L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam

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s.n. 1917, 14 April. L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam. Geraadpleegd op 17 augustus 2019, op https://hetarchief.be/nl/pid/bg2h70917d/
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3ème Année N°.903 S cents Samedi 14 avril 1917 L'ECHO BELGE Journal Quotidien du matin paraissant en Hollande L'Union fait la Forcer Belge est notre nom tie Pamsti®. Toutes les lettres aoiïem eire aaressees au bureau de rédaction: N. z. VOORBUKGWAL 234-240, AMSTERDAM. Téléphone: 2797. Rédacteur en Chef: Gustave Jaspaers, , . „„ J( Charles Bernard, Charles Herbiet Coniité de Rédaction: j René chamtopyj Emile painparé. Pour les annonces, abonnements et venta au numéro, s'adresser à l'Administration du Journal : N.Z.Voorburgwal 234-240, Amsterdam Téléphone: 177S. Abonnements: Hollande fl. 1.50 par mois. Etranger fl. 2.30 par mois Annonces: 15 cents la ligne. Réclames: 30 cents la ligne. Au Roi Albert Discours prononcé par M. Marcel Wijnen à Ar sterdam à l'occasion de l'anniversaire du Roi Albert. Il y a un mois à peine, nous fûmes surpris pj iin0 nouvelle,foudroyante : le tsar de toutes 1 •Russies abdiquait!... Aujourd'hui, notfs somm< réunis pour fêter notre Roi. Quel contraste ! Là-bas, une personnalité confuse, entourée c fûvstère, à laquelle un fétichisme traditionn donnait une façon de déité, l'autocrate ombr 2eux dont la tyrannie cachait mal la faibles; ^écroule aux pieds de ceux qu'il dominait/ le une figure qu'un nimbe sacré illumine, un so' verain lovai et courageux, qui, fort do se amour et de so savoir aimé, exerce sur son pei nie la tyrannie féconde do son exemple. ^ Là-bas, tout un peuple se grise à l'idée qu n'a plus de roi et qu'il est roi lui-même, -ici le Roi demeure, et il est: tout le peuple ! Là-bas les coeurs s'exaltent dans l'enivremei fou des libertés Conquises — ici, des âmes v irent cle joie à se sentir soumises. Un tsar, un roi, l'un tombe et l'autre s'élè; ombre vaine — réalité splendide ! Tant il es 1 vrai que le feu des batailles a des effets contrs dictoires et peut consumer l'un tout en pur fiant l'autre ! . Le tsar n'était point un souverain selon J Volonté du Peuple," et le peuple, enfin consciei do sa force, le traitant en intrus, lui reprit ur puissance usurpée. Mais chez nous le Roi c ej tout autre chose; ce n'est point ^l'autocrate qi trouve en lui-même sa raison d'être. 11 est . chef librement choisi d'un peuple libre. Certe; sa personne nous est sacrée, mais non plus e vertu d'une formule mensongère qui voudra: attribuer nos sujétions à quelque chiménqu complicité divine ; elle nous est sacrée par 1 ele< tion consciente de nos coeurs et par cette vent ration que nous vouons à tout ce qui chez ell nous apparaît comme surhumain et pieu» c transcendance. _ Si nous>honorons notre Roi, c'est beaucoU moins parce que nous le sentons au-dessus d nous, que parce qu'il est vraiment avec nous e qu'il est l'expression vivante de nous-niêmc avec toutes nos pensées, et toutes nos souffrar ces. Moins Roi que compagnon auguste d'infoi tune et de gloire, Albert 1er règne sur nos âme arant de régner sur nos êtres, et c'est parc que sa royauté est à ce point spirituelle que s personne nous apparaît comme si particulière ment sacrée. , * * Au lendemain des événements de Russie, 1 chef dû centre catholiqùe allemand, Marti Spahn, ce sépulcre blanchi, qui élève chaqu jours vers Dieu son âme remplie de convoitise e prétend s'adjuger la robe sans couture de eett Belgique qu'il aida à crucifier, annonçait a Reichstag l'écroulement prochain d'autres Tri lies. ' _ Ce serait attribuer à ce politicien le benefic d'une perspicacité étrangère à sa race que d 'penser qu'en disant cela il visait en tout |>r< mier lieu, son empereur ! Mais, si c'est de notre Roi qu'il annonçai ainsi la décadence — et ses ambitions annexioi: niste's à notre détriment semblent indiquer qu : en est 'bien ainsi — je le déclare hautement M. Spahn se trompe! Toute cette salle de Be' ges loyaux et fervents, dont le coeur vibre d'un émotion ardente parce qu'ils fêtent en ce me ment leur Roi, lui oppose une protestatio: triomphante ! Deux années et demie de guerre pénible mai glorieuse ont suffi à affermir chez nous le pou voir royal d'uno,manière telle que ce serait fair oeuvre insensée et impie jque d'y vouloir tou cher. Nous ne concevons pas la Belgique, nou ne pouvons la concevoir forte et belle sans Ce lui cjui aujourd'hui la guide et la protège et qu un jour dicta si noblement sa destinée. Nou ne concevons point de vertu grande dont Alber 1er ne nous ait pas d'abord donné l'exemple ni cle pensée féconde qu'il n'ait réalisée mieu: que nous ! La Patrie belge sans Albert, y songez-vous Mais ce serait le corps privé de ce qui fai sa, force et son charme, la tige sans la fleur, 1 blé de nos champs sans l'épi mur, la hamp Bans étendard! Laissez-nous donc, à nous le Belges, amateurs cle beaux gestes, cette "fiert qui consiste à nous parer des plis de nos dra peaux ! * * * C'.èfet au Roi que nous fêtons ce. jour qu. | revient l'honneur d'avoir prononcé cette pjiras splendide: ,,Quand la Belgique a mis sa signa ture au bas d'un acte, elle no revient pas su: I cette signature!" 4 Cette parole prend au recul du temps un f signification formidable. Pendant tout le temp que dura notre lutte elle n'a pas cessé d'êtr la vois/ souveraine de la Patrie, l'acte de Fo pourquoi chez nous on souffre et meurt. U me semble, Messieurs, qu'en ce jour nou fie pourrions trouver de témoignage plus ohe au coeur de notre Roi de la fidélité et de l'ad ftùration que nous lui vouons que d'affirmé: encore une fois ce Credo magnifique que lui fliême nous enseigna. * * * 0 non, Sire, pas plus que vous nous ne vou Ions revenir sur ce que nous avons fait. San: souci de nos peines et des longueurs de cett< guerre, comme a!u premier jour, nos énergie: sont tendues vers le Devoir ! Disposez donc °omme il vous parait juste, «do nos biens, di Df,s affections, de nos vies: votre justice est 1; fiôtre. S'il faut encore des sacrifices, nous soin toes prêts à les faire pour notre honneur et pou: : Vous que nous aimons ! Le Belge, pas plus que sur sa signature, ni j deviendra sur son Amour ! * * * Avoir les yeux fixés sur notre Roi et nou; tailler à son image, voilà, me paraît-il, Mes BiôUrs, l'attitude que nous impose le devoir d< l'heure présente. Ce qui veut dire que, poui être dignes de lui-même comme de la cause qu< | nous servons, nous devons jusqu'au bout arme: ûos âmes de Vaillance. Ah! je le sais bien, nous vivons actuellemen-les heures les plus graves qu'il nous aura ét< onne peut-être de connaître pendant cette ef royable guerre. Soumises à la tension implaca oie des événements, nos âmes, devenues dange teusement sensibles, ne résistent pas toujours ^mme il faudrait à la lassitude qui les guette, vr, nous ne pouvons pas être des désenchanté? 1 des vaincus, nous qui devons être bientôt les "sftefyaaâre! privilégiés des grands enchante ments de la Victoire. Nous devons maintenii hauts et fermes nos coeurs et nos âmes. 11 en est qui, pour cela, recherchent dans l'op timisme leur principe de vie et do consolation souveraine. Ils ont une foi robuste dans la victoire parce qu'ils la "voient sans cesse en marche dans tous les événements de'cette guerre. Il en est beaucoup d'autres qui sont plus réalistes et ^ qui pourtant ont une foi non moins puissante ^ ,en la Victoire.. Ceux-là alimentent leurs espoirs à d'autres sources plus âpres et plus tumultueu-, ses. Us croient en la Justice humaine et divine, , ils croient au châtiment irrémédiable qu'en- 2 traînent les grands crimes et leur âme est nourrie d'une sainte et superbe vengeance. Ceux-là entretiennent leur vaillance en songeant aux victimes qui triompheront un jour ! 11 Ah oui! tel doit être aujourd'hui le. grand i- levier do nos âmes : La vengeance sainte et divine qui s'alimente sans cesse au souvenir pieux il de nos morts et de nos martyrs ! Je songe à vous, ô petits soldats de la Belgi-Lt que, si vaillants et si héroïques qui êtes tombés i- race à l'ennemi une balle en plein coeur; à que, si vaillants et si héroïque^, qui êtes tombés ■e cle bataille de Haelen, de la Nèthe, pauvres ;t corps qui jalonniez les routes de la retraite, l- vous qui avez souffert et pleuré dans la nuit [_ et puis, joignant les mains, de vos yeux enfiévrés fixant les étoiles, avez rendu à Dieu vos a belles âmes résignées. Et je songe à vos plialan-t ges glorieuses, ô vous les 8000 qui êtes les 0 grands morts de l'épopée libératrice de l'Yser ! t Et je songe avec une indicible peine à vous ii surtout, qui êtes les COOO civils massacrés, pau-e vres choses humaines, chétives femmes, enfants tremblants, hommes torturés, martyrs devant n lesquels nos fronts s'inclinent et dont le souve-t nir nous déchire le coeur ! e Vous écartez en ce moment les brumes du passé pour apparaître à nos yeux dans le réa-lisme épouvantable de vos tragédies •' ô Je'vois la petite vieille du village d'Hofstade, 0 tuée l'aiguille en mains, et non loin de Malines co corps d'un pauvre vieux carbonisé pendu à p la poutrelle d'une chambre de ferme. Plus loin, G ce sont des cadavres de paysans que la mort a t surpris dans des positions de pardon, les bras s loves ou les mains jointes. Et je vois la de-_ tresse de ce petit enfant de Ternath aux mains ■_ coupées parce qu'il a commis le crime de ne pas s comprendre l'allemand. Et je rejette loin de e moi cetts vision d'horreur du supplie® de tant a de mères meurtries et de toutes ces femmes mortes dans la souillure! .Et ma pensée,- poursuivant ainsi son calvaire, erre enfin à travers les désolations infyaies des terres ensanglantées de Wallonie! C'est là que e Ta.mines projette l'ombre déchiquetée de ses 1 ruines sur l'immense tombe des 400 civils que e des mitrailleuses ont fauchés ! Et jo revois la scène horrible des martyrs de Surice : ils gisent 0 là au. fond d'un chemin creux, en contrebas du 11 village, ces dix-huit civils parmi lesquels ce pauvre petit, qui, au moment du supplice, cherche protection contre la poitrine d'un prêtl'è e et s'écrie, au milieu des sanglots; des mères" et e des enfants témoins impuissants de son mar-tyre: ,,Je suis trop jeune, jo n'ai pas le cou-^ rage de mourir !" ~ ^ 0, je m'arrête, car ers visions sont; horribles, i't pourtant, je n'ai l'ait qu'entr'ouvrir un instant le lourd rideau de l'oubli qui dérobe à nos pensées tout cp tableau d'opprobre.et de désola^ 3 tion. Et j'en demande pardon aux.âmes trop sensibles. Mais le geste était nécéssaire. Nous 1 sommes éloignés par notre exil de cette terre austère de la Patrie, où tant de tombes et tant s de croix fleuries rappellent aux passants la mort de nos frères. U faut donc bien que nos pensées 3 fassent surgir devant nous toutes ' ces images " vives, afin que nous n'oubliions pas ! Afin que 3 nous sentions dans le frémissement de nos êtres 7 se raviver en nous les sensations ardentes de 1 . la Haine: cette sainte et juste Haine, où nous 3 trouverons la force de lutter jusqu'au bout, b jusqu'à l'heure de la grande victoire où nous > pourrons couvrir de lauriers les tombes de nos c martyrs enfin vengés ! * * * • Mais le souvenir de nos glorieux martyrs n'est pas le seul facteur de notre Vaillance, car la conscience que nous avons de la grande force 3 morale que nous représentons dans le monde * en est un autre. J Ah! Messieurs, si /l'on ne veut prétendre que Dieu fait en ce moment peser sa vindicte sur l'Allemagne coupable, on peut du moins dire que les faits se vengent eux-mêmes ! 5 L'Allemagne prétendit un jour affermir sa } Puissance en la fondant sur notre faiblesse, et * voici qu'après de vaines luttes tout son rêve de grandeur s'effondre devant cette Faiblesse triomphante. } La Belgique, depuis qu'elle fut violée, n'a J pas cessé d'être pour elle une cause constante ? de défaites. Toutes les manoeuvres morales aux-1 quelles elle eut recours dans le but de justifier sa cause aux yeux du monde se sont heurtées s toujours à l'argument final qui la condamne : la Belgique. Tous les efforts militaires qu'elle ■ développa pour affirmer sa puissance se sont brisés sous les coups de nos Aliiés qui trouvè- * rent en notre caiisc une de leurs grandes forces agissantes. Car la Belgique n'est plus seulement l'expres- - sion d'une terre, d'une, Patrie, elle est aujour-» d'hui le grand mot qui concrétise tout l'Idéal î de liberté et de justice pourquoi l'humanité ci- > vilisée consent à mourir. Ce nom, c'est le levier , moral qui hausse nos âmes et celles de nos î Alliés aux altitudes sereines où fleurit l'hé-i roïsme. C'est aussi le grand critère qui justifie - ou condamne cette guerre suivant qu'on l'appli-" que à nos Alliés ou à l'Allemagne. Entre celle- ci et nous il n'est point, de confusion possible : > entre l'Allemagne qui nous opprime et. les Alliés qui nous défendent, ceux qui s'appellent les neutres, parce qu'ils ne se battent pas, ne sau- ; raient hésiter. Réserver dans son esprit un ac-. cueil également favorable à l'une et aux autres, î c'est nier que le fait sanglant de la Belgique ■ existe. Mais aux Alliés préférer l'Allemagne et ) Souhaiter sa victoire — il est, hélas, des gens • qui font ces différences — c'est se rendre complice de son parjure et faire l'apologie d'un • crim3. H est bon que ces choses-là soient dites: ; si le monde entier plaçait au bon endroit sa Justice, l'Allemagne ne devrait rencontrer autour d'elle que des accusateurs. Non, Messieurs, quoiqu'en pensent certains êtres qui s'égarent: pour nos Alliés la Belgique n'est pas une fiction : c'est une Force. Aussi n'est-ce pas en vain que le ministre Briand remit un jour à l'ambassadeur d'Amérique la réponse des Alliés &n présence .d'un ministre t de Belgique. Toute la signification de cette guerre fut ce jour-là intentionnellement condensée en cette entrevue mémorable. Et il semble bieu que le Président Wilson ait compris toute la portée du geste, puisque, dans son message au Congrès, il affirma hautement le droit des petites nations à l'existence et la nécessité de lutter pour elles contre l'emprise de ce qu'il, appela si justement ,,l'ennemi naturel do la liberté". Et voici qu'aujourd_'hui la nation américaine, dont nous saluons avec joie l'entrée dans cette Guerre, se dresse belle ot «généreuse à nos côtés pour fairo triompher notre cause et nous permettre de remporter encore ici sur notre ennemi une éclatante victoire morale. Eh, Messieurs ! .il y a longtemps que l'Allemagne a compris que l'ambition est mauvaise conseillère. Plusieurs fois, voulant améliorer sa cause, elle tenta de nous écarter du débat en nous proposant la Paix. Mais la Belgique n'a pas voulu supprimer contre elle son accablant-témoignage, elle prétend demeurer ' jusqu'au bout le -remords de l'Allemagne, la tunique de JS'essus qui fera périr Hercule! Mais, s'il est donc bien vrai que c'est notre ascendant moral qui dans cette guerre constitue notre Force, nous avons tous, tant que nous sommes, pour impérieux devoir cle nous mainte-, nir dans la vaillance. A qui porte les flambeaux le bras ne peut fléchir ; il faut que jusqu'au bout, traçant la voie aux peuples libres, nous Jes-menions à la Victoire dans la lumière. Chassons donc de nos âmes ces ombres dangereuses qui s'appellent lassitude et découragement. Ne suivons pas ces guides de la nuit qui nous guet tent pour nous conduire vers les sentiers qui mènent au précipice. Arrière donc les pçrte-p.arole de nos ennemis, les fauteurs de luttes intestines, linguistiques ou autres ; arrière surtout les faux prophètes et les faiseurs de paix allemande. Dans l'unanimité de nos consciences opposo.ns-leur la volonté indéfectible que nous avons de demeurer unis et vaillants jusqu'au moment de la victoire. Qu'une foi patriotique ardente nous éclaire : Croyons à la réalité de la Patrie, à la force triomphante de l'honnêteté, à la protection .sainte de nos' martyrs! Croyons aux vertus fécondantes de la ràort, aux belles générations d'êtres que préparent les vies fauchées dans l'héroïsme! Et croyons à la nécessité des gestes ' militaires, croyons au langage émouvant des drapeaux criblés de balles qui, claquant au vent dans l'illumination des victoires, encadrent l'azur du ciel dans l'effritement glorieux de leurs lambeaux. Ah, laissez-moi en terminant vous crier avec le grand Prélat de Belgique: ,,Courage mes frères!" Comme l'a si bien dit notre regretté Verhaeren : „La vie est à monter et non pas à descendre" à la suite du Roi qui nous dirige continuons dono le dur pèlerinage. Si la route est rugueuse, et peut-être quelquefois un calvaire, qu'importe: nous la poursuivrons ensemble, les plus forts soutenant les plus faibles. Et nous irons ainsi jusqu'au bout du chemin, jusqu'au moment béni où^ atteignant les faîtes, nous verrons se lever, dans son éclatement superbe, l'aurore rouge de la Victoire! En Belgique. iKioMipriHeaiMp (Suite.) Comment l'autorité" allemande se procura-t-elle la ma-in-d'oeuvre nécessaire à ses objectifs militaires? C'est ce que les 18e,et 19e;-rapports de la Commission d'enquête sur les violations du droit des gens avaient établi avec précision. La tentative ayant échoué,les Allemands résolurent, pat tous les moyens en leur pouvoir, d'empêcher les ouvriers belges de trouver un gagne-pain ou des secours. De là, l'opposition-au sujet de l'institution d'un enseignement professionnel obligatoire comme condition d'octroi des allocations de chômage et aux travaux d'utilité publique pour chômeurs, organisés librement par les administrations locales. C'est à ce moment que le gouverneur général érigea en délits le refus de travail et l'octroi de secours aux ouvriers, auteurs des refus. A l'époque, nos ennemis n'avaient pas enlevé aux tribunaux belges le droit de juger ces différents cas, au moins dans le territoire soumis à la juridiction de von Bis-sing. Mais, à Gand, le général von TJnger fit afficher le 12 octobre 1915 que: ,,Le fait de se référer à toutes les lois belges possibles, ou même à des Conventions internationales, ne peut jamais justifier îe refus de travailler. Seul, le commandant militaire décide de l'acceptabilité des travaux exigés." Le 2 mai 1916, tous les travaux d'utilité publique pour chômeurs étaient interdits. Le 15 mai, en manière de répression du refus de travail, le principe de la contrainte de travail était introduit. C'était l'institution du travail forcé en service de l'ennemi. Les travaux commencés sont interrompus, les adjudications contremandées, des milliers d'ouvriers encore au travail jetés de force dans le chômage. Le mémoire prend un exemple entre mille. Celui de la province du Luxembourg, qui est particulièrement instructif. Cette province, presque exclusivement agricole et forestière avait, pour sa part, résolu complètement le problème du chômage. Elle avait été la moins atteinte par les réquisitions pratiquées dans le restant du pays, et le Comité de Secours, en vue d'éviter le chômage, y avait entrepris une série de travaux auxquels unê grande partie de la population était appelée à collaborer. Il a fait exécuter ainsi, depuis le commencement de la guerre, 750 kilomètres de chemins de fer vicinaux; assaini 624 hectares de terrain fangeux; planté 1100' hectares inexploités; construit 3000 fosses à fumier et citernes à purin; procédé à des aménagements de cimetières, à des distributions d'eau, à des améliorations d'étables; il a dépensé, pour la réalisation de ces' travaux, une somme de 9.540.000 francs, représentant presque exclusivement des salaires. Il est à noter que, grâce aux subsides du Comité national, les pouvoirs publics, Provinces, Communes et Etat, n'ont en à intervenir dans cette dépense qu'à concurrence de 1.790.000 francs. Des travaux du même genre étaient projetés et approuvés, une partie déjà entamée: brusquement, leur continuation et leur achèvement ont été interdits par des ordres transmis aux administrations communales, en conformité de l'arrêté du 2 mai 1916. On signifia aux administrations locales que les travaux ne pouvaient être poursuivis. La classe ouvrière belge, par ordre des autorités allemandes, traquée partout, est donc obligée'de se croiser les bras. On peut résumer ainsi les faits: L'autorité allemande impute à la classe ouvrière belge le chômage forcé auquel elle l'a, elle-même, condamnée, de propos délibéré, par sa politique d'épuisement économique et par ses arrêtés sur le travail. Le rapport prouve ensuite que le blocus anglais n'est pas la cause de l'arrêt de l'industrie ini du, ghônia&Q en Belgique. La mé tallurgie, les verreries, les faïenceries pouvaient poursuivre leur .activité. Celles-ci avaient même suivi une -marche ascendante depuis la reprise partielle du travail après l'invasion. Pourquoi les Allemands ont-ils frappé les produits de droits prohibitifs, arrêté les travaux des nouveaux charbonnages de la Campine, séquestré les industries en activité, enlevé des machines et machines-outils, monopolisé les produits du sol et les marchandises de grand trafic au profit des Centrales allemandes ? Le Comité industriel belge, d'accord avec la ,,Commission for Relief in» Belgium", avait cependant présenté un arrangement contractuel, a^réé par le gouvernement britannique, destiné à permettre l'introduction des matières premières nécessaires aux usines belges et l'exportation de leurs fabricats. Le gouvernement allemand refusa de donner les garanties indispensables. Qu'est-ce que la déportation des ouvriers belges, sinon une mesure cle guerre? Le§ déportés belges sont incorporés dans un vaste organisme économico-militaire, à peu près au même titre législatif et exacte- ! ment pour les mêmes fins que la population mâle valide de l'Allemagne: en vue d'aider | l'armée allemande à soutenir le fardeau de 1 la guerre et à fournil' le suprême effort. Les déportations ne se justifient cependant pas par un danger quelconque pour l'ordre public. Alors? Le Gouvernement allemand poursuit un but bien défini en déportant en masse et en contraignant au travail forcé la population des territoires occupés: faciliter 1 emploi, dans le service militaire actif ou dans les usines de fabrication du matériel de guerre, d'un nombre correspondant de travailleurs allemands. Ce but est celui qui fut officiellement déclaré dans les travaux préparatoires de la loi sur la mobilisation civile en Allemagne, dont l'arrêté du 3 octobre 1916 n'a fait qu'appliquer, quelques semaines à l'avanco, la disposition générale à la population civile belge. L'antinomie d'une telle mesure avec ïe droit naturel et avec le droit des gens positif est indéniable. Elle a soulevé la réprobation unanime de l'opinion publique, dans tous les pays où cette opinion peut s'exprimer librement. Plusieurs Etats neutres ont jugé ne pouvoir ee dérober à l'obligation morale d'enregistrer ce cri de la conscience universelle, dans des remontrances officielles adressées au Gouvernement allemand. On peut dire sans exagération qu'une telle atteinte n'avait pas encore été portée, depuis les temps modernes, par un Etat se disanîJ civilisé, aux droits essentiels de la condition humaine. La brutalité et la duplicité avec lesquelles la mesure fut appliquée sont venues aggraver, s'il est possible, ce scandale sans précédent; elles ont arraché à la Belgique, qui semblait pourtant avoir touché la limite des épreuves d'une nation en guerre, une clameur d'angoisse, à laquelle ont fait écho l'horreur et l'indignation des Etats neutres. Alors que, en 1863, les Instructions pour les armées en ■campagne, éditées à l'usage des troupes américaines, notaient déjà que la déportation et la réduction en servitude de la population civile des Etats vaincus, par le vainqueur, n'étaient plus en usage que chez les peuplades barbares, on à vu, en Belgique, l'armée régulière d'un puissant empire employée à la rafle méthodique des citoyens d'une petite nation captive, et qui était entrée en guerre seulement pour la défense de son indépendance et l'accompli-aôment de ses devoirs internationaux. Le rapport rapporte brièvement les faits scandaleux qui présidèrent aux déportations et les supplices endurés par les déportés. Les lecteurs de l',,Echo. Belge" ont pu lire | des quantités de récits réellement navrants | et, —malheureusement — véridiques. ^Toutes les protestations élevées contre cet | outrage permanent à la dignité de l'homme civilisé, contre ces attentats à son intégrité corporelle, à 6a liberté de disposer de sa personne et de son travail, à son droit de rester uni à sa famille, à son devoir de ne point servir l'ennemi de sa patrie, sont jusqu'à présent restées vaines. ' L'outrage et les attentats se perpétuent, sans aucun souci des semailles formidables de haine qu'ils déposent dans le' coeur des victimes et de leurs proches et qui menacent de rendre, peut-être pour des siècles, toute relation sociale impossible entre deux portions importantes des peuples européens. Le spectacle d'une si odieuse injustice suscite, de jour en jour avec plus de précision, dans l'âme de tous ceux qui eh sont les témoins, l'impression d'un forfait d'une espèce exceptionnelle, et qui serait à jamais inexpiable pour peu qu'il vînt à se prolonger dans l'impunité momentanée où il se perpètre actuellement. Quant à ceux qui en sont les victimes, leur résolution, s'élevant au-dessus des rigueurs et des souffrances de leur destinée, demeure inébranlable. Aucune paix n'est possible, ni surtout durable, en dehors de l'observation des règles élémentaires du droit, au premier rang desquelles se place le respect de la personne humaine. Aucun abus de la force ne viendra à bout de la résistance du peuple^ belge à l'oppression étrangère. L'histoire est là pour témoigner que sa volonté d'indépendance est indomptable et que son endurance- est capable d'avoir raison de toute tyrannie. —^ Préiras malinois emprisonnés. Les prêtres malinois ,qui, après avoir défendu les droits dés ouvriers belges contre les mesures iniques des autorités allemandes, refusèrent de payer les 100 marks d'amende, sont condamnés chacun à vingt jours de prison. Furent déjà emprisonnés : M. le chanoine Vrancken, secrétaire particulier de Son Eminence le Cardinal Mercier, M. l'abbé Tessens, professeur au Grand Séminaire, et M. l'abbé Barbé, vicaire à St-Jean. On s'attend à l'emprisonnement prochain des autres condamnés. A C5am«l La chasse au" cuivre n'est pas une fiction. Les Boches ont réquisitionné tous les chaudrons, toutes les poignées de porte, toutes les plaques de maisons, les lampes, les' boîtes à lettres, etc. Nos ennemis les paient 1.5Q franc le kilo. Ils ne font pas une mauvaise affaire à ce prix-là. A présent, ils annoncent que ceux qui ont encore du vin en cave sont sommés de le déclarer à la Kommandantur. On paiera un franc la bouteille. Dans aucun cas les Boches ne peuvent être volés en payant un franc un vieux Bourgogne. Et, comme dans toute affaire de ce genre il y a un voleur, ce n'est sûrement pas le malheureux contribuable qui sera celui-là. Les personnes qui élèvent des poules sont obligées de remettre toutes les semaines deux oeufs aux feldgrauen aux pâles couleurs! C'est encore une façon — allemande — de montrer de lia sympathie pour la Flandre. A IBa-tLsgjes Un lecteur nous écrit que, contrairement, à ce qu'affirme la' ,,Gazet van Brussel", Du-mon n'est pas catholique mais socialiste. Mais, je dois vous le dire, un socialiste qui détestait les ouvriers et les adhérents de son parti qui n'étaient pas favorisés par la fortune. Ainsi, une nuit, il fut appelé d'urgence au chevét d'un socialiste qui était devenu subitement indisposé. Il s'y rendit en toute hâte* Mais, arrivé auprès du patient, il apprit que l'homme faisait partie du ,,Bond Moyson", dont Dumon était le docteur accrédité et en vertu des statuts duquel les membres avaient droit gratuitement aux soins médicaux. Monsieur le docteur Dumon entra dans une colère bleue, jura et dit à la malheureuse épouse que s'il avait su d'avance que son mari appartenait à ce ,,bond" il ne se serait pas dérangé la nuit, mais serait venu dans le courant de la journée. Là-déssus il partit. Cela est authentique.Aux frontières Un train de blessés, comprenant 40 wagons, est arrivé jeudi dernier à Selzaete. Arrivée malgré tout émotionnante, nombre de blessés souffrant terriblement et gémissant sans cesse.S'ils n'eussent été des Boches, le peuple aurait été pris- d'une immense pitié. On dirigea ce lamentable convoi vers l'asile des aliénés, évacué par ordre de l'autorité allemande. Et les /réquisitions commenpèrent aussitôt, bien entendu: lits, draps de lit, couvertures furent enlevés des maisons. Le bruit court à Selzaete qu'en raison des événements des jours derniers tous les hommes en âge de servir ont reçu l'ordre de se tenir prêts, à partir au premier signal. ng e ■ c— 1 ■ ■ il y a un an ÎJf. avril 1916. — En Galicie, -près de Vcmhvuchure de la Strypa, les Russes s'em-jxirent de, la, colline nommée ,ytombe de Pomjxt{y\ J le Déviant ei la ferre. La guerre a suscité chez nous des élans merveilleux de patriotisme et de aharité. Comment pouvait-il en être autrement? Nous luttions pour la civilisation contre la vieille barbarie allemande, pour la démocratie contre le prussianisme ; notre idéal cle paix universelle se .dressut devant uno volontée insensée de grandeur et de conquête.Nous avions tout de suite accepté la néces-sité de défendre notre honneur et de nous unir spontanément devant l'agression. Ah ! ces premiers jours de guerre, comme de sont encore présents dans nos mémoires. L'Allemagne s'ébranlait dans le lourd piétinement des régiments en marche, dans un galop sinistre de uhlans et cette soldâtes* que brûlait nos villes^-Favageait nos campagnes, e^t nos âmes restèrent droites, iné-branlablement unies devant la longue agonie de la Patrie crucifiée. Quel cortège de ruines et de mort depuis Liège jusqu'à Anvers et la retraite de l'Yser; et, dans ce chaos immense, dans cette succession de grandes souffrances, pas une plainte, pas un reproche, mais un enthousiasme ardent, un réveil (Je la conscience nationale, une vie intense de charité. De cette perturbation des premières heures une Belgique nouvelle surgissait, une Belgique faite de ferveur patriotique profonde. On n'avait jamais vu cela : dans les cités où les régiments passaient, des main3 anonymes se tendaient silencieusement à travers la "foule, pour soulager la fatigue d'un petit soldat. Dans les ambulaaices, la Charité se penchait sur le lit d'un moribond avec la cornette d'une religieuse ou le bandeau blanc d'une infirmière; des regards de femmes soutenaient l'agonie des blessés jusqu'au dernier spasme de la mort. Dans les tranchées, où tous les hommes sont frères, cjans les tragédies des batailles, à travers la pluie des balles et le fracas des obus, il y avait des excès d'amour sublimes ihalgré la souffrance, 6i grands dans leur héroïsme, qu'il nous semblait impossible de rêver quelque chose de plus beau. Plusieurs de ces réros sont morts; ils ont emporté avec eux le secret de leur amour. Etait-oe possible? tant de luttes intestines nous avaient divisés; nous n'osions croire à cette régénérescence. Des ,,poilus", dont le verbe accentué et la rudesse des expressions nous donnaient un avant-goût de la vie de campagne avec tout le réalisme et la sonorité de son vocabulaire, des braves gens ceux-là, nous racontaient des exemples admirables de charité et de profond dévoûment ! Les curés s'ont épatants, me disait un, jour un officier peu suspect de cléricalisme; ils sont toujours les premiers devant le danger pour" relever les blessés, et, quand ils ne doivent pas y être, ils y vont pour les autres. * * * On n'apprécie pas à la mesure et au poids le mérite et la valeur du dévoûment ; chacun dans cette guerre a à agir naturellement selon son devoir et sa conscience de. Belge. Il y a deux sortes de dévoûment : le dévoûment organisé, reconnu publiquement, et celui qui reste toujours ignoré, le plus simple et le plus beau. Le dévoûment obscur où le coeur s'ouvre tout grand devant la souffrance,. sans une arrière-pensée de lucre ou d'amour-propre, s'est manifesté chez nous d'une façon grandiose. Il y a eu du dévouement dans la tranchée quand deux soldats se disputaient l'honneur de mourir le premier; il y en a en Belgique occupée, où ceux qui subissent l'opressiou sont peut-être aussi méritants de la Patrie que nos soldats qui luttent dans la boue au front de l'Yser, il y en a en terre d'exil, où nos compatriotes, bien que vivant en communion plus intime avec notre Roi et son armée, ont cependant le mérite d'une souffrance aussi pénible que l'oppression, celle de la séparation et de l'éloigné-ment.En Hollande, grâce à Dieu, nos vies se sont organisées et les Belges, ayant à coeur de se rendre utiles à la Patrie, selon les circonstances plus favorables aux uns et moins aux autres, individuellement, collectivement, ont voulu pratiquer toutes les vertus de la, charité et de l'altruisme. Quelques-uns créèrent des oeuvres et des Comités de bienfaisance pour les réfugiés pauvres, pour nos soldats blessés et nos prisonniers de guerre, mais, chez les plus abs-curst j'ai rencontré les meilleurs exemples de désintéressement. J'ai connu un ouvrier miséreux, trop ,,petit" pour collaborer à une oeuvre officielle; il dépensait chaque semaine la moitié de son avoir pour soulager les soldats belges sans famille. Eh bien, ce ,,petit", faisant le bien dans l'ombre, sans panache et sans ostentation, il est „grand", il a eu le ^este d'un héros. Ah! oui, ,,les petits", on ne saura jamais ce qu'ils ont fait. Dans le combat, c'est le peuple, l'agriculteur, l'ouvrier dont la vertu individuelle n'impressionne pas, qui ont montré des qualités de résistance et de fier courage, des vertus héroïques (ïe sacrifice et de désintéressement, nous restant comme un des enseignements les plus impressionnants de cette guerre. » # * L'ouvrier, s'il a fait quelque chose de . très grand, sembla toujours., r.ignqrer;. ;il

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Dit item is een uitgave in de reeks L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam behorende tot de categorie Oorlogspers. Uitgegeven in Amsterdam van 1914 tot 1918.

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