L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam

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s.n. 1915, 09 Juin. L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam. Accès à 20 août 2019, à https://hetarchief.be/fr/pid/x34mk66h3q/
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jer» Année N°. 229 G cents (lO Centimes) Mercredi 9 juin 1915 L'ECHO BELGE L'Union fait la Force. •Journal Quotidien du matin paraissant à Amsterdam Belge est notre nom de Famille. Toutes les lettres doivent être adressées au bureau de rédaction: N.Z. VOOBBURGWAt 234-240 Téléphone: 2797. Rédacteur en Chef : Gustave Jaspaers. ( Charles Bernard, Charles Herbiet, Comité de Rédaction: ) Gustave Peellaert, René Chambry, ( Emile Painparé. Pour les annonces, abonnements et venté au numéro, s'adresser à l'Administration du Journal: N.Z. VOORBURGWAL 234-240. Téléphone : 1773. Abonnement ( En Hollande 11. 1.50 par mois, payable par anticipation \ Etranger fl. 2.00 „ ,, L'empreinte. On a dit, de telle période de l'histoire, qUe celui qui n'avait pas vécu en ce temps-là avait Ignoré la douceur de vivre ! On pourra dire, de la période que nous vivons en ce moment, que tous ceux de cette génération auront connu ce que la vie a d'austère, de grave et souvent de cruel. Nous sommes tous marqués à l'empreinte de la 'douleur! Pendant quelques semaines on a pu croire qu'une partie de notre pays serait privïlégué. Les Flanders ont eu cette illusion en septembre. Et puis la flot envahisseur est venu, il a tout submergé. Dans ce pays, qui avait été, pendant de si longues années, comme la terre promise de la paix, la guerre a sévi dans toute son horreur. Il n'est pas un Belge, même au delà de l'Yser, qui, un triste matin, ou un soir lugubre, n'ait entendu retentir à ses oreilles la voix proche ou lointaine du canon. Nous avons tous, dans la mémoire, des souvenirs de misère, de deuil, de tristesse. Quand deux d'entre nous se rencontreront ; après l'invasion ou l'exil, ces deux j devront se raconter ce qu'ils auront souf- | fert, souffrances publiques ou souffrances secrètes, souvent les unes et les autres à la fois. L'adieu, au jour de la séparation, a été pénible, le revoir, n'en doutez pas, mê au soleil de la gloire, sera marqué de la plus intense mélancolie. La douleur a empreint les plus gais d'entre nous. J'ai vu, il y a quelques mois, un dessin qui représentait des Belges faisant ce qu'on appelle ,,la noce"! Des journaux à la solde de l'envahisseur ont osé affirmer que les exilés s'amusaient en Hollançle, en France, en Angleterre. Ah, l'odieuse légende! J'ai assisté, comme tout le monde, à ces fêtes de l'exil. Le plus médiocre psychologue était impuissant à se faire illusion. L'empreinte de la souffrance était visible aux regards les moins exercés. Je ne connais pas, en sa simplicité, de spectacle plus émouvant, par exemple, que le défilé de nos malheures compatriotes aux guichets des banques, à l'heure-des échanges. Ils sont là trente, cinquente, davantage,» tous silencieux, ou parlant à voix basse. Une ou deux fois la semaine ils viennent échanger les billets du pays pour de la monnaie étrangère. Ils ne sont pas dépour vus puisqu'ils ont été assez heureux pour emporter un peu de leur fortune, mais que de douleur contenue dans leur attitude et sur leur physionomes, car je ne dis rien de leurs paroles. Des noceurs, des jouisseurs. Allons donc! Je ne sors jamais de ces rencontres sans rentenir la plus profonde compassion pour ces inconnus auxquels rien ne manque en apparence, et qui m'apparaissent comme de vivantes effigies du chagrin et de la douleur.- Je ne vois pourtant que leurs corps. Si j'e pouvais lire dans leurs âmes! En réalité, un serieux qui ne se dément d'aucune matière a transformé toute leur vie. J'observe partout un changement d'attitudes et d'habitudes. L'empreinte n'est pas que superficielle, elle a été si profonde qu'elle marque l'individualité dans ses profondeurs les plus secèes. Nous avons tous accepté les dures nécessités de l'heure et nous les avons tournées en profit moral. Nous avons beaucoup sim-pifié notre vie, nous l'avons alléeé de ce qui pesait sur elle, et nous avons trouvé dans le sacrifice et le renoncement des joies ou seulement des consolations dont nous ne soupçonnions pas la possibilie. Au bon temps, c'est-à-dire avant cette guerre cruelle, nous menions une existence qui nous apparaît aujourd-hui, dans le recul du temps ou de l'exil, comme bien heureuse. Nous sommes tout étonnés de constater que nous pouvons nous passer de mille futilités qui nous étaient chères. Nous avons accepté la gêne, une vie plus simple, des privations de tout ordre. Je pense que beaucoup reviendront du maiheur et de l'exil meilleurs que le jour du départ. En échange de tout ce que nous aurons perdu, nous aurons rencontré ou trouvé des biens nouveaux. Nous serons moins égoïstes, plus accessibles à la pitié, à la charité, au dévouement, à la bonté. Il y a, dans Virgile, un très beau vers, que tout les lettres connaissent, et que La-cordaire traduisait ainsi. J'appris du malheur même à servir le malheur." .Nous aurons tous été à cette grande école, et nous en porterons l'empreinte jusqu'à la fin de nos jours, indébile, mais plaise à Dieu que notre àme sorte decette époque de misère élergie, ennoblie, blessée qui, mais plus pure lavée de "larmes et peut-être de sang, hélas main plus généreuse, plus belle, meilleure. Auger de Busbeck. Il ne faut pas réveiller les morts T"* ^ i ! luisua iui laiss-t? 1 «inpri- sonnement de femmes de ministres belges, Son Excellence Ereiherr von Bissing, qui est colonel-général de cavalerie de son métier, i cultive les arts littéraires. A un journal qui ! le priait de lui doner use déclaration en l'honneur de Bismarck, il a envoyé le bijou qu'on va lire: „Un grand connaisseur de Goethe avait coutume de dire à ses élèves: ,,Goethe a tout dit." Cela signifiait qu'à propos de ; chaque grande question de principe, de vie, ! de religion, d'art, de science, le grand poète s'était exprimé quelque part à un moment donné et toujours de façon- si frappante et» si définitive qu'on pouvait toujours avoir profita'blement recours à lui. On pent affirmer quelque chose de semblable à propos de la vie politique de Bismarck. Ses écrits comme ses discours sont pour l'homme public une inépuisable source de stimulation, d'enseignement et de réconfort.A présent que nos ennemis ne se sont pas contentés de nous attaquer à main armée de tous les côtés, mais qu'ils s'efforcent aussi de souiller notre doctrine nationale en nous reprochant la rupture de traités internationaux: du traité de neutralité belge, de la convention de La Haye — à présent me ! vient à la mémoire un mot de Bismarck, qui doit se trouver dans ses ,,Pensées et Souvenirs": ,,Aucune grande nation ne sacrifiera jamais son existence sur l'autel de la fidélité aux traitésS' Notre entrée en Belgique, nos mesures de défense légitime contre la guerre des francs-tireurs, l'occupation du pays,, tout cela, Bismarck l'eût approuvé sans sourciller, même si ç'avait été rupture de traité, comme l'affirment nos ennemis. Et ce ne l'est même pas. La légitime défense ne constitue pas une injustice excusable, mais un droit." Trois simples remarques à propos de cette déclaration: lo. S'il est vrai que Bismarck eût approuvé les crimes moraux et matériels dont l'Allemagne s'est rendu coupable envers'la Belgique, citait un bien triste sire. 2o. En admettant un instant leur thèse à propos des Italiens, qu'ont-ils à reprocher à l'Italie s'ils approuvent la parole biemarck-ienne sur la fidélité aux traités? Ou bien leurs maximes deviennent-elles caduques à leurs yeux dès qu'il leur semble qu'une autre nation se les^ approprie ? 3o. Bismarck n'a-t-il pas écrit en 1889 à Cucci: ,,Celui qui, à notre époque, entreprend une guerre par une agression de brigand, est l'objet du mépris du monde civilisé tout entier."C'est là une sentence que M. von Bissing et ses maîtres devraient fixer sur le mur de leur cabinet de travail en face de leur pupitre. Elle ferait l'effet du „Mane, The-cel, Pharès!" Ch. H. IHJBI I ^-«~C=3=- La vie ai tranchées. ! Un soldat écrit au „XXe Siècle" : ,,Je crois bien qu'à l'arrière on se fait une idée passablement fausse de notre état d'esprit dans les tranchées. Sans doute, on y pense parfois à ses fins dernières, mais sinon c'est: „Vive la joie!" Tout le jour, le calme est relatif. Il y a bien, de temps en temps, un ,,train bloc" d'obus qui passe dans le ciel et tombe en catastrophe ici, là, partout ; mais l'habitude de recevoir des visites de ce genre nous fait à peine tourner la tête. Il en va autrement après le crépuscule ; quand la nuit s'étend sur la plaine, la musique commence. Les Allemands, très méfiants, ne cessent de lancer dans le ciel des bombes lumineuses et aussitôt nos sentinelles doubles tirent leurs coups de fusil sur celles de l'ennemi, qui riposte. Puis, quand l'obscurité est complète, les patrouilles se mettent en route et la fusillade redouble. Seuls les conscrits s'en préoccupent. Les anciens ne se troublent pas pour si peu et continuent à chauffer sur le fou leur boîte de plata ou à jouer la partie de ,,chasse-coeur" commencée. ,,A certains endroits, nos tranchées ne sont distantes que do cinquante mètres de celles de l'ennemi. Mais un si dangereux voisinage no nous fait pas nous terrer comme des taupes. Il a j été mis aux ordres, l'autre jour, que leç hommes doivent garder la nuit un silence absolu. On s'efforce dlobéir, mais il y a des accrocs à la discipline. "Wallons et Flamands, par dessus la tranchée, envoient à l'ennemi, en guise de grenades, les plus savoureuses injures de leur répertoire. Ah! ce qu'ils en entendent les kai-serlichs ! Leur verve n'étant pas à la hauteur de la nôtre, ils se contentent de nous expédier des shrapnells. Ah! c'est une bonne vie!.... Comprend-t-on qu'il y ait des ,,carottiers" pour se dispenser de la vivre ? ,,De temps en temps, quand le calme règne, on entend au loin, derrière les lignes ennemies, l'aboi d'un chien de ferme, le roulement d'ui* charroi, la sonnerie de l'heure à un clocher. Et c'est alors toute la douceur du cher pays et du cher foyer amollit nos coeurs!" En Belgique. A Bruxelles. Le cercle, royal philanthropique Les Gais Lurons s'est réuni mardi soir en assemblée générale, à la Brasserie Flamande. Après que le président eut évoqué avec émotion la mémoire d'un men?bre du cercle, M. Debie, Inort au champ d'honneur, e^ signalé que plusieurs autres font vaillamment leur devoir sur le front, l'assemblée a décidé de faire un envoi de ,,douceurs" aux membres prisonniers en Allemagne et d'adopter éventuellement quelques prisonniers. Une somme de 1,000 francs, à prélever sur l'encaisse du cercle, couvrira les frais. * * » Le déchargement des marchandises lourdes arrivées par chemin de fer--à la gare du Luxembourg a repris depuis quelques jours. Le déchargement du charbon se faisait à la gare Rogier, mais depuis la suppression de l'ancienne ligne de ceinture ce déchargement se fait à la gare du Cinquantenaire et à la gare du Quartier-Léo-pold.* * * Les facteurs seront pourvus de timbres-poste en cours de leurs tournées et les vendront à la demande du public. * * * Nous avons signalé, il y a une huitaine de jours, la disparition de M. Taymans, le négociant en charbons bien connu qui habitait rue des Champs-Elysées, à Ixelles. Soii cadavre vient d'être découvert d'une façon boute fortuite. A la suite de vols commis dans les maisons inoccupées, l'agent de police Chatelain, de Forest, visita un immeuble d? l'avenue Molière appartenant à un propriétaire de la rue de la Sablonnière. L'agent ne fut pas peu surpris de trouver le cadavre d'un homme sur le plancher d'une mansarde. Le policier prévint immédiatement son chef, qui fit transporter le cadavre à la morgue. En examinant les vêtements, le commissaire de police trouva dans les poches des papiers au nom de M-Taymans. La famille fut prévenue et le corps fut formellement reconnu. On ignore s'il y a suicide ou accident. Il y a trois semaines, M. Taymans était allé demander la clef de cette maison, ayant, paraît-il, l'intention d'y habiter." * * * Il y a actuellement au cimetière - de la ville 31 tombes de soldats belges, 3 tombes de soldats français et 521 tombes de soldats allemands, morts dans les hôpitaux de Bruxelles, de Schaerbeek et d'Ixelles. Les soldats allemands qui sont morts dans les hôpitaux de Bruxelles e*t des faubourgs des suites de leurs blessures sont inhumés dans la même pelouse au cimetière de la ville. * • C'est un spectacle réellement consolant et réconfortant, au milieu des dures épreuves que nous traversons, alors que la misère grandit et que le travail manque, de voir la .charité devenir de plus en plus ingénieuse. Il y a un mois, quelques dames du quartier nord-est projetèrent d'organiser un concert de bienfaisance. On les en dissuada, de crainte qu'elles n'aboutissent à un échec. .Mais elles avaient la foi robuste du charbonnier et ne 6e laissèrent pas décourager. Assistées par un groupe nombreux de jeunes filles, parmi lesquelles Mlles Gé-nard et Va nDamme, elles se mirent résolument à la besogne. La ville leur accorda la grande salle de l'école de la rue Véro-nèse; des tapissiers montèrent, gratis un théâtre; des jardiniers prêtèrent leurs plus belles plantes d'ornementation ; les fleuristes envoyèrent, toujours gratis, „ près t!e 500 petits bouquets; les pâtissiers fournirent le buffet et des artistes parmi lesquels la famille Wolfers le chansonnier Marcel Lefèvre, Mlle Hélène Lefèvre, une jeune comédienne qui fit au Parc de retentissants débuts, M. Rister, professeur de harpe au Conservatoire, prêtèrent leur concours le plus, aimable et le plus gracieux. Ce fut une fête superbe qui rapporta deux gros billets de mille francs au comité de l'alimentation. * A Anvers, Voici une statistique intéressante relative aux plantations de pommes de terre dans diverses parties de la province; Les communes suivantes ont mis à la disposition des habitants des terrains considérables à cet usage : Anvers, 51 hectares ; Hoboken, 15; Deurne, 16; Borgerhout, 7-£; Ravels, 2^; Merxem, 3»}; Eeckeren, 9; Brasschaet, 9. Autres oommunes, globalement, 70. Le Conseil communal s'est réuni le 31 mai. Il a été décidé, il y a longtemps déjà, de demander au gouvernement l'agréation des écoles normales de la ville. Mais, à cause de la guerre, cette question est restée sans réponse jusqu'au mois d'avril pendant lequel un inspecteur de l'enseignement a visité les écoles normales de la ville, exprimant toute sa satisfaction au sujet de la méthode en vigueur et des résultats excellents qu'elle donne. Le gouvernement ne fera qu'une remarque a-t-il dit: c'est que des devoirs envers Dieu soient ajouté^ au programme de morale pratique, pour les élèves qui so"nt régulièrement dispensés du fours de religion. Le gouvernement a obli- i gé les écoles normales de Gand, de Liège, de Mous et de Charleroi à se soumettre à cette même obligation, faute de quoi les diplômes ne seraient pas valables. Le gouvernement en fait une question de principe. M. l'échevin Desguin — c'est ce que nous apprendrons au coure de la séance — a fait une pressante démarche personnelle au ministère des sciences et des arts afin que l'agréation soit accordée aux écoles normales de la ville d'Anvers dans un très bref délai, de façon à ce que les diplômés n'aient pas à se présenter devant un jury central pour recevoir le diplôme complémentaire qui leur permettra de professer dans une école officielle. Ce à quoi le secrétaire général du ministère répondit que les »de-voirs envers Dieu devaient être inscrits au programme; c'est.là une condition ,,sine qua non", des instructions formelles ayant été données à cet effet. La Commission de l'enseignement que l'on consulta aussitôt déclara qu'il valait mieux céder à cette exigence du gouvernement, puisque l'intérêt des élèves était en jeu et que le gouvernement n'entendait pas transiger. Il en résulta un très vif échange de vues, à la séance qui nous occupe, comme bien l'on pense. Finalement-, la proposition du collège de céder aux exigences du ministère des sciences et des arts est adoptée par 19 voix contre 6 abstentions (MM. Strauss, Cook, Delannoy, Bouger s, Goetschalk et Haesendonck). Il était assez piquant de voir figurer M. Bongers p^rmi les abstentionnistes. La raison en est que le distingué conseiller clérical estime que les écoles normales de la ville ne répondent pas à l'esprit de la loi 1 Le conseil examine ensuite la question des restaurations à apporter à l'orphelinat des filles de la rue Albert Grisar, endommagé par le bombardement. Le compte de frais de 1435 fres. est approuvé de .même que le projet de restauration de la partie incendiée de l'orphelinat des garçons rue Durlet. On en profitera pour construire une annexe. Dont coût 5227 francs. M. Langhor proteste contre l'autorisation accordée à des forains d'ouvrir une foire Place De Coninck. La foire annuelle de la petite Rermesse n'a pu avoir lieu, évidemment, mais l'on a vu — M. Langhor en fit la constatation, — avec un oertain etc-nnement s'établir une foire minuscule se composant surtout de manèges de chevaux de bois, de débits de ,,smoutebollen" et de gaufres, où la jeunesse du quartier, quartier éminemment populeux et populaire, s'en donnait à coeur joie. Il n'y a pas moyen de circuler le soir, tant.il y a de monde, protesta le conseiller, et ça nous donne terriblement l'air petite ville. A quoi M. • de Vcs répondit que le collège n'était pour rien dans cette autorisation, l'aj^ant d'ailleurs formellement refusée. Alors, qui? C'est ce qu'on n'a pu établir!D'autre part, une vive discussion s'éleva au sujet d'une question de legs faits par Mme Van den Wijngaert à des églises de la ville. Un échange de vues eut lieu entre un conseiller de droite et des conseillers de gauche ; l'un de ces derniers s'est écrié qu'il fallait en finir avec cette trop fameuse trêve de Dieu qu'on a prétendu nous imposer, et qui est assez un véritable marché de dupes. La séance est devenue assez houleuse au point que le bourgmestre n'est parvenu qu'au prix de longs efforts à ramener le calme. Mais, comme entre gens bien élevés on finit toujours par s'entendre, le calme se rétablit. Et la séance, qui n'avait pas duré une heure, prit fin... A Liéie. Les Allemands sont de plus en plus sé- • vères pour la circulation dans la ligne des forts. Des passeports ' sont exigés à tout instant. * * * L'autorité allemande se montre de plus en plus stricte pour les amazones de Cy-thère... et de Cologne, arrivées en escadrons serrés depuis peu. Lorsqu'à sonné l'heure du couvre-feu, toute femme rencontrée en rue est conduite immédiatement à la garde. * * * Il n'est plus délivré de permis de pêche aux marcatchous. * # # Les trains de blessés continuent à défiler par la gare des Guillemins. Les Allemands paient jusqu'à 12 francs par jour aux ouvriers qu'ils engagent pour creuser des tranchées aux environs des forts. « » » Ceux qui ont acheté de la farine à des prix élevés obtiennent, par suite d'un accord avec la Kommandantur, facilement l'autorisation de vendre le pain avec une majoration, sur le prix maximum, fixé à 50 centimes le kilo. Cette autorisation a été accordée jusqu'au 10 juin, dit-on. * # • Lemlyn, Jean Philippe, et Godart, Maurice-Pierre-Joseph, les deux assassins de la veuve Brouwers, de la rue Basse-Wez, ont été condamnés par le jury a vingt ans de c travaux forcés. F # * * Par suite du manque de monnaie de nickel, les transactions commerciales de- J viennent de plus en plus difficiles. Pour J remédier quelque peu à la situation, la so-ciété anonyme du Grand Bazar, de la place a Saint-Lambert, vient de mettre en circu- e lation des coupures de 50 et de 25 cen- c times. o e A Gand. e0 Des aviateurs alliés, dit ,,Le Telegraaf", ? ont-jeté ces jours derniers des bulletins c ainsi conçus, au-des6us de la ville: f ,,Aux fidèles patriotes, _ c ,,La conduite de certains habitains laisse : „ beaucoup à désirer. Comment des citoyens j c peuvent-ils être assez lâches pour gagner ! t quelque argent aider à l'assassinat do s nos chers frères, époux.et enfants? Cela est ! ï presque incompréhensible. Mais vous, Belges fidèles, restez calmes quelque temps encore, parce que la délivrance approche. Gardez- 1 vous, femmes et filles, de donner votre £ amitié t votre honneur aux descendants d'une race qui ne mérite pas que le soleil T brille pour elle." , ...*■* Il est vrai que les concerts militaires à c la- Place d'Armes étaient trop fréquentés £ et lorsque ies Allemands exécutent (et cela 'J est fréquent) leur ,,Parademarsch", il y a j à notre avis, trop de curieux pour suivre s leurs évolutions. De même aux funérailles J militaires avec musique qui se ,,donnent" ordinairement- trois fois par semaine: mardi, jeudi et samedi, au cimetière communal à la porte de Bruges. * * * Dans chaque bureau de police, il y a un commissaire belge et un commissaire allemand et les agents beîges font un service commun avec les policiers allemands. * * * Le déclaration de guerre de l'Italie à l'Autriche a été fêtée ici d'une façon bizarre par un groupe de militaires qui, après avoir bu plus que de raison, parcoururent la nuit les rues de la ville, musique en tête! * * * Dernièrement nous avons été témoin d'une scène originale, dans une commune située au nord de Gand. Le ,,Kriegsblatt" arrivait. Et tout à coup, un vibrant ,,Wachfc am Rhein" fut entonné. Ce journal annonçait, en effet, la chute de Przemysl. Les soldats se sentaient l'âme légère, ce qui n'empêcha pas quelques-uns d'entre eux, plus tard, d'essayer de gagner la frontière. Quatre purent arriver au Sa6-de-Gand, mais les autres furent repris à temps! * * * » Actuellement, on amène peu de bétail au marché. Les pa)Tsans trouvent que le prix maximum n'est pas assez élevé. Les Allemands paient les prix forts, eux, lorsqu'il s'agit du ravitaillement de 'l'armée. La saillie des chevaux est défendue. Serait-ce pour pouvoir enlever les bêtes? * * * Chez les principaux marchands de fer et dans les ateliers métallurgiques, une grande quantité de métaux ont été réquisitionnés cette semaine. * * * £ Dans la direction de Bruxelles, les autorités allemandes exercent une active sur- j veillance. Cette semaine tou6 les tramways j qui se dirigeaient vers la capitale ont été , arrêtés en cours de route, les voyageurs et _ leurs bagages minutieusement fouillés. * * * Les Allemands abusent du drapeau de la Croix Rouge dans certaines ambulances qui contiennent, il est vrai, de6 - blessés, 1 mais où 6e trouvent aussi des munitions. A Marche ' Pour le moment on occupe les désoeuvrés c au renforcement de la distribution d'eau de- ( venue insuffisante. On les paie à raison de fr. 2.35 par journée de travail; mais on ne s les met à la besogne qu'une semaine sur c deux. i Chaque habitant a droit mensuellement à # 9 kilos de farine qu'on lui compte à 50 cen- ( times le kilo. j A Marche la viande de porce ne se paie que fr. 2.20 le kilo au lieu de fr. 3.20 à Ci ne-y; le beefteack fr. 2.20 au lieu de i 2.80; le veau fr. 2.40 au lieu de 3.00; le lard du pays 3 fr. au lieu de 4 fr. et plus. Chez eux Deux jeunes soldats belges, du personnel de ( la Croix-Rouge, tombés entre les mains des Allemands vers la mi-octobre et rentrés récem- 2 ment, ont fait le récit suivant de leur odyssée, 2 récit rapporté par le. ,,Courier de l'Armée". Nous allions à petite allure sur une route de 2 la rive droite de l'Yser quand, à une courbe du 2 chemin, nous tombons nez à nez avec une pa- 2 t-rouiltë de cyclistes allemand et sommes faits j prisonniers. I On nous conduisit à Thourout. A ce moment j un avion anglais survola la ville à très faible hauteur, malgré un feu très vif d'infanterieT 2 Le soir on nous dirigea vers Bruges dans un wagon à charbon. Du wagon précédent descen- / dirent deux vieillards, les mains liées derrière le dos. On nous dit que c'étaient le bourg- i mestre et l'échevin de Thourout, qui avaient . fait des signaux à l'aéroplane anglais. Des . officiers supérieurs nous firent subir un inter- J rogatoire au local de l'Automobile-Club. Puis 1 nous fûmes embarqués en chemin de fer et û dirigés sur l'Allemagne. Après avoir roulé trois jours et trois nuits, nous arrivâmes à Giistrow, i dans le grand-duché de Mecklembourg. En ours de route, un soldat allemand nous a\ait romis d'avertir nos familles. 11 a tenu parole. * • • Le camp de Giistrow est un champ de îanoeuvres très vaste, recouvert de tentes ren-srmant chacune 50 à 60 prisonniers. Trois ten-es plus grandes en abritent chacune 2000. Le o\ est fort marécageux et, comme la saison été très pluvieuse, le camp était transformé n un immense bourbier. A son arrivée au amp, le prisonnier doit remettre tous les bjets tranchants qu'il possède : canif, rasoir, te.; il reçoit ensuite une couverture, une cuelle, une cuiller et un essuie-mains. En utre, chaque groupe de cinq prisonniers est ratifié d'un bassin. Dans chaque baraque, un outeau est donné au chef de tente. A 6 heures du matin, réveil; dès 6 h. 1/2, on ait la file pour aller chercher le déjeuner, qui onsiste en un demi-litre d'eau bouillie avec au ruau d'avoine. A midi, toujours en faisant la file, on reçoit rois quarts do litre de soupe aux féveroles, au arrasin, à l'orge, à l'avoine, au petit riz, aux ois ou aux choux. Le soir, même repas que le matin. Tous les quatre jours, chaque prisonnier eçoit un pain carré d'environ 2 kilos. Voici de quelle façon la viande est distribuée ux. 10.500 prisonniers : Tous les deux ou trois jours arrive au camp me' bête à corne, taureau, boeuf ou vache. )écoupée en quartiers, elle est jetée dans les uatorze chaudières servant à préparer la oupe. Dès que celle-ci bout, on retire la viande tour la remettre le lendemain ; on fait rebouil-ir, puis on retire de nouveau la viande, qui, a troisième jour, est hachée et laissée dans la oupe. Inutile d'ajouter que les cuisiniers et *s sous-officiers allemands préposés à la garde Lu camp s'en offrent de larges tranches, au étriment des malheureux prisonniers. Certains jours la yiande est remplacée par [es des têtes ou des entrailles de porc. Les pompes à eau se trouvant à courte dis-ance des fosses d'aisance, l'eau n'est pas iotable: aussi y eut-il de nombreux cas de yssenterie. Les lazarets et tentes rattachées aux hôpi-aux contenaient une moyenne de 700 à 800 naïades. Du 15 décembre au 8 janvier, il y eut 3 décès, dus principalement au typhus et à a. dyssenterie. Chez les prisonniers russes on onstata deux décès causés par- le choléra et uatre par la fièvre cérébrospinale. Du 16 ctobre au 20 janvier, on n'enregistra que eux décès de Belges. Belges et Français sont rarement maltraités ; es Anglais, d'habitude, sont rudoyés, et les tusses chargés de toutes les sales besognes. Un ingénieur anglais, soldat volontaire, ut l'artère faciale coupée d'un coup le baïonnette et mourut peu après. j e même jour, un prisonnier civil fran-ais eut la main traversée d'un coup de ■aïonnette. Un vieillard de 84 ans, de nationalité française est mort à Giistrow, 150 civils Le plus de 60 ans se trouvent dans ce camp. Les camps allemands de prisonniers sont de» ntrepriseS particulières tant au point de vue Dgement qu'au point de vue nourriture. Vers la mi-janvier, on nous a transportés au amp de Villingen, dans la Forêt-Noire, où eus avons rencontré deux officiers du 7e de igne, le commandant Lebègue et le lieutenant acqùemin. Le major allemand von- Putenik, qui com-nande le c. mp de Villingen, a été attache, mi-itaire en Belgique. Comme l'un d'entre nous li exposait la situation peu enviable faite aux irisonniers à Giistrow, le major von Putenik épliqua : ,,C'est regrettable, mais, voyez-vous, le ;rand-duché de Mecklembourg est de soixante-uinze ans en arrière, au point de vue civili-at-ion, sur le reste de l'Allemagne." Nos deux soldats ont rejoint les lignes belles, après avoir traversé la Suisse et la Yance, où l'accueil chaleureux dont ils furent 'objet leur fit bien vite oublier leur capti-ité chez lez Boches. Une enquête La légation de Belgique nous communique a note suivante : Jl résulte d'une enquête faite par la léga-ion de Belgique à Copenhague que les meubles isés dans l'annonce du journal ,,Politiken" !u 6 avril 1915, ne parviennent pas de pillages ffectués en Belgique ou en France. C'est par uite d'une erreur de composition typographi-ue que cette annonce a été présentée sous une orme telle que pour des lecteurs non. prévenus lie devait s'appliquer à des meubles enlevés n Belgique et en France pendant le cours do a guerre. Dour nos prisonniers de guerre en Allemagne îontant de la précédent liste frs. 105. Fl. 1223.17.5 /. Georges Joos. Breskcns ,, 2.50 I. Emile Perquy ,, 20.— 7onsul Général de Belgique à Flessingue ,, . 62.67.5 l. Angenot ,, '2.50 l. G. van Hemert ,, 3.— Inonymc fr. 25.— /. Derbovèn Fl. 1.50 [. Op de Bcck ,, 1.50 [. Frankignoul „ 1.50 if. J. Jocob, Harderwyck. ., 1.50 [. Em. liaymakcrs ,, 1.50 I/. Maréchal, Frs, A'dam ,, 1.50 l. Henri de Neve, A'dam „ 1.50 I. .4. Tanghe B'dam ,, 1.50 /. le docteur Oycr de Hogbrocck ,, 25.— inonymc ,, 10.— [. van Wesél ,, 100.— l/. Ch. Landrain de Zc'isk ,, 1.50 I/. A. Bedel ,, 1.50 l /. .4. Four eau, Zwolle ,, 1.50 \I. J. T)essy, Zeist ,, 1.50 I. M. Gan* fr. 10— \I Marc Bubens Fl. 2.50 /.' S. A. Mol „ 3— M. Coetermans, Consul Général de Fcrse à Anvers fr. 100.—»

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