L'indépendance belge

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17 september 1915
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s.n. 1915, 17 September. L'indépendance belge. Geraadpleegd op 21 april 2019, op https://hetarchief.be/nl/pid/3t9d50gr0n/
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E INDÉPENDANCE BELGE. ROYAUME-UNI: ONE PENNY* CONTINENT: 15 CENTIMES ADMINISTRATION ET REDACTION : ., H3~ïV-V-'' ';w- \ J'rrpcp / 3 MOIS 9 SHITLINGS 1 TUDOR HOUSK TUD0R S1. LONDON. EG. 1L ** ^ ,.57 et LONDRES, VENDREDI 17 SEPTEMBRE 1915. abonnements . 6 mois,' 17 shillings. [ Conservation par le Progrès, TELEPHONE: CITY 3960. TELEPH.: 33g.75, , ll AN. 32 SHILLINGS. ' SOMMAIRE. LA SITUATION : Avance allenfande dans la région de Dvinsk, de Vilna, et du Pripet.—Combats acharnés dans le Sud.—Sous-marin britannique coulé dans les Dardanelles. — L'emprunt des Alliés aux Etats-Unis. Autriche et Italie. — H. Mereu. Lettre de l'Afrique du Sud. — Lydius. En ces temps de douleurs et d'espoir. (XVII).—C. R. Billet Parisien. — Jean-Bernard. En Belgique. Billet à M. Segers.— • Camille Guttenstein. Reconnaissance. — L. L. Echos. Notre vaillante armée. Etc. LA SITUATION. Vendredi, midi. Les communiqués franco-britanniques concernant les opérations dans les Dardanelles se font de plus en plus rares, ee qui n'implique nullement que les troupes de débarquement chôment. Leur tâche, au contraire, est aussi ardue que jamais et les chiffres cités hier à la Chambre des Communes, desquels il résulte que les pertes britanniques sur ce théâtre de la guerre se chiffraient, au 20 août, à 87,630 tués, blessés et disparus. dont 3,874 officiers, le prouvent surabondamment. A en croire les communiqués ennemis, les Turcs passent fréquemment à l'offensive, et les dernières informations de source ottomane ont trait à une attaque nocturne livrée le 14 septembre contre les positions britanniques du secteur d'Anafarta. Bien que le communiqué dise que les forces ennemies ont été "dérangées et dispersées," il est évident que ces termes vagues cachent, eu réalité, un échec complet de l'assaillant. Il est question encore d'opérations près de Sèdd-el-Bahr, qui ont eu pour résultat d'empêcher l'ennemi de poursuivre la construction de tranchées en zig-zag, du bombardement de troupes de débarquement à Tekke-Burnu et de la destruction de batteries hostiles à Hissarlik et à--SerJd-pl-Baiir.Les troupes Ottomanes souffrent beaucoup, parait-il, des difficultés de ravitaillement dues à l'activité croissante des sous-marins dans la Mer de Marmara, qui rendent presqu'impossible l'envoi de vivres et de munitions par mer et sèment la panique tant à Cons-tantinople que dans toute la région cô-tière des Détroits. Il est doublement regrettable, dans ces conditions, d'apprendre la perte du sous-marin britannique "E 7," annoncée par les Turcs et confirmée par le fait que, depuis le 4 septembre, on est sans nouvelles du submersible en question.Avec 1' 'E 7," c'est le cinquième sous-marin que les Alliés perdent dans les Dardanelles. L' "E 15" (britannique), s'échoua, le 17 avril, à hauteur de Ke-phez; 1' "E 2" (australien) fut coulé le 30 du même mois à l'entrée de la Mer de Marmara; le "Saphir" (français) coula en février et le "Mariotte" (français) le 26 juillet. Quant à la liste des bateaux coulés par les sous-marins alliés dans les Dardanelles, elle comprend les cuirassés "Barb?rossa" et "Messudieli," la canonnière "Berk-i-Satvet" et quantité de transports. Sur le front oriental, la situation a subi des changements assez sérieux. Les armées du maréchal von Hindenburg, à qui est dévolue la fonction de bélier pour enfoncer les lignes russes dans la région Riga-Dvinsk-Vilna, sont parvenues en plusieurs endroits à refouler les troupes du général Ruszky. L'ennemi a réussi à passer la Wilia au nord-est de Vilna, en même temps que sur la Dvina, du côté de Lievenhof, entre Jacobstadt et Dvinsk, les Russes furent repoussés au delà du fleuve. Des détachements de cavalerie allemands ont fait leur apparition à une trentaine de kilomètres au nord-est de Vilna (au sud-est de Dvinsk), mais il ne peut s'agir là que de patrouilles isolées dont la mission consiste à pénétrer aussi loin que possible en territoire ennemi dans le but de semer la panique et de détruire où d'endommager les voies ferrées et les lignes télégraphiques. C'est, à n'en pas douter, le même groupe de cavaliers qui, il y a 48 heures, fut signalé à Swenziany sur la ligne Vilna-Pétrcgrad et qui continue ses exploits plus loin. Dans le centre, les armées du maréchal von Mackensen ont également progressé. Elles occupent depuis hier Pinsk, ville assez importante située au centre de la région marécageuse du Pripet. C'est donc la reprise de la marche en avant des Allemands dans le centre et le nord, avec menace grandissante pour la forteresse de Dvinsk. Dans ls sud, les Allemand:- font des efforts désespérés pour réparer les fautes autrichiennes et mettre fin à l'avance victorieuse des Russes qui menaçait tout le plan stratégique en voie d'exécution dans le nord. La résistance des Austro-Allemands sur la ligne de la Strypa est d'un acharnement sans précédent, et Pétrograd rend hommage à la bravoure des 3e et 48e divisions allemandes, qui, cernées sur la rivière Sereth, se défendirent héroïquement, les hommes préférant mourir plutôt que de se rendre. On cite le cas d'un officier allemand, enbroché par des baïonnettes russes, qui, littéralement suspendu en l'air, continua de décharger son révolver sur ses adversaires ! On confirme aujourd'hui l'appel sous les drapeaux d'une partie de la réserve territoriale russe, et on annonce eu même temps de Paris le projet de convocation de la classe de 1917 pour le mois de novembre. L'emprunt des Alliées aux Etats-Unis est en bonne voie d'être conclu, mais à en croire les informations de New-York, les conditions seraient assez dures. On parle d'un 5 p.c. garanti solidairement par les gouvernements français et anglais, exempt de tout impôt et dont l'intérêt serait payable en dollars à New-York. On comprend que, dans ces conditions, les banques pro-germaines admettent l'impossibilité de mettre obstacle à une opération financière aussi lu- AUTRICHE ET ITALIE. Notre estime collaborateur, M. Mereu, a publié dans le dernier numéro de l'excellente " Revue d'Italie " les réflexions suivantes : La. diplomatie des Habsbourgs, toujours pure et sans tache et dont la droiture et la loyauté sont avantageusement connues, tient à sa réputation et vient de publier un nouveau fascicule du " Livre Kouge.'' Ce recueil n'est cependant pas confectionné pour édifier le public étranger ; il est plutôt destiné à justifier aux veux des populations autrichiennes la conduite du gouvernement viennois et à prouver que ce sont les exigences excessives du gouvernement italien et son parti pris de perfidie qui ont rendu inévitable la rupture des négociations et ont 1T1js ' empire dans la dure nécessité de faire face à un nouvel ennemi. Ce but explique pourquoi on y trouve de gros mots et des sous-entendus que l'on n'a pas 1 habitude de lire dans les fascicules de couleurs diverses que la diplomatie ofhe aux méditations de nos contemporains. On apprend, par exemple, en parcourant cette livraison du "Livre Kouge,"que les propositions de Al. Son-mno étaient " inouïes " et, sans lire entre les lignes, on y trouve le mot de chantage." Ce sont là, dans le lan gage diplomatique, de gros mots, lis revêtent non seulement le vif désir de frapper l'esprit de la foule à laquelle on s'adresse, mais aussi un état d'irritation que les convenances diplomatiques n'empêchent pas toujours d'éclater. Cette irritation prouve qu'à Vienne on ne s'est pas encore rendu compte des causes qui rendaient inévitable le choc entre les deux Puissances hier encore alliées. Cette ignorance des causes est le fruit d'une connaissance imparfaite, non pas de la psychologie italienne, mais de ! la psychologie humaine tout court. Si on avait eu, à la Ballplatz, la moindre notion de psychologie, on ne se serait fait aucune illusion sur l'attitude de l'Italie. Les discussions sur l'article VII, les controverses relativement à l'indépendance de la Serbie ou à l'intangibilité de l'Albanie, tous les détails de la querelle entre les deux cabinets ne font que marquer les étapes à travers lesquelles l'Italie devait fatalement aboutir au moment où elle ferait le geste décisif. L'Autriche était cependant bien placée pour connaître les circonstances dans lesquelles l'Italie était devenue son alliée et avait été jetée dans cette alliance contre nature, comme l'épousée qu'on jette dans les bras d'un mari qu'elle déte'ste. Les unions ainsi faites finissent toujours mal. L'Italie, à l'heure d'affolement où elle voulut lier diplomatiquement son sort à celui de l'Allemagne, ne songeait point à nouer des liens analogues avec l'empire des Habsbourg. Ce fut l'Allemagne qui lui imposa cette mésailliance. M. de Bismarck fit savoir aux ministres du roi Humbert que le chemin de Berlin passait par Vienne. Et l'étape de Vienne impli- 1 quait des obligations tellement amères, des conséquences tellement nauséabondes, que le général de Robilant, ambassadeur d'Italie à Vienne, s'y opposa jusqu'au dernier moment, de a toutes ses forces, à moins qu'oii ne prît les précautions nécessaires contre les in-g convénients d'une combinaison trop a hâtivement bâclée. Les conseils de M. e de Robilant ne furent point écoutés; on a était trop pressé d'arriver à Berlin et e l'Italie se trouva prise dans une alliance t qui la condamnait, tant qu'elle durerait, à une politique de sujétion, de renonce-^ ment et d'abdication. e Le but que poursuivait l'Allemagne en attachant l'Italie au char de l'Au-^ triche était clair; il s'agissait de con-t solider la situation de l'empire dans e l'Adriatique, de le mettre à l'abri des r difficultés qui auraient contrarié et retardé son expansion- vers l'Orient et de . hâter ainsi sa dégermanisation. Si l'Autriche avait su s'y prendre, g peut-être aurait-elle pu avec le temps a profiter de cette cohabitation forcée e pour adoucir les rancunes que sa domination avait laissées en Italie et faire. _ oublier les souvenirs qui entretenaient . un levain de haine au fond de l'âme Italienne. e Elle a, au contraire, profité de l'état de captivité latente où avait été placée l'Italie pour exacerber ces souvenirs et t, pour rendre plus pénible et plus précaire r que jamais la situation où la monarchie de Savoie avait été placée par les évé-s nements de 1866- ' T*-?!'". n'avait pas de s frontières; toutes les portes qui, à tra-e vers les Alpes, donnent accès en Lom-t bardie et dans la Vénétie et, de là, au 2 cœur de la Péninsule, étaient ouvertes. . Dans l'Adriatique, elle n'avait aucune t base d'opération navale et toute sa côte t orientale était sans défense. Non con-e tente de cela, l'Autriche poursuivait ' avec un acharnement méthodique et fa-. rouche l'anéantissement des populations _ italienne^ encore soumises à son joug, s'efforçait avec une persistance implacable de détruire en elles les caractères ethniques qui les rattachaient à la nation italienne, leur refusait les moyens r qu'elles réclamaient de sauvegarder leur langue, leur patrimoine national, et de s se soustraire au danger d'être submer- 3 gées par le flot toujours grandissant de la poussée slovène, encouragée par la politique (de Vienne. A l'intérieur, le gouvernement italien était forcé de servir les intérêts de la politique autrichienne en mettant des sourdines à l'irrédentisme, en réprimant toutes les manifestations qui avaient pour objet d'empêcher les aspirations nationales de tomber dans l'oubli ; il était obligé d'être l'ouvrier de sa propre déchéance nationale, et d'étouffer la voix de la nation qui criait ses droits et ses espoirs. L'Autriche a cruellement abusé de sa force; elle sentait sa supériorité militaire et démographique et elle en a profité non seulement pour développer le plus possible sa puissance au delà de l'Adriatique, mais aussi pour humilier l'Italie. Quant à son attitude hostile envers l'Italie pendant la campagne de Libye, elle a fait à l'âme italienne une blessure qu'aucun baume ne pourrait guérir. Pendant plus de trente ans, l'Autriche a blessé l'Italie dans ses intérêts et dans son amour-propre et a joué avec arrogance le rôle du pot de fer contre le pot de terre. Il fallait évidemment n'avoir aucune notion de psychologie pour ne pas comprendre que ce pays qui avait été humilité et meurtri, contre lequel on avait abusé si étrangement de la force,ne laisserait pas échapper la première occasion qui s'offrirait à lui de prendre sa revanche, de venger les affronts qu'il avait dû subir et surtout de prendre vers sa frontière terrestre et sur la mer qui baigne ses côtes des sécurités pour l'avenir. Rien ne pouvait l'empêcher de- saisir cette occasion de, se .mettre,. malgré son infériorité numérique actuelle, dans une situation d'égalité militaire et politique vis-à-vis de cet empire qui ne lui avait épargné aucune avanie et lui avait fait sentir si durement son mépris et sa force. Lorsque l'occasion impatiemment attendue commença à paraître, les protestations isolées qui s'étaient produites pendant cette tangue période de dépression, diplomatique, les murmures, les accès de rage passagers devinrent tempête; la haine longtemps comprimée éclata et si, à Berlin et à Vienne, on avait eu autant de clairvoyance et de pénétration qu'on avait d'orgueil, on aurait compris que, à partir de ce moment, la guerre entre l'Autriche et l'Italie était non pas inévitable, mais virtuellement déclarée. Il est donc inutile de publier des fascicules du "Livre Rouge" pour démontrer ce qu'à Vienne on appelle "la trahison italienne" et pour rejeter sur l'Italie la responsabilité de la guerre. Cet effort est vain et superflu. La responsabilité de la guerre italienne n'appartient qu'au destin, au destin dont l'Autriche a été l'instrument aveugle et înrnnçrirnf. H. MFRFI". I.F.TTRF DP I ' A FRTOTTF m I SITn Le parti ouvrier et la guerre. Kimberley, août 1915. (De notre correspondant.) War-on-War League. Il y a dans le parti ouvrier sud-africain quelques obstinés, qui ne veulent pas voir que le triomphe de l'autocratie militaire allemande pourrait porter un coup fatal à la cause des revendications sociales et en reculer à tout jamais les progrès. Ce sont eux qui forment le " war-on-war party" ou "league," le parti qui s'est déclaré hostile à la guerre d'Europe, à l'expédition du Sud-Ouest Africain, et qui, maintenant, essaie de créer un mouvement d'opinion en faveur d'une paix immédiate. Est-il besoin de vous dire que ces pacifistes à outrance s'épuisent, jusqu à présent, en efforts d'une lamentable impuissance? Quelques-uns gardent encore, j'en ai peur, le souvenir, sinon la trace, de l'accueil un peu vif fait à leurs premières tentatives de persuasion oratoire, sur les marches de l'hôtel de ville de Johannesburg, en avril dernier. Ces messieurs avaient à peine sorti de leur arsenal de rhétorique humanitaire une ou deux phrases des plus sonores que le public sortait à son tour de ses poches des arguments très frappants et les lançait, en manière de protestation, avec une prodigalité accablante. Orateurs et leurs partisans disparaissaient aussitôt sous une grêle de projectiles, et il ne restait sur le terrain ni morts, ni blessés, seulement quelques larges et horribles tâches rien moins qu'odoriférantes. Je m'étonne toujours que le marché de Johannesburg et les particuliers aient pu fournir une telle quantité d'oeufs pourris. Propagande inutile. Il faut rendre cette justice à ces rares apôtres de la paix à tous prix qu'ils fie paraissent pas se décourager pour si peu, — affaire d'habitude, sans doute. Ils ont, en effet, continué avec autant de zèle que d'insuccès, d'ailleurs, leur " war-on-war " propagande, et leurs débuts m'ayant passablement amusé, j'ai, naturellement, désiré en voir la suite. Mais, à mon très grand regret pour l'intérêt de cet article, le meeting suivant s'est passé le plus calmement du monde, sans aucun incident curieux et en présence d'un misérable auditoire. Et, cependant, le jour, le lieu et l'hture étaient bien choisis : c'était un dimanche, sur la place du marché, vers 4 heures de l'après-midi, au moment où les oisifs de Johannesburg, qui ne sont pas retenus à domicile par respect pour la sainteté du jour ou dans les bars clandestins et les clubs par l'attrait du " whisky and soda," promènent leur ennui dans les rues désertes, ne sachant comment tuer le temps. C'est que, voyez-vous, le public sud-africain, avec le flegme et le grand bon-sens qui le caractérisent, est rarement capable de se déranger et de se passionner deux fois de suite pour des débats quels qu'ils soient, dans un intérêt purement académique. Dès qu'il s'aperçoit qu'ils ne peuvent aboutir à aucun résultat pratique, il devient aussitôt indifférent et laisse dire. Le manifeste du leader du parti ouvrier. Le parti ouvrier s'honore avec raison d'avoir à sa tête un homme de valeur et un patriote, M. Cressweil, qui est ingénieur des mines, membre du parlement de l'Union, et qui a fait la campagne du Sud-Ouest Africain avec le grade de major dans les troupes de ' ' Défence Force. ' ' M. Cressweil s'est ému des tendances d'une certaine section de son parti, de la cessation des hostilités, il s'est empressé de faire paraître un manifeste dont l'objet est de démontrer qu'il est du devoir aussi bien que de l'intérêt des membres du parti ouvrier sud-africain de se solidariser avec l'empire Britannique et ses alliés dans la lutte contre le militarisme allemand. Je vais essayer de faire une rapide analyse de ce manifeste ; il peut être utile de vous faire connaître l'opinion d'un homme instruit et intelligent dont L'influence et l'autorité sont considérables dans la classe ouvrière de ce pays. Le leader ouvrier soutient d'abord qu'il n'est pas possible à son parti de rester neutre dans la crise actuelle, lu plus terrible qui se soit produite dans les 15 derniers siècles. Qu'on le veuille ou non il est difficile d'en détacher ses pensées, et, d'ailleurs, en tant que parti politique représenté au Parlement et appelé en conséquence à discuter toutes sortes de mesures de la plus haute importantes relatives à l'état de guerre, 'e parti ouvrier doit connaître tout ce qui se rapporte à cet état. "Prétendre, dit-il, que dans ce conflit, dont l'issue, quelle qu'ellfe soit, 11e peut manquer d'affecter plusieurs générations, nous n'avons aucune opinion à formuler, aucune indication à donner à nos élections, équivaut, il me semble, à déclarer que nous nous sentons incapables de prendre part à la direction des affaires du pays." Riposte excellente. Il examine ensuite l'attitude, conseillée "par la ""'wâ'r-on-war " ligue et qui consiste à faire une opposition déterminée à tout effort national en vue de la poursuite de la guerre. A entendre les aspirations de ila ligue en question, un parti qui se réclame d'idées socialistes ne peut avoir une autre ligne de conduite. M. Cressweil conteste que le fait d'appartenir à une association socialiste et d'en professer les convictions affranchisse l'individu de ses obligations de citoyen, particulièrement en cas de danger national, et il invoque à l'appui de sa manière de voir sur ce point les écrits et les actes de la grande majorité des socialistes des nations belligérantes et l'exemple donné par la plupart des trade-unions. Un autre argument de la " war-on-war " ligue c'est que la classe ouvrière n'a rien à perdre, ni rien à gagner dans la guerre d'Europe. A cela M. Cressweil répond que le parti ouvrier jouit de certaines libertés dont le développement peut s'accentuer à la faveur du régime libéral des constitutions britanniques, tandis que c'est folie d'imaginer que l'Allemagne victorieuse laisserait à son parti les mêmes facilités. Selon lui, la guerre, actuelle est toujours le conflit entre deux idéals : l'un qui a pour objet le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple; et l'autre, le gouvernement par la force. " Les riches, ajoute-t-il, peuvent rester indifférents à l'issue de la guerre, car sous n'importe quql gouvernement ils peuvent toujours s'arranger de façon à être dans les bonnes grâces du pouvoir, mais s'il y a des gens dont les espérances sont intimement liéesauxrésultats de la présente crise, c'est bien nous qui n'avons d'autres chances d'un avenir meilleur qu'en retenant la possibilité de travailler au développement des institutions démocratiques... On nous dit que les Social-démocrates d'Allemagne nous soutiendraient. Comment le pourraient-ils, quand ils n'ont pas dans leur pays une influence prépondérante? " La seule politique possible. M. Cressweil passe enfin à la troisième politique, qui reste à suivre, celle qu'il appelle " the see-it-through course," autrement la coopération aux efforts des Alliés. Il fait remarquer que c'est la politique adoptée par les représentants du parti,dès le début de la guerre, quand ils se sont associés aux paroles du premier ministre, déclarant qu'il était du devoir des Dominions autonomes de prêter toute l'assistance possible à la Grande-Bretagne. A son avis, les principales raisons de cette politique sont : Premièrement, que les conclusions de la guerre seront pour le parti d'un intérêt vital ; Secondement, qu'il leur incombe de veiller à ce que dans cette période de crise les obligations et les charges soient équitablement reparties. Et il cite des cas où leur action peut s'exercer : • "Il me semble, dit-il, que, quand sous l'impulsion du patriotisme des hommes sont préparés à risquer leur vie, il appartient au pays et non à des fonds de secours particuliers de pourvoir à leurs besoins, et à ceux de leurs familles, pendant leur absence, et aussi en cas de décès ou d'incapacité physique par suite de blessures graves." ' ' T1 /»<-<- mr\nf v urtntrt 4- <1 mia S6ème année. No, 220

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