L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam

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s.n. 1915, 19 Juillet. L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam. Accès à 25 juin 2019, à https://hetarchief.be/fr/pid/v97zk56s5c/
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Ann.#ij IM0.-2O9 ^«"cents flO Centimes} ILimèiï'W lumei 1SM L'ECHO BELGE nimnti fait la Force. Journal quotidien du matin paraissant à Amste:, dam. Belge est notre nom de Famille. ""routes les lettres doivent être adressées „« hureau de rédaction: N.Z. VOORBURGWAL 234-240 Téléphone: 2797. Rédnctcur en Chef: Gustave Jaspaers. ( Charles Bernard, Charles Herblet, Comité de Rédaction: ^ Kcrl6 chambry, Emile Paitiparé. ï-omr les annonces, abonnements et vente au numéro, s'adresser à l'Administration du journal: N.Z. VOORBURGWAL 234-240. Téléphone: 1775. Abonnement ( En Hollande fi, f.SO par mois, payable par anticipation \ Etranger fi. 2.00 ,, „ Siijii Streuvsls, psplipe S Stiin Streuvels collabore à la ,,V}aam-soho Bwt". C'est qu'il u'«st.pas_ aisément dégoûté. Nous connaissions d'ailleurs sa résistance à la nausée par l'amitie qu il a vouée a des Allemajids, assassins de son pays. Ces Allemands ont permis à Sti.jn Streu-vels de protester dans la „Vlaamsche Post contre ceux de lears journalistes qui avaient falsifié les textes de son „Journal de Guerre" pour en faire -une preuve de l'existence de francs-tireurs en Belgique. Naguère, nos lecteurs ont trouve, ici merne, une protestation contre ces procèdes de faussaires. Ce n était point par sympa^ thio peur Stijn Streuvels, mais simplement parce qu'un Boche n'a pas le droit de falsifier, même les bêtises d'un de nos compatriotes, dans le dessein d'en faire urne arme contre notre patrie. S Les gaffes qu'il a commises ont rendu Stiin Streuvels sympathique à 1 Allemagne tout entière. La ,,Kolnische Zei-tuttg" du 12 juillet lui en apporte^ assurance, en y ajoutant toutefois de légères réserves sur la qualité de son intelligence politique.... Pour nous, considérons simplement Stijn Streuvels comme le type de 1 homme ^ ao lettres qui s'imagine que le monde périrait s'il cessait d'écrire l'espace de vingt-quatre heures. En temps ordinaire, cela m'a qu'une médiocre importance. 11 ny a KUère que les libraires, dont le tas de ,,rossignols" augmente, à s en plaindre. Mais, actuellement, tout ce qui s'écrit a une telle répercussion qu'il faut y regarder à deux fois avant de consigner la réflexion la plus anodine. Les pensées que la guerre a inspirées à Streuvels lui ont valu l'amitié des Allemands. Nous sommes-une foule qui serions infiniment malheureux si jamais un Allemand avait un mot d'assentiment pour un de nos écrits actuels. A chacun ses déh-' cateœes, ses pudeurs, ses réserves et son hçnneur. I Le malheur, c'est q» > Streuvels ne se rend pas compte qu'il vit dans une espece d'in-pace, ainsi que Maurice Maeterlinck a si justement et si fortement nommé la Belgique occupée. D'honnêtes gens ^ qui y vivent avec lui ignorent, comme lui, ce qui s'est passé à quelques heures de chemin de fer de leur habitation. Les Allemands sont là qui font bonne garde et leur ont mis des oeillères. Mais ceux à qui ils ver-sdnt la liqueur d'ignorance se taisent, patients, attendant l'heure de savoir, qui sera l'heure de la libération. If Pendant ce temps Streuvels, ignorant qu'il ne sait rien, écrit, écrit. Le simple bon sens devrait lui dire que, puisque les Allemands lui permettent d'écrire à sa fan* ; taisie et de protester, c'est que ses écrits €t ses protestations leur rendent service. : Et, en effet, sa protestation de la ,,Vlaam-■johe Post" les sert. Stijn Streuvels y affirme avec force qu'il n'a jamais existé le moindre franc-tireur dans les environs de son village et, cela établi, il s'interroge, il -devient perplexe. 11 ne cache pas son in- . Recision, ses hésitations. Hamlet d'In-goyghem î Comment se peut-il que les mêmes soldats qui n'ont pas incendié In-Royghem, où il n'y a pas eu de francs1-tireurs, aient détruit Louvain, Aersdhot, Binant, An demie, Oharleroi, Visé? Il veut bien ne pas conclure: ,,C'est que sans doute ils ont dû punir des francs-tireurs." II n'a pas besoin de conclure. Les Allemands s'en chargeront pour lui et il n'y aurait rien de surprenant à lire bientôt dans les journaux neutres une bénigne dé- . pêche Wolff qui résumera l'article de Streu- : vols et conclura: ,-,Vous voyez bien, là ~ où il n'y a pas eu de francs-tireurs, nous < n'avons fait aucun dégât !" KJ Stijn Streuvels, plutôt que de recourir à i po qu'il possède de science psychologique, pût dû se borner à une simple comparaison ( de dates. Visé, Charleroi, Binant, An- J idenne, Aerschot, Louvain ce sont des vie- 1 .tim&a d'août. Entre les jours criminels de < B'armée disciplinée et les jours de conduite 1 relativement bonne de cette même armée < "disciplinée, il y a la pile de la Marne et < cette pil© de la Marne a été pour l'armée disciplinée un calmant souverain. Elle a rendu les Allemands plus circonspects, 4 moins impudents, plus respectueux de lois 1 qu ils avaient méprisées jusqu'alors. Ils ; riaient d'un gros rire lorsqu'on leur parlait de droit des gens, de conventions de { La Haye, de sentiments d'humanité. H* c ne rient plus de si bon coeur, à présent, 1 qu ils se sont rendus compte qu'à leur tour ^ SA pourraient bien avoir besoin de ces c memes lois, de ces mêmes conventions, de T, ces mêmes sentiments. T -^9 oîl^ permis de vérifier1 l'exactitude ] ao la fonnule dans laquelle nos aïeux < avaient résumé leur expérience du contact C avec la canaille: \ Oygnez vilain, il vous poindra.- 1 Poygnez vilain, il vous oindra. s A son tour, Stijn Streuvels devrait en 1 Chariot Herblet. Jj In memoriam Marie Oepap Est-il trop tard pour publier ôomme un dernier hommage ce pâle portrait de Marie Depa-ge qui périt à bord de la ,,Lusita-nia", à défaut de la moisson de fleurs dont ceux qui la connaissaient auraient voulu voir son cerceuil couvert? Les morts vont vite, mais il en est qui ne meurent jamais: Marie Depage est de ceux-là. Elle avait un cerveau, une intelligence robustes avec toute la grâce, toute la bonté, toute la finesse d'une vraie femme. Elle était réellement la moitié de 6on mari et je ne puis penser sans une douloureuse appréhension au vide que sa mort laissera dans l'existence de cet homme qu'elle complétait si bien î Marie Depage était la petite-fille de M. C. Héger, rendu célèbre, en Angleterre surtout, par les récits de Currer Bell (Charlotte Brontë). Elle avait épousé le célèbre chirurgien Antoine Depage et, dès le début de son mariage, était devenue pour lui la plus dévouée, la plus intelligente des collaboratrice. Physiquement, sans être régulièrement jolie, elle avait une physionomie qui était le reflet de toute sa personnalité. Bonne, simple, spirituelle, d'esprit prompt, il suffisait de regarder ses yeux éveillés, son nez légèrement retroussé, 6a bouche qui souriait si volontiers, pour être et rester sous le charme; elle ressemblait à un portrait du 18me siècle. Plus que personne, elle avait le don de s'adapter à tous les milieux d'une activité déconcertante ; consciente de la grande valeur de son mari, qu'elle admirait beaucoup, elle rendait à sa forte personnalité le meilleur des hommages en trouvant le moyen d'être en quelque sorte le bras droit de l'organisateur entreprenant qu'est le célèbre chirurgien. En effet, elle s'assimilait d'emblée ses conceptions hardies, comprenait rapidement ses multiples projets et l'aidait puissamment à les réaliser. Parlant et écrivant facilement plusieurs langues, elle était l'une des chevilles ouvrières des nombreux congrès de chirurgie qu'il avait organisés dans ces 15 dernières années. Elle ouvrait ses salons aux congressistes, en faisait les honneurs avec un tact, une distinction qui l'avaient fait apprécier par lès nombreuses sommités étrangères • qui avaient eu l'honneur de lui être présenté. 1 Pendant la guerre des Balkans, voyant son mari décidé à partir pour l'organisation du service médical, elle n'hésite pas, le suit et installe l'hôpital à ses côtés avec une autorité, une activité merveilleuses. Pendant l'exposition de Bruxelles, brusquement, un soir, on téléphonait au docteur Depage que les soeurs ne reprendraient pas leur service à l'hôpital le lendemain. Marie Depage et la gouvernante • anglaise de ses enfants étaient au poste à l'hôpital St. Jean dès le lendemain matin, assumant toutes les besognes pendant 15 à 18 jours, les malades n'ayant pas à souffrir un instant de l'abandon des religieuses. Secrétaire de l'Ecole Belge d'Infirmières diplômées elle faisait partie du comité de .'école Funk (école professionnelle) ainsi }ue d'une foule d'oeuvres s'intéressant à la puériculture. Le conseil communal de la ville de Bruxelles, voulant rendre un hommage public à la défunte, a fait fermer ces deux établissements - pendant .1 jour, en signe de deuil. Au début de la terrible guerre actuelle, Depage était nommé par le Roi Albert président du comité médical de la Croix Rouge à Bruxelles. Sa femme s'occupait de remettre1 les brassards aux infirmiers et nfirmières, de la distribution des divers nsignes, fonctions très délicates et très compliquées.Elle surveillait l'installation de l'ambulance Morel à Boistfort, puis prenait au valais son poste d'infirmière. Depage, parti pour Calais, y était à peine qu'il télégra->hiait à sa femme de venir l'aider a organiser l'ambulance, puis, plus tard, celil^ de La i'anne. Sa mission remplie, elle acceptait ' le partir pour l'Amérique en vue de re-:euillir des fonds devant servir à l'achat de 'oitures-ambulances destinées à suivre l'ar-née. Elle donnait une série de conférences i New-York, Chicago et Philadelphie, récitait plus de 90.000 dollars et rentrait en Europe après une absence de trois mois à x>rd de la ,,Lu5'ita.nia" sur laquelle s'étaient, îmbarque's. en tr'autres personnages de aarque, Van der Bilt et Pearson, qu'elle omptait certainement intéresser à son euvre pendant la traversée. Lu. torpille allemande en toucliant la >Lusitania" a détruit avec le navire et ^eux qu'il portait, toute cette jeunesse, oute cette force, toute cette activité mises i<u service de la plus belle des causes. Marie Depage qui n'avait pas eu une vie banale a u la mort d'un héros. Elle a été enterrée omme un soldat, par des soldats. Elle n'est >as morte, elle vit au coeur et dans le sou-enir de tous ceux qui l'ont connue et u'elle a aidés moralement ou physique-lent; elle est, elle sera un exemple pour ous ceux capables d'un effort utile. Pour moi qui l'ai trop peu connue pour » a louer comme il faudrait, je trace ces lignes comme le dernier Adieu, le plus res->ectueux et le plus tendre d'une compatriote 1 "econnaissarte. Ici, où nous n'avons plus i liberté d'écrire sans passer par la centre allemande, nous conservons jalouse-aent celle de penser, de pleurer et d'exalter os Morts! Nulle plus que Marie Depage ; i est digne_ dejregrets, de louanges et de îrmesi " " " (£, H, . o En Belgique. A Bruxelles. Le gouverneur temporaire vient de publier un manifeste dans lequel il s'essaye à démontrer la nécessité militaire qui fut cause de la destruction de trésors artistiques. Pour ce faire, il énumère les dévastations dont sont responsables les alliés dans le nord de la France et en Belgique. Von Bissing déclare ,,que les Allemands ont fait tous leurs efforts pour protéger les monuments'français contre l'instinct français de destruction (sic). Le peuple allemand a toujours respecté les ceuvres d'art et les monuments commémoratifs du passé qui se trouvaient en territoire allemand ou à l'étranger (resic). Néanmoins, les ennemis de l'Allemagne prétendent que les armées allemandes au cours de cette guerre ont détruit sans nécessité, par pur esprit de destruction, d'irremplaçables chefs-d'oeuvre. Le peuple allemand n'a pas un tel méfait sur la conscience. L'impitoyable loi de la guerre est seule cause que des soldats allemianls ont dû diriger des bouches à feu contre de merveilleuses églises et de beaux châteaux. Nos ennemis n'ont-ils pas fait la même chose? Nous posons cette question non pour avoir l'occasion de les traiter de barbares, mais pour faire ressortir la brutalité des lois de la guerre. Les obus français et anglais ont fait de Dixmude un amas de ruines. La grandiose église de St.-Nicolas s'est écroulée. Le précieux choeur qui passe pour être l'un des plus beaux et des plus célèbres de Belgique n'exige plus, de même lé béguinage situé le long du canal de l'Yser et l'hôtel de ville. Ce sont encore des obus anglais qui ont totalement anéanti les églises de Messines, Wytschate, Hollebeke, Langemarck, Poelcappelle, Be-celaere et fortement endommagé celles de Vl^dsloo, Messen et West-Roosebeke. Le vieux château d'Hollebeke et le nouveau castel do Voormezele sont aussi anéantis. Combien de dévastations n'ont pas faites les artilleries anglaises et belges à proximité de Westende, pour ne pas citer les autres villages côtiers? Nombreuses sont les localités sur le front nord, nord-ouest changées en ruines. Entre Armentières et Arras, les localités se trouvant à proximité de la ligne de feu sont pour ainsi dire rasées. L'église de La Bassée n'existe plus. Sur le front ouest, il en est de même. La destruction de la superbe église de St. Pierre, à Roye, cause une pénible impression.Dans la région de Noyon, une foule de châteaux, et notamment celui de Larboye, ont été la cible des batteries françaises. Les obus français ont également détruit l'ancienne abbaye d'Ours-Camp et les églises de Brimont et de Bourgogne. Dans la région de * St-Mihiel, les villages et églises anéantis sont innombrables. Les autorités allemandes ont sauvé et mis en sûreté les précieux ouvrages de Ligier-Richier, qui se trouvaient dans les églises d'Etain Xen et d'Haton-Chatel. D'autres trésors d'art, à St. Michel, ont été protégés au moyen de sacs de sable. Dans tous le6 cas susmentionnés les Français, dans leur propre pays, et leurs alliés ont donc détruit des oeuvres d'art et des souvenirs du passé parce qu'ils le devaient. Cette _ tragique obligation, sur laquelle nous attirons l'attention sans le moindre sentiment de satisfaction, seulement dans un besoin de justice, lave suffisamment les Allemands de l'accusation portée contre eux et retourne celle-ci contre leurs accusateurs. ' ' Ce document est signé von Bissing, qui fait suivre son nom de tous ses titres, dont le plus extraordinaire est ,,général de cavalerie". Il semble vraiment que M. de Bissing est tout ce qu'on veut, sauf cela. Nous l'avons vu s'occuper de tout: banquier, administrateur, médecin, imprésario et voici que, sur ses vieux jours, il se mue en écrivain. Car à quoi rime le morceau, sinon à permettre à ,M. von Bissing de faire valoir son style pompeux (ne lisez pas: pom-pier!) et fleuri d'une rhétorique dont son , fils (le correspondant du cercle estudiantin d'Utrecht) doit être jaloux. Aussi bien, ! ce bon gouverneur nous prouve qu'il est de la race des pince-sans-rire, mais pour lesquels le ridicule n'existe pas: ,,les Allemands ont fait tous leurs efforts pour protéger les monuments français contre l'instinct français de destruction"» N'est-ce pas de l'humour, et du meilleur? Bon gouverneur, nous répondrons à votre manifeste par ces quelques mots: <tVisé, Ancienne, IJinant, Louvain, Aerschot, Ter-rnonde, etc:" pour ce qui regarde la Bél-gique.Et c'est peu de noms énumérés parmi boutes^ les localités que vo6 compatriotes Dnt détruites. # # .« On signale la mort de M. le notaire Honoraire Léon Jacobs, survenue à l'âge de ri ans. * * * Un éditeur de Bruxelles vient de publier le recueil des avis et proclamations allemandes. Mais, détail piquant, la censure allemande censura la prose allemande ; [es Allemands eux-mêmes -trouvèrent qu'ils avaient été trop loin. Cette brochure contient aussi les pourparlers entre l'envahisseur et le bourgmestre Max, avant l'entrée îe la horde dans la capitale belge. Le gérerai allemand 2MBâCâ& tpufcjaÎM]ôfflôHfi.b magistrat de mettre Bruxelles ,,à ras de terre" A f * * On a démoli ou assaini, à Boitsfort, les rues d'Or et le coin des Balais; à Water-mael, la rue Dries et une partie de l'Avenue de Watermael, jusqu'au pont du chemin de fer. La grande usine d'incinération d'immondices aux confins de la forêt de Soignes va fonctionner sous peu. * * * Il n'est pas rare que vous trouviez dans votre boîte à lettres un petit avis ainsi conçu : Œuvre du- Secours par le Travail. 120, rue de la Loi. Pour venir en aide aux protégés de notre (Euvre, nous nous permettons de vous offrir en vente, par l'un de nos vendeurs, une brique de cet excellent savon. L'acheter, c'ést faire œuvre do charité, tout en se fournissant d'un article indispensable au prix-minime de 50 centimes. Notre vendeur passera demain. La charité se manifeste, vous le voyez, de mille façons. * * * On signale la mort de Mèssire Alexandre Marie Joseph Ghislain, prince de'tSerclaes, et de M. Julien du Bosch, ingénieur, ancien échevin de la commune d'Ixelles. • • • Un chevalier de la gaule a capturé dans le canal de Bruxelles au Rupel une fort belle truite. A quand des saumons dans le Maelbeek? A Anvers. On compte' ici quatre mille maisons et vingt mille appartements abandonnés. La ville est déserte, morne, sans travail. Anvers, ne l'oublions pas, vit surtout de son port. Celui-ci paralysé, tous les rouages de la vie active devaient s'arrêter. Tel est lè cas aujourd'hui. Aussi, la misère est-elle considérable. On voit des groupes d'Anversois se promener lamentablement, toute la journée, aba/ttus, mais farouchement hostiles aux -Allemands, Ah ! oui; on a ici la haine de l'envahisseur, d'autant plus vive que l'Allemand avait été toujours reçu avec politesse, avec empressement, qu'on lui avait ouvert toutes les portes, qu'il était reçu dans toutes les familles. Le réveil a été rude au commencement d'août, lorsqu'arriva la déclaration de guerre. Si rude même que quelques personnes se laissèrent entraîner à des voies de fait sur la personne d'Allemands qui se flattaient d'appartenir au pays insulteur. Qui sème le vent, récolte la tempete ! Et à présent que les écailles sont tombées des yeux de beaucoup d'Anversois, on hait sourdement l'ennemi. Ceux qui pactisent sont 1,111e infime minorité, quelques-uns, à côte de la niasse de la population qui reste digne, en tous points, du nom de Belge. * * * Les soldats allemands se montrent parfois trop empressés auprès des jeunes filles anversoises qui, bien entendu, les renvoient toujours à Berlin. Dernièrement, trois Boches se sont rués sur une demoiselle d'excellente famille qui traversait une rue, peu fréquentée, du quartier du Sud. A ses cris, apeurés, les malandrins ont pris la fuite. Qui nous parlait donc de ,,leur" respect de la femme? * * # Ces jours derniers, le grand-duc de Bade Frédéric II a séjourné en ville. Il s'est I longuement promené au port et s'est fait inviter à .visiter une taillerie de diamants. * * * Dans un village de l'arrondissement d'Anvers, un habitant se disposait à délaisser provisoirement ses pénates au moment du , bombardement de la ville. Il était sur le point de partir, quand les soldats vinrent réquisitionner son chien de garde, un bel exemplaire, qu'il fut obligé d'abandonner provisoirement dans sa niche. Il apprit à son retour que nos troupiers, en fin de compte, n'avaient pas emmené l'animal. Mais celui-ci avait trouvé le moyen de rompre sa chaîne et il s'était livré dans le voisinage à un véritable carnage. Il avait pénétré dans trois dépendances de ferme et dans chacune il avait égorgé trois porcs, ce qui n'est pas mal comme travail ! Les propriétaires lui réclament aujourd'hui en justice de paix la valeur du préju- ' dice. Notre homme plaide qu'il était léga- ^ lement dessaisi de la propriété du chien à partir de la réquisition et que, du reste, il ! n'en avait plus la garde au moment des faits litigieux. Et le juge a tenu l'affaire en délibéré ! * * * Un agent de change de la place avait j jugé de bonne prise deux obligations ar- ( gentines de 100 livres sterling ^chacune, ap- ! partenant à une bonne femme du pays de ] Waes. Plainte, instruction, procès et con- ] damnation à 7 mois de prison et à 50 ( francs d'amende, arrestation du prévenu sur i les réquisitions du ministère public et in- ( vitation à payer 5.410 francs à la partie e civile, la contrainte par corps étant fixée < à 6 mois. Arrestation, oui, mais le coupable est en fuite. e c Au „vroegmarkt'^ place St. Jean, on Dâiû le kib dé nommés de .feïre 20 CÊiitiz s mes, de petits pois 25, Je carottes 30- Les asperges se vendent 25 centimes la botte, les gros choux-fleurs 25 centimes pièce,. * * * On a arrêté neuf jeunes gens d'Anvers qui, à Putte, s'apprêtaient à gagner la Hollande, A Malines. Un journal d'Outre-Rhin cite un touchant exemple de l'honnêteté et de la douceur allemandes. 11 y avait, aux environs de Malines, un- grand propriétaire terrien ; quand il connut l'approche des ennemis, mal renseigné encore sur leurs vertus, il décida d'emmener sa femme et ses filles en Hollande et de là en Angleterre, croyant que les malheureuses ne seraient jamais assez loin. Cela fait, il revint pour vaquer à ses affaires et, l'ennemi approchant toujours, il se mit en sûreté lui-même; il partit même si vite qu'il oublia son perroquet, une bête charmante qui parlait français et flamand. Après la chute d'Anvers, quand il rentra dans la Belgique ,,pacifiée", il trouva tous ses biens en ordre, à l'exception du perroquet qui avait disparu. Il l'aimait tant que cette perte lui fut d'abord plus sensible que la joie de revoir ses champs et sa maison. Aussi quelle douce surprise lorsqu'un matin la poste lui apporta une lettre ainsi conçue : ,,Nous avons un perroquet au régiment. Si vous prouvez que vous êtes le propriétaire, il vous sera rendu !" Les bons Prussiens, qui avaient tout respecté dans la ferme, n'avaient enlevé le perroquet que pour l'empêcher de mourir de faim ! Quand l'homme se présenta au régiment, on tint le volatile à sa disposition; mais le perroquet et le régiment s'étaient si fort attachés l'un à l'autre qu'on lui offrit de l'acheter moyennant juste prix. Et le bonhomme vit sa bête si heureuse qu'il sacrifia sa tendresse à l'intérêt de l'oiseau. Le régiment a gardé le perroquet qui dit déjà quelques mots d'allemand. Ce que le journal lie dit pas, c'est que l'oiseau s'apprête même à répondre aux commissions d'enquête sur les atrocités commises en 'Belgique! A Liège. En reconnaissance de ce que l'Amérique avait fait pour les Liégeois, les sacs qu'elle . avait envoyés pleins de vivres de toutes sortes lui seront retournés décorés par les artistes liégeois. Ce sont ces sacs qui ont été exposés à l'Académie des beaux-arts. Les échevins Faloise et Tombeur ont, en compagnie des membres du comité, procédé à l'ouverture de cette originale exposition. On y remarquait: la Belgique aux Etats-Unis, par Marneffe; un Coin d'Ougrée, par Pirenne; la Botteresse, par Rassenfosse; Barclion incendié, par Pirenne; le Mineur, par Baun; la Marchande d'oranges, par Duchâteau; le Square d'Avroy en hiver, par Noutier ; la Hiercheuse, par Maréchal ; la petite Liégeoise, par Wolff; la Botteresse, de Meyer, portant des fleurs à l'Amérique; une figure de fillette, par Francis. A Huy On se demande pourquoi l'autorité allemande s'obstine à ne pas accorder l'autorisation *à la compagnie des bateaux à vapeur de reprendre son service entre Huy et Liège 1 * * * M. von Bissing, qui était allé faire un petit voyage à Liège, s'est arrêté à Huy. Il i passé en revue les uhlans, revenus précisément d'un séjour dans le Haut Condroz (ils récurent au château de St. Vitu, près de Modave), et a remis une pluie de décorations. M. von Bissing qui s'intéresse à tout, ïinsi qu'en sait, a voulu visiter la ferme de M. Loumage, président du Conseil provin-ïial de Liège. Il a tenu à connaître l'étalon Satan du Fosteaux, l'un des plus beaux spécimens de la race belge. De Huy, von Bissing s'est rendu à Seil-es, où les soldats allemands, en août dernier, commirent les pires excès, brûlèrent [es maisons et massacrèrent l'es civils. A Mons. La caisse de la ville de Mons a rendu ies arrhes de location qu'ils avaient versées à ceux des forains qui ont fait connaître le lieu de leur résidence et les ont •éclaméeS. La caisse de la ville de Mons se !ait un devoir de faire connaître qu'elle est ouverte aux intéressés qui n'auraient pas idressé jusqu'ici leur demande en restitution.A Gatid. Nous apprenons de source autorisée que es Allemands ont fait construire cinq jrands ponts sur la Lys entre Gand et Courrai. Un de ces ponts est construit à St. Denis Westrem. On se demande quelle est eur destination. Nous apprenons également [u'un grand nombre de jeunes gens alle-uands de 17 à 18 ans viennent d'arriver à xand et qu'ils font journellement de longs ixercices à la plaine St. Pierre, dont l'accès st interdit'. Il y a. quelques jours, 18 soldats ont ié fusillés à la caserne St. Pierre parce [u'ils refusaient de partir au front. A .Gand^ les officiers para i§sent. décour a - '£3 Impressions d'un Officier de sous-marin. La première fois que je descendis dans le sous-marin ,,Marsouin" dont j'étais depuis la veille 1',,officier en second", j'avoue que je ressentis une certaine émotion. J'avais baau savoir qu'on ne court pa6 plus de risques dans ces nouveaux navires que sur le pont d'un torpilleur, c'était tout de même quelque chose de Arop nouveau pour que je n'en eusse pas une impression particulière... Nous avions traversé la rade de Toulon, évoluant au milieu de9 cuirassés géants, et, pour les mieux voir, j'étais resté avec lo commandant — le lieutenant de vaisseau Travez, un Breton jeune et énergique — sur la petite passerelle qui surmonte la coque basse du ,,Marsouin". Puis je m'introduisis dans le panneau étroit qui était devant nous et me trouvai v;te sur un parquet de tôle, tout au fond du sous-marin. Alors je regardai curieusement autour de moi: Figurez-vous un long tube, une sorte de tunnel qui va se rétrécissant vers les extrémités et dont les parois se hérissent ^d'un nombre infini d'appareils: roues de commande, manomètres, robinets, transmetteurs d'ordres; la lumière crue, des lampes électriques se reflète sur les cuivres brillants et sur la peinturo blanche. C'est la chambre de manoeuvre, le poste de commande d'où l'on dirige tout ce qui so fait à bord. Vers l'avant et vers l'arrière, la perspective se prolonge entre les accumulateurs, grandes caisses peintes en noir, cerclées de cuivre, où est enfermée l'énergio électrique qui alimente notre moteur et qui nous éclaire; une dizaine d'hommes sont répartis sur toute la longueur du bateau, chargés chacun des appareils placés dans son voisinage ; tous sont assis, immobiles, attendant les ordres...,,Emplissez les ballast !" C'est le commandant qui a parle de là-haut ou il reste seul, prêt à fermer le dernier panneau avant de descendre. On a ouvert les prises d eau, les caisses s'emplissent bruyamment, lo ,,Marsouin" s'alourdit et commence à s'enfoncer^ je suis de l'oeil l'aiguille du manomètre de profondeur qui se déplace lentement sur la graduation, indiquant notre mouvement de descente: lo dos de notre poisson d'acier est complètement recouvert, et le panneau n'est plus qu a un mètre^ au-dessus du niveau de la mer mais personne à bord n'a l'air d'y songer; c'est l'affaire du commandant, et l'on'a confiance... Un bruit sec : le capot est rabattu, vissé dans son logement, ^et déjà, tandis que le commandant descend à son tour par l'échelle de fer, j entends l'eau qui clapote sur le panneau fermé. L'aiguille du manomètre marque maintenant trois mètres. C'est le calme absolu : le moteur électrique dont on entend là-bas, à l'arrière, le mouvement îegulier, nous entraîne doucement vers le large; les accumulateurs l'alimentent sans bruit par leurs gros^ câbles qui courent d'un bout à 1 autre du navire, et leur activité tranquille ne se manifeste que par cette odeur d'acide sulfu-nque qu'ils dégagent continuellement et à laquelle, d'ailleurs, on s'habitue sans peine. Tout le monde, à bord, est immobile: en changeant do place, on dérangerait l'équilibre du sous-marin Cet équilibre, deux quartiers-maîtres, près de nous, sont chargés de le maintenir : la main sur les roues de commande des gouvernails de plongée, ils surveillent le manomètre et le pendule, où se lisent l'immersion et l'assiette du bâtiment; un timonier gouverne au moyen d'une manette électrique, d'après les indications d'un compas placé devant lui ; les mécaniciens sont prêts à manoeuvrer les robinets, les prises d'eau, les pompes, pour introduire ou chasser 1 eau des caisses. Chacun a son rôle assigne et tous les efforts convergent vers le but commun, sous une direction unique.... Qu'est devenu le monde extérieur? On n'en ^ oit plus rien qu'à peine des profondeurs glau-ques devinées à travers le cristal d'un hublot. Cette petite coque fermée qui glisse, invisible entre deux eaux, forme, à elle seule, notre univers. Pourtant, il faut bien savoir ce qui se passe au-dessus de la surface, pour ne pas risquer do heurter un navire ou d'aller à lu cote c'est le commandant qui y veille, l'oeil au périscope. Je regarde à mon tour dans l'instrument, sorte de longue-vue coudée, dont 1 oculaire se trouve à hauteur d'homme, au milieu de la chambre de manoeuvre... J'ai peine à contenir un cri: subitement, je me trouve au dehors, sous le ciel bleu, dominant les petites vagues joyeuses dont il me semble que les embruns vont m'atteindre au visage ; des barques de pêch'e passent tout près de nous, traînant leurs filets, sans soupçonner notre présence; et, au loin, les cuirassés à l'ancre, la ville blanche et les montagnes aux belles ligues se dessinent avec une netteté qui me stupéfie. L'illusion est si complète que j'ai besoin de quitter l'oculaire du merveilleux instrument pour me convaincre que je suis encore à l'intérieur d'un sous-marin. ..Plongez à vingt mètres!" dit ie commandant. Les gouvernails agissent, le bateau s'in-nline, l'aiguille du manomètre tourne sur son cadran. Quand je reviens au périscope, son extrémité supérieure est sous la surface; ic ne vois plus qu'une transparence d'émeraude où les reflets du soleil sur les petites vagues jettent des éclairs d'argent: puis la lumière se diffuse et s'éteint, les reflets disparaissent et l'oculaire ne laisse plus voir qu'un cercle de couleur \ ert sombre. En quelques secondes, I ordre a été exécuté : il y a vingt mètres d'eau 5ur notre coque; mais, hors nous qui sommes dans la chambre de manoeuvre, nul ne le sait à bord et nul ne s'en soucie. C'est toujours le même silence, 1a- même tranquillité des hom-Dies assis, prêts à l'action, dans la même atmosphère à l'odeur acide, alourdio un peu par la respiration de quinzo hommes peùdant cette lieure de plongée... La voix de Travez s'élève encore: ,,Emergez! Videz les ballast! „C'est aussitôt un brou-lialia joyeux dans tout le sous-marin : on met sn marche les pompes, l'air comprimé siffle dans les tuyaux, chacun se lève pour se dégourdir. Le ,,Marsouin" monte rapidement, son^ avant émerge le premier, puis toute son échine, sur laquelle l'eau coiHe en petits ruis-?eaux ; les panneaux ouvorts laissent entrer à Flots l'air pur et salé du large; et lo sous-marin, après 6on incursion sous les vagues, semble e^ébrouer en reprenant la route du re-toiiS

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Cet article est une édition du titre L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam appartenant à la catégorie Oorlogspers, parue à Amsterdam du 1914 au 1918.

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