L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam

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s.n. 1917, 23 Fevrier. L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam. Accès à 20 mai 2019, à https://hetarchief.be/fr/pid/jh3cz33902/
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3ème Année 833 S cents» Vendredi 23 février 1917 L'ECHO BELGE L'Union fait la Forcer «Journal Quotidien du matin paraissant en Hollande. Beige est notre nom de Famille. Toutes les lettres doivent être adressées au taureau de rédaction: 2, VOORBURGWAL 234-240, AMSTERDAM. 27Q7. Rédacteur en Chei: Gustave Jaspaers. „ ... . ( Charles Bernard, Charles Herbleî, Comité de Rédaction: , _ . ' ,, „ , , ( René Chambry, Emile Painparé. Pour les annonces, abonnements et vent* au numéro, s'adresser à l'Administration du journal: IV.Z. Voorburgwal 234-240, Amsterdam Téléphone: Ï775. Abonnements: Hollande!). 1.50 par mois. Etranger B. 2.00 par mois Annonces! 15 cents la ligne. Réclames: 30 cents la ligne. La guerre sous-marine L'Amirauté anglaise n'a jamais cache les pertes subies par la flotte de guerre, ni par la flotte marchande. Il n'y^a aucune raison pour que, depuis le 1er février dernier elle se soit départie de ce système. Aussi, quand elle nous informe, comme conclusion à une statistique des navires anglais, alliés et neutres arrivés ou sortis, que la proportion des navires perdus n'est que de un pollr cent, nous n'avons pas le droit de douter de l'exactitude de ces chif- fr<Un pour cent c'est encore un tribut énorme et qu'il importe absolument ^ de réduire. Les autorités maritimes anglaises s'y emploient avec 6uccès. La troisième semaine du nouveau régime de piraterie^ allemande n'a pas éte^beaucoup plus néfaste pour nous que n'importe quelle semaine de la fin de 1916. A condition de ne pas sous-estimer le trouble sérieux que la guerre , sous-marine apporte aux communications interocéaniques des alliés, qui sont pour nous une question vitale, on peut se réjouir de l'impuissance des ennemis à nous enlever le contrôle de la mer. C'est cette impuissance qu'il faut masquer aux yeux des Allemands qui croyaient pouvoir tordre le cou à l'Angleterre en appliquant le fameux coup du père François. Wolff publie de petites notes où il est parlé en termes mystérieux et vagues des nombreux navires coulés par les sous-marins. On se contente d'indiquer un tonnage global, 20, 30 jusqu'à 50 mille tonnes, inscrit sur le tableau d'un seul submersible. Sur quoi lès Allemands supputent le nombre de semaines au bout de quoi le dernier bateau anglais — ou neutre — aura disparu de la surface de l'océan. Beîle perspective qui, si elle ne remplit pas 1® ventre, apaise néanmoins les crampes de la faim. Ne cherchons pas ailleurs la raison de ces communications d'un naïf optimisme qui sont destinées à faire réussir la guerre sous-marine sur le papier. L'Allemagne, un beau jour, s'apercevra que ses assassinats sur mer ne parviennent pas plus à rompre la blocus anglais que les coups de bélier que ses armées, sans cesse ramenées de l'orient à l'ocoident et vice versa, assènent successivement à droite et à gauche ne parviennent à rompre les fronts européens. Mais pour cela il importe que la vigilance des flottes allioes ne soit pas moins grande, ni l'endurance de nos marins moins énergique que celle de nos soldats dans les tranchées. Quatre mille petits bâtiments, spécialement outillés, forment autour des mers anglaises comme une chaîne ininterrompue. Leur rôle naguère était double: vigies d'abord, il leur incombait de combattre et de détruire le sous-marin après l'avoir découvert. Le découvrir était le plus difficile. C'est devenu la tâche du service aérien qui a centuplé ses moyens d'action. Nous n'en dirons pas plus. Aussi, quand l'agence Wolff, pour alarmer les neutres, fait ressortir qu'il est possible que par accident un navire échappe à la vigilance des submersibles qui assurent le blocus de même qu'un , JMôwe", naguère, put se glisser entre les mailles du blocus anglais, nous pourrions avec bien plus de raison prétendre que c'est par un pur effet du hasard qu'un sous-marin allemand parvient encore à se faufiler à travers la ligne de surveillance, anglaise. Mais laissons ce bluff à nos enne-mis, . Comme l'a déclaré une autorité compétente en Angleterre, une des raisons, peut-être la raison principale, de la perte toujours relativement grande des bateaux marchands tient à un excès de confiance chez les commandants et leurs équipages. Cet excès de confiance confine à l'insouciance. Admirable qualité sous un certain augle, puisque, grâce à elle, aucun marin anglais n'a jamais hésité à reprendre la mer,^ même après plusieurs . naufrages consécutifs. D'autre part, cependant, le marin anglais n'a pas le droit de faire 2,insi bon marché de sa vie et de son bateau qui sont utiles à la communauté. Sans doute, ici, lui a-t-on représenté avec trop de force que son action devait se limiter à une stricte défensive. Qu'on lui permette au contraire de venger la mort du capitaine Fryatt, qu'on donne • libre cours à son instinct de chasse et c'est ui détruisant le pirate qu'il sauvera son bateau. Il est d'ailleurs évident qu'au nouveau régime boche doit correspondre un nouveau régime anglais. Le particulier a le droit d'abattre l'individu qu'il trouve chez lui, notamment, parce que les intentions de cet individu sont manifestement hostiles. Le sous-marin allemand qu'on trouve dans les eaux délimitées par le mémorandum du 31 janvier n'est là que pour surprendre et tuer. Sus au malfaiteur! Aussi dorénavant tous les navires marchands sont-ils armés. Ils portent au moins une pièce à l'arrière servie par de bons pointeurs. Et ce canon est plus dangereux pour le sous-marin que les canons du sous-marin ne sont dangereux pour le navire marchand.- Cette mesure n'eût-elle poux résultat que d'obliger le pirat® à se servir uniquement de ses torpilles, que ce résultat pourrait être considéré comme satisfaisant. En effet., le nombre de» torpilles qu'il peut emporter est limité: 12 au maximum. On a même lieu de croire qu'il convient de réduire ce chiffre à la moitié. En moywjuô jdeusr torpilles sur trois ratent Jçl but. La conclusion en est que le sous-marin se trouvera tout de suite désarmé et dans la nécessité, de rallier sa base en sorte que le nombre de ces bateaux eu. action sera toujours très restreint. Si le submersible est une arme redoutable entre les mains d'un adversaire qui viole la loi et la morale, ce n'est pas une arme infaillible. La technique a créé des moyens de défense que l'adresse autant que l'énergie des marins des flottes alliées sauront appliquer aveo succès.(l) Notre confiance, ici, demeure* entière, comme elle demeui*e entière dans le génie des chefs et la bravoure des soldats de nos armées. Cette con-fiance est la seule part à quoi les civils de l'arrière puissent prétendre dans la victoire finale. En est-il un parmi nous pour la refuser? Charles Bernard, (1) On verra par ailleurs le discours du ministre de la marine Carson aux Communes qui donne sur la lutte contre les sous-marins des détails intéressants. mmm ■ a ■ an.. Les leçons île le guerre Oe serait une erreur de croire que la terrible épreuve par laquelle passe l'Allemagne ait en quoi que ce soit changé la mentalité des hobereaux et des militaristes 'boches. Bien au contraire, c'est dans un sens péjoratif que les opinions do ces gens-là se sont modifiées. Pour s'en convaincre il suffira de parcourir les lignes oi-dessous qui ont paru dans ,,Les dernières Nouvelles de Leipzig" sous la signature du Comto de Stolberg, membre de la Chambre des Seigneurs de Finisse : „lo. Dans les décades qui ont précédé la guerre, l'Allemagne a été (trop éoonome dans ses sacrifices pour l'armée; 2o. La politique de l'Allemagne a été trop pacifiste; L'Angleterre a interprété comme faiblesse les efforts que faisait l'Allemagne pour éviter la guerre. 3o. L'Allemagne dépendait trop do l'étran- fer sur le terrain économique, de là 'l'espoir e l'Angleterre d'affamer l'Allemagne, facteur essentiel de ses desseins aggressifs ; 4o. "Une partie de la presse allemande, enfin. a secondé la mésestime, à l'étranger, de l'Allemagne, en représentant celle-ci comme affectée à l'intérieur d'une débilité -chronique.La presse étrangère n'était pas, d'autre part, assez soumise à l'influence allemande. Il ne faudra, plus jamais que l'Allemagne rêve de paix universelle. I:1 faudra développer les armements à outranoe, retenir après la guerre lo servioo auxiliaire civil et l'organisme industriel de guerre "tels qu'ils fonctionnent à ce moment-là^ comme partie intégrante du plan de mobilisation, en les mettant au point et en ' les perfectionnant sans cesse. 11 faudra constituer des stocks importants de toutes les matières premières eb surtout des stocks intangibles en vue de la guerre; élaborer des programmes d'alimentation, qui seront mis en vigueur au moment de la déclaration do guerre. 1 La presse allemande devra montrer la force de l'Allemagne au lieu de découvrir ses faiblesses. Jje gouvernement et le Reickstag auront à réserver d'importants crédits à l'action allemande sur la presse étrangère.. Seule la réalisation de ce programme permettrait à l'Allemagne, lorsqu'une nouvelle guerre éclatera, d^affirmer qu'il n'y a» pas de ' sa faute." Pourrait-il se trouver encore quelqu'un, après avoir pris connaissance de ceci, pour ne pas ' comprendre la nécessité absolue qu'il y a d/anéantir à tout jamais le militarisme prus- ' sien ? Sans la destruction de cette pestilence, * il n'y aura pas de paix durable possible. ! — • ] Un bonnt mesure. ; Monsieur le Ministre des finances de Belgique vient de déaider de faire payer à l'avenir par le ( Comité belge de Prêts et d'Avances à La Haye, ( sans aucune limitation mais suivant des règles f déterminées, les coupons d'intérêt afférents c aux titres au porteur de la Dette publique bel- ( ge et de la Dette congolaise, ainsi que les cou- ( pons des obligations de lit Société Nationale ( des chemins de fer vicinaux qui sont la proprié- j té des Belges réfugiés en Hollande. Eu conséquence, pourront être présentés à ( l'encaissement les coupons: f 1.— des obligations au porteur de la Dette j publique belge à et à 3 1ère, 2c, 3e et 4c c séries ; j 2.— des Bons du Trésor belge à 4 % des émissions de 1912 (échéances 1er février—1er c août 1913 à 1&17), et de 1914.(échéance^ 15 jan- -t vier—15 juillet 191o à 1919) ; 3.— des titres de la Caisse d'Annuité, dues J par l'Etat; f 4.— des titres des Sociétés de chemins de fer c dont les concessions ont été rachetées par f l'Etat (Grande Compagnie du Luxembourg, t Anvers-Gand, Eecloo-Gand, Liégeois-Limbour- f geois, Est-Belge. Gharleroi-Louvain, Anvers- e Rotterdam, Liége-Maastricht, Entre-Sambre-et-Meuse, Flandre-Occidentale et Maeseyok) ; ô.— des obligations au porteur de la Dette • publique du Congo belge; * & 6.— des obligations émises par la Société Nationale des Chemins do fer Vicinaux. Les intéressés devront s'adresser soit au Co- C mité Jan van Nassaustraat, 57, à La Haye, | soit à l'un de ses délégués en province, savoir : à Rotterdam. M. Hcrmans—Ausloos, Kruis- j straat38; à Flessingue, M. Bozet. au Consulat de Belgique; à Tcrneuzen, M. Herremer, au € Consulat de Belgique: îi Breda, Bureau officiel C de Renseignements, Mauritsstraat, 14; à.Til- C bourg. M. O-llet, Agent Consulaire do Belgique, Spoorlaan, 90; a Bois-le-Duc, M. Van der • Bcken, Halvo Maanstraat, 1. • // y a un m , 22 février 1916. Les Italiens enlèvent Ta contrée monta fpwAtse, de Colh entre, la Lar- \ rKXma. et la Ccr/lio^ r En Belgique. Le Régime de la Terreur Le lundi 19 février deux Boches en civil qui parlaient couramment le flamand vinrent perquisitionner chez le nommé Aude-naerde B., à Overslag. Ils fouillèrent la mai-soin de fond en comble, avec une délicatesse toute prussienne, et emmenèrent le fils Camille B., âgé de 21 ans, et la fille Eugénie B. On ignore les motifs de ces arrestations. Les déportations On mande de Belgique occupée à la 3JGazette de Lausanne" : Les AJlemands proclament partout que les chômetirs qu'ils condamnent aux travaux forcés ne sont point employés à des travaux militaires contrairement à la Convention de La Haye. Non contents de l'affirmer, ils veulent encore le prouver. Dernièrement un groupe . de civils, accompagnés d'officiers allemands, j s'est rendu dans la Flandre occidentale pour ' vérifier oe point. Il est impossible de savoir si ces civils étaient des neutres ou bien dçs Allemands. Quoi qu'il en soit, à leur arrivée les ouvriers belges occupés par les Allemands à' des travaux militaires, à Leffinghe et We-volghem, ont été précipitamment retirés des chantiers et couchés dans des granges et aut res vastes bâtiments où ils furent enfermés. Us furent immédiatement remplacés par des militaires dont le groupe dont il est question ci-dessus a constaté la présence. La visite d'inspection terminée les militaires ont- été renvoyés à leurs exercices habituels et les ouvriers civils, rendus à la liberté, sont venus reprendre la ibesogne qu'ils avaient interrompue un instant. Cette besogne consistait dans l'installation de réseaux de fils de fer, de creusement d'excavations et autres ouvrages du même genre. Des ouvriers belges sont employés continuellement à des travaux analogues à quelques kilomètres du front, à Vlasloo, Beerat, iviayem, Slype, au front de l'Yser. D'autres sont occupés à des travaux de défense à la Frontière hollandaise, établissement de tranchées, de bëtonnages, etc. Les officiers hollandais avec leurs longues-vues en constatent journellement la présence. • • • Sous lo titre ,,Un raid d'esclaves'^ le ^and journal quotidien anglais ,,The Times" donne, selon un témoin oculaire digne de foi, une émouvante description des scènes de déportation qui ont eu lieu dans une petite ville l'une province agricole belge, qui non seule-nent a souffert très fort pendant l'invasion mais encore a eu des milliers d'hoanmes déportés.A X., dit le correspondant, tous les hommes furent- obligés de se présenter au séminaiT -e, où ils furent examinés par quelques offi-îiers allemands. Je tenais ma montre en nain. L'examen durait environ dix secondes par homme. Tous les jeunes étaient emmenés ians aucune distinction, de même que les nivriers accomplis, quel que fût leur âge. Je ;is aussi de très vieux hommes emmenés sans >lus de forme. On ne peut décrire l'anxiété des familles les déportés. Dès la réception de la convocation, tout a été fait pour procurer si possible m peu de confort aux déportés pendant leur >xil. _ Les femmes ont travaillé la nuit entiè-*e afiai de préparer quelques vêtements; elles )nt dépensé leur dernier argent pour leur icheter quelque linge, une paire de souliers ît des provisions. Pendant le long défilé des lommes — de sept heures du matin à une içure do l'après-midi — elles se groupèrent ur la place du Marché, en attendant que soit endue la sentence qui va leur enlever un mari >u un fils. Elles pleurent, .gémissent et proestent.Pour tenir les femmes à l'écart des bâtiments >ù a lieu l'examen, et pour conduire à la gare eux qui ont été désignés pour la déportation, uelques uhlans ont été spécialement rappelés lu front. Cette besogne cruelle ne peut être onfiée à des soldats de la laudsturm. Ces lerniers manquent de décision et certains d'en-re eux, abattus par une longue absence de eurs foyers, se sont attendris et sont prêts à laindre cette population parmi laquelle ils nb vécu. Us semblent comprendre que, quoi u'il arrive, leur Allemagne, l'Allemagne de surs petites maisons, est ruinée. J'ai même ntendu quelques-uns d'entre eux encourager ?s Belges à résister et à ne pas signer un en-agemeut de travail à l'avantage des Allemands. Une telle faiblesse ne se rencontre pas chez ?s uhlans. Je les ni vus à l'ouvrage et ils ont rouvé qu'ils étaient les dignes compagnons e. ceux dont la mission au début de la guerre onsistait à répandro la terreur parmi les ampagnards wallons et flamands. Us sont n ligne devant Je séminaire où l'on opère le riage et. revolver en main, font face aux ?mmes. Même après tout ce que nous avons ntendu des atrocités allemandes, la scène qui e produit là semble à peine croyable et si je te l'avais pas vue de mes propres yeux aurais été pris de doute. Ecoutez ceci, par exemple: Une vieille fem-ie de 75 ans se frayait un chemin au travers e la foule pour voir si son fils, son époux ou on .petit-fils se trouvaient parmi ceux que on enlevait. Un landsturmer de la garnison ni la connaissait la prit doucement par épaule pour la faire reculer. Comme l'aïeule skavait de se dégager, un ulilan vint près 'elle, un grand, jeune gaillard, et, à dessein, e toute, sa force, frappa la pauvre vieille au isage. Toutes les femmes éclatèrent en pleurs t en protestations. Mais plusieurs uhlans re-ngnireut leur camarade et se mirent à f râper la foule avec leurs fusils. Le bruit des ca-ous de Verdun était perceptible... Lorsque les Allemands apprirent les offres de aix du kaiser ils allumèrent de grands feux ans le village. Et les Belges?... Voici les mots 'une mère parlant de son fils qui combat à Yser: ,,S'il ne revient pas victorieux, j'aijnc ucgx qu:il pe revienne pas !" A Bruxelles La question du ravitaillement de la Belgique est résolue sans le concours des Boches, ou plutôt malgré la mauvaise volonté des uns et la force d'inertie des autres. Wolff télégraphie aujourd'hui que l'agence télégraphique suisse mande: Le Conseil fédéral helvétique a décidé de mettre en relations les gouvernements qui s'intéressant à l'approvisionnement de la Belgique et du nord de la France. Il a fait un rapport mettant en avant les noms de quelques Suisses, si l'on désire que ces derniers remplacent des membres américains de la commission hispano-américaine do ravitaillement. Nous enregistrons cette nouvelle avec une vive satisfaction. Le Conseil fédéral suisse ne so désintéresse donc pas du sort des Belges. Nous faisons cette constatation avec plaisir. Mais, fort heureusement, — comme nous l'avons indiqué dernièrement — les Américains restent en service et continueront à surveiller une oeuvre à laquelle ils se dévouent depuis le début de l'occupation ennemie. * • • Le général major Jean Alexandre Ghiot, commandeur de l'ordre de Léopold, est décédé à Schaerbeek à l'âge de 90 ans. .* * • Ou annonce les décès de l'ingénieur Eugène Fabry, de M. Paul Mussclie de Wegi-mont, ancien président de la Chambre de commerce angle-bolge à Londres, de Mme Vve de Pauw-van Damme, directrice honoraire de l'enseignement moyen, de M. Jean Lemmens, fonctionnaire au ministère des colonies, ancien chef de zone au Congo, de M. Désiré van de Casteele, conservateur honoraire des archives de l'Etat, décédé à Liège dans ea 75e année. * -« « La misère est a ce point terrible, aggravée par le manque de combustibles, qu'on a trouvé une famille à moitié morte de froid. Il a fallu prodiguer des soins empressés à ces pauvres gens qui, trop fiers pour demander la charité, préférèrent souffrir d'intolérables tortures. A Anvers .Dimanche sont revenus à Anvers plu-bieuns déportés malades, qui ne pouvaient plus fournir en Allemagne de travail utile. Des habitants du Pays de "VYaes, que les sauvages avaient emmenés aussi en esclavage il y a quelques mois, viennent de revenir chez eux. Le travail force existe également en Belgique. C'est ainsi qu'à Beveren une centaine de bourgeois sont obligés de travailler pour l'ennemi. «» • • Des récits de déportés qui viennent de rentrer au pays on apprend que plusieurs certaines de Belges qui refusaient énergi-quement toute besogne sont martyrisés par les Boches. On les laisse sans nourriture dans un camp jusqu'à ce que, vaincus par , la faim, les malheureux acceptent le contrat de travail que nos ennemis leur présentent, à heure fixe, tous les jours. Dans un de ces camps on payait deux marks pour un rat et l'on offrait cinquante marks pour un canard sauvage ! Dans Ses Flandres (De notre corrc&p&fldant particulier.) Les Boches ont concentré un nombre extraordinaire. de troupes en Flandre en vue d'une offensive prochaine. Ces troupes sont pourvues d'artillerie de toute espèce. Jeudi, vendredi et samedi elles ont en effet fait de nombreux essais de tir avec de petits canons à tir rapide ainsi que de gros canons à tir rapide. Ces expériences répétées furent faites entre Eecloo et St. Nicolas. .♦ • • D'ici un jour ou deux, si le dégel continue, le trafic par bateau sur le canal do Gand-Terneuzen pourra, reprendre. Lundi un remorqueur de haute mer, bloqué à Sas de .Gand, s'est frayé un passage dans les glaces sur uno longueur d'au moins un kilomètre. Son but est, d'atteindre Gand. Inutile de dire que c'est un boche du Deutsche Lloyd. * * » Une famille hollandaise, habitant la Belgique, vient d'arriver en Hollande. Savez-vous quelles sont les conditions qu'il faut remplir pour arriver à ce but actuellement? En premier lieu il faut faire démarches sur démarches à la. Kommandantur pour l'obtention du passeport. Après avoir reçu co papier. L'autorité militaire oblige toutes les personnes" qui doivent quitter le pays à venir loger dans un couvent près de l'église d'Ertevelde. Après lec? 3 semaines passées dans l'isolement 3e , plus complet, on leur réserve uns voiture de train soigneusement close avec papier collé aux fenêtres, etc. C'est dans cotte loge fermée qu'ils ont enfin l'autorisation de fuir les boches. Sans commentaires n'est-ce pas? .s * * Pendant quelque temps les déportations avaient cessé dans le nord de la Flandre. Or, depuis peu, elles ont recommencé. Les bourgeois ne sont pas envoyés en Allemagne, mais à Eecloo et dans les environs où, par les soins du sinistre Aegedi, ils sont contraints de signer un engagement de travail volontaire ou & endurer des tortures morales et physiques abominables. Ces braves, au nombre de deux cents, persistèrent dans leur fier et patriotique refus. Aegedi les contraignit alcra à travailler sous la surveillance de soldats, l'arme au poing. Et, comme toujours, pour prouver que l'Allemagne paie nos ouvriers, il leur promit trente, pfennigs par jour,.... Ce n'est) évi demment pas 1:argent qui aurait pu les faire fîédhir. Alors le Kommandant leur fit prendre le train pour Zarren, près de Diixmude, derrière le front flamand. Ils arrivèrent après un voyage de neuf heures ! On les a mis aussitôt au travail où ils risquent à tout instant d'être atteints par des obus belges. Ces intolérables pratiques continuent donc et la sauvage Allemagne se moque ouvertement — aujourd'hui plus qu'hier et bien moins que demain des Conventions de La Haye. Elle ne crie que lorsqu'elle s'imagine que les alliés passent outre à celles-ci, oe qui n'a jamais été le cas. Au Littoral Depuis quelque temps déjà les habitants de villes côtières, comme Knocke,Heyst, etc., étaient obligés de travailler à des ouvrages militaires. Ils étaient payés 28 pfennigs par heure, à raison de dix heures de travail par jour. * A. partir d'aujourd:hui tous les habitants valides du sexe masculin âgés de 18 à 55 ans sont obligés de travailler sur le front de 1 Yser, notamment à Slype-Zevecote et dans les environs de ce village. Les malheu-j reux aident donc, .indirectement, à combattre leurs frères qui se trouvent de l'autre coté de la rivière ! L'inquiétude, l'angoisse ne cessent de régner au littoral. Cependant, malgré la surveillance, huit habitants de Knocike ont réussi à se soustraire aux Barbares et à gagner la Hollande. Nous parlions récemment de leur fuite et de leur heureuse arrivée à Caclzand. Afin de ne pas travailler ]>our un ennemi détesté, ils décidèrent, coûte que coûte, de passer la frontière. Us demandèrent, dimanche dernier l'autorisation de pêcher la crevette, — ce qui leur fut accordé, les Boches s'imaginant qu'une partie de la pêche leur serait gracieusement offerte en reconnaissance... Le brouillard était épais. Il favorisa le projet hardi des huits habitants de Knocke qui, grâce à la boussole qu'ils avaient emportée, purent gagner la Hollande. Les Allemands as psp ie CMefoi. III. Victimes. — Incendies. — Atrocités, . Il est établi que les troupes allemandes ont tiré dans les rues Sans utilité, soit pour créer le simulacre d'un combat acharné dans la ville, soit pour terroriser la population. Detournay, propriétaire du café du Globe (viaduc), a été fusillé en face de son habitation.Suain, gazier de verrerie, a été tué d'un coup do fusii dans la rue Jonet (Nord). Sébastien Preumont, coiffeur, place du Nord, fut frappé d'une balle qui pénétra par la fenêtre de l'étage de son habitation. Plusieurs personnes ont péri dans l'incendie de la rue du Grand-Central, notamment Ulysse Erculisse, charcutier, qui fut retrouvé asphyxié dans sa cave avec sa femme, son garçon boucher, sa femme à journée et une jeune fille de Dampremy, Guiliemine Weymers. De même la fille de M. Pianetti,. dont le cadavre fut retrouvé sous les décombres avec celui d'autres personnes. Monceau-sur-Sambre. — La colonne aile-' mande qui descendit d'e Gossclics par Roux vers Monceau-sur-Sambro et Marchienne-au-Pont s'abattit sur cette dernière commune comme sur uno proie désignée d'avance. Les rues de Trazegnies et du Calvaire sont incendiées de bout à bout; de même qu'une partie des rues Monceau-Fontaine, Pige-à-Fenasse, do Dorlodot et de très nombreuses maisons de Monceau-Hameau. Hommes, femmes, enfants s'enfuient épouvantés. Les Allemands les abattent à coups de fusil ; quelques habitants sont massacrés dans leurs demeures ou fusillés à bout portant. D'autres enfin sont pris comme otagçs, harcelés de coups, poussés devant les troupes et conduits à travers Marchienne-au-Pont sur le territoire de Montigny-le-Tilleul, où la bataille vient do s'engager. Quelques-uns sont alignés contre un mur du château Bailleux et fusillés ! Do co nombre sont : André Arille, Romain Clément, Romain Arille fils. En résumé, près de 200 immeubles sont incendiés, 57 personnes sont assassinées, parmi lesquelles sept femmes et un jeune enfant. Ce sont: Robat Joseph, Lufin Armand, "\Ya-tillon François, Mourichar Alfred, Meurice Ed-gard, Delhaye Juliette, Fauconnier Grégoire, Sausset Arthur, Delauter Pierre, Fripiat Alfred. Delander Alphonse, Termote Charles père, Ter-mote Alfred fils, Radermacker Raoul (19 ans), Laurent Célini, Radu Georges, Scolier Jules, André Arille, Ledoux Louis, Stevens Joseph, Salmon Jean-Baptiste, Baudoux Laurence, Romain Léon, Platbroed François, Coulon Edouard, Vanguth Théophile, Defmotte André, Lechat Louis, Lauvaux Posa, Massinon Aimé, Malghem Léon, Romain Clément père, Romain Arille fils, Blancart Jean, Thomas Emile, Colin Oscar, Ruelle Emile-Joseph, Pire Ernest, Le-jeune Félix, Roulen Jean, Foulon-Denayer, Van Rel Eloïse, Lemaire Marcel, Cerlipenne René, Cerlipenno Camille, Dupont Julie, Gérard Alfred père, Kénif Augustine, Gérard Edgard (enfants). Lénieux Théophile, Vandorpe Auguste, Romain Albert, Ano Oscar, Téau Constant, Vanaubergh Fernand, Romain Clément, Romain Albert. En présence de pareils faits on se demande s'il vaut la peine de parler des actes de cruauté et de pillage dont l'orgie fut accompagnée. ,,Monceau-sur-Sambre'' restera l'un des titres les plus sanglants do l'histoire des atrocités allemandes. Gilly. —• Les envahisseurs brûlent quelques immeubles chaussée de Lodelinsart, rue du Calvaire et rue de Montîgnies, où plusieurs ateliers importants- sont, détruits. Ailleurs ils__ brisent les portes et les fenêtres et se fivreni au pillage Chausstfe de Lodelinsart (Haies), J.-B. Bai biaux, 24 ans, boulanger, est tué par les sou dai ds allemands parce que, après leur avoii distribue sa provision, il n'a plus de pain f leur »jnner; l'epouse Barbiaux est elle-même blessee d un coup de feu. Uno jeune fille d, ' ans: habitant rue Devellez, est violée et don être mise en traitement à l'hôpital SainVJoseph Montigny-sur-Sambre. — . Los troupes aile mandes incendient la plupart des maisons qu bordent la, Place ainsi que cte nombreux immeu . sur !a route de Gilly, parmi lesquels dcu> usines. Quelques civils sont tués Au quartier de la Neuville, l'es soldats teu tons arrachent de sa demeuro un vieillard de 60 ans. Valentm Charles, quo l'on n'a pas revi depuis lors. Comllet — Près de cinquante maisons soni incendiees le long de la route Couillet^Chatelet 1/e quartier do la gare est détruit, à part troi.< maisons, de môme la rue de la Station, jusqu'à 1 habitation de M. Rockmans. Une douzaine d'habitants sont tues, parnv lesquels Henri AVartique, Doré père, Tremblet rue de Gillv ; Breten, rue do Châtelet ; Georges \ andervest est saisi dans la cave do son habitation, chaussée do Châtelet, et, malgré les suppli. cations de sa mère, emmené avec plusieurs autres civils et fusillé avec eux. (A suivre.) Têtes de Boches, La ,.Gazette de Francfort" confirme offi-eiellenient que le gouvernement allemand travaille actuellement au lancement d'ur nouvel emprunt de guerre, lo sixième depuif le début des hostilités. Afin d'en augmenter le rendement, l'administration des postes lancera, en même tempr une nouvelle vignette postale ornée du uor-trait d'Hindenburg. Nous détachons, à ce propos, du livre Têtes de Boches" de M. l'abbé "YVetterlé ces pages; Le Mfohef allemand. PJlle est très amusante et très instructive Ja caricature du Hollandais Louis Raemaekert. Les Allemands ont depuis longtemps symbolisé leur peuple sous la figure d'un paysan bonasse, dont la tête est coiffee d'un paisible bonnet de coton, et dont les traits inintelligents reflètent • constamment la surprise. Cette autocritique" pêche bien par un bout. MiclicI est, de fait, dépourvu de tout esprit, mais Fa prétendue bonasserie _ reoouvre un fond de brutalité que les derniers événements ont fait remonter à gros bouillons à, la surface de son âme barbare. Toujours est-il que, malgré toute la férocité dont il a fait preuve,, Michel est resté "bote comme devant. Raemaekers nous le représente donc dans son costume traditionnel, en train do contempler un titre du troisième emprunt de guerre. Et voici la légende qui accompagna lo dessin : ,,Pour le premier emprunt, j'ai donné cent marks, et' l'on m'a donné un reçu ; pour le second, j'ai rendu le reçu, et on m'a donné un deuxième reçu; pour le troisième emprunt, j'ai rendu le deuxième reçu, et on m'a donné un troisième reçu. Maintenant, est-ce moi qui ai trois cents marks, ou est-ce l'Etat qui a trois cents marks? Ou n'aurions-nous plus rien, ni l'un ni l'autre?" C'est bien cela. L'Allemagne a. couvert ses emprunts, mais 1.opération a. été purement fictive. Lors du premier appel aai crédit public, une partie des souscripteurs ont effectué des versements en métal ou en billets do banque. Cependant, déjà en ce temps-là, les caisses d'épargne et les autres établissements similaires se bornèrent à remettre au fisc, en garantie de l'emprunt, les créances dont ils disposaient: il y avait donc, pour une forte somme, double emploi. Pour los emprunts ultérieurs, les caisses publiques ont, en plus des nouveaux abandons de créances hypothécaires par les établissements de crédit, accepté les titres des deux première emprunts et les rentes sur l'Etat. Les mêmes figurants défilaient dans la comédie dont M. Helfferioli est l'ingénieux, mais peu scrupuleux régissour. Comment l'argent, déjà emprunté une première^ fois, peut-il, en reparaissant sous une douxiène et une troisième forme, remplir les vides du trésof ? Le Michel de Raemaekers a raison de se poser l'angoissante question. Il a, par trois fois déjà, remis les mêmes cent marks à l'Etat. Celui-ci est-il, pour cela, plus riche ? Xon! Le même billet, allant et revenant dix fois do main en mai m n'en vaudra pas un pfennig de plus. L'opération qui consiste à so le repasser indéfiniment n'augmente le capital, ni de celui qui le donne, ni de celui qui le reçoit. Jusqu'à l'heure présente, le peuple allemand est, dans son ensemble, trop naïf pour lo comprendre. Les hautes compétences financières do l'empire lui répètent sur ton s les tons qu'à échanger un chiffon de papier contre un autre do même valeur il augmente, dans des proportions énormes. le crédit de l'Etat. Michel, qui demande simplement à ne pas décaisser ses dernières économies, se prête à ces opérations faciles. Il ne se doute pas quo la faillite le guette. Les trois cents marks que l'Etat est sensé avoir empochés se réduisent de fait au tiers de cetto somme, puisqu'il s'est, en dernière analyse, avancé par deux fois, à nouveau et à lui-même, l'argent qu'il avait d'abord reçu. Le Michel allemand ne voit pas encore clair dans ce truquage. On lui dit que les emprunte ont été brillamment couverts et il est tout disposé à le croire et à s'en enorgueillir. Sa candeur dépasse vraiment les limites permises. Le pauvre diable ne saisira la beauté de la combinaison Hellferich que le jour où jl faudra procéder à la liquidation finale. En attendant l'empereur envoie des félicitations chaleureuses à son secrétaire d'Etat cmx finances, et Michel plastronne. Dans six mois, il pourra plastronner encore une fois. On lui demandera, en effet, d'échanger de nouveau les titres du troisième emprunt contre ceux de quatrième. L'opération réussira brillamment, oommo les précédantes. Comment dit donc la chanson? ,,Si cotte histoire vous..,, amuse, nous, allojiç la,.la, 3g. réeommpincor!" Wettfrlé,

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Cet article est une édition du titre L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam appartenant à la catégorie Oorlogspers, parue à Amsterdam du 1914 au 1918.

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