Le XXe siècle: journal d'union et d'action catholique

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s.n. 1918, 28 Novembre. Le XXe siècle: journal d'union et d'action catholique. Accès à 16 juillet 2019, à https://hetarchief.be/fr/pid/dr2p55f52x/
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ABONNEMENTS CLes prix seront fixés tris prochainement 4 A centimes ' ^ le numéro Instaurare omnia in Chrisfo Rédaction et Administration: 4, impasse de la Fidélité, 4, Bruxelles JL — TARIF DES ANNONCES Annoncescommerc., petite ligne fr. 0.50 Réclames avant les annonces, la ligne fr. 2.00 Faits divers . ; l . .5.00 et 4.00 Sports fr. 2.00 Réparations judiciaires • .>300 Nécrologies 3.00 Les petite» annonces, paraissant simultanément dans le « XX* Siècle » et le « Journal de Bruxelles » (tarif ré* duit) 3 petites lignes 1 franc. CEUX DONT IL FAUT PARLER Histoire émouvante et dramatique des origines de la " Libre Belgique „ clandestine. m L'Impression d* « J'accuse » Je résolus, poursuit M. Van Doren, d'imprimer J'accuse moi-même, rue Van der Stichelen, puisque mon imprimeur occasionnel s'y refusait, et de faire distribuer cette publication par mes porteurs habituels. Allard accepta cette tâche avec empressement. Il lut convenu que l'on tirerait 10,000 exemplaires de l'ouvrage. Je préparai le numéro pour la fête du Roi du 15 novembre. Pour le Nouvel An dont la date approchait, on projeta de reproduire le « Rêve de bataille » en y faisant figurer l'entrée triomphale de notre Roi. Nous n'étions pas parvenus à trouver une reproduction de cette œuvre célèbre, lorsqu'un jour je fis part incidemment de mes intentions à M. Gheude, un ancien professeur, qui était un des distributeurs de notre « prohibé ». Il me dit qu'un de ses amis possédait la gravure que nous avions vainement cherchée et que celui-ci ferait la transformation nécessaire. Le travail dut être fait en hâte et l'on n'y apporta pas tout le soin désirable. D'autres mécomptes survinrent : Diongre qui avait refusé d imprimer J'accuse, refusa, lorsquon lui remit la copie du numéro, d'imprimer la Libre Belgique. J'allai aussitôt trouver Allard qui composait J'accuse, rue Van der Stichelen, et nous décidâmes d'imprimer chez lui la Libre Belgique. Grâce à la nouvelle machine que je lui avais achetée pour remplacer celle qu'il m avait vendue, le tirage pouvait se faire assez vite. Nous tirions alors à 20,000. Mais le danger devenait pressant. Les Allemands venaient d'arrêter Gis-quière qui avait fait une réimpression de 1» Libre Belgique et l'éditeur Dewit de la rue Royale, dont le magasin était une véritable usine à prohibés. J'allai donc chez Allard qui habitait rue des Cultivateurs et j'installai chez lui des trappes par ou l'on pouvait faire disparaître tout le tirage en cas d'alerte, ainsi que des sonneries électriques destinées à le prévenir en cas d'alarme. Toutes nos dispositions étant _ ainsi prises, nous recommençâmes à imprimer la Libre Belgique chez lui et J'accuse rue Van der Stichelen. Pendant ce temps, les arrestations continuaient ainsi que les perquisitions chez les Jésuites et ailleurs. Je jugeai prudent de prendre avec ma femme des dispositions en prévision d'une descente éventuelle de la police allemande à mon domicile. Nous con-vîmes — car il y allait de ma vie — que si les boches se présentaient chez moi, je prendrais la fuite et je lui donnai tous les renseignements et instructions nécessaires en cas d'arrestation. La « Cravache » Nous approchions à ce moment de l'anniversaire de la fondation de notre petit journal et je désirais produire, à cette occasion, un numéro intéressant. Je cherchais un sujet de dessin et ce furent les Allemands eux-mêmes qui me le fournirent. La Wochenchau venait de paraître avec un portrait de von Bissing le représentant, assis, l'air plutôt déprimé. Je composai un croquis où on le voyait écrasé sous le monceau des formules de perquisitionsqu'ilavaitlancées, bien inutilement, dans 1 espoir de nous atteindre. Ce numéro eut le même succès que les autres. J'y puisai un nouveau stimulant et, encouragé par le résultat, je songeai à faire uu illustré. Je pris pour titre La Cravache et je me mis en devoir de reproduire les dessins de Ra-maekers qui avaient fait ici une très forte impression. Mes premiers numéros eurent beaucoup de succès. Mais les frais étaient assez lourds d'autant plus qu'il fallait,- par mesure de prudence, avoir en réserve une grande quantité de clichés de manière à assurer la publication du journal illustré pendant quelques semaines si le clicheur venait à être arrêté. Néanmoins, je marchai de l'avant. Je tirai La Cravache à 10,000 exemplaires que je fis distribuer gratuitement. Nous étions à ce moment littéralement débordés comme service de distribution. Lévêque de Namur venait d'adresser sa retentissante protestation aux évêques allemands et nous en avions tiré, à la demande du P. Dubar 20,000 exemplaires, représentant chacun, comme composition, la matière de quatre Libre Belgique. Nous distribuâmes ces 20,OOu exemplaires, 20,000 Libre Belgique, 10,000 faccuse et 10,000 Cravache. C'était trop. Nous no pouvions songer à recommencer pareil tour de force. L'orage, d'ailleurs, commençait à gronder sur nos têtes et nous approchions de la catastrophe. De fortes émotions nous attendaient. Les rases auxquelles on avait recours J'avais coutume de faire mes livrais sons de prohibés en rue. Je donnais généralement mes rendez-vous au «Grand Bazar », devant l'ascenseur. Celui à qui je devais livrer les Libre Belgique s'y présentait à une heure fixe. Nous montions dans l'apparèil en ayant l'air de ne pas nous connaître et nous nous asseyons sur la banquette, le paquet entre nous. Je sortais au premier palier, en abandonnant mes paquets qui étaient emportés à l'arrêt suivant par mon distributeur. Je procédais de la même façon dans les trams. Je m'installais sur la plate-forme, Mon distributeur montait à l'arrêt suivant. Puis je descendais abandonnant le paquet à mon complice. Je fis plusieurs livraisons dans les églises et au marché de la rue de la Loi. La grosse affaire était de varier constamment les endroits de livraison. Un matin, on vint m'annoncer que deux dames voyageant entre Liège et Bruxelles avaient surpris la conversation de deux Allemands s'entretenant en français. L'un avait dit à l'autre qu'il était sur la trace de la Libre Belgique, qu'il se faisait passer pour un marchand de journaux, qu'on lui livrait des exemplaires dans un café de Saint-Gilles et que ceux-ci étaient fournis par un certain Kreud. Son compagnon lui déclara quil recevrait 10,000 marks à titre de récompense, s'il faisait faire un pas sérieux à l'instruction. Les personnes qui avaient surpris cette conversation, firent part au doyen de Bruxelles de ce qu'elles avaient entendu dans l'espoir que le rernseignement pût être transmis au directeur de la Libre Belgique. Je fus assez rapidement prévenu et j'augurai que le fournisseur désigné par les allemands sous le nom deKreud devait être mon distributeur M. Gheude. Je me rendis chez celui-ci pour le prévenir et il fut convenu, en même temps,, que je ne paraîtrais plus chez lui, mais que je lui remettrais les numéros dans la rue. Quand je le rencontrai dans la suite, il me déclara avoir acquis la conviction qu'il ne s'agissait pas de lui. Mais je n'étais pas rassuré et j'ordonnai à Allard et à son fils d'être très prudents au moment des livraisons. L'arrestation de Gheude Un soir, j'avais donné rendez-vous à mes hommes au haut de la rue Lesbrous-sart pour assister à la livraison de la Libre Belgique par les deux fils Allard. Mes porteurs étaient en retard. Pendant que je causais avec Gheude à l'avenue Louise, j'eusje ne sais quel pressentiment et je décidai que la livraison de son paquet se ferait dans une rue s'amorçant à la rue Lesbroussart, tandis que le paquet destiné à la belle-sœur de Gheude serait remis rue du Bailli. A l'arrivée de mes deux porteurs.j'enenvoyai un remettre le paquet à Gheude, et j'accompagnai l'autre fils Allard pour lui indiquer, rue du Bailli, la personne à qui il devait remettre ses imprimés. Je revins ensuite tranquillement chez moi. Le lendemain, à 2 heures, j'entendis sonner à ma porte et j'aperçus M1" Lily Maindiaux qui avait l'air atterrée. Dès que je l'eus introduite, elle me demanda si je savais que Gheude avait été arrêté la veille. Inutile de vous dire mon émotion. Elle me raconta que Gheude, après avoir pris possession de ses numéros, avait traversé l'avenue Louise et pris la rue du Châtelain. Sa belle-sceur, après avoir reçu son paquet, s'était rendue place du Châtelain, pour y retrouver son beau-frère. Arrivée à cet endroit elle avait vu Gheude terrassé parplusieurs individus. Le distributeur à qui ceiui-ci avait donné rendez-vous se trouvait engagé dans la mêlée. Après avoir assommé deux Allemands, il était parvenu à s'enfuir avec son paquet. En présence de ces faits, la distributrice était allée en courant prévenir Mms Gheude Ceci se passait à 6 heures du soir. Gheude, anxieuse, ne savait comment me prévenir, car elle ignorait mon adresse. Fort heureusement, une jeune fille deLouvain sï trouvait chez elle; elle habitait près de la maison de Mm° Maindiaux et décida d'aller informer cette famille chez qui, j'avais reçu déjà une si cordiale hospitalité. Cette jeune fille, MUt Belot, partit courageusement à pied pour Louvain, dans la nuit. Elle arriva chez M"" Maindiaux à minuit. Le lendemain, M"1 Lily Maindiaux arrivait à 2 heures chez moi pour me prévenir de l'événement. Ce fut un avertissement providentiel car, le soir même je devais me trouver au même endroit pour faire à Gheude, dont i'aurais pu ignorer l'arrestation, la remise dç J'accuse. J'appris dans la suite que des policier^ avaient dit : « Il est fâcheux que nou:, ayons manqué le « grand ». Le grand; c'était moi. Uns Journée d'angoisses J'en arrive à la journée du 13 avril 1916. Il y avait deux mois environ à moment que l'instruction de l'affairé Gheude était en cours. J'étais rentra d'une promenade avec ma femme et vn& enfants et nous avions achevé de souper, lorsque, vers huit heures, l'aînée de mejs filles eut son attention attirée par un bruit anormal paraissant provenir de h rue. Comme je redoutais à tout momer t mon arrestation, je me précipitai à la fenêtre de la logia. J'aperçus à la porte de ma maison deux individus qui semblaient en attendre d'autres devant venir de l'avenue Milcamps. Le bruit qui avait intrigué ma fille était celui d'autos stationnant dans cette avenue. Je compris qu'on était là pour m'arréter. Je me retournai avec calme vers ma femme et je lui dis : « Les Allemands sont là. Que préfères-tu que je fasse, queje reste ou que je fuie ? » Elle me répondit : « Pars !» Je criai à la servante de laisser sonner et de ne pas ouvrir la porte immédiatement pour me donner le temps de fuir par le jardin. A ce moment, les Allemands n'avaient pas encore pressé le bouton de la sonnerie électrique. Je me précipitai vers le jardin, j'en ouvris la grille et refermai celle-ci derrière moi, Ce n'est que plusieurs jours après queje me renais compte que j'avais empêché ainsi les allemands de se lancer à ma poursuite. A trois reprises, j'essayai de sauter au-dessus du mur. Pendant ce temps,les Allemands sonnaient avec rage. J'étais à bout de forces, lorsque la Providence me vint en aide. J'aperçus dans un coin du jardin une charrette anglaise appartenant aux enfants. Je l'approchai du mur et, après avoir franchi celui-ci, je tombai dans un terrain vague donnant sur l'avenue Plasky. Ce terrain était bordé d'une palissade. J'allais la franchir également, lorsque j'aperçus un policier allemand se promenant avec un chiîn. La retraite m'était coupée. Je me)b"ot»' tis dans un trou, mais je ne tardai pas à me convaincre qu# les Allemands ne me trouvant pas chez moi, n'hésiterai' nf. pas à explorer le voisinage. Il fallait donc à tout prix partir. A tout hasard, je sautai au-dessus de la palissade. Je poussai un soupir de soulagement en constatant que j'étais seul. Le Boche avait disparu. (A suivre.) P. Delàotshbere. En l'honnïnr da cardinal Mercier Nous apprenons que, sur les instances de Sou Eminence lo Cardinal, la manifestation projetée en son honneur pour le dimanohe 1" décembre, n'aura pas lieu. Le règne de la politique VEtoile Belge, du 26, considère sans enthousiasme mais avec réalisme, la reprise de l'activité politique dans notre pays. Elle consacre à ce sujet, les lignes suivantes : Le gouvernement actuel est un gouvernement d'union patriotique, dans lequel il semble que les partis sont également représentés. Nous estimons qu'il convient de lui faire crédit puisque n'étant le gouvernement de personne, il pout ôtre considéré, jusqu'à preuve du contraire, comme le gouvernement de tous. Mais puisqu'il lui a paru nécessaire de regarder au-delà de l'œuvre de réparation qui s'impose à lui, et d'ébaucher un large plan de réformes politiques, économiques et sociales, il ne s'étonnera pas d'apprendre que ces réformes sont discutées, qu'elles soulèvent dans certains milieux des objections sérieuses et qu'elles ne paraissent pas devoir rencontrer toutes un consentement universel.S'il en est ainsi, le parti le plus franc et le plus honnête est d'exprimer nettement sa pensée. C'est ce que nous nous proposons de faire prochainement. Nous ie ferons dans un esprit détaché de toute pcliticaillerie ft sans perdre de vue les difficultés da moment. Maxs qu'on ne l'oublie pas : il est des circonstances oîi Te devoir du citoyen est de dire ee qu'il pense et tout ce qu'il pense, et les baisers Lamourette n'ont jamais rien produit de bon. * Il y a du bon dans ce discours. Mais il convient, pour dire tout ce que nous pensons, d'attendre le moment où nous pourrons lo faire sans introduire du désordre ou de la confusion dans l'œuvre de reconstitution nationale. Les polémiques ne sont pas mortes, c'est bien sûr, et les rêveurs qui les croiraient détruites ne duperont qu'eux-mêmes. Seulement, ne perdons pas de vue que la restauration nationale, affaire de salut commun, devra se fonder sur quelques grandes lignes, bien robustes, bien rigides. C'est l'accord et la collaboration qui, seuls, nous permettront do les établir. Des polémiques mesurées et guidées par l'esprit de conciliation et de concorde ne peuvent que concourir à un résultat utile. Mais si, sous prétexte de polémique, chacun des citoyens ou chacun des organes de l'opinion publique entend dire ce qu'il pense et tout ce qu'il pense, en ne tenant point, compte de ce que pensent les autres, nous retournerons du premier coup à la concur- j rence politique passée, à son esprit, à son ; inspiration, voire à sjs mé.Indes. Une telle polémique manquerait tout à fa't d'oppor-♦unité et unirait au.aays. Nos fonctionnaires en Allemagne Juste retour des choses... On nous assure que le grand quartier général a sollicité le concours de fonctionnaires belges pour coopérer, avec les autorités militaires, à l'administration des territoires que la 4° et la 5" divisions d'armée vont occuper sur le Rhin. Juste retour des choses d'ici-bas ! L'Allemagne nous a fait sentir, pendant quatre années de dure occupation, le poids de sa lourde botte. Elle nous a laissé des traditions. Les innombrables ordonnances et arrêtés de son gouvernement général et de son commissaire des banques constituent, à cet égard, une abondante documentation. Si nos fonctionnaires se rendent en Allemagne, il leur suffira d'appliquer aux populations les méthodes dont nous avons été pendant si longtemps victimes. Ce sera le moment ou jamais de constituer là-bas, mais au profit des Alliés cette fois, des « Zentrale » d'accaparement.On assure que M. Camille Jacquart, un des plus distingués fonctionnaires du département de l'Intérieur, aurait été appelé à assumer la direction d'un des services belges dans la province rhénane. Le sac de l'« Hotel Cosmopolite » Dansle désarroi des derniers jours de l'occupation, alors quo Blancs et Rouges avaient transformé la place Rogier en un véritable champ de bataille, nous n'avons pu noter les événements dramatiques qui se sont déroulés autour de la gare du Nord. Il y en eut de saisissants, eomme l'envahisso ment et la mise à sac de l'Hôtel Cosmopolite, dont nous allons dire quelques mots. Cola commence le lundi II novembre, par une fusillade qui provoque une panique dans le public affolé et nettoie rapidement la place Rogier. Vers midi et quart, une bande de soldats, revolver et coutelas en main, fait irruption dans le café. Fuite éperdue. Les brutes poursuivent les clients du café, les ramènent .mains levées, les bousculent, les frappent, poussent de véritables vociférations. Ils prétendent que, des étages, on a tiré sur eux. On visite les vêtements, on fouille les portofeuilles. Le directeur, M. De-bodt, est traîné d'un étage à l'autre, où l'on espère découvrir des francs-tireurs. Mais on ne trouve rien et on le rappelle bientôt pour ouvrir le coffre-fort, dont le contenu intéresse surtout les émeutiers. Mais M"° Olga Verlinden s'interpose, fait appel à des officiers qui parviennent à apaiser les brutes. A 4 heures du soir alors que le calme paraît rétabli, la fusillade reprend de plus belle. Les vitres volent en éclats, les balles pénètrent dans les chambres, trouent les plafonds, brisent les glaces des lavabos. Deux cent cinquante sauvages se précipitent en trombe dans l'établissement. Ceux qui n'ont pu se ruer par les fenêtres à guillotine du café, défoncent la grande porte de l'hôtel. Le café, la salle de billards, le restaurant les cuisines, les étages sont envahis. Et toujours la même excuse : des civils ont tiré ! Dans la cuisine, c'est la curée : jambons, lard, beurre, volailles, légumes, tout le garde-manger a été emporté. On remonte des caves du vjn et des liqueurs. Aux étages on défonce les portes, on force les armoires et les tiroirs, on éventre les valises, les malles des voyageurs qui ont été préalablement expulsés. M. Georges Navir, patron du Cosmopolite, 1e directeur, le personnel tiennent courageusement tête à l'orage. Vingt fois ils risquent la mort. Le désordre, l'affolement, la terreur, régnent partout. A 8 heures, la Kommandantur fait sa voir qu'elle ne répond plus de l'ordre et ne garantit plus la vie des civils. Tout le monde doit se retirer. M. Georges Navir lui-même doit s'exécuter. Le lendemain mardi on fait un rapide . inventaire des dégâts et des vols. La cave à liqueurs a été découverte, visitée et pillée. Au rez-de-chaussée tous les meubles, caisses, armoires, bureaux ont été brisés et mis à sac; leur contenu git pêle-mêle sur le parquet au milieu de bouteilles vides, de verres cassés, d'assiettes, d'argenteries. De vaines démarches sont faites auprès du Conseil des : soldats pour obtenir que l'établissement i soit remis à son propriétaire. Et la bom-. bance continue. Lo mercredi les fouilles se poursuivent, mais la journée se passe dans un calme relatif. A 4 heures on annonce l'arrivée d'un contingent de Bavarois. On se prend à espê-. rer que les scènos écœurantes des derniers jours vont prendre fln. Ces nobles guerriers débarquent lo même soir au nombre do 500, Et, comme ils sont aussi voleurs et pillards quo les autres, ils comploteut et achèvent l'œuvre de dévastation si bien entreprise. Les liqueurs les plus fines, les meilleurs châteaux, les champagnes les plus renommés sont mis à contribution par ces goujats. Dans les sous-sols des soldats gisent ivres-morts, à côté de leurs mitrailleuses. Et partout sur le sol, des bouteilles vides et des flacons, au milieu des flots de vin. Dans le magasin à conserves, quinze mille œufs, mille boites de conserves, le café, le sucre, les haricots, les pâles alimentaires, l'huile d'olive, tout a disparu, 0 Kultur! n'a fallu fermor le café et lo restaurant pendant plusieurs jours pour remettre un i peu d'ordre dans ce chaos. L'établissement | n'a pu faire sa réouverture que dimanche dernier. Quant à l'hôtel dont on a volé toute la lingerie il sera prêt sous peu à recevoir en nsrtiQ bas I Ce que disent nos soldats LE ROI AD FRONT Entretien avec un officier belge, un de ceux qui s'en moquent, de la politique ! Nous lui montrons un articulet paru il y a quelques jours dans un journal socialiste. On raconte là dedans que si l'on parle aux soldats de la présence occasionnelle du Roi dans les tranchées du front, les soldats sourient... A son tour l'officier sourit. — Que voulez-vou«, dit-i.. Il y en a que ça embête, à cause des principes. Mais c'ost pourtant comme ça! J'étais à la bataille de Kippe. Nous venions de reprendre aux boches le » grand-père ». Le « grand-père » est un des deux fortins — l'autre est le « petit-flls » — construits par les boches et sur lesquels s'appuyait leur système de défense dans cette région. Ces fortins sont des massifs de béton, bien en vue. Tandis que nous attaquions le « petit-flls >> j'ai vu — vu de mes yeux et sans sourire — le Roi, perché sur le « grand-père », suivant la manœuvre à la jumelle. Sa haute silhouette se détachait sur le ciel... — Et... c'était dangereux, dans ce moment-là, d'être sur le « Grand-Père » ? — Un peu, Monsieur I Les Allemands lui tapaient dessus avec du 21... ! Et puis, vous savez, ce n'est pas une fois que j'ai vu le Roi au front. Souvent je l'ai vu dans les boyaux. — Et disait-on que «sa place n'était pas là»? — Dame 1 On se rendait compte de la consternation qui se serait abattue sur l'armée et sur le pays s'il s'était fait tuer. — Evidemment; mais croyez-vous que ce soit une raison pour crier : — Vive la République?— J'espère, dit ce soldat, que ceux qui veulent crier : Vive la République 1 chercheront d'autres arguments que ça ! Le gouvernement allemand capitule Ce sont les Conseils des 0. et S. qui exercent toet pouvoir Une dépêche officielle de Berlin, datée du 22 novembre, nous apprend que le Comité exécutif du Conseil des ouvriers et soldats s'est mis d'accord avec le gouvernement sur les points suivants : 1° Le pouvoir politique est confié aux Conseils des ouvriers et soldats de la république socialiste allemande. La mission de ce pouvoir sera de consolider les résultats do la Révolution et do prévenir toute contre-révolution;2° Jusqu'au jour où l'assemblée des délégués des Conseils des ouvriers et soldats aura désigné le Comité exécutif de la République allemande, le Comité berlinois désigné par les Conseils des ouvriers et soldats du Grand-Berlin en exercra les fonctions; 3° Jusqu'à règlement définitif de la situation en Prusse, la nomination et la démission des mombres du cabinet allemand et du cabinet prussien sont réservés au Comité central exécutif, qui exercera en outre sur eux un droit de surveillance. 4° Le cabinet devra tenir compte dans la désignation des ministres à portefeuille des droits du comité exécutif. Il sera procédé aussitôt quo possible à la réunion des délégués des conseils des 0. et S. On ne dit pas endéans quel délai elle aura lieu. En suite de cet accord qui règle pour l'avenir les rapports du gouvernement avec los conseils des 0. et S., on fixera sous peu les principes directeurs de l'activité des conseils des 0. et S. La Gazette générale de l'Allemagne du Nord, en commentant ces arrangements, résume ainsi les sentiments qui se font jour au sein des cercles dirigeants de la politique allemande : Le Gouvernement adhère sans réserve à ce principe que la convocation d'une assemblée constituante est la condition sine quà non du rétablissement rapide de la paix. Il règne encore quelque dissentiment au sujet do la date à laquelle cette convocation devra se faire, mais cette question se résoudra exclusivement sous l'empire de considérations pratiques, les raisons politiques devant être écartées. 11 est à espérer que le Comité central des Conseils des Ouvriers et Soldats, qui va se réunir à Berlin, se placera au même point de vue. Les Etats fédéraux, dont les représentants vont se réunir à Berlin, insistent vivement pour la réunion d'une constituante. A co point de vue, toute là question se ramène à la nécessité de maintenir en toutes circonstances l'unité de l'Etat. Aboutira-t-on à une organisation fédérale de tous les éléments de l'Etat allemand, voilà uno question qui n'est pas résolue. On peut croire que ce sont surtout les Etats fédéraux du sud qui n'enténdent pas rester sous la coupe de Berlin. Donc, le Gouvernement tiendra pour la convocation d'une constituante, et il ne se laissera détourner, par l'effet de n'importe quel moyen, de son projet d'assurer à l'Etat une organisation définitive.De son côte, le Lokal Anzeiger annonce que les conseils des 0. et S. qui, dans toute l'Allemagne dépendent encore dans une certaine mesure du Conseil de Berlin, vont se réunir en décembre pour désigner les membres d'un Conseil central qui, à son tour, désignera les membres d'un comité exécutil dont l'autorité s'étendra à tout le territoire. De l'ensemble de ces informations se dégage très nettement lo fait que le Gouvernement allemand, ou ce qui s'appelait de ce nom, est désormais l'humble valet dos Conseils des Ouvriers et Soldats. A eux tout le oûuxoi': LES Fastes de l'armée belge ^ w V La bataille de Merckem et la batailla des Flandres Nous donnons ci-dessous les communiqués publiés par le grand état-major belge au sujet des combats du 17 avril 1918 (bataille de Merckem) et de l'offensive finals commencée le 28 septembre 1918 (bataille des Flandres). I. Bataille de Merckem, n avril 1918. La bataille de Merckem marque la coopération de l'armée bolge dans l'arrêt de la ruée germanique vers Paris et la , mer lors de la grande offensive du printemps 1918. Elle est une des phases de la bataille de la Lys, commencée le 9 avril et qui avait nettement pour but, pour les Allemands, l'enfoncement du saillant d'Ypres, la prise à revers de l'armée anglaise des Flandres par la percée sur Poperinghe, l'arrachement de l'armée belge des lignes de l'Yser et l'ouverture do la voie vers Dunkerque. Si l'armée belge avait cédé, la situation eût été critique. L'attaque avait été menée avec une masse de choc comprenant trois divisions allemandes en première ligne, trois autres en deuxième ligne, uue septième prête à marcher à une domi-étape en arrière. Après une préparation d'artillerie courte, pour permettre la surprise, mais violente, les divisions allemandes de première ligna s'élancèrent à l'attaque des deux divisions d'armée belges tenant le front entre le lao, Blankaart (Merckem) et le chemin de fer d'Ypres à Thourout (Nord-Est d'Ypres). Elles refoulèrent nos avant-postes mais furent arrêtées net devant notre ligne principale de résistance; puis nos troupes passant à la contre-attaque, se jetèrent sur les Allemands. Après douze heures d'un combat mené du côté des Belges, par le» seules troupes qui occupaient les lignes et, sans qu'il fallut faire appel aux réserves prêtes, l'ennemi fut refoulé et tous les postes qu'il avait occupés reconquis. Il se retira dans ses positions ayant perdu plus de 3000 hommes et laissé entre nos mains plus de 800 prisonniers dont 20 officiers et près de 100 mitrailleuses.Les Allemands avaient été arrêtés par les 38 et 4° divisions d'armée belges dont la vaillance était glorifiée par l'ordre du jour à l'armée daté du 23 avril, unissant au succès de nos armes les vaillantes populations de la Belgique occupée. Voici cet ordre du jour i, « Soldats, En octobre 1914, le Roi vous a dit : « Il vous appar« tient, par la ténacité et la bravoure dont vous aves donné tant de preuves, do soutenir la réputation de no» armées. Notre honneur national y est engagé. » Vous avez répondu à l'appel de votre Roi par une défense opiniâtre et victorieuse des positions désormais historiques de l'Yser. Le nom « Belge » s'y est glorifié. Vous avez conservé intactes toutes ces positions où le Roi vous a placés, de la mer jusqu'au nord d'Ypres. Malgré les récentes tentatives de troupes d'élite de l'ennemi» vous avez tenu devant Nieuport, Reigersvliet, Dixmude et Merckem. Depuis un mois l'ennemi a entrepris la plus grande de ses offensives : sur la Somme et la Lys il a lancé d'incessantes attaques. L'ennemi vient de heurter de front nos 3« et 4a divisions d'armée ; arrêté par la ténacité de la Division de Namur, il dût reculer sou»] la poussée victorieuse des valeureuses troupes de Liège,. Soldats, le Roi compte sur vous : Vous vous montre-.' rez dignes de vos frères dont ia résistance indomptable, au dur joug de l'envahiss ur tait l'admiration du monde ' entier; l'Yser doit rester [obstacle infranchissable con-' tre lequel viendront se briser les assauts de nos en« nemie. Grand Quartier Général, le 23 avril 1918. Au nom du Roi : Le Chef d'Etat-Major Général, G1LLAIN. » ; Les 9®, 11', 12" et 14° régiments de ligne, [ le lw chasseurs à pied de la 3e division d'ar-. mée, et les 13" et 19° de ligne, de la 4° division d'armée, qui arrêtèrent puis refoulèrent l'ennemi dans cette bataille mémorable, por-tont sur leurs drapeaux l'inscription qui ■ rappelle leurs exploits : " Merckem ». Les 3®, 9° et 15° régiments d'artillerie et la 1™ ' batterie du 1er groupe du 26 régiment d'artillerie lourde portent la même inscription sur i leurs boucliers de pièces pour commémorer - leur belle conduite au cours du 17 avril 1918. i La croix de chevalier de l'Ordre de Léopold 1 fut conférée aux drapeaux du 9e de ligne et t du régiment de chasseurs à pied, en témoi-l gnage de l'héroïsme des soldats de ces deux i régiments. " II. La bataille de la crête des Flandres.* 1 A partir de la bataille de Merckem du 17 avril 1918 ce furent des combats inces-5 sants dans le « No man's land » chaotique 3 qui nous séparait des Boches. Ces combats I avaient pour but la conquête des points im. portants du terrain tenus par l'ennemi. Ces s points allaient jalonner une nouvelle ligne t d'où l'armée belge s'élancerait quand arri. 0 verait le jour de la grande offensive atten- 1 due. Dès le 18 juillet s'ouvrit, sous l'impul- - sion vigoureuse et clairvoyante du maréchal Foch, généralissime des armées alliées, les 3 opérations d'une stratégie offensive qui allait , amener la défaite de l'Allemagne. L'armée i belge, qui brûlait du désir de passer à son s tour à l'attaque, reçut du Roi, le 27 septembre, l'appel qu'elle attendait avec tant d'impatience : Soldats, Vous allez livrer un puissant assaut aux positions ennemies. Aux côtés de vos héroïques camarades bri* tanniques, il vous appartient de refouler l'envahisseur, qui opprime vos frères depuis plus de quatre ans» L'heure est décisive. Partout l'Allemand reoule. e Soldats, ® Montrez-vous dignes de la cause sacrée de notre in« dépendance, dignes de nos traditions et de notre race. C En avant pour le Droit, pour la Liberté, pour la Bel* „ gique glorieuse et immortelle. Albert. î II Le 28 septembre, de Dixmude à la LvrJ '• l'armée belge et la IIe armée britannique, a. sa droite, partirent à l'assaut des posit nsj >- allemandes formidablement organisées de-e puis plus de quatre ans. Trois divi is i- d'infanterie et un corps de cavalerie li n« e çais se trouvaient en soutien, prêts àprendre I.leur oart dans la lutte. Od n'eut nas à.2 JEUDI 28 NOVEMBRE 1918 L'UNION DAÇJS L'ACTION VINGT-QUATRIEME ANIMhE

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Cet article est une édition du titre Le XXe siècle: journal d'union et d'action catholique appartenant à la catégorie Katholieke pers, parue à Bruxelles du 1895 au 1940.

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