Les nouvelles: journal belge quotidien publié à Maestricht par un groupe de journalistes liégeois

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08 decembre 1918
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s.n. 1918, 08 Decembre. Les nouvelles: journal belge quotidien publié à Maestricht par un groupe de journalistes liégeois. Accès à 18 août 2019, à https://hetarchief.be/fr/pid/6688g8g70x/
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5e Année — N" 108-9 Rédaction & Administration Turfmarkt 31 &31a La Haye—Téléph 216 Bureau à Wiaestricht : Hotei Suisse,Vrijthof,Téléph.159 à Hessingue : Slijkstraat, 5 FRANÇOiS OLYFF Directeur - Fondateur Les Nouvelles Dimanche 8 et Lundi 9 Dec. 1918 ■"■■y.!*"1* fr* -v^ i ceists ïe «ai«aiér'->» ABONNEMENTS : o ii j 1 florin Dar moia Hollande; 2.50fl.par3mois Etranger: port en sus ANNONCES : La ligne : 15 G. en 48 page Réclames permanentes à forfait Journal belge fondé â Maestricht en août 19Î4 Où l'on voit reparaître l'Internationale On n'entend plus guère parler de l'Internationale. Heureusement! Mais on aurait tort de croire — et ici, tout au moins dans les mots, nous sommes obligés de donner raison à Camille Huysmans — on aurait tort de croire que l'Internationale est morte. Nier l'Internationale et tenir pour absolument négligeable le rôle que d'aucuns prétendent lui faire jouer, se-serait s'exposer à des désillusions. Voyons les faits : Deux hommes ambitieux, de talent inégal, Troelstra et Camille Huysmans, ont rêvé depuis le début de la guerre de jouer un grand rôle dans la paix. Pour jouer ce rôle, il leur est apparu qu'ils ' devaient commencer par faire la paix et \ ils y ont déployé tous leurs efforts. Troel- ; stra, agent avéré de la sozial-démocratie, j n'a rêvé ni plus ni moins que d'imposer j au monde l'impérialisme marxiste. La paix j allemande, obtenue par les armes aile- j mandes, légèrement adoucie dans certai- ; nés de ses stipulations en conformité ; avec les principes de l'Internationale, j devait substituer dans sa pansée à l'hé- ' gémonie dans le monde, du parti mili- : taire de l'Allemagne, l'hégémonie du parti ; ouvrier allemand. On sait comment 5 Troelstra, dépité de son échec, tenta de livrer au moins la Hollande, une Hollande préalablement " soviétisée „, aux " ar- ! sols „ de Berlin. Il n'y réussit pas davantage. Il apparut que ni le sens : politique ni l'intelligence de ce petit bourgeois de Leeuwarden n'étaient à la hauteur de son ambition. Camiile Huysmans, qu'on peut ne pas aimer davantage mais qui a une autre . allure que le sous-Catalina hollandais, se croit appelé à être l'arbitre de la paix du jour où il profit à Jaurès de ne jamais; " quoiqu'il advint „, laisser se rompre le lien de l'Internationale. Dans ce " quoi qu'il advint „ une nature généreuse comme Jaurès n'eut certainement pas pu comprendre la violation de la neutralité de la Belgique et, autant l'approbation de ce crime par les sozial-démocrates à la séance du Reichstag du 4 août !914. Huysmans, lui, ne se laissa pas démonter. Hypnotisé par la puissance militaire allemande, convaincu que les alliés ne sauraient jamais d'une manière définitive renverser la fortune des armes, il crût à la faveur des événements amener le règne de cette Internationale dont avec une ironie seulement apparente il se proclamait lui-même le pape infaillible. Nos lecteurs connaissent sa campagne en Hollande et ses manœuvres en Suède. Et il fallut noH seulement toute l'énergie des gouvernements de Lloyd George et de Clemenceau, mais aussi tout le génie de Foch et la bravoure de ses admirables poilus pour que la conférence de la paix se tint à Versailles et non à Stockholm. Huysmans n'a pas plus réussi que Troelstra. Mais on aurait tort de voir dans l'échec des intrigues pacifistes dont ii tenait les fils, les dernières convulsions de cette Internationale que beaucoup d'entre nous tenaient déjà à cette époque pour un cadavre. Cadavre si l'on veut, mais cadavre récalcitrant. Allons-nous voir, en effet, l'Internationale tenter de manœuvrer la conférence de la Paix? Il n'y a point à le craindre et pour cause. Mais le danger réside en ce que l'Internationale de demain qui ne sera que la continuation et même l'amplification de l'Internationale d'hier, va se dresser contre les résolutions de Versailles et recommencer au profit de l'Allemagne, naturellement, l'agitation qu'elle n'a cessé de fomenter depuis ie début de la guerre. Nous en trouvons l'aveu dans des paroles qui ont été dites à une réunion de pacifistes hollandais. Le sens est celui-ci : "Que Wilson ne réussisse point à constituer sur des bases sérieuses la société ! des nations en sorte de bannir de la terre toutes les possibilités d'une guerre future, , ce sera le rôle de l'Internationale de reprendre et de mener à bien une œuvre ou ont faibli les gouvernements bour- ' geois. „ Ainsi apparaît une nécessité de , plus de se rallier à la grande et noble pensée du président des Etats-Unis dont la réalisation non seulement nous mettrait à l'abri de la guerre mais qui sauverait aussi le monde du cataclysme de la révolution. En parlant ainsi nous ne craignons point d'encourir le reproche de céder devant la menace d'une clique. En examinant les raisons qui militent en faveur des idées de M. Wilson, nous ne pouvons point écarter celle qui nous fait craindre l'ascendant que pourrait reprendre l'Internationale à la faveur d'une réaction contre le pacifisme. Car le pacifisme est bon en soi. Ce que nous avons condamné en lui, pendant la guerre, c'est l'effet déprimant qu'il aurait pu exercer \ et qu'il a exercé en effet sur la conduite de la guerre. Nous ne pouvons pas permettre que le pacifisme, ou, plutôt, l'idée de la paix pour ne point user d'un mot AU JOUR LE JOUR Leur bonhomie! y Beaucoup de bons Hollan- dais s'indignent de la sévérité l'IniT/ des mesures prises par les ' autorités militaires beiges en Allemagne. Ces braves ne peuvent pas se mettre dans la tête qu'on désire rendre aux Allemands un peu de la monnaie" de leur pièce. lis jugent cela " dur „ et " indigne „, quelques-uns même trouvent cela " cruel „ et " sauvage „. Pas pour un boulet de canon, je ne me donnerais le ridicule de défendre ici les mesures, d'ailleurs excellentes et de bonne justice, prises par le colonel Gracia ; mais ce qu'il faut signaler c'est la critique indignée que ces mesures rencontrent ici. On ne se souvient pas que des mesures non seulement semblables mais cent fois plus strictes aient fait le sujet de protestations quelconques pendant les quatre années qu'à duré l'occupation allemande en Belgique et en France. Les Belges et les Français pouvaient, eux, se soumettre aux ordonnances infâmes de " komman-danturen „ allemandes. On ne disait rien. On n'approuvait pas certes, mais on ne disait rien du tout. Aujourd'hui que l'ennemi est battu, et qu'on le taquine un peu, les Hollandais, ou, mieux, des Hollandais, crient et tempêtent. C'est étrange. Mais c'est drôle, aussi. C'est d'autant plus étrange que les Allemands, les " victimes „ de la " barbarie „ belge, ne crient pas du tout. Ils sont même enchantés. lis accueillent nos soldats le chapeau à la main et la bouche en cœur. Encore une fois, ils cri?nt " Kamarad!„, les bras non levés, mais tendus. Les femmes leur font de l'œil, et les poursuivent sans vergogne d'assiduités assez écœurantes. Ni elles, ni eux, ne trouvent que les Belges sont impitoyables. Ils trouvent au contraire qu'ils sont au fond des poires, et estiment qu'après tout ce que les Allemands leur ont fait, ils en sont quittes à bon compte. Non, non, les Allemands ne se plaignent pas. Bien mieux : ils veulent — sacrés entêtés ! — fraterniser " fraternisieren ,„ Dieu me pardonne. Il n'y a que quelques Hollandais „ qui soient mécontents. Ils nous trouvent durs. Mais les Allemands (et les Allemandes) nous trouvent, au contraire, très doux. Il est bien difficile de contenter toutj le monde et le " Vaderland „. On nous racontait l'autre jour l'aventure de deux officiers français prisonniers à Francfort et qui viennent de rentrer chez eux. Dès la révolution ils demandèrent à être libérés. Déjà, un " Soviet „ s'était installé à Francfort. Tranquillement, les officiers s'abouchèrent avec ie nouveau gouvernement. — La paix est prochaine, dirent-ils ; nous en avons assez d'être enfermés. Puisque vous avez voulu vous affranchir du joug impérial, vous devez comprendre que nous tenions pareillement à être libres. — Qu'est-ce que vous désirez ? demanda obligeamment le Soviet. Vous ne pouvez pas encore rentrer en France. — Non, mais en attendant, nous pourrions au moins sortir en ville. — Qu'à cela ne tienne ! s'écria d'une seule voix l'accommodant Soviet ; tant qu'il vous plaira, messieurs ! Voilà nos officiers d'abord ravis, puis très embarrassés. Impossible de se mettre en civii ; quel effet allaient faire leurs uniformes dans les rues de Francfort? Un effet délicieux ! Dès qu'ils risquèrent le nez hors de leur prison, tout le monde leur fit fête. Les femmes de la meilleure compagnie leur couraient après sans vergogne. Au théâtre, on leur réservait la meilleure loge ; quand ils y prenaient place l'orchestre jouait la Marseillaise, que l'assistance écoutait debout, tête-nue. Transportez la scène, et imaginez deux officiers boches dans les rues ou au théâtre à Bruxelles ! Au fond, diront nos bons Hollandais, vous voyez bien que les Allemands, sont de braves gens. Oui, oui. Ils oublient le mal qu'ils nous ont fait. Et mieux : ils nous le pardonnent. Ce sont ce qu'on est convenu d'appeler de riches natures. — R. F. discrédité, soit le monopole de la révolution et qu'elle serve ainsi de manteau aux manœuvres allemandes. Cette noble idée ne peut devenir féconde que par un effort de la société ; elle n'est qu'une illusion funeste, un paradoxe détestable et ridicule lorsque s'en emparent les forces destructrices de la société. Tenons pour assuré que la lutte pour sa réalisation pratique dans le cadre prévu par M. Wilson sera une des formes les plus efficaces de la grande bataille de l'Ordre contre les puissances de destruction. *** L'écroulement Allemand vu du Rhin ! L'Echo de Paris : ji Comment le colosse allemand, après sa ; formidable résistance, s'est-il soudaine-jj ment écroulé ? De plusieurs côtés, dans ; ces pays de la rive gauché où j'écris ces lignes et où abondent les renseignements d'outre-Rhin, on me donne des précisions : qu'il nous faut recueillir et méditer afin ; que nous comprenions la situation présente î de l'Allemagne et que nous sachions mieux comment nous conduire à cette dangereuse vaincue. Voici présentée d'une façon schématique la succession des iates et des faits: Le 4 octobre, Ludendorf se présenta à Berlin et déclara au gouvernement que s'il n'avait pas dans la huitaine un armistice, ce serait la défaite et la déroute. On communiqua cette déclaration aux membres du Parlement Le 5 octobre, ie Parlement de Berlin offrait le spectacle du plus effroyable désarroi. Désarroi tel, dit un témoin, que dans la matinée du 5 le gouvernement allemand aurait consenti à n'importe qu'elles [conditions d'armistice ou de paix. Il jugeait tout perdu. Ce rut le pire moment de la démoralisation. La raison pour laquelle Ludendorf avait fait cette démarche décisive, c'est que sa retraite en Belgique et en Flandres s'opérait dans ies plus mauvaises-conditions. Il avait le sentiment qu'il était percé et que le désastre était imminent. Or, huit jours après, la retraite s'était faite en bon ordre. Il respira, regretta son action et s'apprêta avec le cabinet militaire de l'empereur et tout le parti | pangermaniste à revenir à l'idée de la | l résistance à outrance. I Au bout d'une dizaine de jours, cette | ) manœuvre était deverue une véritable j ; conspiration. Le gouvernement démocra- • | tique d'alors (Erzbergér, Scheideman, etc.) | en eut connaissance, lî apprit par certains \ officiers, qui déjà Sâdi. ient pied, qu'il se ' I préparait un véritable coup d'Etat militaire. Ludendorf voulait établir une dictature ' \ militaire et abandons complètement son ( idée d'armistice. i.és g\>iiVërhants que nous i venons de nommer le mirent en demeure ; \ de donner sa démission. ? C'est ainsi que la chose s'accomplit ? Nous avons là-dessus une certitude ab-j solue. Quant à l'empereur qui, au moment | où l'avis de la faillite militaire avait été | communiqué au Parlement, était prêt à | abdiquer et entrenait de cette intention « tout son entourage, il changea d'idée sur | l'inspiration de Ludendorf et du parti ; militaire et prit le parti de rester à son t poste jusqu'au bout, parce qu'on l'avait I convaincu qu'il était la clef de voûte de •j tout l'ensemble et qu'après la disparition j; de Ludendorf, s'il disparaissait lui-même, s ce serait la destruction générale. I* Certainement qu'à ce moment, Schei-demann et Erzberger ont soutenu l'empereur dans son intention de ne pas abdiquer. Ils craignaient d'être débordés | par les éléments plus avancés de Haass l et Ledebour, que débordaient eux-mêmes S Liebhnecht et Rosa Luxembourg, IMais la démission de Ludendorf et les menaces de coup d'Etat militaire et de dictature militaire avaient été immédiatement connues de l'armée, l'idée que le combattant pouvait être menacé d'une reprise plus ardente de la guerre et d'un prolongement inutile des hostilités exaspéra le soldat. Ce fut la goutte qui | fait déborder le vase. Une immense exas-î pération s'empara de l'armée, exaspéra-< tion nourrie par les partis de gauche. Des ' mutineries éclatèrent dans les stations j jj navales et dans les garnisons. L'insubor-' dination devint manifeste. Même sur le î front, certaines unités commencèrent à se ' \ débander, quoique dans l'ensemble la : > discipline y restât forte. Il devint évident : • que l'armée ne voulait plus se battre. Le gouvernement et le haut commandement durent se rendre compte qu'ils ne la tenaient plus en main. Aussi pressèrent-ils, dès ce moment, les Alliés de leur remettre le plus tôt j possible les conditions d'armistice, en se l servant, comme moyen de pression et comme épouventail, du boichevisme me-; naçant. \ Comment le moral des soldats avait-il disparu à ce point? Insensiblement d'a-; bord. Depuis une année, nous avions en r main des dépositions de prisonniers alle-| mands qui racontaient les choses les plus folles sur l'indiscipline de leur armée. C'était à se demander si ces gens-là se > moquaient de nous. La désagrégation était ■ frappante. Seulement l'armature restait J forte. J'ai comparé un jour l'empire alle-j mand à un crabe qui a toute sa solidité à l'extérieur, et je me rappelle que beau-» coup ne voulait pas accepter cette vue. Tout paraissait encore formidable, quand l'animal, derrière sa solide carapace, dé- ' jà se décomposait. Quand il se répandit en Allemagne que Ludendorf ne croyait plus à la victoire, ce fut la fin. Les groupes et les journaux qui pré- ; conisaient la résistance à outrance étaient chaque jour moins nombreux et, dès le \ 5 ou 6 novembre, il était certain que ? l'Allemagne souscrirait aux conditions de 1 l'armistice, quelles qu'elles fussent. Et ! lorsque celles-ci furent portées à la connaissance des peuples allemands, elles ne ( soulevèrent que de très timides protestations d'une petite fraction de la presse I pangermaniste. Le " parti de la patrie allemande „ (fondé par Tirpitz) voulut faire un grand coup et envoyer toute la- flotte allemande contre la flotte anglaise. Ii savait que ce serait la fin de toute la flotte allemande, mais ii croyait qu'il résulterait de cet ef~ S fort une émotion d'héroïsme, que l'exemple de la flotte serait suivi par l'armée et que, de cette manière on obtiendrait un sursaut de défense nationale. Les ma- \ rins ne marchèrent pas. Quatre-vingt miile marins refusèrent de marcher. Et, disons-le en passant, bien que ce ne soit pas l'occasion d'en donner le récit, les Lorrains et Alsaciens, qui sont très nombreux dans la flotte allemande, se conduisirent alors d'une manière qui fut extrêmement favorable aux intérêts de la France et de l'Entente. / j De tous côtés, les soldats, aussi bien que ies ouvriers, de crainte que le gouvernement, sous la pression du parti militaire, ne souscrivît pas aux conditions de l'armistice, se livrèrent, à partir du 8 novembre, à des démonstrations de pi us en pius anarchistes qui gagnèrent • finalement l'Allemagne entière et qui aboutirent, le 9 et ie 10, à l'indiscipline générale. Les officiers furent "demis-j sionnés,,, déclarés déchus, certains mê-= me massacrés; des conseils révolution-{ «aires se créèrent, sans qu'aucune ré-: sistance ne fût possible ou ne fût tentée * dans aucune région par l'autorité rriili-j taire. jj ^ Nous aurons un autre jour à analyser j l'attitude compliquée du gouvernement qui, d'une certaine manière, favorisa à titre d'expédient désespéré ces organisa- ! » tions révolutionnaires. j A partir du 9 ou du 10, r Allemagne \ était entièrement en anarchie. Les éléments de gauche y faisaient éclater par-] tout Ses mutineries pour éviter que ies ; partis militairismes et^pangerrnanistes ne ï fissent échouer l'armistice. C'est dans , ces condition ■; que les volontés du maré-; chai Foch et des gouvernements de | l'Entente furent acceptées et signées ie 11, sans discussion, par les plénipoten-! tiaires allemands. ; Telle est la succession tragique des ' faits. Nous sommes en présence d'une î de ces catastrophes fréquentes dans : l'histoire où dans une nati«n un parti ' asservi réussit brusquement, à la faveur I du désastre public, à briser la contrainte I du parti qui le domine, ! Et en effet, nous devons remarquer qu'à côté de cette indiscipline, général» ! que nous venons de noter, il y eut partout des manifestations de séparatisme, I dirigées toutes contre la Prusse rendue ; responsable des malheurs qui accablent ; l'Allemagne. | Soulèvement du soldat allemand contre | la rude discipline prussienne, et soulève* ! ment des Etats du Sud contre i'hégémo- \ \ nie de la Prusse, voilà à quoi nous ve-\ nons d'assister. Je ne me mêle pas de j prophétiser, mais après avoir mis en er-i dre ies faits, on peut en dégager l'esprit. ! Les gens et les méthodes qui avaient as-i sumé la direction morale et politique de jj l'Empire ont disparu. Je ne crois pas i qu'on puisse, à cette minute, assister au : retour de cette direction prussienne de l'Allemagne. | Vous savez ce que sont les Prussiens: ; des Slaves formés par les Chevaliers Teu-! toniques. Les Prussiens sont un prodigieux exemple de ce que peut une haute discipline. Et ! bien, cette discipline, à la fois admirable comme effort de la volonté et odieuse par son inhumanité, semble en train de périr sous nos yeux. Ce qui s'anéantit aujourd'hui, ce n'est pas tout court le rêve de Gui laume et des pangerma-nistes, c'est l'œuvre des Hohenzollern, l'œuvre et la mission de Prusse, la volonté des anciens Chevaliers Teutoniques. La Prusse avait réussi à maîtriser l'Allemagne. dont elle diffère si fort, parce qu'elle avait pour elle ses succès de 1866 de 1871. Quand le succès fit défaut, la construction s'est écroulée en dedans. C'est un édifice qui reposait absolument sur le succès et qui ne pouvait subsister qu'autant le succès durait. Le charme est rompu. Tout le château dia- ! bolique s'écroule. Mais le diable n'y perdra rien. Attention! d'une manière ou de l'autre, ces Allemands veulent faire leur unité et dominer le monde. 11 y a un appétit gi- ; ■ gantesquë outre-Rhin. lis viennent de ■ i céder sous les coups de nos armées à une défaillance d'estomac. Laissez-les respirer un peu, ils vont se mettre à la besogne économique et par là retourner à leur volonté d'impérialisme. La révolution de 1848 fut chez ' eux une tentative poar créer l'unité allemande par la démocratie. Cette révolution, Bismarck la confisqua. Il mit la main sur l'Allemagne entière et lui imposa un corset prussien. Le corset prussien, la carapace du crabe, est brisé, je l'admets, sans en être sûr, mais je sais bien qu'alors nous allons retrouver une Allemagne qui renoue avec 1848, une Allemagne qui, par d'autres voies, voudra encore assurer la domination universelle de la race germanique.Que l'opinion publique, que les diplomates de l'Entente ne méconnaissent pas la persistance du danger a'iemand. L'Allemagne, évidemment, d'ici vingt ans sera incapable de nous nuire, mais dans vingt ans elle sera économiquement redoutable ; son besoin éternel de franchir le Rhin et de se jeter sur nous ne se modifiera pas plus que ne se modifient les instincts et tes orientations des bandes d'oiseaux migrateurs ; il est nécessaire à la paix du monde que la France de l'Esi soit solidement protégée sur le Rhin contre la Germanie. Maurice BARRÉS De l'Académie français. Namur fait fête aux Tommies C'est le iundi 18 nov. que ies derniers Allemands ont quitté Namur. Les premières troupes britanniques, un corps de cavalerie y sont entrées trois jours plus tard. Le jeudi, un général divisionnaire passait en revue les troupes de la 2e armée au milieu de l'aliégresse de toute la population délivrée. Ceile-ci avait pu voir pendant les derniers jours la liquéfaction totale de cette armée allemande qui, avec une discipline aveugle s'était illustrée ; dans la vallée de la Meuse par les raassa-; cres et les abominations que l'on sait. Elle i avait vu les soldats mutinés se livrer avec certains mercantis au pillage de la gare et des trains qui s'y trouvaient. Dans certains hôtels, des soldats ivres étaient en-{ trés> l'air menaçant, exigeant des liqueurs, apostrophant les officiers dont la plupart j détalaient comme de courageux lapins e , se réfugiaient à i'étage sup ;ieur. Les événements de Namur sont !oia cependant j d'avoir revêtu la gravité c •: ceux qui per.-, dant quelques journée: extraordinaires : mirent à l'épreuve les nerfs des Bruxellois. Une seule explosion mit en émoi les j Moncrabeau, celle d'un trin de munitions que les Allemands firent sauter à Beez. En venant de Bruxelles, nous avon^ été j impressionnés par la quantité considérable de matériel que les vaincus ont dû ; abandonner. Dans la gare de Gembioux j des camions sur truck de tous calibres, un | train sanitaire. Entre Gembioux et Namur l on aperçoit des rames imposantes de wa-î gons, spectacle rare auquel ceux qui sui-\ vent les armées n'ont plus été habitués, s Des trains circulent sur la grande li-j gne, les panaches de fumée blanche j égaient le paysage hivernai. Dans la gare [ de Namur, on piétine ies artouches aban-i données par miiliers. A Gembioux, les At-j lemands ont dû livrer aux Anglais un cer-\ tain nombre de mitrailleuses, de fusviis. • Mais ce qui impressionne surtout et qui ; évoque tout particulièrement le desasire allemand, est ce qu'on voit sur la route qui longe la rive droite de la Meuse entre Namur et Huy. A chaque instant on croi-| se des affûts tordus, des autos, des camions renversés, qui ont l'air de grosses | bêtes balourdes, au ventre béant. La rou-j te est défoncée par un charroi, qui n'a | pas cessé depuis 15 jours. En arrivant à | hauteur d'Amay, la plupart des colonn#s se rabattaient sur ie Condoz. Dimanche matin ks premiers détachements britanniques entraient dans Huy que les Allemands avaient évacué l'avant-veilie. En avant de Huy, nous sommes aliés jusqu'à Ombref, où des Allemands se trouvraient encore quelques heures auparavant. Nos amis britanniques ont été accueillis avec l'enthousiasme que l'on devine dans toute cette vallée de la Meuse où les Allemands ont commis aux sombres jours de 1914 ies pires excès. On admire le fini de leurs équipements, de leur matériel, la qualité de leur chevaux, l'air robuste des tommies et quand on compare tout cela à l'aspect miséreux et sordide des Boches attelés à des charrettes qui manquaient de chevaux, on comprend, on découvre l'une des causes de la victoire. Les petits villes accueillantes ont été abondamment pavoisées aux couleurs belges et aux couleurs de nos alliés. A Namur, la "bio„ bouquet de la chanson est pour les soldats du brave Phumer ou bien encore pour ces cavaliers i qui donnent la comédie ce soir dans une de salles de la ville. Chaque division britannique possède sa troupe d'amateurs,

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