L'opinion wallonne: journal belge, indépendant

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s.n. 1917, 29 Novembre. L'opinion wallonne: journal belge, indépendant. Accès à 16 juillet 2019, à https://hetarchief.be/fr/pid/z31ng4j93d/
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« EN DEHORS DE LA LIBERTÉ IL NE SE CRÉE RIEN DE DURABLE ('• Broqueviile, discours du Trocadéro). VIVE LA LIBERTÉ DES LANGUES, ALORS I » ABONNEMENTS : 6 mois la» Paris, Départements et Colonies françaises 4fr. 6fr. Etranger Union postale 5 fr. 8 fr Adresser Je montant de l'abon nenient en mandat-poste ou valeur sur Paris à h. It Directeur de Y Opinion Wallonne L'abonnement part du 1er de chaque mois. — Toute demande de changement d'adresse doit être accompagnée de 0 fr.«50 pour les frais. PUBLICITÉ aux bureaux du journal. La publicité insérte dans le journal n'engage- pas l'Opinion Wallonne. L'OPINION WALLONNE QUOTIDIEN de la Belgique française ECONOMIQUE-POLITIQUE - LITTÉRAIRE LO Centimes Raymond COL. EYE, Directeur lo Centimes HEBDOMADAIRE pendant les Hostilités JEUDI 29 NOVEMBRE 1917 N° 40/21. — 2' ANNÉE / Direction-Ri':i>action • 14. Pue Saint-Georges PARIS (9*) BOREAUX A LONDRES : 3. Gerrard Place W. 1 Phone ltegeut 1294. Administrateur : M. J. HULET, ingénieur EDITORIAL LA CENSURE ET LE ROI Une fois de plus nous protestons avec véhémence contre les agissements indelicents de la censure bel^e à Paris. Le Roi des Belges nous a-t-il, oui ou non, télégraphié qu'il était sensible à nos sentiments d'union -patriotique ? Ce télégramme répondait-il, oui ou non, à, une dépêche dans laquelle nous ne nous cachions pas d'exprimer au Souverain nos vœux de Belgique. CENSURE Ft bien cette fois, nous n'obéirons vant^lœCWbunara^françàikfauous ryUtaSnerons! (CENSURÉ) LE DISCOURS DE M. DE BROOUEV1L.LE M. de Broqueviile a fait prononcer, à Paris par M. Neveu, un discours sur la question des lan gues. (CENSURÉ) Nous ne détacherons de ce discours qu'une phrase sur laquelle nous voulons attirer 1 attention des Wallons qui s'obstinent à nier les dangers de la flamandisation (CENSURE) M de Broqueviile déclare en effet : Nos ennemi: ont donc fait une grossière erreur en P^tendair diviser ce «ue des siecles ont uni, EN VOULANT S0UITR1.BE A L'INFLUENCE WALLONNE LA FLANDRE, A L'INFLUENCE FLAMANDE LA WALLONIE. L'influence wallonne en Flandre . Jamais nous n'essayâmes de l'exercer parce que nous savons qu'il ne nous appartient pas de soumettre à notre influence un peuple de quatre millions d'âmes, dont un million à peme s'^prime dans notre langue et qui possède l^ drort im prescriptible de poursuivre son évolution dan. sa langue, avec son âme inviolée, avec son cœui réMafsaî'de même, nous prétendons que la Wallonie doit jouir des mêmes libertés intellectuelles, La Wallonie ne veut pas que 1 influence flamande vœu^prim?de^ous temps par le peuple waUor au cours d'une histoire illustrée par la défense éperdue des libertés municipales. L attachemen sincère que nous portons à la Belgique n est poml &ofd^i?rs-nTusSSufrSde notre originalité gallo-latine ^CENSURÉ^ Demande-t-on aux Suisse s romands comme con dittont leur indigénat suisse de se aisser gagne; par l'influence des Alémaniques et des Tessmoisj Point du tout. Et réciproquement d ailleurs, le. Alemaniques et les Tessinois demeurent des Suis-ses profondément attachés à leurs traditions. et à leur culture ethniques. Voilà le secret de 1 unité suisse. En dehors de la liberte il ne se crée nen <i« durable — a fait dire M. de Broqueviile dan son discours du Trocadéro. — Voilà i esprit.qui a présidé à l'élaboration de notre charte constitu- '"voilà^l'esprit qui doit présider à la renaissance de notre pays. La liberté? (CENSURÉ) Car c'est la liberté que nous réclamons, nous aussi, la liberté de parler la langue de notre choix et seulement la langue de notre choix. Raymond COLLEYE. TEXTES Depuis lors aussi, la séparation administrative a été menée avec une vigueur nouvelle par les Allemands et on a appris avec tristesse que, dans les diverses administrations publiques, quelques fonctionnaires ont trahi l'intérêt national en « secondant » l'ennemi dans son œuvre néfaste. Des faits précis ont été signalés, le Gesetz-und Verordnungs-blatt fur die okkupierten Gebiete-Belgiens (Moniteur officiel allemand pour la Belgique occupée) et les journaux embochés paraissant en Belgique ont fourni la liste « officielle » des traîtres ; le XX" Siècle du 15 avril a même reproduit, d après un journal allemand, la photographie en groupe des sept membres du « conseil des Flandres » qui sont allés à Berlin faire acte de soumission ! Il n'y a donc ni hésitation, ni erreur possibles. Pourquoi ne pas frapper alors ? (Le XX» Siècle, 7 sept. 1917.) Pourquoi ces ménagements dans l'affaire des traîtres de Gand et du conseil des Flandres ? n La Mode d'aujourd'hui est d'accueillir la Liberté d'un rire sardonique. » P.-N. Roinard. (Zî n'y a pas de Pays où la liberté individuelle ne soit moins respectée qu'en France.) Anatole France. I ! LA SITUATION Succès de l'Entente en Palestine, qui nous fom regretter que depuis trois ans, l'on n'ait pas mil debout uii plan d'action convergente contre Cons tcintinople, point faible de la coalition ennemie o.\ pivot de la guerre mondiale.. En Occident, coup dt bélier solide vers Cambrai et ardente rêsistanct italienne. Reste la Russie, formidable énigme ou plutô, immense déception. Le général Karl Marx a ache vé l'œuvre d'Hindenburg. L'Impudence, la Perfi die, l'Ingratitude se sont associées avec la Bêtist pour trahier la plus sainte des causes. On dit que Lénine est un homme sincère. Tan pis pour la gloire de l'intelligence humaine ! L'avènement de ce gorille vêtu de sainteté n< doit cependant pas nous abattre. Tenir et lutter ! Lénine et ses fidèles seront maudits à travers la dges, au nom de tous ceux qui tomberont encon vour la Justice et pour la Beauté, au nom des Bel (/es, des Serbes, des Roumains, des Tchèques, de, Polonais dont le dément de Petrograd prolonge h martyre. Mais l'heure n'est pas aux vitupérations. N'y a-t-il plus rien à faire en Russie ? Il sem ble que l'Entente soit en train de donner là-ba, une nouvelle édition de la fameuse politique dt « w ait and see », qui nous a valu ce quatrième hiver de guerre. Il faudrait tout de même te geler un peu ! Si un fait ressort avec évidence des huit pre miers mois de la Révolution russe, c'est bien celu de l'impuissance des démocrates de Russie à for mer un gouvernement. Où les Cadets et plus tari Kerensky ont échoué, Lenine ni Kalédine ne réw siront davantage. L'élite n'est pas suivie par l masse et la masse n'a pas de chefs capables. Seule l'intervention étrangère peut sortir l Russie de l'anarchie sporadique dans laquell Vont plongée ses visionnaires,rédempteurs épilept, ques qui, à l'exemple de Raspoutine, croient qu'\ faut pêcher beaucoup, tuer et détruire, pour mt riter la commisération de Dieu. Des Allemands ou de nous, qui rétablira Vordr en Russie ? Il me semble qu'il nous reste une dei nière chance : c'est, par une proclamation soler nelle au peuple* russe, de lui offrir, au nom de puissances démocratiques alliées, la garantie qu nous le défendrons contre toute réaction tsarisU et que nous l'aiderons par tous les moyens en m tre pouvoir, financiers et techniques, à deveni une nation moderne. Nous seuls sommes capables de ce geste et no point l'Imperator qui commande à Berlin. Hdton. nous de donner à la nation russe des gages 'â fraternité. Ne craignons pas de lui montrer l'ab me où elle se précipite. Soyons présents â toui heure et en tous lieux dans la Russie qui espèrt Le prurit léniniste se consumera par ses foret négatrices elles-mêmes. Notre suprême erreur s< rait de ne pas élever, dès à présent, pour le temj. de la convalescence russe, nos promesses de pri chain relèvement. Borguères. Abonnements spéciaux pour mil! taires (non gradés) un an 3 fr. 1C NOS ECHOS LES FLAMANDS A LOURDES Un soldat wallon nous écrit : Je jouissa d'une permission de 14 jours pour Lourdes et ir suis rendu au Foyer du Soldat belge. Voyant qu je me trouvais au milieu de Flamands je me u: retiré. Je tiens à vous signaler que toutes les ci rémonies du Foyer du Soldat belge de Lourdes s déroulent en flamand. Le salut du soir avec pr< cession à la grotte, les cantiques, etc..., sont en flî mand. Et cependant, les Wallons sont invités à î rendre à Lourdes. Ne s'agirait-il pas d'un mouvi ment flamand ! Les homme reviennent le soir travers Lourdes en chantant le Vlaamsche Leeuw. Nous signalons les justes observations de noti correspondant et nous demandons aux autorité compétentes un souci plus grand dé l'impartialil et du patriotisme. A SOLIDARITE FRANCO-BELGE EN BELGIQUE OCCUPEE Un journaliste parisien rapporte les paroles su vantes à lui dites par un de ses compatriotes, évî cué du Nord et récemment rapatrié de Belgiqut Elle confirme la bonne entente — signalée à plu d'une reprise par les nouvelles venues de Belgiqu occupée — qui règne entre Belges et Françaii dans le territoire envahi. « On ne dira jamais assez les souffrances, le p£ triotisme et le bon cœur des Belges. Chez eu: tout est dominé par un patriotisme inflexible. Toi ce qui est allemand ou suspect de complaisanc pour les Allemands est impitoyablement repousse Tout ce qui est belge ou allié est accueili avec ei thousiasme et la France, -en particulier, est ac mirée et aimée comme une sœur à laquelle la Be gique est unie dans la souffrance comme elle ] sera dans la victoire. » * * * LITTERATURE BELGE. « La cérémonie de la fête patronale du rai a ri vêtu hier mitin à Sainte-Adresse une solennil particulière, grâce à la présence de nos alliés, bri siliens. ci A midi, en l'église paroissiale de Sainte-Adrei se. le chanoine Kempeneer a entonné le « T Deum » chanté par la maîtrise... » Du XX' Siècle, 16 novembre 1917. * * LES ORIGINES DU CHARBON Le charbon a pris une telle place dans le mond qu'on peut bien lui faire l'honneur de rappele ses origines. C'est à un forgeron que les Wallons attribuer la découverte du charbon de terre. Cet artisa: qui vivait au onzième siècle dans le village de Pif nevaux, non loin de Liège, se nommait Hullos de ce nom serait venu le mot houille. Ce qui n'est pas douteux, c'est qu'en Grandi Bretagne on connut le charbon d'assez bonne het re, certainement dès le treizième siècle, puisqu'i existe une charte, accordée en 1239 par le roi Her ri III aux habitants de Newcastle-sur-Tyne, pou l'exploitation des mines de houille, nombreuse dans la région. Cette exploitation prit un rapid essor. . ... Le coq Hardy. AVIS IMPORTANT LA LIBRAIRIE MODERNE, 3, Gerrard Place près Shaftesburg Théâtre, London W I. (Télï phone Regent 1294) est chargée de tous les set vices administratifs de I' « Opinion Wallonne pour (ANGLETERRE. S'adresser à M. Etienne H. Bochart, directeur Dans nos bureaux de Londres, nos lecteur d'Angleterre pourront se procurer l'insigne a Coq Hardy. Clemenceau nous débarassera-t-il de la censure beke ? » ucui goo uujj.'iui' v. Le nouveau président du Conseil a supprimé la i censure politique en PMIfte. Les seuib juwrnaiiit français profiteront-ils de cette délivrance ? i Ne pouvons-nous espérer de M. Clemenceau une décision semblable à celle du gouvernement bri-z tannique refusant à M. de Broqueviile le droit d'établir une censure belge dans le Royaume-Uni? i Nous nous rappelons qu à l'occasion de I inter-e diciion de LA WALLONIE, le directeur de l'Hom-me Enchaîné me fit envoyer une lettre dans la-l quelle il m'adressait « l'expression de ma confraternelle sympathie dans la lutte que nous soutenons contre la censure. e Nous venons lui rappeler aujourd'hui respectueusement que la presse belge de Paris continue à être soumise à un régime de censure politique s et nous le supplions de nous considé- e rer, en exil sur !a terre de France, comme res-! sortissant des libertés françaises de 89 et des >- Droits de l'Homme. LOPINION WALLONNE. r La seconde matinée wallonne n l- f Célestin DEMBLON £ député de Liège. qui conférencia à la seconde matinée wallonne sur e les Arts en Wallonie. s A la seconde matinée wallonne, dimanche dernier. a les Wallons de Paris étaient réunis salle Herz, pour écouter notre éminent collaborateur Célestin Dern. blon, député de Liège, professeur d'histoire de littérature aux Universités de Rennes et de Bruxelles qui entretint son auditoire des arts en Wallonie. Sujet émouvant s'il en fut et dont nos lecteurs trouveront le résumé synthétique dans notre prochain numéro. M. Paty, de l'Opéra, prêtait son merveil-l~ leux concours à la partie concertante de cette ma. t- tinée. Le succès de l'admirable chanteur fut vif, pour ;. lui autant que pour Mllç Secco, cantatrice habile, s avec laquelle il chanta le iuo du Pre-aux-Clercs. e Mlle Chamoy, cantatrice de talent de l'Opéra le Monte-Carlo," chanta, de Grétry, Céphale et ProkTU. ' et elle interpréta la .scene de la Petite Table, de Manon, avec un art consommé de chanteuse et de L" comédienne. Mme Yette Ferry, des Concerts.Rouge, offrit plusieurs aspects de son talent ; comédienne, t ' elle dit avec émotion un poème • A Liège de M. Ray. e mond Colleye; chanteuse, elle fit valoir un talent sûr dans le Mariage des Roses, de C. l'ranck, dans le Paysage coloré et nostalgique de Reynaldo Hahn . Enfin elle fut l'interprète mélancolique de Defrécheux dans Leyz m'p'orer et celle vibrante de patriotisme ^ de Rouget de Lisle dans la Marseillaise. [■ iiuuci t rai i 3 de l'Opéra 3 Hubert Paty, né à Seramg-sur.Meuse, d'abord clerc de notaire était, à dix.huit ans comptable ; remporte d'emblée le prix du Conservatoire. Pensionnaire de 1 Opéra pendant douze ans, il v chante Samson et Da. lîla, la Walkyrie, Hellè. Salammbô, Rigoletto, Aida. Le Cid, Patrie, Les Huguenots. l'Africaine, Guillaume Tell Le Prophète, Hamlel, Roméo et Juliette, Tristan et Yseult ; fait différentes reprises et créations dans > Tannhauser, les Maîtres chanteurs, la Prise de Troie, Joseph et Siegfried. Entre temps, est professeur de chant à l'école classique de musique. » On l'applaudit encore aux Concerts du Conservatoire, aux Concerts Colonne et Lamoureux. Est officier ce l'instruction publique, ce qui est logique, et titulaire d'une médaillé de sauvetage, ce qui prouve son cou-5 rage. A organisé, depuis la guerre, 1.574 matinées J dans les hôpitaux et au Foyer du Blessé. En deux mots : Un Wallon. ! DES FAITS LES COMMUNES BRUXELLOISES CONTRE LA SEPARATION ADMINISTRATIVE ALLEMANDE Le gouvernement belge vient d'apprendre que le 12 septembre les autorités communales de tou-res les communes de l'agglomération bruxelloise ont envo-yé aux représentants diplomatiques des pays neutres en Belgique une protestation solennelle contre un arrêté du 9 août 1917 du gouverneur général allemand stipulant que ,dans la région administrative flamande, le flamand est la langue officielle et exclusive de toutes les autorités et de tous les fonctionnaires de l'Etat, des provinces et des communes, ainsi que de leurs institutions et établissements, y compris les établissements d'instruction et le personnel enseignant, et étendant les mêmes dispositions au département de l'émission de la Société Générale de Belgique, à la Banque Nationale, à la Caisse d'Epargne etc., bref d tous les services publics jusqu'aux établissements de bienfaisance. Et cet arrêté fait, suite à l'arrêté du 21 mars 1917, séparant administralivement la Flandre de la Wallonie, SEPARATION ADMINISTRATIVE SEPARATION POLITIQUE (CENSURÉ) LES FLAMINGANTS ET LES WALLONS (CENSURÉ) PRIME A NOS ABONNES L'abonnement à l'Opinion wallonne remboursé. En présentant leur quittance d'abonnement ordinaire pour une année (6 francs minimum) à notre compatriote Jean Bauwens (Photo-Belge), 77, rue Montmartre ou 129, faubourg Saint-Martin, Paris, nos abonnés auront droit gratuitement : A une photographie album (format 10 X15) d'une exécution artistique irréprochable signée « Jean Bauwens » valeur 6 fr. Ou bien à un agrandissement d'art, non retouché, de n'importe quelle photographie, valeur 6 fr. Ou bien à un agrandissement d'art, retouché et superbement encadré d'une valeur de 15 fr. pour 15 fr Pour commander ce dernier agrandissement et choisir le cadre, nos abonnés sont priés de s'adresser directement aux bureaux du journal où ils pourront, sans engagement de leur part, examiner les modèles exposés et se rendre compte du sacrifice véritable que nous consentons pour rembourser nos abonne, menls afin de favoriser notre propagande et de diffuser largement notre journal. REVUES ET JOURNAUX CAMILLE HUYSMANS ET LA QUESTION M. Camille Huysmans qui s'était déclaré partisan de l'autonomie de culture pour la Flandre, mais adversaire de la séparation administrative, vient encore une fois de changer d'avis. (CENSURÉ) ïïous nous félicitons de lui avoir arraché ces déclarations définitives, espérons-le. Voici comment il apprécie la politique allemande• (Socialiste belge, 3 novembre.) La tactique de l'occupant fut toute indiquée. Le gouvernement allemand chercha un point d'appui, et, d'un trait de plume, il 1onna satisfaction aux revendications flamandes. Il transforma l'Université de Gand en Université flamande. La situation des Flamands était fort épineuse. Il fallait accepter ou refuser. En acceptant, on faisait le jeu des Allemands. En refusant, on scindait en deux le mouvement flamand, car il était des Flamands qui étaient partisans de 1 acceptation. Je fus de ceux qui refusèrent — et je m'en félicite. Je fus de ceux qui dirent que seul le parlement régulier de la Belgique restaurée peut prendre pareille initiative. Je veux bien accepter 1 autonomie de culture des mains d'un Congrès européen ou en vertu d'une décision des Chambres, mais je ne tiens pas a voir frapper dun vice rédhibitoire une œuvre qui a besoin de la sympathie générale. L'échec de l'Université actuelle a bien démontré combien nous avioui raison. Le gouvernement allemand a fait trop d<^ mal à la Belgique pour que nous puissions nous permettre le luxe de pareilles aventures politiques. La manière dont le gouvernement allemand a compromis le mouveent flamand par la maladresse de quelques Flamands rendra notre position fort difficile au lendemain de la libération. Le seul moyen d'y parer, c'est de réclamer nour la Belgique iout à la fois l'indépendance politique et économique et pour la Flandre la garantie de son autonomie de culture. Pas de séparation politique ou économique entre les deux nationalités. Mais, au point de vue du développement, intellectuel, chacun maître chez soi ! C'est la thèse que j ai défendue avant la guerre. C'est la thèse que j'ai défendue pendant la guerre C'est la thèse que je défendrai encore après la guerre. NOTRE POLITIQUE ET LES ALLEMANDS La Gazette de la Croix tranche la question de la Belgique en conformité avec notre politique qui est dangereuse pour l'Allemagne tandis que nos adversaires osent la représenter, hypocritement, comme une tactique capable de satisfaire les ambitions ennemies ! ! ! «Le roi Albert, à Bruxellest ne serait pas moins dangereux pour l'Allemagne que le ministre Pa. clttlch à Belgrade pour l'Autriche. L'Allemagne comprend l'importance de la question serbe pour l'Autriche ; 1 Autriche doit comprendre l'importance de la question belge pour l'Allemagne. » Donc, notre régime sous le règne d'Albert serait néfaste pour l'Allemagne. — C.Q.F.D. UN PLAN ALLEMAND De Magdeburgische Zeitung (lor novembre 1917): « Le bassin de Briey est nécessaire à l'Allemagne — peut-on lire dans la Magdeburgische Zeitung du lor novembre — mais nous ne concevons pas l'annexion sous forme d'un arrachement brutal ; il faut trouver le moyen d'obtenir la possession de ce précieux territoire minier par arrangement amiable"; l'abandon de cette région ne serait pas pour la France un blessure inguérissable puisqu'il lui reste les minerais de Normandie. » Le moyen « pour transformer en joie la douleur causée par la cession », c'est le partage de la Belgique et l'attribution de la Wallonie à la France ! « Une diplomatie allemande habile pourrait rendre les Français consentants en leur faisan valoir cette alternative : ou sortir de cette guerre puisés, appauvris, saccagés, sans Alsace-Lorraine, ou s'enrichir d'une province prospère, des charbonnages et des industries de la Sambre et de la Meuse, et de rehausser la splendeur de l'Etat français par l'acquisition de Bruxelles, car nous pourrions ajouter nu cadeau, snns hésitation, Bruxelles. Il s'agit d'une affaire limpide et raisonnable, à laquelle gagneraient les deux parties. » R. C. « Strindans nos bin ! « Nos n'iâkrans nin 1 » LE DEVOIR WALLON Demain, quand la paix sera revenue, quand nous aurons réédifié nos cités et nos villages et pansé les blessures faites à notre terre par la guerre, quand la prospérité, l'amour et la vie auront de nouveau vaincu la misère, la haine et la mort, un grand devoir s'imposera à nous, Wallons. De toutes nos forces, il nous faudra combattre pour assurer l'existence et le libre développement en Wallonie de la civilisation qui fut toujours la nôtre, la française. I Ce n'est plus un secret pour personne, cette civilisation qui est une de nos plus nobles raisons de vivre, a subi en Belgique, dans les dernières -années, les plus rudes atteintes. Et même, il n'est pas exagéré de dire qu'il lui fut infligé quelques défaites. Aujourd'hui, elle court, du fait de l'invasion germanique, des dangers mortels. Demain encore elle sera en péril... Quel sort, en vérité, fut jamais plus pitoyable que celui de ces Marches du Nord de la Gaule latine, de ces pays picards, wallons et lorrains de Belgique. Désignés, par leur situation même, aux ambitions, aux convoitises, aux entreprises guerrières, aux assauts cent fois répétés des nations et des cultures étrangères, ils souffrirent d'innombrables malheurs qui ensanglantent et débordent l'histoire. Encore si le sort aùt permis que n^lheur? ne fussent que « matériels ». Mais non. Trop longtemps obligés de partager les destinées politiques et économiques des étrangers, les pays wallons connurent finalement cette insigne disgrâce de voir s'altérer le lot le plus précieux de leurs séculaires richesses : leur langue, leurs traditions, leurs mœurs et leurs coutumes, en un mot, tout ce qui compose les vertus particulières d'un peuple et son propre génie. Cette disgrâce est récente disons-nous. Oui, car il apparaît évidemment que durant- le moyen-âge et l'époque moderne, jusqu'à l'aube du xix° siècle, le génie roman de la Wallonie ne fut guère compromis," malgré tous les dangers auxquels il fut exposé sans cesse. Jusqu'en 1815 en effet, jamais la Wallonie ne perdit contact avec la France, source de vie de ce génie roman. Et si son existence politique et économique fut parfois, comme nous le reconnaissons plus haut, orientée au Nord ou à l'Est, au lieu de l'être au Sud, il n'en est pas moins vrai que souvent ses destinées ne furent pas différentes de celles des provinces gauloises actuellement françaises. Cette connexité ou, mieux encore, cette intimité d'existence à travers les âges de la Gaule « belge » et de la Gaule française est si irrécusablement établie par tant d'événements inoubliables qu!il semble un peu vain de vouloir l'évoquer encore. Pendant longtemps, l'histoire du Hainaut « belge » est inséparable de celle du Hainaut demeuré français. Plus de vingt fois entre xiv« et le x 11° siècle, la frontière changea sur cette généreuse terre de Picardie qui, sans compter, donna à la France tant d'hommes de talent et d'œuvres de mérite. Au grand siècle, Louis XIV engloba dans son domaine royal l'intégrité des territoires qui devaient constituer la future Belgique. Cent cinquante ans plus tard, les conquêtes de la Révolu: tion, puis celles de Napoléon, et permirent à nos provinces de recevoir une fois de plus la douce, l'ineffaçable empreinte de la France. Mais, à côté de ces conquêtes, de ces extensions de pouvoir des monarques ou de l'empereur fran-pais, combien plus significatives, plus précieuses pour l'étude de la mentalité du peuple wallon apparaissent les manifestations d'attachement et d'amour à la grande France dont il s'honora tant de fois. Aux temps médiévaux, c'est Tournai, si fidèle aux rois de Paris qu'elle devient une perle de la Couronne, qu'elle occupe,- parmi les villes françaises, un rang privilégié; c'est Liège, sentinelle en garde aux frontières du monde latin qui, par pur amour pour la France, se révolte contre le Téméraire, assiste à l'agonie héroïque des 600 Franchimontois et au sacrifice admirable de son bourgmestre Sébastien Laruelle. En 1792, à l'aurore de l'ère révolutionnaire, c'est Mons et Liège — Liège encore et toujours — qui acclament les soldats de la République du nom — qu'il nous faut retenir — de « libérateurs du territoire ». Et en 1794, celte même Liège qui fut longtemps l'âme ardente de la Wallonie saluera encore de signes d'amitié fraternelle les soldats de Jourdan revenus en vainqueurs dans les Pays-Bas autrichiens. Elle fera plus, elle demandera, à la quasi unanimité des habitants consultés, sa réunion à la République. Et pourtant, Dieu sait les mesures outrageantes ou vexatoires qu'avaient prises les conventionnels pour donner à notre peuple l'envie de ne plus aimer la France ! — Ah ! qu'on ne s'y méprenne pas. Si nous rappelons ici, et trop brièvement, ces heureuses époques de notre histoire, ce n'est point que nous soyons animés d'un sentiment irrédentiste qui ne se comprendrait pas aujourd'hui. Non, mais simplement, nous désirons nous souvenir de ceci, que beaucoup ont oublié où feignent d'oublier : jamais, jusqu'en 1815, l'existence du peuple wallon ne fut indépendante de l'existence des autres peuples français... Hélas ! ce fut Waterloo, le funeste traité de Paris de 1814, celui plus funeste encore de 1815. La France vaincue, perdit ses dernières citadelles (CENSURÉ) (A Suivre.) Clément Gerlin. * Les Arts, les Lettres, le Théâtre Galeries Boutet de Monvel. — Le peintre de Las-cano-Tegui avait envoyé une cinquantaine de toiles : natures mortes et paysages qui révèlent un grand talent de coloriste Pouvons-nous souhaiter que cet artiste organise une nouvelle exposition d'ici peu ? Chez Devambez, boulevard MaJsherbes, à Paris, M. Louis Loncin expose le tableau qu'il passa il y a quelques mois, de Liège en Hollande, sous le nez des Allemands et qui situe dans un cadre de bataille, une superbe figure du roi Albert.

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Cet article est une édition du titre L'opinion wallonne: journal belge, indépendant appartenant à la catégorie Oorlogspers, parue à Paris du 1916 au 1919.

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