La dernière heure

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s.n. 1914, 23 Maart. La dernière heure. Geraadpleegd op 21 oktober 2018, op https://hetarchief.be/nl/pid/z31ng4jm2k/
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f BUREAUX 9, RUE ST-PIERRE A BRUXELLES Ouvert» de 9 à 5 1/2 Les jours fériés de 10 à midi lies annonces et réclames sont reçues aux bureaux du journal et à l'AGENCB HAVAS, 8, place des Martyrs, 8 (1« étape) —s à Bruxelles. La Dernière Heure * LE PLUS GRAND JOURNAL BELGE, LE MIEUX RENSEIGNÉ * N* 82 NEUVIÈME ANNÉE LUNDI 23 MARS 1914 CINQ CENTIMES ABONNEMENTS BRUXELLES WOVWCB Fr. 1.00. . UN MOIS. . . » 3.00. . TROIS MOIS Fr. 4.00 » 6.00. . SIX MOIS . . » 8.00 • 12.00. . UN AN. . • 16.00 Ponr l'étranger le prix dm BnxxoHe*, le port ' en plue. Il n'exiote pu d'abonnement mensuel. — Pour Bruxelles indiquer, en «'abonnent, »i l'on déaire receroir l'édition du «eir ou celle dw . mutin. — Les frais da recouvrement sont à I La charge des abonnés. DERRIÈRE LE CORPS DE CALMETTE J'ai assisté aux obsèques de Gaston Calmelte, dans une petite église claire en pien'e blanche, nette et froide comme une salle de clinique. Penché au balcon du trilorium qui domine la nef, j'embrassais de l'œil toutes ces têtes connues ou célèbres, rangées symétriquement derrière le catafalque. Le tout Paris de la plume ou des arts, de la médecine ou de la politique, était là comme on le voit, à l'Opéra ou au Français, un soir de grande première. Le visage de ces gens m'est familier. Pourtant, je les reconnaissais à peine. Tous avaient quelque chose de changé en eux ! La gravité imposée par une cérémonie funèbre se borne d'ordinaire au silence et à l'immobilité. Les figures, figées dans un ennui de bonne compagnie, restent griffées par leur rictus habituel. Chacun songe à ses affaires et n'accorde au mort que 1 aumône de sa présence corporelle. La pensée est loin. Or, ici, pour la première fois peut-être, j'ai vu ce qu'on peut appeler de !a douleur unanime. Point de larmes, mais une stupeur, écrasée d'humiliation. Paris baissait la lête, comme sous une déchéance. Ces ministres, ces savants, ces artistes fameux avaient comme perdu la fierté de leur ville. Un fies leurs avait été assassiné par la femme d'un des chefs du cabinet, et ce cabinet restait au pouvoir, et ce chef tout sanglant, à celle heure même, à quelques pas de là, pirouettait et pérorait avec aisance devant une commission d'enquête indulgente, composée de la majorité de ses partisans ! Cependant que la meurtrière, paisiblement certaine de sa grâce (officielle ou officieuse) subissait une courte détention pour rire à Saint-Lazare el. pour tuer le temps, demandait à la bibliothèque de la prison île lui faire acheter les derniers romans parus en librairie 1 Le traitement de faveur dont jouit Mm* Caillaux à Saint-Lazare exaspère les femmes du peuple. Dans les milieux judiciaires, on est davantage scandalisé par les irrégularités de procédure : Cette inculpée, qui devrait être au secret le i/Uis absolu, communique de lon--giiV^ 'iiY'rrres tefe à tète avec son-mari, alors que, si tous deux s'appelaient Tartempion, le premier souci du juge d'instruction eut été de les interroger séparément et contradictoirement, en évitant tout contact. De même, le soir du crime, a-t-on négligé la perquisition et les scellés à domicile, obligatoires en pareil cas. Depuis lors, on a mis un salon à la disposition de la détenue. Elle y reçoit ses amies. La femme du ministre de l'intérieur vient officiellement lui rendre visite, comme aussi la princesse (divorcée) de Monaco. Dans la petite église où reposait le corps sans Vie du malheureux Calmelte, la stupeur et la tristesse qu'engendre ce scandale se lisaient sur les cinq ou six cents visages (pie je voyais là, éclairés de face, comme des médailles, par les flèches d'un froid soleil d'hiver. Les uns semblaient découragés. Les autres serraient les poings. Un républicain illustre, dreyfusard militant, qui a été ministre, disait à !a sortie, tandis que nous piétinions sous la pluie d'une bourrasque d'équinoxe, qui échevelait cruellement les immenses couronnes do Heurs du char mortuaire : — Alors, c'est çà, leur justice et leur égalité ? C'est çà que nous suivions tous, le cœur battant, il y a quinze ans, au moment de Dreyfus, comme les volontaires de 03 suivaient le drapeau neuf d'une France sublime et régénérée ? Ah, non ! La iépublique incarnée dans un officier-martyr des haines de race, oui I La république incarnée dans le ménage Caillaux, la femme qui tue et le mari qui protège les Rochette, non ! Comment des Fran-cais y trouveraient-ils l'air respira-ble, alors que les Egyptiens eux-mêmes n'en veulent plus ? Le Crédit Foncier Egyptien vient d'arracher de son fauteuil à cent mille francs d'appointements son président Joseph Caillaux. Ce que l'Egypte vomit, nous le ramasserions? Demain, quand Calmette, dans sa fosse pluvieuse, pourrira tristement. oublié d'une ville trop grande et qui a trop de choses à penser, nous reverrons le ménage Caillaux secouer cette ondée passagère et se remettre à sourire et à crâner, tout ragaillardi par un bel acquittement ? 11 nous gouvernera encore ? Ah non ! De cette république-là, je n'en suis plus !... Ainsi parlait un ancien ministre. Et un chirurgien célèbre qui marchait à côté, lui répondit : — Vous avez tort. De cette république, il faut en être ! Car d'abord elle vit ! Ce qui est déjà une supériorité sur les régimes morts 1 Ensuite, elle vivra éternellement de cette force d'épuration au grand soleil qui est en elle, et qui fait son prix incomparable. La république, à la différence des régimes dynastiques, n'a pas de manteau de pourpre pour cacher ses plaies. Tout le monde les voit. Elle doit en guérir ou en crever. Elle en guérit tou-ours 1 Maurice de Walefj.e. LA RESISTANCE DE L'ULSTER Situation des plus graves Les envois de soldats continuent Londres, dimanche. — Un détache ment de 150 hommes du génie est arriv à Dublin, hier soir, de Curragh, et s'es immédiatement embarqué pour l'IJ] ster. On attend de nouveaux détache ments aujourd'hui. Ainsi le mouvemen des troupes pour l'Ulster continue. Oi estime cependant que, dans les 24 heu res, les autorités militaires auraien concentré une force de 3,000 homme avec deux batteries d'artillerie de cam pagne dans les villes de l'Ulster. Les oi dres donnés par sir E. Carson à ses pai tisans de se tenir calmes, ont été obéi d'une façon admirable. Jusqu'à l'heure actuelle, on ne signal auoun incident. Les journaux conservateurs continuent à publier des bruits alarmants sur l'état d'âme de l'armée. Ainsi ils persistent à dire qu'une mutinerie a eu lieu dans le régiment d'infanterie de Dorsetshire et que ce régiment est aux arrêts. Mais ceci est exagéré, parce que tous les régiments sont, pour le moment, consignés. , L' € Observer » croit savoir d'une source autorisée que le commandant en chef Arthur Pagot a fait venir, vendredi t dernieT, le général de brigade Gough, j commandant la troisième brigade de ca-. valerie, et lui donna deux heures pour . décider s'il voulait marcher contre . l'Ulster ou donner sa démission. Selon 3 1' « Observer », le général Gough a donné sa démission. Le même journal fait appel à tous les officiers britanniques 5 pour qu'ils démissionnent. — Reuter. \ - -■ ■ rv..» g,? tmm -mrm r Le corps des motocyclistes de l'Ulster attendant les ordres de M. Edward Carson pour la mobilisation des insurgés Les Relations de Bruxelles avec_laL mer La Question de l'Escaut et du Canal de Charleroi Dimâncrtiê matin, à 10 heures, s'est véuni, au Palais de la Bourse, le Cercle des Installations maritimes. M. le sénateur Hanrez présidait, assisté de MM. Monnoyer et Van Ele-wyck.M. Hanrez examine un rapport de M. Vandervin, relatif à la navigation du Rupel. Il remarque qu'au chenal entre Anvers et l'Escaut, rien n'a été fait. On a dépensé 1,700,000 francs pour donner au Rupel un mouillage de 6 m.; arrivé dans l'Escaut, on n'a plus un mouillage suffisant; c'est une situation impossible. Notre réunion a donc pour but de décider d'insister auprès des^ pouvoirs publics pour que l'on fasse, à l'ouverture du canal, des sondages permettant à tous les navires ayant un niveau d'eau de 6 mètres d'arriver dans le canal. M. Gobert. — La Commission de l'Escaut est en train de négocier avec le gouvernement hollandais pour donner, partout, à l'Escaut, une profondeur de 10 mètres a marée basse. La navigation reposera donc dorénavant sur la marée basse. Et à Bruxelles, nous irions nous contenter d'un port dans lequel on ne pourrait entrer qu'à marée haute ! Nous ne pouvons espérer que l'on ouvre les ponts à' heure fixe, ponts qui donnent passage aux express d'Ostende. Il y aura donc des pertes de temps très préjudiciables.11 faut insister, en s'appuyant sur ce qu'on a fait pour Anvers et pour Gand; 11 faut que, dans un port intérieur, on puisse entrer ou sortir en tout état de marée. Et il ne suffit pas qu'il y ait de la profondeur, mais aussi de la largeur.Ce que nous voulons, ce sont des na-viies de commerce calant 6 mètres et entrant chez nous à marée bassê.(Appl.) M. Cossoux. — Entre Anvers et le Rupel, le»mouillage à marée basse était, en 1898, de 4 m. 50. Les deux moyens de maintenir, à marée basse, un mouillage de G m. 50 sont, ou bien le dragage, ce qui est toujours à recommencer, ou la construction des épis réunis par des digues longitudinales.M. Hanrez. — Une lettre de M. Vandervin nous dit que, en 1008, le mouillage, à marée basse, n'était que de 3 m. 90; il en résulte donc que le mouillage n'est pas fixe; il faut donc exiger un minimum M. Hanrez donne lecture d'un ordre du jour voté par la Chambre de Commerce et qui exprime le vœu de voir le tirant d'eau porté à 6 m. 50. M. Hanrez communiquera ce vœu au Sénat, ainsi que celui qui sera émis par le Cercle des Installations maritimes. Il 'interpellera le ministre compétent à ce sujet. M. Tuygens-Devos estime que le dragage ne doit être qu'un travail provisoire.L'élévation des taxes perçues sur le canal est auSsi un autre obstacle à la navigabilité. Ainsi les bateaux ne payant pas de droits sur le canal Gand-Terneuzen, il est évident qu'ils ne viendront pas à Bruxelles. Il faut donc réclamer au ministre d'intervenir par des subsides compensant les droits. M. Hanrez. — Ce vœu a été transmis au ministre. Je ne tarderai pas à le lui rappeler. LE CANAL DE CHARLEROI M. Van Hamme, tout en reconnaissant la nécessité d'approfondissement de l'Escaut, souligne l'importance qu'il y a à s'occuper du canal de Charleroi dont il faut abaisser le plan d'eau. C'est un point primordial à faire triompher si l'on envisage les exportations. J'affirme que le canal de Charleroi est, à l'heure actuelle, l'œuvre la plus importante pour le commerce belge. (Applaudissements.) Le gouvernement s'occupe des importations et néglige complètement les exportations. C'est profondément regrettable. (Applaudissements.) M. Monnoyer appuie la proposition de M. Van Hamme relative au canal de Charleroi. Les travaux de ce canal ont été commencés en 1839, mais ce n'est qu'en 1879 que les Chambres ont envisagé pour ce canal un tonnage de 300 tonnes, alors que dans les autres pays, et à cette époque, on ne s'occupait déjà que des tonnages bien supérieurs.Il y a à Charleroi le oourant des charbonniers et celui des industriels. Parmi les premiers, il y en a encore qui ne sont pas convaincus, mais l'élémeUt industriel demande à voir dans le canal de Charleroi à Bruxelles des tonnages de 1,000 tonnes. L'abaissement de 2 mètres résolvait toutes les questions complémentaires. Mais quand on met quarante ans pour exécuter les travaux, il arrive que* le coût est double et que les dimensions prévues sont surannées. F^ut-il commettre encore la même erreur? Non. Je propose donc une assemblée où l'on inviterait également les conseillers communaux, provinciaux et députés de Charleroi et de Bruxelles, la Chambre de Commerce de Charleroi, les membres du Parlement qui se sont occupés de la question. M. Van Elewyck appuie la proposition de M. Monnoyer. L'assemblée décide d'organiser, sans retard, cette séance générale. La séance est levée à 11 h. S/4. L'IMMEUBLE DU QUAI AUX PIERRES-DE-TAILLE Par arrêté royal, le Conseil général des hospices et secours a été autorisé à faire une dépense de 65,000 francs pour exécuter divers travaux de transformation et de mise en état à l'immeuble sis quai aux Pierres-de-Taille, 35. Cette somme comprend une dépense de 27,500 francs pour travaux proprement dits de réfection, de transformation et de mise en état locatif de la maison d'habitation située à front de rue, le restant du crédit étant destiné à l'installation du chauffage central, de l'éclairage électrique, des peintures et à l'achèvement du bâtiment de derrière. Le Collège échevinal de Bruxelles, consulté à ce propos, a donné un avis affir-matif.LES "REBELLES,, MEXICAINS ONT PRIS TQRRE0N New-York, dimanche. Le « L'ew-York Times » publie une dépêche de Bermagillo, à quelques kilomètres au nord de Torreon, disant que les rebelles sont entrés dans la ville, après un combat acharné qui dura une heure. Les fédéraux auraient eu 106 hommes tués et les insurgés 3 tués et 7 blessés. Les rebelles se sont emparés d'un canal d'irrigation. Les fédéraux ont battu en retraite avec précipitation. Une dépêche de Chihuahua dit que les rebelles annoncent officiellement qu'ils ont battu l'ennemi aux avant-postes de Bormejillo. Les fédéraux se sont repliés avec rapidité, laissant 90 morts sur le terrain. Les rebelles n'auraient eu qu'un tué. — Reuter. UNE IBONIE PEU BANALE New-York,"^dimanche. — Une dépêche de Mexico annonce que le ministre des affaires étrangères a fait parvenir aux puissances la correspondance échangée entre le Mexique et les Etats-Unis au sujet de la participation du Mexique à la prochaine conférence de la paix à La Haye. Il base son opinion- sur la demande des Etats-Unis au Mexique de prendre part à cette conférence comme la reconnaissance du gouvernement mexicain. — Havas. floMDmT] LA 1 PAGE FOOTBALL POÉSIE ET POLITIQUE La profession de foi de M. Jean Richçpin, de l'Académie Quel aiguillon a pu piquer l'immortel « Chantre des Gueux », le bousculeur des conventions sociales, l'opulent et éclatant artiste du Verbe, pouT le pousser vers les sombres et fiévreux horizons de la politique? La lyre du plus mâle, du plus vigoureux des maîtres contemporains, va donc essuyer le contact des luttes violentes et âpres de l'hémicycle parlementaire ? Sans doute, il ne messied pas à une Chambre de députés — creuset où s'élaborent les législations cornues où bouillonnent les idées les plus hétéroclites, de se régénérer au souffle puissant de la Muse. Mais la Poésie même, cette chose ardente comme la flamme, que certaines natures d'élite, certains hommes privilégiés sentent germer en eux et traduisent en de somptueux élans, — cette poésie, langage divin, les batailles, si souvent stériles de la tribune, ne vont-elles pas en étouffer, en éteindre la voix? — Eh ! oui, me dit, m'arrachant aux divagations de la pensée, l'académicien français que je rencontre dans les salons du Cercle artistique, à l'issue de sa conférence des Annales, c'est vrai: j'entre dans la politique. J'ai posé ma candidature en Thiérache, ce coin de l'Aisne qui n'est autre que le prolongement de votre beau pays de Chimay et demain, je prononce mon premier discours à Ver-vins.Je suis originaire de Ohis, champ paisible non dépourvu, toutefois, de truands terriens. Mon père et ma mère dorment dans le petit cimetière de ce bourg; ma famille y a des attaches profondes puisqu'elle s'y installa il y a plus de deux siècles et demi. Alors, ces truands, ces braves gens, ces gueux, se sont souvenus de moi, de leur chantre et ils sont venus m'offrir une candidature: — Nous avons besoin d'un vrai fils de France pour nous défendre au Parlement, m'ont-ils dit. Et c'est sur vous que nous avons jeté les yeux. J'ai accepté. — Mais il faut un programme quand on brigue un mandât. Avez-vous un programme? demandai-je à Jean Richepin. — Je ne suis inféodé à aucun parti; mon programme, c'est celui des humbles et des crève de faim. Il tient tout entier dans la « Chanson des Gueux ». Liberté, Egalité, Fraternité: tout est là! Je dis que je ne suis inféodé à aucun parti; j'ajoute que je dispose pourtant du patronage de l'Alliance démocratique et républicaine et de la Fédération des Gauches. 11 est nécessaire de voir des non-politiciens entrer au Parlement, à défaut de quoi, nous en arriverions comme dans l'Amérique du Nord, par exemple, à voir ces mêmes politiciens former des castes. Il y a, au palais Bourbon des industriels et des financiers. Pourquoi n'y aurait-il pas un représentant des lettres ? » Un peu ironique : — D'ailleurs, il ne faut pas oublier que j'ai mis la main à la pâte. Ne suis-je pas maire de Montchavet, une commune de 500 habitants, en Seine-et-Oise, près de Nantes?... Vous me demandez si j'ai un programme? Jean Richepli. Je me crois apte à tous les progrès sociaux. Mais je ne veux faire de la politique ni tremplin, ni marchepied. Tolérance complète; pas de sectarisme; jamais de coup de force ou de violence; j'entends-arriver à convaincre, mais seulement par la raison, la logique ou le sentiment. — Votre candidature est-elle opposée à quelqu'un ? — A M. Pascal Ceccaldi dont il a été beaucoup question ces jours derniers. M. Ceccaldi fut envoyé comme sous-préfet à Vervins et il y resta. Il est au Parlement depuis deux législatures. D'origine corse, il ne comprend pas, comme moi, les besoins et les nécessités du pays. Toute l'opportunité de ma candidature est là. — Je ne vous demanderai pas votre opinion sur la nouvelle Affaire ? dis-je à Jean Richepin. — Laquelle? L'affaire Caillaux? — Oui. — Mieux vaut n'en point parler. Une solide poignée de main et l'Immortel au torse d'athlète, à la tête virile et blanche, au teint hâlé de matelot, s'éloigne.Jean Bar. Les Chemins de fer serties Belgrade, samedi. — Le conseil des ministres a décidé la construction de3 lignes de chemin de fer suivantes : Us-kup à Prilep et Monastir, Merdare à Prichtina et Prizrend, Mitrovitza à P.ar-ka, Novi-Bazar à Uvae, Monastir à Ka-vadar, Ischtip à Kotchana, Pozaverac à Negotine, Prahovo, Stubik, Braza-Pa-lanka, et aussi la construction d'un pont sur le Danube. Les frais sont évalués à 300 millions de dinars. Le gouvernement destine, d'autre part, 5 millions de dinars à la confection de routes sur le nouveau territoire. — Hava*, LYNX AUX COLONIES TAUPE PARTOUT AILLEURS {Nous avons trop souvent pro-. - voqué les protestations de la H presse cléricale, en signalant au pays les manœuvres par lesquelles nos ministres arrivaient à solder leurs budgets ordinaires en bonis, pour ne point saisir l'occasion de recueillir, enfin, à ce sujet, l'aveu d'un de ses organes. Il s'agit, en l'occurrence, du budget colonial. Les exercices de 1910 et 1914, été représentés, dit une feuille cléricale bruxelloise, comme donnant ensemble un boni de 17 millions. Mais il est aujourd'hui démontré que, si ces deux budgets ont prouvé un boni, ce n'a été que grâce à « un faux jour systématiquement jeté par l'administration métropolitaine sur la situation budgétaire ». Il est acquis, continue-t-il, qu'en 1910 on a aliéné des titres du portefeuille colonial à concurrence de un million et demi; qu'en 1911 des valeurs de la Compagnie des Grands-Lacs ont été cédées à concurrence de 1 million 600,000 francs; que les fonds chinois ont permis de réaliser un bénéfice de 1 million, et que la colonie a reçu onze millions pour ses actions du Kasaï. C'est-à-dire que la colonie a vendu ses biens pour quinze millions environ; toutes ces recettes, évidemment extraordinaires, ont été portées au budjet ordinaire et ont masqué le déficit. La colonie ressemble au citoyen qui, pour payer son loyer, vendrait ses meubles et, sous prétexte qu'il lui reste un reliquat, prétendrait qu'il s'enrichit. L'organe clérical, qui s'est réconcilié avec l'arithmétique en parcourant le budget colonial, devrait bien profiter de l'occasion pour parcourir les autres budgets. Les mêmes procédés y sont d'un usage courant depuis quinze ans. Par une singulière anomalie, il ne s'en est jamais aperçu, même quand on le lui a montré. Ferait-il une grande différence entre porter des recettes extraordinaires au budget ordinaire et détourner, du budget ordinaire, des dépenses annuélles pour les glisser à l'extraordinaire et les faire couvrir par l'emprunt? Un fiacre mis en pièces par un auto LES VOYAGEURS SONT BLESSÉS Un grave accident de roulage s'est produit, samedi, vers 9 heures et quart du soir, avenue Louise, dans la partie étroite de_ cette artère située entre la porte Louise et la place Stéphanie. Cet endroit est, en général, assez dangereux, car la circulation y est foTt intense et les encombrements de trams, d'autos et de voitures fort fréquents. Un auto, conduit par le chauffeur Van Roy et se dirigeant vers le Bois, voulant en éviter un autre qui venait en sens inverse, s'est jeté sur un fiacre, l'a culbuté et nlis en pièces. Le cocher n'a, heureusement, pas été blessé; mais les deux personnes, M. et Mme P..., qui se,trouvaient dans la voiture, furent tirées avec peine des débris du fiacre et ont été blessées heureusement peu grièvement. L'émoi parmi les nombreux spectateurs de l'accident a été très grand; mais, en somme, il y a eu plus de peur que de mal. Un pochard qui n'aime pas la police Un pochard causait grand scandale, hier soir, rue de Bodeghem. Il se trouvait chez deux vieillards, les époux P..., et tout en les menaçant et les injuriant grossièrement, faisait saccage de tout ce qui lui tombait sous la main. Prévenu par des voisins, l'agent de police Moens, de service dans le quartier, accourut pour mettre l'ivrogne à la raison. Mais ce ne fut pas aisé; le personnage, très surexcité, bondit à la gorge du policier et le terrassa; un corps-à-corps acharné s'ensuivit. Les hommes Toulè-rent sur le pavé, et l'agent allait succomber sous les coups, quand un de ses collègues vint lui prêter main-forte. Les deux représentants de l'autorité n'étaient pas de trop. Le pochard continua à se débattre éperdument, et c'est à grand'peine qu'on parvint à le traîner au commissariat de la 3° division. L'énergumène, un ouvrier cordonnier, ! habitant impasse Sainte-Pétronille, a été écroué au dépôt. Une instruction est ouverte à sa charge. UN DÉSERTEUR CONDAMNÉ Berlin, samedi. — Le conseil de guerre de Berlin a condamné à 5 ans de prison et à la dégradation militaire un vétérinaire des troupes africaines, pour désertion devant l'ennemi. — Havas. LA SITUATION POLITIQUE UNE APPRÉCIATION ALLEMANDE Berlin, dimanche.— L'officieuse « Gazette de l'Allemagne du Nord » écrit dans sa revue de la semaine : La nouvelle principauté d'Albanie a reçu son premier ministère. Le choix de Turkham pacha, comme président du conseil et ministre des affaires étrangères, peut être signalé comme favorable, attendu que cet homme d'Etat a l'expérience de la politique européenne et jouit d'un réel prestige personnel. En ce qui concerne les relations entre les grandes puissances, la « Gazette de l'Allemagne du Nord » dit qu'il est heureux que la violente polémique qui a mis aux prises les journaux russes et allemands se soit apaisée. Les deux gouvernements sont unanimes à ne pas vouloir laisser se compromettre les précieux intérêts de leurs empires respectifs par des excitations. Il n'existe pas de raison pour que leurs relations amicales soient troublées. Les questions encore pendantes de Perm et de Cologne devront être réglées d'après les principes du droit international en vigueur. — Hava». LE TRAFIC DU CANAL DE PANAMA RÉGLÉ PAR UN SEUL HOMME Le canal de Panama présentera bientôt cette particularité remarquable que toutes ses écluses seront contrôlées par un seul homme qui, se trouvant dans une station centrale, veillera, au moyen d'un dispositif électrique, au bon fonctionnement du trafic. Ce dispositif de contrôle représente, approximativement et en miniature, les diverses écluses; il fonctionne d'une manière analogue à celles-ci et indique la position exacte des portes, des vannes, des chaînes et des niveaux dans les différentes chambres à eau. Il s'agit, en somme, d'un mouvement synchronique produit par des connexions électriques. Les murs, latéraux des écluses sont représentés siir le tableau par dos plaques de fonte, et l'eau par des tablettes de marbre bleu. Ce dispositif constitue un chef-d'œuvre d'ingéniosité mécanique. Il coûte d'ailleurs fort cher à construire, mais l'on en attend des résultats sans précédents pour la sécurité des navires et la précision des renseignements. BANDITS DE GRAND CHEMIN Comme les chauffeurs de jadis ils grillent les pieds de leur victime Charleroi, dimanche. — Un audacieux acte de banditisme a été commis, dans la soirée de samedi, à Nalinnes. < Au hameau de Fontenelle, habite seul, dans Aune petite ferme qu'il exploite lui-même, un célibataire, Julien Hu-blet, âgé de 65 ans. Vers 9 heures et demie du soir, avant d'aller se coucher, Hublet se rendit dans son écurie; puis après avoir soigné ses chevaux, rentra dans son habitation. Il allait fermer sa porte quand, de l'ombre, surgirent trois individus masqués. Avant d'avoir pu se défendre, Hublet était ligoté, bâillonné et réduit à l'impuissance. Leur coup fait, les bandits sommèrent Hublet de leur indiquer où se trouvait son argent. Sur réponse qu'il n'en avait pas, les bandits assommèrent littéralement le vieillard. De nouveau, ils réclamèrent de l'argent. Hublet, terrorisé, expliqua que le peu qu'il possédait consistait en ses terres et ses bestiaux, mais qu'il n'avait point d'argent liquide. Les trois individus obligèrent alors leur victime à la visite de toutes les places, de la cave au grenier. Les meubles furent ouverts, fouillés, bouleversés.Les bandits n'y découvrirent rien; mais supposant que Hublet avait une cachette, pour le lui faire avouer, les individus allumèrent un feu de bois, et se mirent en devoir de brûler les pieds du pauvre vieux! Celui-ci n'avait point menti et, au milieu de ses cris de douleur, ne put que dire qu'il ne possédait rien. Les bandits transportèrent alors leur victime au grenier, et l'ayant solidement bâillonné et garotté, ils prirent la fuite. Ce matin, vers 6 heures, Hublet put se faire entendre par un voisin. Celui-ci entra chez lui, le découvrit bientôt et le dégagea. La gendarmerie de Ger-pinnes fut prévenue et accourut sur les lieux où elle ouvrit une première enquête. Hublet n'a pu donner qu'un signalement vague de ses agresseurs. Son état est grave et la commotion qu'il a reçue fait craindre pour sa raison sinon pour ses jours. Le parquet est attendu sur les lieux. LE POCHARD DÉBONNAIRE ET LE PASSANT AVISÉ Deux individus marquant mal accostaient, la nuit dernière, près de la gare du Nord, un pochard bénévole chez qui les spiritueux avaient développé à l'extrême les sentiments de fraternité. Les trois indiviou» ne tardèrent pas â devenir 1<^ meilleurs amis du monde et bientôt ils s'embrassèrent avec effusion au nom de l'alliance des peuples et de la paix universelle. Mais quelqu'un se disposait à troubler la fête; un employé de commerce, M. S..., qui assistait de sang-froid à ces débordements d'amitié, crut reconnaître que les intentions des deux nouveaux compagnons du poivrot n'étaient pas faits exclusivement d'altruisme désintéressé. Au contraire,comme il les tenait à l'œil,il s'aperçut que, sans doute pour marquer d'une^ manière splendide sa nouvelle amitié, le disciple de Bacchus se dépouillait d'une bague en or et de son portefeuille au bénéfice de ses camarades Ceux-ci, d'ailleurs, ne demandèrent pas d'autres marques de fraternité et se défilèrent-vers la rue St-Ghislain. Là, M. S..., qui les suivait toujours, les désigna aux agents Ceuppens et Devos, qui abattirent entre leurs épaules la main de l'autorité. Les apôtres de la fraternité la trouvèrent mauvaise et se montrèrent beaucoup moins conciliants vis-à-vis des policiers que le poivrot l'avait été à leur égard. Néanmoins, après toutes sortes de dif-ficulés qualifiées de rébellion, ils fu-fent emmenés au commissariat de la rue du Poinçon, où ils refusèrent obstinément d'entrer en conversation avec l'officier de service. Celui-ci réussit, cependant, à connaître l'identité de ses visiteurs forcés. Tous deux sont de vieilles connaissances de la justice et l'un d'eux, Jean D..., demeurant place Communale, à Molen-beek, se trouve sous le coup d'une condamnation à 7 mois de prison pour vol. Après avoir passé la nuit au dépôt, ils ont été écroués à la prison de Forest. Le pochard, revenu au sentiment des réalites, a remercié M. S... de lui avoir permis de retrouver sa bague et les quatre-vingts francs aue contenait son portefeuille. i Un plancher s'effondre à Erc|ue!inii8s Charleroi, dimanche. — Des travaux d'agrandissement et d'aménagement sont entrepris, depuis quelque temps déjà, à la gare d'Erquelinnes. Une équipe d'ouvriers, entre autres, est occupée au dallage du plancher en béton armé de la salle des pas-perdus, située au premier étage. Samedi après-midi, l'équipe, composée de cinq hommes, travaillait, quand soudain un fléchissement se produisit, et, dans un bruit formidable, le plancher^ s'écroula. Les cinq ouvriers furent précipités au rez-de-chaussée. Tout le personnel de la gare et les autres ouvriers maçons accoururent au se-oours des victimes. Celles-ci gisaient parmi les décombres. Très rapidement, on parvint à les dégager, tandis que de* médecins appelés arrivaient bientôt sur les lieux. Les blessés furent transportés dans un local voisin, où ils reçurent des premier* soins. L'un d'eux, Hector Hannecarti, 38 ans, marié et père de famille, demeurant à Solre-sur-Sambre, est dans un état grave. Il a une lésion à la colonne vertébrale, qu'on croit brisée. On n« peut se prononcer encore sur son état. Les autres ont reçu des blessures moins graves, des contusions sur le corps, maia qui ne mettent pas leurs jours en danger. Ce sont les nommés Albert Norban-de, demeurant à Erquélinnes; Adolphe Dulière, Hubert Lixon et Aimé Soheir, tous?,trois domiciliés à Leernes. Us ont été transportés, dans la soirée, à leur domicile. Le parquet a été prévenu et est attendu.LE FEU A IXELLES Hier, à 8 heures et demie du soir, un incendie s'est déclaré chez M. David M..., négociant en tabac, dans les sous-sols de la maison portant le n° 25, de rue Souveraine, à îxelles. Les pompiers communaux sont rapidement accourus sur les lieux. Ils sont< parvenus à maîtriser le feu au bout1 d'une demi-heure. Tout ce que contenaient les caves, entre autre une grand* quantité de caisses vides, est devenu ia proie des flammes. On ignore les causes du sinistre. Une enquête a été ouverte par la police locale. MORT DE L'AMIRAL FARAVELLI Rome, dimanche. — L'amiral Faravel-li, qui commandait la flotte italienne pendant la guerre turco-italienne, est mort ce matin, à 9 h. 35. On sait que c'est l'amiral Faravelli, qui, en 1911, dirigeait le bombardement de Tripoli. — Havas. L'ASSASSINAT DE M. CALMETTE Me FERNAND LAB0RI défenseur de Mme Caillaux Paris, dimanche. — Le calme le plus complet n'a cessé de régner aux environs de la prison Saint-Lazare, où est détenue Mme Caillaux. Une dizaine d'agents assurent le service d'ordre et n'a pas eu à intervenir dans le courant de l'après-midi. M. Caillaux, qui est venu voir Mme Caillaux, a quitté la prison vers 3 1/2 heures sans que son départ suscitât le moindre mouvement de curiosité — Haras.

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Dit item is een uitgave in de reeks La dernière heure behorende tot de categorie Liberale pers. Uitgegeven in Bruxelles .

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