Le courrier de la Meuse: quotidien belge

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s.n. 1918, 05 Novembre. Le courrier de la Meuse: quotidien belge. Accès à 19 août 2019, à https://hetarchief.be/fr/pid/nz80k27c0g/
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Mardi 3 Novembre I9I8. Le numéro 5 cent. 5me Année. N® 1475. PRIX D'ABONNEMMENT : Hollande : 1 florin 25 par mois, 3 florins par 3 «ois ; Pour lts Internés fl. 0.75 par mois; 2 11. par trimestre. Etranqer: 1 B. 75 par mois, 4 B. par trimestre. Soldats au front: 3 florins par trimestre. Les abonnements partent du .er ou du 15 de chaque mois et sont payables par anticipation. Les frais de disposition sont à charge de l'abonné. Rédaction et Administration: Place Notre-Dame 23 - Maastricht. Le Courrier de la Meuse QUOTIDIEN BELGE ronde ea septembre IV14. PETITES ANNONCES is cent la ligne ou son espace corps 8. Pour une semaine : 10 cent. Avis mortuaire : 10 1. 1 fl. ; au-dessus: fl. 1.50 avec maximum de 20 lignes. Annonces permanentes fs'fldrpaoAr an htiroatt MAESTRICHT. Téléphone Intercommunal 4 5. L'AUTRICHE A SON TOUR CAPITULE. Les conditions de l'armistice. - Remise de la moitié du matériel de guerre et des chemins de fer aux Alliés; libération des prisonniers, etc, etc... - Les Italiens à Trente et à Trieste. ■ Les Belges ont atteint les faubourgs de Gand. Les Allemands rejetés siâr le canal de Tern@uzen. - Les Américains et les Anglais sur l'Escaut. L'Argonne évacuée. - Les Américains et les Français sur la Meuse. « Nombreux prisonniers. Garanties de la Paix II. Est-ce donc que l'évolution de l'humanité serait parvenue à ce point jque les traités qui mettront fin à cette guerre pourraient instaurer cette universelle société des nations? Nous ne le pensons R3UÎ. Le© clauses de la paix seront nécessairement dirigées contre l'Allemagne, et cela, en vertu même de la justice d'abord, de la prudence ensuite. S'il y aurait irréalisme à stipuler dans les traités une éternelle ligue antiallemande, plus encore 6erait-il dangereux de décréter une société des nations aussi rigide que celle que l^on nous propose, avec des entraves si étroites au libre mouvement des peuples. Précisément parce que l'évolution est une loi de vie, on ne peut pas élever à une époque donnée, la prétention de légiférer pour tous les temps et de créer un ordre fixe ne varietur. Le projet tel quel est trop artificiel' pour être réalisable. Faut-il donc exclure ies peuples germaniques de la société des nations et les mettre au ban de l'humanité? Non pa6. Il importe de réaliser tous Hes progrès possibles. Il sera bon de tenter au sortir de cette guerre l'arbitrage obligatoire et garanti, précédé du désarmement général autant que le comporteront les circonstances : ceci répond à un besoin de paix trop puissant pour qu'on ne puisse pas espérer quelque bon résultat, sans toutefois qu'on soit en droit de compter sur la paix éternelle. Mais il apparaîté vident que l'Allema-magne devra sous ce rapport être soumise à un contrôle spécial : après ce qui s'est passé, cette précaution est indispensable pour la sécurité mondiafe. L'Allemagne ne doit pas être exclue en principe de la société des nations, mais dans l'état actuel des choses, une sage défiance à son endroit sera de règle, même après sa démocratisation ; les causes de conflits et d'injustices ne sont pas supprimées par les changements de régimes politiques qui tout au plus, en telles circonstances *<ion-nées, comme actuellement pour l'Allé» magne, peuvent les atténuer; la source du mal est plus profonde, elle.est dans le coeur de l'homme avec ses convoitises et ses passions, et il n'appartient pas à l'Entente ile changer le coeur de : l'Allemand. C'est pourquoi les garanties sont nécessaires. Aussi, tout spécialement en Angleterre, est-on d'avis que si la société des nations est fondée, les ligues existantes doivent être maintenues quand même. Mieux que cela, elles doivent être resserrées. Sur le terrain économique, qui est celui des grandes luttes de l'après-guerre, chaque puissance, chaque groupe de puissances, et enfin le bloc de l'Entente tout-entier auquel, après la victoire définitive, les neutres viendront s'adjoindre, doivent être parfaitement organisés et leurs efforts parfaitement coordonnés dans le cadre national et international pour la défense et l'indépendance en face d'une Allemagne impatiente de rentrer sur le marché mondial ou cependant déjà, bon gré, mal \gré, ; elle devra accepter d'être admise à la dernière place en punition de son crime. Le code pénal de la société des nations, s'il veut être complet, devra comporter des mesures non seulement coër-citives contre le délinquant, mais encore préventives contre les puissances estimées dangereuses. Mais ce qui importe plus que toutes les décisions législatives, c'est que dans la réalité, les Alliés restent forts en face du .bloc germanique. Or, dans ce but, il leur est nécessaire, plus encore que d'affaiblir l'ennemi, de renforcer leur propre puissance par l'union. Pourquoi les Allemands dont on redoute tant la force qu'ils puisent dans l'union, seraient-ils les seuls à tendre vers l'unité? Ce qui fut l'empire britannique, aujourd'hui l'Etat britannique fédéré, indique la voie où Ton doit s'engager. Que l'exemple soit suivi, et l'on peut être «6truré que l'Allemand aura perdu d'avance la guerre 'économique à laquelle il se prépare activement tout en se démocratisant: ce sera tout gain pour la liberté des peuples. * • • C^est toute une mentalité individualiste qui est à réformer et qui d'ailleurs, sous la pression des événements, est en voie de disparition. Mais de telles transformations réelles auront J'avantage de jne pas irriter l'ennemi, et donc de diminuer les sources de conflits. Il est certain que la réconciliation pure et simple et fabolition de toute entrave économique serait préférable. Mais malheureusement, c'est ce qui est irréalisable. Il s'agit d'organiser au mieux le monde d'après les réalités présentes. Pour le reste, la paix absolue et éternelle est une chimère et l'avenir est à Dieu, Grâce à l'énergique impulsion de M. Lloyd George, les dominions britanniques dispersés sur la surface du globe, sont aussi liés à la métropole que ne peuvent l'être le6 Etats germaniques entre eux. Pourquoi n'en serait-il pas de même entre les nations latines? Elles sont faites pour collaborer et se complètent mutuellement Borghese écrivait naguère dan6 l'„Ini-ziativa": „Si le problème de sa future situation internationale est ardu pour l'Italie, si l'Espagne ne pourra la maintenir qu'en s'appuyant sur d'autres forces, la ^question est encore plus épineuse pour la France. Quant à sa richesse, la France est l'égale de l'Allemagne, de l'Angleterre, de l'Amérique et du Japon, mais à d'autres points elle est infiniment inférieure à chacune de ces puissances. L'Italie, mieux encore que l'Espagne, n'a ni richesses ni colonies qui ne Soient en proportion avec sa capacité, et, par conséquent, elle ne suscite pas de féroces convoitises, tandis que la France devra constamment protéger son immense fortune contre l'avidité des Germains..." „En examinant les besoins de chacun, on arrive à envisager l'idée de l'Union Latine. Il suffit que l'Italie et la France se mettent d'accord pour que la fédération latine devienne bientôt une réalité. L'union de la France, de l'Italie et de l'Espagne auxquelles s'adjoindraient des nations moins importantes, avec leurs ressources et leurs influences, satisferait aux besoins de tous les contractants". Il est vrai que le particularisme de chacune des puissances latines appuyé sur d'antiques et vénérables traditions, oppose un obstacle assez sérieux à l'union, et surtout à la prééminence de l'un des Etats sur les autres. Cependant, il y a là un progrès tellement conforme à la nature des choses qu'on ne pourra se soustraire longtemps à la nécessité de le réaliser. TL'Espagne ne peut plus se renfermer dans son isolement farouche qui trop souvent n'était autre qu'un rapprochement avec l'Allemagne contre l'Angleterre maîtresse de Gibraltar et la France installée au Maroc. Bientôt, grâce au tunnel sous-marin de Gibraltar, la France et même l'Angleterre entretiendront avec elle et par son territoire avec l'Afrique, des relations commerciales importantes. L'union latine aura à exploiter tout un continent africain ouvert dans sa majeure partie par la France à la civilisation. Au-dessus des groupements particuliers, demeure l'unité de l'Entente. Les Latins et Ancjlo-Saxons d'Europe sont étroitement unis à leurs frères de race des deux Amériques par les nécessités de la lutte contre l'Allemagne, et il leur en sera d'autant plus facile de le rester, que les rapports culturels sont plus puissants. L'Etat britannique a cela de particulier qu'il est une puissance mondiale s'étendant à tous les continents, et .qu'il est réellement une société de nations, où toutes les races, anglo-saxonne, celte, latine, néerlandaise, asiatique... sont représentées. Il y a donc pour lui une i nécessité de rester en paix avec tous 1 les peuples, sous peine de s'exposer à de graves désordres intérieurs : quelle 1 répercussion n'a pas eue déjà dans les dominions le conflit anglo-irlandais ! ' L'Allemagne pensait dominer le monde par la constitution de sa Mitteleuropa, de Hambourg à Bagdad; elle se trom- | pait: l'univers tend à l'union, mais par réaction contre ses prétentions à l'hégémonie, et le principal unificateur est son adversaire, le peuple anglo-saxon, dont le tempérament si pondéré, si réaliste et libéral, semblait destiné à faire 1,'éducation politique du monde. Mais alors, pourquoi redouter que les . peuples slaves soient dominés par l'Allemagne plutôt que par l'Entente? Leurs sympathies nous sont acquises, et ils ne demandent qu'à les consacrer par [es traités. L'Italie est appelée à jouer un rôle important de ce côté, pourvu que, renonçant à son impérialisme, comme elle semble s'y décider, elle sache exploiter la place qu'elle occupe déjà m Yougoslavie et ouvrir ainsi aux Occidentaux l'une des voies' les plus importantes • de communications avec le monde Blave. Il suffit d'un peu de l'ha-Dileté employée par no6 ennemis dans e but d'asservir les peuples, pour former contre eux une ligue puissante qui es enserrera de toutes parts et oppo-îera une barrière infranchissable à leurs irelléités d'expansion impérialiste. C. En Belgique ARRÊTÉS ET AVIS ALLEMANDS. ! La tin des fameuses administrations-— U11 décret du 24 octobre du, giouver-ieur général en Belgique porte : E11 égard aux événements militaires .es chefs d'administration ppur la Flan-ire et pour la Wallonie, Le chef de la section des finances auprès du gouverneur général en Belgique et Iç. président ; Je l'administration Intérieure allemain- | :1e des postes et des télégraphe^ en Bel- ! *ique sout autorisés à accorder aux fioaic- j ioniiaircs et employés de l'admiinsitra- | tion du pays belge de leur ressort, s'ils le jugent nécessaire, un congé extraordinaire d'une d,urée de trois mois, et de leur l'aire verser pour cette période les appointements et les indemnités extraordinaires auxquels ils put dnoit. 1 A BRUXELLES. Le Pajais dAreuber£- — Le conseil communal de Bruxelles, réuni vendredi mprèa-niidi, a décidé l'iuliui moyennant la som'me de 7 'millions et .demi payés! coniiptant, du palais du due d'Arenbeng, place du Petit Sablon, et det tout le bloc de terrain avoisinant. La coin<dition était le maintien du palais qui sert affecté à une salle de fêtes depuis longtemps récla'nïée dans la capitale, au salon du Cercle artistique et littéraire de Bruxelles. à ceux de la Grande Harmonie, et c.; Les 7 millions et demi ont été payés samiedi par la Société Générale. Comme il n'y a pas eu expropriation pour cause d'utilité publique, la Ville devra payer les droits de 6.75 p. c. Le diner des réfugiés* — Les1 innombrables réfugiés des régions dévastees par la guerre qui sont venus chercher un asile à Bruxelles, 11e se plaindront certes pas de l'accueil qu'ils reçoivent dans la capitale. Tous les' organis'mtes dépendant des oeuvres de secours et d'alimientation sont littéralemleint sur lès dents. Indépendamment des différentes distributions de vivres qu,i leur sjorit faites. on vient d'organiser à l'intention des réfugiés un diner spécial qui leur est servi chaque joaijr, à G hfoujres de relej vée. Ces diner, dont le 'mtenu est particulièrement soigné, sont servis dans les locaux et par les soins' des dirigeants des j,Cantines bourgiepisies", du ,,Réfectoire Elisabeth" et des „Reslaurants bruxellois". C A LIEGE. Le pr[ix des denrées — La viande ft subi mie baisse prononcée plus .forte dans Jes comluiunes environnantes que dans la ville niêmc. Cette diminution' 11e (serait pas encore adéquate à cell? subie par le prix des bêtes, sur j)ied. On a vu du lard affiché à 18 francs le kilo, revenant de 40 et même de 5,0 francs. Des pamielots vendent des cigarettes à fr. 1.25 le paquet. Certains négociants se défont de leurs marchandises à perte, de peur d'une baisse plus forte encore.. Personne ne les plaint. La situation sanita£r;c. — Samediv le bureau de l'état civil a enregistré §4 décès, soit 36 honiiirieSj femmes et 3 entants. Parmi les hom'm'es figurent 11 soldats appartenant à diverses ;iatio-nalités. Il n'en reste pas m'oins,, 4 3 décès de personnes appartenant à la population civile. Il faut remonter à l'epi-démie de choléra de 1866 pour retrouver une mbralité supérieure à celle de Samedi dernier. Dimanche, 27 décès ont été déclares, 'mai® les bureaux de l'état civil sont fermés dès 10 heures1 du matin. Dans les co'mîmunes voisines, la situation est aussi grave. Inutile de dire que les médecins sont sur mien lés et font jusque quarante à cinquante visites par jour. A la frontière. 1 t MIDDELBOURG, 3 novembre. (Corr. part.) — Pendant deux jours, le canon a tonné ferme sur le front Eede-Gand. On remarquait que les 'Alliés avaient accru le. nombre de leurs canons. La conséquence n'a pas tardé à se faire sentir. Les Allemands ont déguerpi et se sont retirés dans la direction de Sas-de Gand, epndant cette nuit. Ils onit à nouveau emmené le bétail et la plupart des hommes valides. Bon nombre de réfugiés qui s'étaient enfuis de Maldeghem et environs sont retournés chez eux en passant par la Hollande. Hier 6oir, vers 9 h. 30, un avion allemand est venu jeter des bombes sur les travaux que les Boches avaient faits dans les dunes entre Knocke et la frontière, et qu'ils n'avaient pas eu le temps de détruire. Tombées juste à côté, elles n'ont pas commis beaucoup de dégâts, et bien qu'il y avait des soldats dans les casemates, personne n'a été blessé. Aujourd'hui, vers 4 heures,deux grands navires allemands débouchèrent de l'Escaut en face 'de Flessingue. On croit qu'ils se rendront à Rotterdam.LES EVACUES RECHERCHENT... Réclamations dr Francker: Louis Despinpy, né à Aulnoiv, le 4 juillet 1843, donnicilié à Valeneiennes. et réfugiés à Francker, recherche ses enfants: Maria Despinoy, 5,1 ans, et A-dolphine Despinoy, 46 ans, et leurs; enfants: Maria et Gertnaine Joninart. et 28 ans. Henri Despinoy, 16 ans et et2Bcrnara André, 8 ma*. Madame Pouilic-Mârliere (Francker) ré clame son pèree Joseph Marlièrc, 60 ans; sa mère Maria Bis1!aux, 58 ans; se^ soeurs Virginie et Marg Marière, 36 el> 18 ans; Robert Rousseau., 8 ans, et.se^ bagages eprdus à Ghlin près Mons. Laure Maréchal réclame Emilie Maréchal et la fille de celle-ci. Léonie Wattel, de Dpuai, réclame M. et Mme Oslande, de Sin le Noble. Napoléon Vitra ut de Viesly rêclalme un colis de vêtements perdu à Leeu-» warden. 1 ! MARCHÉ DES CHANGES? 4 novembre. Banque Nationale 37.— 38.50 Société Générale 32.25 33.75 Marks 36.— 37-75 Français-chèques *42.75 43.25 Anglais-chèques u.20 11.30 . La Situation ET DE TROIS. Cette fois, il est officiellement connu que le dernier altié de l'Allemagne a mis bas les armes. Bien qu'attendue, la décision, tant elle est importante, provoquera une grande joie dans tous les pays de l'Entente; elle suscitera la consternation en Allemagne et particulièrement dans les Etats du sud de l'Empire, d'autant plus menacés maintenant que, dans les conditions de la reddition de l'Autriche, nous lisons que l'ex-double-monarchie doit accorder libre usage de ses voies de communications aux armées victorieuses et de plus, leur céder la moitié de son matériel d'artillerie. Les Alliés ne pouvaient exprimer plus ouvertement leur volonté d'assaillir l'Allemagne par sa frontière du sud, c'est-à-dire par là où l'oeuvre de Bismarck est le plus vulnérable. En attendant, c'est fini de l'Autriche. Sa défaite est aussi complète qu'on peut se l'imaginer; elle aura les conséquences les plus graves et sur la suite des opérations militaires et sur la réorganisation de l'Europe de demain. Les conditions de l'armistice dicté aux armées ennemies sont très dures; elles le sont pourtant moins que celles que l'Autriche victorieuse eût imposées 'à l'Italie et surtout à la Serbie. De plus, pour nous, la guerre n'est pas terminée; il1 importe d'abattre maintenant l'Allemagne et de l'affaiblir d'autant plus que son contre-poids naturel est lui-même affaibli. Or, pour arriver à ce résultat, les exigences de l'Entente envers l'Autriche étaient nécessaires. Cela étant, il n'en reste pas moins toujours que notre ennemi principal est l'Allemagne. C'est moins que jamais le moment de l'oublier. Dieu seul ë'ait ce qui sortira de la désagrégation du royaume bicéphale; mais il suffit d'avoir observé ce qui se passe depuis quatre ans pour se convaincre que l'empire allemand ne peut rester oe qu'il est. Nous n'avons aucune raison de ménager l'Autriche dont l'attitude a provoqué le conflit mondial, mais nul n'ignore qu'elle se serait rendue aux avertissements amicaux de l'Angleterre, si l'Allemagne n'avait tout fait pour la pousser à la Jguer-re qu'elle-même recherchait. L'esprit prussien est à l'origine du conflit; on le retrouve dans toutes les mamfesta-tions les plus cruelles de la guerre. Lui, subsistant, notre défense aurait manqué son but. * * Ceux qui estiment que le maintien d'une Autriche fédéralisée eût assuré la paix prochaine mieux que sa transformation radicale et pour tout dire, sa disparition, regretteront peut-être ce qui arrive. Mais il est permis de dire que le premier responsable en l'occurence est l'empereur Charles lui-même dont la faiblesse envers Berlin, a empêché l'exécution à temps des réformes nécessaires dans l'empire. Cela est maintenant du passé. L'Autriche a cessé d'être. Sur ses ruines, se dresseront demain, grâce aux Alliés, des peuples libres dont les destinées s'accompliront sous la sauvegarde de notre coalition. La Pologne, la Roumanie, la Serbo-Croatie, la Bohême seront des Etats influents dans le centre et le sud de l'Europe, chacun groupant des peuples de même race. Désormais, le monde ne connaîtra plus l'odieux asservissement de peuple à peuple, régime dont l'Autriche-Hongrie, a-vec l'Allemagne, était la suprême survivance.A L'ALLEMAGNE. Et maintenant, à l'Allemagne! Contre elle doivent être liguées toutes les forces de l'Entente. Frappons la chez nous; mais puisqu'il est possible, frappons la surtout chez elle. On parle de détruire l'empire allemand, de disloquer l'oeuvre artificielle voulue et réalisée par Bismarck pour le malheur de l'Europe; le meilleur moyen pour aboutir à ce résultat est de porter la guerre dans le sud de l'empire. Qui sait si ta Bavière, devant la menace de l'invasion, ne mettrait pas bas les armes?... Or, parmi les Etats allemands, elle est celui qui peut le mieux tenir tête à la Prusse, dont l'hégémonie doit prendre fin. Guillaume II, sommé d'abdiquer par une partie de la presse d'empire, répond par une nouvelle fantaisie de son cru. Tout ce qu'il abdique et non sans regret, c'est son prétendu droit divin. Pour le reste, il s'impose lui-même au peuple allemand dont il se dit Le chef nécessaire. Ma foi, si les Prussiens veulent le garder, qu'ils le gardent, mais tolérer encore que les autres Etats de l'Allemagne et demain peut-être les Allemands d'Autriche relèvent de lui, les Alliés ne le peuvent plus. FRONT OCCIDENTAL. On admirera qu'au moment où ces grands événements s'accomplissent dans le sud de l'Europe, au moment où l'Italie heureuse voit se réaliser ses aspirations nationales et recouvre ses terres irjre dente, les armées aliiées du front d'Occident vont de l'avant avec un ensemble merveilleux. Ce sont d'abord les Belges, qui ayant le redoutable honneur de manoeuvrer l'aile extrême droite allemande, l'ont rejetée du canal de Schipdonck sur le canal maritime de Gand à Selzaete, exécutant ainsi, en même temps qu'une avance de 15 à 20 km., un mouvement enveloppant par le nord. Nos soldats sont à Tronchiennes et aux faubourgs de Gand. Sur l'Escaut, en amont de cette ville, les troupes américaines, — car une armée américaine opère maintenant pn Flandre, — et britanniques bordent l'Escaut, depuis Gavere au sud de GanSdj jusqu'à Tournai. Sur un point, nos Alliés ont réussi à faire passer des troupes sur la rive droite du fleuve. A remarquer que dans la région au sud de Gan<^, les Alliés sont plus près de Bruxelles que les troupes allemandes attardées dans le saillant «3e Tournai. Dans la région de Valeneiennes, l'armée de Byng poursuit énergiquement ses progrès, elle a dépassé la ville de plusieurs kilomètres. Enfin, sur l'Aisne et sur la Meuse, la pression exercée depuis plusieurs jours par les Français et les Américains a fait céder l'armée du kronprins et celle de von Gallwitz. La première a évacué l'Argonne, non sans pertes sensibles, et s'est retirée vers les hauteurs du nord de l'Aisne; Ja seconde a été refoulée par les Américains qui ont occupé de nombreux villages e"t gagné du terrain vers Stenay. hr le Front occidental EiN FLANDRE, LES ANGLAIS AVANCENT DE 8 A 16 KM. ET ATTEIGNENT l'ESCAUT. — LA JOIE DES POPULATIONS. LONDRES, 2 novembre. Officiel. — Les opérations du groupe d'armées des Flandres qui ont commencé le 31 octobre ont été continuées avec uji grand succès pendant la journée du ier novembre.Au sud, la 2de armée anglaise a rejeté l'ennemi sur l'Escaut jusqu'à Melden et s'est emparée des villages énergiquement défendus de Anseghem, Tieghem, Caster et Enseghem. A la fin de la première journée de combats la 2de armée anglaise avait fait 900 prisonniers et avait capturé 3 canons. Au centre, les armées franco-américaines, après a-voir pris les hauteurs situées entre la Lys et l'Escaut, se sont emparées des positions ennemies sur une profondeur d'une quinzaine de kilomètres. En deux jours, ces .armées ont progressé de 8 à 16 kilomètres. Dix-neuf villages ont été repris par les Français et les Belges, entre autres les centres importants de Deinze, Nazareth, Cruysaughem et Audenaerde. Le 31 octobre au soir, les Français et les Américains avaient compté 1000 prisonniers. Ils s'étaient emparés de deux batteries complètes. Dans le nord, l'armée beige a effectué de petites opérations réussies près du canal de dérivation. 'Les tanlcs français ont rendu de grands services à l'infanterie.La population belge délivrée par les Alliés, a reçu nos troupes avec un enthousiasme indescriptible. Les maisons ont été immédiatement pavoisées. Camànuntqifté effleiel de 23 heurte-Les Allemands clia&iérVd e la forêt d Ar-jonne.PARIS, 2 novembre. — Les attaques énergiques entreprises hier et ce matin par les troupes de la 4me armée sur le front de l'Aisne et les attaques réussies des Américains entre l'Argonne et la Meuse ont contraint les Allemands à se retirer dans la forêt d'Argonne. Le6 troupes françaises qui repoussent les arrière-gardes ennemies ont réalisé des progrès considérables sur tout le front d'attaque. A l'aile gauche, les Français ont pris Pemuy et ont porté leur front jusqu'à la rive sud du canal des Ardennes qu'ils ont atteint sur une distance de 2 kilom. depuis Semuy jusqu'à Neuville et Day. Plus au sud, nous avons atteint la lisière d'Alleux, Quatre-Champs et La-Croix au Bois, après avoir pris le bois de Vandry et le village) de Ballay etiaprès avoir brisé la résistance de l'ennemi qui a surtout été énergique sur Je plateau d'Alleux et les hauteurs de La Croix au Bois. A l'aile droite, Longue et Primat sont aux mains des Français. Au nord de cette place, les Français se sont avancés jusqu'au delà de Chaine Pate et continuent énergiquement la poursuite de l'ennemi en dépit des obstacles formés par la forêt d'Argonne. Les Allemands, au cours de leur retraite, ont abandonné une grande quantité de matériel. LES ANGLAIS FONT PLUS DE 4000 PRISONNIERS. - ILS ENTRENT DANS VALENCIENNES. LONDRES, 2 novembre. Officiel. — La lutte a 'été très vive hier au sud ide Valeneiennes et a 'duré jusqu'aujourd' huA matin. Sur un front de 0 milles, de nombreux ennemis ont été tués., plusieurs contre-attaques ont été repoussées et nous avons fait plus de 4000 prisonniers. Plus au nord, les Canadiens sont, (après un violent combat, entrés dans la viUe de Valeneiennes qui est maintenant com-• plètement entre leurs mains. avancent à l'Est de la vfityeu LONDRES, 2 novembre. Officiel. — De violents combats locaux ont continué pendant toute la journée à l'est et au pud de Valeneiennes. Nos troupes ont réalisé de bons progrès à l'est et au nord de Preseau, ce qui nous permit d'occuper Je hameau de Saint-Hubert et les fermes situées aux environs. A l'est de Valeneiennes, nous occupons le village de Marly et nos détachements avancés ont pénétré dans le village de St-Saulve. Au cours de cette opération, nous avons capturé a tank6 que l'en,nemi avait employé hier au cours de ses vaines* contre-attaques. Nous avons fait plusieurs centaines de prisonniers. Au cours d'une petite opération à l'ouest de Landrecies, nous avons quelque peu avancé nos lignes et avons fait des prisonniers, SUR LE FRONT DES FLANDRES Ces Beiges rejettent tes Allemands Vers le canal de Gand à Terneuzen. AXEL, 3 novembre. — Notre correspondant particulier noue télégraphie: Léo Allemands ont été rejetés «.u-deià du canal Selzaete-Gand. Bouchaute et Selzaete 6ont complètement évacués. £ts Belges ont repris la poursuite de l'ennemi. LE HAVRE, 3 novembre. Officiel. — Au cours de la journée du 2 octobre, nos troupes ont continué à poursuivre l'ennemi en retraite, malgré les difficultés de la progression dans un terrain coupé par de nombreux cours d'eau, sur lesquels tous les moyens de passage sont détruits. Nous avons poussé notre front jusqu'à la ligne jalonnée par De Katte (1500 mètres à l'ouest de Selzaete) est de Delzeele, enfin ouest du canal Gand-Terneuze, Everghem et Tron chiennes ont été conquis après de vifs combats.C«n*nmtfqué officiel de 19 heure» L ' avanc» des Français sur l'Aisne. - Ils font 2000 prisonniers et prennent du matériel.PARIS, 3 novembre. — Entre l'Oise et la Serre, un coup de main dans les positions ennemies au nord de Pai^ny-les-Bois, a permis aux Français de faire des prisonniers. Sur le front 'de l'Aisne, l'infanterie française a réalisé au cours de la nuit une nouvelle progression. Elle a pris le village de la Croix-au-Bois et celui de Delivry. La résistance des Allemands s'est sensiblement accrue, notamment dans la forêt d'Argonne. Au matériel abandonné hier par les Allemands, et tombé entre nos1 maips, il faut ajouter 14 canons, dont 5 ïde gTos calibre. Le nombre "des prisonniers qui a été fait au cours de cette opération dépasse 2.000. CefeBÉuftnlqiié officiel de 99 heure* Snccts complet des artnfcs franco-américaines snr l'Aisne. - prise de nombreuses localités. - Toute l'Argonne conquise. PARIS, 3 novembre. — La violente bataille livrée 'dans la forêt d'Argonne par la 4e armée française en collaboration avec l'armée américaine, a amené un succès complet. Les Allemands qui tentaient de défendre le passage de l'Aisne, ont été contraints à se retirer vers les hauteurs boisées situées plus au nord. Avec un admirable élan, les troupes françaises se sont emparées des villages de Bogis, Belleville, Quatre-Champs, Noirval, Cha-tillon et Baz. S'avançant vers le jnord, elles ont occupé les bois de Vonck et de Chestres. Les arrière-gardes laissées par les Allemands pour entraver la marche en avant des Français ont été battues. La conquête de l'Argonne peut être considérée comme un fait accompli. NOUVEJJLEJ EN QUELQUES LIGNES* — Un grave accident de chemin de fer s'est produit à New-York, dans le tunnel de Brookling. 85 persopne^ (Ojnt été tuées, ^ri (

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Cet article est une édition du titre Le courrier de la Meuse: quotidien belge appartenant à la catégorie Oorlogspers, parue à Maestricht du 1914 au 1919.

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