L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam

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06 januari 1918
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s.n. 1918, 06 Januari. L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam. Geraadpleegd op 23 januari 2019, op https://hetarchief.be/nl/pid/h12v40m13g/
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Cime Aimeem 1170 et 1171 ■ ! s cents Dimanche 6 et lundi 7 Janvier ÏQÎQ L'ECHO BELGE L'Union fait la Force. I— -J—- le» I rloivetl t Journal quotidien «lu matin paraissant en Hollande Beige est nctrs nom de Famille. Toutes les lettres doivent être adressées «n ! >tireau de rédaction: N. Z. VOORBDRGWAL 334-240,, kMfiTERPAM. Téléphoanes: 2797 et 177.^. « » ii ju Rédacteur en Chei : Gustave Jaspaers. PftfOTj*A df, Charle.3 Bernard, Louis Plérard, t.omite cie Kftdaction.^ Hené Chambry, Emile Painparé. Abonnements: Hollande fl. 1.50 par mois. Etranger il. 2.00 par mois. Pour les militaires au front et les militaires internés en Hollande fl. 0./5 par mois payablo par anticipation. Annonces: 15 cents la ligne. Réclames: 30 cents la ligne. Le conflit de Litovsk Lee maximal istes peuvent trahir leur pays. Ils peuvent moins trahir leurs principes. Quand Lenine-Xrotzky déserte la juste cause de l'Entente qui était aussi la cause de la Russie, en faveur d intérêts allemands, ils ont cru que l'Allemagne leur •aurait tout au moins permis de sauver la faoe. Ils se 6ont trompés et c est pourquoi ils vont criant partout aujourdhui: ,,L Allemagne nous trompe!" Non, l'Allemagne me les trompe pas dans ce sens que la tromperie chez eîle va de soi et que nul, même le pilus naïf, n'a le droit de 6'y méprendre. Dans cette affaire de Brest-Litovsk les ruaximalistes, pour autant qu'ils sont de bonne foi, étaient roulés avant le départ "Nous pouvons" hausser les épaules et rire de la déconvenue des paladins de la paix boche en pays neutre qui prônaient si fort la magnanimité et la sincérité de nos ennemis. Nous pouvons aussi nous réjouir de [n'avoir jamais vu dans ces pourparlers^ de Brest-Litovsk qu'une misérable comédie comme il n'est que trop prouvé aujourd'hui. Mais ce sont là des petits côtés. Pour que le conflit qui existe entre l'impérialisme allemand et la démocratie universelle ait éclaté même quand la démocratie est représentée par une secte qui avait décidé de tout sacrifier à l'idéal court et borné d'une paix à tout prix, il faut que ce conflit soit tel qu'il no puisse être résolu que par les armes et la preuve est faite, une fois de plus, qu'avec "les empires de proie tout compromis est impossible. Il y a un homme qui, par dessus les fumées et les nuages qui ont contaminé tant de cerveaux parmi les mieux constitués et les plus J.ucides, a vu juste: c'est M. Clemenceau. L'actuel président du conseil, poussé au pouvoir par la volonté unanime de la nation, ne s'est jamais embarrassé de ces considérations académiques où, pendant si longtemps, s'est complu M. le président Wilscoi. Il a dit simplement: nous devons vaincre l'Allemagne et mon seul but de guerre, puisqu'on me demande quels sont nos buts de guerre, c'est de vaincre l'Allemagne. Vaincre l'Allemagne, oui, M. Lloyd George et M. Wilson, pousses par leur logique et le clair regard qu'ils projettent sur les événements, arrivent à la même conclusion. Est-ce que Trotzky, après l'immense et inutile détour de Brest-Litovsk, y arrive enÇin lui aussi? Tout semble l'indiquer. Sa germanophilie ne peut pourtant admettre que la ^Pologne, la Courlande et la Xithua-iiie ne soient détachées de la Russie que pour être incorporées à l'Austro-Allemagne. Ce sont d'immenses provinces qui échapperaient à la révolution pour retourner au tsarisme, au tsarisme de Berlin qui vaut bien l'ancien tsarisme de Pétrograde. D'autre part, la sûreté de l'Etat allemand tel qu'il est constitué aujourd'hiçj, en dehors de toutes considérations, ne peut pas admettre le voisinage immédiat d'une république communiste telle que les bolscheviks rêvent d'eu instaurer une en Russie. Le'différend qui devait fatalement surgir entre l'autocratie de Berlin et l'anarchie de Rétrograde est vraiment insoluble. La conclusion théorique se tire d'elle-même: une reprise des hostilités. Mais la conclusion pratique ? La question se pose en effet si ces soldats russes qui, sur l'immense front de la Baltique à la Mer Noire, sont en train de brocanter avec les ,,Kamarades" des tranchées adverses, et qui passent leurs muits à boire avec eux et à jouer aux cartes, sont encore capables de se battre. Leurs chefs, pour autant qu'ils aient encore des chefs, ne montrent à cet égard aucun optimisme. Et c'est ici qu'éclate la faute, non, la trahison des bolscheviks, qui ont désorganisé l'armée, brisé l'instrument militaire de la révolution russe pour conduire cette révolution dans une impasse, d'où, saiis le secours de cette armée, il lui est impossible de sortir. Et l'on ne peut pas croire, 6i obnubilés que soient les dirigeants de Pétrograde par l'idéal communiste et internationaliste, qu'ils aient pu commettre de bonne foi une erreur si grave, une erreur qui est un crime contre la patrie russe, un crime contre la démocratie. Certains journaux anglais comparent de nouveau la situation actuelle en Russie à tetlle période de la grande révolution française. Ils se flattent de l'espoir que le peuple russe en armes accomplira les prodiges des soldats en sabots de 93. Méfions-nous de ces réminiscences littéraires. Nous ne voyons pas encore Krylenko jouer le rôle d'un Hoche ou d'un Marceau. Les soldats de la République voulaient apporter la •liberté au monde et ils l'ont promenée à travers les capitales de l'Europe dans les plis de leurs drapeaux. C'est vrai que les bolscheviks prétendent imposer leur idéal d'anarchie au prolétariat allemand et Trotzky menace de marcher contre la citadelle de l'impérialisme en Prusse à la tête des armées russe et allemande, fraternellement unies. Les maximalistes ont donné jusqu'ici trop de preuves de leur manque absolu de sens pratique pour qu'on ne puisse pas sourire, dès maintenant, de la faillite certaine d'un plan aussi enfantin. Au premier signal, ils verront comment tous ces „Kamarades", si prompts à fraterniser, s'empresseront de leur tirer dessus. Les bolscheviks n'en sont pas à leur première désillusion. Mais rien ne nous sert de triompher en disant: nous l'avions prévu. Les alliés doivent tirer de la situation tout le parti possible. L'ayant prévue, précisément, ils ont dû prendre toutes leurs mesures en conséquence.Devant l'impossibilité où ils sont de cou-«înre la paix il est probable que les m'axima-lietee passeront la main. On peut prévoir à bref délai un gouvernement à Pétrograde , qui constitue une expression plus juste et | partant plus autorisée de l'opinion russe, ; H3» fuit 1© mandataire non seulement d'une j ! minorité mais du peuple russe tout entier. C'est avec ce gouvernement, décidé à faire face à la situation nouvelle créée par la rupturo des négociations de Brest-Litovsk, que les alliés se concerteront en vue de la victoire commune, gage d'une paix juste et durable. Charles Bernard. imc ■ m ■ Le Gouvernement Beige Le ,-,j\ vmiteur belge" publie les modifications suivantes: M. H nans, député de Bruxelles, prend aux Af. res étrangères la place du Baron de Brcqueville qui devient ministre de la R ^tauration nationale et s'occupera tout particulièrement de la création du ravitaillement des provinces en Belgique occupée. Son département sera augmenté d'un secrétariat général et d'un bureau du ravitaillement. Y seront rattachés le ! Comité de Guerre et le6 relations avec l'étranger, le comité des affaires économiques ainsi qu'un comité législatif et administratif qui 6'occupera en particulier des réfugiés. Les décisions de ces comités seront exécutées par le secréta»-riat général. M. De Jace, professeur à l'université de Liège, sera le chef du secrétariat en question. M. Poullet, tout en conservant le porte-[ feuille des Sciences et des Arts, devient en S outre ministre des Affaires économiques en remplacement de M. P. Hymans. M. Emile Brunet, député socialiste de Charleroi, est nomme ministre sans portefeuille.M. Georges Lorand, député de Virton, est nommé ministre d'Etat. rnmm ■ 9 ■ c»- Jusqu'au bout! L'opinion É combattant belge U'U lecteur nous communique l'extrait suivant d'une ^Lettre qu'il vient de recevoir d'un jeune engagé volontaire, élevé fort douillettement, actuellement sergent de mitrailleurs : ,,—L'hiver s'annonce très rigoureux mais bah ! nous le passerons tout comme les précédents; Ce qui est surtout ennuyeux pour nous ce sont les nuits si longuès. Le moral des soldats est toujours très bon. Je n'ai pas encore remarqué chez eux le léger fléchissement qui se produit ordinairement avant l'hiver. Tu me dis de persuader à mes hommes que nous ne pouvons accepter une paix boiteuse. Sois bien persuadé que ■pas un n en voudrait. Ils disent bien parfois ,,Vivement la paix" mais, au fond, ils sont toujours les mêmes, et tu serais étonné de les voir à l'oeuvre. Dans ma section il y a beaucoup de ,,clopeurs" (comme on dit en style militaire) mais, quand on a besoin d'eux, ils sont admirables et, lors d'une1 des dernières attaques boches, ma section a été citée à l'ordre du jour du régiment."—no ■ a ■ — L'esprit (S'organisatioi et di solidarité des Belges. Un témoignage allemand. Dans un article où elle s'efforce de représenter la vie actuelle en Belgique comme ,,presque entièrement normale", la ,,Vossi-sche Zeitung" (No. 550 du 27 octobre 1917, édit. du soir) est forcée par l'évidence des faits de rendre un magnifique témoignage à l'esprit d'initiative et d'organisation des Belges. Après avoir dit que les Belges ont gardé, sous le surveillance allemande, les mains libres dans l'administration de la Justice, dana oertaines parties de l'administration locale et spécialement dans le développement des oeuvres sociales de prévoyance et d'assistance nécessitées par la guerre, , le journal allemand dit: ,,on peut tranquillement reconnaître comme exemplaire ce qui a été fait du côté belge, notamment flans le domaine des oeuvres sociales de guerre." I>mm m . mm,. Manoeuvres allemandes. Dans le but de justifier les massacres qui ont marqué l'invasion du territoire belge l'Allemagne, on le sait, a créé la légende des francs-tireurs. Elle n'a trompé personne et porte devant toutes les nations l'entière responsabilité des abominations perpétrées par ses troupes. Les émouvants détails ci-après ne sont pàs pour la disculper. Ils ont été fournis par un soldat d'une compagnie universitaire belge, M. Lemaire, évadé d'Allemagne en Hollande après deux ans d'incarcération au camp de Sol tau. Dans lo cimetière de co camp se trouvent, entre autres tombes, celles de 12 de ces prétendus francs-tireurs dont les croix de bois mentionnent l'âge: le plus jeune avait 63 ans et l'aîné SS! ■ Croix Rouge de Belgique Après une chanson par Mlles Hélène et Lêa. Inconnw, fil. 2.00 .nrffii II y a un an 6 janvier 1917. — Les Britanniques s'.em-parent de deux postes ennemis au nord de Beaumont-llam.el. 7 janvier 1917. — Sur le front roumain ' les Russes, au cours d'une attaque} at- [ teignent la ligne du, lac d'Assipitry, | En Belgique. k, la et Sous Se régime boche. On connaît très peu à l'étranger la véritable «. situation des Belges du pays occupé par l'ennemi. Depuis que l'on n'entend plus parler des assassinats et des incendies du début de la g guerre, on est tenté de croire quo la vie poursuit son cours normal en Belgique. Et cependant que de vexations, quo de misères, que a_ de crimes cachés sous les dénominations bénignes de réquisitions ,,nécessités do guerre", , contributions à l'autorité militaire". Les Allemands ne cessent de pressurer les a" Belges sans pitié et avec une perfidie systéma-^ tique implacable. Après avoir fait rafle de tous e- les cuivres, on a, ces derniers temps, réquisi-lu tdonné les matelas, la laine, lo linge. Chez les i© petits bourgeois, sur le grabat • de l'ouvrier, Iq dans les hospices et les hôpitaux, 6ans aucun égard pour les vieillards ni pour les malades, , on a pris la laine, ûn pourrait citer plusieurs hôpitaux où l'on a dû livrer les matelas des 50 malades et coucher, ceux-ci sur la paille. 0- On annonce maintenant la— réquisition du Bt ling. Dans certaines régions du Hainaut on 1- a déjà limité le nombre de draps de lit et de es chemises quo les particuliers peuvent con-3,. server. En même temps, les occupants ne négligent ! ^ rien pour semer la dépression parmi le peuple. Ils ont acheté avec l'or des contribuables >n (n'est-ce peut-être pas à cela que doivent servir également les nombreuses amendes?) une 3- bande de misérables, rebut de la' société il est >n vrai, qui déclarent sans vergogne que lo salut n de la Flandre doit venir do l'oppresseur. Ce sont ; pour la plupart des gens obscurs, sans aucune [© valeur morale. Néanmoins, comme ils sont r_ seuls, la presso à leur disposition et qu'ils sont soudoyés par l'occupant, ils ont uno influence pernicieuse déprimante, surtout sur les gens sans caractère. D'ailleurs les Allemands eux-mêmes ont soin - de répandre à foison dans le pays des brochu-reà mensongères et calomnieuses. Ainsi la brochure du Dr. Sauer, publiée sous le patronage de l'inévitable Dr. Krebs: ,,La Destruction des Eglises et des Monuments d'art esur le front Ouest"est, pour la partie qui concerne la Belgique, un tissu de contre-vérités audacieuses. C'est la réédition effrontée des calomnies inventées il y a 3 ans. Ils ont beau ieu, t ces Messieurs qui ont refusé alors une enquête r contradictoire et impartiale, do dénaturer ainsi , les faits! Il* savent quo les Belges ne jouissent pas de la liberté do la presse. Il y a de ila lâcheté à calomnier ainsi un peuple que lo calomniateur empêche totalement de 6e défendre, x Et malgré tout les pauvres Belges nosodo-s couragent pas! Il est vrai qu'ils sont tristes s et mornes; mais ils attendent avec patience e l'heure de la revanche! o t L.3 Régime de la Terreur. à, r Les bourgmestres, échevins et conseillera ' 0 communaux de la ville de Mons ont été condamnés à une amende personnelle et non , administrative pour avoir refusé chacun in-s dividuellement et sans s'être concerté de faire sonner les cloches, comme les Allemands e le leur ordonnaient, pour saluer la victoire a remportée par les troupes austro-boches, s grâce aux manoeuvres défaitistes, en Italie, a, Bel exemple de résistance et de fermeté patriotique que tous les Belges salueront avec fierté! é 1 La manoeuvre séparatiste allemande en Belgique occupée. Nouvelles protestations. Les protestations des autorités belges du territoire occupé, contre les décrets allemands séparant administrativement la Flandre do la Wallonie, se multiplient. ^ Le texte des documents, reproduit ci-après, - est parvenu au Havre: : i. 3 3 Lettre des bourgmestres de Vagglomération s bruxelloise au gouverneur général allemand. b II. 9842. s Bruxelles, 23 octobre 1917. 1 Monsieur lo Gouverneur Général, En qualité do bourgmestres des communes do - l'agglomération bruxelloise, nous obéissons à . uno impérieuse obligation en signalant à Votre Excellence la profonde émotion qu'ont [ fait naître, au sein de nos Conseils communaux et de la jppulation bruxelloise tout entière, * l'arrêté du 9 août 1917 concernant la langue : officielle en Flawdre, ainsi que les instructions * édictées le 6 octobre par M. le président de l'administration civile du Brabant. Nous pourrions alléguer que cet arrêté et ces instructions ne sauraient se concilier avtfc l'article 43 de la Convention de La Haye et qu'ils sont contraires à la Constitutioh belgo et aux lois belges. ' L'article 43 de la Convention do La Haye fait un devoir à l'occupant do respecter, sauf empêchement absolu, les lois en vigueur dans 1 le pays. L'arrêté du 9 août et les instructions du 6 octobre modifient les lois belges, sans qu'aucune nécessité d'ordre militaire, sans qu'aucune considération d'ordro jîûblic puisse justifier une telle altération. Le pouvoir occupant se substitue au législateur belge en des matières qui sont exclusivement du ressort de ce dernier. L'arrêté et les instructions sont incoinpati-' bles avec l'article 23 de la Constitution belge déclarant que l'emploi des langues usitées en Belgique est facultatif. Il peut sembler superflu d'insister sur les violations de notre loi communale qui se ren-, contrent dans l'arrêté et dans les instructions. Il suffit de mentionner le fait que ces textes créent, au préjudice des employés communaux, des cas do destitution quo la loi no prévoit pas. Ils portent atteinte, par cela mêirîe, aux dispositions législatives sur la stabilité des emplois communaux. Ils exigent, en outre, que les autorités communales dénoncent certains de leurs employés au pouvoir occupant. Peut-on < attendre des autorités communales un acte qui 1 doit nécessairement répugner à leur loyauté et J a leur conscience? Mais nous ne voulons pas nous attacher davantage à l'examen de questions d'un caractère i juridique. Comme bourgmestres des communes 1 de l'agglomération bruxelloise, nous pensons ' ' qu'il nous appartient d'élever la voix au nom de la population qui les habite et d'être les interprètes des sentiments qu'elle éprouve. Les mesures qui viennent d'êtro édictées, si elles étaient mises à exécution, troubleraient gravement nos concitoyens dans leurs tradi-! tions et dans leurs habitudes. Elles se lieurtc-; raient à des difficultés d'application que l'ex-! périence no tarderait pas à révéler. Toutefois, nous pouvons l'affirmer, ce qui j plus que tout autre chose blesse et afflige notre f population, c'est qu'un régime qui touche à ses sentiments intimes, à des droits qu'elle considère comme sacrés, à ses libertés en un mot, lui soit imposé par un pouvoir étranger, sans qu'elle ait été consultée, sans qu'elle ait pu faire connaître sa manière de voir. I^es droits des peuples ne sauraient être considérés comme un vain mot. En tout pays et en Allemagne aussi bien qu'ailleurs on ne so lasse pas de s'en réclamer. Le peuple belge existe et n'a d'autre ambition que de pouvoir prononcer sur son sort en pleino indépendance. La population bruxelloise a des intérêts et un caractère qui lui sont propres et elle no saurait admettre que, dans une question- aussi grave que la question linguistique, on n'ait aucun égard à ses traditions, à ses désirs, a sa volonté.Cette voLonté, elle ne peut l'exprimer aujourd'hui que par l'intermédiaire de ses représentants naturels, par i'organe des administrations communales. Elle considère qu'il est pour elle d'un suprême intérêt d'empê?her qu'en ( Belgique, chez les autres Etats, en Allemagne même, on puisse se faire illusion sur ses véritables sentiments. De tels sentiments ne peuvent se traduire que par une protestation énergique et unanime de ses mandataires légaux contre le régime linguistique institué par l'arrêté du 9 août 1917. C'est pourquoi Monsieur le Gouverneur général, nous nous conformons à une injonction do notre conscience en faisant parvenir à Votre Excellence le texte de cette protesta tien. Veuillez agréer, Monsieur le Gouverneur général, l'assurance de notre considération distinguée." (Suivent les signatures). II. Ordre du jour voté par le Conseil communal de Bi"uxelles, en séance dru 29 octobre 1917. Le Conseil communal de Bruxelles considère qu'il est de son devoir de protester unanimement et avec énergie contre l'arrêté dix 9 août et contre la circulaire du 6 octobre 1917. Le Conseil estime que sa protestation a d'autant plus de valeur qu'il constitue une assemblée politique, élue par un modo de suffrage démocratique, et qu'il compte dans son sein les ^présentants de toutes les opinions. Il sait qu'en élevant uno protestation il est l'organo de la population bruxelloise tout entière. Il proteste au nom des intérêts de cette population, laquelle serait gravement lésée par l'introduction d'un régime administratif modifiant un état de choses plus que séculaire, issu de nécessités multiples et no donnant lieu à aucune réclamation. , Il proteste au nom de la Constitution et des lois belges qui sont méconnues et violées par l'arrêté du 9 août et par les circulaires du 6 octobre. Les membres des Conseils communaux ont1 prêté le serment d'obéissance à la Constitution et aux lois du peuple belge. Les administrations communales transgresseraient co serment si elles accordaient leur concours , à l'accomplissement des mesures qui viennent d'être décrétées. Il proteste au nom de la dignité nationalo. Le peuple belge a dû subir l'occupation étrangère. Il n'a pas été conquis. Il ne saurait admettre que l'occupant, sans aucun égard pour la volonté de la population, transforme, contrairement au Droit des Gens, ies institutions intérieurs du pays dont il a pour devoir d'assurer lo maintien. Le Conseil communal proteste, enfin, au nom do l'avenir de la Patrie. Il importo essentiellement qu'à aucun moment et dans aucun pays on ne puisse se tromper sur les sentiments réels et sur la volonté du peuple belge. Le peuple belge veut être maître de ses destinées. Il refuse son adhésion à toutes les mesures quo l'occupant a prises arbitrairement et sans le consulter. Il importe que cette volonté appa-raisc inaltérée, ferme, indubitable, lo jour où des négociations de paix seront engagées et où, pour employer le langage d'éminents hom-mos politiques, le règne du droit se substituera définitivement au règne passager de la force. Les Membres du Conseil communal de Bruxelles. (Suivent les signatures!). III. Protestation des Conseils communaux de Vagglomération bruxelloise au Chancelier de l'Empire allemand. U.'990S. Bruxelles, le 8 novembre 1917. Excellence, Au nom de la Ville de Bruxelles et des quinze autres communes qui composent, avec la capitale du royaume, l'agglomération bruxelloise, nous croyons pouvoir attirer l'attention lu Gouvernement impérial, et de Votre Excellence en particulier, sur la situation qui nous a été créée par un arrêté de M. le Gouverneur Général en Belgique du 9 août 1917 relatif à l'emploi des langues. Nous voudrions espérer qu'à raison de la haute gravité de la question celle-ci pourra âtre soumise, par vôtre intermédiaire, au jugement do S. M. l'Empereur. L'arrêté du 9 août 1917 impose aux comnm-nés de l'agglomération bruxelloise l'usage de la langue flamande et substitue en somme le flamand au français en tant quo langue administrative.L'arrêté a suscité la plus vive émotion au sein de notre population et des Conseils com- • munaux qui la représentent. Cette émotion ,'egt traduite par la rédaction et le vote de protestations qui ont été transmises à M. le Gouverneur général en Belgique et dont nous serions heureux que le Gouvernement impérial consentît à prendre connaissance. 11 y trou- j rera une im^ge fidèle des sentiments de la population bruxelloise tout entière, et peut-itre en tirera-t-il cette conclusion que M. le Gouverneur général en Belgique a été insuffisamment éclairé sur la situation véritable de Bruxelles relativement aux langues qui y sont isi+ées. Bruxelles, avec ses faubourgs, constitue une faste cité qui n'est en réalité ni française, ni flamande. C'est une ville dans laquelle le français et lo flamand sont employés 4^ucur-reniment. S'il est vrai que le flamand est p a r lé par une partie notable de notre population et présente une réelle importance au point de vue des relations sociales, il est non moins certain que le français est la langue maternelle d'une fraction encore plus considérable de cette même population, et que, depuis beaucoup plus d'un siècle, il est l'iûiome presque exclusivement employé pour l'administration, pour les affaires, pour les relatiçns avec l'étranger. Vouloir proscrire la langue française, afin d'y substituer la langue flamande, c'est vouloir opérer brusquement une révolution qui, fatalement, échouera contre les impossibilités d'ordro pratique. C'est sur ce point que nous voudrions appeler plus spécialement l'attention du gouvernement impérial. Sans douto il est possible, au moyen de décrets appuyés par la force matérielle et par des mesures de répression, d'établir en matière linguistique un régime nouveau. Mais peut-on espérer sérieusement qu'un régime semblable, contraire aux voeux, aux habitudes, aux intérêts du peuple, puisse être quelque chose de plus qu'une création éphémère ? < Nous pourrions attendre avec confiance que l'avenir — et un avenir qui ne sera sans doute pas lointain — prononce sur des tentatives qui nous paraissent d'avance frappées de stérilité. Rien ne saurait prévaloir contre la force des choses. Mais, ce qui nous inquiète et nous attriste, c'est qu'une question aussi grave et aussi délicate que la question des langues à Bruxelles ait été tranchée par voie d'autorité, sans que M. le Gouverneur général, évidemment induit en erreur par des renseignements inexacts, ait cru devoir s'enquérir des besoins effectifs et des aspirations véritables de nos concitoyens. En ce qui concerne l'emploi des langues, les administrations communales do Bruxelles se sont toujours fait un devoir ©t un honneur do traiter avec le même respect les habitants de langue flamande. Tout Flamand est pleinement libre de s'adresser à nous dans, sa langue. Il a la certitude d'être compris et écouté et* de recevoir une réponse dans l'idiome de son choix. Mais une expérience prolongée est là pour démontrer qu'à Bruxelles les Flamands eux-mêmes se servent, spontanément et volontairement, de la langue française dans leurs rapports avec l'administration. C'est un fait que nous défions qui que ce sôit do contester. Nous pouvons affirmer que l'emploi obligatoire du flamand en matière administrative non seulement constitue une vexation- très pénible pour ceux do nos concitoyens qui ne parlent pas le flamand, mais qu'il déplaira beaucoup à l'immense majorité des Flamands eux-mêmes. C'est là une de ces questions qui doivent être examinées dans un esprit purement objectif et en l'absenco de toute «théorie à priori. Ce que nous appelons de tous nos voeux, c'est une enquête faite sur place 1 par des personnalités impartiales et désintéressées. Leur conclusion, ne saurait être douteuse un instant. Nous ne savons "s'il entre dans les intentions du Gouvernement impérial do procéder à une enquête de co genre. Noîis sommes persuadés que, s'il avait recours à ce moyen d'investigation, il serait pleinement édifié et no tarderait pas à reconnaître que les mesures édictées par l'arrêté du 9 août 1917 sont totalement irréalisables, parce qu'elles sont en désaccord avec les intérêts de la population bruxelloiso et avec lo sentiment public. Si nous nous permettons d© nous adresser à Votro Excellence, c'est parce que la question •présente un indéniable caractère d'urgence. Les bourgmestres des communes do l'agglomération blruXellôiso ont été avertis do co qu'à défaut par ces communes de so conformer à l'arrêté du 9 août et aux instructions qui en sont la suite, les administrations communales seraient destituées et remplacées par uno dictature, dont nous n© pouvons naturellement pressentir ni la forme, ni les conditions. Uno I tello perspective ne saurait nous induire à re-l noncer à des objections que nous dicte notre conscienco. Mais elle nous inspire pour le bien-être et la sécurité do nos administrés une inquiétude qui vous paraîtra assurément légitime et qui justifie amplement, pensons-nous, le recours que nous introduisons auprès de Votre Excellence. Nous prions Votro Excellence d'agréer l'assurance de no^ sentiments de haute considération. Par le Collège : Le Collège : Le secrétaire, • (signature), (signature). "A Son Excellence Monsieur le cornue de Hertling, Chancelier de l'Empire allemand, Willielmstrasse, Berlin., IV-. Lettre du Collège échevinal de Bruxelles au président allemand de VAdministration civile du Brabant. U. 9913. Bruxelles, le 10 novembre 1917. Monsieur le Président, Nous avons l'honneur de vous accuser réception de votre lettre du 6 novembre 1917, dans laquelle vous nous signalez les atténuations qui pourraient être apportées — tout au moins provisoirement — à l'arrêté du 9 août et à la circulaire du 6 octobre 1917, relatifs à l'usage des langues. Ces propositions no donnent pas satisfaction aux désirs que nous vous avons exprimés ez nous ne pouvons y adhérer. Nous regrettons notamment que vous n'ayez pas jugé possible d'accueillir favorablement notre demande tendante à pouvoir établir en double expédition, l'une française, l'autre flamande, les commùnications quo nous adressons, tant au pouvoir central qu'à l'autorité provinciale.Cette solution a pourtant l'avantage do placer sur un pied d'égalité parfaite les deux ! langues nationales, et, en outre, elle est pleinement d'accord avec la situation qu'occupe la ville do Bruxelles comme Capitale du Royaume | do Belgique. Les Membres de notre Collège échevinal so rallient unanimement aux considérations qui précèdent et ils ont pensé qu'il leur appartenait do signer collectivement la présente lettre. Nous croyons .superflu dJajouter qu'il n'a jamais été question do payer anticipativement les traitements des fonctionnaires de notre administration. Agréez, Monsieur le Président, l'assurance de notre parfaite considération. Lo Secrétaire, (s.) M. Vauthier. Lo Collège, (s) L. Steens, Max Hallet, Jean Pladet, Brabandt, J. F. Bosquet, A. Bauwens. A Monsieur le Président de l'Administration civile pour la province de Brabant, à* Bruxelles. les eauses de Sa relnite italienne (De notre envoyé spécial.) R0M~E, le 23 nov. De nombreux entretiens que j'ai pu avoir ici depuis six jours avec des confrères français ou italiens, avec desN personnalités politiques ou militaires retour du front où je serai dans quelques jours, m'ont permis de me rendre un compte exact de ce qui 6'est passé pendant les fatales dernières journées d'octobre et qui, d'un coup, a fait perdre à l'Italie ce qu'elle avait conquis en deux ans d'un effort militaire magnifique et de sacrifices sanglants. Pourquoi ne pas dire franchement toute la vérité qu'un bulletin de Cad orna et les informations publiées par les journaux italiens et français n'ont laissé sortir que par bribes? Au dire de tous ceux qui ont. visité le front du Carso et de l'Isouzo les Italiens occupaient là-bas des positions imprenables. Que s'est-il donc passé? Cadorna l'a dit avec franchise: des défaillances se sont produites parmi certaines troupes de la 4e armée, travaillées par une propagande défaitiste, à la fois cléricale et socialiste officielle, qui servit admirablement l'intérêt allemand et dont le seul effet sera de prolonger l'horrible guerre. Car aujourd'hui lee braves soldats italiens, âmes simples, voyant dans quel piège ils ont été attirés, de quel bas stratagème de guerre ils ont été victimes, se sont ressaisis et -contiennent l'ennemi en se battant héroïquement. Cette armée, c'est en grande partie une armée de ruraux, de paysans dont les familles furent travaillées par une propagande neutraliste, très habile du bas clergé. A force de voir dans les journaux, depuis quelques mois, des discussions sur la paix, ces soldats avaient la conviction, la certitude que la paix descendrait du ciel, comme le Saint-Esprit, avant l'hiver. La note du Pape, parlant de l'inutile strage, du massacre inutile, exerça sur le moral de ces hommes une influence désastreuse. A cette action du Pape et des prêtres vint s'ajouter — coïncidence touchante — une propagande délétère des socialistes officiels, de certains députés, de Lazzari, secrétaire du parti, de l'Avanti, prêchant plus ou moiua ouvertement le sabotage de la gu<*re. Lea chefs intelligents du parti, par exemple un Turati, laissaient faire malgré leur dégoût. J'entendais l'autre soir î> la Chambre du travail de Rome le militant syndicaliste Alceste de Ambris, l'organisateur des travailleurs agricoles de la Romagne, en qui la barbarie tudesque a trouvé l'un de ses plus acharnés adversaires. De Ambris, fort justement, reprochait à certains défaitistes du parti socialiste officiel un manque de logique. Pour aller jusqu'au bout de leur idée, ils auraient dû prêcher l'insurrection ouverte, la révolte déclarée plutôt qiie d'insinuer goutte à goutte dans les âmes le venin qui vient d'opérer. A la parole du Pape: ,,Pasv de massacre inutile;", vint s'ajouter celle du député socialiste Treves, prononcée du haut do la tribune dé Mcntecitorio: ,,Pas de quatrième hiver dans les tranchées!" Après l'offensive victorieuse des Italiens sur le plateau de Bainsizza, un temps d'arrêt s'étant produit, les paroles combinées du successeur de Saint-Pierre et du fils spirituel de_ Ivarl Marx opérèrent sur les esprits. L'idée s'implanta dans la cervelle des paysans-soldats qu'.une sorte de sciopero, de grève militaire, d'arrêt des opérations, allait se produire, devait se produire vers la fin d'octcbre. Les Allemands et les Autrichiens, admirablement renseignés sur cet état d'esprit, essayèrent de l'alimenter en jetant dans la tranchée italienne des pamphlets, des proclamations révolutionnaires. Il y eut plus grave que oela : les Allemands fabriquèrent un faux numéro du Giornale d'Italia, de même qu'ils avaient truqué au début de la guerre un numéro du Petit Parisien* et .un autre de la Libre Parole. Lei faux numéro du Giornale d'Italia,'. était la reproduction fidèle d'un numéro paru à Rome quelques jours auparavant. Si ce n'est qu'en troisième page on voyait, discrètement dissimulées par un des faits-divers anodins, des informations du genre de celle-ci : ,,Florence : La cavalerie française a chargé la foule affamée dans les rues de Florence — 'Païenne: La révolution vient d'éclater en Sicile." Cet ersatz-journal boche fut retrouvé dans les tranchées italiennes, entre les mains de plusieurs soldats, le 23 octobre. Le 24, après une intense préparation d'artillerie et une émission de gaz, les Austro-Allemands envoyèrent vers les Italiens d'autres gaz asphyxiants non moins funestes, sous la forme de soldats autrichiens qui, les bras levés, se mirent à crier: ,,Camarades ! C'est la paix. C'est la paix!" On fraternisa, On vit des Autrichiens et des Italiens bras dessus, bras dessous partir vers les lignes autrichiennes en chantant l'Internationale. C'est ainsi que fut ouverte la brèche par laquelle s'engouffrèrent vers Cividale et Udine les niasses profondes et disciplinées de von Be-low. En même temps, un nombre considérable d'officiers autrichiens et bulgares, parlant à la perfection l'italien, revêtus d'uniformes italiens, parcouraient, les routes et les cantonnements de l'arrière, criant: ,,Salve chi po!" (sauve qui peut!), semant ainsi la panique et la débahdade dans les troupes. On a pu arrêter quelques-uns de ces misérables et on les a fusillés. Et voilà toute l'histoire de la retraite italienne dont la nouvelle opéra d'abord comme un coup de massue à Rome et à Paris. Mais, immédiatement, le peuple italien se ressaisit. Sous la menace de l'invasion, toute la nation fit bloc. On revécut les journées de mai 1915 où le sentiment de l'honneur s'exalta si noblement. M.

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