L'indépendance belge

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s.n. 1915, 10 Mai. L'indépendance belge. Accès à 20 juin 2019, à https://hetarchief.be/fr/pid/3b5w669z8j/
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ROYAUME-UNI: ONE PENNY, ■Wià mg —■ V9FHI BELGE. CONTINENT : 15 CENTIMES administration et redaction: w^rv % t k bourse f 3 mois, 9 shillings. ) tcdor housb tcdob st-.london, e.c. ' , ' ( 311-5 7 et LONDRES, LUNDI 10 MAI 1915. abonnements: U mois 17 shillings. { conservation par le progres. TELEPHONE: CITY 3960. TEL.EPH.: j 238-75. ' shillings. ' SOMMAI R E. LA SITUATION : Offensive franco=britannique.—Situation inchangée en Galicie.—Bombardement aérien de Southend.— A propos du " Lusitania." Audience royale.— Eugène Standaert. Un peuple qui doit apprendre.—Camille Roussel. Le mauvais génie de l'Autriche=Hongrie.— Ange Morre. Le crime allemand.—L. H. B. Lettre de Hollande.— Dr Terwagne. Lettre du Havre.—Pierre Nodrenge. Billet Parisien. Jean-Bernard. Faits Menus et menus propos.—Bob. LA SITUATION. Lundi, midi. Après les violentes attaques dont leurs lignes ont été l'objet depuis dix jours en Flandre, nos alliés botaniques viennent, à leur tour, de prendre l'offensive. La première armée du général French a attaqué résolument les positions allemandes entre Bois-Grenier et Festubert, et a gagné du terrain au sud-ouest de Lille dans le direction de Fromelles. L'attaque fut préparée par un bombardement de plusieurs heures des positions ennemies et soutenue efficacement par ies aviateurs. Ceux-ci, en bombardant plusieurs croisements de chemin de fer et autres points stratégiques importants, gênèrent considérablement l'ennemi dans le ravitaillement des troupes en munitions et en vivres. Le combat dans ce secteur continue, mais le général Frecch assure que ses lignes sont solidement établies, ce qui peut être interprété comme signifiant que le mouvement offensif ne s'arrêtera pas là. Les Français, de leur côté, ont fait un sérieux bond en avant à la droite des troupes britanniques, rejetant les Allemands sur un front de sept kilomètres sur plus de quatre kilomètres de profondeur, prenant jusque trois lignes de tranchées successives et faisant plus de deux mille prisonniers, sans compter la capture de six canons. Ce beau succès n'a pas'été obtenu par l'emploi de gaz asphyxiants, mais dans on combat loyal, et la sobriété du rapport officiel français contraste heureusement avec le bluff qui caractérise les bulletins allemands, èt qui leur enlève d'ailleurs tout crédit. L'avance s'multanée des troupes franco-britanniejes, dont le but immédiat est de faire diminuer la pression exercée par l'ennemi sur le secteur d'Ypres, pourrait bien n'être que le prélude d'une action beaucoup plus étendue. La situation en Galicie est encore sensiblement la même qu'il y a deux jours, et la fameuse victoire du général von Mackensen n'a été, en somme, qu'un succès local. La ligne russe qui s'appuyait sur le Dunajetz et la Biala, passant à l'est de Gorlice et s'allongeant à travers les Carpathes depuis Zboro jusqu'à l'Uszok, s'étend maintenant depir's un point situé à quelques milles à l'est de l'endroit où le Dunajetz se jette dans îa Vistule, jusques et à travers de Dukla, en droite ligne, c'est-à-dire à une trentaine de kilomètres au nord-est de Zboro. C'est dans cette dernière région que la 48e division russe souffrit des pertes très sévères après que ses communications eussent été coupées par les Allemands avançant en un rush impétueux. L'action est loin d'être terminée, mais les Russes sont parvenus à renforcer leurs lignes, et l'ennemi, n'ayant plus l'avantage d'une supériorité d'artillerie écrasante, voit ses efforts arrêtés devant l'héroïsme stoïque des troupes du général Radko Dimitrieff. Les communiqués austro-allemands parlent de 50,000 prisonniers et affii- ment qu'il n'y a plus un soldat ennemi sur le territoire hongrois, que les Russes sont en retraite sur un front de plus de 125 milles. Quant au raid allemand dans les provinces baltiques, le raid pour les pommes de terre, comme on l'appelle en Russie, i! a résulté dans l'occupation momentanée du port de Libau. Cette occupation a eu lieu avec le concours des navires de guerre ennemis qui bombardèrent les forces territoriales russes opérant contre la cavalerie allemande. La population de la ville étant en grande partie allemande, on soupçonne celle-ci d'avoir accumulé d'importants stocks de pommes de terre et de blé, de connivence avec les a'titorités militaires allemandes. L'enlèvement de ces stocks serait le but principal de l'incursion teutonne. Pé-trograd avoue l'occupation de Libau sans détours. L'Italie n'a pas encore pris de décision, mais les préparatifs s'achèvent. La population s'énerve, les Austro-Allemands ont presque tous quitté le territoire, et les représenta'nts diplomatiques des Puissances centrales se préparent également à partir. On croit que l'Italie se joindra aux Alliés en déclarant la guerre à la Turquie par suite de la rupture du contrat d'Ouchy. A Trieste; les Autrichiens évacuent les prisons et dans le chantier de Monfal-cone un dreadnought en construction est démonté et les ouvriers des chantiers du Lloyd autrichien ont été expédiés pendant la nuit à Linz. La nouvelle de l'acceptation par la Chine des demandes comprises dans l'ultimatum japonais, a provoqué une grosse déception à Berlin où l'on avait déjà escompté l'heureuse diversion d'un conflit sino-japonais. Une autre déception pour Berlin à été l'effet produit dans le monde entier, par le torpillement du "Lusitania" et le meurtre cynique de près de 1,500 civils de tout âge, de tout sexe et de toute nationalité. Le délire avec lequel cet assassinat en masse avait été accueilli chez les Teutons, pour qui le crime devient un sport national, s'est vite calmé en présence de la réprobation et de l'indignation universelles que cet acte horrible a soulevées. C'est surtout aux Etats-Unis que l'opinion publique s'est soulevée, et depuis l'incident du Maine on n'a pas vu pareille émotion. Le gouvernement n'a encore pris aucune déesion, mais le sentiment public exige une action rapide et énergique. Nous apprenons en dernière heure qu'un Zeppelin a lancé lundi matin, vers trois heures, une soixantaine de bombes incendiaires sur la ville de Southend, où plusieurs incendies se sont déclarés. On ignore encore s'il y a des victimes. Combien de crimes les Allemands de-vront-ils encore commettre avant que le monde civilisé, se liguant contre les "barbares scientifiques," mette fin à cette guerre dégradante pour l'humanité? AUDIENCE ROYALE. L'automobile était venue nous prendre à X... Le long des routes nous nous frayons un passage à travers des rangs épais de soldats, des soldats belges, râblés et trapus ; ils reconnaissent la machine à distance, et se rangeant prestement, saluent de confiance. Ils ont belle mine vraiment, nos fiers troupiers, rien, dans leur allure, ne décèle les fatigues de neuf longs mois d'une guerre atroce, l'esprit des hommes est bon. Etonnamment bon, cela se voit à leur air gaillard, à la fois réjoui et résolu. Ah ! comme on les salue avec respect, ces chers soldats suprême espoir de la Patrie. Et l'on voit toujours, toujours plus, à mesure qu'on avance, de droite, de gauche, dans le sein de la terre féconde de Flandre, des tranchées, ces sillons profonds où couche la graine de jeunesse et de vaillance qui nous donnera, l'août prochain, les moissons de gloire. A Z... l'auto s'arrête, le gendarme de service introduit, un officier d'ordonnance vient nous saluerj, le Roi est en conférence en ce moment, nous serons reçus, d'abord, par la Reine. Dans un large salon bourgeois, aux meubles simples-mais cossus, Sa Majesté la Reine Elisabeth nous reçoit accueillante, un sourire mélancolique aux lèvres. La Reine, que nous avons eu l'honneur dé rencontrer il y a un an à peine, au Palais de Bruxelles, pâle et fort délicate, a vraiment bonne mine aujourd'hui. Au moment où nous la saluons, ses grands yeux bleus, qui donnent comme un reflet de ce pays d'azur infini d'où nous venons, se fixent sur nous, avec je ne sais quelle. expression interrogative, empreinte à la fois de douceur et de volonté. Sa Majesté est vêtue de façon très simple : une blouse de laine blanche, une jupe de laine noire, un empiècement en forme de scapulaire remontant le corsage : on eût dit une religieuse. Une religieuse ? Comme c'est bien cela, à l'arrière des tranchées, l'idée qu'on se fait de Celle dont toutes les aspirations vont vers ce but pieux : panser les blessures, soulager ceux qui souffrent. Nous disons à la Reine combien notre lointain voyage en Afrique nous a rendus plus fiers encore d'être Belges, comment, au cours d'une mission délicate dans un pays intensément travaillé par l'ennemi, nous avons pu néanmoins remuer les masses, .ien qu'au récit des malheurs immérités de la Belgique, rien qu'à l'évocation du nom du Roi Albert. Nous lui représentons ces auditoires indifférents et froids, soudain secoués par ; des ressauts d'indignation et de terreur, en apprenant les atrocités commises sur tant de civils inoffensifs, sur des femmes, des enfants, des blessés, des prêtres — la colère des Boers, avec des accents révoltés : Schande ! Schande ! Nous disons comment, au cours le nos meetings, des foules comprenant souvent plusieurs milliers d'Africains se levaient, soudain, mues par d'irrésistibles élans d'enthousiasme pour acclamer la Belgique et son Roi. Les grands yeux bleus, aux reflèts mobiles, restaient obstinément fixés sur nous, curieux et interrogateurs; j'y voyais, comme dans le miroir de cette âme de reine, tantôt la compatissante douleur pour les victimes pitoyables dont j'évoquais le martyre, tantôt la fierté ad-mirative pour cet époux, dont la renommée soulève, jusqu'aux confins du monde, l'enthousiasme des foules. Puis nous disons à la Reine de quel message touchant nous fûmes chargé en Afrique : Au retour de notre raid à travers l'Union, des fermiers éleveurs d'autruches nous ont remis une collection de plumes, ou chacun des boers de la région a placé une pièce de choix, nous priant de transmettre le présent collectif t la Reine des Belges. "Ils ont voulu, cous disaient les boers, donner cet nhmble témoignage d'admiration à celle qui, à côté du Mooïe Vorst (le superbe souverain) se consacre toute entière au soulagement des malheureux et des souffrants." En un geste, délicieux de simplicité, la Reine accepte le présent ; un moment, en femme, elle admire la beauté des grandes plume- blanches ef noires, mais tout de suite, c est l'idée tôucnante, la délicate attention des boers, qui la préoccupe, les grands yeux bleus semblent se mouiller rien qu'un instant et c'est la bonté d'un merci cordial qui les baigne tout entiers ; doucement la Souveraine dit sa gratitude pour "les braves cœurs," son émotion se traduisant dans la voix et dans le gCste. Puis, venant commcMout naturellement à la grande pensée de sa vie, la Reine nous parle, longuement, des hôpitaux installés à l'arrière du front, des établissements de bains à l'usage des soldats, où, chaque jour, à portée des tranchées, un millier d'hommes peuvent se baigner; des lingeries, avec appareils de désinfection, qui assurent à nos troupiers du linge frais ; Sa Majesté nous convie à aller voir, de près, toutes ces installations modèles. A ce moment, la porte s'ouvre, voici le Roi—en nous l'avait dit maigre et vieillé, il n'en est rien; tel il parut le 4 août, à la mémorable séance du Parlement au Palais de la Nation à Bruxelles, grand, solide, énergique, la figure pleine et jeune encore, l'air résolu, empreint d'une gravité ferme et réfléchie, tel exactement il apparaît aujourd'hui. Le Souverain que ie monde entier admire, comme une des plus nobles figures qui honorent l'humanité, dont le nom Seul évoquait en Afrique des manifestations dont nous garderons longtemps l'empoignante émotion, est là devant nous, tendant la main, très simplement. Nous faisons au Roi un rapport détaillé sur notre mission et ses résultats envisagés à des points de vue divers. Sa Majesté écoute attentivement, plaçant ses qu'estions avec u.n grand esprit de méthode, d'entendement et de sens pratiqué. Après que le Roi nous eut remercié en des termes dont nous garderons à jamais le souvenir, l'audience allait prendre fin, lorsque îa Reine, prenant affectueusement le Souverain par le bras, lui dit : " Venez donc voirie beau fcadeau que m'ont fait les Boers." Avec cette grâce de la femme, maniant des colifichets délicats et jolis, elle montre les grandes plumes aux larges pennes droites et floconneuses. Le Roi admire, souriant, visiblement heureux de cet hommage touchant fait à la Reine : "il faudra bien remercier les Boers," dit-il; puis, tout de suite, avec ce sens pratique et méthodique qui caractérise le souverain et nous avait frappé au cours du rapport sur notre mission en Afrique : — Y a-t-il beaucoup d'autruches en Sud-Afrique? — Les Boers en élèvent environ huit cent mille, sire. — Et ces animaux sent d'un grand prix? — En moyenne, ils valent de cinq cents à mille francs, mais les bêtes qui donnent les plumes de choix valent dix mille, même vingt mille francs par tête. — Et quelle est la vie moyenne d'une autruche? — Elles vivent jusque trente, même quarante ans. — Et les bénéfices de cet élevage sont-ils considérables? — Oui, sire ! l'autruche donne sa récolte de plumes après chaque période de neuf mois et on estime actuellement, en Afrique, à un demi-milliard par an, la valeur de rendement de cette industrie. Dommage, conclut 3e Souverain en riant, que nous ne puissions faire cet élevage en Belgique—et sur ce mot, le Roi nous serre cordialement la main, le Roi Albert qui, sans doute, dans un instant, part pour les tranchées, affronter avec ses chers soldats, les périls de la guerre et les angoisses des combats. En nous retirant, respectueusement, nous saluons la Reine et—comme 3a plus douce récompense que nous eussions pu ambitionner — Sa Majesté Elisabeth nous sourit aimablement, une franche lueur de joie brillant dans ses grands yeux bleus. EUGENE STANDAERT, Député de Bruges. UN PEUPLE QUI DOIT APPRENDRE. Ce qu'inspire la perte du "Lusitania." Lundi. — Les " mensonges allemands! " Les " scènes de victoires à Berlin! " Un " Succès des Alliés! " Le " mouvement pour la plus grande Serbie! " Voilà quelques-uns des titres que peuvent tenir, aujourd'hui, la " manchette " des journaux... Les mensonges allemands? Ils se répandent plus que leurs gaz empoisonnés : on apprend, par exemple, du Chili, qu'ils fabriquent de faux discours d'hommes politiques anglais, pour impressionner l'opinion! C'est ainsi qu'en ce pays ils ont répandu un speech émanant soi-disant de M. Llovd George et dans lequel celui-ci déclare que l'Angleterre ne peut plus fournir de soldats, que ses Alliés ne doivent plus compter sur ses soldats, qu'il est inutile de continuer à sacrifier des hommes en Flandre, que le résultat de la guerre est plein de doute et que son pays n'est plus apte à supporter le prix actuel de cette guerre ! "... On devine l'impression que de tels "faux" pourraient produire. Mais il n'y a rien de neuf sous le soleil : et, déjà, le bon L a Fontaine avait tiré le morale du mensonge dans sa fable sur le " Loup et le Berger " : un menteur connu n'est plus cru jamais. C'est le sort de l'Allemagne... Dans le monde entier on ne la croit plus... — Erreur ! s'écrie un ironiste. Ils se croient encore... eux-mêmes! Au fait, c'est vrai. Ainsi la population s'est livrée à des danses de sauvages enivrés lorsqu'on lui a appris les résultats de l'offensive allemande en Galicie... Et savez-vous quel était le grand sujet des discussions et des querelles qui suivirent? La question de savoir si c'était le " Ilerr " von Hindenburg ou bien les Autrichiens qui avaient réellement " avancé " là-bas ! On peut se dire, mal-1 gré les socialistes qui croient à l'intel-lectualité de ces gens : — Ce peuple doit apprendre beaucoup encore !... Ce qu'il a à apprendre tout d'abord, c'est à se méfier de son gouvernement, qui est son principal ennemi, car il n'est de pire ennemi que ceux qui mentent ci trompent. Or, en faisant croire que l'offensive en Galicie était un triomphe, le gouvernement allemand a trompé le peuple, lui a donné une ivresse factice, comme il l'a fait déjà souvent: il n'avait d'autre but que d'impressionner les neutres...Impressionner les neutres! Oui, le " Gros Germain " s'imagine qu'il impressionne favorablement les neutres par ses divers crimes. Il ressemble à l'ours du Jardin Zoologique qui, dansant devant le public, pataugeant dans la boue, ne peut comprendre que les spectateurs donnent tous leurs bonbons aux gazelles voisines... Il ne se rend pas compte que les spectateurs craignent les "éclaboussures".-. Le succès des Alliés d'hier, vers Y près-, est de nature à impressionner bien davantage les neutres : au moins, ces petites victoires-là sont le résultat des procédés loyaux... Et puis, en même temps, d'autres faits se produisent, capables, en dehors même des préoccupations de politique internationale que ces faits engendrent, d'impressionner le Kaiser et ses domestiques : c'est, par exemple, les meetings tels que celui qui s'est tenu en Serbie (la petite et héroïque Serbie !) et dans lequel les Croates ont réclamé les respect de leurs aspirations ethniques...Eh ! eh ! voilà qui doit paraître extraordinaire au "Gros Germain"... Il en verra bien d'autres ! CAMILLE ROUSSEL. LE MAUVAIS GENIE DE L'AUTRICHE-HONGRIE. Le mauvais génie de l'Autriche-Hon-grie, c'est, sans contestations possibles, l'empire allemand. C'est l'empire allemand qui l'a conduite au point où elle se trouve présentement. Je n'ai pas l'intention de faire ici le procès de "et empire,' encore si jeune et déjà si usé. 11 a exploité avec l'audace du parvenu une situation donnée. On ne saurait dira qu'il ait bien ou mal fait. Il a agi dans son intérêt, rien de plus, rien de moins. En pqlitique, paraît-il, cela est licite... Et, en tous cas, c'était à l'Autriche-Hon-grie à ne pas se laisser faire. C'était à elle à examiner, au préalable, les projets de ce casse-cou... et à ne pas lier partie avec un si dangereux compère ! Pourquoi s'est-elle attachée à sa fortune? Pourquoi a-t-elle consenti à devenir son brillant "second", suivant l'expression plus ou moins heureuse du verbeux Guillaume II? Pouvait-elle ignorer qu'en sa compagnie, elle ne serait jamais autre chose qu'ùn satellite? Toutes ces questions et bien d'autres encore sont ici de saison. Il n'est malheureusement que trop évident que la diplomatie austro-hongroise a été une médiocre diplomatie. Mais lorsque nous aurons fait, en bonne et due forme, cette constatation, s'ensuivra-t-il que le mauvais génie de l'Autriche-Hongrie n'est pas l'empire allemand? Nullement. J'étais à Vienne, précisément quand le prince de Bismarck, qui commençait à douter de la possibilité de durée de son œuvre et qui, de ce fait, était en proie à une inquiétude grandissante, y vint en 1879, pour y conclure avec le gouvernement austro-hongrois l'alliance en vertu de laquelle l'Autriche-Hongrie s'ébat aujourd'hui désespérément contre 'a Russie pour les beaux yeux du Roi de Prusse. Et je me rappelle comme si c'était hier, le brouhaha incroyable que faisait la presse viennoise autour du "grand homme d'Etat" prusso-alle-mand—en qui elle s'obstinait à ne voir que le "glorieux vainqueur de la France " au lieu du grand démon tenta-teuj qu'il était en effet. L'alliance austro-allemande était proclamée, en des articles dithyrambiques, comme un événement devant faire époque et demeurer à jamais mémorable dans l'histoire universelle. Se trompait-on? A moitié seulement. La conclusion de cette alliance, la diplomatie allemande l'avait d'ailleurs longuement préparée. Elle l'avait préparée dans ''opinion austro-hongroise a l'aide de savantes et successives campagnes de presse et préparée aussi dans le voisinage immédiat du trône des Habsbourg par des moyens d'une autre espèce. Qui ne sait que la nomination du Comte Andrassy comme ministre des Affaires Etrangères avait été en grande partie l'œuvre du prince de Bismarck, admirablement servi par des agents de premier choix?—Dès 1869, le tout-puissant ministre du roi Guillaume avais compris que le comte Andrassy-—ce bellâtre vaniteux—pouvait être son utile collaborateur. Et c'était par lui qu'il espérait se débarrasser de l'in<;ommode comte de Beust, adversaire de la Prusse et ami de la Russie. Et ce fut en effet en grande partie à l'influence de comte Andrassy, alors président du Conseil des ministres hongrois, que l'Autriche-Hongrie, contrairement aux vues du comte de Beust, ministre des Affaires Etrangères, demeura neutre en 1870. Lorsque, en automne 1871, le comte .ie Beust démissionna, le comte Andrassy lui succéda à la direction de la politique extérieure de la monarchie. Et, dès ce jour, le travail en vue de la conclusion de l'alliance austro-allemande commença, méthodique, systématique et conscient... 11 fallut cependant près de neuf ans au prince de Bismarck pour pouvoir cueillir le fruit de ces efforts, arrivé depuis longtemps à maturité. La signature du traité d'alliance austro-allemand fut le dernier S6ême année. No. 109

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Cet article est une édition du titre L'indépendance belge appartenant à la catégorie Oorlogspers, parue à Londres du 1914 au 1918.

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