L'écho d'Anvers

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s.n. 1914, 02 Decembre. L'écho d'Anvers. Accès à 22 juillet 2019, à https://hetarchief.be/fr/pid/9882j68z27/
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No. 53. Mercredi 2 décembre 1914. L'ECHO D'ANVERS Organe officiel des réfugiés belges en Hollande. Paraît 2 fois A midi et 6 heures. Direction-Rédaction : ARTHUR DE GERS. Bureaux: Bergen-op=Zoom, Boschstraat 68. Paraît 2 fois A midi et 6 heures. EDITION DE MIDI. Le Taciturne. Par Paul Bourget. Ce n'est pas de Guillaume de Nassau que je veux parler, de ce prince obstiné qui s'est défini lui-même et sa force d'âme quand il a dit: ,,11 n'est pas besoin d'espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer." C'est de notre Taciturne à nous, lequel a le droit, Dieu soit loué, d'entreprendre, lui, en espérant, et le Buocèsi va récompenser sa persévérance. Las fimis du généralissime lui ont, paraît-il, donné ce Surnom. Le Taciturne ! Les Allemands aussi appelaient MoLtke en 1870 : ,,Le maréchal qui se tait en sept langues." Mais ce qu'était Moltke pour eux et contre nous, il y a quarante-quatre ans, le général Joffre ne l'est-il pas aujourd'hui pour nous et contre eux ? J'essaierai, non pas u)n portrait de ce chef qui porte,avec lui la fortune de la patrie, mais comme un décalque à la vitre de la figure qu'il prend à cette heure dans l'esprit de .tous les Français, comme un tracé de sa légende morale, si je peux dire. Lord Kitchener, oe vieil et dur ouvrier de guerre, qui n'est pas prodigue d'éloges, a dit de lui : „C''esit un grand homme." A coup sûr, on ne devient pas, dan® la pensée d'un peuple en danger, le vivant symbole du s,alutt national sans posséder une personnalité très forte. J'ignore, ne connaissant pas> le général, par quel® traits il peut différer de l'image que nous nous1 faisons do-lui. Mais, image-. . . IL nous représente, à tous, d'abord cette vertu que oe surnom de Taciturne désigne: le Silence. Nous sommes depuis si longtemps; si fatigués de la parole ! Notis en avons tant connu lesdé-cevances et les vanités ! Quand, au mois d'août, a éclaité le redoutable conflit, comme nous avons tremblé, nous qui nous rappelions, d'entendre de nouveau ces- vaines phrases de jadis, trop cruellement démenties par l'événement !" Pas un pouce de notre iterritoire, pas une pietrre de nos forteresses !" I— Et puis on doit céder Metz I ,,Mourir plutôt que de consentir à la-honte du démembrement !" Eit puis on doit céder Strasbourg. Si la tragique erreur allait recommencer : des parlementaires! pour diriger les armées, de l'éloquence alors que le mortel péril commandel'action ?.. Mais non. ^Rendons à nos politiciens que nous savons isi volontiers loquaces cette juistice. L'évidence de oe péril les a ramenés au, sens commun. Ils se sont tus. Ils n'ont pas prononcé dei ,,moitsi historiques". Ils ont passé Ja m,ain à qui de droit, à l'état-major et à son chef. JE-t quel réconfort aussitôt de constater que celui-ci n'était pas un pr.ateur ! Dès les premiers communiqués, quel soulagement ! Pas de phrases; des faiits. Pas d'appel aux nerfs et à l'émotion. Un constat précis et net qui vous incite à regarder la carte, à suivre vous-même, de village en village, la marche des1 troupes, leur recul ici, là leur avance. Encore ce. renseignement est-il réduit à soîl minimum. Le général est à son affaire, 'qui, pour la moment, n'est pas, la vôtre. Il entend (ne pas provoquer des discussions inutiles, des alternatives d'exaltation et de découragement qui se répercuteront ensuite parmi sas hommes. Il n'en appelle pas à l'opinion,, et, en ne la sollicitant pas, il la calme. Son mutisme accomplit oe miracle de la discipliner et de la mettre naturellement à l'unisscra. de l'armée. Quand viendra l'heure d'élever à la guerre actuelle le monument que notre piété lui devra., nous ne dresserons pas sur le socle un avocat en redingote et qui harangue. Nous y mettrons un officier supérieur, en uniforme, et qui médite. C'est cette réflexion sans verbiage qui nous aura sai^és. ffest atfssi la ténacité. Chaqueguerre a sa caractéristique. Celle-ci est une lutte d'usure qui exige comme première ve*tu la durée dans la résistance. C'était le thème fondamental des prophétiques pages qtfécrivait ici même mon ami si regretté Albert de Mun. „Tenir, répétait-il sans cesse, il faut tenir." Ce don de patience et de persévérance, c'est la qualité maîtresse du général Joffre. Nous n'aurions pas là-dessus un unanime accord des témoignages, que toute la conduite de la cam-i pagne nous le prouverait. Etions-nous partis pour cette sorte de lutte? Non. Vous vous souvenez : nos meilleure écrivains militaires nous prônaient l'offensive, comme le procédé françaisi par excellence. Il s'est trouvé que les cir constances n'en permettaient pas l'emploi et qu'elles imposaient une autre tactique, celle de Fabius dans l'antiquité, celle de Kutusow' en 1812. ,,Pour lui raconte Plutarqua du dictateur romain, mettant en soi-même tout l'es^ poir de, la victoire:, persuadé que Dieu donna le succès, à la vertu et à la prudence, il marcha contre Annibal, non dans l'intention de risquer le tout poulie tout dans un combat, mais .résolu d'épuiser, à force de temps, la vigueur de ses troupes." Et Tolstoï faisant parler Kutusoiw d'après lesi survivants de la Moskowa : ,,Prendre une forteresse,' ce n'est pas difficile. Le difficile c'est de gagner la dernière manche. Pour cela il ne faut ni .assiéger, ni attaquer, il faut de la patience et du temps. iKo-menski envoyait sur Roustchouk les soldats, et moi je n'envoyai» que la patience et que 1© temps, et j'ai forcé les Turcs à mangeT de la viande de cheval. Crois-moi, ,mon cher, il n'y a pas plus fort que cas deux guerriers : la patience et le temps." Dèst la premier con-taot avec la formidable préparation allemande, cette nécessité d'user l'ennemi a été rendue évidente. Mais étions-nous capables de cette endurance? Ce sera la gloire du général Joffre d'avoir répondu : oui, à cette question et de nous avoir coiltraints à pratiquer une de nos qualités nationales les plus méconnues et par les étrangers et p,a.r nous-mêmes. Cela peut sembler étrange que la race, à qui l'on doit cette siagaoe définition du génie : une longue patience, ait passé aux veux de tous et à ' ' A ' «•— , „ ? ' - , - a ses propres1 yeux pour rétracta ire a une vertu dont elle proclamait ainsi l'excellence: La faute en est aux à-coups delà politique. Les régimes, issus des révolutions n'ont pas devant eux ce temps que 1e vétéran russe associait isi justement à la patience. Il leur faut donc 'an appeler sans casse, chez les peuples où ils s'installent, aux facultés, d'improvisation. Certes la France, nerveuse comme elle est, a fait des, merveilles dans des crises où elle devait tout créex de rien. Ce n'était pas sa tradition. Ce n'est pas sa nature. Quels ont .été les ouvriers de son plus grand siècle? Sully, Richelieu, Colbert, des endurants et des patients. Ses, meilleurs écrivains ? Des analystes, et .des moralistes : un Pascal, un Labruyèra, ,un Bossuet, un Molière, un Corneille, un Racine, tous gens de .réflexion et de travail étudié. De nos jours, quelles, facultés maîtresses disoernons~no'Us chez un Pasteur, un Claude Bernard, un Fustel de Cou-lange, un Taine, un Flaubert? La pa,-tiance et la ténacité, et, puisqu'il s'agit da guerre, ne sont-ce pas des Français qui ont soutenu les, deux sièges du dix-neuvième siècle lies, plus, mémorables par la résistance, celui de Gênœ avec Masséna, en 1800, celui de Da.ntzig avec Rapp, en 1813 ? Hier encore, l'expédition de Marchand à travers l'Afrique n'était-elle pas un prodige d'endurance et de patience toujours ? A quoi bon 'multiplier ces exemples? Notre paysan, d'ailleurs, si travailleur, si écor nome, ri'est-il pas d'abord uta patient, et notre bourgeois de même? Comment ce pouvoir de permanence et de solidité dans l'effort devrait-il soudain nous abandonner, quand il y va da notre existence même ? Avec catte sûreté de jugement qui marque chacun de ses gestes, chacun de sas mots, le général Joffre a vu qu'à ces invincibles' soldats d'élan, un chef pouvait demander d'être d'invincibles solda,ts d'attente, pourvu qu'ils eussent foi en lui. (A suivre.) En Belgique. A Anvers. Une irruption des Allemands chez Bunge, firme hollandaise ANVERS. 30 novembre (D.T.) Un fait, qui a fortement émo-tionné le monde commercial Anversois, s'est produit la semaine dernière. Comme la firme est très connue en Hollande, (le chef est même hollandais de naissance), l'acte en question intéressera certainement ses compatriotes. On sait que le Trésor et l'argent de la Banque Nationale furent transférés à temps à Londres. Les Allemands n'ont jamais pu croire que le gouvernement aurait transporté son dernier centime en Angleterre et s'imaginèrent toujours qu'une partie du trésor se trouvait dans une banque, privée. Un avis de Berlin arrivé à Bruxelles prétendait qu'une somme avait été confiée à la firme Bunge et Co. M. Bunge est hollandais mais le principal collaborateur du Roi Leopold II pour le i développement de l'Etat libre du Congo, et même après la reprise de l'Etat par la Belgique, il eut des participations édormes dans la colonie. La dépèche reçue de Berlin parut possible aux Allemands. Dans tous les cas; il y a 10 jours, quelques officiers allemands accompagnés'4le plusieurs soldats, firent irruption dans la belle bâtisse de la rue d'Aren-berg, et exigèrent que personne ne sorte, même les étrangers qui attendaient à ce moment devant les guichets. Ceux-ci furent enfermés dans la salle d'attente : lès chefs et les employés furent soumis à un sévère interrogatoii e, exercé avec une biutalité ieutone peu ordinaire. "D'eux heure? après,lès personnes étrangères lurent relâchées.' Les chefs et le personnel durent attendre la fin d'un premier examen des livres. Cela dura deux jours, et personne n'a pu quitter le local, ni pour manger, ni pour se reposer. Quoique les officiers Allemands fussent des spécialistes comptables, sans l'aide du personnel de la firme, l'examen aurait duré une semaine. Du reste, il n'y avait rien à cacher, Du fait, les Allemands devinrent plus polis ; pourtant ils mirent les Scellés sur les coffres forts et emportèrent les livres : ceux-ci devraient être vérifiés par quelqu'un habitant Berlin. Ce quelqu'un n'est autre que le directeur de la filiale de la «Disconto Gesellschaft» de Berlin, fondée à Anvers peu de temps avant la déclaration de la guerre. Voilà 8 jours que ce Monsieur étudie les livres de son plus puissant concurrent : il y puise tous les renseignements, nécessaires, qui pourront rendre plus tard des services inappréciables à sa banque. En attendant, le commerce de la firme Bunge & Co est complètement arrêté. Le patron n'a pas même l'argent nécessaire pour payer son personnel, et se voit même forcé de renvoyer certains employés. Voilà comment les Allemands font leurs «bedides affaires» en guerroyant contre un petit pays neutre ! ! Anvers-Bruxelles. Voici comment on effectue actuellement ce voyage: Anvers (Sud)-Rumpst/Boom, en tram vicinal ; Boôm-Wille-broeck (Kiel) à pied (5 minutes) ; Willebroeck (Kiel)—Vilvorde/Bru-xelles en bateau. L'indemnité de Bruxelles. BRUXELLES, 29 novembre. (Lokal Anzeiger). Vu les circonstances difficiles l'impôt de guerre pour la Belgique a été définitivement arrêté à 375.000.000 de francs. Une succursale de la Reièhs-bank va être fondée à Anvers. Des bombes sur Qand. FLESSINGUE 30 nov. (D T.) Des aviateurs, probablement français, ont lancé des bombes sur l'école primaire de la chaussée de Meulensteen à Gand, Heureusement que les enfants étaient absents : le bâtiment à néanmoins beaucoup spuffert. Trois personnes furent blessées. Le but visé était sans doute le dépôt de benzine des Allemands, à 300 mètres de là. Nos Télégrammes. Violent bombardement d'Atrecbt. LONDRES, 30 nov. (Daily News). Les habitants d'Atrecht, après avoir supporté le bombardement pendant trois mois, ont dû-samedi dernier fuir précipitamment: ce n'était plus tenable, et bientôt toute la ville ne sera plus qu'un amas de décombres. Ils disent que les combats autour d'Atrecht sont une lutte désespérée d'homme à homme. . Sur une sur&LÇfc astreinte les tranchées sont prises et reprises. Les Français ont pourtant réussi à maintenir toutes leurs positions.Leurs amis? CONSTANTINOPLE, 29 nov. (W. B.) ' L'évêque arménien d'Erzeroum vient d'envoyer un télégramme à la Porte, déclarant que les Arméniens sont prêts à tous les sacrifices pour la défense de leur patrie. Un télégramme identique a été adressé par l'archevêque de Wan et d'autres leaders religieux de l'Arménie. Communiqué Turc? CONSTANTINOPLE, 29 nov (W. B.) Aussitôt que les musulmans du Somalis apprirent que les Mahométans combattaient avec les Anglais à la ftontière égyptienne, quelques milliers de cavaliers du Somalis se mirent en route vers l'Egypte. I2n Arménie. CONSTANTINOPLE, 30 novembre (W. B.) Les Russes, que nous avons battus le 22 novembre aux enviions de Tutach (Arménie, S. de Karakilisse) et refoulés dans une direction' N., ont pris position aux abords de Kilisse Eigendegi, après avoir reçu des renforts. Nos troupes se retranchent devant les- lignes ennemies. Sur Mer. Communiqué de l'amirauté anglaise. Dans la Mediterrannée, les escadres français et anglais continuent le blocus de la mer Adriatique* et des Dardanelles et la protection des côtes de l'Egypte et du Canal de Suez. Des navires français et anglais firent des reconnaissances le long de la côte Belge. Les croiseurs Allemands de l'Océan Pacifique, depuis leur combat du 1 novembre, ne semblent pas vouloir quitter la côte chilienne. Dépêches de Nuit. A l'Ouest. PARIS, 30 novembre : 3 heures En Belgique, l'ennemi maintient une attitude défensive. Le duel d'artillerie est faible. En quelques points nous avons fait des progrès. Autour de Fray, nous conser-vous énergiquement les points occupés par nous. Les Allemands bombardent Soissons par intervalle. En Argonne, nous avons repoussé plusieurs attaques. Sur les hauteurs de la Meuse, le brouillard est intense. En Woevre, les Allemands ont bombardé Apremont sans obtenir de résultats. PARIS 1 décembre : 11 heures hier soir. Il n'y a rien de spécial à annoncer. Seules quelques attaques ennemies au N. d'Atrecht, restées d'ailleurs sans succès pour les Allemands. A l'Est. PETROGRADE 30 novembre. La bataille continue sur le front de la Prusse orientale, et l'avantage reste toujours de notre côté. Notre cavalerie talonne l'ennemi, qui se retire en abandonnant blessés et munitions. Nos troupes, qui continuent à poursuivre les Allemands, empêchent ces derniers de s'installer dans les retranchements fortifiés qu'ils rencontrent en chemin. En Galicie nous avons terminé nos opérations avec succès. Nous continnous à refouler les Autrichiens contre Cracovie et au delà des Carpathes. Malgré le froid intense, qui entrave notre offensive, nous pour&uivons notre marche triomphale. Plusieurs divisions de nos armees sont déjà à la hauteur de Cracovie, • investissent les forts du côté Sud. Le moral de nos troupes est excellent. VIENNE, 30 novembre. Au Nord, rien de particulier à signaler. En Serbie. VIENNE, 30 novembre. Sur le front du sud la bataille continue. Hier, après une résistance acharnée, nous avons pris d'as-sant le point important de Si-vobor, sur la route Valjewo-Kadjah.En tout, nous capturâmes 1254 hommes et 14 mitrailleuses, ainsi qu'une grande quantité d'armes et de munitions à Oe-zitsje.Le général Bojovic, commandant la Ire armée Serbe a été pensionné et remplacé par le général Misit. La dernière retraite du général en serait la raison. Le Roi d'Angleterre au front. LONDRES, 30 novembre. Le Roi d'Angleterre est parti ce jour pour la France afin de rendre visite au quartier général anglais.

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Cet article est une édition du titre L'écho d'Anvers appartenant à la catégorie Oorlogspers, parue à Bergen-op-Zoom du 1914 au 1915.

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