Le courrier de l'armée

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13 februari 1915
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s.n. 1915, 13 Februari. Le courrier de l'armée. Geraadpleegd op 25 april 2019, op https://hetarchief.be/nl/pid/sq8qb9zk8g/
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13 Février 191Ô Numéro 69 LE COURRIER DE L'ARMÉE «**» ^ <?è*m msm *Gm mmsam^ wm&su&m s*»» ^ «m* &&* ** paraissant les Mardi, Jeudi et Samedi . ? Ce journal est destiné AUX SOLDATS BELGES ; chaque compagnie, escadron ou batterie reçoit dix ou quinze exemplaires français et flamands. — I 11 l . ' I mu.. I I ■! 1-T nr II.IIII.I ■ . .n. ■—irurm 1 i in - -r -mi.i — mm— —... rt[unwi lim.Mm.'JWW L'Héroïsme Quelle que soit l'image que Von se soit faite de la guerre avant qu'elle éclatât, cette image a été dépassée en horreur par la réalité. Il faut donc beaucoup plus de courage aujourd'hui, pour faire la guerre, qu'autrefois. C'est la remarque que chacun a Jaite, depuis le mois d'août, et que déjà le commandant Fastrez, dans c i livre L'Armée et la Nation, avait notée. <■ près la guerre de Mandchourie, M. Maurice Maeterlinck la développe avec une grande force et une âpre éloquence dans un article du Figaro, que nous ne pouvons malheureusement reproduire, faute de place. Son point de départ est celui-ci. On croyait généralement que ce qu'on appelle le courage, l'endurance physique et morale, l'abnégation, l'oubli et le don de soi, la faculté d'affronter la mort, appartenaient surtout aux peuples primitifs les moins heureux, les moins intelligents, les moins capables de raisonner. Comment un homme civilisé, heureux, aux nerfs sensibles, supporterait-il encore les horreurs infernales d'un champ de bataille ? Or, à notre grand étonnement, c'est le contraire qui éclate Nous avions dons .i/U idée iaëXu< le, ïnâoikplëte, du courage de l'homme. Nous avions compté sans les ressources de l'intelligence, plus forte que l'imagination. En passant, M. Maeterlinck se moque agréablement des héros chantés par Homère et dont la bravoure était surtout déclamatoire et décorative, dont les combats étaient peu sanglants, pour qui la mort est un événement insolite, imprévu, presque inconvenant ; et pour lesquels la fuite n'était nullement blâmable — on se bornait à l'imputer aux dieux. Dans les derniers siècles, toute guerre se résolvait en deux ou trois batailles, dont aucune ne durait plus d'un jour, « c'est-à-dire en deux ou trois moments culminants, efforts immenses, mais de quelques heures ». Après, victoire ou défaite, c'était fini, c'était la détente, la solution, lé repos, le retour au foyer. Il ne fallait affronter le destin qu'une seule fois. Notre éminent compatriote fait erreur cependant quand il dit que dans les plus effroyables mêlées d'autrefois on avait vingt ou trente chances contre une d'échapper à la mort. En réalité, si certaines batailles furent peu meurtrières et si nous sommes étonnés d'apprendre qu'à Magenta et à Solférino, par exemple, les pertes furent dix fois moins importantes que dans la seule bataille de l'Yser, par contre, d'autres rencontres célèbres— Waterloo, Leipzig, Gravelotte, etc. — furent extrêmement meurtrières. D'après des statistiques, les grandes batailles modernes laissent moins de deuils que celles d'autrefois. Il est vrai que la bataille, actuellement, dure des journées — et même des mois. Si la guerre actuelle vérifiait les statistiques de la science, cela n'entamerait en rien la thèse de Maurice Maeterlinck ; car la tension nerveuse à laquelle est soumis aujourd'hui un soldat, est sans exemple dans le passé. La mort même n'est plus pareille à ce qu'elle était : « Naguère, on la voyait en face, on savait d'où elle venait et qui vous l'envoyait. Elle avait une forme terrible, mais qui restait humaine. A présent, à tontes ses horreurs, elle ajoute l'effroi intolérable du mystère. » Elle est de tous les instants et il suffit d'un mouvement de la tête pour qu'elle vous frappe. Comment est-il possible de résister à pareille épreuve, les nerfs de l'homme le plus brave étant trempés pour affronter la mort durant l'espace d'un clin d'œil, mais non point pour ne plus vivre que dans l'attente de la mort. Et cela, au moment même où l'homme paraissait le plus amolli par le bien-être et les vices de la civilisation.Est-ce désespoir ? Non : Pour avoir la vie sauve, l'envahi n'avait qu'à céder à l'envahisseur. Il n'aurait même pas dû redouter l'asservissement. Il n'avait à redouter que la honte. L'héroïsme des alliés, c'e t donc bien l'héroïsme librement assumé voulu, acclamé, unanime, c'est-à-dire l'I•*roïsme sous sa forme la plus pure, la ph;s nette. Et pas plus aujourd'hui qu'il y a six mois, personne ne songe à une paix honteuse. N'a-t-on pas le droit d'en conclure que la civilisation, au contraire de ce qu'on redoutait, loin d'énerver, de dépraver, d'affaiblir, d'abaisser l'homme, l'élève, le purifie, l'affermit, l'ennoblit, le rend capable de sacrifices, d'actes de courage qu'il ne connaissait point ? Voilà la révélation inattendue et consolante de cette affreuse guerre; nous pouvons absolument compter sur l'homme. De cette grande épreuve, l'homme ffft grandi. Et Maeterlinck bonciul T « S''££ esc vruS, comme je le crois, que l'humanité vaut ce que vaut la somme d'héroïsme virtuel qu'elle recèle, on peut affirmer qu'elle ne fut jamais plus forte ni meilleure. » Magnifique et suprême éloge de nos braves soldats, de nos officiers, de tous ceux qui s'offrent, en holocauste pour la Patrie, pour la Justice, pour l'Humanité. LA BONNE PRÉCAUTION L'Allemagne est vraiment une nation prévoyante et l'on ne saurait assez lui rendre hommage. C'est ainsi qu'elle songe dès à présent à ce qui va se passer après la guerre. Elle se sait chargée de la haine — combien justifiée ! — de l'univers. Alors, elle prend les devants. Diverses catégories d'intellectuels allemands, journalistes, savants, etc.. ont déjà déclaré rompre tout lien de solidarité internationale. Voici, dans le domaine moral, que les Sociétés de tempérance allemandes proclament leur indépendance et cessent de contribuer aux frais de l'union internationale.C'est ce qui s'appelle l'utile précaution. Les Allemands pensent avec raison que s'ils osaient encore, d'ici longtemps, se montrer dans une réunion internationale. — à laquelle ils ne seraient d'ailleurs pas invités,, — beaucoup de braves et honnêtes gens ne pourraient contenir leur indignation et qu'ils devraient s'en aller sous les huées. Ils prennent donc les devants. Mais quelque chose va les gêner : Comment daigneront-ils encore nous fournir leur camelotte ? Comment continuer leurs rapports économiques avec ces « abominables » alliés ? Us se tireront peut être d'affaire en disant que l'argent n'a pas d'odeur. Fort bien. Seulement, si c'est nous qui refusons d'avoir tout rapport avec eux ? C'est que nous en sommes bien capables ! Les Allemands seront peut-être suffoqués de l'apprendre, mais nous croyons devoir les avertir tout doucement et les préparer à ce « mauvais café ». Il y a des alliés qui, demain, se montreront assez infâmes pour payer dix centimes un ben bouton de col anglais et pour refuser le mauvais bouton de deux centimes allemand ; pour préférer le bon savon de Marseille aux produits chimiques allemands ; pour acheter dorénavant leurs canons au Creusotet leurs fusils en Angleterre, et ainsi de suite. Bref, il y a beaucoup d'alliés qui sont décidés, dès à présent, à se souvenir. Abouùnai.ion de la désolation. LA BATAILLE DE L'YSER ou la Bataille des 40,000 Morts Un gommage Jonglais à la Vaillance $elge. M. G. Ward Price, correspondant de guerre du Daily Mail, résume comme suit l'importance du rôle joué par l'armée belge sur l'Yser : « La victoire remportée par les Belges après les quinze jours de violents combats qui remplirent la deuxième moitié du mois d'octobre, fut le fait d'armes le plus important accompli par leur armée, même en y comprenant la résistance de Liège. Elle arrêta net le mouvement allemand vers Calais, en attendant l'arrivée des renforts français et pendant que la région située à l'Est de Dsnkerquç était mise en état de défense. Mais cette tâche ne fut remplie parles Belges qu'au prix de pertes proportionnellement plus élevées que celles de toute autre quinzaine de guerre, au prix aussi de l'inondatioft d'une partie la plus féconde du sol belge qui du fait même sera rendue stérile paur trois ans au moins. « L'armée belge qui se retira d'Anvers était sujvie des forces allemandes qui avaient assiégé cetf.e place ; elle ne put faire front à l'ennemi qu'après avoir atteint l'Yser, petit fleuve canalisé, au/ cours paresseux, à peine connu alors, sinon des fenmiers dont il drainait les champs prospères, et 1 aujourd'hui fameux à jaav.is, j« A ce moment de la guêïre, après Liège, Âers-ch'ot, Termonde, Anvers et tous les autres engagements, l'armée belge était réduite a quelque 60,000 hommes, fe Derrière l'Yser, on peut l'avouer maintenant, il (ne se trouvait en octobre, pour arrêter la marche de l'ennemi sur Calais, qu'un nombre de soldats bien inférieur à celui qui s'y trouve matntenant. Lep Belges se retiraient vers une partie du territoire des Alliés, que d'importantes nécessités stratégiques obligeaient à conserver intacte de toute violation ennemie, parce qu'elle conduisait à Calais et Dunkerque, deux des voies d'accès pria-cipales de France en Angleterre et pouvant convenir à l'installation de bases de premier ordre pour une action navale allemande dans la Manche. « Aussi était-il nécessaire que les Belges en retraite fissent tête à leurs poursuivants et les retinssent assez longtemps pour que des renforts pussent être jetés dans la partie menacée du territoire français. On leur demanda de tenir trois jours ; leurs hautes qualités combatives ressortent du fait qu'ils tinrent pendant quinze jours. « Dans cette bataille désespérée, les Belges étaient tout au plus 00.000. dont les trois quarts I étaient composés d'infanterie. Les effectifs allemands qu'ils tinrent en échec s'élevaient à 150,00® hommes : il y avait trois corps allemands complets, le 22e, le 3e et le 24e, ainsi que la 4e division de réserve. L'artillerie allemande était d'autant plus puissante que l'ennemi s'était fait suivre des lourdes Dièces employées devant Anvers, tandis que les Éelges, dont l'armée n'avait pas été organisée en vue d'opérations offensives de siège, ne possédaient que des batteries de campagne. Aussi leurs pertes furent-elles immenses.., » Décrivant ensuite la- bataille, le correspondant anglais fait ressortir au cours de toutes ses phases la vaillance indomptable et presque miraculeuse des Balges, qui tiennent dans leurs tranchées hâtivement creusées jusqu'à ce qu'elles soient totalement bouleversées : qui ne cèdent le terrain que pas à pas, en infligeant à i'enaemi des pertes effrayantes, repoussant, comme à Dixmude par exemple, jusqu'à 15 assaats dans une seule nuit. Obligés malgré tout de aéder sous le nombre, et d'abaBdonner l'Yser pour se replier derrière la voie ferrée, voyant même cette nouvelle ligne sur le point d'être forcée, les Belges eurent alors recours au moyen héroïque de l inondation, n'hésitant pas à sacrifier, pour sauver les Alliés, non seulement la vie de leurs soldats, mais la fécondité même de leur sol que l'eau saumâtre devait stériliser pour des années. Leur vaillance obtint la récompense que le ciel accorde aux héros. Ils furent vainqueurs, donnèrent aux renforts français !e temps d'arriver et ohassèreut i'ennemi, avec l'aide du flot envahis-

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Dit item is een uitgave in de reeks Le courrier de l'armée behorende tot de categorie Oorlogspers. Uitgegeven in Anvers van 1914 tot 1940.

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