Le courrier du Limbourg

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s.n. 1914, 02 Mei. Le courrier du Limbourg. Geraadpleegd op 21 augustus 2019, op https://hetarchief.be/nl/pid/0v89g5hg9h/
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COURRIER DU LIMBOURG Ons'abonne àTongres' chez II. COLLEE, éditeur et propriétaire de cette e uille. Le Courrier paraît i famedi. Tout envoi concernant lejournal doitètre adressé franco à l'éditeur, grand place, 37-39, à Ton^res. Téléphoné 13 ABONNEMENT Un an . fr 5* Six mois. » 3 Pour l'étranger leport en sus. Les abonnements sont payables paranticipition Annonces : la ligne!/ .0,15 Un numéro, [ .0,10 Réclames, r parafions judiciaires et aut es insertions dans le corps du journal, 1 fr. la la ligne. On traite àforfaitpour es annonças à longterme FEUILLE HEBDOMADAIRE. PREMIERE FEUILLE. Élections législatives DU 24 MAI Votez ainsi Van Ormelingen pjjj^ Gielen Plaatsvervangers. — Suppléants. Deploige ppfjjl Ceelen r'?Çlr ., pi|| Meyers I)ol voie I - f g '' ' " nrnmi>TrK'g-3Mr m i ut i1 Le scrutin du 24 mai. Trois semaines exactement nous éparent du jour où les masses élec-jrales de quatre provinces seront ppelées au scrutin. Comme toujours rois partis se trouvent en présence : ;s socialistes, avec pour plate forme leclorale, la fameuse réforme du S. F. pur et simple ; les libéraux, désuis, désemparés, sans chef el sans oussole,n'ayant comme programme ue quelques négations; enfin,le parti atholique, étroitement serré autour u Gouvernement, présente au Pays jus ses efforts, toutes ses réformes ans les multiples domaines où son -avail s'exerce ; toute la liste si Dngue de bienfaits et de largesses our la prospérité du peuple belge. Le pays l'a compris. Il n'abandon-era pas son Gouvernement en qui il confiance depuis plus de 30 ans. es catholiques ont, le 2 juin 1912, igné un nouveau bail de 25 ans : ce 'est pas le corps électoral qui le îâiliera. Et sur ce, nos adversaires 'ont plus aucune illusion. Tous ont encore à l'esprit la eam-agne de forcenés qu'ils onl menée il a 2 ans. Libéraux et socialistes avaient fait un pacte énergique, baptisé Cartel, el qui comportait une haine éternelle au Gouvernement catholique. Après une propagande effrénée de plusieurs semaines, au cours desquelles tracts et brochures étaient distribuées à profusion ; les meetings se multipliaient, les journaux étaient lancéfe par centaines de mille, mais voilà, pour eux la victoire était assurée... Dieu merci tous leurs efforts vinrent se briser contre le roc immuable que formaient le parti catholique et tous les bons citoyens. Le 2 juin fut leur Waterloo !... on ne se relève pas facilement l'un désastre pareil. Depuis lors, :'est le désarroi complet dans les .roupes anticléricales ; le cartel est Drisé.ils vont à la bataille comme des soldats fourbus, n'en pouvant plus, jyant brûlé jusqu'à la dernière car-ouche.Les chefs sont rentrés dans l'om-Dre, laissant aux sous-ordres, la besogne peu rassurante de mener une ;ampagne sur l'issue de laquelle on l'a plus aucun doute.Et ces chefs,qui )nt l'air de s'être retiréssous la tente léclarent carrément qu'ils n'ont plus l'espérances... M. Paul Hymans ;crit: « Le scrutin de demain est un ï scrutin partiel qui n'englobe ni ( Bruxelles, ni Anvers et dont tout ( le monde sait d'avance qu'à raison ( de nos institutions électorales et de < la R. P. le résultat ne peut détruire ( la majorité régnante, mais seul.e-( ment la diminuer ou l'ACCROl rRE. » Les voilà donc ces fiers libéraux fui prétendent au pouvoir depuis rentre ans ; ils avouent enfin qu'ils îe peuvent plus compter sur rien. Et M. Hymans trouve la cause et a concrétise en ces quelques mots : i Ce qui a éloigné le libéralisme du : pouvoir, c'est la peur du socia-isme. » Vous voyez très clair. Monsieur le ïrand'maître, mais il est un peu ard. C'est dans ces dispositions de roupes abattues avant d'entamer la utte, que libéraux et socios vont à la :ampagne du 24 mai 1914. Nous t'avons, pour notre part, qu'à nous n féliciter grandement et à applau-lir dès aujourd'hui, le succès nou-reau que va remporter bientôt le Irapeau pour lequel nous servons. Toujours le Cartel La campage électorale est commence. Le parti national catholique, fort le son triomphe de 1912, continue sa utt • pour l'ordre, la paix et la prospé-ité du pays. Il rencontre les mêmes dversaires. La situation politique i'a pas changé. En 1912 les deux partis d'opposition, adical et socialiste faisaient ouverte-cient alliance.Souslenom deCARTEL, [s avaient réuni leurs forces pour arri-er au renversement du gouvernement iational. Aujourd'hui ils ont l'air d'abandon-:er l'alliance qu'ils avaient conclue. Ils ubstituent l'action parallèle à i'al-iance intime. Ils espèrent a nsi en-lorrnir La vigilance du.cnrps électoral. Ils essayent de faire oublier aux lecteurs que si les deux fractions de 'opposition obtenaient la majorité, inéluctablement le Gouvernement qu'elles établiraient serait un gouvernement de, cartel. Les libéraux — radicaux d'une part— les socialistes d'autre part ne représentent chacun qu'un quart du parlement | Le gouvernement qu'ils établiraient ! serait un gouvernement radical-socialiste.Nous avons sous les yeux, dans un pays voisin les hontes et les désastres que vaut a une nation un gouvernement radical socialiste. Electeurs ! Vous n'en avez pns vou-lu de ce gouvernement,en 1912. Avec une admirable conscience des intérêts supérieurs du pays, vous avez déjoué les desseins de nos adversuires. La situations n'a pas changé ! Nous luttons toujours contre les mêmes adversaires, contre les ennemis de l'ordre social, contre les pecheurs en eau trouble ! Contre les révolutionnaires admirateurs de la sanglante Commune de Paris ! Contre la Révolution ! Et la portion denos adversaires qui s'intitulent libéraux-radicaux de tout acabit, n'a pas à protester lorsque nous qualifions de la sorte leur attitude et leurs tendances. Ils nous ont donné ce droit en pactisant avec les socialistes, fauteurs avérés de Révolution. Mais il y a plus : nous nous en souvenons ! Au lendemain du 2 juin 1912 dans notre arrondissement, tous les tenants de l'adversaire répétaient avec ensemble : Il faut faire la Révolution ! C'était la Révolution que dans le fond de leurs âmes ils souhaitaient de voir se produire pour satisfaire leurs colères et leurs haines. Périssent l'ordre et la prospérité du pays, périsse la Belgique elle-même mais que le gouvernement catholique soit renversé. Oui le cartel était bien conclu ! Jusqu' au fond même des âmes ! Les alliés avaient adopté la même mentalité, les mêmes procédés, les mêmes vues ! La sagesse du peuple belge a sauvé le pays. La sagesse du peuple belge le sauvera encore en maintenant au pouvoir fort et respecté le gouvernement national, catholique. Le gouvernement a montré que le pays pouvait compter sur lui. Il a tenu tête aux révolutionnaires. Il a su dompter LA GRÈVE GÉNÉRALE, cette entreprise de malfaiteurs pu blics, qui risquait de compromettre la vie nationale, et dont les effets se font encore sentir dans la crise commerciale actuelle. Et c'est pourquoi, tous debout contre l'adversaire. CONTRE LE CARTEL ET LA REVOLUTION ! FOURBERIES. Le « Journal du Limbourg » publie ce qu'il appelle le Bilan Clérical du 2 juin 1912 au 24 mai 1914. i. Avant les élections las catholique» ne voûtaient que du service miiitiiira d'un fils pce- famille. Après les élections, les catholiques prennent autant d'hommes et de canons qu'ils b jugent bon! Voilà l'affirmation. Or tout le inonde sait que l'Angleterre a invité la Belgique à renforcer son armée, à la mettre en état de défendre son indépendance, la Belgique ne pouvant plus compter snr l'Angleterre. Le gouvernement catholique a rempli son devoir patriotique ; il a renforcé l'armée dans la mesure nécessaire. Le service militaire est généralisé, mais seulement 49 pour cent des inscrits doit marcher. Quels griefs peut on faire valoir contre le Gouvernement pour avoir rempli son devoir dans les circonstances nouvelles où s'est trouvé le Pays ? Mais voyez la fourberie : Nos adversaires sont partisans du service absolument généralisé. Ils l'ont assez proclamé. Tout le monde soldat ! Ce qui coûterait plus cher, beaucoup et beaucoup de millions de plus que ce que le gouvernement a dû dépenser sur l'invitation de l'Angleterre. Si les libéraux-radicaux-socialistes venaient au pouvoir, beaucoup plus d'hommes encore seraient pris pour le service militaire, beaucoup de millions seraient nécessaires, de |nouveaux et gros impôts seraient votés. Voilà la fourberie ! Ces gens prennent les électeurs pour des imbéciles I II. Les maitres fourbes écrivent ensuite qu'en 1912 il y avait rémunération cie 1 frc. par jour, mais qu'actuellement la rénumération des miliciens est supprimée.Ceci n'est plus seulement de la fourberie ; C'est un mensonge éhonté ! La rémunération des miliciens subsiste toujours, mais elle n'est plus accordée qu'aux miliciens dont la famille est dans le besoin ! Et celà est juste ! Et celà est légitime ! Cette disposition réservant la rémunération des miliciens dont la famille est dans le besoin a d'ailleurs été votée par toute la Chambre: catholiques, libéraux et socialistes ! Et vous voyez encore la fourberie des rédacteurs du Journal du Limbourg! III Autre fourberie : Ces gens sans vergogne écrivent : en 1912 pas de nouveaux impôts ! En 1914, 50 à 60 millions d'impôts nouveaux. En 1912 il n'était pas question d'impôts puisqu'il n'était pas question de réforme militaire. Mais dès l'instant ou il a fallu augmenter l'armée, il a fallu trouver des ressources pour en payer les frais. Où le gouvernement a-t il trouvé ces ressourses ? Principalement dans l'impôt sur les valeurs mobilières, sur les opérations de bourse, c'est-à-dire que le Gouvernement s'est adressé aux riches, aux contribuables qui pouvaient le plus facilement supporter les dépenses nouvelles pour la défense de la Patrie ! IV. Dernière fourberie. — Les catholiques ont promis la pension de 360 frs aux vieux ; or la pension de 65 frs subsiste encore ! Cette tourberie de nos adversaires est la plus abjecte qui soit ! Dès 1912, hn conformité de ses promesses le gouvernement a déposé le projet de loi organisant la pension de vieillesse et toutes les assurances sociales. Pourquoi cette loi n'a-t-elle pas pi encore être votée ? Parceque depuis 1912 nos adversaires libéraux et socialistes ont fait perdre tout le temps a la Chambre en organisant l'obstruction sur toute la ligne ! ils ont multiplié les interpellations de tout genre, ils ont traîné les discussions sur i.a loi . scolaire, SUR LA GRÈVE GENÉ-■ RALE. Ils ont entravé le développement de la légistation sociale. En oe moment nos mandataires ont triomphé de l'obstruction ra-dico-soclaliste.La loi sur les pensions est discuté à la Chambre et ce problème sera | résolu coûte qut coûte. | A ons nous raison de traiter nos adversaires de FOURBES el leurs ^ manœuvies de FOURBERIES ? | ET APRÈs! | Les adversaires du Gouvernement, que le penple belge a maintenus au pouvoir depuis 30 ans, nous ont habitué à tant de lactiques différen-j tes qu'on pourrait s'y laisser prendre. Heureusement, on arrive à déjouer leurs inlrigues el a dénoncer au public leurs menées souterraines el cachées. A propos du Cartel, ils se livrent encoro à un double jeu que nous ne pouvons passer sous silence. Les élections qui approchent leur donnent cette frousse salutaire qui pourrait être le commencement d'une sagesse relative. M. Hymans et la feuille de Vandervelde dénoncent à qui mieux la déplorable lactique du Cartel. Pour eux de Cartel est la pire des machinations infernales pour faire triompher les calottins... « Le libéralisme se présente devant » le pays sans confusion possible, ® dit Hymans, tel qu'il a toujours » été. Le devoir des libéraux est de » lutter pour les libéraux unis, rien » que pour les libéraux. » el ailleurs : » C'est l'allience avec les socialistes » qui a affaibli le parti libéral ». Le « Peuple » écrit : « A nous de montrer l'abime qu'il » y a entre le socialisme et le conser » vatisme social des libéraux et des » calollins. » Très bien 1 mais, examinons un brin la sincérité de ces gens-là. Ils onl compris que le Cartel en rapprochant le libéralisme des pires ennemis de « l'ordre et de la propriété », leur avait aliéné bon nombre de voix de modérés qui voyant enfin clair s'étaient tournés vers le seul et vrai parti national des catholiques. Ils abandonnent le Cartel, mais par tactique électorale, car dans la coulisse, le Cartel subsiste toujours, el au lendemain d'une victoire anticléricale, tout à fait problématique, on les verrait s'unir sur le terrain antireligieux.M. Lorand, le radical député de Virton, écrivait le 15 janvier : « Si on ne fait pas le Cartel avant » l'élection, il faudra bien le faire » après, à la Chambre, car les libé-» raux ne pourraient demeurer au » pouvoir qu'avec l'appui des socia-» listes ». La tactique est donc claire et le double ieu de l'oDDosition est. hien la f maniéré sournoise de tromper le s électeurs, à laquelle nous sommes accoutumés de la part des anticléricaux.D'ailleurs un ministère de gauche serait voué à l'incohérence, impuissant à maintenir la prospérité du pays, impuissant en matière sociale, mais fort seulement contre les libertés religieuses. Mentalité à combattre Certes, la campagne électorale de cette année est conduite on ne peut mieux par nos amis et tout fait prévoir un succès pour le 24 mai 1914, à touUe moins égal à celui du 2 juin Aucune question ne passionne le corps électoral ; toutes le laissent plus ou moins dans l'indifférence. Il reconnaît que le gouvernement agit sagement dans toutes les questions qu il a à régler ; que le pays, depuis cru il a mis a sa tète des hommes de droite, n a connu que la prospérité ; qu'il n'a enfin qu'à se féliciter de la manière dont le parti catholique a gouverné le pays depuis trente ans. En 1912, pour un très grand nombre, le gouvernement semblait être en péril. La majorité à la Chambre était descendue à six voix et l'opposition, depuis un an, chantait sur tous les toits que c en était fini de la « domination cléricale », que le parti catholique allait succomber et céder sa place à la coalilion du cartel. L'électeur, en présence de ces prédictions, entendant le vacarme assourdissant fait par l'anticléricalisme à la veille du scrutin et croyant poulie bon au renversement du gouvernement dont il n'avait pas tropjà se plaindre, eut peur du changement. Ju allait lui apporter le bloc, qui se lisait prêt à prendre les rênes du pouvoir ? N'allait-il pas assister à ane politique d'exagération, de sec larisme et l'agitation de la part l'une majorité de gauche ? Après tout, il ne se sentait pas si mal à aise dans son petit pays, personne ïe 1 inquiétait, les lois votées depuis /ingt-huilans avaient toujours eu du ion et, sérieusement, la politique catholique n'élait pas si critiquable jue voulaient bien lui dire les placards du cartel. Il voulut le maintien du pirti catholique au pouvoir et renforça de 10 voix sa majorité. Certains électeurs trop confiants courraient se tenir de langage-ci : « Après tout, le gouvernement est ) assuré de conserver une majorité > suffisante II ne serait peut être pas > bon de trop l'encourager et de le ) renforcer. Ne se laisserait-il pas > aller a commettre des actes incon- > sidérés, s'il possédait encore plus » de voix qu'actuellement? C'est bien » assez de 16 voix et il pourrait se » sentir trop fort et se départir de sa » modération, dont il n'a cessé de » faire preuve jusqu'à ce jour. » Ces réflexions doivent être corn-r battues énergiquemenl.Nous devons dire et redire que celte idée est mauvaise, ne repose sur aucun fondement et est au plus haut point dana-ereu.se feuilleton du COURRIER DU LIMBOURG — N" 20. — LA RANÇON DE L'HONNEUR bar SERGE DAVRIL. Ces pratiques,barbares sans doute.ne devi eu t Bas avoir d'au!re bu.que de frapper l'ima«i-lation des peuplades gouvernées par Béhanzin t si les murs des palais de justice de tous les ieuples civilisés chez lesquelles on pratique la leine de mort étaient surmontés des crânes des ondamnés à mort qui ont payé leur dette à la ociété, il n'auraient rien à envier au palais oyal d'Abomey. L'ami de la France, le cousin de Behansin, s roi Tolfa de Porto-Novo, pratiquait la justice 'un3 façon qui n'était guère plus élégante, et is empales des rives de la lagune ou des forêts i rol'ondes entourant sa ville, témoignaient aussi ien que les crâ ses du palais d'Abomey, des igueurs de sa juridiction souveraine. Béhanzin a peut être droit à une réhabili-ation.S'il avait été aveuglement cruel et d une bar-S arie sans njra comm; on s'est plu à le dépein-! re, ses guerriers et les femmes qui compo-aient sa garde d'honneur, Ls amazones, ne se eraient pas fait tuer pour lui au moment de la {eproduclion.i lierdils aux journaux qui n'ont i as le traité avec la Société de Gens de Lettre„ 'e Paris. conquête,avec un fanatisme qui eut été appelé de l'héroïsme sous toute autre latitude. Les cornlja's du 4 mars 1890 à Cotonou, du 17 avril de la même année à Atchoupa, où trois cent cinquante soldats réguliers, renforcés de quelques centaines de guerriers du roi Tolfa, mirent en déroute l'armée entière de Béhanzin, évaluée à sept mille guerriers et deux mille amazones, c'est-à-Jire plus de vingt l'ois supérieurs en nombre à l'armée française, suffisent à démontrer que Béhanzin ne savait tirer parti ni des ressources que lui offraient les vastes forêts de son pays, ni des terribles ennemis des Européens au Dahomey : le soleil, l'eau, le climat, la brousse. Les combats de Dogba, de Poguessa, d'Akpa, de Kotopa d'Abomey en 189'2, lurent des engagements un peu plus séiieux qui coulèrent la vie à un certain nombre d'Européens, les Dahoméens s'étant procuré des armes et ayant appris à se servir tant bien que mal de celles qu'ih possédaient. A l'arrivée de Gérard au Dahomey, Béhanzin Ahydjéré était proclamé déchu de son trône et banni de son pays. _ 11 s'était retiré à Atcbéribé, point situé à deux journées de marche au nord u'Abomey et avait établi son camp dans une clairière située au centre d'une épaisse forêt. 11 était gardé par quelques amazones et par deux cents guerriers environ, parmi lesquels la vaiiole faisait de grands ravages. Son prestige avait été fortement atteint par ses défaites successives qui avaient coûté la vie à un grand nombre de ses partisans et son autorité rie parvenait point à enrayer les désertions qui se produisaient quotidiennement dans les rangs de sa troupe. Malgré ses tentatives pour obtenir la paix à d des conditions acceptables » et qu'il fixait lui-même sur des bases qui auraient annihilé l'effet : matériel et moral ré.-uliant de la prise d'Abo ; mey, le gouvernement français avait riééidé de ! ne pas ajouter foi à ses promisses et de lui laisser le choix entre la soumission ou la fuite. Béhanzin prit ce dernier parti. En attendant les opérations qui devaient pacifier définitivement la colonie, le détache ment d'infanterie de ^marine était cantonné au fort Uudard à Porto-iNovo. Les exercices miltaires préparatoires consistaient en petites marches hebdomadaires dans les environs de la capitale, du côté d'Atchoupa ou d'Adjara. Ces promenades s'eliectuaient à travers la brousse, dans les petits sentiers où il était impossible à deux hommes de marcher de front. Le reste du temps était employé, par les européens, comme ils l'entendaient, en courses libres à travers Porto-Novo, en soins donués à leur santé qui se débilitait de jour en jour. Un petit nègre du nom de Mouchou, était venu offrir ses services à Gérard et celui-ci, l'avait ganté comme interprête, comme guide comme intermédiaire dans ses relations quotidiennes avec les indigènes. Ce petit Mouchou, âgé de sept ou huit ans au plus, était très habile déjà dans l'opération qui consiste à extraire ies chiques. Pour un sou, il savait trouver au marché une demi-douzaine d'oeufs, d'oeufs miuiscules de toutes petites poules el, pour un bouton de vareuse ou tout autre objet île métal brillant, il savait obtenir une douzaine de ces petits œufs frais. Gérard l'accompagnait souvent, lorsque la fièvre intermittente ne le retenait pas sur son ta rat. Porto-Novo est une grande ville de près de quarante mille habitants,qui occupe une superficie considérable. Gérard s'était imaginé que les nègres de l'Afrique Cenlrafe étaient des barbares aux mœurs sauvages et il était surpris de voir jusqu'à quel point les lois de la décence étaient observées chez les Dahoméens. Sur le marché, les femmes drapées dans leurs pagnes de cretonne bleue vendaient du sel, du manioc, des oranges à peau verte, des liges de canne à sucre cuites à l'eau, du mais pilé dans un mortier et Int dans cette huile de palme qui répand une lumée âcre et une odeur repoussante ;du poisson, de la kola,du coton,tabac en feuilles ; maintes autre choses qu'elles appor tent sur leur tète, dans des paniers plats ou des V3ses de terre. Elles sont toutes d'une grande propreté et d'une grande coquetterie. Elles ont, aux puignets, quelques bracelets de fil de fei et un grand nombre de grigris ou porte-bonheur et autour des reins, des ceintures en vertèbres de serpents qui sont encore (les gtisgris. Leurs attitudes sont toujours pudiques, modestes, et lorsqu'un soldat veut prendre avec elles cette simple privauté qui consiste à leur effleurer le bras ou l'épaule de la main, elles s'enfuient prises d'une insurmontable terreur en abandonnant sur place marchandises et tout. Gérard s'amusait à écouter leur langage plus doux encore que celui des anglaises, agréable à l'oreille comme un verbiage d'oiseaux. 11 s'amusait à les apprivoiser, à les guérir de la terreur que les blai.es leur inspiraient et ue manquait jamais, en les abordant, de les saluer d'un : « Okou mamy n (b injour madame), en s'efforçant de mettre dans ces deux mot*, auiant de douceur et de révérence qu'elles en m ttaient dans leur réponse, accompagnée d'un gracieux mouvement de la tête : « Okou dady ». 11 s'efforçait de leur inspirer de la confiance, de leur prouver que tous les blancs 11e sont pas des barbares sans respect pour les usages comme pour la propriété d'autrui. 11 leur payait scrupuleusement les marchandises qu il leur achetait et, à son passage, les marchandes lui souriaient ; les marchands s'interrompaient de se frolter les dents avec l'ext é-uiitéd'un fragment de rameau d'un bois spécial pour lui adresser un salut aimable. Mouchou accompagnait Gérard dans toutes ses promenades ; il était l'interprète de ses sentiments pacifiques auprès des indigènes effarouchés. Vingt fois par jour le petit Mouchou donnait à son grand ami des preu -es de dévouement, de son amabilité et de son intelligence. Mouchou se multipliait pour être agréable à .on maître. Parfois, lorque Gérard s'asseyait et demeu" rait pensif,l'enfant s'inquiétait. — Toi. avoir chagrin d'être loin de t many » Gérard. — Oui, mon petit Mouchou. — Toi avoir « Kékéré » Gérard, là-bas 1 (des petits enfants qui portent ton nom ?) — Non mon petit Mouchou. L'enfant se recueillait un instant, voyant bien que ses questions tournaient la pensée de son ami vers des choses noUalgiques et s'efforçait bientôt de le tirer de sa tristesse. — C'est loin, loin, Paris ? — Très loin, oui. — 11 faut passer trente jours sur les grandes pirogues pour y aller t Pour compter trente jours il ouvrait et refermait trois fois de suite les dix doigtsde ses deux petites mains. De pareiles distances dépassaient son entendement et sa compréhension. Du reste, Antonio, l'instituteur, lui avait parlé de sa France comme d'un pays de prodiges et de miracles,et cet entant, qui vivait parmi les miracles de la nature,dans les plus merveilleux paysages, rêvait des pauvres collines, des pauvres plaines des pauvres forêts de France, comme des paysages dépassant mille fois en splendeurs la beauté des paysages tropicaux. 11 interrogeait : — Tu habites une belle maison là- bas ? — Une maison tout ordinaire pour là-bas, mais plus grande et plus belle que la case du gouverneur. — Est-ce vrai que, l'hiver, l'eau des rivières gèle et devient dure comme de la pierre ? — Oui Mouchou, c'est viai. — Mais alors, les poissons, que deviennen'-ils ? Ils mturent ? — Quelquefois. — Comment peut toujours penser à ce pays effrayant'/ Est ce vrai que l'hiver, il tombe des llocons d'eau blanche,légers comme des plumes d'aigrettes ? — C'est vrai Mouchou. — A quel moment est-ce l'hiver ? t* — En décembre, janvier, février, au momen de la saison sèche ici. Mouchou n'arrivait point à comprendre que la saison froide de France coincidât avec da période de la saison sèche là-bas, de la., saison lorride où les arbres sont dépouillés de leufs feuilles par le soleil qui les grille, où les grandes herbes sèchent,où quelques arbres meurent faute d'humidité. L existence des soldats dans l'attente de la colonne était uniforme et monotone. Gérard passait le temps où la fièvre faisait trêve a écrire à sa famille, à en attendre des lettres. Comme le courrier de France apportait des émotions I Avec quelle angoisse chacun des militaires ouvrait les lettres qui lui étaient adressées. Comme les doigts tremblaient en dépliant la feuidel comme les yeux s'emplissaient de larmes en parcourant les lignes qui parlaient des cbers absents I Nombre de ces lettres arrivaient trop tard. Leurs destinataires avaient été emportés p ir une insolation, par la dysenterie, par la fièvre bilieuse hématurique, — la terrible fièvre aux urines noires,—par le tétanos qui règne à l'état endémique dans la colonie, par la variole qui sévit gravement et en tout temps sur les indigènes, par la furonculose,par la fièvre chaude ! Rien n'était triste comme cet appel aux lettres, du vaguemestre passant dans le canton^ nement et prononçant à haute voix les noms de ceux pour qui il était arrivé du courrier. t Présent I » ou hien : € à l'hôpital t. « Mort de ce matin ». « Mort de la semaine dernière ». t Couché sur son tarat par un accès de fièvre ï. i Ne peut se lever, il a la dysenterie ». «Mort »! A chaque instant le mot noir <t Mort I » tombait lugubrement comme un tintement de glas, et un frisson de froid parcourait l'échine de ceux qui avaient encore assez de santé et de force pour recueillir le précieux papier qu'on leur remettait. (A Suivre). Ce numéro comprend 8 pages. Samedi, 2 mai 1914 61m0"Aaiiée 18.

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Dit item is een uitgave in de reeks Le courrier du Limbourg behorende tot de categorie Katholieke pers. Uitgegeven in Tongres van 1854 tot 1921.

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