * * * Le recrutement d'ouvriers belges pour compte de nos ennemis se fait sur une grande échelle. Les contrats sont faits pour 4, 6, 8 mois. Travail de 10 heures par jour payé de 7.50 à 8.50 frs., plus la nourriture et le logement. Il leur est retenu 2.50 à 3.50 francs par jour, mais en hiver leurs femmes reçoivent du charbon gratuitement. Quelques malheureux se font inscrire, alléchés par les belles promesses. Pauvres gens ! i Aux frontières M. Timmerhaus, directeur des usines à zinc do la Vieille Montagne à Welkenraedt, se trouve prisonnier en Allemagne, de mêpie que M. ^lentû^i^le^^ . Sse soirée à Stookholm Dans le „Vorwârts" du lundi 11 juin je trouve en feuilleton une édifiante lettre de Stockholm qui me paraît, toute laconique qu'elle soit, plus intéressante que lee innombrables dépêches sur la conférence tant discutée que le moniteur officiel du Partei-Vorstand socialiste kaiseriste d'Allemagne a publiées depuis un mois. Cette lettre contient le récit d'une soirée passée, après les fatigues d'une longue journée de délibér rations, à la terrasse d'un café ou dans quelque hall d'hôtel. Traduisons: „Qn voyait là réunis aveo des sujets des puissances centrales, avec des Suisses et des Hollandais, l'homme svelte et très animé qui peut parler à chacun dans sa langue maternelle — le secrétaire du Bureau «ocialiste international, Camille Huysmans, membre de la Chambre des représentants de Belgique. Ce n'était pas là \uie séance officielle et dans l'intérêt de tous on peut dire que ce n'étaient pas des délégués allemands, ni le Belge Camille Huysmans qui étaient' là réunis ensemble, non: c'étaient tout simplement des socialistes, avec presque une seule et même conception, et sans" mission. Et c'était le secrétaire international de La Haye, ville où il avait pu, un jour, émigrer de son pays occupé. ,,La guerre lointaine et spécialement le chapitre Belgique ne sont qu'effleurés dans la conversation dont le thème principal est plus que jamais le socialisme vivant. D'ailleurs, on ne peut rien faire sans parler des destinées du pays entre Ostende et Herbesthal, ©t l'on est im-pressiorvné par le fait que ce député belge rend franchement homrryige à l'humanité et à l'équité'de feu le général von Bisèing; à la vérité, il fait cet éloge en opposition a<u<c griefs qu'il formule cmitrb d'autres personnalités de l'administration allemande en- Belgique." Voilà: c'est un rien, mais cela en dit long su:- la mentaljté de Huysmans qui est, il faut qu'on le sache bien, l'éminence grise du concile de Stockholm. L'homme €out entier est dans ce trait, avec cette aorte de cant qui l'incite à jouer à chaque instaait, a\u-dessus de la mêléç, à l'homme indépendant méprisant les misérables contingences où nous nous débattons et ce patriotisme forgé dans la douleur qui est depuis près de trois ans celui de tous les Belges, ses frères. Il se peut en effet que le vieux frei-herr de Munster, auquel a succédé von Falkenhausen, comme gouverneur de la Belgique, n'ait pas été le tigre altéré de sang qu'on se figure d'ordinaire. Plusieurs anecdotes venues de Belgique nous permettent de représenter plutôt ce vieux général de cavalerie, marié à une fille de Màthilde Wesèndonk!, r-araie uo Wagii- • comme une sorte de doux illuminé, ayant quelques marottes et croyant dur comme fer que la volonté de Dieu l'avait choisi pour donner de la morale aux Belges et guérir leur pays de ^alcoolisme et de la prostitution. Il n'en reste pas moins que c'est sous son règne que s'exerça la plus ignoble .et la plus barbare des tyrannies, qu'une Miss Cavell, avec tant de patriotes eb d'innocents, furent traqués,. fusillés, jetés dans les prisons, que le malheureux pays, coupable d'avoir fait ce qute commandait l'honneur, fut pillé, rançonné, que sa population fut déportée comme les peuplades d'Afrique au temps des razzias esclavagistes. Par faiblesse, ou par calcul, von Bissing laissa faire, et c'est justice que son nom soit pour toujours voué, comme celui du duc d'Albe, à d'exécration du peuple belge. Et pui6, M., Camille Huvs/nans ignore-t-il donc le testament politique de feu le gouverneur général publié récemment par la presse allemande? Dans une lettre qu'il écrivait en janvier dernier à Streseman, le député national-libéral, le freiherr se prononçait sans ambages pour l'annexion pure et simple de la Belgique et la destitution du Roi Albert au profit d'un prince allemand. Le moment est-il donc bien choisi pour un député de Bruxelles d'aller, fût-ce à Stockholm, devant des Allemands, faire l'éloge de ,,l'humanité et de l'équité" (Humanitat une! ge-rechter Sinn) de co pangermaniste illuminé? Mais voila, M. Camille Huysmans est comme cela: il se moque du qu'en dira-t-on. Il est un esprit fort, indépendant, très au-dessus de la mêlée. Bien des fois, au cours des discussions que nous avons eues depuis deux ans et où je croyais bien exprimer le point de vue du Parti ouvrier belge, dont il est un mandataire, il m'a demandé quand enfin je me dégagerais de ce nationalisme où, d'après lui, nous sommes enfermés et qui ne nous fait voir que la Belgique, encore et toujours elle. C'est fort bien, mais alors que Huysmans ne s'étonne pas, ne se plaigne pas que ses compatriotes réfugiés en Hollande aient publiquement, dans un ordre du jour du congrès des comités, déploré sa dangereuse activité. Longtemps on a fait preuve à son égard d'un© longa-ninité, d'une bonne volonté auxquelles il aurait dû être sensible. On ne soupçonnait pas sa bonne foi, ni même la sincérité de son attachement à la Belgique. Au lieu d'écouter, il n'a fait que persévérer ,,diaboliquement", prenant presque un malin plaisir à heurter de front 1er sentiment patriotique de ses compatriotes et de l'immense majorité des socialistes français, anglais et belges. Certes, il serait puéril, ce sorait une erreur dangereuse, que de vouloir ramener . aux efforts, «aux yisées d'un seul homm©.

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Cet article est une édition du titre L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam appartenant à la catégorie Oorlogspers, parue à Amsterdam du 1914 au 1918.

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