L'indépendance belge

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s.n. 1914, 31 Octobre. L'indépendance belge. Accès à 23 août 2019, à https://hetarchief.be/fr/pid/2v2c82599s/
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85èae arase. No. 295, L'INDÉPENDANCE ANGLETERRE: ONE PENNY, BELGE. CONTINENT : 15 CENTIMES. Administration et Rédaction, Tudor House, Tudor Street, E.C. LONDRES, SAMEDI, 31 OCTOBRE, 1914. Conservation par le Progrès. TROIS BORAINS. J'ai rencontré trois Borains. Le Bori-nage, centre industriel, francophile et socialiste, avait été, paraît-il, signalé aux troupes allemandes comme devant être traité avec la plus sévère rigueur. — Le premier dit : Je suis retourné 'à bas. J'ai vu nos villages dévastés. Des rues entières ne sont plus que des monceaux de ruines. " Ils" ont incendie nos maisons, violé nos femmes, fusillé ceux qui voulaient les défendre. A Qua-regnon, ils ont placé des habitants paisibles près de leurs canons pendant le combat. C'est un supplice épouvantable, l'ébranlement des détonations affole et fait jaillir le sang par les oreilles. Et pourtant, nous ne leur avions rien fait, rien, quoiqu'ils en aient dit, pour justifier leurs crimes. Non, nous rie leur avions rien fait. On nous avait dit que les civils devaient rester étrangers aux actions militaires ; nous avons observé )les lois de la guerre. Mais s'ils ont voulu nous punir de ^l'horreur qu'ils nous inspiraient, oh ! ïalors ! ils ne se sont pas trompés, car nous les détestions de toute notre âme. Il nous fallait un effort énorme sur nous mêmes pour suivre les instructions des autorités et les conseils de nos chefs. Comme nous avons souvent regretté de ne pas avoir d'armes et de ne pas connaître le métier de soldat ; nous aurions été si heureux de nous mêler à l'action contre l'envahisseur. Tout notre cœur allait à ces Anglais, dont nous ne comprenions pas la langue, dont nous ne savions rien, si ce «'est qu'ils étaient venus défendre notre indépendance et notre liberté... — Le second dit : Combien tous ces pivènemeats sont étranges, Monsieur. Vous savez que je suis républicain et antimilitariste. Lorsque je vois les abominations que le pouvoir absolu de deux empereurs a déchaînées sur le monde, mon républicanisme triomphe, car je suis persuadé que jamais une République Allemande n'eut déclaré la guerre; mais "il est mal à l'aise et s'efface devant notre Roi dont l'énergie et le courage ont étonné le monde. Lorsque je vois la désolation infinie qui suit les armées, mon antimilitarisme triomphe, mais il est mal à l'aise et s'efface devant la nécessité de mettre, à certaines heures, la force au service du droit, pour se défendre contre une force barbare et sauvage. Nous nous sommes peut-être trop hâtés de croire à la puissance de notre civilisation. Notre idéal était trop haut pour les temps d'aujourd'hui. Mais, on peut garder sa confiance dans le futur, et comprendre en même temps les réalités présentes. Et j'admire ces généraux, maintenant. Oh ! certes, il en est dont l'insuffisance est lamentable, mais il en est d'autres, aussi. Avez-vous lu cette étonnante lettre du Général Léman au Roi Albert, dans laquelle il s'excuse presque de n'être pas mort. " Je n'ai rendu ni la ville ni les forts." Cela est beau comme les plus nobles exemples de l'antiquité. — Le troisième dit : Oui, la guerre maudite a ses sujets d'enthousiasme. Si elle fait sortir en liberté, chez certaines natures, la férocité originelle, comme si dix mille ans de civilisation n'avaient point existé, par contre, chez d'autres, elle fait apparaître des qualités excellentes : le sang-froid, le courage et la fidélité. Avec quelle joie, quelle fierté, nous apprenons ce qu'ont attesté, à cet égard, les enfants de chez nous, nos vaillants soldats, si mal préparés pourtant à l'épouvantable aventure ! Et les Anglais que nous avons vu passer dans nos villages ! Quelle impression de calme et de confiance donnaient leurs allures martiales et leurs équipements nets. Nos filles leur avaient apporté des fleurs, nos femmes les fruits de nos vergers, la bière de nos caves et nos provisions de tabac et nous, Monsieur, nous ne savions que faire pour les aider et leur faciliter leur tâche. Ils allaient à la mort avec tranquillité. Pour notre Droit, Monsieur ! Et l'on n'avait pas besoin, dès lors, de mots pour se comprendre ; les cœurs étaient unis dans la même volonté et dans le même espoir... Et je vis s'éloigner mes trois Borains. Dans leur admiration pour le Roi Albert, le Général Léman, les soldats anglais ; dans toute leur conversation passionnée et ingénue, j'avais compris qu'ils admiraient surtout ce qu'ils étaient eux-mêmes : des hommes ! Jules DESTREE, NOTES DU JOUR. 24 octobre. " L'Homme Enchaîné " publie un article de M. Clemenceau, " Les deux Neutralités," qui est magistral. Rarement le " Tigre " fut mieux inspiré. Oh ! si ce diable d'homme voulait dominer ses nerfs de capricieux et d'enfant gâté ! Mais soyez tranquille, il ne voudra pas. Quoiqu'il en soit, si vous n'avez pas lu l'article en question, lisez le vite; c'est dans sa manière une sorte de petit chef-d'œuvre. M. Clemenceau rend un hommage ému à la vaillante nation belge qui a tout préféré plutôt que de manquer à l'honneur. " La Belgique," écrit-il, a choisi de souffrir et de risquer sa vie même pour le droit, elle doit reprendre une place plus belle dans le monde parmi les peuples qui auront reçu d'elle une si grande leçon de haute moralité." Il y a là comme un reflet des préoccupations européennes. Ce n'est trahir aucun secret en disant que lorque le moment sera venu de régler les résultats de la victoire—qui est certaine—on donnera au monde cet!,"- belle leçon de reconnaissance, en assurant à la Belgique, les larges compensations morales et territoriales qu'elle a si glorieusement gagnées dans les douleurs. Ces sentiments d'admiration, on les trouve partout en France. Tout à l'heure, je me promenais sur les allées de Tourny avec M. Astrié, sénateur de l'Ardèche, qui est en même temps le directeur et le propriétaire de la " France du Sud-Ouest," un des grands journaux régionaux les plus importants et, disons-le en passant, un des mieux informés de la province. — Oh ! me disait M. Astrié, quel peuple merveilleux que ce peuple belge et quelle nation admirable. Et il me récapitulait avec une émotion partagée les luttes gigantesques, commencées à Liège et qui se continuent encore sur la ligne de Dixmude à Armen-tières.— Tenez, ajoutait-il, j'ai été le président du jury de récompenses de l'Exposition de Liège ; comme tel, naturellement, j'ai reçu l'offre flatteuse, suivant l'usage, de grades élevés dans l'ordre national belge. Par principe, j'ai courtoisement refusé. Les rubans ne sont pas mon fort. Mais après l'étonnant spectacle que nous donne ce peuple héroïque, quand le calme sera revenu, je solliciterai la décoration la plus modeste de la Belgique et j'en porterai avec fierté le ruban ; c'est le plus grand honneur qui puisse m'être réservé. Ce n'est là à coup sûr, qu'un simple trait, mais il est l'indication de l'estime, c'est peu dire, de l'affection profonde qui s'ancre dans tous les cœurs pour la Belgique si grande et si glorieuse dans sa lutte désespérée pour son indépendance et pour son honneur. JEAN BERNARD. LETTRE DU HAVRE Ste.-Adresse, 29 octobre. Vous trouverez cette lettre sous enveloppe au timbre belge. Nous avons ici, en effet, un bureau du télégraphe belge. Je déposerai même ces notes dans une boîte aux lettres peintes à nos trois couleurs. Ce soin, vous aurait paru en d'autres temps, un peu puéril peut-être, mais je vous assure que j'ai regardé cette boîte aux lettres avec un peu d'émotion, comme je regarde les drapeaux qui flottent au balcon de tant de villas ici et qui se déploient orgueilleusment sous la grande brise du large. C'est un privilège que nous devons à l'exterritorialité dont notre gouvernement bénéficie au Havre, et qui lui permet, par exemple, de délivrer des billets de service ou " passes " sur les chemins de fer de l'Etat français, d'user du télégraphe et de la poste à son gré. Cette situation a des conséquences imprévues comme celle-ci : pour envoyer du bureau de postes belge de Sainte-Adresse une lettre au Havre, il faut affranchir à vingt-cinq centimes, tandis qu'une lettre pour Furnes est transportée moyennant deux sous. Faut-il ajouter que les meilleurs patriotes préfèrent, dans le premier cas, passer au guichet voisin, tout simplement français. Notre bureau de postes a d'ailleurs grand succès. Dans la foule des Havrais gui viennent chaque iour se promener de ce côté, il y a de nombreux collectionneurs de timbres, sans doute... Ils se hâtent dans la pensée que le séjour du gouvernement belge sera de courte durée et c'est un sentiment mélangé qui anime là à notre égard la population du grand port français. On nous souhaite vivement la fin prompte de nos maux, mais cette situation extraordinaire de capitale belge flatte les Havrais et n'est pas nuisible à leurs intérêts, auxquels, mon Dieu, il n'est tout de même pas interdit de penser. Ma propriétaire m'exprimait cela en une exclamation enthousiaste, hier, en lisant le dernier communiqué officiel : — Ah ! je serais bien heureuse de vous avoir tout l'hiver... Mais avec quel bonheur je vous restituerais le prix de votre loyer, si vous pouviez rentrer tout de suite à Bruxelles. Ah ! quand rentrerons-nous? Ici, avec plus de fièvre qu'ailleurs, cette question se pose pareeque deux fois par jour, dans le petit cercle officiel on a des nouvelles de là-bas par téléphone et que les sauts.d'espoir et d'inquiétude sont de toutes les heures. Les derniers combats ont été très violents. On dit que notre armée a eu plusieurs milliers d'hommes hors de combat. Beaucoup d'officiers sont atteints, et aujourd'hui, quatre des officiers du ministère sont partis po.ur le front. Déjà les officiers de réserve attachés aux directions et au cabinet avaient demandé à être envoyés à la ligne de feu. Le noyau de réserve... L'anxiété s'accroit des inquiétudes que l'on éprouve à propos du ravitaillement de nos provinces. Il se confirme que les Allemands ont razzié nos récoltes, de sorte que si l'on n'obtient pas à la frontière française un* succès décisif qui entraîne l'évacuation de la Belgique occidentale et centrale, notre pays est mênacé de la famine implacable. D'autres problèmes se posent encore, et notamment celui du secours aux réfugiés. Il y en a énormément, dans toute la Normandie, et de toutes les conditions sociales. Beaucoup d'entre eux voudraient trouver à s'employer, mais où, et comment ? * Un office central serait nécessaire, mais notre ministère de l'Industrie et du Travail est désorganisé, impuissant. Un ingénieur des mines de mes amis, qui est entré au service d'une société de l'A-veyron, devait recruter pour ce charbonnage deux cents houilleurs belges. Il est arrivé à Ste.-Adresse il y a quelques jours ayant battu toute la contrée et n'ayant pu embaucher que quarante hommes. Un gros effort est à faire de ce côté. Qui le fera? On m'assure qu'à Bordeaux un travail important s'accomplit à ce sujet, on dresserait des fiches de tous les réfugiés, qui serait divisés ensuite par catégories de travailleurs. Il y a tant, tant à faire ! Et comment ne pas espérer que ce cauchemar va finir bientôt, que l'on pourra reprendre sa tâche chez soi, bientôt. Encore une fois, d'ailleurs, ce qui fait le malheur des uns a fait le bonheur des autres. Il y a au moins un homme qui ne peut s'empêcher de trouver providentielle l'aventure qui a conduit au Havre le gouvernement belge : c'est M. Du-fayel, qui a créé tout d'une pièce cette plage vraiment merveilleuse d'ailleurs qu'il a baptisée le " Nice-Havrais. " Ces sortes d'entreprises gigantesques sont très périleuses, et malgré tout son charme, Sainte-Adresse n'avait pas le succès de Trouville loin de là — de Trou-ville que nous apercevons de nos fenêtres, par ces lumineuses journées d'automne, avec de bonnes jumelles. Ces jours derniers, il est venu voir " sa " plage M. Dufayel, et mettez-vous à sâ place —il était rayonnant. Qu'elle réclame, en effet... Pierre NODVENGE. LA BATAILLE DE DIXMUDE. " L'armee belge devait resister trois jours ; elle a lutte héroïquement pendant dix jours." Nous pouvons enfin donner à nos lecteurs des renseignements particuliers sur la grande bataille de la côte. Ils nous viennent d'officiers belges blessés pendant cette lutte gigantesque.;, t Lorsqr les Allemands, y ' 'queurs L Anvers, après être entrés à Gand, à Bruges et à Ostende, se dirigèrent vers le Sud, les Alliés invitèrent l'armée belge à barrer la route de Dunkerque et de Calais aux Allemands, pendant trois jours au moins. Nos soldats qui avaient à venger Anvers, acceptèrent cette mission avec enthousiasme et la bataille commença violente dès le 16 octobre. De jour en jour elle se fit plus acharnée. Le 19 octobre, date mémorable, nos divisions se postèrent en avant avec l'espoir d'envelopper l'ennemi et de le vaincre. Elle£ trouvèrent Dixmude, aux maisons lézardées par les obus, saluèrent en passant vingt goumiers algérien, fiers de la hardie reconnaissance qu'ils venaient de faire,découvrirent une charrette remplie de lapins égorgés, immense gibelotte destinée aux estomacs teutons et accentuèrent bientôt leur offensive. Un Taube qui surveillait leurs mouvements fut fusillé et l'aviateur tué. Jusqu'à quatre heures de l'après-midi tout marcha à souhait et les Teutons, harcelés par les nôtres, défiant obus et shrapnels, préparèrent leur retraite, quand soudain on signala à l'arrière un fort parti d'Allemands venant de Rou-lers. Au lieu d'envelopper on était menacé de l'être. Il fallut passer de l'offensive à la défensive après des heures d'espoir trop tôt dissipées. Les 20, 21, 22 et 23 octobre la bataille se poursuivit avec une violence sans précédent. Afin d'agir sur le moral des Belges et de les terroriser l'ennemi employa ses plus gros obusiers pour fouiller les tranchées. Mais cette fois, ils n'atteignirent plus le but et sur 50 obus environ lancés nuit et jour, un seul en moyenne explosait dans nos rangs. Les soldats s'amusèrent de ce gaspillage et gardèrent leur poste avec une rare ténacité.Mais une longue résistance réclamait au moins un jour de repos et la division de cavalerie abandonnant ses chevaux en arrière sous la surveillance de quelques braves, descendit dans les retranchements et fit le coup de feu avec le plus grand brio. Le lendemain l'infanterie reposée reprenait son rôle, tandis que la canonnade furieuse secouait le sol. Les Allemands doivent avoir d'immenses réserves de munitions pour les prodiguer aussi follement. Lorsqu'ils crurent les Belges démoralisés, déprimés, ils s'approchèrent en grande masse des tranchées, mais nos vaillants troupiers les accueillaient par un feu terrible, puis sortant de leurs abris les chargèrent à la baïonette .furieusement, et les repoussèrent en désordre. De glorieux faits d'armes ont été accomplis au cours de ces journées de luttes désespérées, les plus terribles de toute la campagne. Les pertes des Allemands furent telles qu'ils entassèrent leurs cadavres en monticule, platformes macâbres qu'ils donnèrent à leurs mitrailleuses, pour mieux diriger leur tir contre l'assaillant. Nos officiers rendent hommage au courage des soldats et à leur extraordinaire endurance. Tous les régiments ont accompli mille prouesses qui méritent de multiples récompenses. Mais une bataille aussi longue n'allait-elle pas les épuiser. On attendait des renforts français. Enfin les clairons du 184me sonnèrent au loin et les Belges, qui avaient été si vaillamment secondés par la flotte anglaise au tir impeccable, reçurent des Français l'appui le plus efficace. Nos soldats avaient eu la gloire de résister pendant dix jours à l'armée du Duc de Wurtemberg, renforcée par les divisions victorieuses à Anvers. C'est, pour l'armée belge, l'une des plus belles pages du livre déjà volumineux de la guerre. Pour cette résistance opiniâtre, acharnée, elle mérite, toute entière, l'admiration de la nation. LA ROLE DE M. FRANCK A ANVERS. Nous avons eu l'occasion de nous entretenir avec un Anversois, qui est demeuré dans sa ville pendant le bombardement, et qui fut témoin de la retraite de l'armée belge et de l'entrée des troupes allemandes dans la ville. La narration qu'il nous a faite de ces douloureux événements éclaire bien des points restés jusqu'à présent dans l'ombre, et permet de mieux juger l'intervention de l'autorité communale d'Anvers dans la reddition de la place. En présence du siège de la " position fortifiée," une "commission intercommunale consultative" avait été constituée, comprenant une quinzaine de notabilités anversoiSes, notamment M. le sénateur Ryckmans, M. le député Del-vaux, 'M. Corty, président de la Chambre de Commerce, M. Carlier, directeur de la succursale de la Banque Nationale, M.Mathys, bourgmestre de Borgerhout, etc. La présidence en fut offerte à M., Louis Franck. Celui-ci accepta cette lourde tâche, et dès lors ne quitta plus l'hôtel de ville, consacrant tous ses instants à l'étude des graves questions que le siège soulevait. La constitution de la commission fut notifiée au gou-vernement.Le conseil communal, dans une réunion officieuse, vota à l'unanimité, un ordre du jour décidant d'envoyer une délégation au lieutenant-général de Guise, à l'effet de l'assurer des sentiments ardemment patriotiques qui animaient la population d'Anvers, et de la ferme dé~v cision de celle-ci de subir le bombarde-1 ment éventuel de la ville aussi longtemps que la défense de la place l'exigerait. Pendant la nuit du mardi au mercredi, 6-7 octobre, le commandant de la position fortifiée annonça l'imminence du bombardement de la ville, et engagea ceux qui voulaient s'y soustraire, à se retirer vers le nord. L'exode de la population se précipita pendant toute la journée du mercredi. Le bombardement commença le même jour, vers 11 heures du soir, et devint bientôt très intense. Les bombes se succédaient rapidement, et à certains moments, plusieurs à la fois, passaient en sifflant lugubrement au dessus de la ville, allânt semer la ruine dans les divers quartiers. Il était manifeste que l'artillerie allemande tirait d'Edeghem ou de Contich, car les coups de canon s'entendaient très nettement suivis immédiatement d'un hurlement sinistre et perçant et de l'éclatement de la bombe accompagné du bruit d'un écroulement II est impossible, pour qui l'a entendu, d'oublier ce sifflement qu'on aurait cru être le hurlement à la mort d'un chien géant. Les Allemands tiraient méthodiquement sur Berchem et toutes les parties de la ville, de façon à n'épargner aucune rue et dans le but évident de semer la terreur. Certaines bombes étaient incendiaires et, déjà pendant la première nuit, plusieurs maisons brûlaient dans divers quartiers. On voyait de tous côtés les habitants chassés, par les incendies ou les écroulements, de leurs, maisons ou des caves dans lesquelles ils* s'étaient réfugiés; parfois, lorsqu'une bombe était tombée dans une rue, tout le voisinage fuyait. Tous prenaient lai direction du nord; l'affluence l'encombrement aux portes et sur les routes étaient parfois tels que la foule ne pouvait ni avancer ni reculer. Tous ces malheureux étaient comme frappés de stupeur ; on n'entendait ni une plainte, ni un cri. Les uns avaient rassemblé à la hâte, sur quelque véhicule des meubles, lits et litteries ; d'autres portaient des objets sans valeur ni utilité, un moulin à café, un verre de lampe, etc. Lamentable défilé de masses accablées par un morne désespoir qui les rendait incapables de penser ou d'agir. La situation de la garnison était grave, car plusieurs forts de la 2me ligne du secteur sud étaient détruits par l'artillerie ennemie. La retraite s'imposait, les Allemands avaient forcé le passage de l'Escaut à Termonde et menaçaient de couper l'armée à St. Nicolas. Pendant toute la journée du jeudi et la nuit suivante, la garnisop fut dirigée sur la rive gauche par les ponts de Burght et de la Tête de Flandre. L'état-major quitta les bureaux du Rempart Kipdorp et aux premières heures du vendredi, 9 octobre, on entendit le bruit d'explosions sur le fleuve : c'étaient le pont qu'on faisait sauter. Les dernières troupes avaient quitté la place. Le bombardement de la ville continuait toujours, souvent avec une violence inouïe, suivie d'une accalmie. Le feu faisait rage de tous.côtés ; l'incendie se propageait de maison à maison détruisant tout un côté du Marché aux Souliers, une grande partie de la rue van Brée, dix maisons de l'avenue du Sud, des immeubles de la rue des Peignes, du rempart du Lombard, de la rue Nationale, de la rue de l'Esplanade; à Berchem des incendies étaient signalés à de nombreux endroits. Il n'y avait pas

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Cet article est une édition du titre L'indépendance belge appartenant à la catégorie Liberale pers, parue à Bruxelles du 1843 au 1940.

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