Le Belge indépendant

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16 januari 1919
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s.n. 1919, 16 Januari. Le Belge indépendant. Geraadpleegd op 24 maart 2019, op https://hetarchief.be/nl/pid/vt1gh9fr90/
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LE NUMERO 1 PihNNY LE BELGE No 43 INDÉPENDANT ADMINISTRATION ET REDACTION: TUDOR HOUSE. TUDOR ST.. B.C. 4. TÉLÉPHONE: CITY 3S60 JEUDI 16 JANVIER 1919 (i MOIS. 9 SHILLINGS ABONNEMENTS< 6 MOIS, 17 SHILLINGS tl AN. 32 SHILLINGS Reconstruction ! On fait de la vie avec de la mort, puis-que les fleurs ne poussent ni moins vite, ni moins brillantes sur les tombes. On n'a pas fini de détruire, que déjà l'on pense à reconstruire! Merveilleuse humanité que j'admire ton courage ! Reconstruction ! On ne parle plus que de cela. Pourvu toutefois qu'on ne néglige pas le moyen de gagner du temps qui est de commencer par le bon bout. Et ce bon bout? C'est le "liome!" Et pour construire le "home" il faut soigner la santé morale et physique de la race; il faut aussi que l'initiative remplace la routine, et, par dessus tout, "put the right people in the right place." • Pour moi mon rôle se bornera à envisager la meilleure façon de reconstruire "le home." Et ce sera? De remettre la femme à sa véritable place, c'est-à-dire, à la maison. Non, ce n'est pas rebrousser chemin, car la femme n'a pas perdu son temps qui s'est rendue compte par elle-même de la tâche de l'homme. En dehors de ses devoirs d'épouse, de mère, de ménagère, elle sera plus et mieux à même de partager les soucis du mari, du père, ou du frère; elle sera à même de donner un avis, et ayant été à la peine, elle sera "conviée" à la joie. Dans la reconstruction des foyers, le rôle de la domestique est l'un des plus importants. Si, plus que jamais, la femme de l'ouvrier, te, petite bourgeoise, doit faire elle-même son ménage, il est des maisons où le nombre d'enfants, de personnes invalides, ou encore l'engrenage du monde et des affaires ne permet à ta maîtresse de -maison que la> "direction de son intérieur. Quand nous bâtissons une maison pour nous-mêmes, nous avons soin de réserver une chambre d'amis. A la construction et à l'arrangement de cette chambre nous apportons, en général, tous nos soins. C'est parfait. Mais, de lu, ou des chambres de bonnes, qui s'en est occupé? En général, ces pièces sont "reléguées" dans une aile indépendante et aussi inconfortable que possible, ou bien elles sont sous les toits, comme si l'on prenait un malin plaisir à vouloir s'assurer que la bonne "aura trop froid l'hiver et trop chaud l'été!" Nous répétons sans cesse que la bonne n'a aucun soin de ses vêtements, de son linge, de sa chambre ni même de sa personne. Mais avons-nous fait ce qu'il fallait pour lui donner le goût de ces oins? Je n'hésite pas à dire: non! Nous avons trop considéré la domestique comme un être inférieur, pour qui "les restes" sont encore trop bons. Et nous avons eu tort, et la domestique s'est émancipée, et plus elle a d'intelligence, moins elle voudra "servir" dans ces conditions, et elle aura raison ! Ce que je suggère ? C'est qu'il serait bien préférable d'apporter plus de soiris à l'installation de la bonne, qui elle, doit nous être utile, et d'en apporter moins à la chambre d'amis qui, souvent rien que de passage, viennent déranger toutes nos bonnes habitudes. Mon Dieu, oui, ce souci du sort de la servante est de l'égoïsme, tout comme la vertu, mais c'est une de ses plus belles formes, et qui doit avoir de bons résultats pour tout le monde. De trouver la chambre d'amis imparfaite chez les autres, nous fera aimer davantage notre home, et de rendre la chambre de "la bonne" confortable, lui fera aimer notre home et par conséquent ceux qui auront enfin prouvé qu'ils considèrent la bonne comme un membre de la famille, et comme un des membres le plus utile. Nos devoirs vis-à-vis de ceux qui. nous servent ne s'arrêtent pas à la chambre. Ils auront l'usage de la salle de bains, et leurs aliments seront identiques aux nôtres en toutes circonstances. Nous voulons dos servantes, et des servantes intelligentes? Agissons intelligemment avec elles. Et pour commander intelligemment, il est bon de se rendre compte par soi-même, et pendant un laps de temps assez considérable, de ce qu'on peut et de ce que l'on doit exiger d'une domestique. Nous nous rendrons compte,- qu'on ne peut produire la même somme de travail chaque jour—que l'on a besoin et d< repos et de distraction, et de liberté. Le tout bien ordonné, et je le répète : des égards,- de la considération, de la justice, et de la bonté, et la domestiqi d'elle-même s'installera à votre, foyer de moins en moins désirera,eu sortir. FEE SOLEIL. Le dîner d'adieu au journalistes belges en Angleterre Lord Burnham a donné, au Save Hôtel, un dîner d'adieu aux journalist belges, qui bientôt partiront de Grande-Bretagne, afin de-reprendre leu fonctions en Belgique. Le toast au Roi d'Angleterre fut pri nonce par lord Burnham, et chaleureus ment applaudi. Lord Burnham propo! ensuite la santé du roi Albert de Belg que, qui, dit lord Burnham, ".est un v ritable héros selon les modèles ant ques. " Le noble lord fit aussi valoir 1( qualités militaires du Roi des Belges, q a toujours montré le plus profond sent ment d'amitié pour la Grande-Bretagn Ce toast fut -également applaudi av< chaleur et l'orchestre joua la " Brabai çonne. " M. Herbert Samuel, président < l'Union Anglo-Belge, a proposé un toa en l'honneur de la Belgique. Il a reme cié lord Burnham de lui donner l'occ; sion d'exprimer les sympathies du peup britannique pour ses amis belges. M. Herbert Samuel rappela que p; l'odieuse invasion de la Belgique, 1( Allemands avaient jeté un défi à la cch science humaine. La Belgique releva ( défi, et ce fut pour lui venir en aide qi l'opinion publique en Grande-Bretagr se montra unanime à prendre part dar le gigantesque conflit. La fonction principale de la près; belge en Angleterre fut de relever moral d'une population de 250,000 réfi giés, de soutenir leur patriotisme et lei courage. Ces réfugiés peuvent enfin retourni dans leur pays, où les conditions éconi miques sont difficiles, mais l-'on espèi que la Conférence de la Paix accordera la Belgique une indépendance et uhe pr< tection qui seront à l'avenir défendue par les grandes Puissances du monde. M. Cammaerts, remerciant M. He bert Samuel, assura que les Belge avaient à cœur de fortifier les liens d'à fection et de reconnaissance que la Be gique devait à ses splendides alliés. Pa lant de l'accueil fait à Bruxelles au troupes .des pays alliés, M. Cammaer rappela l'enthousiasme des Belges à vue des soldats de la Grande-Bretagn qui non seulement avait hébergé les r fugiés de Belgique, mais s'était batti pour elle, et pour elle était entrée oans guerre. Lord Burnham proposa ensuite t toast à la presse belge. Il rappela le odieuses brutalités allemandes en Belg que, dont la presse fut également vi time. Elle* a traversé avec un honnei sans tache et un courage sans deiai lance les longues tortures de l'oppre sion allemande. La presse belge en eî a soutenu aveè une infatigable ardeur patriotisme et lé moral des Belges e exil. En dépit des vols commis par les Ail mands en Belgique, qui non seuleme; ont enlevé toutes les machines industrie les, mais forcé le peuplet.à une inactic qui. lui a fait perdre ses connaissanci techniques, lord Burnham émit l'espc que le courage du peuple belge surrtio terait les difficultés présentes comme a supporté, avec vaillance, les dur épreuves de la guerre. De môme qu'il était: du devoir cor mun des Alliés de défendre l'indépe dance de la Belgique, il est de leur d voir commun de faire tout ce qu'il e possible pour restaurer la Belgique rétablir sa liberté industrielle et sa cap cité commerciale. C'est notre confrère Heinzrria Savino, qui, au nom de la section a glaise de l'Association de la Près Belge, et en sa qualité de vice-préside de cette section, a pris la parole, d'abo en anglais, pour remercier lord Bur ham et l'InstituJe of Journaiists. Repr nant en français, notre excellent co frère a fait ressortir que la nation a glaise, malgré les sacrifices que guerre lui avait imposés, avait conser intacte la part qu'elle avait faite ai Belges. Ne pas lui témoigner notre gr titude, serait faire preuve d'une sécb le resse de cœur qui ne s'accorderait pas et avec la haute opinion qu'elle gardera de nous. La section anglaise de l'Association de la Presse Belge, qui se dissout à Londres, se reconstituera, dit l'orateur, dès ^ notre retour en Belgique. Elle contribuera aux efforts de tous ceux qui tiennent à perpétuer les amitiés que les Belges ont contractées sur le sol anglais, et à la bonne volonté des amis de la Belgique en Angleterre, au nombre desquels je place avant tout lord Burnham, que je connais maintenant depuis vingt-cinq >y ans; l'Union anglo-belge et son distin-îs gué président, sir Herbert Samuel, l'ho-la norable ministre de Belgique, et M. Eu-"S gène Pollet, notre sympathique consul général. Je lève mon verre en l'honneur > de lord Burnham, de l'Institute of Jour-î- nalists, de son président M. Gardiner et >a de notre vieil ami Herbert Cornish ; du i- " Daily Telegraph "■ enfin, dont le mer-î- veilleux effort sous forme du Relief iumd i- lui vaut la gratitude profonde de tous les :s Belges. Nous leur donnons rendez-vous ii en Belgique libre. Au revoir et à bien-i- tôt! (Applaudissements.) M. A. Lemonnier, du " Belge Indé-:c pendant," et M. J. Claes, de la " Métro-pôle," ainsi que M. le chevalier Mas-kens, de la légation belge, ont remercié le lord Burnham des chaleureuses paroles 5t de sympathie qu'il avait exprimées en r- faveur de la Belgique. i- Le toast de M. Maskens, très finement le tourné et agrémenté d'une pointe d'humour anglaise; fut très apprécié et très ir applaudi. ;s Lord Burnham prit la parole pour ter-î- miner la série des toasts, et' avec cœur ;e il affirma que pendant toute cette guerre ie il ne lui avait pas été donné de plus le réelle satisfaction que de pouvoir être is utile à la cause de la Belgique, et il était certain ÏJtfti Anglais qui rttf " ;e soit prêt à en dire autant. tAcclama-le tions.) Lord Burnham signala la pré-}- sence à la cérémonie de deux secrétaire'; ir de trade-unions, fonctionnaires des union de travail (Labour Exchange), l'un :r Anglais, l'autre Belge. Rien ne pouvait )- mieux démontrer la collaboration heu-e reuse des deux peuples dans le monde à de la presse, du capital et du travail ; la )- presse belge, comme la presse anglaise, :s ne fait pas de distinctions de classes. Pour me résumer, termine lord Burn-r- ham, je ferai appel une fois de plus à ;s ce vieil habitué de Fleet Street, Samuel f. Johnson, qui a dit que " la grande af-1- faire, c'est de tenir ses amitiés en r. bon état." Nous saurons imiter x ce précepte, nous saurons perpétuer :s. l'heureux esprit d'entente dont tant de a ' discours ont fourni la preuve ce soir. Je i dis dofle, non adieu, mais au revoir, à ». ' tous mes collègues de la presse belge. ie (Acclamations.) a Un grand nombre de personnalités anglaises et belges, de la presse et du n monde diplomatique, assistaient à cette js cérémonie, qui laissera un ineffaçable i- souvenir au cœur de nos compatriotes. > * M. B. ir i LA VIE DE PARIS ic m Les petites combinaisons et les spéculations d'art recommencent. Il y e- a deux ans, en pleine guerre, nous avons it eu le'Degas, poussé en vente publique J. jusqu'à Fr. 400,000, préface de ces venin tes successives des tableaux, grands et ;s petits, bons et médiocres, du même an-ir tiste qui ont suivi et viennent de se ter-i- miner à peine. Tout a été mis à l'encan, il toiles inachevées, ébauches, gravures, ;s bibelots; c'est tout juste si on n'a pas livré au commissaire-priseur les paillas-n- sons de la porte et lès tapis de l'escalier, n- Pour ce mois-ci, on nous promet une e- petite vente moins importante ; il s'agit St de quarante-cinq Daumier d'une collec-et tion particulière. On nous assure que a- ces tableautins sont tous authentiques ; nous l'adrhettons, nous n'en savons n- rien, mais le croyons sur parole. Pour n- ces quarante-cinq vrais, il y en a tant se de faux ! Le procédé du grand carica- n l turiste est relativement facile pour un rd dessinateur habile. J'ai connu, il y a n- quelque dix ans, un artiste qui s'était e- spécialisé dans cette production. Dau- n- mier avait l'habitude de peindre ses n- études de mœurs sur des panneaux et la rarement il se servait de la toile. Aussi, v-é ceuft qui l'ont falsifié recherchaient, îx chez les marchands de bric-à-brac, de a- vieilles caisses du temps de Louis-Phi- e- lippe, principalement celles qui avaient conservé les grossières étiquettes des 'Messageries royales,' et ils peignaient là-dessus ces charges superbes qu'avait inventées le génie du peintre marseil1-lais. Toute la fantaisie étrange de ce terrible railleur des ridicules bourgeois et parlementaires a été reprise cent fois et lancée sur le marché entre les Corot de Montparnasse, les faux Diaz et les Henner retouchés. Que j'en ai vu sortir de l'atelier dont je parle de ces avocats grimaçants, de ces juges abrutis, de ces avoués aux yeux émerillonnés dans la grisaille de fonds lavés. Le contrefacteur avait saisi toutes ces marques caractéristiques de la bourgeoisie contente de vivre, de tripoter et de gruger, et il vous campait un Daumier en deux ou trois jours. C'était ressemblant à crier; il fallait être bien fin pour s'y reconnaître et malheureusement en art le riche amateur qui achète est, neuf fois sur dix, un imbécile bien intentionné dont le marchand n'a pas de peine à surprendre la confiance en le flattant. "Voilà un morceau que je vous réservais ; vous aurez le pendant de celui que j'ai vendu la semaine passée à M. de Rothschild." Avec de pareils boniments on a pipé bien des naïfs et vendu un nombre incalculable de faux Daubigny, Diaz, Corot, Daumier et autres. Pourtant, le nombre des Daumier falsifiés était tellement grand que le marché menaçait de craquer ; la méfiance des moins avertis était éveillée. Les trafiquants eurent un trait de gnie. Ils constituèrent à ces nouveaux venus une sorte d'état civil et d'authenticité. On organisa, avec la protection de l'Administration des Beaux-Arts, une exposition des œuvres de Daumier où l'on réunit quelques belles pages du maître, des tableaux in contestables des aqua- reiwsr ttish fflsySwwer -ères nîfmjgt&phlfcs célèbres. A la suite, on introduisit toute la ratatouille des bric-à-brac, tous les Daumier récents peints sur les caisses à chandelles de 1840 ; sur tous, indistinctement, avec le numéro d'ordre, on colla l'étiquette : "Exposition des œuvres de Daumier." C'était l'attestation officielle. Le tour fut joué et de main de maître.- Le commerce marcha bon train, les tableaux authentiques atteignirent jusqu'à cinq et six mille francs; des faux, très soignés, se vendirent même plus cher que des vrais un peu lâchés. 11 y avait, avant la guerre, une collection à Berlin et une autre à Hambourg qui regorgeaient de ces Daumier provenant de l'Exposition. On les avait payés un gros prix. Pour peu que la crise financière soit réelle là-bas, ces amateurs allemands vont nous revendre leur pacotille au poids de l'or. Heureusement, qu'on va commencer par les quarante-cinq tableaux qui sont authentiques, ceux-là, nous assure-t-on. Ce sera au moins autant, de gagné pour l'art sincère. Car il y a tout de même quelques vrais Daumier ne serait-ce que ceux que trois marchands allèrent acheter à Val-mondois le lendemain de la mort du grand artiste. Daumier avait mené une vie assez débraillée et il ne savait pas ce qu'étaient les économies; il vivait au jour le jour, vendant difficilement pour un louis ou deux un de ces tableautins qu'on se dispute aujourd'hui. Corot, qui était riche et qui admirait Daumier, lui avait donné une petite maison à Val-mondois. Le lendemain de l'enterrement, ces trois compères s'en allèrent trouver la veuve laissée sans ressources, et pour quinze cents francs ils lui achetèrent cent cinquante panneaux, tableaux, aquarelles ou dessins. Dix francs l'un dans l'autre, c'était le prix qu'en aurait retiré Daumier s'il avait trouvé à les vendre. La veuve crut faire un bon marché et les trois marchands gagnèrent ce jour-là leur cent mille francs chacun, peut-être davantage. Que des misères et que de vilenies dans ces coulisses artistiques, de la brocante, du truquage et de la contrebande d'art. JEAN-BERNARD. A BRUXELLES (De notre correspondant •particulier.) La situation politique Quatre ans et demi d'union sacrée plus ou moins intangible, pour un peuple qui connut la passion politique la plus exacerbée, voilà un miracle auquel nul n'aurait pu croire, vingt-quatre heures avant quelle Boolie viola cyniquement le sol sa- Vi aii• uû ouiijuiiivro cré de la Belgique. Cependant, œla fut avec une sincérité et une persévérance admirables. Certes, il y eut quelques exceptions locales, les partis ayant obtenu de la majorité des électeurs mandat d'administrer, profitant du pouvoir pour favoriser ceux qui constituèrent leurs légions électorales. Mais oe fut l'exception, tout le monde faisant abstraction de ses opinions personnelles pour résister à l'ennemi commun. Tant que le Boche était là et que sa présence paralysait la liberté d'action du peuple belge, rien ne parvint à faire changer oe louable esprit d'union. Il était à craindre cependant que les hordes barbares ayant refranchi nos frontières, nous ne tardions à retomber dans ne» vieilles habitudes de villageois et que r.os anciennes luttes de petite politiquo reprennent le dessus. Jusqu'à présent, cependant, ce phénomène ne s'est pas encore produit. Il y a deux rahons pour qu'il tarde encore quelque peu à se manifester, si tant est qu'il puisse te produire encore. La première, c'est que notre pays reste profondément affecté des quatre années d'occupation. Les souffrances morales, les privations sans nom éprouvées par nos malheureux compatriotes, les ont déprimés à un tel point qu'ils ont perdu tout ressort, empêchant ainsi toute réaction sérieuse. L'autre cause de cette sorte d'apathie se trouve dans le fait que le coût de la vie reste toujours très élevé. Certes, on ne connaît plus les prix fabuleux payés il y a à peine quelques semaines pour les denrées de première nécessité; néanmoins, tout reste fort cher, et il faut encore s'imposer bon nombre de privations. Ces deux raisons font que le peuple et la bourgeoisie — aux trois quarts ruinée — n'ont pas l'énergie voulue pour rentrer dans la vie normale et reprendre ainsi ses préoccupations d'émancipation ou de reconstruction. En réalité, nous traversons une période transitoire, que notre gouvernement tentera par tous les moyens d'écourter. Noua croyons oe dernier pavé comme le purgatoire de3 meilleures intentions. Toutefois, nous doutons qu'il puisse satisfaire à toutes les nécessités. D'autre part, ii aura à prévoir et à organiser tant de che)ses qu'il ne faut pas être grand olero pour entrevoir les multiples échecs auxquels il se heurtera . La Grande Guerre a donné à la majorité de nos compatriotes, une nouvelle mentalité qui semble échapper à ceux qui sont appelés à les diriger. La nation belge, en effet, paraît aujourd'hui divisée en deux grandes catégories ei'individus : les gens qui possèdent et ceu^ qui n'ont pour tout capital que leur capacité productive. Ces derniers, tout épuisés qu'ils soient, commencent à envisager' l'avenir, et les syndicats ont déjà élaboré des projets de relèvement de salaires qui causent une profonde appréhensions dans de nombreux milieux patronaux. Il y a quelques jours, le Syn-dioat des Employés de Bruxelles a fait afficher sur les murs de la capitale une proclamation annonçant leurs revendications sous une forme qui ressemble fort à un-ultimatum. Le syndicat exige pour les emballeurs et ejommis de 21 ans un appointement minimum de Fr. 250 par mois, qui sera porté à Fr. 300 minimum pour les employés — sans distinction de sexe — âgés de 25 ans. Il réclame, de plus, la journée de huit heures, la semaine anglaise et le remboursement de toutes les retenues faites par les patrons pendant les quatre années et demi de guerre. Les syndicats ouvriers — tant de l'Etat que privés — ne sont pas restés inactifs et, eux aussi, ont établi des barèmes de salaires dont le taux maximum dépasse le double des salaires les plus favorables d'avant-guerre. De plus, ils ont pris des dispositions telles que nul ouvrier ne sera obligé de se plier aux exigences patronales, les caisses de chômage officielles devant garantir le paiement d'une indemnité suffisante à ceux qui se croiraient en droit de refuser les conditions qui leur sont faites. Les petites entreprises subiront vraisemblablement un contre-ex>up sérieux, sinon désastreux, de ces modifications du contrat de travail; il faut cependant admettre que ne>s ouvriers, les plus actifs et certainement parmi les meilleurs du monde, avaient jadis des rémunérations souvent inférieures aux nécessités de la vie. Notre gouvernement sera évidemment appelé à intervenir dans les conflits inévitables que vont amener cses réformes, et peut-être fera-t-il bien de prendre des mesures préventives en recourant aux projets si longuement et si soigneusement

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Dit item is een uitgave in de reeks Le Belge indépendant behorende tot de categorie Liberale pers. Uitgegeven in Londres van 1918 tot 1919.

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