L'indépendance belge

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s.n. 1916, 02 Janvrier. L'indépendance belge. Accès à 26 avril 2019, à https://hetarchief.be/fr/pid/m32n58dp4t/
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gî蜩 aaee-^ No. 53 L'INDÉPENDANCE ROYAUME-UNI ï ONE PENNY BELGE. CONTINENT: 15 CENTIMES (HOLLANDE ; 6 OENTS.) ADMINISTRATION ET REDACTION- BUREAU APA®IS: .Mf|„ „ - . tUDOB HOUSE. HJDOB ST.. LONDON, E.C. «• PLACE DE LA BOURSE. LONDRES, JEUDI 2 MARS 1916. ABONNEMENTS: jf MOIS! 17 SHILLINGS! î CONSERVATION PAR LE PROGRÈS, TELEPHONE: CITY 3960. TELEPH,: j 233.75 11 AN. 32 SHILLINGS. 1 LA SITUATION. Jeudi, midi. L'accalmie autour de Verdun se prolonge et voilà plus de quarante-huit heures qu'aucune action d'infanterie n'est sigualée. L'artillerie seule poursuit le duel, omis il est vaguement-question—le bruit nous en arrive via Amsterdam—que les Allemands ont concentré 90,000 hommes près de Buzy qui, renforcés par des troupes de l'Ar-gonne, reprendraient incessamment l'offensive.Quoiqu'il en soit, l'arrêt des opérations dans le secteur verdunois confirme aux yeux de tous l'échec de la tentative allemande de s'emparer de la place et de rejeter les Français au delà de la Meuse. Les journaux allemands continuent de parler avec enthousiasme des hauts faits accomplis par les Brande-bourgeois, mais ils se gardent bien d'informer leurs lecteurs que les valeureuses troupes qui ont pénétré dans le fort de Douaumont (on parle de près de 2,000 hommes) sont prisonnières dans les casemates et n'ont aucune chance d'être secourues. A noter que dans les articles enflammés publiés par les journaux de Berlin, Verdun est désigné comme la principale et la plus formidable forteresse de "l'ennemi principal." D'autre part, nos confrères d'Outre-Rhin sont furieux des remarques indiscrètes des journaux français concernant les pertes énormes des troupes allemandes. Ils déclarent qu'ils doivent mieux savoir que les Français qui a subi les pertes les plus lourdes, puisque ce sont eux qui occupent le terrain du combat. En admettant la justesse cïe ce raisonnement, il faudrait donc conclure que l'arrêt des opérations allemandes est dû au manque de réserves de l'ennemi ou à l'impossibilité des officiers de mener leurs soldats à la boucherie. Quelle que soit l'hypothèse admise, elle se retourne contre les Allemands. Les bulletins d'hier -ont signalé des bombardements violents exécutés par les Français en Lorraine et en Alsace, ainsi qu'à i'est de Reims et autour d'Ypres. Les aviateurs ont été très actifs, et le communiqué britannique ne signale pas moins de vingt combats aériens dans lu. seule journée de mardi. Résultat: l'ennemi a perdu trois appareils, nos Alliés un seul. La côte sud-ouest d'Angleterre a reçu vendredi, vers la brume, la visiteM'un hydroplane allemand, qui a jeté plusieurs bombes. Un enfant de neuf mois a été tué. Dommages nuls ! Dans le Caucase, l'avance des troupes russes est paralysée par la neige, mais en Perse nos Alliés, progressant au sud di Kermanahah, ont enlevé deux canons k l'ennemi, qu'ils pousuivent sans relâche. L'évacuation de l'AIbauie du nord par les Serbo-Italo- Albanais, qui-est maintenant un fait accompli, 11e doit pas être considérée comme mettant fin aux opérations militaires sur ce théâtre de la guerre. Les Autrichiens, qui désirent beaucoup tenir des "gages" en vue du règlement des comptes final, manifestent l'intention de poursuivre et de compléter leur succès en attaquant et en réduisant "V alona, que les Italiens sont décidés à défendre jusqu'au bout. Mais les Bulgares, qui suivent d'un œil intéressé les projets autrichiens, en tendent être de la partie, et la déclaration signifiée à" Vienne "que la réinstallation du prince de Wied sur le trôn« albanais serait considérée comme un acte d'hostilité" prouve bien qu'ils ont, eux aussi, des visées sur l'ancienne province , de leur allié turc. Les revendications des Bulgares méri- • tent d'ailleurs d'être prises en considération, car leurs troupes, occupant El Bassan et Bérat, sont en mesure de contribuer efficacement à l'expédition contre Valona. Ils peuvent, en effet, des - districts d'Ochrida et des Lacs Prespa. s où ils sont établis, emprunter les routes , passablement bonnes qui conduisent à Santi-Quaranta, en face de Corfou, el empêcher les Serbo-Albanais concentrés ; dans l'île grecque de débarquer à nouveau sur territoire albanais. S'il faut en croire les informations de; 1 journaux français et anglais, l'armée i serbo-aîbanai-36 transportée à Corfou at-1 teint entre 150,000 et 200,000 hommes ! Le correspondant du "Times" dit que ces troupes sont attendues à Salonique pour les premiers jours du mois de mars. Essad Pacha, qui, dé Rome, est part i pour Nice, a déclaré au "Petit Parisien" : qu'il retournera incessamment en Albanie "afin de coopérer avec les Italiens, ■ d'après les plans établis par les états-majors alliés, à l'œuvre commune." Celle-ci Continue de préoccuper de plu; ■ en plus les milieux politiques italiens. Le - groupe "interventionniste" représentant i les démocrates constitutionnels, les natio-. nalisfces, les radicaux, les républicains et les socialistes réformistes, presse le gou- ■ vernemeut de faire une déclaration "défi-t nissant nettement le caractère européen . et antiallemand de l'action italienue et , sa complète coopération avec les Alliés.' : Eu d'autres ternes, cet important ; groupe parlementaire voudrait décider le • gouvernement à déclarer la guerre à l'Allemagne et à mettre toutes'ses forces dans la balance au mieux des intérêts des Al- : liés. Nous croyons savoir que cette décla-. ration,'si"elle doit être faite, ne se produira qu'eu retour cle Paris du baron : Sonnino. 1 A l'occasion de la remise, par le général sif Arthur Paget, du bâton de maré- ■ chai au Tsar, l'envoyé du roi George a lu i un message disant "que les armées russe et' britannique sont unies dans la même volonté de conquérir l'ennemi commun et de ne pas conclure de paix tant que la victoire ne sera pas acquise." Le Tsar, dam ' sa réponse, a exprimé la conviction que bientôt les deux armées se battront ' 'côte à côte" contre l'ennemi commun ! Antm de contrecarrer les plans germaniques tendant à provoquer un coiiflit entre les pouvoirs législatif et exécutif, M. Wilson a demandé au Congrès d'exprimer par un vote de confiance son accord avec la politique présidentielle relative aux sotis-marins allemands. Les partisans de M. Wilson sont convaincus que le vote du Congrès lui donnera une majorité écrasante. M. Bouar Lavr, parlant au congrès des chambres de commerce britanniques, a annoncé la réunion imminente, à Paris, d'une conférence économique de représentante des nations alliées. Cette conférence examinera s'il est possible de mieux utiliser les forces économiques des Alliés dans la poursuite de la guerre et s'occupera des problèmes de l'après-guerre. LE MOTIF ET LE BUT Le grand organe libéral et libre-échangiste "The Manchester Guardian" a publié l'article suivant, que nous traduisons:Il est à regretter qu'en déclarant la-guerre l'Allemagne n'ait pas produit l'ai' firmatïon franche,et catégorique du motif et du but de son entreprise. S'il en avait été ainsi, la guerre n'eut- vraisemblablement pas duré plus de cinq ou six mois — probablement moins. Il n'y a jamais eu et il ne reste, en tout cas, plus le moindre doute que le motif vrai d© la guerre fut la volonté des Allemands de conquérir, à tout prix et par tous moyens, ce qu'ils ont appelé leu* "place au soleil." C'est de cette volcnté que procède (tout au moins depuis vmgt à vingt-cinq ans) le développement de l'esprit militariste, des armements i.ar terre et sur mer, des grandes ambitions conquérantes de l'Allemagne; c'est d'elle que dérive la présente "guerre allemande."Comparée avec la place occupée "au soleil' par la Grande-Bretagne, par la 1' rance, par la Russie, par les Etats-Unis, par la Hollande, par la Belgique, — et prenant eu considération l'importanoe et l'accroissement constant de la population, du çuniioeice des différents —— ldj UULVIU11 U.U l_l O IrXPlX u c par l'Allemagne était pour ainsi dire insignifiante. C'est un fait qu'il faut savoir reconnaître. Tenant compte de cet ai'tre fait si déplorable, que toutes les nations, particulièrement les grandes, devenaient ou menaçaient de devenir de plus en plus protectionnistes, les "marchés assurés" de l'Allemagne étaient plus restreints même que les territoires qu'elle occupait. L'Allemagne avait doue, ' avant la guerre, un cas des plus sérieux à proposer à l'examen attentif des autres nations. Elle avait de puissantes raisons de leur demander ou bien les facilités nécessaires pour son expansion coloniale, ou bien des garanties au sujet dé l'égalité économique et de la liberté du commerce dans leur domaine colonial. Certes, l'Allemagne n'avait aucune plainte à faire valoir contre la libre-échangiste Angleterre, mais bien de justes appréhensions à exprimer au sujet des tendances protectionnistes anglaises et, à son point de vue, des raisons de se plaindre de l'appui que donnait l'Angleterre libre-échangiste à la politique d'expansion coloniale protectionniste de la France et de la Ru -^ie. Pourquoi l'Allemagne ne fit-elle pas la déclaration nette de .-es objectifs? Pourquoi .u'adopta-i-eils pas cette attittidej Pour les raisons diverses suivantes : (1) Ses hommes d'Etat et ses professeurs (de même d'ailleurs que ceux de la plupart des autres pays) sont restés dans cet état . inférieur de développement intellectuel , et moral qui permet de croire aux profits , matériels et même moraux des conquêtes et empêche de concevoir clairement les . bienfaits d'une civilisation basée sur les coopérations internationales sous le régime de la liberté économique; (2) I! y a en Allemagne, comme dans les. autres pays, mais plus que dans la plupart de ceux-ci, de puissants partis politiques au service des intérêts et 'des privilèges protec-. tionnistea; (3) Les partis démocratiques allemands sont, pour ce qui concerne cet . important aspect de la question internationale, tout aussi peu éclairés que les partis démocratiques des autres pays. , Il se fit ainsi que l'Allemagne s'en tint à sa fatale erreur protectionniste et, conséquent m eut, militariste. Mais si l'Allemagne avait accompagné , ses déclarations de guerre de l'exposé de ses motifs et de son but, une discussion se fût immédiatement produite, formida-, ble, dans tous les pays, belligérants et , neutres. Et de la discussion jaillissant la lumière, il ne fait guère de doute, il ne fait aucun doute, que partout dans le ■ monde — y compris en Allemagne — Une majorité prise parmi les gens instruits, consciencieux, sérieux, se fût prononcée avec force pour les revendications allemandes en condamnant avec non moins de force la guerre allemande. Une entente, uu arrangement seraient bientôt entrés dans le domaine des choses praticables. On en fût f; rivé, avec une relative facilité, à une convention de libre-échange colonial ou, tout au moins, d'égalité de traitement, garantie à tom, dans les possessions coloniales de la Grande-Bretagne, de la France, de la Russie, des Etats-Unis et, naturellement, . de l'Allemagne elle-même. . Peut-être se fût-011 mis d'accord pour . fafciliter~l'éxpaiisîbn coloniale clé TAlle-, magne, sous la condition formelle que ses . territoires coloniaux rester?ouverts à l'activité économique de~ res peuples. . On eût eu aussi î'occ, cer, engager l'Allemagne à adopter une politique de liberté ou tant ait moins de réciprocité éco-. nomiquo de métropole à métropole. Mais l'Allemagne n'eut, malheureùse-: ment, ni la prudence ni la prévoyance s d'adopter joareille attitude ! Ni avant, ni i pendant la guerre elle ne manifesta clairement un bon-vouloir permettant • d'envisager utilement des négociations ; économiques. Et l'Europe se trouve pré-1 cipitée ainsi dans un insondable abîme : catastrophique où non seulement s'anéantit le meilleur de son humanité et s'en-. glout-it le plus clair de ses richesses (bien-; tôt' de Ses plus indispensables ressources vitales), mais où la civilisation totit en-tiers pourrait disparaître pour cîes siècles d'anarchie et de barbarie. Est-il trop tard pour sauver l'Europe et l'Humanité ? Tout espoir 11e devrait pas être considéré perdu s'il existait quelque part dans le monde — dans les pays belligérants ou i dans les pays neutres — des hommes ayant l'autorité que confère une haute situation morale et politique, possé-. dant la sagesse et l'éloquence nécessaires pour parler aux hommes un langage adéquat à l'immensité et à la fatalité du : dilemme de justice ou d'effondrement, des . hommes assez grands d'âme et d'esprit pour vouloir et pouvoir se faire les rédempteurs de l'humanité ! Malheureusement, ce que fort peu, même parmi les hommes • et lés chefs d'Etats, en Allemagne, en Angleterre, en France, en Russie, en Belgique et ailleurs, semblent comprendre, c'est que la concorde et la paix humaines 11e peuvesi , être fondées que sur la justice et que la jtfstiee dans les relations économiques est In justice fondamentale. La justice économique internationale, telle est la seule ! vraie "défense stratégique" entre les nations progressives, telle est la seule vraie, la seule possible sécurité internationale. Nous demanderons, pour finir ': N'est-il pas évident que, à moins de continuer la . guerre jusqu'à l'écrasement de l'un des deux partis belligérants — signifiant-épuisement et ruine de l'autre parti; mort probable de cinquante à oe-nt millions d'Européens; effondrement de la , civilisation — il ne reste que trois issues . à là situation présente : (1) des cessions de territoire; (2) des paiements d'indemnités de guerre; (3) des arrangements économiques équitables t Que les deux . premières issues sont et resteront impra-, iic'ablea ne demande guère de démonstration. Quand les Etats belligérants se dé-; cideront-ils à reconnaître que la troisième seule reste ouverte? Hommes d'Etats, , responsables des destinées de l'Europe, gardez-vous bien de fermer définitivement la troisième issue ! HENRI LAMBERT. ; ■ Maure de verreries à Charlegoi, LETTRE DE HOLLANDE. Ce qu'ils disent de la déclaration des Alliés à la Belgique, Arbeiter Zeihmg (Vienne) : Comme dès lo début de la guerre, l'indépendance de la Belgique se trouvait a l'avant-plan, et que la jjartieipatibn de l'Angleterre a ta guerre est expliquée jjar la violation de la neutralité belge, cette déclaration solennelle, pour laquelle il n'existe en appal-enee aucune raison, est sans aucun doute fort digne d'attention. Nons sommes d'avis qu'il, doit s'être passé quelque chose. Récemment il a été dit que le gouvernement -anglais avait envoyé deux hauts fonctionnaires, dont l'ancien vice-roi des Indes, lord Curzon, auprès du roi des Belges en mission spéciale. En outre, il faut retenir que la Belgique n'a pas adhéré au traité de Londres, par lequel les adversaires belligérants s'engagent à ne signer de paix riu'en commun. La Belgique n'a pas abandonné sa liberté de prendre une décision, et elle pourrait à tout instant commencer des négociations avec l'Allemagne pour préparer la conclusion de la paix. Cette déclaration solennelle, en fin de compte, ne serait-elle pas née de la crainte que la Belgique pourrait faire usage de «a liberté de se déterminer? L'acte solennel n'aurait-il pas pour but d'empêcher [a Belgique d'agir de façon indépendante? A r;uoi pourrait servir cette déclaration solennelle si ce n'était à dissiper les soucis de la Belgique, à retenir le gouvernement belge de [établir peut-être l'indépendance de la Belgique par des négociations avec l'Allemagne? Parce qu'on ne peut contester que les hommes d'Etat belges eussent pu s'arrêter à cette idée. Peu d'espoir. L'espoir que les armées de l'Entente dél ivre-i-ont la Belgique, qu'ainsi donc l'indépendance de la Belgique sera rétablie par la victoire de l'Entente n'est pas fort grand d'après ta situation au point de vue militaire. C'est cela aussi que se diront les ministres du roi Albert. Considérée avec soin, ce n'est pas cela du tout que promet la déclaration solennelle. Elle dit simplement eue les trois Puissances "ne cesseront les hostilités sans que la Belgique soit rétablie dans son indépendance." Ce qui signifie seulement qu'elles ne veulent terminer la guerre qu'avec le rétablissement Je l'indépendance''belge, que 1Indépendance belge est une condition sans l'accomplissement de laquelle elles ne concluront pas la paix. Mais le gouvernement belge pourrait se dire :j.ue l'établissement de la Belgique est plus probable par des négociations avec le vainqueur, et en tôus cas pourrait être obtenu plus promptenient... Le serment solennel ne se comprend qu'en admettant que l'Entente a pne raison quelconque de supposer de pareils projets de la part du gouvernement belge et s'empresse pour cette raison d'étouffer ces desseins dans l'œuf. Dûment avertie par l'exemple du Monténégro, l'Entente veut inspirer à la Belgique la conviction que son sort ast enchaîné au succès de l'Entente et que le rétablissement de son indépendance ne peut [ni venir que de l'Entente. Ce n'est pas ce que dit la déclaration qui est d'importance, mais :e qui a dû la précéder. But sérieux. El on peut encore déduire une autre chose de cette déclaration. Et c'est que le but de guerre des adversaires, pour autant qu'il s'agit de l'Ouest, est au fond le rétablissement :1e l'indépendance économique et pob'tique de ta Belgique. Parce que si ces projets fantastiques de conquête et d'anéantissement que l'on nous expose si volontiers existaient encore chez les Puissances de l'Occident, elles ne devraient pas affirmer qu'elles ne cesseront les hostilités sans la résurrection de la Belgique. Cette déclaration, qui fait mine de n'être qu'une promesse de garantie à la Belgique, ne serait-elle pas une indication au vainqueur sur ce qui serait nécessaire pour que les adversaire^ se déclarassent prêts ,rà terminer les hostilités"? La guerre générale a commencé an. Belgique, et il ne serait pas étonnant qu'elle se terminât en Belgique. Après les buts de guerre insensés et absurdes des premiers mois, mais qui ont été enterrés par les défaites suites champs de bataille, voici peut-être surgir un but de guerre ou de paix qui est sérieux. Les désirs du gouvernement belge. Extrait de la Reichspost : On reconnaît immédiatement au'caractère des assurances auxquelles les Puissances garantes ont dû se prêter quelles étaient, les appréhensions et les désirs du gouvernement belge. On craignait, au Havre, d'être, un beau iour, trahi d'une façon aussi vile par les amis tout-puissants que ce fut le cas avec les Serbes at les Monténégrins. Dissiper ce souci—voilà lo but du nouvel acte de garantie, et le gouvernement belge, de concert avec le baron Beyens et le roi Albert, semble en être entièrement satisfait, le baron Beyens y ayant répondu, à son tour, par une déclaration, prenant acte de la garantie donnée par les Puis, sances tout en exprimant lês remerciements lu gouvernement, identifiant complètement le sort de la Belgique à celui de la Quadruple-Entente et demandant l'entière confiance dans le gouvernement belge—confiance qui, par con séquent, n'existait plus Sans les derniers temps d'après cet aveu même—tout en renouvelant la confiance que met la Belgique dans ses prétendus protecteurs. Ï1 se peut que les promesses faites par les trois Puissances garantes à la Belgique soient, du inoins en ce qui concerne l'Angleterre, exprimées d'un» façon un peu plus sincère que les assurances qu'on avait données aux Serbes et aux Monténégrins. car pour l'Angleterre le maintien du rempart formé par la Belgique est beaucoup plus important que le remaniement de la carte dans les Balkans. A un même degré pour la Fiance. Ce qui n'empêche qu'il est hors dt-doute que, malgré leurs promesses, les trois Puissances garantes ne se laisseront pas pren. dre leur liberté d'action pour sauvegarder leurs propres intérêts. Ee roi Pierre et le roi Nicolas pourraient édifier le roi Albert à ce sujet. L'Angleterre et la France eonelueroni la paix aussitôt qu'ils y verront leur intérêt; le sort de la Belgique ne les en empêchera pas. La petite Belgique a souscrit à un traité léonin. Valeurs imaginaires. Même au cas où l'Angleterre et ses alliés voudraient une fois, contrairement à leurs ha» bitudes, rester comme il faut, honnêtes efr fidèles à leurs engagements—ce ne serait pa« leur volonté qui entrerait en jeu, mais la force de pouvoir l'exécuter. Et le cours pria jusqu'ici par les opérations de guerre ne semble pas devoir mettre jamais les garants de la Belgique dans une situation telle qu'ils seraient à même d'infliger à ce point une défaite à leurs adversaires—qu'il serait nécessaire de le faire—pour pouvoir remplir ne fût-ce qu'un tiers de leurs engagements con. tenus dans la garantie donnée à la Belgique. CViSt là le malheur de la diplomatie de la. Quadruple-Entente qu'elle doit toujours jongler avec des valeurs imaginaires, qu'elle promet, à tout instant, des pigeons qui se trou-vent encore sur le toit et qu'elle se porte garante pour des choses dont elle ne peut, soit pas du tout disposer ou cependant pas dispn-ser à elle seule. Quelles promesses ne fit-elle pas aux Grecs, aux Bulgares, aux Serbes, aux -Roumains, st quel en fut le résultat? En ce moment, elle apaise les inquiétudes du gouvernement belge par un chèque, sur lequel la signature la plus importante—celle de FEm. pire allemand—ne se trouve pas. Et cependant, au cas où le sort de la Belgique se déciderait, cette dernière Puissance aurait encore, pour le moment, beaucoup plus voix au chapitre que toute la Quadruple-Entente réunie. L'ours, dont on promet la peau dans l'acte de garantie, n'est pas encore abattu, et les ap-parences ne sont pas telles que les trois chasseurs, partis à l'affût, soient capables de ee rendre maîtres de leur proie. Bien ne fait prévoir que ceux qui ont été jusqu'ioi plutôt chassés que chasseurs, jouent à l'avenir un rôle plus à leur avantage, même pas la perspective de l'offensive générale devant avoii" lieu au printemps et annoncée avec tant de tam-tam. Refus de là Belgique Kolnische Volkstseitung : Si l'on recherche les raisons d'une' dé--marche aussi surprenante de la part de l'Angleterre, de la. France et de la Eussie, on devra les chercher dans le refus de la Belgique de signer le traité de Londres, dans le changement dans le Ministère des Affaires Etrangères et dans l'état d'âme de l'armée belge, peut-être aussi de grandes couches de la, population. La Quadruple-Entente n'est manifestement plus sûre de la Belgique, les troupes belges, qui sont méprisées par les Français et notamment aussi par les Anglais, et même insultées en dépit de leur résistance héroïque, on il cordialement assez de la guerre, qui est continuée simplement au service do l'Angleterre, et elles aspirent à la fin, quelle qu'elle soit. Et ensuite, la mauvaise surprise pour la Quadruple-Entente que le baron Beyens, l'ancien ministre de Belgique à Berlin, soit devenu ministre des affaires étrangères, le même Beyens qui, dans ses rapports d'ambassade, a si nettement et si justement fait ressortir les effoi-ts de ces mêmes - Puissances, dont les représentants viennent de lui faire l'actuelle promesse solennelle, pour encercler l'Allemagne et la i-éduire à merci. Il n'y a pas pour nous de témoin pins important que le baron Beyens parmi nos ennemis, du fait quo l'Allemagne n'a pas voulu cette guerre. Peut-être d'autres raisons, qui jusqu'à présent ne sont, pas connues publiquement, ont-elles joué un rôle dans l'affaire. Ce qui en tous cas est certain, c'est que la déclaration -a été faite, parce qu'on la tenait pour absolument indispensable, pour continuer à tenir la Belgique en tutelle. Les autres journaux donnent les mêmes réflexions, qui toutes cachent mal l'inquiétude de se trouver devant une volonté aussi bien arrêtée que celle des Puissances alliées. Dr T. LA VIE À PARIS. Paris, 24 février. Jamais Paris ne fut si calme ni s ;rave en même temps que pendant eett ormidable bataille de. Verdun, qui £ léroule en. ce moment et dont nous su: ■cms les péripéties de loin. Nous savon 'importance de la partie qui se joue c tous avons confiance. Nous savons auss |ue ce n'est pas là le plus grand efïoi les Allemands et nous connaissons 1 ieu cil ils veukiit: essayer dç jprcnài leur revanche de la Marne. Nous atteuj dons cette sanglante folie, qui n'a pas encore éclaté, mais qui fera frémir d'horreur par son intensité et son étendue; nous y sommes préparés. Nous attendons l'heure de ce nouveau sacrifice qui sera imposé, et nous savons comment il faudra y répondre. Jamais nous n'avons eu autant- de résolution dans l'esprit et de fermeté dans l'âme. Ceurï gui put visité les approvisrôuuemeutE

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Cet article est une édition du titre L'indépendance belge appartenant à la catégorie Liberale pers, parue à Bruxelles du 1843 au 1940.

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