L'indépendance belge

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s.n. 1915, 16 Septembre. L'indépendance belge. Accès à 19 avril 2019, à https://hetarchief.be/fr/pid/cc0tq5s85d/
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ROYAUME-UN!: ONE PENNY* BELGE. CONTINENT! 15 CENTIME3 administration et redaction: ,, bureaux a paris: ïudor housj3, tudor st.. london, e.o. place de la 15 jb kb& TELEPHONE: CITY 3960. TELEPH.: { 238 75 LONjDRES, J^UDI 16 SEPTEMBRE 1915. (3 mois. 9 shillings. } abonnements . 15 mois, 17 shillings, f conservation par le progrès* ll an. 52 shillings. > S O M MAIRE. LA SITUATION: Nouveaux succès russes. — Les Austro-Allemands en pleine retraite dans le sud. — Contre-offensives russes dans le nord. — Renforts autrichiens sur le front italien. — Lord Kitchener et l'effort militaire de la Grande-Bretagne. — Le coût de la guerre. — L'emprunt des Alliés aux Etats-Unis. Leurs appétits.—Firmin Van Den Bosch. Lettre de Russie. —> T. W. B. Billet Parisien.—Jean-Bernard. Lettre du Hâvre.—> Pierre Nodrenge. En Belgique. Conseil national économique belge. Echos. Etc. LA SITUATION. ♦ Jeudi, midi. Les succès russes en Galicie et t Volhynie ont eu leur répercussion dans les autres secteurs du front oriental. C'est ainsi que dans la région de Sven-tzianv, entre Dvinsk et Yilna où des détachements de cavalerie allemande avaient atteint la ligne du chemin de fer Vilna-Pétrograd, nos Alliés, passant à l'offensive, ont rejet© l'ennemi d'une partie de ses positions. Il en fut de même sur la Vilia et dans le district de Lida. Mais le plus beau succès de nos vaillants alliés enregistré dans le bulletin daté de mercredi a trait à un engagement au nord-est de Dubno où 57 officiers et 2,593 hommes furent faits prisonniers et où les Russes capturèrent un canon et sept mitrailleuses. Plus au sud, dans le •district de Gliadki et de Vorobrievka, ai; nord-ouest de Tarnopol, les troupes du général Ivanofï firent prisonniers 5 officiers et 547 hommes et, enfin, au sud-ouesfc de Tarnopol, elles repoussèrent l'ennemi au delà de la Strypa, faisant encore 1,500 prisonniers. On voit par là que les Austro-Alle-mands, après avoir abandonné la ligne du Sereth, ont été contraints d'abandonner également celle de la Strypa, qui est à une dizaine de kilomètres plus à l'ouest. En d'autres termes, toute l'aile droite des armées austro-allemandes est en pleine retraite et les Russes poursuivent l'ennemi l'épée dans les reins. Sur le front méridional, les Autrichiens, renforcés, offrent plus de résistance, mais toutes leurs contre-attaques dans la région de l'Isonzo ont été néan1 moins repoussées. La canonnade sur le front occidental continue. Elle fut particulièrement intense hier au nord et au sud d'Arras, dans les districts de Roye et de Sapi-gneul, en Champagne, sur les Hauts de Meuse, dans le Bois le Prêtre et à Saint-Dié. Nulle part l'infanterie n'est intervenue.Sur le front belge, nos artilleurs ont soumis les batteries et les tranchées allemandes, le long du chemin de fer Nieu-port-Dixmude jusqu'à Noordsckoote, à un feu violent. Les Allemands bombardèrent de leur côté les approches de Dixmude. Le feld-maréchal French, dans son dernier rapport hebdomadaire sur les opérations du front britannique, relève l'activité considérable de l'artillerie au sud-est d'Armentières et aux environs d'Ypres ainsi que les excellents résultats obtenus par le corps des aviateurs. Le tableau de la semaine comporte trois aéroplanes teutons descendus, et deux ballons captifs détruits. La supériorité des aviateurs britanniques est telle que, onze fois sur 21 vols exécutés au dessus des lignes allemandes, les aviateurs de nos Alliés obligèrent leurs adversaires d'atterrir. Notons à propos du front britannique que celui-ci, d'après les déclarations faites hier par lord Kitchener à la Chambre Haute a pu être étendu der nièrement de près de 30 kilomètres. Parlant des effectifs, le ministre de la Guerre a dit, entre autres, que "depuis le début de la guerre près de trois millions de volontaires ont offert leurs services à l'armée." Quant aux besoins futurs, "étant donné le léger recul dans le chiffre des enrôlements volontaires, le gouvernement examine en ce moment les meilleurs moyens pour obtenir les hommes nécessaires et le problème recevra bientôt, il faut l'espérer, une solution pratique." M. Asquith a, de son côté, fait d'intéressantes déclarations relatives ail coût de la guerre. Avec les deux cent cinquante millions de livres ' demandés hier et qui constituent le septième crédit demandé depuis le début de la guerre, le total se chiffre à 1,262,000,000 de livres sterling ! Actuellement, les dépenses de guerre se chiffrent à un peu plus de trois millions et demi- de livres sterling, soit environ 90 millions de francs par jour, et le chef de cabinet estime que d'ici au mois de novembre les dépenses hebdomadaires ne dépasseront pas 35 millions de livres ! Une partie de cet argent est destinée, à vrai dire, à soutenir financièrement ceux des Alliés dont les ressources ne sont pas, en ce moment, suffisantes pour faire face aux dépenses énormes de cette guerre. On comprend aussi, en lisant ces chiffres vraiment formidables, que les Alliés aient songé à unir leur efforts au point de vue financier comme ils l'ont fait déjà au point de vue militaire, et comme ils le feront plus tard, il faut l'espérer, au point de vue commercial et industriel. L'action concertée entreprise aux Etats-Unis en vue d'y émettre un emprunt de guerre de deux cents millions de dollars est, parait-il, en bonne voie d'aboutir, et malgré les efforts des pan -germanistes, le gouvernement de Washington ne songe pas à intervenir dans cette transaction financière. Les pro-germains n'ont pourtant nullement désarmé. Us essayent par tous les moyens d'empêcher le succès de l'emprunt. Les banquiers souscripteurs sont menacés de boycottage, les membres de la commission d'étude sont menacés invidi-duellement, à tel point que la police les engage à ne pas sortir en groupe, et enfin un consortium allemand s'est constitué dans l'intention d'émettre, avant l'emprunt.des Alliés, un emprunt allemand de cent millions de dollars. Le consortium espère par là affaiblir le marché monétaire et compromettre ainsi le succès de l'emprunt des Alliés. Mais toutes ces machinations n'aboutiront qu'à rendre plus éclatante la victoire des Alliés sur le terrain économique et financier. Les louches manigances du comte Bernst-orff et les manœuvres ouvertement criminelles de ses agents auront été les meilleurs auxiliaires de la cause des Alliés aux Etats-Unis, où le danger teuton apparaît aujourd'hui plus net que jamais. LEURS APPÉTITS. Depuis que les intellectuels allemands ont pris insolemment, devant le monde, la défense des procédés de guerre de l'armée du Kaiser, ils ont prétendu, à titre de salaire de leurs mensonges, constituer dans l'Empire, une sorte de Haut Comité consultatif, appelé à donner son avis sur toutes questions que soulève la guerre. A ce titre, ce syndicat de docteurs variés s'est occupé depuis un certain temps des conditions de paix que l'Allemagne devrait imposer aux Alliés, et notamment des amputations de territoire auxquelles il conviendrait de les contraindre. Deux tendances se firent jour : la tendance pangermaniste, qui ne visait a rien moins qu'à l'annexion pure et simple de la Belgique et de toute la partie de la France actuellement occupée et encore étendue jusque Calais (sans compter naturellement l'emprise à faire gur la, Russie); et la, tendance anti annexionniste qui répugnait à toute conquête par crainte surtout de l'atteinte que l'élément étranger pourrait porter à la pureté de l'esprit germanique. Entre ces deux tendances nettement opposées, dont la première est de loin la plus influente, parce qu'elle recrute ses protagonistes parmi " les professeurs d'énergie " du KroaPrinz> tandis que la seconde n'est soutenue que par des éléments de l'opposition démocratique, une tendance intermédiaire vient de se faire jour, qui semble l'expression surtout des idées d'un groupe d'intellectuels berlinois.Uin ami appartenant à un pays neutre, et que des devoirs professionnels appelèrent récemment à Berlin, m'apporte sur l'activité de ce groupe quelques détails intéressants. Ces partisans mitoyens de l'annexion ont eu, ces temps derniers, plusieurs réunions dans la capitale allemande^ le jjoint de déjjart des délibérations fut que les prélèvements territoriaux à exercer par l'Allemagne doivent être limités à ce qu'exigent le développement économique et la sécurité stratégique de l'Empire. A ce point de vue, ces messieurs veulent bien juger inutile une annexion totale de la Belgique ; et, conscients de la réprobation que fera peser sur l'Allemagne son crime contre notre pays — si ce crime reçoit une consommation complète — ils , ont l'illusion de croire que l'Allemagne échappera, à cette réprobation en restituant dans son. indépendance une Belgique morcelée. C'est sur ces bases que ces spéculateurs de la spoliation ont élaboré, comme conclusions de leurs palabres, une ^ carte que mon ami m'a mise sous les s yeux ; cette carte comprend une partie dj la France, de la Belgique, et, chose bien curieuse, la Hollande. Une ligne à ® l'encre rouge délimite les territoires de la "nouvelle Allemagne. " Cette ligne s'amorce au sud de Visé, passe au sud e de Liège, remonte vers Warem-me et, de là, vers Tiriemont ; pa§se au nord de B Bruxelles, s'incline ensuite vers le sud 5 de Grammont, v.a de là en droite ligne sur Menin, redescend au sud d'Armen-- tières, remonte vers Hazebrouck et at--i teint la mer à l'ouest de Dunkerque. ^ Ce document suggère une double ré-3 flexion : la ligne des prélèvements alle mands correspond à peu près — sauf l'enclave dans la province de Liège — à la démarcation, en Belgique et en France, de la frontière linguistique. C'est la Belgique flamande et la partie flamande de la France qui est l'objet des appétits teutons, et les auteurs de ce projet se sont réservés ainsi de le justifier par les droits héréditaires du Deu-tschthum. Mais pourquoi sur la carte qui signale leurs convoitises, la Hollande neutre figure-t-elle ? Je dois reconnaître à la vérité que la ligne rouge de la rapine n'empiète point sur le territoire néerlandais... Tout de même, je serais étonné qu'en délibérant, cette carte sous les yeux, sur l'avenir de l'Allemagne sur mer, ces "hommes qui proposent" n'aient pas louché du côté de Flessin-gue... Dans leur esprit, Flessingue ne serait-il pas destiné à payer éventuellement leur générosité en faveur de Calais? Tout cela heureusement ne sont que des idéologies de savants en pénurie d'élèves, des amusettes de marchands de peaux d'ours qu'on ferait bien d'envoyer aux tranchées ne fût-ce que pour leur permettre de constater que l'animal, dont ils partagent si allègrement les dépouilles, est très vivant et se défend fort bien ! FIRMIN VAN DEN BOSCH. LETTRE DE RUSSIE. Les réfugiés. — La forêt de Béloviéjé. — Comité "Grande-Bretagne à la Pologne et à la Galicie."—Le Ministère national. (De notre correspondant.) La question des réfugiés. Le ministre de l'Intérieur, prince Tcherbatoff, a envoyé à tous les gouverneurs une circulaire, dans laquelle il. leur annonce que deux membres de la Douma et deux membres du Conseil d'Empire sont chargés de régler toutes les questions concernant les réfugiés. " Toutes les autorités, dit le ministre dans sa circulaire aux gouverneurs, devront leur prêter un entier concours, sans s'arrêter aux formalités. La conscience des terribles souffrances et de la situation douloureuse de malheureux réfugiés doit être votre seul guide. Il faut rayer de vos rapports avec les délégués du gouvernement, ainsi qu'avec les réfugiés, toutes les discussions, toutes les formalités, toutes les considérations sur l'autorité et la compétence du pouvoir. Aucun des fonctionnaires, qui se trouvent sous vos ordres ne pourra invoquer de n'avoir pas compris le sens de nos ordonnances ou se référer aux circulaires précédentes ; tous doivent prendre leur conscience pour guide et se mettre au travail de tout leur cœur. J'insiste surtout sur ce que les autorités, quelque surchargées de besogne soient-elles du fait de la guerre, doivent se rappeler que l'aide aux réfugiés est un devoir impérieux et l'une des questions le plus importantes de l'Etat." Un gigantesque exode. En effet, la question des réfugiés, dont nous avons déjà dit quelques mots dans une précédente correspondance, acquiert maintenant une telle gravité sociale et politique, qu'elle met au second plan toutes les autres questions. Il s'agit, qu'on ne l'oublie pas, de l'exode de tout un peuple, qui fuit.devant l'ennemi ; d'un peuple qui, sans murmurer, avec la conscience d'accomplir un devoir, laisse à l'ennemi au lieu du paisible village et des champs couverts de moissons, un désert en flammes. Ceux qui ont vu le tableau de cet exode des populations polonaises et lithuaniennes disent qu'il n'existe pas'de mots pour la décrire. L'abandon de Moscou en 1812, danâ l'œuvre célèbre de Tolstoï, "Guerre et Paix." Ce magnifique tableau dramatique du camp des réfugiés dans "Her-mann et Dorothée," la description de la fuite des Russes devant l'invasion des Tatars, ne donnent pas une idée, même approximative, de ce qui se passe maintenant dans les régions menacées par l'envahisseur, le récit épique de l'exode du peuple élu dans le livre saint est peut-être ce qui s'en rapproche le plus : " Car vous nous avez amenés dans ce désert pour faire mourir de faim toute cette assemblée."... " Ainsi le peuple murmura contre Moïse, disant : "Pourquoi m'as-tu fait marcher hors d'Egypte pour nous faire mourir de soif, nous, nos enfants et nos troupeaux? " Des villages entiers, des bo'urgs, des villes mêmes, avec toute leur population, marchent en rangs serrés sur les foutes, se dirigeant vers l'est. Par exemple, six districts du gouvernement de Lublin et deux districts du gouvernement de Kholm vont ainsi, depuis déjà un mois, à Kobrine, cherchant en route des pâturages et de l'eau pour le bétail, et aussi quelque aliment pour les hommes. La D.ouma oté une t le V-:s le? plus urgetU-'-s, v'glant les rapports Titre les réfugiés et les populations locales avec lesquelles ils se mettent en contact, mais les populations rurales ne peuvent pas grand'chose pour cette foule innombrable de malheureux. La forêt de Béloviéjé. Plusieurs dizaines de mille de réfugiés campent maintenant dans la forêt de Béloviéjé, à la lisière de laquelle ont eu lieu déjà quelqiies combats entre les troupes russes et les avant-gardes allemandes.La forêt de Béloviéjé. était, jusqu'à ces derniers temps, un, véritable pays de légende. Cette forêt de 100,000 hectares de superficie, aux chênes séculaires associés aux sapins et aux mélèzes, était la chasse préférée des empereurs de Russie, qui y firent bâtir un magnifique pavillon. Les touristes ont été rarement admis à parcourir la forêt, dont l'accès était même sévèrement interdit aux habitants du voisinage. Toutefois, il y a quelques années, cette mesure fut adoucie et des paysans obtinrent l'autorisation d'aller y ramasser du bois mort. Autrefois, cette forêt appartenait à la couronne polonaise et, jusqu'à présent, une des parties de la forêt porte le nom de "terre royale." Une autre partie s'appelle "le château," parce que là s'élevait jadis un magnifique château que Stephan Bathory y avait fait construire après la guerre contre Pskov ; du château il ne reste aucune trace, le nom seuil en perpétue le souvenir. La forêt de Béloviéjé est surtout célèbre par ses habitants sauvages, les fameux aurochs, qu'on ne trouve que là et dans quelques régions du Caucase, où ils sont beaucoup plus petits et moins beaux. Il y a quelques années, on est arrivé à faire le recensement exact de toutes les bêtes sauvages qui peuplent la forêt ; il y avait 655 aurochs, à peu près 10,000 cerfs et 5,000 biches, 5,000 sangliers de taille géante, 500 coqs de de bruyère, etc. Pour obtenir ces chiffres, voici comment on procéda. Pendant l'hiver, on disposa en différents endroits de la forêt des tas de foins, des carottes, et autres aliments, et le même jour, k la -même heure, on compta toutes les bêtes qui vinrent s'y nourrir ; ensuite on fit un contrôle d'après les traces dans la neige. On a essayé d'apprivoiser l'auroch ! ; pour cela on a établi, au milieu de 'a forêt ce qu'on appelle " la ménagerie," dans un certain espace entouré de carrières on a emprisonné 28 aurochs, mais malgré toutes les tentatives, ils sont restés sauvages, et jamais il n'a été possible de les approcher à moins de cent mètres. Récemment, à cause de la proximité des armées allemandes, on avait eu l'idée de se saisir des aurochs et de les transporter ailleurs ; mais comme il fallait, paraît-il, 200 hommes pour capturer un auroeh, et encore cette capture demandait-elle plusieurs jours, on a trouvé c^u'en ce momyjji les hommes avaient mieux à faire et en s'est contenté d'ouvrir les portes de la ménagerie; le troupeau d'aurochs s'est enfoncé dans la forêt et il est plus que probable qu'ils échapperont aux Allemands en se cachant dans les parties marécageuses de la forêt où l'homme ne peut pas pé-nétrer.La forêt de Béloviéjé n'avait donc! jamais vu autant d'êtres humains que! dépuis quelques jours. Il y a là maintenant, par dizaines de mille, des réfugiés des gouvernements de V arsovie,-de Sedlitz, Plotzk et Lo-mja. Ils sont arrivées là avec leurs quelques hardes et leur bétail et l'on imagine sans peine ce que peut être la situation de ces malheureux qui ne peuvent rien se procurer,-même ceux qui ont un peu d'argent, et qui doivent se nourrir presque exclusivement des pommes de terre arrachées dans les champs voisins, qu'ils font cuire dans les cendres des bûchers. Ce-* pendant, par endroits, les réfugiés ont! établi des cantines, près desquelles se trouvent des sortes de campements, à la manière des peuplades nomades, où sont rassemblés bêtes et gens. La nuit, la forêt s'illumine des feux de milliers de bûchers autour desquels se chauffent les réfugiés et devant lesquels, parfois, cuisent les chairs d'un animal sacrifié. C'est un vrai tableau des grandes invasions. L'œuvre de Mme la princesse Baria» tinsky-Y avorskaia. Dans les grandes villes, l'aide aux ré* fugiés s'organise de jour en jour et de nombreuses sociétés de secours se sont formées. Il en est même qui ont été créées à l'étranger, en faveur des malheureux Polonais. Parmi celles-ci se trouve le comité qui a pris le nom de "Grande-Bretagne à la Pologne et à lal Galicie," et dont -une délégation vient d'arriver à Moscou. En tète de cette délégation se trouve une artiste russe très connue, Mme Vavo-ska;a, qui a épousé un des représti-.ants d luit i'..'u-trc ta» mi le rLsst , lé'(Srrice Bariati'ftsky. Depuis cinq ans, Mme Yavorskaia habite Londres, où elle a fondé un théâtre, dans -lequel elle a joué, en anglais, les pièces les plus célèbres du répertoire russe. Son talent d'artiste lui a valu de nombreuses admirations et son titre de princesse lui a ouvert les salons les plus fashionables de Londres ; de sorte que, quand ce comité de secours aux réfugiés polonais et galiciens a été formé en Angleterre, Mme Yavorskaia s'est trouvée toute désignée pour être en tête de sa délégation en Russie. Interrogée sur son séjour en, Angle* terre, Mme Yavorskaia a dit que de toutes les pièces qu'elle a jouées, c'est l'adaptation d' "Anna Karénine" qui a' eu le plus grand succès : trois cents rew présentations, à g-uichets fermés. Des Anglais sont venus jusqu'à dix fois voir cette pièce ; elle a même eu une influença sur la mode : la robe noire d'Anna ka-< rénine fit fureur dans la société londo< nienne ; il y eu aussi le parfum "Anna! Karénine." Mme Yavorskaia pense même que cette pièce a fait beaucoup pour le rapprochement russo-anglais* Après Londres, la troupe de Mme Ya« vorskaia joua à. Edimbourg, N'ewcastle,; Bristol, Cardift, Manchester et Liver* pool. A Liverpool. C'est à Liverpool que la princesse? Bariatinsky eut, dit-elle, la première impression profonde de la guerre. Dans le port de Liverpool entra un jour un vapeur russe de la flotte volontaire, le " Koursk." Ce bateau faisait ordinairement la traversée entre New-York et Libau. Surpris en cours de route par la déclaration de guerre, il ne put pas rentrer à Libau et alla à Gênes où il embarqua 2,000 réfugiés russes de Belgique, d'Allemagne et d'Autriche. Le " Koursk " pour regagner la Russie, par Arkhangel, fit escale à Liverpool. C'est alors que Mme Yavorskaia vit deux mille de ses malheureux compatriotes, affamés et en guenilles. Ayant eu l'occasion de rencontrer un membre du Parlement britannique, Allan Brvce, elle lui narra la misère des réfugiés russes et, peu après, des dames de Liverpool, la femme du maire en tête, envoyèrentdes secours aux réfugiés : des vêtements, des vivres et de l'argent ; on distribua plus de Fr. 10,000 ! Quant au Comité, voici l'histoire de sa formation. Dans une conférence qu'elle faisait à l'Université de Nottingham, sur la Russie, Mme Yavorskaia rappela, entre autres, que Byron était mort pour la liberté de la Grèce, et que la guerre actuelle étant faite pour l'indépendance des petits Etats, elle demanda si les descendants de Byron ne viendraient pas en aide aux victimes de cette lutte? Aussitôt les professeurs et les étudiants se mirent d'accord pour une organisation de secours aux victimes de la guerre en Rus-< et bientôt, dans dix-huit villes sa V £6ème année* No. 219

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Cet article est une édition du titre L'indépendance belge appartenant à la catégorie Oorlogspers, parue à Londres du 1914 au 1918.

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