Le Belge indépendant

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s.n. 1919, 29 Janvrier. Le Belge indépendant. Accès à 25 avril 2019, à https://hetarchief.be/fr/pid/2b8v982t1n/
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LE NUMERO t P«.NNY No 54 LE BELGE INDÉPENDANT ADMINISTRATION ET REDACTION: TOBOR HOUSE l'UDOR ST K.C. 4. TÉLÉPHONE: CITY 3960 MERCREDI 29 JANVIER 1919 fi MOIS 9 SHILLINGS ABONNEMENTS-? 6 MOIS, 17 SHILLINGS (.1 AN. 32 SHILLINGS AVIS A NOS LICTEURS Nos compatriotes regagnent leurs foyers ; les correspondances s'améliorent ; et nos bureaux doivent être occu-pés par un confrère anglais à la fin de ce mois. Hn conséquence, considérant notre tâche comme terminée ici, nous cesserons notre publication à Londres fin de cette semaine. Les abonnements seront remboursés pour la partie non servie, mais nous serions heureux de savoir si nos lecteurs seraient disposés à seconder nos efforts pour la continuation de notre journal en Belgique. LETTRE de SALOMIQUE De Constantinople on mande que les rapports entre Musulmans et Chrétiens sont toujours tendus. Les passions sont exaspérées d'un côté et de l'autre; on sent les haines prêtes à exploser à la moindre occasion. L'effroyable régime imposé depuis trois ans aux populations grecques et arméniennes d'Anatolie est la cause de cette surexcitation dont les Jeunes Turcâ n'ont pas manqué de profiter jusqu'à la veille de l'armistice conclu avec les Alliés. ' Quoiqu'on ne connaisse pas encore ce que l'avenir réserve à la Turquie, On ne peut.s'empêcher de relever l'importance que les populations attachent à la solution de ce problème ardu, dont dépendent le sort de plusieurs millions de citoyens qui vivent depuis des siècles dans l'Empire ottoman. Et certes la solution idéale de cet angoissant problème n'est pas possible, car elle consisterait à séparer complètemen: des populations que tant de haines dressent les unes contre les autres. La créa ;ion d'une Arménie indépendante constituera un progrès sérieux. Mais la géographie et l'ethnographie ne pourront jamais exactement coincider, et il faut toujours envisager l'hypothèse que Musulmans et Chrétiens restent plus ou moin; imbriqués. C'est «alors que l'Entente aura à remplir son rôle de gendarme; à exercer sui les Turcs un contrôle et une surveillance rigoureuse et efficace pour empêcher le retour des drames qui ont ensanglante l'Anatolie depuis la participation de la Turquie dans la guerre actuelle. Il est évident qu'on ne connait pas exactement toutes les horreurs dont leî Turcs se sont rendus coupables, mais '1 n'en est pas moins vrai que les témoignages qu'on possède sont suffisamment nombreux et indéniables. Sans dout*: les principaux coupables sont les dirigeants du Comité Jeune Turc, qui, dit-on, juraient été arrêtés en Allemagne, mais dont il n'y a jusqu'ici aucune confirmation. Toujours est-il que depuis la proclamation de la fameuse Constitution par les Jeunes Turcs, ces derniers n'onl fait que ruiner le pays et le jeter dam l'abîme monstrueux où il est acculé aujourd'hui, grâce à l'alliance avec les empires centraux. Les Turcs sincères n'onl jamais approuvé la politique de la cama-rilla de l'Union du Progrès, surtout depuis la participation de l'Empire Ottoman dans la con^agration générale. Cai on connaît bien en France, répète-t-oi: encore aujourd'hui à Constantinople, le-s^'iiipathies sincères des Turcs pour ce noble pays, mais que pouvait-on faire contre le Comité tout puissant, et ayanl les rênes du pays en son pouvoir? D'au-çuns ajoutent même que nombre de massacres auraient été perpétrés sous l'instigation d'officiers allemands qui étaienl .'es maîtres absolus dans le pays. Des distinctions, certes, sont à fair: qu'une enquête plus approfondie précisera. Car les ordres de divers pacha; n'ont pas toujours été exécutés sam quelque sérieuse résistance. Nombre dt valis (préfets) ont préféré même être destitués plutôt que de souiller leur; noms par des massacres. Dans piusieur< villages la population musulmane a pré' serve ellç-même l'élément chrétien contre des excès de toutes sortes.- Il faut rendre hommage à ceux qui on fait preuve de sentiments, humains ai milieu de tant de barbarie. Mais on es obligé de reconnaître qu'ils ne consti tuent que l'exception et qu'on ne peu pas faire disparaître plusieurs centaine: d'individus si l'on ne rencontre pas un peu partout des agents pour accomplir cette œuvre néfaste. Puisque en toute hypothèse, il y aura toujours des mélanges ethniques en Orient, il appartient aux Grandes Puissances de veiller qu'à l'avenir ces promiscuités ne dégénèrent pas en massacres ! * * * Les Bulgares, avant l'évacuation de la Macédoine Orientale, ont volé les trésors renfermés dans le couvent de Mele-nico. Ce vol aurait été organisé par le général bulgare Ivan Roucheff, du parti de Radoslavoff, commandant la division du Rilo, avec le concours du capitaine Georges Tchitchicoff, du 14e régiment d'infanterie. Ces trésors, d'une valeur considérable, consistaient en plusieurs centaines de kilos de pièces de monnaies en or et en argent, véritables cfiefs-d'œuvre de frappe byzantine. On assure qu'une bonne partie de ces monnaies anciennes a été déposée au couvent de Rilo, l'autre partie aurait été pillée par les chefs e^ui dirigaient ces tristes expéditions. Serbes, Yougoslaves et Monténégrins On sait que le nouvel Etat yougoslave est en voie de formation et ne tardera pas à devenir un facteur important dans les Balkans. Les membres épars de la famille s'attirent, se rapprochent et se soudent finalement pour former un seul et unique organisme. On assure que la Skouptchina monténégrine a déposé la maison royale et proclamé l'union du pays à la Serbie. Les représentants des contrées sud-slaves d'Autriche-Hongrie sont en ce moment en pourparlers avec le gouvernement serbe pour l'union de leurs pays à la Serbie. Quant à la décision du Monténégro, elle ne surprendra personne. Elle était fatale et—devait--absolument, se produire un jour ou l'autre. Car, Serbes et Monténégrins ne sont pas seulement 'des peuples frères ; ils forment un seul peuple. Parlant la même langue, professant la même religion, ils ont les mêmes mœurs et les mêmes caractères nationaux. Et, si les circonstances jusqu'à ce jour les ont obligés à former deux royaumes, il était à prévoir qu'à la première occasion ' ils supprimeraient les frontières pour proclamer aussitôt leur union qui était le rêve caressé depuis longtemps par les patriotes sincères des deux pays et surtout dans leurs sphères politiques respectives. D'autre part, on sait que la Serbie et le Monténégro ont marché toujours côte à côte au cours de l'histoire. Les deux pays avaient pour ainsi dire la même diplomatie, la même politique extérieure. Ce que Belgrade décidait était aussitôt exécuté à Cetti-gné. Dans les deux guerres balkaniques aussi bien que dans la grande guerre européenne, le Monténégro se rangea instantanément du côté de la Serbie, malgré les promesses alléchantes faites par l'Autriche et la Bulgarie, qui faisaient tout leur possible pour détacher le Monténégro de la Serbie. En même temps que la Skouptchina monténégrine proclame l'union du Monténégro à la Serbie, les pourparlers entre les représentants de la Serbie et des Yougoslaves se poursuivent ét sont en très bonne voie. L'accord en principe est d'ailleurs complet : Les représentants des Serbes, Croates et Slovènes sont absolument du même avis sur la nécessité de réunir-en un-seul Etat les divers tronçons de ce peuple à noms divers. Avec la débâcle de la monarchie habsbourgeoise, on assiste maintenant à la réalisation de l'unité du peuple serbe que la diplomatie austro-hongroise a fait tous ses efforts pour contrecarrer. Cet événement d'une importance considérable ne peut que réjouir tous les partisans de l'indépendance des peuples et tous les amis sincères de la paix. A BRUXELLES (Correspondance particulière du "Belge Indépendant") La ligne Ostende-Douvres Bruxelles, 14 janvier. Les premiers réfugiés d'Angleterre, à bord de la malle de l'Etat, ont débarqué et le service continue. L'Administration des chemins de* fer ! a mis en circulation un train direct Bru-- xelles-Ostende en corrélation avec la ■ résurrection de nos paquebots. Il ' part à 11 h. 05 de Bruxelles-Nord > et arrive à Osteude à 5 li. de re levé, ce qui, par les temps que nous traversons, constitue presqu'un record. Le retour s'effectue dans les conditions suivantes : départ el'Ostende à 6 h. 45 du soir et arrivée à Bruxelles à minuit dix-sept. Comme il y a souvent des retards d'une heure et même de deux, nos infortunés compatriotes, venant du Royaume-Uni, débarquent sur le pavé de la capitale en pleine nuit. Comme ils ne trouveront plus alors ni trams, ni taxis — ceux-ci, d'ailleurs, étant très rares — ils sont obligés, chargés de leurs valises, s'ils n'entendent pas les confier à la consigne, de se rendre à Anderlecht, Molen-beek, Laeken, Ixelles, etc., à pied peut-être sous.la pluie. Et ils arriveront chez eux mouillés comme des canards, frileux, démoralisés. Un seul moyen se présente d'éviter ce ■rc-tour pénible: avancer l'heure du départ à Douvres, afin de permettre l'arrivée de la malle à Ostende une ou deux heures plus tôt. Il faudr-ût que le train Ostende-Bruxelles n'arrivât pas au delà de 11 heures dans la capitale, ce qui permettrait aux voyageurs el'u.^er des trams et -d'éviter force ennuis. C'est là une mesure à prendre le plus tôt possible.Ce qu'il faut emporter! Ce qu'il faut emporter tout; d'abord, ce qui est l'essentiel, c'est beaucoup de patience, 'la vie n'étant pas aisée et ne devant l'être que plus tard quand la renaissance de la Belgique aura débuté. Comme il n'y a plus à l'heure présente ni laines, ni linge, ni vêtements, ni chaussures, sauf à des prix fantastiques, ayez soin de renouveler votre garde-robe et d'acheter la laine nécessaire à vos literies. N'oubliez pas, mesdames — et ceci est un conseil précieux — d'emporter du coton, du fil, des aiguilles, des épingles. Le papier atteignant ici des -tjicUx faïi.tst.-tiquesf prenez des boîtes-do papier à lettres, des plumes, de l'encre et- du papier ordinaire autant que vos : malles peuvent en contenir. Vous réaliserez là une économie de cent pour cent ! En fait de vivres et de denrées, n'hésitez pas à vous procurer autant de sucre que vous le pouvez. Il est tel faubourg de Bruxelles où l'on n'a plus distribué de sucre depuis dix semaines ! Quant au beurre, il est devenu invisible depuis que le gouvernement en a fixé le prix à Fr. 8.50. Les fermiers préfèrent vendre leur lait que de le muer %n beurre, et celui-ci a totalement disparu des vitrines des marchands. Quant à la margarine, elle est inexistante. Ne manquez donc pas d'emporter l'un et l'autre. Le Brésil nous envoie du café, mais il est encore à Fr. 10 le kilo. Il n'y a guère de cacao, de confiture, de conserves, etc. Le jambon n'est nullement rare, mais cher. N'oubliez pas à Londres votre canne et votre parapluie, ce serait un désastre, un modeste pépin coûtant plus de Fr. 50, et encore depuis huit jours. Auparavant il s'enlevait à Fr. 125... Et ayez grand soin d'avoir des gants de rechange, en peau ou en laine... Ayant pris ces précautions, vous pourrez attendre les temps meilleurs où tous les prix deviendront abordables, et peut-être seriez-vous moins enclins à la critique que vos compatriotes. Ceux-ci ont repris avec joie leurs habitudes anciennes et se montrent mécontents de tout et de tous. 11 est certain, comme vous vous en apercevrez aisément, que tout ne marche pas à souhait... Mais, est-il facile de rendre brusquement à la prospérité un pays qui a été ruiné, pillé, vidé par les Boches pendant quatre ans ? Alors qu'il n'y a guère de bateaux, qu'il manque des transports de tous genres, que certaines lignes n'ont pu être reconstruites, qu'il n'y a plus de chevaux et que le cheptel est détruit, comment voulez-vous, en quelques jours, élever un édifice sur tant de ruines 'I II faut savoir le reconnaître: c'est impossible. Soyez done patients, acceptez les nécessités du jour et travaillez. Et vous contribuerez ainsi à la renaissance nationale dans la mesure de vos moyens. A MONS Relations difficiles Les relations entre Bruxelles et Mons sont toujours difficiles et les traces de la guerre gardent leur tragique empreinte. De Bruxelles à Braine-le-Comte, le trajet s'opère normalement, mais à partir de cette dernière ville, tont change. Pour ne pas s'y attarder, on est heureux de prendre le premier train qui se rend dans la direction de la capitale du Hai-naut, fût-il composé de wagons allemands sans vitres! C'e°t un compartiment de ce genre, en nombreuse compagnie, que le touriste assez hardi, < pour voyager actuellement, atteint la i station de Ghlin, terminus de la ligne... Là, il peut constater de visu que l'on travaille avec ardeur à reconstruire le ; pont sur le canal détruit par les Aile- . mands. Dans quatre semaines environ, avant la fin de février, il sera rendu à la circulation et le train Paris-Bruxelles direct reprendra, avec son ancien itinéraire, ses habitudes rapides, son allure foudroyante. En l'attendant, de Ghlin à Mons — cinq kilomètres environ — le voyageur doit faire appel a ses jambes. Pas une voiture, pas un taxi, pas un tram,1 le vicinal n'étant pas encore rétabli. S'il ne pleut pas, on se résigne à ce footing et bientôt on aperçoit la silhouette de la tour pittoresque du Château, ce qui incite à doubler le pas. C'est ainsi qu'en allant en ligne droite, c'est-à-dire en n'ayant pas recours au vicinal d'Enghien,- on se condamne à des péripéties dont on parlera plus tard au foyer quand la Grande Guerre sera évoquée. Ville britannique Mons, à jamais célèbre dans l'histoire ele l'Angleterre, depuis le 11 noveinbre est devenue une cité britannique. Tout d'abord, avec le Borinage, elle a donné l'hospitalité à 80,000 Canadiens... Fraternisation inoubliable qui, à la date de leur départ il y a trois semaines, s'est traduit par dix-huit mariages. Quand ils ont quitté Mons, où ils avaient donné une série de concerts et de bals, des scènes attendrissantes ont eu lieu,, et la dernière division s'est éloignée entourée du populaire- jusqu'à plusieurs kilomètres de la ville. Les Anglais ont remplacé les Canadiens en plus grand nombre encore, et ils occupent les collèges, les casernes, tous les établissements publics. Au seul collège des Pères Jésuites, un régiment tout entier est cantonné. L'entente avec repopulation est parfaite, et les habitants qui ont ouvert leurs maisons aux officiers sont enchantés de leurs hôtes. 11 y a trois jours à peine, plusieurs ont appris que nombre des hommes de leur régiment étaient démobilisés et qu'ils devaient immédiatement les œnduire à Londres. Ils sont partis navrés, désolés de quitter Mons, où ils espéraient rester encore au moins un mois. Avec -le bourgmestre Jean Lescarts, dont la santé est meilleure, des généraux anglais ont déjà cherché l'emplacement du monument qui sera consacré aux deux grandes batailles de Mons: août 1914-novembre 1918, début et fin de la guerre. Il est vraisemblable que le gouvernement britannique participéra à la souscription.Les conditions de la vie à Mons né sont pas plus difficiles qu'à Bruxelles; ce sonjb les mêmes prix, beaucoup trop élevés. Aussi les ouvriers ne consentent-ils à travailler qu'avec un salaire double de jadis. Celui qui gagnait Fr. 5 en exige Fr. 10 et l'obtient. Cette hausse de la main-d'œuvre est une indication pour l'avenir, et il faudrait êtfe d'esprit bénévole que de croire au retour des prix de jadis. La guerre a tué peut-être à jamais la vie à bon marché dont jouissait autrefois la Belgique. Dans les administrations de l'Etat, avec raison, salaires et traitements ont été augmentés, mais il faut s'attendre à une prochaine répercussion, se traduisant par l'aggravation des tarifs télégraphique, téléphonique, postal et des chemins de fer. A Mons on juge sainement la situation et l'on y considère que le métier... de rentier deviendra impossible rapidement. Chacun devra peiner, travailler, futter et, s'il se peut, qu'il en soit récompensé par de gros bénéfice* si les prix nt> diminuent pas sur le mar ché du monde. Mais la camelotte allemande, à un moment donné, ne va-b- elle pas les, contraindre à descendre ? Les charbonnages ont repris le travail et le jour où les transports repondront aux demandes, la crise du charbon domestique, réellement terrible, prendra fin. Actuellement, moyennant Fr. 125 rendue chez voys, vous avez une voitu-rette de houille que vous consommez en quinze jours ! Cette crise terminée, la bourgeoisie pourra bénir les temps nouveaux qui ne la mettront plus entre le danger de mourir vie froid ou le danger de se ruiner. Le prince Rupprecht A Mons, l'on a gardé force souvenirs du prince Rupprecht de Bavière, qui a ■séjourné dans cette ville pendant plus de quinze mois. D'après les communiqués allemands et les articles de journaux, nous le considérions comme un fotv're de guerre Or, les IVrntois, l'ont vu à l'œuvre... Après avoir liabité le shâteau de M. Hardenpont, trouvant pie les aviateurs anglais pouvaient le repérer trop aisément, il s'était offert le uxe d'un petit hôtel en ville, qu'uu ameublement réquisitionné décorait. Là * e prince de Bavière vécut d'une vie bourgeoise et tranquille, laissant ses généraux commander les troupes et Luden-dorff diriger les opérations. C'était une simple étiquette, une superfétation. Son plus grand plaisir, c'était de se promener le long des boulevards, accompagné de son chien... et de son aide de camp. Dn a prétendu qu'il s'enivrait et qu'il 3tait brutal; les Montois soutiennent-le sontraire. Us n'ont jamais eu à se plaindre dé lui; il n'a jamais pris une mesure oontre eux, s'il n'a jamais rien fait non plus en leur faveur. Bref, ils l'ont toujours considéré comme une nullité, un soliveau (sic). Ne quittons pas Mons sans constater que les monuments Léopold 1er, Baudouin de Constantinople, Devillez et Guibal, Clépain n'ont pas été enlevés par l'ennemi, comme les monuments Clesse, Dolez, Roland de Lassus, qu'il faudra, si -possible, réédifier. G. \ . LA VIE DE PARIS Décidément, c'est uue gageure. Vous vous souvenez peut-être que l'an passé, les journaux eurent^ s'occuper d'un incident des plus fâcheux à propos de la Comédie Française. Chargée, par le service! de la propagande d'aller donner quelques représentations en Suisse* elle choisit "Les Affaires sont les Affaires" de Mirbeau. La colonie française de là-bas protesta à bon droit et s'abstint en grande partie. Les Allemands, au contraire, s'empressèrent de louer les bonnes places et applaudirent ouvertement cette pièce qui met en scène un des caractères les plus corrompus de la société; le lendemain, les journaux germanophiles répétaient avec satisfaction; " si on a voulu nous prouver que la France est un milieu vraiment pourri, on y a réussi." Ce fut une sorte de scandale et la Comédie Française commis, ce jour là, une mauvaise' action. On pensait que la leçon aurait servi. Il n'en est rien. On recommence et les journaux de Metz annoncent que lp, Comédie Française s'en va là-bas en représentation jouer cette même pièce: "Les Affaires sont les Affaires." Entendons-nous; l'œuvre de Mirbeau est une comédie des plus curieuses, des plus fortement charpentées et des plus dramatiques, mais c'est une production d'un genre spécial, une étude des mœurs des grands brasseurs d'affaires sans morali- _ té, ni scrupules. Les types mis en scène sont exceptionnels et ne représentent pas plus nos mœurs actuelles que "Tur-caret," d'où découle la pièce, ne représente les mœurs du XVIIIe siècle. Nous savbns tout cela à Paris et nous ne sommes pas offusqués quand on la joue. Nous savons qu'on vise une infime minorité, un cas particulier, une exception; nous sommes avertis, et puis, hélas ! Nous avons vu tant de choses, même sur la scène du Théâtre Français, qu'un peu plus ou un peu moins, cela n'a -pas une grosse importance. Nous sommes blasés là-dessus ou tout au moins résignés. Au point de vue du talent, Mirbeau en a dépensé beaucoup, mais il s'est trop' souvenu qu'il était l'auteur de ce livre pernicieux qu'est "Le Journal d'une Femme de Chambre." Sans doute, il est impossible de le nier, c'est de l'art, mais d'un genre spécial, ce que Félix Pyat, qui pourtant n'est pas bégueule, appelait l'art pessimiste. "L'art pessimiste, disait-il, qui ne voit dans le monde que le mal, dans,la ferme que le fumier, dans la maison que le' closct, dans la ville que l'égoùt." C'est cela : les mœurs de l'égoût social. Allant représenter une pièce française dans la vaillante ville de Metz, fallait-il donc convier le public à ce spectacle si peu françaisfc On ne comprend vraiment pas. La comédie Française possède la première troupe du monde, son répertoire est composé de chefs-d'œuvre, et quand on organise des manifestations qui doivent avoir quelque chose de national, on exporte une des comédies les moins propres à faire aimer notre caractère et les qualités de notre race. Il y a là un révoltant parti pris et une sorte de défi au bon sens et au patriotisme. Que M. Emile Fabre, le directeur, qui est un homme de goût et de talent, permette cel >. c'est déjà extraordinaire, mais que le miuislre n'inter-i ^

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Cet article est une édition du titre Le Belge indépendant appartenant à la catégorie Liberale pers, parue à Londres du 1918 au 1919.

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