Le national bruxellois

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s.n. 1914, 05 Août. Le national bruxellois. Accès à 22 août 2019, à https://hetarchief.be/fr/pid/5x2599zp6g/
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LE ROI ET LA FAMILLE ROTULE 1U PARLEMENT : ENTHOUSIASME I PATRIOTIQUE SANS PRECEDENT. " Institut royal Météorologique. Bull, du 4. j La situation sest peu modifiée depuis hier. Les i plus faibles pressions, inférieures à 745 m/m, s'observent aujourd'hui au nord-ouest de l'Ecosse, et les plus fortes, supérieures à 760 ra/m, sur la Rus- ! sie et les pays du Sud. Le baromètre descend sur l'Allemagne du Nord, la Hollande, la mer du Nord et la Scandinavie, ainsi que sur l'océan au sud-ouest des Iles Britanniques, le golfe de Gascogne et la péninsule hispanique; il monte partout ailleurs. En Belgique, le vent est faible d'entre sud-ouest et nord-ouest, et la température est comprise entTO 14 degrés et 17 dçgrés. ï>r£v»<inn«; - Vont mndAr'Ar nllllfl. L'Allemagne, infligeant le plus inat-1 tendu et le plus cruel démenti aux Belges qui avaient confiance dans sa signature, dans ses engagements, dans les multiples affirmations de son souverain etde'ses hommes d'Etat, déclare, mardi matin, la guerre à la Belgique. Pourquoi ? Parce que la Belgique n'a pas consenti à trahir ses promesses, à prendre parti contre un belligérant en livrant passage aux troupes allemandes. Lundi, à 11 heures, le sol belge était violé. Les troupes allemandes se dirigent sur Liège. A Londres, l'Allemagne déclare virtuellement la guerre à l'Angleterre , parce que l'Angleterre refuse d'abandonner la Belgique à la discrétion de l'Allemagne. L'ultimatum allemand de dimanche soir à la Belgique, avait, donc bien toute la portée d'un ultimatum : la menace sous condition. La Belgique ne pouvait pas céder sans manquer à sa parole, à ses devoirs, sans se ranger,elle «obligatoirement neutre» el garantie en telle qualité par S. M. le foi de Prusse, du côté d'un des belligérants.Comme notre Roi biin aimé l'a fait dire au gouvernement anglais, la Belgique défendra son indépendance par tous les moyens en son pouvoir. D'un bout à l'autre du territoire, tous les Belges sont unis de cœur et d'àme. Tous sont résolus, de toutes leurs forces, à seconder le Gouvernement, à répondre en tout à ses efïorts pour l'honneur et ^existence du pays. Le gouvernement allemand a (ait notifier au cabinet de Bruxelles, cette nuit, ceci : « Vous refusez de nous laisser passer, nous passerons quand même >>. Voilà qui définit à la fois le terrain du débat, notre droit et notre devoir. v Du Palais royal au Palais de la dation TH beau soleil iette sur la ville un rayon de Êaiet- qui contraste singulièrement avec les som-rcs préoccupations du public. Dans les rues entourant le Parc Royal, c'est, dès 9 heures du matin un va et vient continuel : la toulo se masse le long des trottoirs, derrière les barrières naJar les cardes-civiques prennent position. Malgré 1 encombrement, aucun désordre. Le {rablic obéit sans retard aux injonctions des poiriers, des gendarmes ou des gradés de la milice citoyenne; nulle bousculade dans cette masse d'hommes, de femmes, de jeune 3 gens, d'enfants. Visiblement, l'émotion a gagné tous les cœars Qui battent à l'unisson, qui tressaillent des mêmes angoisses et aussi des mômes espoirs patriotiques.En faco du palais royal, sont massés les boys-scouts et .l'escadron des chasseurs à cheval de la ï*ard" civique chargés iu service d'honneur. , Dan 3 le parc, une foule énorme s'écrase derrière les grilles. tfl h. 50. — De brefs commandements retentissent; les tambours battent, les clairons sonnent aux champs, les musiques iouent la « Brabançonne » et la cadence majestueuse do notre hymne national a quelquo chose do plus poignant.Le carrosse de la Reine, précédé de la voituro âugrand maréchal do la Cour sort du Palais. Une acclamation immense, formidable s'élève; les c'iapeaux. les mouchoirs s'agitent. Les gar-des-ci/iques présentent lrc armes, les drapeaux «'inclinent au passage de not-e Souveraine. . Celle-ci est vêtue d'une robe blanche, toute simple, sur laquelle est ieté une longue cape i)leu„. avec grand col marin en velours bleu plus foncé. Elle porto un petit chapeau blanc orné do quelques brins d'aigrette. Dai : la même voiture se trouvent les enfanta royaux. I>e duc de Brabaut et le comte de Flandre sont vêtus do costume en satin noir ;la prin-<cesse Mario-José est ravissanto sous sa toilette blanche. Eux aussi sont vivement acclamés. Ma! quelques minutes se sont passées et c'est le Roi qui, maintenant, entoure de con état>rca-, jor, escorté par l'escadron Marie-Henriette, ap-' par-fi- sur la Place des Palai . Il est h choral, | sans cordon ni décora tiens, en petite tenue do général. j L'enthousiasme du otu/*ie. à ce moment, défie tov* description. _ Le bruit des clairons, des tambours. des# mnsiones est couvert par les acclamation? qui grondent, se répercutent, renais-, sent sans cesse et toujours plus formidables. Les chapeaux, les mouchoirs se mêlent aux drape lets tricolores crue nombre de personnes *gitont« J IOn crie « Vive le Roil » <t Vive la Belgique » c Vive l'Armée 1 » « Vive de Selliers de Morau-, ville t » Les femmes ne montrent pas un entrain pa- i triotique moindre que celui des hommes ; elles acclament, elles agitent leurs ombrelles. Le Roi salue, très ému. A l'angle de rue Royale et de la rue de la Loi, où le public est particulièrement nombreux, les acclamations redoublent. Le spectacle est émouvant au possible, dans bien des yeux, on voit briller des larmes. Le cortège arrive en face do la grande entrée de la Chambre. Au haut do l'escalier exté-1 rieur se tiennent les membres des bureaux du iSéuat et de la Chambre, au grand complet. I MM. Pirmez, De Bue et YVaiocqué. questeurs J de la Chambre, s'avancent à la rencontre du Souverain qui est descendu de cheval, acceuilli 'par les acclamations de tous ceux qui se trouvent là. Le Roi salue tandis que déDutés et sénateurs s'inclinent profondément. IÎ est immédiatement conduit à la salle des séances, toujours éperdument acclamé. La Reine et les princes avaient été reçus peu avant, avec le même cérémonial UN INCIDENT. , Pendant la séance de la Chambre, tandis que la foule massée devant lo Parc Royal du côté du Palais do la Nation attendait la sortie des Souverains, tin individu se mit à insulter la gardo civique. Immédiatement on lui sauta dessus et c'est grâce îi l'intervention d'un général et de la police que le quidam put s'en tirer sans mal. Avant la séance. 9 heures. La séance ne doit s'ouvrir qu'à dix heures; dès 9 heures le péristyle et les couloirs de la Chambre et du Sénat présentent une animation extraordinaire. Jamais le Parlement ne s'est réuni au milieu d'une pareille fièvre et à l'occasion d'événements aussi troublants. Les membres, arrivés à Bruxelles, la veille, pour la plupart sont à peu près tous présents et discutent, commentent les événements. Des nouvelles d'une gravité exceptionnelle commencent à circuler dans les groupes. On dit que le parlement va délibérer pendant que l'ennemi franchit les frontières. 9 1/2 heures. — Les membres des deux Chambres vont prendre plaee dans l'hémicycle de la Chambre des Représentants. Les groupes ont pris leur place habituelle mais les sénateurs sont mêlés aux députés. La Chambre n'a Das reçu la décoration traditionnelle. Seul le fauteuil présidentiel | est déplacé. Il a été remplacé par un fau-tetii doré recouvert d'un drap de velours, destiné au Roi. Le dossier porte l'inscription nationale: « L'Union fait la force ». Derrière le fauteuil royal se trouve I'écusson portant les armes de la Belgique. Il est surmonté de deux drapeaux tricolores et d'un drapeau congolais. Devant la tribune diplomatique et devant celle du Sénat, flotte le drapeau national. Dans la tribune royale on remarque le comte d'Aerschot. chef du cabinet du Roi ! et M. Godefroid, secrétaire des commandements de Sa Majesté, M. Ingenbleek, secrétaire particulier de LL. MM. Dans la tribune diplomatique sont massés tous les représentants des puissances à Bruxelles sauf le ministre d'Allemagne, retourné dans son pays. Au premier rang on remarque le nonce du Pape, le ministre d'Angleterre.le ministre de France,etc,etc. M. Mullenaorf, député et bourgmestre de Verviers, étant absent, M. Frédéric Del-vaux,député d'Anvers, présida la séance en qualité de doyen d'âge. i II est procédé au tirage au sort pour la désignation des délégations chargées d'aller recevoir la Reine et le Roi. i 9 h. 45 — MM. de Broqueville et Davi-gnon font leur entrée.Ils sont vivement entourés par tous les membres. On remarque beaucoup M. le duo d'Ur-sel, sénateur, qui est allé s'installer sur les bancs de l'extrême-gauche socialiste entre M. Pépin et M. Oaluwaert. Le duc,qui s'est engage, porte l'uniforme des guides. II reçoit de cordiales poignées de mains de beaucoup de députés. Peu avant dix heures, M. Delvaux,doyen d'âge, réclame le silence. La famille royale est annoncée. Le silence se fait aussitôt. Les députés et sénateurs se lèvent et attendent l'entrée des Souverains. Dans les tribunes du corps diplomatqiue, îos représentants des nations se tiennent debout.Dans les tribunes publiques, on a lais^f à la dernière minute entrer beaucoup de monde. Lo public e3t grave. La garde civique fait le service d'ordre. LA REINE! I A dix heures précises un huissier annonce : — la Reine I La Souveraine entre, entourée de ses fils et de la princesse Marie-José.Elle avance lentement, un peu pâle. Dès qu'elle paraît les députés et les tribunes crient : Vive la Reine! Vive la Reine' Des tacdamations sans fin éclatent. On agite les mouchoirs et des chapeaux. Le public des ■j tribunes mêle ses acclamations à celles des ; membres du Parlement. 1 La Reine vêtue d'une toilette de soie blanche porte sur les épaules un long manteau noir. Sa Majesté s'incline sans cesse pour remercier et chaque fois les bravos redoublent. | Enfin le calme se rétablit dans l'enceinte. Mais voilà que les acclamations dont le Roi est l'objet dans la rue arrivent jusqu'à la Chambre. On entend très distinctement les cris de Vive le Roi I Vive la Belgique I L'émotion déjà intense gagne l'assemblée. Dans quelques instants elle va attein- -1 dre son paroxysme. LE ROI. j Un huissier annonce : le Roil Sa Majesté n'a pas encore franchi la porte de la Chambre que déjà des cris immen- j ses s'élèvent, roulent dans l'enceinte. Pendant plus de cinq minutes, le Roi est l'objet d'enthousiastes, de frénétiques acclamations.Le Roi s'incline, mais les bravos et les j acclamations redoublent. , Le Roi est entouré du grand maréchal de la Cour, comte de Merode et du général | Jungbluth, adjudant général du Palais, chef . de la maison militaire du Roi. Ses officiers . d'ordonnance vont se grouper autour de la Reine et des princes, pour qui des sièges ont ! été placés à gauche du bureau, l Au milieu de l'hémicycle a été installée une table où siègent le président et les plus jeunes membres de l'assemblée. Le Roi, en tenue de campagne, l'épée au j côté, a sous les yeux le texte de son discours et, visiblement, il attend qu3 les bravos cessent pour en commencer la lecture. Mais les acclamations continuent toujours. Le président est obligé de Irapper du maillet pour ramener le silence. Enfin, au milieu d'un silenco solennel, devant toute l'assemblée deboit, le Souverain commence son discours. ' Discours du Roi. Voici le texte du. discours prononcé par i le Roi d'une voix émue, au début, mais ■ ferme ensuite: ! Jamais, depuis 1880,heure plus grave n'a ' sonné pour la Belgique: l'intégrité de notre territoire est menacée 1 La force même de notre droit, la sympathie dont la Belgique, îière de ses libres j institutions, et de ses conquêtes morales n'a cessé de jouir auprès des autres na-, tions: la nécesité çour l'équilibre de l'Eu-; rope, de notre existence autonome, nous font espérer encore que les événements re-' doutes ne se produiront pas. Mais si nos espoirs sont déçus, s'il nous [ faut résister à l'invasion de notre sol (lonprg i applaudissements) et défendre nos foyers menacés, ce devoir si dur soit-il nous trouvera armés et décidés aux plus grands sa-[ crifices. (Nouveaux applaudissements. Vive laeBlgique!) Dés maintenant, et en prévision de toute éventualité,notre vaillante jeunesse est debout, fermement résolue ,nvcc la ténaeito et le sangfroid traditionnels des Belges, à défendre la patrie en danger. (Vivo l'armée ! Hourrah I !) Je lui adresse, au nom do la nation, un fraternel salut. Partout, en Flandre et en Wallonie, dans les villes et les campagnes, un seul sentiment étreint les cœurs: le patriotisme; une seule vision emplit les esprits: notre indépendance compromise; un seul devoir s'irn-1 pose à nos volontés: la résistance opiniâtre. ; (Oui 1 Oui 1) 1 Dans ces graves circonstances, deux ver-' tus sont indispensables: le courage calme mais ferme et l'union intime de tous les 1 Belges. L'une et l'antre viennent déjà de s'af-1 firmer avec éclat sous les yeux de la nation remplie d'enthousiasme. L'irréprochable mobilisation de notre armée,la multitude des engagements volontaires, le dévouement de la population civile, l'abnégation des familles ont montré,de façon indéniable, la bravoure réconfortante qui transporte le peuple belge. Le moment est aux actes. J Je vous ai réunis, Messieurs, afin de per-; mettre aux Chambres législatives de s'associer à l'élan du peuple,dans un même sentiment de sacrifice. Vous, saurez prendre d'urgence, Messieurs, et pour la guerre et pour l'ordre pu. blic, toutes les mesures que la situation comporte. Quand je vois cette assemblée frémissante dans laquelle il n'y a plus qu'un seul parti, celui de la patrie, (Oui... il n'y a plus que des Belges, crie t-on. Long3 applaudissements.) où tous les cœurs battent en ce moment a l'unisson, mes souvenirs se reportent au congrsè de 1830 et je vous demande, Messieurs : Etes-vous décidés, inébranla-blenient à maintenir intact le patriotisme j sacré de nos ancêtres? (Tous : Oui!) Personne, dans ce pays, ne faillira à son devoir. (Le Roi dit cette phrase avec fermeté et lenteur, le scandant d'un geste.) L'armée forte et disciplinée est à la hauteur de sa tâche : mon gouvernement et moi-même nous avons pleine confiance dans ses chefs et dans ses soldats. (Vive l'armée 1 Vive l'armée 1) Attaché étroitement à la population, soutenu par elle, le Gouvernement a conscicn-1 i s ce de ses responsabilités et les assumera s juf»n'au bout, avec la conviction réfléchie, que les efforts de tous, uuis dans le patrio-b tisme I® plus fervent, le plus généreux, - sauvegarderont le bien suprême du pays. a Si l'étranger, an mépris de la neutralité s dont noua avons toujours scrupuleusement observé les exigences, viole le territoire, il ; trouvera tous les Belges groupés autour du i Souverain qui ne trahira pas. qui ne trahi-i ra jamais son serment constitutionnel et s du Gouvernement investi de la confiance absolue de la nation tout entière. (Cris de - Vive le Roil répétés.) -, J'ai foi dans nos destinées: un Pays qui se défend, s'impose au respect de tous: ce l Pays ne périt pas. | Dieu sera nveo nous dans cette cause juste. (Applaudissements sur les bancs catholiques.)Vive la Belgique indépendante ! * t Lorsqe le discours est fini, des acclama- - tions immenses s'élèvent, des manifestations émouvantes se produisent; elles continuent j jusqu'au moment où les Souverains et leur suite sortent de la salle. 5 On réclame M. de Broqueville à la tribu-j ne. (Le président du conseil monte à La tri-f bune.) j M. DE BROQUEVILLE. —» Le devoir i m'oblige à lire des documents qui ijstifie-b ront i'attitude du gouvernement cKns iea circonstances graves que nous traversons. 3 Dimanche matin,le ministre d'Allemignc s m'a donné communication au nom du gouvernement impérial de cette note rédigée i en allemand. (Grande attention.) « Lo gouvernement allemand a reçu c'es - nouvelles d'après lesquelles les troupes . françaises massées près de Givet envahis-. aaient le territoire belge par la Meuse. Ce serait iwie invasion on Allemagne par territoire belge. , - La Belgique ne sera pats en mesure de - repousser la marche en avact des Français. » « Le gouvernement allemand, afin de dissiper tout malentendu, déciare ce qui suit : l'Allemagne n'exeroera pas d'hostilité contre la Belgique, si celle-ci reste neutre et ^ si elle laisse libre passage aux troupes allemandes. L'Allemagne s'engage à évaeuei le territoire beJge sitôt la paix conclue, a Tout dommage causé à la Belgique pendant ». la guerre sera indemnisé par l'Allemagne. i Mais SI LA BELGIQUE prend une at - titude contraire, si elle S'OPPOSE AU s PASSAGE,PAR LA DESTRUCTION DES s PONTS,DES ROUTES ET DES CHEMINS i,- DE FER. L'ALLEMAGNE DECLARERA i- LA GUERRE A LA BELGIQUE. ELLE Nï s PRENDRA AUCUN ENGAGEAIENT VIS-.. A-VIS DU ROYAUME. « Le gouvernement impérial a l'espoir jus-s tifié que la Belgique accédera au désir de l'Allemagne. g Dans ce cas, les relations d'amitiés qui . unissent les deux Etats deviendront plus . étroites et plus durables. » (Rumeurs.) e Voilà la note, Messieurs I A la réception de cette note, le gouverne -c ment a consulté les ministres d Etat de tous les partis. A l'unanimité, nous avons a décidé de répondre d'une façon diene. La , note, dois-je lo dire, a causé un douloureux étonnement. Les intentions attribuées à la France sont en contradiction formelle avee les déclara tions du gouvernement de la République. Les traités consacrent l'indépendance et ? la neutralité de la Belgique. La Belgique a accepté ses devoirs dans ® un esprit de loyale impartialié. Elle a tout fait pour faire respecter son territoire.LA - MENACE DU GOUVERNEMENT ALLE * M AND EST UNE VIOLATION FLA GRANTE DU DROIT DES GENS. AUCUN - INTERET STRATÉGIQUE NE JUSTIFIE c L'ENVAHISSEMENT DE LA BELGIQUE, s LE GOUVERNEMENT BELGE EN RÉPONDANT AUTREMENT QU'IL NE L'A - FAIT AURAIT SACRIFIÉ L'HONNEUR " DE LA NATION... (longs applaudissements sur tous les bancs) en même temps qu'il tra e hissait ses devoirs vis-à-vis de l'étranger. Si notre espoir était déçu, la Belgique - est fermement décidée à repousser toute e atteinte à son territoire. (Oui I Les députés B sont debout. Vive la Belgique ! M. de Broqueville est très ému.) Messieurs, nous avons attendu jusqu'à - ce matin la réponse à la note belge. L'AL-■ LEMAGNE A RÉPONDU QU'ELLE - PRENDRA PAR LA FORCE DES ARMES LES MESURES DE SÉCURITÉ IMP0- - SÉES PAR LA SITUATION. (Rumeurs.) Ceci se passe de tout commentaire. 1 LA PAROLE EST ?>ONC AUX ARMES. NOUS FERONS NOTRE DEVOIR, TOUT J NOTRE DEVOIR. Nous pouvon» être vain-® eus, mais nous ne serons jamais abattus. Le peuple belge ne manquera pas à ses de-" voirs. J'en ai la conviction. (Le Président du Conseil est acclamé. En descendant de la tribune il est l'objet d'une longue ova-» tion.) * M. Delvaux. — TOUT N0T3.E CŒUR, B TOUTES NOS ESPERANCES SONT DANS LE GOUVERNEMENT. La Belgique unie ne périra pas. (Nouvelles et longues acclamations.) La séanco est levée. Tons les membres " descendent dans l'hémicycle et vont serrer * les mains au ministre C > la guerre et do ses ' collègues du gouvernement. Des scènes dra-1 matiques ee produisent. Des députés pleurent. Tous les partis sont confondus. Les sénateurs se retirent peu « peu et ga-' gnent leur salle de délibération.; ^ La séance de la Chambre. 5 La Chambre procède aux formalités d'usa-k ge. Tous les députés prêtent successivement j le serment constitutionnel. On décide de j passer outre aux formalités de vérification 1 des pouvoirs.: " I M. le président. — Nous avons à élire le bu-t reau. B, M. Journez. — L'ancien bureau en bloc! 5 M. Delvaux. — Nous sommes d'accord. (Cris : Oui! Ouil Longs applaudissements.) M. Schol- | laert donne l'accolade à M. Delvaux et les ac-B clamations retentissent à nouveau. M. le président, entouré de MM. Borboux et B Mansart, donne lecture du discours suivant ; Messieurs, Le Belge, peu erpansif, sent profondément, mais il faut des événements extraordinaires pour l'amener à manifester ses sentiments. - I L'Europe est aujourd'hui témoin de la vi-3 gueur de son patriotisme. (Applaudissements.) ; Probe et honnête, la nation belge a scrupù-. leusement rempli ses devoirs internationaux envers toutes les puissances, et particulièrement envers celles qui lui ont imposé la neu-^ tralité et s'en sont pçrtées les garantes. Nous avons pris soigneusement les mesures qui doivent nous permettre d'assurer le res-r pect de cette neutralité quel que fût l'Etat qui - songerait à la violer. 3 Nous devions et nous pouvions espérer que plus de 80 ans de pratique rigoxireuso de ces e obligations auraient contribué à nous valoir ie _ respect de nos droits garantis par les traités. _ (Applaudissements.) La Belgique ne demande qu'à vivre pacifique et _ libre. (Bravo I Bravo I) Et cependant, nous 3 voilà menacés I et dès ce moment, dans un ad- * mirable élan patriotique, tous étroitement i- groupés, nous avons fait taire tout ce qui peut nous partager, pour assurer, dans la dignité et r l'honneur, le respect de notre droit. ! Etrangers à toute cause de conflit, nous nous e trouvons, malgré nous, impliqués dans l'une . des plus graves mêlées qui ait jamais éclaté en Europe 1 Soit I Nous saurons remplir les nouveaux devoirs qui nous sont imoosés, avec courage, abnéga-ï tion et virilité. (Bravo H Dès l'ordre de la mobilisation, on vit, dans t les campagnes, les hommes rentrer hâtivement - ce qu'ils pouvaient de récolte, puis aller livrer X leurs beaux chevaux à la remonte de l'armée, , et enfin, tous, de toutes les conditions, de tou-k tes les professions, de tous les points du pays, t abandonnant leurs parents, leur jeune femme, • leurs petits enfants, reprendre leur rang dans te iégiment. Et tout cela simplement, sans une ^ défection, sans une plainte, Sans un murmure, s pour la défense de la Patrie 1 (Applaudissements 9 prolongés.) I Ah 1 les braves gens, efc comme on est fier B d'être Belge 1 (Nouvelles acclamations.) Et cette nuit du dimanche I Le soir, la menace élate j la nuit, sous la conduite de notre Roi, des résolutions viriles sont prises pour as- 6 surer le respect de nos obligations internationales ; aux premières lueurs du jour, nos vail- . lantes troupes volent à la défense de nos frontières, et, depuis, sans cesser; nos jeunes gens, s par milliers, viennent grossir nos bataillons! (Applaudissements.) I Messieure ! l'heure grave des durs sacrifices a - sonné! Faisons tous notre devoir, tout notre e devoir ! et que le Dieu tout puissant bénisse nos s efforts et protège la Belgique ! a, Vive la Belgique indépendante et libre! £ j Le bureau est chargé de rédiger la réponse au discours du trône. i LE TEHRIT0IRE BELGE EST ENTAUI. *1 M. LE MINISTRE DE LA GUERRE. — g J'ai la douleur d'annoncer à la Chambre t que le territoire est violé... (Mouvement.) ^ M. de Broqueville remercie • l'opposition du concours qu'elle a apporté gouverne-ment en ces circonstances. ^ L'orateur annonce que le Roi vient de si-g gner un arrêté nommant M. Vandervelde, ministre d'Etat (Vifs ppplaudissements. Les ;1 membres quittent leurs places et vont ser-V rer la main du nouveau ministre.) j M. LE MINISTRE DE LA JUSTICE lit s le texte des projets de loi sur ^e « morato-rium », l'amnistie et l'accaparement des vi-|Vres, etc. ... e ' Tous les articles de ces lois sont adoptés e sans opposition. 3 • M. LE MINISTRE DE L'INTERIEUR dépose des projets de loi appelant sous les | drapeaux le contingeant de 1914, réglant la à, rémunération en matière de milice, et le gouvernement des provinces envahies.(Adop-0 té.) § M. DEVEZE dépose une proposition de . loi demandant à ce qu'il n'y ait pas d'incompatibilité entre les fonctions ae soldat et de député. [J M. BERRYER. — Ce projet do loi n'est jn pas nécessaire. Il n'y a pas d'incompatibilité. (Très bien.) 0i M. VANDERVELDE. Je tiens à motiver le vote du parti socialiste. En 1911, je f. disais que nous étions un parti internatio-e nal, ennemi des armements, mais j'ai ajou-r té que le jour où le pays serait envahi, je réclamerais la défense eu territoire. Aujourd'hui, cette hypothèse est, hélas! réalisée. ^ Lee socialistes sont unanimes à nccbrder les 3 crédits que le gouvernement réclame pour 5 la défense nationale. (Très bien à gauche.) M. JOURET monte à la tribune Les ar-3 moes allemandes sont pr->s de Liège. Je r tiens, au nom de la population do Liège, à 3 j déclarer que les Liégeois feront leur devoir _ (Bravo). Les divers projets de loi sont adoptés à l'unanimité. A 11 h. 55, le président déclare que la séance eet levée. Le retour vers le Palais. La cérémonie n'a duré que quelques instants'?' ■ pendant ce temps, la nouvelle s'est répandue i que la guerre nous est officiellement declarée. : L'enthousiasme du public s'en accroit et c'est ! accueilli par des vivats fous que le Roi sort du Palais de la Nation. Il serre quelques mains, très ému: autour do , lui tout le monde a les larmes aux yeux, on est incapable de maîtriser plus longtemps l'émotion! qui étreint tous les cœurs. Le Souverain monte à che7.-l et le cortège se dirio-e vers le Palais, par la rue Ducale et la pla- ■ ce des Palais. Le Roi salue, tandis que les ovations enthousiastes créoitent sans cesse do toutes parts. La Reine et sa suite, en voiture, viennent? alors ; les acclamations reprennent. La Souveraine s'incline, les enfants royaux ont les larmes aux yeux. Le moment est poignant. Dès que la dernière voiture du cortège a dis-, paru sous le porche d'entrée du Palais Royal, les i cordons de gardes civiques sont rompus et le public, lentement. _ s'écoule, profondement remué, . par cette inoubliable cérémonie. La réponse belge à la note allemande. i z En voici le texte t 1 Par sa note du 2 août 1914, le gouverne*1 1 ment allemand a fait connaître que d'après des nouvelles sûres les forces françaises au-, raient l'intention de marcher sur la Meuse > par Givet et Namur et que la Belgique mal-* • gré sa meilleure volonté ne cerait pas en ; état de repousser sans secours une marche ! en avant des troupes françaises. Le gouver-f nement allemand s'estimerait dans l'obli-j gation de prévenir cette attaque et de vioi 1 1er le territoire belge. Dans ces conditions* 1 l'Allemagne propose au gouvernement du' , Roi de prendre vis-à-vis d'elle une attitude ■ amicale et s'engage au moment de la paix à garantir l'intégrité du Royaume et de sea ! possessions dans toute leur étendue. La ! note ajoute que si la Belgique fait des diffi- , cultés à la marche en avant des troupes al« ■ lemandes l'Allemagne sera obligée de la ' considérer comme ennemie et de laisser le \ règlement ultérieur des deux Etate l'un via ) à vis de l'autre à la décision des armes. , Cette note a provoqué chez le gouverne- • ment du Roi un profond et douloureux éton-! . nement. Les intentions qu'elle attribue à la Fran-. ce sont en contradiction avec '.es déclara-' > tione formelles qui nous ont été faites le ' 1er août au nom du gouvernement de la R&» ' publique. D'ailleurs si contrairement à no-. tre attente une violation de la. neutralité , belge venait à être commise par la France ' la Belgique remplirait tous ses devoirs in-i ternationaux et son armée opposerait à l'en-. > vahisseur la plus vigoureuse résistance. Les i traités de 1839, confirmés par '-3S traités de 1870, consacrent l'indépendance et la neutralité de la Belgique sous la garantie des ' puissances et notamment du gouvernement de S. M. le roi de Prusse. La Belgique a toujours été fidèle à ses obligations inter^ • nationales. Elle a accompli ses devoirs dans un esprit de loyale impartialité. Elle n'a né- ' gligé aucun effort pour maintenir et faire 5 respecter sa neutralité. L'atteinte à son in-1 l dépendance dont la menace le gouverne-. ment allemand constituerait une flagrante, violation du droit des cens. Aucun intérêt - stratégique ne justifie la violation du droit., > Le gouvernement belgo en acceptant les 1 propositions qui lui sont notifiées sacrifie-" rait l'honneur de la nation en même temps qu'il trahirait ses devoirs vis à *3 de l'Eu-' rope. Conscient du rôle que la Belgique joue . depuis plus de 80 ans dans la civilisation du monde il se refuse à croire que l'indépendant j ce de la Belgique ne puisse être conservée qu'au prix';de la violation de sa neutralité.-' Si cet espoir était déçu le gouvernement 1 belge est fermement décidé à -epousser par [ tous moyens en son pouvoir toute atteinte' à son droit. ••• > Voici le texte de la dernière lettre du mi* - nistre d'Allemagne à M. Davignon : Bruxelles, le 1 loût 1914. ' • Monsieur le Ministre, J'ai été chargé et j'ai l'honneur d'informer Votre Excellence que par suite du re-, fus opposé par le gouvernement d 3 S. M. lo ' Roi aux propositons bien intentionnées quo [ lui avait soumises le gouvernement impérial, | celui-ci se verra à son plus vif regret forcéi d'exécuter, au besoin par la force des ar-meSj les mesures de sécurité exposées com-. me indispensables. »** L'ANGLETERRE DEFENDRA LA BELGIQUE. — AVANT DE QUITTER BERLIN, L'AMBASSADEUR I)E FRAXJK; PROTESTE CONTRE L'INVASION DU LA BELGIQUE. Bruxelles, 4. — On dit qu'en réponse S un télégramme du roi des Belges le roi d'An-. gleterre a assuré lo gouvernement belgo qu'il respecterait et ferait respecter l'inae- Uau — f-X** 'J 1 Mercredi S août 1911 La 5ulk§||§^iOS ofifos et demniss d'ôaploi et ds sajftts est la. plus considérable en Bêlons. 24rao année. —- N° 217.

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Onderstaande tekst is geautomatiseerd gemaakt met OCR (Optical Character Recognition). Deze techniek levert geen 100% correct resultaat op. Dit komt mede doordat oude drukken moeilijker te lezen zijn met software dan moderne. Dat betekent dat er onjuiste tekens in de tekst kunnen voorkomen. Er wordt gewerkt aan verbetering van de OCR software.  

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