Journal de Gand: politique, industriel, commercial et littéraire

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26 september 1915
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s.n. 1915, 26 September. Journal de Gand: politique, industriel, commercial et littéraire. Geraadpleegd op 18 juni 2019, op https://hetarchief.be/nl/pid/q814m94v0r/
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Dimanche 2C> et lundi 27 septembre 191.') £r< centimes le numéro 39me année - N° 209-270 JOURNAL DE GAND ABONNEMENTS : 5ELGIQUE : S fr. par ail ; \ fr. pour six mois ; 2 fr. pour trois mois Pour l'étranger, le port en sus REDACTION & ADMINISTRATION : CAND 3, RUE DE FLANDRE, 3 — CAND TÉLÉPHONÉ 665 ANNONCES : Voir le tarif au bas de la dernière page du journal. A travers Gand VI Nous flânerons aujourd nui, si vous le 0UieZ Di.-n, par le quartier ïnrimment pit-orcsuue au rtaDOt, ou nous pourrons comp-,i par centaines les joues matons ancienne celles-ci traicnemcnt restaurées, ccites-j ùranlanies et aelabrées. suivons la vieille rue tl Abraham pour y -omempier les bâtiments ûu mont de riete, âinni'uu AVii' stecte; ils sont 1 œuvre ou 1Kimrc-ingenieur Wenceslas Çoeberger et [onstitaeni I un des documents, les plus incessants de notre architecture locale. | On ne peut en dire autant, malheureusement, de la " Cour du Prince », à laquelle nous mène cette rue d'Abraham: un portique reconstruit depuis peu d'années est tout x qui reste du « steen » oû Charles-Quint vil le jour. Ce steen, qui date probablement ju Xlr siècle, fut, au moyen-âge,la demeure ju < Châtelain » de Gand, a csorchgrave » w maître du bourg. Après de nombreuses péripéties, le logis seigneurial passa aux mains de Louis de Maie. Sous lés successeurs de celui-ci, et surtout sous Philippe le Bon, la « Cour du Prince » devint la seule résidence des souverains pendant les rares séjours qu'ils faisaient en noire ville. Maximilien d Autriche ;ccupa en force le château après qu'il se ut échappé de Bruges, et c'est dans le même idifice que Marie de Bourgogne ratifia la «damnation prononcée par les échevins :ontre ses conseillers. On sait que Charles-Juint naquit en 1500 au « Prinsen-hof » mssi appelé « 't Hof ten Walle ». (On don-uit le nom de Hoven à de vastes demeures princières entourées d'une enceinte). Quand, en 1539, l'Empereur obligea ses :oncitoyens à faire amende honorable, ce ut dans une salle de la Cour des Princes ju'il reçut, en grand apparat, les députés le Gand. Il semble qu'après cela les desti-lées du Prinsen-Hof devinrent à jamais trapues et obscures. Sous Philippe II il servit le prison et pendant les guerres de religion, our à tour aux mains des réformés et aux mains des, catholiques, il abrita d'illustres Jéienus, tels le sire de Mouscron et-'Hem->yse.Au XVH" siècle la Cour du Prince fut ransformée partie en couvent, partie en ca-isrne. Toutefois d'importants fragments des lâiiments demeurèrent à peu près intacts usque vers le milieu du XIX' siècle. On y nStalIa alors une filature, ce qui acheva de uiner l'édifice. A en juger par des descriptions et des ilans anciens, celui-ci devait être vaste et nagnifique. Un historien du XVI siècle, (lare van Vaernewyck, dit que la Cour du 'rince a six portes, en comptant le Rabot dont quatre sont flanquées de tours; que e palais renferme trois cents salles fermant i clef ; qu'il possède une four dite «de verre» parc: que son toit était entièrement vitré ; et enfin qu'on y a établi une ménagerie « à 'instar de la fosse aux lions de Florence et k la fosse aux ours de Berne ». Albert Du-er visitant vers 1520 notre ville, qu'il ap-lîlle « la belle et prodigieuse cité » dessina in des lions de la Cour du Prince avec cette nscription : Zû Gent. » Ce dessin est con-ervé à la bibliothèque impériale de Vienne. On a peine à se figurer qu'en ce coin de jand aujourd'hui silencieux et désert il y ut jadis des empereurs et des fauves ! ixttïïïfïïnir- Sur le front occidental Communiqué officiel allemand Berlin, 24 sept. (midi). L.'activité de 'artillerie et des aviateurs a augmenté hier encore sur tout le front. Une attaque prononcée au sud du Canal dé la Bassée par des Anglais (blancs et de couleur) a échoué sous notre feu d'artillerie. A la côte, un aéroplane ennemi a été abattu ; le pilote a été fait prisonnier.Communiqués oliiciëls français W. T. B. Paris, 23 septembre (après-midi). En Belgique, canonnade assez intense dans la région de Boesinghe. Dans les secteurs d'Arras ef d'Agny, vi-; ves fusillades au cours de la #nuit qui ont provoqué de part et d'autre de violentes rafales d'artillerie. Entre la Somme et l'Oise, bombardement intermittent dans les régions d'Armancourt et de Loges. Actions d'artillerie au nord du camp de Châlons, entre l'Aisne et l'Argon-ne, ei en Lorraine aux environs de1 Rechi-court, Xousse et Leintrey. Nos avions ont jeté des bombes efficacement à Coufians sur la ligne de Verdun-Metz.Paris, 23 septembre (soir). Même activité continue de l'artillerie au nord et au sud d'Arras, ainsi qu'entre la Somme et l'Oise. Au nord de l'Aisne,bombardement violent dans la région de Ville-en-Bois, où nous avons contraint l'ennemi à évacuer un poste fortifié que nous avons occupé. Action d'artillerie particulièrement intense en Argonne, sur la lisière occidentale et dans la région de la Haute-Chevauchée. Sur le.s Hauts de Meuse, au nord-ouest de Bouchet, nos batteries ont bouleversé les travaux et provoqué une explos'on dans les lignes ennemies. Canonnade également violente en for.èt d'Apremont, sur le front en Lorraine ef dans 'es Vosges, dans les secteurs de la Meurlhe et de la Fave. Communiqué ofliciel anglais W. T. B. Londres, 22 septembre. Rapport du maréchal sir John French : Pendant les deux dernières journées, l'activité de l'artillerie ennemie a augmenté. Nous avons répondu, avec épergie, au bombardement ennemi. Nos projectiles ont incendié le 20 septembre une partie de la: forêt d'Hout-"hulst et ont provoqué une grande explosion. Le 19 septembre, il s'est livré deux combats aériens, au cours desciuels deux avions ennemis ont été descendus dans les lignes ennemies. L'un est tombé entouré de flammes, tandis que' le moteur de l'autre a été ■ncendié. Sur le front oriental Communiqué ofliciel allemand Berlm, 24 septembre. Groupe d'armée du général feldmaréchal von Htndenburg. Au sud-ouest de Lennewaden, les localités de Ross et Strigge, qui avaient été évacuées provisoirement, ont été reprises.Devant Du-laburg, d'autres positions russes ont encoi„ ..e prises d'assaut. Un millier de prisu.. mers y ont été faits. Nos troupes se truu-vant à Wilejka dans le flanc des Russes en retraite sont engagées dans un combat acharné. De vigoureuses attaques russes eurent à un endroit un succès momentané. A celte occasion nous avons perdu plusieurs canons dont les servants persévérèrent jusqu'au dernier moment. Le front qui presse vivement l'adversaire en retraite a franchi la ligne Soly-Olschany-Trabyiwje - Nowogro-dek.Groupe d'armée du général feldmaréchal le prince Léopold de Bavière. La résistance de l'ennemi est brisée sur tout le front. Dans la poursuite, le secteur Serweh et au haut de Kcrclitschki le secteur Schara, au nord-ouest de Kratschin, ont été atteints. Plus loin, au sud, il y a encore eu des combats avec les arrière-gardes jiïnemies; 100 prisonniers et 3 mitrailleuses sont tombés en nos mains. Les détachements avancés au nord-est et à l'est de Logischin durent.se replier devant une attaque ' encerclante des Russes'derrière le canal- Oginski à la Jasiol-da. Ils amenèrent à cette occasion 2 officiers ei 100 prisonniers. Sur le théâtre de la guerre du Sud-Est pas de changement. Communiqué officiel uiilrîcllicn W. T. B. Vienne, 23 septembre. Au front de Galicie Orientale 'journée généralement calme; il n'y eut que quelques engagements dé détachements avancés. A l'Ikwa et au Styr, à plusieurs endroits, combats violents ; ainsi au s.-e. de Nowo-Poczajew nous avens repoussé de façon sanglante deux at-.taques russes. Un régiment d'infanterie ennemi, qui avait Franchi la nuit le Styr à proximité de l'embouchure de l'Ikwa, dût,après une contre-attaque de nos troupes, et ayant sut: de' lourdes pertes, regagner la rive orientale. Nos détachemerUs se trouvant jusqu'ici à l'est de Luzk ont été ramenés dans les positions à la rive occidentale du.Styr. Front Sud-Oriental. Pas d'événements importants. Communiqués oliiciëls russes W. T. B. St-Pétersbourg 22 septembre. Dans la région située au nord-ouest de Dunabourg, près du village de Muncze.nous avons rejeté les Allemands hors de leurs retranchements, grâce à une vigoureuse attaque.Au sud-ouest et au sud de Dunabourg, les combats continuent sur le front qui s'étend depuis Nowo-Alexandrowsk jusqu'au lac de Diswiaty. L'artillerie allemande de gros calibre a bombardé certains secteurs de ce front et a employé fréquemment des obus dégageant des gaz asphyxiants. Dans la région située à l'est de Wilna, les combats se poursuivent. Sur le front Bieniakoni Lida et dans la région du fleuve Molczadz, ainsi qu'à l'est de la Schara,.il n'y a eu-que. des rencontres de peu d'importance. Sur le front de Teremo\V-Podhalce, à l'est de Luzk, l'ennemi a passé à l'offensive et a été repoussé. Il y a eu plusieurs engagements à la bayonnette. Au cours des attaques contre les villages Berezowka et Rostakli, au nord-ouest de Wischnexvec et dont il était question dans le communiqué d'hier, malgré le feu violent de notre artillerie et de nos mitrailleuses, l'ennemi atteignit nos retranchements et se jeta sur nous en poussant des hourrahs. Nous avons alors repoussé l'ennemi à la bayonnette et passâmes ensuite à la contre-attaque refoulant l'ennemi jusque dans ses tranchées. Ne js nous sommes rendus maîtres des re-ranchements établis par l'ennemi dans les environs du village de Slone. Au cours d'une escarmouche qui a eu lieu sur le Dzuryn, au sud-est de Gzortkow, l'ennemi a été repoussé au-delà de la rivière. W. T. B. St-Pétersbourg, 23 septembre. Les combats violents à l'ouest de Duna-oourg, qui ont conduit en de nombreux endroits à des corps-à-corps à la bayonnette, continuent toujours. Dans quelques secteurs, l'artillerie ennemie développe un feu violent. Au cours d'une attaque de nos troupes contre le village Lebedowo (à l'ouest de Molo-detschno) nous avons refoulé les Allemands par une violente action à la bayonnette. Nous avons occupé le village Lebedowo. Après une résisianee acharnée la petite ville de Smorgon fut également enlevée à la beyannette; les Allemands se retirèrent. A l'est de Lida, au cours d'un combat près d: la gare de Gawia, l'ennemi, qui avait franchi le cours d'eau du même nom, fut rejeté eut- la rive droite. Dans la région à l'est du Canal Oginsky, l'adversaire.a été délogé du village Retschky et de la région autour du village Retschky et de la région autour du village Lyscha. Au sud du Pripet et sur tout le front, ailleurs, rien d'important. Dans la Mer Noire, près du L-iosphore, nos torpilleurs ont eu un combat avec le croiseur « Goeben ». Sur le front itaio-autrichien Communiqué ofliciel autrichien W. T. B. Vienne, 23 septembre. A la frontière dû Tyrol, petits combats. Nous avons repoussé les attaques de faibles détachements italiens dans la région de Tonale, puis au nord et à l'est de Condino. Les hauts-plateaux de Vielgereuth et Lafraun se trouvent à nouveau sous le feu de la lourde artillerie ennemie. Notre vaillante garnison du Monte Cèston, qui a conservé pendant des mois cette montagne frontière, située loin devant nos lignes, contre un ennemi beaucoup supérieur en nombre, a évacué ce matin tôt sa position actuellement attaquée par un ennemi dix fois plus nombreux et presque enveloppée. Les combats d'artillerie dans la région des Dolomites continuent avec grande violence. A frontière de Ca-rinihie, un détachement alpin a tenté, avant-hier soir, une rupture de front au Monte Pe-ralba ; il fut refoulé avec pertes.. Au front de la pôle- l'activité de nos troupes se limite à la canonnade et quelques entreprises favorables de la guerre de positions. Aujourd'hui le quatrième mois expire de la guerre avec l'Italie. L'ennemi n'a pas exécuté, au cours de ce mois, des opérations de grand style, mais s'est borné à entreprendre des attaques contre des secteurs isolés avec des forces s'élevant parfois à plusieurs divisions d'infanterie. Tout a été vain. Notre front est plus inébranlable que jamais. Communiqué officiel italien W. T. B. Rome, 23 septembre. Des entreprises bien étudiées et audacieuses de montagne ont été exécutées par nos troupes dans l'a zone-élevée au n.-o. de Cortina d'Ampezzo, dans le but d'en déloger de petits détachements ennemis oui s'étaient glissés par les petites vallées du massif Tofana et le groupe Cistallo et dérangeaient nos mouvements. Ces entreprises prirent plus grande extension dans la répion du Cristallo où le terrain dur et accidenté ainsi que le grand nombre d'accès favorisaient l'organisation d'embuscades et la résistance de l'ennemi. Maigre tout, et grâce au mouvement d'ensemble et méthodique de nos petites colonnes, les détachements ennemis furent refoulés peu à peu des hauteurs jusqu'aux vallées de Félizon (Boite) et Seeland (Rienz). Dans le bassin de Flitsch nous avons re-, pris la canonnade Gontre le fort Herman, où Quelques coups de feu sont encore tirés de i l'unique casemate encore existante. Dans la région de Gôrz notre artillerie a recommencé un feu efficace contre San Pietro et Borei Carinzia où l'on signalait des mouvements de troupes. Sur tout le reste du front situation inebau-gée.En mer W. T. B. Amsterdam. - Le « Koningin Emma » a heurté une mine près de Long Sand, au nord de Margate, et a coulé. Outre les 180 hommes d'équipage il avait à bord une centaine de passagers. On croit qu'une mine sera allée à la dérive, par suite de la dernière tempête. Le navire, lancé en 1913, mesurait 9,182 tonnes. Il était en route de Batavia à Amsterdam. ECHOS Les importations Dans l'avenir, les importations se .réduiront aux produits suivants : Blé, lard, saindoux, haricots, pois et maïs. Toutefois, l'importation d'autres produits pourra être assurée par la « Commission for Relief in Belgium» aux risques et périls des comités provinciaux. Augmentation de la ration de pain Du « Bruxellois » : Prochainement, la rations de pain sera portée à 340 grammes par personne et par jour et le blutage sera fixé à 75 p. c., ce qui donnera du pain blanc pour tout le pays. A raison de la baisse des prix du blé sur les marchés mondiaux, le Comité espère qu'il sera possible de ramener à 40 centimes le prix du kilogramme de pain. Les " phormions » Sait-on qu'il y avait dans l'antiquité déjà une expression pour désigner ceux que nous appelons les « stratèges de cabaret »? On leur appliquait le sobriquet de « phormions ». Ce Phor-mion, philosophe péripatéticien, s'était rencontré un jour à la cour d'Anlioches avec le grand général carthaginois Annibal. Phormion avait saisi l'occasion pour faire un cours au vainqueur des Romains el lui montrer de quelle façon il aurait dû diriger les opérations à la bataille de Cannes. Annibal écouta patiemment, mais se leva à la fin en disant aux personnes qui l'accompagnaient ; « J'ai déjà vu. beaucoup de vieux fous, mais aucun d'eux n'était aussi dépourvu de bon sens que ce Phormion ». Que dirait-il des phormions de nos jours? La leçon de Bébé . — D'où viennent les pommes ? — Des pommiers. — Les poires ? — Des poiriers. — Et les dattes ? Bébé, après un instant de réflexion et tout triomphant : — Des calendriers ! Les " chauffeurs „ masqués de Lauwe On mande d'Audenarde le 23 au Bruxellois : Mardi soir, vers 10 heures, la veuve Henri Vandenbulcke. fermière habitant à Lauwe, étaif assise avec ses deux .enfants autour du poêle de sa cuisine, lorsque soudainement elle entendit frapper à la porte. La fermière alla ouvrir. D'un bond six individus masqués, suivis de plusieurs autres la face noircie, surgirent devant elle, la repoussèrent et exigèrent qu'elle leur remit tout l'argent qu'elle possédait. Sur son refus, trois bandits la frappèrent à coups de matraque, puis la lièrent à une chaise. Pendant ce temps-là, les enfants étaient tenus en respect par le reste de la bande. Une dernière fois on pria la fermière d'indiquer l'endroit où elle cachait son argent. Elle refusa encore. Alors un de ces misérables la déchaussa, lui enduisit les pieds de goudron et y mit le feu. Tout ce bruit avait réveillé la servante et le domestique qui, apeurés, descendirent dans la salle, mais à peine y avaient-ils pénétré qu'ils étaient assommés. Folle, de douleur, Mme Vandenbulcke remit aux brigands 600 francs, reçus la veille et provenant de la vente du seul cheval qui lui restait et d'un camion servant aux travaux des champs. Trouvant la somme insuffisante, les « chauf- euilleton du Journal de Gand 103 Le Comte DE Monte-Cristo PAR ALEXANDRE DUMAS Au lieu de cet air de vie, d'aisance et de onheur qui s'exhale, pour ainsi dire, d'une laison en voie de prospérité ; au lieu de ces gures joyeuses se montrant derrière les ri-taux des fenêtres, de ces commis affairés aversant les corridors une plume fichée errière l'oreille; au lieu de cette cour en-wibrée de ballots, retentissant des cris et es rires des facteurs, il eût trouvé, dès la remièrs vue, je ne.sais quoi de triste et de tort. Dans ce corridor désert et dans cette 3ur vide, des nombreux employés qui au-efois peuplaient les bureaux, -deux seuls |aient restés: l'un étaif un jeune homme de wgt-trois ou vingt-quatre ans^ nommé Em-lanuel Raymond, lequel étaif amoureux de i fille de M, Morrel et était resté dans la maison quoi qu'eussent pu faire ses parents pour l'en retirer; l'autre était un vieux garçon de caisse, borgne, nommé Coclès, sobriquet que lui avaient donné les jeunes gens qui peuplaient autrefois cette grande ruche bourdonnante, aujourd'hdi presque inhabitée, et qui avait si bien et si complètement remplacé son vrai nom, que, selon toute probabilité, il ne se serait pas même retourné', si on l'eût appelé aujourd'hui de ce nom. Coclès était resté au service de M. Morrel, et il s'était fait dans la situation du brave homme un singulier changement. Il était à la fois monté au grade de caissier, et descendu au rang de domestique. Ce n'en était pas moins le même Coclès, bon, patient, dévoué, mais inflexible à l'endroit de l'arithmétique, le seul point sur lequel il eût tenu tête au monde entier, même à M. Morrel, et ne connaissant que sa table de Pythagore, qu'il savait sur le bout du doigt, de quelque façon qu'on la retournât et dans quelque erreur qu'on tentât de le faire tomber. Au milieu de la tristesse générale qui avait envahi la maison Morrel, Coclès était d'ailleurs le seul qui fût resté impassible. Mais, qu'on ne s'y trompe point - cette impassibi-. lité ne venait pas d'un défaut d'affection, mais au contraire d'une ébranlable convic tion. Comme les rats qui, dit-on, quittent peu à peu un bâtiment condamné d'avance par le destin à périr en mer. de manière que ces hôtes égoïstes l'ont complètement abandonné au moment où il lève l'ancre, de même, nous l'avons dit, toute cette foule de commis et d'employés qui tirait son existence de la maison de l'armateur avait peu à peu à peu déserté bureau et magasin ; or, Coclès les avait vus s'éloigner tous sans songer même à se rendre compte de la cause de leur départ; tout, comme nous l'avons dit, se réduisait pour Coclès à une ouestion de chiffres, et depuis vingt ans Qu'il était dans la maison Morrel, il avait toujours vu les paiements s'opérer à bureaux ouverts avec une telle régularité, qu'il n'admettait pas plus que cette régularité pût s'arrêter et ces paiements se suspendre, qu'un meunier qui possède un moulin alimenté par les eaux d'une riche rivière n'admet que cette rivière puisse cesser de couler. En effet jusque-là rien n'était encore venu porter atteinte à la conviction de Coclès. La dernière fin de mois s'était effectuée avec une ponctualité rigoureuse. Coclès avait relevé une erreur de soixante-dix centimes commise par M. Morrel à son préjudice, et le même jour il avait rapporté les quatorze sous d'excédant à M. Morrel, qui, avec un sourire mélancolique, i les avait pris et laissés tomber dans un tiroir à peu près vide, en disant: « Bien, Coclès, vous rtes la perle des caissiers. » . Et Coclès s'était retiré on ne peut plus satisfait; car un éloge de M. Morrel, cette perle des honnêtes gens de Marseille, flattait plus Coclès qu'une gratification de cinquante écus. Mais depuis cette fin'de mois si victorieusement accomplie, M. Morrel avait passé de cruelles heures ; pour faire face à cette fin de mois, il avait réuni toutes ses ressourecs, et lui-même craignant que le bruit de sa détresse ne se répandît dans Marseille lorsqu'on le verrait recourir à de pareilles extrémités avait fait un voyage à la foire de Beaucaire pour vendre quelques bijoux appartenant à sa femme, et à sa fille, et une partie de son argenterie. Moyennant ce sacrifice, tout s'était encore cette fois passé au plus grand honneur de la maison Morrel ; mais la caisse était demeurée complètement vide .Le crédit effrayé par le bruit qui courait, s'était retiré avec son.égoïsme habituel ; et pour faire face aux cent mille francs à rembourser le 15 du présent mois à M. de Boville, et aux autres cent mille francs qui allaient échoir le 15 du mois suivant, M. Morrel n'avait en réalité que l'espérance du retour dti Pharaon, dont i un bâtiment qui avait levé l'ancre en même temps que lui, et qui était arrivé à bon port, avait apprisie départ. Mais déjà ce bâtiment, venant, comme le Pharaon, de Calcutta, était arrivé depuis quinze jours, tandi? que du Pharaon l'on n'avait aucune nouvelle. C'est dans cet état de choses que, le lendemain du jour où il avait terminé avec M. de Boville l'importante affaire que nous avons dite, l'envoyé de la maison Thomson et French de Rome se présenta chez 'M. Morrel. Emmanuel le reçut. Le jeune homme, que chaque nouveau visage effrayait, car chaque nouveau visage annonçait un nouveau créancier, qui, dans son inquiétude, venait questionner le chef de la maison, le jeune homme, disons-nous, voulut épargner à son patron l'ennui de cette visite: il questionna le nouveau venu ; mais le nouveau venu déclara qu'il n'avait rien à dire à M. Emmanuel, et que c'était à M. Morrel en personne qu'il voulait parler. Emmanuel appela en soupirant Coclès. Coclès parut, et le jeune homme lui ordonna de conduire l'étranger à M. Morrel. Coclès marcha devant, ef l'étranger le suivit.(A suivre). I

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Dit item is een uitgave in de reeks Journal de Gand: politique, industriel, commercial et littéraire behorende tot de categorie Liberale pers. Uitgegeven in Gand van 1856 tot 1923.

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