Le matin

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s.n. 1914, 23 Maart. Le matin. Geraadpleegd op 18 augustus 2018, op https://hetarchief.be/nl/pid/nc5s757q0t/
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i undi 23 fVSars 1914 HUIT PAGES - CI^Q CENTIMES 21m3 Année N° 82 RÉDACTION 39jVIEILLE BOURSE, 39 AftiVEIiS Téléphone Rédaction : SI1? ^_330M.ïî-eI,lellts • l Un an • . • • • fr- 1 ® Anvers , Six mois .... «KO /Trois mois . ♦ • . «> »U (Un ail lO.OO litimeou Sis mois «.KO /Trois mois ...» Étranger France, Angleterre, Allemagne et Union vostale, Bar trimestre, fr. 9.00. — IKillandc et ; Grand-Duché, par trimestre, fr. ? .00„ L'abonnement se poursuit jusqu'à refus formel. LE MATIN JOURNAL QUOTIDIEN ADMINISTRATION 39,VSESLLE BOURSE, 3S AMVER@ Téléphone Administration : S 451 C. de ÇAUWER, Directeur AT» tt onces : Annonces la petite ligne, fr. O.îîdi Annonces financières id >1 OO Réclames la ligne, > 1 .SSO Faits divers corps id. > 3-Oil> Chronique sportive id. » 3 <M> Faits divers fin id. » 5S.4ÏO La Ville id. > S-OO Emissions Prix à convenir. Les annonces de la France, de VAngleterre et de l'Amérique sont exclusivement reçues à Bruxelles chez MM. J. Lebkgue a Co. Le suffragisme —<«»—— - Vous voulez que les femmes fassent de la politique, écrit quelqu'un, à propos de : Mme Caillaux, à un confrère parisien qui qualifie son correspondant d'ccironiste»,vous voulez que les femmes fassent de la politi-I que? Eh bien, vous voilà servi ! Avez-I vous entendu ces coups de revolver chez le [ voisin? C'est une femme qui témoigne de | l'intérêt aux affaires publiques. Quand les | «citoyennes» s'en mêlent, il.faut reconnaî-[ tre qu'elles n'y vont pas de main morte.» I Et le confrère, dont le tirage dans ces der-( niers temps, grâce à un habile coup de [ barrfe dans les eaux féministes, s'est consi-I dérablement accru, de répondre, en démon-[ trant qu'il est injuste de généraliser: «Au I surplus, dit-il, est-ce une femme qui a tué I Victor Noir? Est-ce une femme qui a tué [ Carnot? Est-ce une femme qui jeta jadis [ œe bombe à la Chambre? S'est-on jamais avisé de rappeler ces gestes criminels et ! d'en tirer argument pour contester aux } hommes le droit de voter?» Pardon, mais Victor Noir fut tué au cours d'une querelle violente qu'il eut avec le prince Bonaparte, auquel Paschal Grousset l'avait envoyé comme témoin. Ce fut, de la part du prince, un geste malheureux, coupable, répondant cependant à une provocation. Caserio, qui assassina le président Carnot, Vaillant, qui | jeta une bombe à la Chambre, étaient des anarchistes. Ils avaient un mobile, un but -criminels, stu'pides, exécrables, soit, mais ' an mobile et un but. Mme Caillaux n'en avait aucun. L'exaspération, la vengeance?.. ! Ce qui serait admissible tout au plus chez : une midinette qui, abandonnée, lance à la l'tête de son amant un bol de vitriol, ne l'est plus pour la femme d'un ministre qui fraie l avec des princes et des ambassadeurs. Mme | Caillaux pouvait et devait mesurer les conséquences de son acte, non seulemenl au hoint de vue de la situation de son mari, ■ mais encore à celui de la politique et du pistige du gouvernement dont il faisait ' Mie, Car il n'y a pas à dire, son coup de : revolver a mis en fâcheuse posture pas mal s, gouvernement en France et le déballage qui s'ensuit n'est franchement pas favorable à la république^. . réaJité, comme le Matin le disait der-F nieremnt, Mme Caillaux a obéi .à sa ner-wsite. Elle a mis sa rancune personnelle, j îancune de femme, au-dessus d'intérêts upeneurs qu'elle ne pouvait pas ne pas onn^1'6. Comme le prouvent jusqu'aux t ... • matériels de son crime, ette paraît on agi dans toute la plénitude de son S™ féminine et c'est ce qui seul I L,. excuser un peu; car, avant, pen-I iivniT .elle ne semble même pas ... eu , n°tion exacte de ce que c'est Lanri r ™r ni de ce qui peut arriver lAn-ic on. sfn, sei't contre son prochain. I c°ngrûment déchargé sur i «Jpn'ni "î s*x balles de son arme: — II dpriart> lui donner une leçon...» eu i-', " a Peu-Près. comme s'il n'y eût D'ai]|pn!JmnC0up déventail sur les doigts. ipeuvif*» «i re&retté son geste — un i heurcuv « r ~ et en parlant du mal-1 irais sv'/' lment> eUe ajouta: — «Je vou-i Sirantf-s f m'ui des nouvelles plus ras-' Ce& '• EI e lui devait bien cela. 1 lequel on V1®U-X d.e h.uit iours et sur I plus on i m P/5?ue a l'infini, n'offre déjà 'raat nar ^4 •ret relatif- Mais le fait mon-Wractero f. ai!}s côt®s l'incompatibilité du est p remiemimn ^ de la politique n'en s°nnalité rio^v a noter' m surtout la per-e"ea véen et °lne' le milieu dans lequel I parl»r ai,p ,!o au,m°ment où l'on n'entend I fetorauv r,confercr à la femme les droits Icefait de's'expmlio11 vain 5Iue r°n oppose à Cïlin. Il nont P es Pns dans le camp mas- |fh3 mobiles diffères' g®SteS; 1 homme w „ ; , ; ,En ce qui concerne I te's Qtte'cenv C'f^ erivant de ces mobiles, 1es épisodes rlp i6S i ^S ha<i*' ne sont *îue 'iiûents des ni ^ idées, des sen- siWent'natn-pnSS10ns pour laqnelle le dé-ses 'acuU?sUie"emfnt sa force physique et I l'utilité d'ens-an-p1 fS' Mais l'°PP°rtunité, i te"e lutte i ri , emme dans ce que | aeerbe, la nnm? outrancier et de plus ^montrer 1C*Ue' res^e entièrement à i * 1J Opportunité w.C<P8,i PrinciPalement quant 011 Puisse adresser nm°mire défaut I !e ne Pas arrivé 4 u suffragisme, c'est i av°ir bien ma) f s.01? heure, ou plutôt de où daH01S1f- En effet' c'est au [i^titutions nai'lo-n ? .uPart des pays les I eau' où leur „? aires ba,issent de ni->e en Pran " P^SSance se révèle, où, ^créditées nue i'p« 16S SOnt comPlètement nr dans les not.f0 fenJmes songent à en- Pauvres1 T ' -Et qu'y feront" I essai>t leuv sexphnl ! lois .sociales, inté-L ! Vetaent des rn'n j-î?s travaiHeront au re-ais si ces cn^i r ns de la femme?... \lafemrae deviSndPSe iS°nt améliorées. i SOîtenir la ™ de phls en Plus apte [ |e 'errain rte inT^T6 de l'homme sur ï^tmêm7à l'Sfln^œm're et des servi- [ ïî.P^ents c^r1,06,^681 certes pas l"a'ive quelle le doit C'p«t l'fni l!Lde» Penseurf des éducateurs ^Ue s°n sort r>r4n et Philanthro- NwSftp0 et dont raction dehors des enceintes légis-l^tue du r„tf10c'ure ces bienfaits.De cela 5ttttaêleut, c'œt ou'îl^ parlèrfientaires ,C86t quil y a toujours en sous- ordre des visées politiques, un intérêt élec-i toral. Voyez ce qui se passe chez nous! On ne discute guère le principe de l'électorat féminin si ce n'est en corrélation avec la politique des partis, chacun examinant, cal-! culant, supputant ce qu'il pourrait en reti-rer, ce qu'il devrait en craindre. De son but, des réformes qu'il implique, il n'en est pas question. Au surplus cela ne se passe pas différemment ailleurs. Et c'est dans ce parlementarisme, qui n'est pour les uns qu'un moyen d'apaiser leur soif d'ambition, pour les autres une carrière, dont se détournent l'industrie et le commerce, même les travailleurs, que des malheureuses placent leur confiance, leur espoir!... C'est pour lui que les suffragettes anglaises arrêtent, insultent, attaquent dans la rue des personnages revêtus de fonctions publiques, incendient des -édifices, souillent ou détruisent les correspondances privées, déshonorent les œuvres d'art, se laissent emprisonner, mourir de faim, écraser par les chevaux de course... Des martyres, évidemment, si ce n'est des folles. Leur nombre, là comme ailleurs,s'accroît, bien entendu, du triste reliquat des désabusées, de celles qui, pour des causes plus faciles à se figurer qu'à déterminer, vivent en dehors du mariage et qui trouvent, à leur destinée mélancolique, un dérivatif dans ce dur apostolat. Enfin, il faut tenir compte aussi parmi elles de celles qui considèrent le suffragisme comme le comprend la forte majorité de leurs congénères masculins, les arrivistes. Mais qu'on le voie, comme le voit le correspondant ironiste de la feuille parisienne, c'est-à-dire à la lueur sinistre sortie de l'arme de Mme Caillaux ou à travers la burlesque et douloureuse odyssée de ses prêtresses britanniques, il ne paraît issu ni de la raison, ni du sens pratique des choses. Simplice Reportage parisien (Correspondance, particulière du Matin.) Les obsèques de M. G. Calmette. — La commission d'enquête. — Dans Paris. Paris, 21 mors. Les obsèques de M. Gaston Calmette ont été célébrees, vendredi dernier, au milieu d'une afîluence considérable, si considérable que d'aucuns évaluent le nombre deg assistants à près de deux cent mille. Ce fut, bien plutôt que des funerailles, une manifestation politique, du moins un prétexte à manifestations anticaillautistes, royalistes, etc. Sans respect pour la mort, on cria pourtant: A bas Calmette! comme on poussa le .cri de Vive Caillaux! et ces deux souhaits furent suivis île gagarres lamentables, de coups de cannes ou de poignées de sabre, de charges de cavalerie, voire de coups de feu. J'estime que le cortège qui eût dû être tout de silence et de recueillement, n'eut pas le caractère de grandeur auquel on s'attendait. La faute en revient, il faut bien l'avouer, à la réaction, qui avait mobilisé toutes ses troupes, que dirigeait — ou paraissait diriger — l'Action française, c'est-à-dire ces malheureux Camelots du Roy. La politique ni *la polémique ne s'arrêtèrent un instant devant le seuil ue la maison où gisait la dépouille mortelle, ni devant l'église, ni devant la fosse elle-même, et les discussions les plus âpres se poursuivirent derrière le cercueil. (C'est là d'ailleurs un des travers du Parisien, sinon du Français, de ne pas savoir faire taire à certaines minutes, meme lorsque la plus élémentaire pudeur ou ia simple dignité le commanderaient, ses haines ou ses enthousiasmes, ses rancœurs ou ses joies...) ht voici donc le drame du «Figaro» dans l'Histoire. * « * Aujourd'hui, toutes les attentions, tous les regards se reportent vers la commission d'en-quete de l'affaire Kochette, tribunal parlementaire qui semble prendre son rOle au sérieux et que préside M. Jean Jaurès, et tout le monde appelle la lumière, toute la lumière, dans un besoin de vérité plus fort que tout. On a cla-baudé dans le noir durant ues années,on a patauge dans la boue, on a vécu dans l'air le plus vicié qui soit... Ouvrons grandes les fenêtres et puis ouvrons nos yeux et regardons la clarté, osons la regarder franchement, bien en face, sans cligner des paupières. Laissons-nous aveugier s'il le faut, mais démasquons sans peur tout ce qui rampait dans l'ombre. Il faudra sans doute sacrifier quelqu'un, peut-être quelques-uns? Nous les sacrmerons, s'é-cne-t-on de toutes parts... Hélas, chaque jour d'enquête laisse entrevoir de nouvelles complicités, de nouveaux coupables et de nouvelles fautes et les noms de tous les grands hommes de la République vont être mêlés,si cela continue,à ce scandale presque sans précédents. Déjà MM. Monis et Caillaux, tous deux ministres, qui furent tous deux présidents du conseil, y perdent l'honneur. Traduits devant ce nouveau comité de ; salut public, ils ont à répondre à cette ques- ' tion terrible: «Oui ou non, MM. Monis et Cail- ! : laux ont-ils violenté la conscience d'un magis- ' i trat pour favoriser les agissements de l'escroc ; Rochette et entraver l'action de la justice?» Interrogés, tous deux se renvoient la balle, ; ] s'accusent mutuellement, se chargent, et puis 1 s'embrassent pour tomber en chœur, et à bras 1 raccourcis, sur quelque collègue et l'entraîner 1 dans leur irrémédiable chute. M. Briand a été de la sorte accablé par eux. 1 De M. Barthou, point n'est besoin de souligner i l'etrange rôle. M. Barthou est, moralement du i moins, perdu, de l'avis général — et voici en 1 outre je ne sais combien de gardes des sceaux : compromis... Du procureur général Fabre qui • se lait accusateur du public et du pauvre r;ré- ! sident Bidault de l'Is^e, qui avoue lui-même • ses mensonges et de M. Lescouvé qui «mantre : , le morceau», que dire? Que dire et que pen- / ser, qui ne mette pas au cœur la révolte, ou ne soulève l'indignation? Un journal, à propos du fameux document Fabre, qui fut sans doute la cause initiale du meurtre de M. G. Calmette, et dont on craignait tant la publication, écrivait l'un de ces derniers jours ceci ou à peu près: «La façon dont ce document a été écrit, remis au garde des sceaux, puis soustrait ,des archives du ministère de la justice n'est pas moins déplorable que la façon dont la campagne a été menée à son sujet. Voilà un procureur général qui prétend avoir été l'objet d'une pression de la part du président du conseil et, au lieu de résister à cette injonction, il aurait simplement épanché sa rancœur dans une confession!... Mais pourquoi n'avoir pas fait part de ses scrupules à son chef naturel, le garde des sceaux d'alors ? Pourquoi n'avoir pas, un peu plus tard, ouvert son cœur à la commission d'enquête présidée par M. Jaurès, alors- que ce dernier insistait pour connaître la vérité?... » Pourquoi n'avoir pas démissionné avec éclat et déclanché l'affaire et découvert à cette époque toute la forfaiture ? Est-ce qu'il y a une conscience de magistrat et une conscience d'homme?... Il a fallu trois ans à M. Fabre pour avoir ce sursaut d'honnêteté — honnêteté limitée d'ailleurs, puisque ce haut magistrat ne comprend même pas aujourd'hui qu'il est indigne de sa robe rouge et ne songe pas encore à donner sa démission. Au surplus, on le démissionnera. » Mais ce qui dépasse l'imagination, ajoutait l'organe en question, c'est ce qui s'est produit depuis lors. M. Barthou, qui reçut cette pièce des mains de M. Briand, la mit dans sa poche et l'emporta à son départ du ministère. Pendant deux ans, il n'en dit rien. Puis brusquement, parce que M. Caillaux était revenu au pouvoir, parce qu'à tout prix on voulait le renverser et le gouvernement avec lui, ce document officiel devient une arme sournoise et empoisonnée, la pièce essentielle d'une machination de presse. » Quelle douloureuse lumière tout ceci projette sur une campagne au cours de laquelle un homme a payé de sa vie ce qu'il croyait être son devoir ! Le procureur Fabre lui-même, ne déclarait-il pas vendredi devant la commission: « Le document que je fournissais avait un caractère judiciaire. Ce n'était pas précisément à M. Briand que je le confiais, mais au ministre de la justice, qui n'avait pas le droit d'en disposer. » Grande a été ma surprise quand, deux ans aprèg, j'ai appris qu'un journaliste avait ma note entre les mains' eî se-diSpo'sâH à la publier. Je considérais comme inviolable le dépôt que j'avais fait entre les mains du garde des sceaux. » Toutes les fois que l'on m'â parlé de ce document, j'ai déclaré qu'il n'existait pas. J'ignore dans quelles conditions mon papier est passé des' mains de M. Briand en d'autres mains. Le détournement qui en a été fait constitue un abus déplorable. » A ce scandale, des noms d'avocats et de journalistes sont mêlés. On prononce aussi tout bas des noms de femmes, naturellement. Au surplus, il semble que tout à coup les langues se soient déliées. Tout le monde parle à la fois de ce que tout le monde connaissait depuis trois ans — et taisait... Hier encore la consigne était: Pas d'histoires! Elle a changé depuis, et c'est à qui racontera les pires aventures, dénoncera les pires manœuvres. Dans le public, d'ailleurs, on ne s'étonne même plus. Chacun s'attend à tout, tout apparaît possible. Il est vrai qu'après le drame de lundi dernier et ce qu'il a fait naître, on peut supposer que plus rien ne saurait dépasser cela, en honte ou en horreur. « Cependant — ces lignes d'Anatole France me reviennent inlassablement à la mémoire — pour un cœur patriote, quel sujet d'étonne-memt et quelles causes d'inquiétudes! Quoi! pour trahir la cause populaire, ce n'était donc pas assez de Mirabeau, de La Fayette., de Bail-ly, de Pétion, de Brissot? Il y fallait encore ceux qui ont dénoncé les traîtres? Quoi! tous les hommes qui ont fait la Révolution ne l'ont faite que pour la perdre!... Où s'arrêtera l'exécrable enchaînement des traîtres trahis... » Où s'arrêtera le scandale qui désole aujourd'hui la France? Que va-t-on nous apprendre demain?... Quelles tristesses nouvelles nous attendent?... Des milliers de Parisiens ont dansé l'autre soir au bal de l'Opéra, pour n'y plus penser, pour oublier-, pour's'étourdir... Hélas! il y a eu le réveill * * * Bien entendu les journaux de tous les partis bataillent ferme. C'est à qui défendra le mieux les siens. Rares sont les organes qui tentent de demeurer neutres et dont l'impartialité apparente n'est pas plus ou moins suspecte. La République est violemment mise à mal par les uns, qui oublient trop ce que furent les autres régimes, et la «Libre-Parole» invite l'opposition à profiter du moment... Quoi qu'il en soit les événements actuels passionnent, c'est un fait indéniable, l'opinion publique. Les éditions spéciales des feuilles lu soir s'arrachent par centaines de mille lans les rues. Dans le plus humble restaurant :omme dans le plus luxueiîx salon, cette nouvelle Affaire est le thème et le seul thème de ;outes les conversations. Je dois déclarer que si chacun demeure stupéfait, personne ne oerd l'espoir de voir renaître prochainement .e calme et la quiétude, le fonctionnement nor-nal des affaires, la vie heureuse du pays. Et e ne saurais mieux terminer ce bref aperçu de .'état des passions à Paris qu'en citant ces lignes optimistes que publie aujourd'hui la «Pe-,ite République». Puissent-elles dire vrai! «Nous ne croyons pas qu'il soit légitime de :irer de là un argument contre le régime. La Trarice est assez saine pour que l'on puisse, orsaue le besoin s'en fait sentir, porter hardi-nent, le fer dans ses plaies, débrider l'abcès tui menaçait sa vigueur. Des hommes ont 'ailli, abusé du pouvoir: c'est un mal. Ce mal serait devenu plus grave encore s'il avait été possible de le dissimuler sous je ne sais quel souci de respectabilité nationale. Que les mauvais bçrajre soient exclus, et en avant vers plus de bien-être eï plus de justice!» Guy Marfaus; 1 LES FAITS DU JOUR L'ENQUETE ROCHETTE C'est un curieux, un redoutable point d'interrogation qui vient de surgir dans cette affaire. Qui est l'X... 'mystérieux auquel Mtre Maurice Bernard a fait allusion? Déjà l'on se doutait que ce n'était pas l'avocat de Rochette qui avait pris l'initiative de demander la remise. Mtre Maurice Bernard a obéi à des suggestions ou, plutôt, il s'est empressé de saisir la planche de salut qu'on lui tendait pour son client. En demandant cette remise qu'on lui assurait devoir lui être accordée, il restait strictement dans son rôle de défenseur. Mais il demeure également dans son rôle d'avocat en refusant de dévoiler le nom de la personne qui était venue le trouver. C'est une figure attachante que celle de Mtre Maurice Bernard. M. Maurice Barrés trace sa physionomie en ces lignes: «un Lorrain de Nancy, devenu une figure de Paris. Un homme solide, armé d'une merveilleuse clarté d'esprit et de parole. Et qui le sait! Ah! l'avocat ne .ressemble pas aux magistrats que nous avons vus défiler hier et ce matin. Il a une autre liberté, un autre ton, une autre allure. Il avait l'air de nous dire: «Si vous n'êtes pas satisfaits, messieurs, de mes paroles et de mes silences, eh bien! ça m'est égal. Je n'ai besoin d'aucun de vous. J'ai mes amis et ma conscience.» En attendant l'énigme demeure impénétrable. Au demeurant quelques phrases de la sténographie de la déposition de Mtre Maurice Bernard sont intéressantes à reproduire: M. Jaurès. — Vous avez dit: « Je ne songeais pas à demander une remise. Vous aviez reçu la visite de X..., qui vous avait dit: «Vous pouvez demander la remise, elle sera accordée. » Ne pourriez-vous dire qui ? Mtre Bernard. — C'est absolument impossible. Je serais en faute si je ne gardais pas secret le nom de cette personne qui èst venue dans mon cabinet d'avocat. M. Jaurès. — Cette personne ne pouvait vous avertir des intentions du parquet que si elle était informée par le parquet de l'intention du président de la cour et du procureur général. Si la personne qui vous parlait ainsi ne pouvait vous parler au nom du magistrat, qui donc avait qualité pour faire savoir que la remise serait accordée? Du fait apporté par Mtre Bernard va se dégager cette conclusion pour l'opinion que l'émissaire inconnu qui est venu garantir l'octroi de la remise, ne pouvant venir du camp des magistrats, est venue du camp des gouvernants. Mtre Maurice Bernard. — Lorsque j'ai eu l'honneur de comparaître pour la première fois devant la commission, j'ai eu l'occasion de vous dire que vous étiez une «sirène». Je ne suis pas venu ici sans avoir mûrement réfléchi. Je dis que quelqu'un qui n'appartient pas au monde de la politique, ni au monde de la presse, ni au monde gouvernemental, est venu m'apporter un avis. Cette personne m'est apparue assez digne de foi pour que j'aie fait la démarche auprès de M. Bidault de l'Isle. Je heurte la pensée de quel-ques-uns qui ne savent pas la rigueur du devoir que j'accomplis. Alors, cet X..., est-ce Rochette lui-même? comme se le demande M. Maurice Barrés. Ce qui revient à dire que le financier ou ses amis étaient assez puissants pour faire « marcher » ; le gouvernement de la République. De ' Mtre 1 Maurice Bernard nous ne saurons rien. Mais i alors qui dira le mot de l'énigme ? Cette en- J quête devient vraiment angoissante. Elle con- : stitue dès à présent un des documents les 1 plus précis sur l'histoire de la troisième Ré- : publique. \ Fox , Etranger La politique anglaise , LA SITUATION DANS L'ULSTER 1 LONDRES, 22. — Un détachement de 150 "J hommes du génie est arrivé à Dublin hier soir , de Curragh et s'est immédiatement embarqué , pour l'Ulster. On attend de nouveaux détachements aujourd'hui. Ainsi le mouvement des troupes pour l'Ulster continue. On estime cependant que dans les 24 heures les autorités militaires auraient concentré une force de 3,000 hommes avec deux batteries d'artillerie de campagne dans les villes de l'Ulster. Les ordres donnés par Sir Edward Carson à ses partisans de se tenir calmes ont été suivis d'une façon admirable. Jusqu'à l'heure actuelle on ne signale aucun incident. Les journaux conservateurs continuent à publier des bruits alarmants sur l'état d'âme de l'armée. Ainsi ils persistent à dire qu'une mutinerie a eu lieu 1 dans le régiment d'infanterie de Dorsetshire I et que ce régiment est aux arrêts. Mais ceci est exagéré parce que tous les régiments sont , pour le moment consignés. L' « Observer » croit savoir 4'une source au- ' torisée que le commandant en chef Arthur Pagot fit venir vendredi dernier le général de brigade Gough, commandant la troisième brigade de cavalerie, et lui donna deux heures pour décider s'il voulait marcher contre l'Ul- j ster ou donner sa démission. Selon 1' «Observer » le général Gough a donné hier sa dê- i mission de général, Le même journal fait ap- ; pel à tous les officiers britanniques pour qu'ils démisionnent. UN DISCOURS DE M. LLOYD GEORGE LONDRES, 22. — M. Lloyd George a pris la parole à Huddersfield devant 3 à 4,000 personnes. Voici un extrait de son discours: « Nous sommes en face de la plus grande crise qui se soit produite dans ce pays depuis les jours des Stuart. C'est le gouvernement représentatif qui est en jeu. En ces jours-là, nos pères ont eu à se débarrasser" du droit divin des rois. Aujourd'hui, c'est avec le droit divin de l'aristocratie qu'il nous faut en finir. » Si le libéralisme vacille tant soit peu devant les insolentes et arrogantes provocations qui lui sont adressées, il perd aussitôt toute aptitude au gouvernement d'un grand empire, il doit s'effacer devant un parti de réformistes anglais bien résolus dans leur œuvre; mais n'ayant point de crainte, je suis venu au nom du gouvernement anglais vous dire qu'il soutiendra les libertés populaires avec la détermination la plus infexible, quelles que puissent être les conséquences. (Acclamations prolongées.) » Nous ne nous battons pas pour le « Home Rule», nous combattons pour l'essentielle de nos libertés civiques; le «veto act» a établi le droit du peuple; il a assuré la promulgation des lois populaires, qu'elles plaisent ou non aux tories. » C'est le grand fondement de nos libertés qu'on essaie maintenant de renverser par la force. Nos ennemis ont mis au service de l'aristocratie anglaise une armée orangiste. Ce que les orangistes ne veulent pas, c'est l'égalité avec les catholiques irlandais dans un pays où, de tout temps, les catholiques ont souffert. Il n'y a pas de pays au monde qui ait été si violemment maltraité que l'Irlande; le feu, les armes et le gibet ont été les armes des castes dominantes. L'Ulster parle aujourd'hui comme s'il allait devenir une nouvelle Alsace-Lorraine. En réalité, ce qu'il ne veut pas, c'est que la minorité qu'il est cesse de gouverner la majorité. » Le gouvernement répond: Votre domination va à l'encontre des principes démocratiques et nous ne voulons pas la souffrir. » La politique en Russie A LA COMMISSION DE LA MARINE PETERSBOURG, 21. — La commission de la guerre et de la marine de la Douma a terminé la discussion du budget de la marine. Elle a attiré l'attention du ministre sur le retard apporté à la construction des vaisseaux. Elle a. émis un vœu demandant qu'il soit organisé pur /Etat uïi système de production de naphte pour les besoins de la flotte, que les équipages de la flotte soient maintenus le plus possible au complet et que leur effectif ne soit pas inférieur à 90 %. Dans l'affaire Wickers la commission a reconnu qu'un contrat de 10 ans conclu illégalement avait créé un monopole pernicieux en faveur d'une entreprise particulière et que le monopole est désavantageux pour le fisc et nuisible pour la défense nationale puisqu'il met le ministre en demeure soit de payer spécialement pour tout perfectionnement de matériel,soit de se contenter de la construction telle qu'elle est au moment de la conclusion du contrat. La situation en Orient LA REORGANISATION EN TURQUIE CONSTANTINOPLE, 21. — Le ministre de la marine commence la réorganisation de la marine et procède au rajeunissement des cadres. Rustem pacha, sous-secrétaire d'Etat, est mis i la retraite et remplacé par Hakki bey, qui part pour la France prendre livraison de quatre canonnières. De nouveaux cadres seront ;réés en prévision des équipages nécessaires aux nouveaux dreadnoughts. On assure que L'entente navale anglo-turque deviendra définitive au moment où la Turquie aura ses nouveaux dreadnoughts. Les pourparlers sont en oonne voie avec des constructeurs français pour l'organisation d'une flotte aérienne. LE RESEAU SERBE BELGRADE, 21. — Le conseil des ministres i décidé la construction des lignes de chemin le fer suivantes: Uskub à Prilep et Monastir, Werdare à Prichtina et Prizrend,Mitrovitza à 3arka, Novi-Bazar et Uvac, Monastir à Kava-lar, Isclitip à Kotchana. Pozaverac à Negoti-le, Prahovo, Stubik, Braza-Palanlta et aussi a construction d'un pont sur le Danube. Les 'rais de construction sont évalués à 300 mil-ions de dinars. Le gouvernement destine d'au-re part 5 millions de dinars à la construction le routes sur le nouveau territoire. La situation au Mexique UN ENGAGEMENT A TORREON NEW-YORK, 22. — Le «New-York Times» pu-)lie une dépêche de Bermagille à quelques ki-omètres au nord de Torreon disant que les ■ebelles sont entrés dans cette ville après un :ombat acharné qui dura une heure. Ils auraient trouvé une centaine de morts dans les ■ues. JLaSi 'Ville Nouveaux abonnis Les personnes qui prendront un abonnement au MATIN pour 1S14 recevront le journal SRflTUITERAEWT, à partir du jour de leur ins« :ription, Jusqu'au 31 mars inclus. Los abonnements pour l'intérieur du pays 3t l'étranger se prennent dans les bureaux de josto ou aux facteurs. Les personnes habitant hors d'Anvers en îous adressant directement leur demande s'ex-îosent à des retards. ww La bonne journée Ce fut hier la « bonne journée » dans ;oute l'acception du mot, pour ceux que .es précédentes léjouissances carnaval'îs-îues n'avaient point fatigués de sacrifier i Momus

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Dit item is een uitgave in de reeks Le matin behorende tot de categorie Liberale pers. Uitgegeven in Anvers van 1894 tot 1974.

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