L'indépendance belge

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s.n. 1914, 12 Août. L'indépendance belge. Accès à 17 août 2019, à https://hetarchief.be/fr/pid/z60bv7c11r/
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4.0 Oe3a-tixo.es EN BELGIQUE ET A PARIS 85* ANNÉE Mercredi 12 août 1914 ADMINISTRATION ET RÉDACTION ï "7-. rue des Sables, liruxelle» BUREAUX PARISIENS . 11 place de la Bcurs» ABONNEMENTS : ÉDITION QUOTIDIENNE BELGIQUE. Un an 51) ir. 6 mis lOfr. 3 raoït, 5 fr. lUÏESSOUfiSISr.-llj » 28 lr » 5 ir. - S fr. (IBUScit - 40 ir. » 22 fr. » i2if. ÉDITION HEBDOMADAIRE Intirnafaslo et d'0utrc-m«r£ 10 pages, paraissant le mercredi Un ait Sîî iranc* Six mois lis franc» L'INDEPENDANCE T20TS ÉCrmOTïS PAS JOUR. — SIX PAGES BELGE COSSEaVATIOS SAS IX EEOSEÊa Édition du malin - X9 Mercredi 12 août 19i4 Les annonces sont reçues. A. BRUXELLES î aux bureaux du jou'-aaC ▲ PARIS : il, place de la Bourse, A LONDRES : chez MM, John-F. Joues dC5, n6 Snow Hill, E* G.; a l'Agence H»vas, lSg^ C&eapside E. C.; et chez Neu'oud & Fils, û0114-18, Queen Victoria Street, ei 1. B. Brownô Ltd. n° 163, Queen Victoria Street. A AMSTERDAM : caez Nijgh & Van Diimar, Rokin, S. (S ROrrESDA'ji : même lirrr.e, Wvnhaven. 113, ALLEMAGNE, EN AL'TRICUE-BONGRIE et UiS SUISSE, aux Agences de laMsinon Rudoll MoSj^ JV ITALIE : chez MM. Haasenstein & Vogler, à Kilai^ Turin et Rome. 3èîiliW-\OIUi:T.E.Browae,Ltd, (,East ^Street LA GUERRE La Situation Mardi midi. Le calme s'est maintenu pendant toute la journée de lundi et la nuit de mardi sur le front de l'armée belge et française qui opère sur notre territoire. (Vf Les seuls faits d'armes signalés sont des engagements de patrouilles aux avant-postes contre les uhïans errant par les campagnes et qui s'égarent parfois dans nos lignes. Il est pleinement confirmé que les Français dans leur marche Vers le nord ont totalement « nettoyé » lo Luxembourg et la province de Namur des détachements ennemis qui s'y trouvaient. C'est ainsi qu'à, Houffalize, une patrouille française a sabré un escadron prussien, faisant 17 prisonniers. Mais ce ne sont là que des incidents ne pouvant exercer aucune influence directe sur la grande bataille qui se prépare et qui paraît imminente. Toutes .les positions de combat sont prises de notre côté ; quant à l'ennemi, il reconstitue ses forces.entre Liège et l'Ourthe. A la frontière franco-allemande, les deux adversaires aux prises s'efforcent cle percer le mur de fer et de feu qui sépare les deux pays. Les Français ont incpritestablèriient l'avantage par le passage de leur troupe en Alsace en partant de Belfort et par le fait que dès les premiers jours des hostilités ils ont pu s'emparer des « cols » vosgiens, qui constituent des positions stratégiques de premier orclre. La lutte qui s'est déroulée au Col Sainte-Marie, un peu au nord de Saintc-.\ lune-cles-Mi nus. à peu près à hauteur de Saint-Dié, a été des plus chaudes et l'avantage obtenu par les .français en cet endroit peut donner des effets considérables'à très bref délai. 11 se confirme, en effet, que les Allemands font un effort énorme pour barrer aux Français entrés en Alsace par le sud la route de Strasbourg. Ils ont lancé des forces considérables de Neuf-Brissach contre la brigade française qui s'est emparée de Mulhouse après le combat d'AKkirch. La brigade française. s'est postée au sud de Mulhouse, arrêtant là la poussée allemande, Les Français restent donc maîtres de toute la Haute-Alsace et par le col Sainte-Marie, ils peuvent agir de flanc sur les troupes allemandes descendues par Schlestadt, Col-mar et Neuf-Brissach sur Mulhouse; Les Allemands ont cherché à forcer les positions françaises le long.de !a frontière en plusieurs endroits, mais partout ils ont été repoussés. Nous avons annoncé que dans la région de Spincourt un bataillon de chasseurs français avait dû céder le terrain devant des forces allemandes très supérieures en nombre, mais, la cavalerie française étant venue à la rescousse, les Allemands ont été repoussés. Leur tentative de pénétrer en territoire français par Blamont a également échoué, lo fort français de Manon-villers, en avant de Lunéville, les ayant contrainte à la retraitè.Mais c'est dans ,\i région de Metz et de Thionviile que, d'après le communiqué officiel français la concentration allemande est la plus puissante. Cette concentration allemande fait face aux formidables positions françaises de 'i'oul ii Longwy, en passant par Verdun. C'est évidemment dans la région comprise entre Longwy et Thionviile au nord, Verdun et Metz au centre, Toul et Strasbourg au sud, que se frappera le grand coup, le coup décisif, sur la frontière franco-allemande.Un nouvel élément s'est introduit dans la situation européenne : la rupture des relations diplomatiques entre la France et l'Autriche-Hongrie. Le gouvernement de Vienne, bien que faisant la guerre aux côtés de l'Allemagne qui a déclaré la guerre à la Franco et appelé, par conséquent, à fournir des troupes à l'adversaire immédiat de la France, s obstinait à ne pas rappeler son ambasasdeur à Paris. Le but de cette tactique était évidemment d'obliger la France a déclarer la guerre à l'Autriche-Hongrie et de créer ainsi un argument à invoquer en faveur du « casus fœderis » pour contraindre l'Italie à faire la guerre avec l'Allemagne et l'Autriche contre la France. Le gouvernement de Paris n'est pas tombé dans ce piège grossier. L'ambassadeur d'Autriche-Hongrie s'obstinant à demeurer à Vienne, le cabinet français a posé nettement la question à Vienne, demandant si, oui ou non, l Autriche-Hongrie ferait acte de guerre contre la France. Comme la réponse fut évasive, le cabinet de Paris a purement et simplement rappelé son ambassadeur près la Cour de Vienne, mais sans donner à ce rappel le caractère d'une déclaration de guerre. Aussitôt,l'ambassadeur d'Autriche-Hongrie i Paris a demandé ses passeports. Il n y a donc pas de déclaration de guerre de la France à l'Autriche-Hongrie, mais simplement rupture des relations diplomatiques. Il n'y a donc pas l'argument dip.omatique tant cherché pour contraindre l'Italie à entrer <jn scène à son tour contre la Fran-•eo. D'ailleurs, il y a un facteur plus puissant que tous les arguments diplomatiques pour écarter une telle éventualité : c'est le sentiment de la nation italienne oui est unanimement et irré ductiblement hostile à toute guerre con tre la France. 11 y a deux jours, nous avons signal ici 1 importance de la question de 1: stricte observation de la neutralité pa les Pays-Bas et nous disions qu'il étai acquis que jusqu'ici nos voisins du non avaient scrupuleusement fait leur de voir, les bruits suivant lesquels des' so! data allemands en armes avaient été ac cueillis dans Maestricht s'étant trouvé formellement con trouvés? Nos voisin du nord ne peuvent être surpris qu nous attachions une grande important' à leur attitude, à leurs résolutions éven luettes, puisque ia violation u« la neu tralité neérlandaise créerait pour la Bel gique ue nouveaux et graves soucis 11 est possible, comme on l a dit, qu l'Allemagne ait promis de respecter ' territoire des Pays-Bas, mais nous sa vous par expérience ce que valent le assurances dont le gouvernement di Berlin est si prodigue ofUcieUetticnt 01 oflicieusemenl. Ce qu'il importerait cl savoir, c'est ce que feront le5 Pays-Ba si les Allemands, violant une l'ois d plus la parole donnée, tentaient un diversion en envahissant Ta Belgiqui par le nord, après la traversée du Lim bourg hollandais '! Ce qu'il importerai de savoir, c'est s: la Hollande, mêm résolue à ne pas tolérer la violation d sa neutralité, a pris ou orend des me sures pour s'y opposer efficacement ai besoin ? 11 y a quelques ino s encore le Liiubourg hollandais était sans dé lense aucune; il y avait là simpleinen quelques escadrons de cavalerie. Co t;mps derniers, 011 a établi un ridea de troupes d'infanterie de Maestrich à Venloo, quelques bataillons appuyé par des compagnies de lanclweer qui s recrutent sur piace. Ce n'est ''vid.en ment pqs avec çjjttè poignée d'homme que les Pays-Bas pourraient s'oppofe au passage par le Limbourg hollan dais. Il ne faut pas que nos voisins d nord voient dans ces préoccupation: un acte cle défiance de notre part; mai il faut qu'ils comprennent que non luttons pour la vie libre de notre patri et que nous n'avons pas le droit vis à-vis de nous-mêmes de nous expose au plus g'rorVe des périls par la faut ou la faiblesse des autres. ROLAND DE MARÊS. LA BELGIQUE ENVâHIE LE COMMUÉ OFFICIEL Il résulte des ra<es renseignements an vés au département de la guerre que la s tuation générale est peu claire. Gela résul évidemment des précautions prises par 1« belligérants pour céler leurs dispositions. Pour ce qui nouh intéresse particulière ment en Belgique, on nord de 'a Meuse, 1; Allemands ont poussé, dans la direction c l'ouest, dos forces qui ne paraissent ps considérables et ^ue notre armée ost pa îaitement en état de repousser. Nous avor eu des engagements d'av^ns-postes au couj desquels 1 adversaire a été repoussé. Au sud de la Me» se, la situation n'a ps changé : les Allemands se sont fortifiés si la ligne de l'Ourthe, c qui semble indique qu'ils ont l'intention de rester sur la défei sive. L'état moral et matériel de nos troupt est excellent. TROIS CENT MILLE SOLDATS On dit que nous n'avons apporté ù coalition qu'une force de deux cent mil hommes. C'est une erreur. Quinze classe ont été rappelées; la clas! de 1914 va être instruite, et le g •uveriiemo: dispose de 40,000 volontaires. La Belgique apporte donc à la Triple-E tente une force de trois cent mille homm. environ. Mais, il faut pour combler les vides < nouveaux volontaires et, si c'est nécessair l'autorisation du Parlement pour appel aux armes la classe de 1015. La jeunesse brûle du désir de participer lia grande guerre de l'inidépon-clanee de l'E rop-e, qui délivrera notre pays de l'envahi seur. On peut d?nc affirmer qu'elle est à la ha teu'r des événements et qu'elle est prête tous les sacrifices :'Our le pays. La génération d'hier la salue avec entho siasme. A Liège UNE PROCLAMATION DE L'AUTORITE COMMUNALE Les otages Le l'f. de bourgmestre, M. V. Hénault, fait placarder sur le* murs de Liège la pi clarnation suivante ' VILLE DE LIEGE L'administration communale rappelle ses concitoyens et à tous ceux qui se tre vent sur le territoire de Lïégç qu'il c strictement interdit., par ie code des 1' de la guerre,, .qu'ujj pi vil se livre à des î . tes quelconques d'1 ostiUté contre les soldats allemands qui occupent le pays. * Toute agression commise contre les i troupes allemandes par d'autres que les r militaires en uniforme, non "seulement ei-t pose celui qui s'en rendra coupable à être 1 immédiatement passé par les armes, mais - encore entraînera le répressions les plus - violentes contre tous les habitants et spé- - ciaïement contre k.j Liégeois qui sont rete-3 nus colnme otages .h ' la citadelle de Liège, 3 par le commandant des troupes allemandes. 2 Ces otages sont 2 1. Mgr Rutten, évêque de Liège; 2. M. Kleyer, bourgmestre de Liège; S. M. Grégoire, député permanent; 4. M. Armand Fléchet, sénateur; 5. M. Van Zuvlf.n, sénateur; ' G. M. Edouard Peltzer, sénateur; - 7. M. Colleaux, sénateur; 8. M. De Ponthiére, représentant; = 9. M. Van Hoegaerden, représentant; ; 10. M. Falloise, échevin. • Mgr Rutten et M Kleyer ont été autori-^ sés à quitter provisoirement la citadelle, 3 mais restent «comme otages à la disposition 3 du commandant allemand. -- Nous conjurons tous ceux qui' 6ont sur le territoire de veiller, dans l'intérêt suprê-~ me de tous les habitants et de ceux qui sont ^ les otages de l'armée allemande, à ce qu'au-2 eu ne agression ne so>f, commise contre les 2 soldats de cette armée. Nous rappelons que. par ordre du géné. J rai commandant le< troupes allemandes, ï les particuliers qui détiennent toutes ar-■ mes et cartouches doivent les remettre immédiatement à l'autorité, au palais provint 3 cial, sous peine dVtr. fusillés. t * * * s Tous les otages ozi! été remis en liberté, e après avoir juré qu'ils feraient respecter - les troupes aliemcndes par la population 5 liégeoise Les d?m- i-res des dix i.oWbk3 r sùut sur ton l surveillées parades soldats allé. - mands. LE PRINCE DE LIPPE AURAIT ETE TUE s Le n Peuple » reçoit cette communication j de Seraing ; e « Hue du Désert, une centaine d'Alle-mands se précipitaient av.ee une furie ev-r tram iii.naire sur un peloton de petits Uel-e ces. Ils durent reculer aussitôt avant vu tomber leur chpf, le prince Willem de Lippe ,prince régnant de Lippe, ainsi que sou fils, l.es corps <le ceux-ci ont été inhumés par les autorités allemandes ; ils cuit, été inhumés dans un caveau provisoire au cimetière de Serains ; les brillants que le prince portait aux doigts ainsi que son épée en or ont été remis par un boy-scout au commissaire de police de Seraing. » LE GENERAL JOFFRE AU ROI ALEERT Le général commandant en chef des armées du hord'-ést a adressé au roi des Belges, commandant en chef, la lettre suivante : « Sire, j » Je viens de recevoir la proclamation que vous avez adressée à l'armée belge le T août et qui.contient le fraternel salut Je |s Votre Majesté ù l'armée française. » De cette pensée si flatteuse pour mes troupes, j'ai hâte de vous remercier en leur " nom et au mien. ' « Appelés, par la plus odieuse agression, ' à combattre le même adversaire, vos ad-^ mirables soldats et ceux de la France se comporteront, en toutes circonstances, 's comme de véritables frères d'armes, con-s fianls dans le triomphe de leur juste cause, et ils marcheront ensemble à la victoire. 's » Plaise à Votre Majesté d'agréer l'ex-îr pression de mon profond respect. ,r » (S.) Joffre. » D'UN UHÎVEHSiTAIRE BELGE IS COftiSfiTÏANi S8U5 LIÈGE La brigade à laquelle j'appartenais d'un commun accord était appelée la colonne a volante, elle était destinée à appuyer le: je autres brigades en action. Aussi lorsque l'attaque des Allemands se fit sentir plus formidable vers le fort, de Barchon, prèJ .e du village de Queue-du-Bols, notre état-major nous fit-il appeler pour soutenii la brigade attaquée. 2. Celle-ci, héroïque jusqu'au bout, sou-.3 tint les assauts furieux de l'ennemi ei dans la soirée du mercredi 5 août seule lement, nous prîmes position dans les c bois avoisînant le château. Un trentaine d'entre nous furent char gés de monter la garde près d'un dépôt h. Placé en sentinelle aux abords de ce u. champ, chacun de nous se sentait livri s- à ses propres réflexions. La lune projetait sur les bois sa lu u- mière blafarde. Là-bas, dans le lointain ù des éclairs' soudains annonçaient que le: nôtres vomissaient sur. l'ennemi la mi u- traille et la mort et tout près dans le: bois nos soldats répondaient aux as sauts des barbares, tandis que sur no: flancs nos batteries invisibles crachaien à tout instant les shrapnels destrue tours. Les incendies au loin éclairaient 1e: combats et sur le ciel empourpré là-ba a sur 1a colline, les nôtres se détachaient o- masses noires en mouvement; une vi sion d'enfer qui soulevait les cœurs; tandis qu'à nos oreilles-les balles sifflaien sans cesse, nos yeux fouillaient tous le: à fourrés voisins. u" Ordre nous fut donné pour lors d: !St- nous replier vers Liège. )is Nous nous acheminions vers la Cit ic ardente, lorsque tout à coup, dans le cie apparurent trois points noirs et ces points se transformèrent soudain en un léger nuage et bientôt de la ville des flammes s'élevaient. Les bestiaux effrayés avaient traversé 1 Ourthe c-t se promenaient inquiets dans les rues. Nous atteignîmes le village de Bres-soux, où des cœurs généreux voulaient réconforter les soldats éreintés. Nous nous dirigeâmes en toute hâte vers le Val-Benoît. « Les Allemands dans les bois 1 » tel était le récit de tous ceux qu'on voyait. Et c'est alors que nous vîmes disparaître dans la fournaise des compagnies entières, et bientôt des ambulances qui se succédaient sans relâche, nous apprirent l'héroïsme de nos défenseurs. Puis ce fut notre tour d'opposer nos poitrines à l'ennemi. Nous partons à la mort, avec entrain, résolus à vendre chèrement notre vie, car aucun espoir ne nous était permis. Nous prenons place dans un verger dont on abat les haies et bientôt de la colline descendent les batteries et les débris de nos régiments éprouvés. Les civières montent vers les bois et descendent bientôt transportant nos courageux blessés. Nous protégons vraisemblablement l'enlèvement de ces braves ; mais un ordre est donné et nous nous replions vers les plateaux de Cointe. Puis nous nous dirigeons vers le fort de Santin, où nous prenons notre poste de combat. Les Allemands toutefois ne viennent plus à la charge. Notre mission se termine, les forts se défendront par leurs propres moyens; et nous allons reprendre notre poste à l'armée de campagne. G. JN BRAVE Un des plus sympatbiiiues officiers du 0- ùé 1:^11-, le capitaine Zéphirin tvrard, a été promu major pour sa valeureuse con-du|,e au cours de la bataille de Liège. ^ RECIT DE FUGITIFS Uh convoi de fueilifs, des habitants des environs de Landen et de Neerwinden, nom. prédestiné, es. arrivé lundi à minuit à Bruxelles, venant de Namur. Nous avons rencontré une famille de ces malheureux, encore tout secoués de la terrible nuit qu'ils venaient de passer. La journée s'achevait inquiète, mais assez paisible, dans le petit village de Jauche, près d'Orp-le-Grànd, quant tout à coup un détachement de uhlans parut dans la Grand'Kue, suivi bientût d'autres cavaliers. " — Toute une armée, dit l'homme. — ils étaient au rroins 2,U0Û, dit la femme.— Au moins 10,0(10, dit la grand'mère... n Il est évident que les pauvres gens ont vu double; ils exagèrent. Ce qu'il faut conclure de leur récit singulièrement haché et décousu, cela se cor.çoit : c'est qu'une forte partie de cavalerie allemande bat tes environs de Landèn et de Neerwinden, brûlant les meules, parfois des fermes, non dans lin but de représailles, car les populations de ce côté se sont montrées très calmes, mais, semWe-t-il, dans un but stratégique. C'est ainsi que suivant les fugitifs que nous avons rencontrés ils ont mis le feu aux villages d'Overwinden et de Pelliaines. Partout ils invitent les habitants à quitter le pays et ils le font,' cela va de soi,avec leur brutalité ordinaire, jgs présentant dans les maisons revolver <fu poing et donnant une demi-heure aux paysans pour faire leurs paquets. Dan, le pays des pauvres gens que nous ayons pu voir à Jauche, le sauve-qui-peut a été général. Il n'est resté de tout le village que quelques vieillards, qui disaient, puisqu'il faut mourir, autant mourir ici. Récit d'un Belge retour d'Allemagne Je reviens d'Allemagne et crois vous intéresser en vous envoyant quelques impressions de voyage. Vous en ferez ce que vous voudrez. Dapuis dix à douze jours, on ne fait en Allemagne que chanter et faire jouer par les orchestres de brasseries les airs , nationaux sans discontinuer — ils ont l'air tous, d'espérer la guerre... N'empêche que le 3i il y a eu à Potsdam et Berlin trente meetings contre la guerre. Les Allemands sont tous furieux contre la Russiî « cause de tout ». On a publié : les télégrammes échangés entre le ICai-: ser et le Tsar, pendant l'échange desquels, disait-on, la Russie mobiliasit dé- ■ jà contre l'Autriche. Alors a été publié , la nouvelle que la France avait massé ; 280,000 hommes à la frontière avant que ■ les Allemands y eussent posté un seul ; détachement. Colère, cris : « A bas les - Lumpen (vauriens) de Français I ». Un > journal de Berlin disait le 31 : « Ils veu-t lent leur revanche. Pauvre France!... » Voilà quatre ans que je suis en Allemagne, on ne peut se faire d'idée de s l'arrogance de ces gens, qui se croient ; invincibles et les maîtres du monde. Je ^uis revenu de Cologne par la ligne - de Gladbach. Arrivé à B'neydt, le train - stoppa; tout le monde descend. C'était t le soir. A la sortie de la gare, un pelo-; ton en armes. — Vos papiers 1 — Voilà. .— Ah! vous êtes Belge, suivez ces mes-; sieurs —- et on me conduit entre deux soldais baïonnette au canon au poste i militaire, où on me fouilla complète-1 ment, puis au commissariat central. Nouvel interrogatoire et visite; puis enfin à Yarnigo, où j'ai été enfermé jusqu'au lendemain (7 août) au matin. Alors un agent m'a conduit à la gare, a dit au soldat de faction que j'étais en règle et deux soldats m'ont suivi jusqu'au train et ne sont partis que quand le train s'est mis en marche. Un officier m'a dit: « Nous vous traitons comme on nous traite chez vous », et il me montra un article de la Kôlnische Zeitung, relatant le retour en Allemagne d'un architecte, venant d'Ostende, bousculé, piétiné, etc. (dit-il), et se plaignant de la grossièreté du personnel de la gare de Verviers... L'officier ajouta : « Sous peu, vous pourrez revenir sans passer la douane, car la Belgiejue sera dans quelques jours une province allemande I 11 » A Dolhain, j'ai dû faire une demi-heure à pied pour gagner la Hollande et en plein bois, au poteau-frontière, les Allemands m'ont encore fait ouvrir mes valises (quatrième fois en un jour); enfin, j'étais à Vlodrop hors de danger. On me dit ici que les Belges restés en Allemagne sont emprisonnés. J'ai été très surpris en rentrant en Belgique d'apprendre les événements, dont rien n'avait été publié en Allemagne 11 si ce n'est des renseignements très vagues.Depuis le 31 août,toute correspondance et les télégrammes de Belgique ont été interceptés. A la poste on accepte les télégrammes (et l'argent) et on ne les envoie pas.! ! ! 11 est défendu d'écrire cartes et lettres autrement qu'en allemand Le 5, je veux envoyer un télégramme à mon fils; on ne l'accepte pas; je dis : « Mais nous ne sommes pas en guerre avec l'Alleçnagne l » (Je ne savais rien du tout !!!). Le télégraphiste me répond: « Non! mais les Belges sont des frans-quilloet on doit se méfier. ■> (Ceci au télégraphe de Eonn. A chaque gare allemande,les quais sont encombrés de demoiselles qui offrent aux voyageurs des vivres, boissonà, douceurs, etc., — et je vous prie de croire que les voyageurs en usent 11 Sur le wagon, on écrit à la craie : « Dans deux jours à Bruxelles, dans quatre jours à Paris! » «Haut die Lumpen Franzosen!» (Tapez sur les vauriens de Français.) LES LIEUTENANTS AVIATEURS TAPPROGE ET DESMET On donne de bonnes nouvelles de la sanié des lieu-tenants Tapproge et Desinet, blessés dans l'accident que nous avons relaté. Tous deux vont aussi bien que possible. Toute crainte a même disparu pour le lieutenant Tapproge, dont l'état avait paru assez inquiétant au début. France LES OPÉRATIONS ilLITfiIRES FRANÇAISES LE BULLETIN QUOTIDIEN OFFICIEL Paris, lundi, 11 août. Un communiqué du ministère dè la guerre en date du 10, à 23 h. 30, dit : Au cours de la nuit dernière, des forces allemandes, très considérables, provenant de Mulheim et de Neuf-Brisach, ont attaqué les avant-gardes françaises, poussées sur Cenray et Mulhouse. Devant cette attaque les Français ont quitté Mulhouse et rassemblé leurs forces légèrement en arrière sur un emplacement où on arrêta l'offensive do l'ennemi, supérieur en nombre. Les actions de détaij ont été brillantes pour les troupes françaises, qui restent maîtresses de la Haute-Alsace. Da nombreux mouvements de troupes ont lieu vers Morhange. Dans la région de Blamont, une tentative contre Hogervillers et llablinville a échoué complètemenl, grâce à l'appui du canon de Manonvillers. L'action contre les cols Sainte-Marie et Bonhomme fait le plus grand honneur aux troupes françaises. Les troupes françaises ont montré dans toutes les circonstances une grande supériorité sur les troupes adverses. Dans la .région de Spincourt, la cavalerie ennemie-, appuyée par de l'artillerie, a dû reculer. Quelques débarquements allemands continuent dans la région de Gérolstein, mais les principaux débarquements s'effectuent derrière Metz et Thionviile. Des travaux de fortifications sont exécutés autour de Luxembourg et au sud de ?/Ietz, vers Luppy. Des avions français ont survolé les zones de débarquement de l'ennemi, au milieu de la fusillade et de la canonnade.Un calme complet règne en Belgique, où les Allemands paraissent se réorganiser devant Liège. Leurs avant-gardes sont sur l'Ourthe. Une patrouille française s'est conduite brillamment à Houffalize, où elle a sabré un escadron ennemi, faisant 17 prisonniers. De semblables faits se renouvellent quotidiennement.Samedi matin, deux uhlans en reconnaissance le long de la frontière française ont pénétré dans le petit village d'Afflevillei d'où ils ont été chassés par une patrouille de trois chasseurs S. cheval. Le lendemain, un peloton de uhlans est venu incendier la ferme et tuer le fermier, qui cherchait à éteindre l'incendie.' Le garde-champêtre est intervenu courageusement et a expliqué que le combat de samedi avait été livré exclusivement par des militaires. Les Aille< mands ont soutenu contre toute évidence que des civils y ont participé. Dans l'après-midi, un escadron de uhlans est revenu à l'heure des vêpres, au moment où tous les habitants priaient dans l'église. Les uhlans jetèrent du pétrole sur toutes les maisons et y mirent le feu. La popluation épouvantée a pris la fuite sans argent ni vêtements. Le curé a disparu. Les habitants d'Affleviile ont. été recueillis à Etain, secourus et réconfort tés, puis dirigés sur Verdun. Des manifestations enthousiastes en faveur de l'Italie ont eu lieu à Nancy et dans plusieurs autres villes. (a) LA SITUATION DANS LA MÉDITERRANÉE Paris, mardi, 11 août. L' « Echo de. Paris » dit que la rup* ture des relations diplomatiques entra la France et l'Autriche-Hongrie donna à notre llolte dans la Méditerranée sai complète liberté pour contraindre l'escadre austro-hongroise à rester dans ses ports ou d'affronter un combat .qui lui offre peu d'espoir. Nous contribuons à rassurer l'Italie sur les conséquences d'une politique indépendants et vraiment nationale vers laquelle la portent ses sentiments. Quant au comploï lurco-bulgare contre la Serbie et la Grèce, on ne voit pas comment il pourrait réussir si les lorces de la France et cle 1 Angleterre font sentir leur supériorité sur les côtes de l'Empire otio-man. L' «Echo de Paris» ajoute que la situation devient donc nette dans la Méditerranée et en Extrême-Orient^ à! la suite de la volonté exprimée par la Japon de faire jouer l'alliance anglo-japonaise, et nul ne blâmera le Japon,, si celui-ci prend des précautions radS-cales contre les appétits allemands en Chine. VOILIERS ALLEMANDS CAPTURES Paris, lundi, 10 août.. Le « Figaro n dit que le torpilleur ci Es-copette ii a capturé et ramené à Dumkerque un quatre-mâts allemand contenant 8,000 tannes de blé. Un second voilier allemand a été ramené à Calais. <a> UN JOURNAL POUR SOLDATS Paris, mardi, 11 août.- Le « Journal i> 4it qu'on s'occupe, au mi< nistère de la guerre, de la création d'ua journal qui donnerait aux soldats des renseignements sur les événements du jour., (al LE RAVITAILLEMENT Paris, mardi, 11 août. Le n Matin « apprend de bonne souroa que la banque française et la banque américaine ouvrirent un crédit en or de trente millions à l'Etat français pour l'achat de blée et d'autres denrées. De grandes quantités de céréales se trouvant en ce moment aux Etals-Unis et en Argentine ont été achetées et vont être dirigées partiellement sur l'Angleterre. Le ravitaillement de la France est assuré pour une très longue période. (a) POUR LES FAMILLES DES ETRANGERS Paris, lundi, 10 août. Le gouvernement prépare un décret étendant les allocations journalières aux étrangers dont les soutiens furent appelés ou s'engagèrent sous les drapeaux, ainsi qu'aux familles .rusfes, anglaises, belges et serbes résidant en France, dont les soutiens combattent soi- les drapeaux des nations alliées. (a) RUPTURE DES RELATIONS ENTRE LA FRANCE ET L'AUTRICHE Paris, lundi, 11 août. A la suite des échanges de vues poursuivis à Paris et à Vienne, spécialement au cours des trois derniers jours, le gou. vernement français en raison de la situation internationale et vu l'insuffisance des explications fournies par le gouvernement austro-hongrois, a fait connaître dans la matinée à l'ambassadeur d'Autriche qu'il se voyait dans l'obligation de rappeler l'ambassadeur de France à Vienne. L'ambassadeur d'Autriche-Hongrie a répondu en priant le ministre des affaires étrangères de lui faire remettre ses paswports. L'ambassadeur a quitté Paris à h. 15, par train spécial, à destination de l'Italie. Le directeur du protocole l'a accompagné jusqu'à la gare. Dss deux côtés, toutes les dispositions sont prises pour assurçr le départ des d'eux ambassadeurs, conformément à la tradition habituelle de courtoisie internationale. Les consuls iias deux pays ont été avisés de cette décision. Les ambassadeurs des Etats-Unis à Vienne ei à Paris sont chargés de la protection des intérêts français et austro-hongrois, (a) DEPART DE L'AMBASSADEUR D'AUTRICHE Paris, lundi, 10 août. l'ambassadeur"d'Autriche a cjuiilé Paria à 7 h. là du soir. ta)

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Cet article est une édition du titre L'indépendance belge appartenant à la catégorie Liberale pers, parue à Bruxelles du 1843 au 1940.

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