L'avenir wallon

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07 januari 1918
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s.n. 1918, 07 Januari. L'avenir wallon. Geraadpleegd op 18 juli 2019, op https://hetarchief.be/nl/pid/pr7mp4wn8p/
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3"* Année. N* 95. i Aôdactecr en ch«l : Fr. FOULON. Du 1er au 7 Septembre 1918. Le Numéro : 10 centimes Abonnements Un an. . . fr. 5.00 Six mois 3.00 Trois mois . 1.60 Annonces La ligne . . fr. 0.50 L'AVENİR WALLON Paraît tons les dimanches RÉDACTION et ADMINISTRATION^ 3, Boulevard de la Senne BRUXELLES Le Sophisme belge de l'Egalité des Langues En entendant des Flamingants purs, adeptes reconnus de la formule « In MUmncleren Vlaamsch » faire l'éloge du bilinguisme et reprocher à leurs associés du Sud de ne pas trafiquer couramment les deux idiomes à l'égal de la bourgeoisie flamande, les Wallons ne se sentirent que trop disposés à douter de la sincérité d'un principe qui se prêtai': à des nterprétations aussi capricieuses. Une défi -lition précise et logique de l'égali é des langues s'en trouvait d'autant plus difficile à dégager. V\. Van Cauwelaert notamment disait volon-:iers : « Nous devons favoriser la pénétration -éciproque de la culture flamande en Wallo-lie et de la culture française en Flandre. C'est a façon naturelle et rationnelle d'établir cette ;spèce d'osmose intellectuelle qui doit régler es échanges moraux entre les deux parties du 3ays. » (!) C'est le programme même de ceux jui voulaient créer une âme belge en meule-an t de force l'âme wallonne sur celle de la bourgeoisie flamande. Ce programme fait-il wtie du bagage des Flamands intégraux, de :eux qui marchent sous la devise: « In Vlaan-leren Vlaamsch »? En paroles, tout au moins, ïourrait-on dire... Mais interroge-t-on les actes de M. Van Cauwelaert, on ne peut s'empêcher de cons-ater qu'ils rentrent aussitôt dans le cadre le son parti et offrent une troublante con-radiction avec le; principes si solennellement ■noncés. Dans, la séance de la Chambre du 4 juillet 1911, on le~vôit demander au goW rernement des subventions pour répandre l'en-eignement du flamand en 'Wallonie, mais reuser en même temps toute assistance pécu-liaire officielle à l'Association pour, la Vulgarisation de la langue française qui ré-landait la connaissance du français en Flandre, .e 11 juillet suivant, il vient protester contre a création des sections wallonnes auprès des tablissements d'enseignement moyen en pays lamand, création que la loi Coremans auto-isait pour les élèves originaires du pays vallon. M. Van Cauwelaert osa le contester : Je ne vois rien de pareil, disait-il, dans les lispositions expresses de cette loi, et j'estime pi'il est illogique et peu rationnel de vouloir ■tablir ces sections wallonnes en Flandre, alors (lie la connaissance du flamand s'impose de dus en plus. » Nous voici loin de « l'osmose ». Le principe le l'égalité des langues est décidément un :avillon qui couvre deï marchandises bien di-rerses et parfois suspectes. Pour les uns, c'est e bilinguisme que des naïfs se plaisent à onsidérer comme une solution patriotique, raternelle et séduisante, capable de mettre out le monde d'accord. Obliger les Wallons parler flamand, quoi de plus simple? Des uessieurs de Bruxelles trouvent cela tout natu-el. La bourgeoisie flamande ne parle-t-elle >as français? Ils ne se demandent pas s'il l'en est pas ainsi par suite de l'insuffisance lu dialecte local. Forcer tout le monde à toiter parce qu'il y a un tortillard dans le luartier, chausser chacun de lunettes parce [u'i 1 y a un aveugle dans la maison, quelle lelle politique de père de famille!... Mais ju'en pensent les gens qui marchent droit et jui voyent clair? On n'en avait cure... Georges .orand, l'inventeur de la formule, disait avec érénité : « C'est un devoir pour tout Belge nstruit de connaître les deux langues prin-Ipales usitées dans son pays. » (2) Vraiment, e doit-on pas admirer à l'égal d'une des* lystifications les plus réussies du siècle, 'adresse avec laquelle la bourgeoisie fia-lande a su présenter la nécessité où elle se rouve de parler français, depuis le XHh siè-ie, comme un hommage et un sacrifice rendus l'idée belge, qui dat\e seulement de 1830 ?... Mais tout n'était pas naïveté dans cette (1) Chambre des Représentants, 23 mai 19l3. Annales xrlementaires, p. 1317. (2) Lettre à la Ligue Wallonne de Bruxelles du 21 mars m. affaire. Derrière cette interprétation bénévole du bilinguisme, les Flamingants purs poursuivaient un autre idéal. Pour eux, le principe de l'égalité des langues comportait l'égalité, non pas dans le chef de tout ressortissant de l'Etat beige, Flamand ou Wallon, maniant avec une égale aisance les deux langues nationales, mais elle sous-entendait l'hégémonie régionale de chaque langue, comme en Autriche-Hcffigrie, et l'égalité réalisée' par un parallélisme parfait, dont la première condi'.ion était l'unification linguistique de la Flandre par le néerlandais. C'est à ce programme que collaboraient toutes les lois sur l'emploi des langues votées depuis 1883. Déjà à cette date une première loi décida que la langue néerlandaise serait langue véhi-culaire dans les sections préparatoires des écoles moyennes et dans les classes inférieures des athénées, et qu'après 1886, cinq cours d'athénée se donneraient en flamand jusqu'en rhétorique. LJne interprétation artificieuse par vint à faire donner la presque généralité des cours en flamand. L'influence de cette loi (fut énorme; elle contribua puissamment à la néerlandisation de la Flandre. Avec celles qui l'avaient précédée sur la procédure judiciaire, avec ^celles qui la suivirent en matière d'enseignement et la complétèrent, elle concourut habilement et patiemment à la réalisation de ce plan que nous avons vu depuis s'accomplir sous nos yeux: la création d'un pe»in'« (Fun Etat flamands. Grâce à l'influence de I !a loi de 1883, disait M. Camille Huysmans, la langue néerlandaise sera bientôt dans la même situation en Flandre, au point de vue de l'usage courant, que la langue française en Wallonie. » (3) Elle posait et affirmait pour la première fois, le principe de la territorialité qui allait se développer dans la suite. Elle prépara en Flandre une génération de propagandistes flamands qui devaient un jour ■ pousseï à leurs dernières conséquences des prémisses si adroitement posées. « Le premier résultat de la loi de 1883, expliquait Hamélius dans son Histoire du Mouv\em\en^ flamand, fut de répandre l'usage et le goût de la langue néerlandaise parmi la jeunesse des écoles officielles et aussi des collèges libres. Dans toutes les localités importantes se fondèrent des cercles flamands dont l'influence se fera sentir quand les écoliers devenus des hommes prendront place à leur tour dans la vie publique.» En d'autres mots : l'Etat flamand est en germe dans la loi belge de 1883. Hamélius écrivait en 1894. On voit qu'il a été bon prophète. A chaque session, le système s'enrichit et se complète. Le principe de la territorialité qui devait conduire nécessairement à la Séparation, devient de plus en plus le ressort essentiel des lois- linguistiques belges. Certains esprits clairvoyants s'en inquiètent. Ils objectent que l'article 6 de la Constitution, qui veut que tous les citoyens soient .égaux devant la loi, interdit de voter des mesures législatives s'appliquant à la partie flamande du pays, sans s'appliquer en même temps à la partie wallonne. M. Louis Franck a tôt fait de réfuter cette-opinion : « Ce système, dit-il, est erroné. L'égalité des Belges devant la loi suppose que tous les Belges, placés dans les mêmes conditions soient collectivement traités de la même manière sans qu'il y ait des faveurs ou des privilèges individuels, mais le code de nos lois contient un nombre infini de disposition? qui ne s'appliquent qu'à certaines catégories de citoyens ou à certaines provinces. Toute la législation flamande n'est faite que pour la partie flamande du pays, parce que c'est là qu'il fallait remédier aux conséquences du régime qui fut adopté en 1830. » (4) C'est aussi l'avis du procureur-général de la Cour de Cassation qui, dans un Mémoire de (3) Chambre des Représentants. Séance du 23 mai 1913. ( Annales parlementaires, p. 1322.) (4) Louis Franck. Le parti libéral et le projet Coremans. Le Ralliement, n» du 5 juin 1907. 1893, où il définit l'économie de la législation ;ur* l'emploi des langues en matière judiciaire, s'exprime comme suit : k« Le caractère de cette législation spéciale îst intimement lié au sol, en ce qu'elle permet lux Flamands, en pays flamand, de débattre en justice leurs intérêts dans la langue qui leur est propre... Ce que la loi a voulu protéger, :'est la terre flamande, c'est d'atmosphère pi'on y respire, et cela contre l'envahissement l'un idiome qui lui est étranger... Sortez de la province flamande, -et le droit commun, la garantie précieuse de la liberté individuelle, reprend aussitôt son empire. » Après avoir ainsi dérogé au droit commun în faveur de la Flandre et du principe'de territorialité, la Belgique est-elle bien fondée à se plaindre en voyant aujourd'hui la Flandre s'émanciper de sa tutelle et s'ériger en Etat ndépendant? N'a-t-elle pas tout fait pour lui :n fournir les raisons, les prétextes et les noyens? Par la glorification de son histoire ]ui lui a donné une conscience nationale, par 'épuration et la généralisation de sa langue lui en ont fait un peuple, par l'application du principe de la territorialité qui lui a donné la :onsistance d'un Etat, la Belgique n'a cessé le pousser la Flandre dans la voie de son imancipation définitive et nul- ne saurait comprendre quelque chose aux doléances et aux écriminations dont elle accompagne aujour-l'hui son départ. Si elle a été aveugle, qu'elle deure sur son aveuglement, mais qu'elle ne 'imagine plus qu'elle puisse désormais changer quelque chose au cours qu'elle même a mprimé aux événements. L< principe de la territorialité reçut une louvelle application en 1910. La loi Franck- >egers, due à deux députés flamands, un 'libé- al et un catholique, qui oublièrent leurs que- elles d'opinion, dans le plus touchant accord, >our ne plus se souvenir que de leurs intérêts le race (le second peu après récompensé de on initiative par l'octroi d'un portefeuille uinistériel), obligeait les pères de famille des irovinces flamandes à faire donner en flamand 'instruction à leurs enfants. Les textes votés l'allaient pas jusqu'à faire défense absolue le faire des études moyennes en français 'eut été contraire à la Constitution — mais il ' avait obligation indirecte parce que, si le :ertificat de sortie ne constatait pas que les Itudes avaient été faites en flamand, ce certi- icat çtait dépourvu de toute valeur légale : il îe conférait pas l'électorat plural et il ne lonnait pas accès aux études universitaires. .es casuistes flamingants excellaient dans l'art le tourner la Constitution. Leur presse ne se rompa pas sur la portée de cette loi, et, au endemain de sa promulgation, elle écrivit : : L'accès est maintenant ouvert pour la fla- nandisation de l'Université de Gand. » Or, la lamandisation de l'Université de Gand c'était e couronnement définitif de l'œuvre qui s'at- achait depuis 1830 avec une patience inlassa- >le et un merveilleux esprit de suite, à éman- iper la race flamande et à opposer dans une Belgique désormais dénuée de cohésion, peu- vie à peuple, nation à nation et Etat à Etat. « Dans la loi sur l'usage des langues à 'armée (1913) comme dans la loi Franck-iegers sur l'enseignement moyen, disait le léputé Asou le 22 mai 1913, s'est fait jour la olonté de parquer les Belges territorialement n Wallons et en Flamands avec obligation, elon leur naissance en terre flamande ou eu erre wallonne, de se servir de l'une ou l'autre les langues. » Ici une question se pose. Comment des ninistres, des hommes politiques, des juris-onsultes, des publicistes poussant si loin les pplications du principe de la territorialité, efusaient-ils obstinément de se rallier à sa ernière conséquence logique et naturelle : "la éparation administrative? Faut-il admettre u'iis n'avaient point prévus celte solution e leur politique et qu'ils reculaient épouvan-;s devant les résultats iné.vitables de leur tourderie et de leur imprévoyance? Non, ils avaient parfaitement à quoi s'en tenir. La sépa-ation administrative fonctionnait effectivement n Belgique en maints domaines. Les déclara tions de M. Franck et du Procureur-général à la Cour de Cassation sont en concordance avec les faits : La législation flamande ne s'appliquait qu'à la terre flamande et elle la protégeait contre des envahissements étrangers. En un mot, on avait la Séparation administrative, une Séparation administrative sournoise et larvée, au profit exclusif de la région flamande, suffisante déjà pour libérer celle-ci de l'influence wallonne, mais une séparation-dont la Wallonie était seule à ne pas bénéficier, qui n'existait pas pour elle, parce qu'il aurait fallu, au même titre, la libérer de l'influence flamande. Or, libérer la Wallonie de l'influence flamande était la seule conséquence devant laquelle on reculait. A tout prix il fallait conserver barre sur la Wallonie dans un intérêt de po'itique confessionnelle d'abord, mais surtout afin de pouvoir justifier, par réciprocité, le maintien du bilinguisme en Flandre qui y assurait l'étanchéité des cloisons sociales, enfermait les classes inférieures dans leur ilotisme misérable èt séculaire, et farmait la base de la puissance et de la . richesse de l'oligarchie bilingue : barons de l'industrie du coton et du lin et hobereaux de la propriété morcelée à l'infini. C'est pourquoi, on se refusait à reconnaître la Séparation administrative, en la décrétant. Ainsi se justifie le mot de M. Delaitte dans l'enquête de Wallonia en 1911 : « D'une part, le flamand sera la seule langue obligatoire en pays flamand, et d'autre part il deviendra une seconde langue obligatoire en Wallonie. » Ainsi s'explique l'adhésion que la plupart des personnalités parlementaires du Mouvement flamand d'avant la guerre donnaient r&guli&rçipenLj3ar_ TOTTs votes, a toutes les mesures bi linguistes, adhésion que nous avons signalée comme une contradiction et une anomalie bien qu'elle constituât, à vrai dire, une tactique parlementaire et une habileté politique. Ils exigeaient de la bourgeoisie flamande la réalisation progressive de leur programme : In Vlaiancf\eren Vlaamsch, mais ils la secondaient dans ses tentatives de bilinguisme chaque fois qu'elles avaient en vue la pénétration du flamand en Wallonie, par sympathie naturelle pour leur langue. "Après tout c'était de bonne guerre, d'autant plus que le gouvernement soutenait chaque fois la manœuvre. Mais la Wallonie gardera néanmoins du régime belge un mauvais souvenir, plus mauvais que de tous les régimes qui l'ont précédé. Ni l'Espagne, ni l'Autriche n'ont jamais songé à lui imposer la pratique d'une autre langue que celle que ses populations ont toujours parlée de père en fils. Sous le gouvernement hollandais, de 1815 à 1830, la langue néerlandaise devint, il est vrai, la langue officielle du pays, mais elle s'arrêta devant la frontière des langues et n'est pas allée au-delà. Ce n'est que sous le régime belge qu'on a essayé de faire pénétrer le flamand en Wallonie. Sous le prétexte fallacieux d'assurer l'unification de la Belgique, on a voulu contraindre les Wallons à se façonner sur le modèle de la bourgeoisie flamande. C'était trop. Conciliants par tempérament, polis par éducation, ils ont demandé la Séparation administrative qui. leur eut permis de rester, sans humiliation, conjoints fidèles et résignés du ménage belge. Ils "l'ont demandée d'abord au gouvernement belge. Ils l'ont demandée ensuite à leurs associés flamands. Celui-là, tout en reconnaissant l'acuité du conflit linguistique et l'opportunité d'y.remédier sans retard, a exigé qu'il ne fut pas porté atteinte à l'unité belge, :e qui équivaut au refus de la Séparation Ceux-ci, exagérant le mouvement, se sont confinés, depuis la guerre, dans une politique autonomiste qui aspire à se libérer totalement, non seulement de la Belgique, mais encore de la Wallonie. Cette double intransigeance a limité, singulièrement le choix des Wallons qui, dans leur vif désir de conserver une Belgique iprès la guerre, ne peuvent plus que placer eur espoir dans un système de fédération suies bases duquel un accord honorable pour ous.peut encore être tenté. Du moins, ils Fessèrent, et déployeitt loyalement et courageu-;ement tous leurs efforts en ce sens.

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Dit item is een uitgave in de reeks L'avenir wallon behorende tot de categorie Oorlogspers. Uitgegeven in Bruxelles van 1916 tot 1918.

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