Le nouveau précurseur: journal du soir

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s.n. 1914, 11 Juin. Le nouveau précurseur: journal du soir. Accès à 18 juin 2019, à https://hetarchief.be/fr/pid/q23qv3d250/
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Jeudi 11 .1 «in 1914 ci^y cnsœj^xiMK^ HO™' année X» 161 Le Nouveau Précurseur A.BOisr?srEivrEi^"TS -ANVERS. on an 18.00 fi'.; six mois e.SO fr.; trois mois 3.50 fr. INTERIEUR, » 16.00 îr.; • 8.00 fr.; » 4 50 fr. HOLLANDE, » sa.00 fr.; • 16.00 fr.; » 8.00 fr. LUXEMBOURG, • 82.00 fr.; » 16.00 fr.; » 6.00 fr. UNION POSTALE, . 42.00 fr.; - Sl.OOfr.; > 10.50 fr. Tout abonnement se poursuit jusqu'à refus formel. ON S'ABONNE i AnT«*t au bureea Uu journal et dana tôt» le# bureaux des postw en Belgique. JOURNAL DU SOIR TÉLÉPHONES { ££SS*&Ui<>»: K'«64 { 39, VIEILLE BOURSE. - ANVERS. AisrisroisrŒ s - Ordinaires, la petite ligne, fr. 0.30 Réclames, la ligne. . . fr. i.50 » { à 4 lignes . » 1.00 Faits divers, la ligne. . » 2.50 FiNAWxàiucs, la ligne . . » 0.50 Chronique Anvers ...» 3.00 Les annonces de l'étranger et de la Belgique sont reçues aussi par VAgence IlanxM, S, place des Martyre, à Drxucdles, S, Flxm de la Bourse, à Paris, et 20, High Sohboni, à Lendrcs. One femme académicienne En 1909, la Suède attribua à une huml: institutrice de Bârmland, Selma Lagerlc le prix Nobel. Aujourd'hui, le pays de Gi tave V appelle la même femme de lettr à faire partie de l'Académie suédoise. Longtemps Selma Lagerlof, resta ign rée, mais dès que lui fut décerné le pr Nobel, chaque pays s'efforça de faire co naissance avec cette étrangère de génie; ï Belessort, qui a étudié son œuvre et q l'a connue elle-même, a traduit «Jerus lem», son chef-d'œuvre très suédois et légende de «Costa Berling», qui a eu pa tout, comme en son pays, un très grai succès. Quelques autres de ses ouvrag sont très remarquables, tels «Les lie; invisibles»,«La légende d'un vieux Manoii «Les Reines de Kungahalla». Ce fut à Noël 1891, que son premier livi «Gosta Berling», parut; il devint populai et célèbre en Suède, en dépit des critique et cela du jour au lendemain. L'autei habitait avec sa vieille mère à Falun, dai une de ces maisons aux pignons bas, ; grand appartement aux vastes pièces, ai larges fenêtres, aux parquets luisants. : là, dans le silence de l'interminable hiv€ elle écoute les voix solitaires de son imag nation et raconte infiniment bien ce qu'ell lui disent, s'amusant elle-même de ses i cits. Selma Lagerlof est ce qu'on peut a peler une «humble», se dérobant à tou manifestation, aux festins officiels et pi férant demeurer avec ses rêves. La légende de «Gosta Berling» intéres certes et surprend; ce livre de riche fa taisie ne ressemble à rien de ce qui trouve dans nos bibliothèques. C'est ui série de contes dont les personnages sei bient, par certains traits, avec leur brut lité et leurs exploits audacieux, comme t moyen-âge; les tours de force qu'ils exéc tent sont ceux de géants; mais, pa,r d'à très causes, ils sont si près de nous, d'ui époque profondément humaine et compi hensive de la souffrance; c'est surtout cas des femmes. Les personnages du premier plan so les «Cavaliers». Il paraît qu'ils auraie vécu vers 1820 ou 1830,bien réellement, da: le Vermland, ces hommes rudes, impulsil violents, et que le récit de leurs aventure devenu légendaire, a été souvent conté Selma enfant. C'étaient des pasteurs, d maîtres de forge, des bohèmes violoneu des officiers retraités, des paysans, to recueillis par charité dans un manoir et vivant magnifiquement des générosités e cessives de leur hôtesse. Ils avaient don. des fêtes pleines de fantaisie romàntiq et leurs actions bizarres, incohérents leurs désordres mêmes, avaient frap l'imagination du peuple du Vermland s perstitieux. De ces histoires amassées dans sa rr moire, Selma Lagerlof a fait une œuv tout à fait captivante. Gosta Berling est, tous les cavaliers celui qui joue le pl grand rôle. Pasteur, il vivait affreuseme morose et mélancolique dans une cha mière au bord d'une forêt pleine des gém sements des grands arbres. Il s'était, av ses fidèles, mis à boire et avait dû aba donner son ministère. De désespoir, s'était 'ait un lit de neige, espérant y me rir suicidé fort à la mode en ce pays fro; Une singulièré femme,riche maîtresse c forges de Vremland, l'ayant découvert, ranima,l'amena au Manoir d Ekebu ou e l'installa avec d'autres cavaliers, qu e entretenait de ses largesses. Gosta Berli désormais vécut avec «Anders r ucn le tueur d'ours, le colonel «Berencrent le vieil enseigne «Rutger», en perruque en fraise, l'homme aux bonnes fortun «Libecrona»; le grand musicien et quelqt autres aussi. ;,a devise de ces cavaliers est «Joyei vie» et ils la veulent très mouvement audacieux à l'excès, ils inventent chac îour quelque expédition originale, et pc la concerter les scrupules ne les gênent p Aussi, quelles fêtes célébrées à Ekel comme d'ailleurs dans tout le Vermlai On les «organisait», conte l'auteur, pour seule bonne raison que, de temps îmr morial, les fêtes se donnaient pour que yeux brillent, que les cœurs battent, c sps nieds dansent, que la joie descei parmi les hommes et aussi pour que les mains se joignent. En dehors du plaisir qu'on avait à admirer les dames d'autrefois si dignes, un des cavaliers, Gosta Berling, trouva un intérim mède stupéfiant. Un jour, pour plaire à de vieux amis qui s- se désolent parce que celle que devait épou-es ser leur fils et lui apporter la richesse s'est fiancée à un autre, il leur promet de ra-o- mener l'infidèle. Il parvient à enlever la ix belle qui, éprise de son ravisseur, lui pro-n- pose de l'épouser, mais Gosta rappelle la rl. jeune fille au devoir. Il est acclamé, et lui, ai le plus faible, le plus sentimental, est a- déclaré le plus fort des hommes, la Cette aventure de Gosta Berling est con-r- tée avec une vigueur de description, une id clarté, une élégance incomparables. bs Le mystère qui plane sur la vie de ces is «Cavaliers» servant tous une même châte-», laine, femme aux allures masculines, qui se promène la pipe à la bouche, le fouet ou e, la canne à la main; l'instinct diabolique si ré impressionnant imputé à certains person-s, nages, ont classé le livre de Selma Lagerlof ir ! parmi les chefs-d'œuvre qui composent la is littérature. m La Suède a reconnu en Selma Lagerlof ix une romancière au «mâle talent», dont les lt œuvres sont empreintes de sentiments ex-r, quis, de mystères troublants, mais aussi ;i- d'infinie tendresse, et la compte désormais bs comme membre de son académie. é_ MARTINE, p. ' é- Au Dehors ?• ANGLETERRE ie Contre les suffragettes [1~ Hier le ministre de l'Intérieur, a eu un long a_ entretien avec le roi. Il s'agissait de mesures lu rigoureuses à prendre contre les suffragettes, il- Le roi, qui jusqu'ici s'était montré hostile à u- i une politique de coercition sévère contre les ie suffragettes, aurait enfin donné son assenti-a i ment aux mesures que le gouvernement comp-, ; te prendre contre les suffragettes militantes le î et criminelles. Aujourd'hui donc, le ministre ! de l'Intérieur donnera connaissance au Parlent ! ment des mesures que le gouvernement veut it ! édicter contre les suffragettes. L'attitude hos-1S | tile du public contre les malfaitrices a atteint • ces jours derniers un tel degré d'acuité que ' ; toutes les dispositions du gouvernement seront accueillies avec faveur et applaudies. Suivant à le «Times», il paraîtrait que le gouvernement bs i prévoit la déportation pour les récidivistes. fô I Contre les Lords y | Les jounaux de Londres annoncent que le x- ! gouvernement va déposer sous peu un bill pour lé réorganiser la Chambre des Lords et la renie , dre élective. _ La nouvelle Chambre n'aura pas le droit -1 I de véto définitif sur les décisions de la Cham-bre des Communes. FRANCE re Le ministère se complète ie M. Marjaine, député, a accepté le sous-secré- us tariat de la guerre. nt u- Premières réunions ^s" Les ministres se réunissent en conseil de ca- ec binet aujourd'hui à 5 1/2 heures au ministère n- de la justice. C'est au cours de cette réunion il que seront arrêtés les termes de la déclaration u. ministérielle. Un conseil des ministres aura d lieu vendredi matin à l'Elysée. Dans l'après- ' midi du même jour, le gouvernement se pré- i sentera devant les chambres. le 'Ie Contre le Cabinet lie ng Le groupe radical et radical-socialiste, ceux 5)) qu'on appelle les radicaux unifiés, s'est réuni hier et a décidé de refuser sa confiance au mi- ' 1 nistère Ribot. Au scrutin secret il a décidé par 109 voix contre 4 et 2 abstentions, que tous les ÎS> membres du groupe devront voter dans ce sens. Les Reste à savoir si cette discipline sera observée.Lso Les radicaux unifiés et les socialistes uni- se. fiés disposent de 801 voix sur 602 membres de ; ' la Chambre, si tous les adhérents à ces grou- , pes observent le mot d'ordre, le ministère Ri- U1' bot ne peut vivre. xs. »;• DANEMARK id! ia La crise constitutionnelle i é- , , Nous avons dit hier que le projet de revisior les de la Constitution, appuyé par le gouverne iue ment a été voté à une grande majorité par 1< ide Folkting (Chambre basse), mais qu'au Land sting ((Chambre haute) il avait échoué, grâce à la manœuvre des conservateurs qui se sont retirés pour que l'assemblée ne fut plus en nombre. Lors du vote de passage en troisième lecture, un sénateur de la droite avait déclaré que le parti conservateur, ne pouvant accepter les principes de la nouvelle loi électorale, suffrage .universel et égal pour-tous, et ne pouvant d'autre part l'empêcher d'être votée puisqu'il se trouve en minorité dans l'ensemble des deux Chambres, avait décidé de se retirer du Land-sting et de s'abstenir d'y siéger tant que le projet de Constitution nouvelle serait présenté à l'Assemblée. De cette abstention il est résulté que le quorum n'a pas été obtenu. En effet le Landsting est divisé en deux fractions égales: 33 membres de gauche, contre 33 membres de droite. Cependant la gauche avait une majorité d'une voix, grâce à une circonstance particulière: le président, qui se trouve actuellement être un conservateur, n'a pas le droit de voter. C'est précisément pour empêcher la gauche de faire passer son projet de Constitution nouvelle, grâce à cette circonstance particulière, que les conservateurs avaient décidé de se retirer. Le ministre-président, M. Wahle, a déclaré que dans, ces conditions 1 egouvernement devait prier le roi de dissoudre le Landsting,afin de pouvoir obtenir une Assemblée capable de travailler conformément à la Constitution, RUSSIE Immunité parlementaire La séance de mardi soir de la douma qui a eu lieu devant une assistance considérable a été consacrée à la discussion du projet de loi relatif à l'immunité parlementaire. L'extrême-droite a présenté des amendements tendant à restreinde l'immunité. La douma a refusé de discuter ces amendements et a voté d'urgence le projet de loi par 166 voix (octobristes et opposition) contre 69 (droite en nationalistes). Le résultat du vote a été accueilli par de vifs applaudissements sur les bancs des octobristes et de l'opposition tandis que la droite se retirait. La douma a ensiute repoussé à une forte majorité, composée des octobristes et de l'opposition, une motion de la commission proposant d'aggraver au point de vue disciplinaire la responsablilité des députés devant la douma et d'accorder au président de l'assemblée le droit de prendre l'initiative de certaines mesures disciplinaires. Le rejet de la proposition de la commission a été accueilli par des applaudissements chaleureux sur les bancs de l'opposition. ITALIE L'Italie en Albanie A la Chambre des députés, répondant à M. di Giorgio, au sujet des rapports de l'Italie avec l'Autriche-Hongrie pendant les derniers événements d'Albanie, le marquis di San Giu-liano rappelle ses déclarations du 26 mai sur l'accord conclu entre le gouvernement italien et l'Autriche-Hongrie, pour faire face à la situation albanaise. Après l'incident Murichio, un nouvel échange de vues a eu lieu entre les deux gouvernements pour se mettre d'accord pour donner des instructions simultanées et catégoriques à leurs agents en Albanie, afin qu'ils procèdent d'accord et conformément à la direction commune de la politique des deux gouvernements.La Chambre a discuté diverses motions inspirées par les événements de ces derniers jours. Après une vive discussion, elle a repoussé, par 254 voix contre 112 une motion désapprouvant la politique du gouvernement. Les troubles grévistes A cause de l'importance, des troubles provo qués par les événements d'Ancôme, nous les mentionnons sous une rubrique spéciale ci après. SERBIE La crise ministérielle L'ancien cabinet Pachitch garde le pouvoir Le changement de ministres qui a été annon cé dans la composition de ce ministère se fen incessamment. ALBANIE Le maréchal de Trotha M.de Trotha,maréchal de la Cour,qu'on disai parti en disgrâce, est revenu à Durazzo.il étai allô faire un voyage diplomatique à Berlin.I devait obtenir de l'empire allemand l'envo d'un grand croiseur à Durazzo. 1 Le prince de Wied voudrait donc se mainte ; nir par la force. Des soldats et des armes Le prince a passé une revue de ses troupes indigènes, Misdtes, Malissores et Gendarmes. Mardi soir des fusils, des munitions et des canons ont été transportés à Alésie pour armer des Malissores qui sont dans cette ville. Le correspondant de la «Gazette Nationale» à Durazzo croit, en outre, que 9 canons et 20 mitrailleuses de fabrication autrichienne ont été débarqués à Vallona. Intervention des Etats-Unis Dans une note-circulaire qu'il vient d'adresser à se scollègues du corps diplomatique fi Athènes, le ministre des Etats-Unis déclarp qu'il a obtenu de .son gouvernement l'autorisation de se rendre en Albanie et en Epire pour s'y rendre compte de la situation, dans l'intérêt de la paix et de la bonne entente entre toutes les races et tous les partis. Cette note a provoqué le plus vif étonnement dans le corps diplomatique, où on la considère comme constituant, de la part des Etats-Unis, une ingérence inadmissible dans les af-( faires albanaises. GRECE La Grèce arrive Dans un discours qu'il a prononcé hier à la Chambre, M. Venizelas a déclaré que bientôt la Grèce pourra mettre,' sur pied un demi-mil- Ilion de soldats. «Cette armée, a dit le premier ministre, nous ne pouvons pas l'avoir, mais la Chambre 1 peut être certaine que la Grèce, cette année, pourra aligner un nombre suffisant de soldats et envisager avec calme les événements qui : pourraient se produire.» Ces dernières paroles ont été couvertes par des applaudissements et des acclamations. TURQUIE Pour les Grecs La Porte a fait savoir au gouvernement hellénique qu'elle déployait toute son activité pour assurer la tranquilité des Grecs dans toutes les régions de l'empire ottoman. Elle prépare actuellement l'envoi d'une commission à Smyrne. BULGARIE Troubles anti-grecs De nouveaux actes de malveillance et de violence se sont produits mardi soir, à. Sofia, contre les Grecs. La police a dû intervenir et procéder à des arrestations. Le gouvernement grec a protesté et a réclamé des indemnités pour les nationaux lésés. Révocation du préfet Le préfet de police de Sofia a été révoqué pour n'avoir pas pris toutes les mesures né-: cessaires pour empêcher éventuellement que la foule occupe l'église grecque. * Restitution L'église grecque de Sofia a été rendue à la légation de Grèce, dont elle dépendait comme chapelle construite avec l'autorisation du Saint-Synode bulgare, pour servir uniquement aux sujets hellènes. MEXIQUE La présidence provisoire On annonce, de source certaine, qu'un groupe de Mexicains de Mexico a adressé â M. Rabasas une lettre dans laquelle ils lui offrent la présidence provisoire. M. Rabasas représente actuellement le) Me-; xique à la Conférence de Niagara-Falls. M. Rabasas a refusé, alléguant la nécessité où il se trouvait de demeurer encore àf Niagara Falls dans l'intérêt de son pays. On pense généralement que, malgré son refus, M. Rabasas acceptera l'offre qui lui est faite si l'on insiste. Un démenti Une dépêche de Tokio, reçue à Berlin, déclare inexact le bruit qui a couru de la dispa rition du ministre du Japon au Mexique. La dépêche ajoute que le ministre retourne à Mexico en passant par Salina Cruz. Les steamers de la Hapag J D'après des renseignements puisés à bonne ? source, la Compagnie allemande «Hamburj. f America» aurait obtenu la remise des amen : des infligées aux vapeurs «Ypiranga» et «Ba . varia» qui ont débarqué des munitions de ! guerre à Puerto-Mexico, en contraventior ! avec leurs naniers de hords mii inrlirmaieri Vera-Cruz comme destination de leur cargaison.Le secrétaire de la Guerre du gouvernement américain, M. Garrison, a admis les. arguments présentés par la Compagnie allemande. Celle-ci invoquait une décision du gouvernement mexicain, en date du 13 mai, permettant aux navires de débarquer leurs marchandises dans n'importe quel port mexicain, du moment que le port indiqué dans leurs papiers de bord se trouverait occupé par des forces" étrangères. L'incident serait clos. - Les troubles en Italie Les troubles qui viennent de se produire en Italie ont pris on ne sait trop pourquoi, un caractère presqu'anarchiste. DANGER ECARTE Heureusement on peut en espérer la fin, car la Confédération générale du travail a ordonné la cessation de la grève et des dépêches de Milan, Turin, Florence et d'autres localités importantes nous disent que le mot d'ordre a été suivi. La grève des chemins de fer paraît définitivement écartée. Les cheminots, auxquels on faisait appel, ont répondu en substance qu'ils seraient prêts à la grève s'il s'agissait d'une révolution sérieuse, mais qu'ils m voulaient pas se prêter à une simple manifestation platonique de quelques heures ou de quelques jours qui n'aboutirait à rien. A ROME Les incidents les plus sérieux se sont produits hier matin devant la Bourse du Travail, non loin du Forum Trajan. Tout le quartier a l'aspect d'être en état de siège. De nombreuses rues adjacentes étant en réparation, les manifestants se servirent de pavés comme projectiles. Ceux-ci, amoncelés sur la chaussée, rendirent difficile la marche des chevaux. Il est impossible, à travers les bruits contradictoires qui circulent, de connaître exactement le nombre des blessés de part et d'autre.La police dut à un certain moment envahir une maison voisine de la Bourse du Travail, des fenêtres de laquelle des coups de revolver avaient été tirés. Des pelotons de cavalerie circulant dans le quartier empêchèrent deux tentatives d'élever des barricades d'aboutir. L'après-midi, on a distribué dans les rues de la ville, un petit manifeste invitant les citoyens à se réunir à 5 h. 30, rue Tritone, pour faire une manifestation en l'honneur de -l'armée. Quelques milliers de personnes se sont rendues à l'endroit indiqué et, aussitôt, un cortège s'est formé, ayant à sa tête, le drapeau national et par les rues Crocci-fori, Muratte et le Corso s'est dirigé vers la place de Venise. Les manifestants chantaient des hymnes patriotiques, applaudissaient vivement les soldats qu'ils rencontraient sur leur chemin et criaient: vive l'armée. Sur le passage du cortège on avait arboré, à beaucoup de fenêtres, la drapeau italien et on acclamait les manifestants.Les dames agitaient leur mouchoirs et jetaient des fleurs. Le cortège très imposant, s'est rendu au ministère de l'Intérieur et a acclamé le gouvernement et l'armée. Une délégation a été reçue par un fonctionnaire du cabinet, en l'absence de M. Salanelra. La délégation a prié ce fonctionnaire d'exprimer les hommages de la population à M. Salandra. Le cortège s'est ensuite rendu devant le Sénat. A NAPLES Au Corso Méridional de Vasto, plusieurs manifestants ont lancé des pierres contre les artilleurs, qui se trouvaient à l'intérieur des grilles du dépôt des chemins de fer, et en ont blessé quelques-uns. Plusieurs artil* leurs, commandés par un lieutenant, sont alors sortis du dépôt. Ils ont été assailli par une grêle de pierres, Les manifestants ont tiré quatre coups de revolver; les artilleurs ont riposté par quelques coups de fusils tirés en l'air. Dans la bagarre, un des-manifestants a été tué. De nombreux artilleurs ont été blessés par des coups de pierres et de cannes. Une colonne de manifestants s'est emparée d'un chariot chargé de bière et a assailli les carabiniers,les agents et les bersaglie-ri. La police a chargé les manifestants.Trois agents isolés ont cherché, à rentrer dans le commissariat, mais. Dressés par la foule. i ils se sont réfugiés dans une laiterie. Les manifestants ont brisé les vitres de cette laiterie et ont sommé les agents de sortir. Le propriétaire de la laiterie, exaspéré, est alors sorti de son magasin, un browning k la main, et a fait feu contre la foule à quatre reprises. Un manifestant a été tué. A BARI La ville a été parcourue hier matin par des groupes de grévistes qui ont réclamé ! la fermeture des magasins. La police a dû, i à plusieurs reprises, disperser les manifestants, sans toutefois employer les armes. | Les manifestants ont lancé des pierres. 12 . agents et carabiniers ont été blessés. Un ! fonctionnaire a été contusionné. La police a opéré à plusieurs arrestations. Les grévistes ont tiré des coups de revolver contre le colonel des carabiniers, mais celui-ci n'a pas été atteint. A FLORENCE Trois mille personnes environ étaient rassemblées aux abords de la Bourse du travail lorsque, du milieu de la foule; des coups de revolver furent tirés contre les troupes qui ripostèrent. Il y eut un tué et plusieurs blessés. La police enfonça la porte d'une maison d'où étaient parfis des coups de revolver,-Elle y trouva un repris, de justice qu'elle mit en état d'arrestation. Une des personnes blessées est atteinte à l'abdomen; les autres n'ont que . des blessures légères. A PARME Mercredi matin, les manifestants ont de nouveau jeté des pierres contre les troupes et les agents de police. Les troupes ont chargé à plusieurs reprises.Les manifestants ont essayé de passer le Pont du Mezzo tout en lançant des pierres contre les carabiniers et les soldats, j Ils ont cerné dans la rue Farnez une maison habitée par deux officiers de l'école : d'application qui ont tiré plusieurs coups de 1 revolvers en l'air. Les troupes sont accourues et ont chargé, sous une grêle de pier-, res, les manifestants quelles ont dispersés. . Plusieurs arrestations ont été opérées.Il y a eu plusieurs blessés parmi les carabiniers , et les troupes. | LA DYNAMITE A Fiorenzuola, près de Plaisance, une ; cartouche de dynamite a éclaté sous le pont de l'Arda et a lézardé une pile. Un train arrivant a pu être arrêté, i Nouvelles de l'Étranger —«»► — : Miss Pankhurst arrête» Missi Sylvia Pankhurst a été arrêtée hier soir pour la huitième fois depuis qu'elle tut condamnée à six mois de prison pour avoir prononcé un discours incendiaire à Hyde Park. Les suffragettes avaient préparé une manifestation dans les quartiers pauvres de Londres. Il s'agissait d'accompagner jusqu'au parlement Miss Sylvia Pankhurts et une dé-putation chargée d'aller porter leurs doléan-: ces. La police avait pris des mesures exceptionnelles aux abords de la chambre des communes. La députation est partie à 8 heures 1/2 i de Old Fred Road. Miss Sylvia Pankhurst qui se trouve dans un état de santé très précaire, était portée sur une civière. Ije cortège avait traversé une bonne partie de la route lorsque Miss .Pankhurst, avec un petit groupe de ses amies, fut séparée du cor-; tège par des voitures en circulation. Les agents , de police saisirent l'occasion et forcèrent le le groupe à passer par une ruelle, qui fut ensuite barrée par un cordon de police. Miss Pankhurst fut placée-dans une automobile et conduite à la prison d'Hlloway. Le cortège fut dispersé dans ,1e centre. La délégation fut reçue A la chambre des communes par un inspecteur de police, qui lut déclara que le premier ministre ne pouvait pas la recevoir et on permit à quelques suffragettes d'entrer dans le Hall St. Stephens où elles parlèrent à dive.s députés. Après quelques minutes, elles quittèrent le palais. Une suffragette se suicide , Un? suffragette militante très connue, miss Feuilleton du «Nouveau Précurseur- 35 UPLCSTORTE Grand Roman PAR Robert 8AINVILLE De plus en plus étonnée, Frétillon la regardait en joignant les mams. _ Quoi? Voilà une lubie! Vas-tu faire nne classe à l'école primaire? On dirait une institutrice... ...Je la connais cette défroque. Tu l'as déjà portée i'an dernier quand u demeurais rue Fontaine. Quelle lésine! _ Ma chère, fit sèchement Yvonne, je ni te retiens plus. Fats-moi le plaisir de ten aller. Ah! je comprends, on te gêne. Où vas-tu la vicomtesse? Frétiillon, ma fille, souviens-toi qui iroi> do curiosité est souvent nuisible _ Quelle farce! s'écria l'autre en haus sant les épaules. Si tu crois que je nai pas deviné! Yvonne Lambert réprima un sursau Elle avait pâli- Peviné quoi? jdemanda-t-elle jouan l'indifférence. . _ Madrée, va! A peine installée dans te rtieubles, tu trompe.? déjà, ton type? Est-il au moins gentil ion gigolo? _ Je t'ai déjà priée de t'en ftlî.er. Allons, tourne les talons et plus vue qu cela! _ Bien bien', tu as tes ne«ç, ce matir Quand în'of/res-tii une promenée a Bois? — Demain, à quatre heures, s'il fait beau. Maintenant, laisse-moi répliqua Yvonne impatientée.Mais la danseuse demeura un long quart d'heure avant de déguerpir. Elle avait ouvert les placards et fait main basse sur tout ce qu'elle pouvait emporter. — Tu ne fais rien de ces mouchoirs? La valenciennes en est roussie. Je les prends donc. Et les mouchoirs étaient engouffrés dans un sac dont elle s'était munie. — Et cette écharpe espagnole? Tu ne danses pas le bpjéro dans les ballets de l'Ai cazar. Tu l'offres donc à ta Frétillon chérie. Voici encore des souliers de bal qui te se ront inutiles. Et cette chaîne ornég de perles que j'a perçois sur la cheminée ? Est-ce assez misérable, assez iftdigru d'une femme aussi chic que toi. Bon pour la pauvre-Frétillon; je l'empor te! Enfin, quand elle eut bourré son sac bourré ses poches, empli ses mains, elle fi i une révérence goguenarde et, sans dir< merci, se retira. Puis rouvrant la porte et avec un écla fie rire: Arjiiiee- foi bien, ma chère; mais ne t t fais pas pincer. A demain! L La voilà partie enfin! fit Yvonne avec u: soupir de soulagement. ? ïùt ojle acheva brusquement sa toilette. Une heure t&rd, un fiacre déposa: Yvonne à la gare Montparnasse. Vêtue d'une robe de laine noire, coiffé B d'un modeste chapeau de la même couleu; h?<ïT}p le visage presque masqué par u [ voile épais/ hi no femme ressembla t ainsi à quelque ilèmoi^ëjle Ufc ou quelque institutrice courant ie eaelie D'un pas rapide, elle se dirigea vers 1 guichet, et d'une voix basse: — Un billet aller retour pour Meudon demanda-t-elle. — Quelle classe? interrogea le buraliste — Seconde, murmura Yvonne en jetan autour d'elle un regard effaré. Munie de son ticket, elle s'élança sur l'es calier de la gare, le gravit prestement, trs versa la salle d'attente et alla s'installe dans un compartiment de seconde classe. Le wagon était déjà presque entièremer bondé de campagnards et de petits boui geois. La machine siffa, le train s'ébranla e se n)it en marche, Alors seulement Yvonne Lambert souley son voile. Personne dans le compartiment ne 1 copnais§ait. ! A l'arrêt de Meudon, elle sauta sur ] quai et courut vers la sortie. Un omnibus stationnait devant les ba riî're.i. i Elle y monta. t Bientôt le véhicule fut complet: ménag ■ res avec des paniers remplis de provision cultivateurs en casquette et en blouse, t Yvonne les dévisagea avec anxiété. Des inconnus! ^ Cette fois encore, la jeune femme pari soulagée d'une secrète préoccupation. L'om?ïiÎH}S partit et s'engagea dans l'i 1 term'inabîe' rué qui forme le bourg dë"Mè don. Il s'arrêta enfin à son point d'arrrivée. t Les voyageurs descendirent et Yvom sveç eux. e Tournant alors a droite, çi Go/uittô poi \ éviter un chemin trop fréquenté, elle se rr n à circuler à travers les ruelles, qui biç t tôt la conduire à la lisière, du bois. 2 A_ î'cjfréipité d'une de ces venelles, à l'e E. ti'éè teeiite bornée de h^ies épanoUj î ! Ul ■!■■■! Il III1M MU !■! — 3 et florescentes, se trouvait une maisonnetl de rustique apparence. Une clôture de pierres sèches l'entourai La porte était entre-bâillée. • Yvonne Lambert frappa deux légei 4 coups et, sans attendre de réponse, entra r solument. XII r L'ENCLOS t Elle se trouvait maintenant dans un coi loir menant à un enclos. t C'était un de ces carrés d'herbes pot. gères comme les marâichers en cultive] a aux environs de Paris. Là, s'épanouissaient les verts panachi a des asperges, les feuilles dentelées des c rottes, le lourd cylindre de l'artichaut, e Ca et là des grosseijlers qt des cassi qu!enveloppalent des plates-bandes de fre > ses. A main gauche s'étendait un gazon or bragé d'arbres fruitiers. Une femme, jeune et robuste campagna g, de, le sécateur à la main, émondait d branches gourmandes. Tout en travaillant, elle chantonnait i vieux flon-flon de café-concert: ^ Pauvre enfant du village, On pense à ic^ i- Au bruit que fit le gravier craquant so le pas d'Yvonne elle interrompit sa coi plainte et tourna la tête. ie Aussitôt elle courut au-devant de la vi teuse. ^ — Madame Dupont! s'écria-t-elle, tanc it que son visage s'éclaircissait d'un souri tv (le bienvenue. Je ne vous attendais plus. — Je suis en effet en retard, madame ]\ ri- chaud, répliqua Yvonne. ;§ Qïi est 'tëébiTf - =—^ e — Là-bas, dans la pelouse, impossible i l'arracher de son coin. t. Mais, sans l'écouter, Yvonne s'était éla cée vers le gazon. •9 Là, accroupi sur l'herbe, un peti enfa ï- vêtu de blanc s'amusait à creuser un tr< dans la terre avec une petite pelle de boi A côté du bébé, des jouets de grand pri et qui constrastaient avec la simplicité ■ l'entourage, une charrette, de petits outi de jardinage, une superbe poupée, s'épa pillaient en désordre; L'enfant lip-même, une belle petite fi] q\ii accusait pour le moins deux ans, ne re 7 semblait aucunement à Mme Michaud. Elle avait sous le hâle une peau d'une nesse veloutée, de grands y?\jx noirs re 1_ plendissants dé vie fct de santé, une for (Ip cheveux sombres tombant bas sur front et s'en roulant autour U nuque boucles épaisses.. Ses bras nus et ses mollets, quo n'onip lV sonnaient qu'à moitié des chaussette bla ches, avalent ces rondeurs fermes, ces to r_ bronzés qui annoncent une vigoureuse cor ,s titution et l'exubérance d'une forte vitali Yvonne se précipta sur l'enfant, l'enle in dans ses bras et l'embrassa avec effu^i^ — Iïortense, ma jolie m'guuHne, mon 'è ge chéri! çépétiut-éMQ" ©n la couvrant paisefh,' Mais l'enfant poussa un cri de rage, is des mains et des pieds fit des effort? (lés n- pérés pour se dégager de cette éèreinte. — Ah! fit Mrp^ ^iohaud, qui avait su si- bebé n'aime pas qu'on la dérar dans ses jeux. lis Bon, voilà qu'elle comme^cç à pleur re En effet, le visngo {le mitant s'était c] pé, les }arin«^ voulaient dans ses, yei\x, ti V- tiis que (je lamentables sanglots s'éch; paient de sa hûuohe grande ouverte. , Vivement Yvonne posa l'enfant à ter uu,ulic, ^niue aussi sous le nom ie et avec une nuance de tristesse- — Pauvre, amour, je ne veux pas te con-n trarier! soupira-t-elle. Mme Michaud se mit à rire bruyamment, 1L puis elle s écria: ^ — C'est désolant! Je ne puis l'habituer :i vous faire risette. Elle est trop jeune, voyez-vous, pour comprendre les bonnes manières. jl vous étiez sa mère, ce serait dif- 1 férent! ie V0*x san8 se ferait sûrement sen- s Et pendant que d'une voix insidieuse elle donnait cet axiome, Mme Michaud obser-) • vait curieusement Yvonne comme si elle eût espéré lui arracher quelque aveu. Mais la jeune femme répliqua très fro!-dement:— C'est possible. Je doute cependant qu'à un âge aussi tendre elle puisse entendre * cette voix du sang, en admettant qu'elle ll~ existe. £ Et, d'un regard passionné, elle couvait , Bébé qui s'était remise à son travail avec ' " un redoublement d'ardeur. va Soudain Yvonne s'écrit mécontente; — Ah! ça, pourquoi la laissez-vous -téta nur par une pareille chaleur? ^ de qYoi, lui donp6r un coup de KOJeil! Comme c est imprudent1 «t Mme Michaud leva les bras nu ciel et ri-posta avec énergie: ivi f *1 Vous croyez quo c'est facile a entendre raison à cette bam-bc b\3è. . fosèz, madame Dupont, le voilà par ter-re, son-chapeau! Et du doigt elle désignait une grande ca-' peline de paille étalée sur l'herbe. lP' — Je l'ai planté sur s», caboche de mule au moins cent fois.! ' i 'i^ /A continuerJ

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Cet article est une édition du titre Le nouveau précurseur: journal du soir appartenant à la catégorie Liberale pers, parue à Anvers du 1902 au 1914.

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