L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam

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s.n. 1915, 20 Juillet. L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam. Accès à 27 mai 2019, à https://hetarchief.be/fr/pid/kw57d2rd5h/
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; - « 270 es cents, {IO Centimes) ■ -A TïTafer so jiniïeï 1915 L'ECHO BELGE Journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam. L'Union fait {a Force. Belge est notre nom de Famille. 1 Toutes IV-» lettres doivent être adressées I au bureau de rédaction: I N.Z. VOORBURGWAL 234-240 Téléphone: 2797. Rédacteur en Chef : Gustave Jaspaers. ( Charles Bernard, Charles Herbiei, Comité de Rédaction: ^ Hené Chambry, Emile Painparé, " Pour les annonces, abonnements et vente au numéro, s'adresser à l'Administration du Journal: N.Z. VOORBURGWAL 234-240. Téléphone: 1775. Abonnement f En Hollande fl. 1.50 par mois, payable par anticipation \ Etranger fl. 2.00 ,, Ames russes. I' Un médecin russe vient de raconter dans un journal de Moscou l'histoire suivante: Une nuit, dans un bois, au son des canons qui ne s'étaient pas encore tus et du hurlement des loups, nous ramassions des (blessés. L'un d'eux, assez loin de nous, se souleva à demi et nous fit signe. 11 était I enveloppe' de sa grande capote, souillée de Bgantr. Il pouvait à peine parler. Ses yeux Iétaient comme perdus dans les orbites di- ■ Jatées. Ses narines étaient pincées et son M pâle visage, mal éclairé par la torche fu-I meuse, semblait en vérité un masque de ■ mort. | Aussi est-ce avec plus de douceur encore Bqu'à l'ordinaire qu'un de mes hommes lui ■ demanda: F — Eh' bien! que veux-tu, petit frère? f — Si tu veux être bon, écris une lettre ; pour moi à ma femme... pour lui dire que | je suis mort.... Et il dicta la lettre suivante: „Notre femme chérie Lukeja-Petrowna (les paysans emploient toujours en écrivant la première personne du pluriel). ,,J'ai à t'informer que notre dernière heure est venue. Dieu n'a pas permis que nous nous revoyions. Prends soin de Vasut-1 ka et dô Dunka. Si tu te remaries, veille à ce que ta nouvelle famille ne les batte pas. Vend la jument à René Ryzhoff, mais pas moins de 70 roubles, c'est son prix aujourd'hui. Fais blanchir la maison, et accepte trois roubles de Peter Bezroutchoff pour les avoines. Le vieil oncle Vlass blanchira lia maison pour 20 kopeks. J'ai été blessé [dans le dos, et la balle a traversé ; elle est sortie par la poitrine. C'était la volonté de Dieu. Je pense. Lukeja, qu'il vaudrait oiieux que tu vendes le veau et que tu achètes un poulain à Gavriloff. Les chevaux ne "vont faire qu'augmenter et augmenter.,,Pardonne-moi tout pour l'amour du Christ... " i Quoi de plus admirable que cette lettre de moujik? Elle peut nous faire sourire mais j en mime temps nous émouvoir jusqu'aux ! larmes. Croirait-on pa^ lire l'un des plus beaux épisodes de quelque roman de Tolstoï I ou de Dostoïewsky ? Tant de sublime humilité, cette acceptation tranquille de la mort, i un tel fatalisme. Un instant nous avons cru i la lettre apocryphe, du genre de ces paro- « dies superbes où excella le pauvre Charles Muller tué au front. Mais non! Des Russes ou des voyageurs qui connaissent très bien la Russie, à qui je l'ai montrée, me disent que les braves et doux géants venus du fond des steppes sont bien capables d'en < écrire de semblables. Il y a en eux une • ■puissance dç renoncement à la vie qui dé- ; passe toutes les bornes du désintéressement. „0u ne peut pas être plus beau devant la < mort que le paysan russe" a dit Tourgue-nieff qui le connaissait bien. ; Il y a aussi dans l'âme du peuple russe, > telle qu'elle se dévoile dans l'oeuvre de ses romanciers auxquels nous devons tant, une j grande simplesse, une infinie douceur que j les Allemands ont essayé de nous faire oublier en nous contant des histoires à dormir debout, auxquelles malheureusement les neutres se sont laissés prendre bénévolement.Aies entendre, cette guerre, leur guerre,-e'tait une guerre de défense contre le péril slave. (Dans la suite, il est vrai, ils ont dénoncé l'Angleterre; ils n'en sont pa6 à une contradiction près). Ils'incarnaient, eux. la. j civilisation contre la barbarie'russe, la Kul-tur contre l'ignorance. Un Allemand, voyageant en Russie, par- ! lait haut et avec morgue aux indigènes qui 1# regardaient ahuris, comme un phénomène singulier. ,,Voilà, c'est moi, l'Allemagne, ' je suis la jtcienoe, le progrès", avait-il tou- * jours l'air de dire ;,,je t'apporte les chemins j de fer, le commerce, l'esprit d'entreprise industrielle. Je suis l'Allemand,_ le sel de la terre, ce-!ui que Dieu a choisi pour ac- J complir ses desseins". Et lé bon Russe, finaud sous son aspect débonnaire, se gaus- < I sait intérieurement des allures de ce ' |»sto8ffer". _ i f ! Une agence austro-allemande vient d'envoyer aux journaux hollandais une déclara- ^ tion qu'aurait faite récemment Maxime [Gorki. Celui-ci fait l'éloge de l'Allemagne, < <le sa puissance civilisatrice et dit tout ce 1 que lui doit la Russie moderne. Voilà qui c semble bien suspect. Nous parions dix con- i tre un que l'honnête agence en question a tronqué quelque ancien texte de l'auteur i desVagabonds".Celui-ci, dont le fils se bat <; dans l'armée française, a, comme Kropot- i kine, comme Bourtzeff, comme tant d'au- i très révolutionnaires russes, compris dès les 1 premiers jours d'août que la justice et 1 le droit se trouvent du côté des Alliés i dans cette guerre qu'a préméditée l'Aile- c magne. Il m'étonnerait que Gorki se fût > soucié exclusivement du côté intellectuel de € ta question. Il n'y a pas que le ,,Kèphalè", le cerveau, le plus ou moins de science dont i il est frotté, qui permet de juger un peuple, c II y a aussi ses qualités de coeur, sa sensibi- f Hte. Or, à ce point de vue-là, comme à j l'autre d'ailleurs, le procès est jugé. Nous z savons de quel côté sont les vrais barbares, c Qu'on ne nous parle point des cosaques. On endossa toujours à ceux-ci les excès de £ soudards allemands ou autrichiens. Il y a i bien des régions en France et en Belgique i où l'on disait couramment avant cette guerre i •c-5Mê pour kèijef " \s Allez-vous parler de l'autocratie russe, de sa bureaucratie? On les voit qui déjà s'écroulent. Autocratie pour autocratie, je préfère celle de Pétrograde, qu'au moins des hommes ont su combattre au péril de leur vie, à celle de Berlin, qu'ont toujours redoutée et que maintiennent aujourd'hui certains sczial-demokrates qui ont des âmes de caporaux. Plutôt Turcs que Papistes! disaient les gueux. Toute l'Europe libérale dit aujourd'hui: ,,Plutôt slave que boche!" Louis Picrafd. Le pdion Sssnfe il Belgique ,,Lorsque les Belges, Flamands et Wallons, auront d'un commun accord chassé l'ennemi et reconquis leur pays, ils régleront entre eux la question des langues, mais les Flamands ne veulent rien tenir des Allemands."Nous avons la bonne fortune, écrit ,,Le XXe Siècle", de compter, parmi les Belges résidant au Havre, M. de la Montagne, le distingué écrivain, hier encore président de ['Académie royale flamande de Belgique. Les quelques flamingants oui, faisant, en Hollande, écho au chant des sirènes allemandes, que module, dans le ,,Vlaamsche Post" de Gand, le pasteur hollandais et pangermaniste Domela Nieuwenhuys, ont l'habitude de nous dire que nous n'avons aucune compétence ès choses flamandes; ils affirment que, même un journaliste flamand, aussi averti que notre confrère Aug. Monet, n'y entend rien... lorsqu'il se permet de n'être pas de leur avis. Aussi avons-nous cru que cette compétence ils ne pourraient la dénier à l'élu des écrivains et éru-dits flamands, des académiciens, c'est-à-dire à M. de la Montagne. Et nous lui avons demandé ce qu'il pensait de la campagne poursuivie par le ,Vlaamsche Post", à laquelle le ,,Vlaam-che Nieuws" a emboîté le pas. — Ce que j'en pense, nous répond M. de a Montagne, c'est qu'il n'y a rien à dire, li à faire, pour l'instant, en pareille manière; c'est qu'avant toute autre chose, il l'y a qu'un seul et unique but à poursuivre: chasser l'ennemi de chez nous ! Ce loit être notre seule pensée. Lorsque l'évacuation sera opérée, lorsque lotre beau pays sera libéré, lorsqu'il sera relevé et reconstitué, nous pourrons alors varier de la question des langues. Mais ce •elèvement, cette reconstitution doit être jxclusivement l'oeuvre des patriotes belges, vallons et flamands! Ni les uns, ni les tutres n'ont rien à accepter des Allemands. ï aurait-il un Flamand pour oublier qu'ils ont l'ennemi?... — Vous avez lu que les Allemands ont mnoncé leur intention de créer une Université flamande à Gand? — Les Allemands viendraient nous l'of-rir sur un plat d'or que nous n'aurions >as à l'accepter d'eux, et j'ajoute qu'il n'y i pas un Flamand de Belgique qui vou-irait la recevoir de leurs mains sanglantes et homicides ! nous déclare avec vigueur M. de la Montagne. Non ! non ! continue-t-i!, lorsque, d'un iommun effort, Wallons et Flamands au-ont reconquis la patrie, ils régleront ,,en-•re eux" la question des langues, mais les Flamands, je l'affirme hautement, ne veu-ent rien tenir des Allemands ! Et puis, j'en ai l'assurance, toutes nos >etites querelles linguistiques, politiques >t autres, — et comme elles paraissent tou-es vaines en présence du drame effroyable îont notre pays a été, est le théâtre! — >n présence de ce que nous aurons souf-ert tous en commun, Flamands et Wal-ons ! toutes nos minuscules raisons de division s'évanouiront. Il n'y a, il n'v- aura )lus de divergences possibles entre Belges, a question des langues, comme toutes les autres, recevront leur solution sous un arge souffle de justice et d'équité, dans un généreux e9prit de sympathies réciproques. — Vous n'êtes pas de ceux qui craignent a culture française pour les Flamands? •—Allons donc! Y avait-il un homme [ui eût une admiration plus grande pour a culture française que Cooremans? ÎEst-e que tous les peuples, quel que 6oit leur diome, n'admirent pas cette culture? Celle de la langue maternelle doit pri-ner, naturellement, mais la culture fran-aise est utile, s'impose d'autant plus que tous 1 habitons un pays bilingue. Seule-nent, il faut des concessions réciproques: es Wallons sauront les faire comme nous. 1 faut que tous, également, pour nous mir de manière plus étroite, dans l'avenir, on tre l'ennemi commun, dont nous ne oulions rien, nous "nous imposions un ffort parallèle. Tenez, je pense, moi, que dans la joie de tous retrouver chez nous, dans le bonheur le la victoire qui nous donnera la paix dé-initive, nous saurons, chacun, faire tout >our la conserver et que nous reléguerons ,u loin nos divisions, c'est-à-dire nos mes-uineries d'antan. Mais, d'ici làr le mot d'ordre exclusif doit tre pour tous: de chasser d'abord les Alle-nands du pays; de ne rien leur devoir, de Le rien admettre qui vienne d'eux, de ne ien discuter, quant à l'avenir du pays^.tant^ uq l'ennemi sera en Belgique^ En Belgique. A Bruxelles. Ça ne va pas toujours entre Boches. Le vieux cavalier qui s'entête à se croire gouverneur de notre pays saigné à blanc n'est pas toujours d'humeur égale. Ce qui se conçoit, M. von Bissing étant déjà très âgé et, malgré toute la verdeur physique que lui conserve une existence de sobriété et de privations, il était assez surmené ces temps derniers. A Bruxelles, vous rencontrerez souvent des geins bouffis de malice qui prétendront que le remords y est bien pour quelque chose. Ne les croyez pas. M. von Bissing n'a aucun remords. Ce qu'il f^it est toujours le résultat d'ordres supérieurs. Car le pseudo-gouverneur, s'il est premier en Belgique, est peut-être le 243e à Berlin. La guerre a été une providence pour ce guerrier arrivé à l'âge où l'on suit souvent, en pensée, son propre convoi funèbre. Il ccmman4ait là-bas en Teutonie à une garnison de ville de province qui eût été très calme et très morne sans la présence de ses cavaliers. Vint la guerre. Tout de suite, à Berlin, où il est très bien noté pour avoir de tous temps fait une guerre impitoyable aux socialistes, on pensa à nommer le vieux comte (pardon, baron !) von Bissing commandant du camp des prisonniers à Munster. On le savait dm*, inflexible, une main de fer. Puis, von Pacha der Goltz rappelé par quelques marchands de rahat-loukoum de Stamboul promus au rang de premiers ministres par von Enver bey, le sinistre, il devint tout naturel que von Bissing occupât le poste de gouverneur général temporaire de la Belgique occupée. ,,On" donna son assentiment et, un beau matin,. le . vieux cavalier débarqua à la Gare du Nord, très heureux -— on le conçoit — de la tournure prise par les événements. Bruxelles vaut bien une messe, se dit ce protestant allié de Mahomet (c'est sans doute pcurquoi il a assisté dernièrement au service religieux célébré à Ste Gudule?), Bruxelles vaut bien une messe et, à tout prendre, j'ai monté en grade avec une rapidité qui me donne à moi-même le vertige. Faut-il le dire? M. von Bissing a beaucoup dhangé ses manières d'agir depuis le jour heureux pour lui où il mit le pied en Belgique. Aux premières heures de son règne, il était possible de s'approcher de lui et de lui faire entendre raison. Or, tout est changé à présent: il a exigé du pays une contribution de guerre abominable; il a joué, sans succès heureusement, do la taxe sur les absents — dont nous sommes redevables pour le principe au Conseil communal de Gand ; il a saisi la caisse de la Croix Rouge sous un prétexte quasi indécent ; il ne permet plus qu'on porte d'insignes; il organise l'espionnage sur les grand'routes et. dans les écoles, en grand et en petit, officiellement et officieusement; il essaie de son fils et de quelques traîtres pour séparer le3 Wallons des Flamands. J'en passe et des meilleurs... Notre intention n'est pas, cependant, d'élever une juste protestation. Non! Nous voulons montrer que le caractère de notre vieil ami s'est insensiblement- aigri, au point qu'il se dispute fréquemment aujourd'hui avec ses sous-ordres. Jadis, le commandant de l'étape de Gand l'envoyait proprement promener, si nous osons dire. Il no se gênait pas pour mettre à nu, devant des Belges, sa pensée au sujet du gouverneur. Mais la querelle s'est apaisée et pour cause. N'insistons pas. Puis, les chicaneries sont nées entre 1 'administration militaire et l'administration civile allemandes. Elles ont pris une ampleur exceptionnelle et M. von Sandt est à tout propos dressé contre M. von Bissing. Le premier a intrigué auprès de la cour, mais sans grand succès, tandis que le second dépêcha rapports sur rapports, montrant la difficulté de gérer le pays' occupé avec une administration civile qui mettait à tous propos des bâtons dans les roues de l'administration militaire ! Et savez-vous pourquoi le conflit n'a pas été résolu? Parce qu'à Berlin il se passe les mêmes faits qu'à Bruxelles: les militaires contrecarrent les civils réciproquement. Et voici qu'une querelle a tourné à l'aigre, entre militaires cette fois. D'une part l'inévitable M. von Bissing, d'autre part le général von Kraewel, gouverneur de Bruxelles. Il y a longtemps déjà que des rapports secrets avaient été adressés à Berlin contre le général von Kraewel. On l'accusait même de montrer une coupable bienveillance envers les Belges. Ceci est faux, mais entre les procédés employés par von Bissing et ceux de von Kraewel, c'est encore aux agissements de ce dernier qu'allaient les préférences. Ce qui est certain, c'est que von Kraewel est parti et qu'il est remplacé temporairement par un nommé von Miiller. Que réserve demain aux gouverneurs allemands? Question! * * * Il nous revient que la ville de Bruxelles sera bientôt dotée de concerts symphoniques nationaux. L'administration communale a accordé son appui à une société de mélomanes qui organisera tous les mois, pendant l'hiver, tin concert exclusivement consacré à la musique belge. Ces concerts auront un caractère privé et se donneront à l'Alhambra que la société des concerts symphoniques a loué. / vI/orcIiestre sera compose.d'artistes de la Monnaie et des Concerts Populaires sous la direction de M. Kumps, revenu d'Amérique. Le comité artistique comprend trois musiciens: Paul Gilson, Auguste De Boeck et Erasme Rawaz; trois littérateurs: Gustave Van Zijpe, Grégoire Le Roy et Auguste Vermeylen; enfin, trois artistes peintres, dont M. Constant Montald. * * * M. Wauters, inspecteur général des oeuvres de protection de l'enfance, et M. Velge, secrétaire du ministre de la justice, viennent d'être arrêtés. D'autre part, des descentes ont eu lieu chez tous les collaborateurs du ministre et notamment chez les parents de M. Ernst, son chef de cabinet, à Louvam. A Anvers. Les Allemands viennent de condamner le chanoine Paul Yrancken, premier* secrétaire de Monseigneur Mercier, à un mois d'emprisonnement. 11 se trouve déjà enfermé dans la prison de la rue des Béguines. * * * Un nouveau journal vient de reparaître. C'est encore au sénateur Van der Molen qu'on devra de voir naître cet ,,Antwerpsche Courant". Pour s'excuser de paraître, ce journal explique que le public a besoin d'être renseigné, que les journaux hollandais coûtent trop cher, qu'en outre ils n'arrivent pàs assez régulièrement (c'est 'bon signe!) et enfin que le peuple flamand (,,ons Vlaamsch volk") lit difficilement un journal hollandais. Remarquons que ,,Courant" est hollandais et non flamand Le nouveau venu ne coûtera . que trois centimes. C'est donné ! * * * M. François Crozier, le sympathique consul général de France à Anvers, nommé ministre plénipotentiaire aux premiers jours de la guerre, vient d'être chargé du poste d'ambassadeur à Berne. * * * Décédée dans notre ville, Mme Franz Demblon, née Eugénie Verset, veuve de l'ingénieur maritime Demblon. * * * Nous apprenons qu'à Londres ont lieu des représentations de Ja ,,Belgian Opéra Company". Le ténor de Vally est le promoteur de cette entreprise. MM. Coryn et Viroux en assurent l'exécution artistique. Paul Kochs en est le chef d'orchestre. Mmes Ben-nett et Rizzini, MM. Coryn, Colbert, Frai-kin, de Vally et Viroux se produisent chaque soir dans des fragments de ,,Samson", de ,,L'Attaque du Moulin" et de ,,La Vie de Bohême". La petite troupe, dont presque tous les interprètes sont connus à Anvers, donne ses représentations au Palladium Théâtre. A IL 5 û e. ,.L'Indépendance" annonça naguère que M. Andr.i, le distingué directeur-général de la ,,Fabrique Nationale d'Armes de Guerre de Herstal", avait été arrêté par les Allemands. Il était interné au fort de la Chartreuse en attendant de ,,passer en jugeftient" sous un chef d'inculpation relatif évidemment au grand établissement de Herstal. Nous apprenons que M. Andri a été envoyé en Allemagne le 29 juin. Nous attendons les détails sur cette condamnation qui allonge la liste des infamies allemandes en Belgique. * * * Dans le but d'atténuer les ennuis causés par la crise du nickel, il est mis en vente des cariïets de 20 billets à 10 centimes au prix de 2 francs et des carnets de 20 billets à 15 centimes au prix de 3 francs, parla Société des tramways Liége-Seraing -et extensions. Cette mesure sera probablement appliquée à toutes les lignes de tramways en Belgique, à cause du manque de monnaie divisionnaire. A Verviers. A la dernière séance du Conseil communal, il a été question d'un emprunt de 1.500.000 francs que le collège contracterait auprès du Crédit Communal et d'établissements financiers. La situation réclame, en effet, des- sacrifices toujours plus lourds afin de venir en aide aux personnes que la guerre prive de leurs ressources habituelles. L'aide aux chômeurs seule se monte à 13.000 francs par mois.. Après discussion, il est décidé.que la ville pourra emprunter 2 millions de francs. A Huy Les fruits sont en abondance, à des" prix exceptionnels de bon marché. Idem des légumes.G # * . On n'a jamais eu de pain blanc depuis l'occupation allemande. La récolte promet. Le foin est de toute première qualité. On moissonne déjà le seigle. h * * # Le Kreischef a délimité la banlieue de Huy'de telle façon qu'il n'est plus possible de circuler à bicyclette à la campagne. Au Wallon. On a tué un sanglier à coups de couteau dans la région de Huy. On a relevé la trace de plusieurs autres^g^gliers^près de. 1 a ^ïjjajiie de. la SartheJ" A L ouvaïn A côté du nom du major von Mannteu-fel'qui fit détruire la ville le 25 août 1914, — nom qui ne sera oublié par aucun Belge, — il faut joindre celui du capitaine-médecin Berghausen. Cet homme a aussi une lourde part dans la responsabilité de cet acte barbare. M. Fûglister, l'ingénieur suisse qui a vécu le sac de Louvain, publie la preuve que les Allemands ont voulu acheter son silence. Vous pouvez dire, a-t-il déclaré à l'un de nos confrères, qu'alors que j'étais encore en Belgique, le 30 janvier, des offres me furent faites pour savoir si je ne me dessaisirais pas de mes documents. Puis, le 1er février, nouvelle tentative où une forte somme me fut offerte. Le 17 mai, on essaya même de me voler ces documents et, le 8 juin, on essaya de procéder de la même façon. Mais mes précautions sont prises, mes papiers sont bien gardés et sont en sûreté. Qu'en pense le baron Romberg, ministre d'Allemagne à Berne? A Gand. Le père Rutten, chef des ouvriers syndiqués chrétiens de Belgique, se trouverait actuellement au Canada, où il fait de la propagande en faveur de notre cause. Il avait demandé aux Allemands, lorsqu'il se trouvait encore en Belgique, un passeport pour la Hollande. Les Allemands voulurent bien l'accorder, à condition que ce religieux, qui est dominicain, prit l'engagement de ne rien faire ou de ne rien dire contre l'Allemagne. Il refusa net. Il put gagner la frontière sous un déguisement. Tous ses collaborateurs qui travaillaient dans les bureaux de la rue de la Caserne, à Gand, sont dispersés.' Les locaux de l'Union des syndicalistes chrétiens sont actuellement occupés par nos ennemis. A Bribes. Les Bnugeois ne peuvent pas savoir ce qui se passe à la côte. Les officiers ne logent plus, comme précédemment, dans des hôtels; ils ont réquisitionné diverses maisons de maître, qu'ilsi occupent à trois ou quatre. A Ostendle Les Ostendais sont autorisés à se promener pendant quelques heures par jour sur la digue, entre l'Hippodrome Wellington et le Châlet royal. Mais tous les chiens doivent être tenus en laisse. * * * Le drapeau allemand est désigné comme suit par les Ostendais : Noir de misère, Blanc de colère, Rouge de sang. * * * Récennpent 28 civils furent arrêtés pour s'être trouvés sur le pas de leur porte après huit heures du soir. Amenés devant un officier, dit L'Indépendance", oelui-ci exigea des délinquants cinq marks d'amende. Le premier de ces civils déclara ne pas posséder cinq marks ; l'officier lui fit montrer son porte-monnaie, qui, en effet, ne contenait pas le moindre argent. Les autres civils furent contraints à faire de même. A vingt-huit ils ne possédaient qu'un franc et vingt centimes. L'officier,#blanc de colère, les renvoya chez eux. * * * Un drame s'est déroulé, l'autre joui-, dans la garnison ostendaise.^ Un soldat avait obtenu l'aittorisation de ses chefs d'aller en Allemagne faire une courte visite à sa femme gravement malade. Seul, son capitaino s'opposa à son départ. Une altercation assez vive survint et, à la suite d'une brutalité du supérieur, le soldat, aveuglé de colère et d'indignation, tua le capitaine. Le plus grand secret est tenu au sujet ~de cette affaire. Aux f routières. Les habitants d'Esschen ont de nouveau la latitude, s'ils ont des passeports, de passer la frontière. Mais des mesures de surveillance très rigoureuses ont été prises. Les femmes peuvent se rendre à Nispen ou à Roosendaal de 7 heures du matin à 7 heures du soir, les hommes de 10 à 7. Le passeport indique qu'on ne peut pas dépasser Roosendaal. Ceux qui, pour affaires, doivent pénétrer plus avant en territoire hollandais sont invités à déposer une caution qui-va de 500 à '5000 marks. Les personnes qui ont un ,,passe" pour la journée et qui n'ont pas regagné Esschen à 7 heures du soir sont frappées d'une amende de 100 à 500 mal*ks, A Waterloo Le premier soldat belge tué-devant les forts de Liège était le jeune Delin, de Waterloo.• # • Les savonneries travaillent au grand complet. Le directeur de la fabrique d'engrais chimiques, M. Demanet, a fait cadeau au comité de secours de toute la quantité d'engrais nécessaire au fumage des champs de la région. A Grammoiît Dans notre ville ont été hospitalisés jusqu'ici 190 soldats belges, 14 anglais, 5 français et 210 allemands. Quatre soldats français et sept anglais ont été réformés et échangés, en Suisse, contre un. nombre égal . solda ts^bpches/^ ~ La leçon d'Assise. Le R. P. Fabianus nous adresse une nouvelle-lettre à laquelle nous nous empressons d'accorder l'hospitalité. Encore une fois, nous n'avons jamais eu l'intention de le ,,calomnier", loin de là, et nous sommes heureux de nous faire ici l'interprète de la reconnaissance de tous nos malheureux compatriotes qui peuvent témoigner de son inépuisable charité. Son article du ,,Tijd" nous avait attristé et indigné Nous avons dit pourquoi. Maintenant, laissons-lui la parole le dernier. Monsieur le Rédacteur en chef, J'ai lu avec beaucoup d'attention votre ,,Leçon d'Assise". J'en ai goûté tous l'éloquence et toute la valeur littéraire. Le culto que vous y professez pour celui dont je m'honore être le disciple m'a été au coeur. Je tiens à la pleine et entière estime d'un homme qui sait s'élever si haut. Celle des lecteurs de ,,l'Echo Bdlge" m'importe aussi au plus haut point, quelque distance qui puisse me séparer d'eux comme de vous au point de vue philosophique et religieux. Mais cette çstime, je ne saurai y compter aussi longtemps que le malentendu qui nous divise n'est pas pleinement dissipé. Laissez-moi donc vous le demander catégoriquement: oui oit, non, avez-vous cru, et vos lecteurs ont-ils dû croire avec vous, que je m1 étais montré ■plus indulgent au.r, hontes de Sodome et Gomorrhe qu'à la stérilité voulue du mariage? Le triste courage de me prononcer en pareille matière ne serait-il pas infamant,? Et ai-je eu tort de m'en défendre avec la dernière énergie?... Vous n'y revenez pas. Qui ne dit mot consent. Je puis donc me déclarer., satisfait. Malheureusement il n'est pas de même pour le second point. Vous récidivez au contraire et j'en suis aussi surpris que blessé dans mou honneur d'homme, de prêtre et do franciscain. En termes plus mesurés vous me faites le même reproche. Vous vous demandez si saint François eût pu supporter, comme moi, l'idée de jouir égoïstement des biens de la paix alors que tant de (mes) frères souffrent des maux de la guerre. De grâce5 Monsieur, relisez mon article, je n'ai lien écrit de .pareil. Cette distinction est-elle donc si difficile à saisir : autre chose est de se complaire à l'abominable sentiment que vous me prêtez, — autre chose de s'applaudir et de s'estimer heureux de pouvoir, à la faveur de la paix, mieux apprécier en toute liberté d'esprit les torts respectifs des belligérants, trop exaspérés les uns contre les autres pour ne pas se calomnier. Vous ne direz pas que cette distinction, est subtile. Ces deux sentiments ne diffèrent point par une nuance, j'espère, mais du tout au tout. Si je l'ose dire, l'écart crève les yeux. Oh ! si vous m'aviez bien compris, vous pourriez en effet m'opposer saint François d'Assise, qui ne passait jamais à cô«té d'un malheureux sans fondre en larmes et dont la^ débordante tendresse allait jusqu'à ,,sea frères les petits oiseaux". Mais encore une fois, je n'ai rien dit de pareil. Cela est à cent, à mille lieues de ma pensée et de mon coeur. Non, je ne suis pas si dénaturé! Le moi est toujours haïssable. Mais je puis bien en appeler à ces immigrants d'Amsterdam, à ces malheureux campagnards, qui cèdent, ici comme ailleurs-, à la décevante attraction de la grande ville et dont j'ai! l'ambition, peut-être présomptueuse, d'être ici l'appui et le consolateur. J'aurais pu en appeler aussi, il y a quelques mois, à vos innombrables réfugiés que je m'étais donné pour clientèle et qui voulaient bien m'appeler leur meilleur ami. Ah, Monsieur, laissez-moi, à mon tour, vous envoyer à l'école du séraphique père François d'Assise. Il vous rappellera que rien ne nous doit être plus sacré que l'honneur de nos frères et que nous ne saurions assez éviter d'y porter atteinte. Que si, pour éviter un plus grand mal, il fallait parfois les rappeler à l'ordre, il ne faudrait le faire qu'à bon escient et en toute circonspection. Le saint patriarche joignait l'exemple au précepte. Un jour, au chapitre des frères, il crut devoir relever une légère faute de l'un d entre eux. Rentré dans ca cellule, il se prit à craindre d'avoir été trop loin. Il sortit aussitôt, n'ayant de cœse qu'il ne l'eût retrouvé bien loin, à son travail. Il se jeta à ses genoux, lui baisa les pieds et tout en larmes lui demanda pardon. Puis il le ramena, rassembla derechef les frères et, à genoux, il lui fit amende honorable à l'édification d#a tous et à la «onfu-sion du délinquant qui n'avait pas seulement songé à se plaindre. Mais, je m'empresse de l'ajouter, je sais faire 3a part des choses. Quand vous avez lu mon article, vous étiez sous l'impression d'un autre article, que noua avons été les premiers à regretter. Je suis très heureux d'avoir l'occasion de proclamer bien haut : les sentiments du clergé néerlandais ne sont point ce que vous1 avez pu croire. Nous aimons la Belgique, maintenant plus que jamais. Avant la guerre .nous aimions la Belgique comme une nation amie, c'est trop j.eu dire, comme une nation soeur. Maintenant nous la saluons' comme une terre de héros et nous serons heureux de la voir se relever plus belle, plus glorieuse et meilleure que jamais. J'ai l'honneur, Monsieur ïe Rédacteur en chef,, de vous offrir mes salutations' les , plus • • respectueuses. "Xf. Fabhnys, Or. Crf

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Cet article est une édition du titre L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam appartenant à la catégorie Oorlogspers, parue à Amsterdam du 1914 au 1918.

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