La nation belge: journal quotidien d'union nationale

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16 March 1918
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s.n. 1918, 16 March. La nation belge: journal quotidien d'union nationale. Seen on 18 July 2019, on https://hetarchief.be/en/pid/tt4fn1288b/
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PftEMIKRE ANNEE. — N* 1 Le Numéro : 10 Centime: rfAMimi IfiMARS 191*. LA NATION BELGE FONDATEUR FERNAND NEURAY JOURNAL QUOTIDIEN D'UNION NATIONALE Rédaction et Administration : 3, Place des Deux-hcus, 3. - PARIS (1er Ait») Téléphone: Central 33-04 tarif des abonnements f UN MOIS TROIS MOIS France 2 fr. 30 7 fr. SO Angleterre.... 2 sh. 6 7 sh. 6 Autres pays ... 3 fr. OO 9 fr. OO Publicité aux Bureaux du Journal La «Nation Belge» paraît aujourd'hui pour la première fois Ce n'«st pas au hasard que nous avons baptisé de ce nom le journal dont le premier numéro paraît aujourd'hui. Ce nom exprime ce que nous sommes, Ce que nous voulons, ce que nous espérons être. Il résume nos sentiments et nos aspirations. Si la nation belge a failli périr après une existence séculaire, en un seul jour, c'est parce qu'elle a trop longtemps ignoré les lois imposées par la nature à toutes les communautés nationales. Il n'y a pas dans le monde entier de peuple plus fier, plus vaillant, plus rebelle au joug, plus capable de sacrifice que le peuple belge. 11 possède à un degré .éminent toutes les qualités de la plus riche matière première. La guerre l'a cependant surpris sans Etat et presque sans armée, et il n'a pas fait à l'ennemi, malgré le courage de ses soldats, tout le mal qu'une nation de huit millions d'hommes aurait dû pouvoir lui faire. Quel changement dans le sort de la Belgique et dans le destin de l'Europe, si le sens national avait été, chez nous, à la hauteur du courage, de l'héroïsme et de 1'abn.égation des citoyens ! Proches voisins de l'Allemagne surpeuplée et belliqueuse, nous)aurions surveillé sa fièvre, nous nous serions précautionnés contre les mouvements de son humeur et les menaces de son appétit. Nous aurions cru, pendant la paix, à la possibilité de la guerre, et nous l'aurions préparée, dans le seul temps où elle se peut préparer comme il faut, ainsi que M. Clemenceau adjurait l'autre jour la, France de la faire totalement, intégralement, de toutes nos forces, avec notre cerveau autant qu'avec notre cœur. Nous n'aurions pas vécu ■ '--p i V rilr.r da ia terre comme les enfants vivent dans i'&bon-dance, sans savoir de quels efforts elle «si, le prix et à quels périls elle est sans cesse exposée. Ce n'est pas que les avertissements nous aient manqué. Nos pilotes royaux n'ont jamais failli au devoir essentiel de leur état. Ils ont eu tous les trois l'intelligence des dangers qui menaçaient notre existence nationale, et le courage de risquer leur popularité en les signalant au pays. Leurs cris d'alarme, hélas ! ont retenti dans le désert. Depuis 1830, un trop grand nombre de Belges ont été, du reste, de la meilleure foi du monde, plus de leur parti que de leur pays. Dans notre presse et dans nos assemblées législatives, les questions les plus spécifiquement nationales, militaires, coloniales et financières ont été trop souvent débattues en fonction des intérêts des partis, ceux-ci y cherchant d'ordinaire, même sans s'en rendre compte, une plateforme ou un tremplin en vue des batailles électorales, les seules dont nous croyions, dans notre candeur, que le pays serait jamais le champ clos. O trésors d'activité et d'éloquence follement gaspillés ! Employés exclusivement au service de la nation, ils nous auraient donné une armée puissante, une solide frontière, une politique exte-irieure digne de ce nom et une diplomatie à la mesure de notre valeur et de nos besoins. Il est permis de douter que les malheurs de la Patrie aient opéré, au moins de ce côté-ci de l'Yser, toutes les guéri-Bons nécessaires. Après'quatre ans de calamités sans exemple dans l'Histoire, toutes les factions n'ont pas désarmé, tous les partisans n'ont pas perdu l'habitude de régler leurs opinions sur leurs passions et sur leurs intérêts. Le vieil homme reparaît chez beaucoup ide miraculés de la première heure. Des hommes qui avaient sincèrement abjuré, le 3 août 1914, des erreurs dont le souvenir leur déchirait le eceu/r, retournent insensiblement aux idoles d'avant la guerre. D'aucuns agissent comme s'ils ne voyaient dans les calamités publiques qu'une semence de moissons électorales. On voit, çà et là, des enseignes politiques s'accrocher aux ruines do la Patrie. Il faut qu'un irrésistible courant d'opinion porte et soutienne, en même temps que notre chef héréditaire, tous les Belges enfin persuadés que la persistance de cette maladie risque de stériliser la victoire et de rendre inutiles les ïuines amoncelées et le sang répandu. Ce ne peut être que l'œuvre d'une presse nationale, libre dans ses jugements, indépendante de tout groupement politique, prête à les soutenir comme à les contrecarrer tous, selon leur position vis-à-vis de l'intérêt de la nation, fibre aussi de toute dévotion com-fcne de toute inimitié personnelles. • m Plus heureux que 9es confrères restés au pays, à qui le vainqueur a imposé de choisir entre le bâillon et la mort, la Watïon Belge a l'ambition d'être le premier en date des journaux de cette presse-là. Son programme, encore une |i»is, tient tout entier dans son titre. Ja mais nous ne nous demanderons, avant de choisir entre deux idées ou entre deux hommes : « Où est l'intérêt de tel ou tel parti ? » mais uniquement : « Où est l'intérêt du pays ? » Nous avons les moyens de le faire. La constitution et l'organisation de ce journal nous permettent ce souverain détachement. Nous sommes pour l'union de tous les bons .citoyens, des croyants et des incroyants, des Flamands et des Wallons, des patrons et des ouvriers, non pour l'union verbale, mais pour l'union réelle et effective. Elle est nécessaire, si nous voulons que la Patrie se relève. Puisqu'elle s'est faite et qu'elle a duré pendant la guerre, là-bas, dans le pays asservi, elle n'est pas chimérique. Les Belges, convaincus qu'il faut faire vivre en paix, sous peine de mort, sur la terre sacrée des ancêtres, des citoyens divisés par la croyance, la langue et la politique n'auront de peine ni à discerner ni à faire les sacrifices nécessaires. Envisagées sous cet angle, les questions les plus épineuses en apparence se résoudront facilement. Voyez notre Cardinal ! Pour la piété et le zèle sacerdotal, aucun évêque, aucun prêtre ne le dépasse dans l'univers catholique. Il est pourtant l'archevêque de tout le monde. Jamais il n'a songé à exclure personne, pour motif religieux, du service de. la Patrie. Si nous comprenons bien ses dernières homélies, où s'épanche la blessure d'une âme aussi tendre que forte, ses plus grandes douleurs ne lui sont pas venues des incroyants, Voyez le bourgmestre Max et le sénateur Colleaux ! voyez nos conseillers provinciaux, nos conseillera communaux, nos députés, nos sénateurs, nos f c 7î'?'r .IV n Gand et de Termonde, nos patrons et nos ouvriers ! Mettons-nous à leur école. Avant d'être de leur classe, de leur ville, de leur parti, ils sont de leur pays. C'est le secret de leur intelligence et de leur force, aussi précieuses, pour la délivrance de la Belgique, qu'une victoire militaire.Habituer tous les Belges à orienter leurs sentiments, leurs énergies, leurs passions même vers le bien de la Belgique ; les aider à bien voir et à faire allègrement les sacrifices individuels que requiert la Patrie, garantie et bouclier de leur liberté, de leurs biens, de leur honneur, de leurs croyances même, de tout ce qu'ils ont de plus précieux en ce monde : voilà le bût que se propose la Nation Belge. Elle compte, pour l'atteindre, sur le concours de tous les bons citoyens. LA NATION BELGE. — l/lWI/ti , ÉCHOS Dn conseil de cabinet a été tenu vendredi matin à Sainte-Adresse sous ia présidence de M. de Brc*iueville, Chef du Cabinet. 1VWVV A l'Académie française Les élections à trois des fauteuils vacants sont fixées au 25 avril. Les candidats sont, actuellement, à la succession de Rou-jon : MM. Barthiou, Abel Hermant, André Maurel; de Jutes Lemaître : AGI. Henry Bordeaux, du PLessys, Fauve], Abel Hermant, Tancrède Martel A Poizat, Vigné d'Ootoaa; du comte de Mun : Mgr Baudril-lart, MM. Cunisset-Camot.Fern'ind Gregh, Mithouard (d'abord candidat au fauteuil du mar*juis de Ség>ur puis à celjii-ci, vient d'écrire à l'Académie qu'il maintient seulement cette dernière candidature). Le 16 mai auront lieu ies élections aux fa<uteuils de Mézières, Paul Herrieu, Francis Charmes; en novembre, celles aux trois autres encoro vacants. www OUfi TflPll A DH1P °- dupont-emera, rflu fUBMrnlt! de Bruxelles. Ses ateliers à Paris, 7, rue Auber (Opéra), s Voyages .«'••• ••••• . .{Censuré) » ... Et puis un ami de M. Lloyd George a annoncé que le Premier allait avoir à prendre de graves décisions. Et aussitôt les imaginations de travailler, de travailler. Qu'elles se reposent. Ce n'est pas la première fois que les hommes d'Etat de l'Entente se rencontrent ft ce n'est sans doute pas la dernière. fcVWW Publlclfé À Lyon, à la porte d'un magasin de lingerie : Ici, on parle américain. * ★ * A Troyes, cette enseigne : A VAsticot japonais aux yeux bleus. Articles de pêche. Soif de bataille Les impressions d'un des vainqueurs du combat de Siuyvekenskerke Voici une lettre écrite à un de ses amis par un des officiers qui conduisirent nos cavaliers au. combat victorieux de Sluyvê-kenskerke le 6 • mars. On lira avec une joyeuse émotion ce bulletin de victoire dont la simplicité atteste l'admirable moral des braves de l'Yser : « Vous connaissez, par le communiqué, la mémorable journée du 6 mars qui a illustré mon unité. Je reviens de là et vous assure que la journée a été' rude. « Dans la nuit du 5 au 6 mars 1918, les Bocihes avaient bousculé assez fortement nos camarades. Le bombardement avait cté terrible et, dans ma cagna, tout dansait une gigue déconcertante. Il me semblait que la fête se passait chez les « Tom-rnies », mais à l'auibe nous fûmes fixés quand on nous fit prendre les armes. a Nous devions contre-attaquer et reprendre d'assaut ce que les Boches venaient de nous enlever. Beau morceau, d'ailleurs, que les goujats ne pouvaient garder. <« Ce fut vite fait. En très peu de temps nous traversâmes les passerelles battues par les mitrailleuses, puis le marais, et amenés à pied d'œuvre, nous respirâmes... « La journée était radieuse, le soleil brillait superbement. On se demandait bien au feu ce qui allait arriver, car nous savions que le terrain où nous nous trouvions était terriblement dangereux en temps ordinaire. Il devait l'être encore plus à ce moment ! « Mais il fallait vaincre. C'est, d'ailleurs, ce que nous fîmes. « Tout à coup, l'assaut fut déclanché. Moment tragique où tout s'oublie, sauf le devoir. Cela fut si rapide qu'en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, nous avions pris une trentaine de Bocihes et leurs positions. Les autres tombèrent suc- aa*Ls^râuxau*i. rp nr>*r^ DO'U <-~>:r pr trfg t" >" de temps. « Bref, tout fut repris de haute lutte, à la hussarde (puisque nous en étions). Ï1 nous resta entre les mains 120 prisonniers, 5 officiers et 12 mitrailleuses. Quant ■iiux tués bocheè, il y en avait dans tous les coins, on les heurtait comme de vulgaires paquets... « Et il fallait les voir, ces grands Allemands, comme ils étaient petits en passant devant rûoâ ! M>es vieilles moustaches les faisaient trembler. Mais je fus humain, ce qui les rassura et leur fit dire que nous étions les plus valeureux soldats des alliés... mais allez les croire a,près tous leurs mensonges. « Je vois encore ces brillants petits Belges filant comme des lévriers sur les passerelles, poursuivant, baïonnettes croisées, i les lourds boches qui fuyaient. Bien souvent, je fus étreimt par une émotion admi-rative.« Les nôtres souffrent là-bas, de l'autre côté de la barricade, mais ils furemt vengés, le 6 mars, par une poignée de Belges. Et je crois fermement que c'est le prélude de la victoire de nos armes. « Citations, distinctions, cela est magnifique, mais ce que nous prisons plus, c'est d'avoir pu prouver que les fameuses « Stosstrmppen » du sinistre kaiser n'étaient que menu fretin entre les mains du soldat que mous avons le bonheur de posséder.« Si je vous ai écrit en quelques traits : de plume ce court aiperçu de la- journée des cavaliers, c'est parce que je sais que l vous en partagerez la joie. « | - -VVWVV ■ 1 i LIRE EN 2» PAGE : LA V9E MILITAIRE par LE DEBOURREUR ■ ■ ■■ vvwu — Le Luxembourg: contre l'Allemagne Une motion de patriotes grand-ducaux pour un rapprochement avec la Ceigip (,Services particuliers de la Nation Belge) Berne, 15 mars. Le Luxembourg Libre, de Berne, organ de la Ligue des patriotes luxembourgeois l'étranger, qui représente le courant le plu] nationaliste du petit Grand-Duché, on nonce que cette ligue vient de voter à l'una nimité la résolution suivante : ii La Ligue poursuivra comme par l passé son programme d'indépendance ne tionale intégrale. Pour cela elle considir comme indispensable la rupture complet avec VAllemagne. Sur le terrain économ que elle réclame le recouvrement de so autonomie pour le Luxembourg. La ldgu est favorable à un rapprochement d'abor sur le terrain économique, avec la lielg que, et elle décide de mettre à l'étude c'etS question ». La publication de cette résolution et accompagnée d'un article qui montre qu si la Ligue ne prend pas partie enco» pour une alliance complète, c'est afin d'a| seoir préalablement celle-ci sur une étud profonde, basée elle-même sur la îaiso plus que sur le sentiment Celui-ci es unanime dans le Grand-Du-ché de Luxer, bourg en faveur du rapprochement le phi étroit avec l'ancienne mtae-oatrie. iMiii H FIONI (EUE rs Outre la région de Nieuport, nos troupes ont repris le secte is de Merckem, que tenait l'armée du général Anthoine O Le moral et Vesprit militaire de notre armée L'envoyé spécial de l'Agence Havas au (r Q. G. belge envoie de VYser cette corres-respondancê où l'on trouvera, en même temps que des indications intéressante >■ sur le front tenu par nos soldats, n - hommage mérité à leur courage et aux si rvices qu'ils ont rendus à la cause des .l'liés. On sait que, tout récemment, l'armée i»dge vient de fournir un nouvel effort en ciu ndant ses lignes, depuis la mer du Nord jusqu'aux environs de Bixcihoote. Et cet c f'urt, elle l'a accompli, comme toujours, i:modestement, silencieusement. A côté de s'-.s grands alliés du front occidental, son i-Jïe passe quelquefois inaperçu, ou même eu méconnu. Ce n'est que trop rarement . 'il est donné de rendre, à sa vaillance e; à son endurance, l'fhommage qu'elles méritent. L'EXTENSION DU FRONT Sans bruit, sans même qu'aucun « communiqué » en ait fait mention, l'armée belge vient donc d'ooeuper, au Nord, tout lu seoteur de Nieuport, tandis qu'elle a iris au Sud, tout le secteur de Merkem, ! précédemment garni par l'armée française du général Anthoine. Ce surcroît d'effort, l'armée belge le supporte vaillamment et, seule désormais, sur une étendue de plus d'une quarantaine de kilomètres, dans une des régions les plus difficiles et les plus dangereuses du front occidental, si un point venait à céder, elle oppose aux furieux et constants assauts , des hordes germaniques une infranchissable barrière. Vous venons de visiter ces nouvelles po-ns dA~&teuonrt o.,t d;e Merkem, récemment confiées a la garde vigiicum tî de l'armée- belge dont le grand public ignore les admirables progrès qui ont fait de ses chefs et de ses petits «piots » les émules de nos meileurs soldats. LE ROLE DE L'ARMÉE BELGE Nous avons admiré, comme il méritait de 1 être, le splendide effort du Royaume-Uni qui, au lendemain de la guerre, a su créer sa formidable armée en centuplant ses usines et son outillage de guerre. Si les armées britanniques ont pu se former, s'instruire et s'entraîner sur le territoire même de la mère-patrie, entourées de tout ce qui leur était nécessaire, c'est en exil et sous ies feux mêmes de l'ennemi que l'armée belge qui était en voie de réorganisation au début de la guerre a dû se constituer, former ses cadres, s'organiser et se développer. Une importante partie de l'armée belge était composée, au début de la guerre, de volontaires au cœur ardent, certes, mais ne formant que des soldats sans entraînement, mal instruits et à peine équipés, qui eurent cependant l'occasion die se signaler par leur héroïsme. Ces oorps de volontaires furent dissous quelque temps après et une partie de leurs éléments versés dans l'armée combattante, cette armée, qui se couvrit d'une gloire immortelle à la bataille de l'Yser et qui, avec l'appui de 6.000 fusiliers marins et le secours ultérieur d'une division française, barra, durant la formidaible bataille de quinze jours, la route de Dunkierque et de Calais aux hordes teutonnes. En octobre 1914, à l'époque où les Allemands prononçaient leur première atta-que sur Dixmude, il ne restait à 1 armée belge que 23.000 hommes de réserve, débarqués quelques jours avant en France. LE PATRIOTISME DES RECRUES Depuis, des appels furent lancés, d-es classes successives furent mobilisées et ue nombreux volontaires furent accueillis. Sait-on que maintenant encore, « chaque jour », arrivent pour s'enrôler de nombreux jeunes gens qui, au prix de mille périls, ont réussi à s'évader de la Belgique envahie malgré les balles des sentinelles allemandes,/ n aigre tes fils de fer électri-sés, malgré un régime'constant de surveillance et d'espionnage ? Il est, nous affirme-t-on, plus dangereux pour un BeLge, de sortir de son pays, qu'il n'est difficile a un prisonnier de guerre de s'évader d'Allemagne. Et l'on nous montre ur. jeune soldat qui, seul parmi les vingt et un camarades qui avaient tenté de s'échapper avec lui de Belgique, avait réupi à passer. Le«? vingt autres étaient tombés sous les balles allemandes, et avaient été grillés sur les fils de fer électrisés... Il faut un patriotisme bien farouche, ou une haine bien tenace, pour brader de tels 3angers, à seule fin, comme récompense, 3e venir risquer encore la mort, sous la nitraille et dans la boue. LE MORAL ET LA VALEUR MILITAIRE DE NOS DIVISIONS Et cela nous remet en mémoire cette phrase que prononça, devant nous, il y a quelques mois, le général Uuquoy, chef i'éSt-major géi <'■: al du roi Albert : "Avant a guerre, nous étions doux et vivions îeureux. et la haine £J.ait un sentiment que îous ignorions. Maintenant, il n'est pas un français qui, plus que nous, puisse haïr e Boche ! » On comprend quelles doivent être la hardiesse et l'énergie de tels soldats et de juel esprit offensif doit être -mimée une semblable armée, aujourd'hui solidement constituée, bien encadrée, bien nourrie, >ien équipée et pourvue de tout le matériel it de l'artillerie nécessaire. u Outre de nombreuses écoles d'officier s- écoles d'application, écoles militaires, ce .e très d'instruction, etc., donnant aux of. i- ciiers les bases solides d'une instructk s, militaire qui s'achève dans les tranché z ou créant pour la troupe des spéeialist 's grenadiers, mitrailleurs, signaleurs, et< l'armée, belge a réussi ce tour de force < ,e se suffire presque entièrement à elle-mêm n réparant son matériel, faisant ses carto d ches, fondant ses canons et obus, fabi ît quant ses explosifs, créant son intendanc Sj fondant ses magasins de vivres et d'hab e lement et organisant un admirable servi n de santé. . e L'effort réalisé dans ce domaine est aus ut prodigieux que celui obtenu dans l'armé œ Grands activité ti'arîiilerie Communiqué officiel belge : i- 0 Au cours des deux journées écoulée tt l'activité d'artillerie a été par momen a considérable. ^ Nos barrages ont mis en échec une tei tative ennemie contre un poste avancé t »- la zone de Merckem. v L'ennemi a fait un fréquent usage i s projectiles asphyxiants auxquels nox it avons répondu par des représailles t e même nature. 3 En divers points du front, vers Nieupo et devant Dixmude, de sérieuses luttes < i- bombes se sont déroulées. Certains dé n< i- cantonnements de la zône arrière ont é £ bombardés par ries pTë~c£$ Ïï wftgiie porte X Nous avons riposté par des tirs semblabU s sur des gares importantes de l'ennemi. La « Nation Belge » commence aujou t d'hui la publication d'un feuilhton : \ JEAM DES SUIS é roman belge inedit 1 PAR Henri NAUS 'r Tous les Belges voudront lire cette œuvi délicate et passionnante, toute parfumé e du souvenir de la patrie. e. s rrr i în i i n ■ i 11 ■■■ " " \ AU FRONT BR1TANNIQU1 5 Après-midi. Des coups de main ont été exécutés, l ' nuit dernière, dans les lignes ennemies , l'Ouest de Villers-Guislain et nous ont pe: 1 mis de ramener des prisonniersm Des raids allemands ont été repoussé [ vers Passchendanlc et Poelcappelle. i Quelque activité des deux artilleries, a\ cours de la nuit, au Sud-Ouest et à l'Ouei de Cambrai, au Sud d'Armentièrts et dan les secteurs de Messines et de la route d s Menin. , UNE « PREMIÈRE > BELGE A PARIS Le rêve r d'une nuit de Noël Deux actes de J.-F. Fodsoq et L. JoHgeii Je dis à dessein « la première », car je souhaite à ce beau « Rêve » de remporter, X) de longs soirs, le même succès de hravos et de larmes. J'en sais, en. etfet plus d'un qui tâcha, mais en vain, de faire entendre raison à deux grosses larmes...-s, * i- ** î- Dans la tranchée, par une froide veillée n de Noël, nos soldats causent, Flamands et îs Tvallons, de ce qui fait le smjet éternel de :s leurs conversations : du pays captif, da ., ceux qui y sont restés. J>lasch den door — le le bon Brusseleer — conte comment il fut e, déporté en Allemagne, et comment il s'en i- évada. Le facteur apporte des nouvelles de i- Belgique — bonnes ou mauvaises; pour Michel, c'est une lettre d'Elise, la blonde <( crapôte » qu'il a laissée, en son village :e d'Esnenx. La nuit descend; Michel s'endort; et dans: 31 son rêve, Elise apparaît. Toujours aimante,, 3t elle l'attend; elle l'appelle. Et Michel la suit. I! traverse la Flandre, où les croix sa pressent, comme un champ de funèbres épis; Ypres, dont les tours s'empanachent de flammes; les petits villages" wallons, aux maisons détruites. Comme le jour te lève, il arrive à la chaumière où ses vieux ', l'attendent. Et cette scène est « filée » avec Is un naturel, une émotion discrète, qui ont empoigné la salle... * l' ** •/ , le II faudrait tout conter : la veillée de Noël, où les gosses chantent des chansons , de chez nous; l'aventure du petit porteur e de lettres, traqué par les Boches, et sauvé par de vaillantes femmes; le rêve d'Elise le enfin, où Michel, apparu, l'épouse dans Esneux rebâti, sous les arbres chargés de .. fruits et de fleurs, au milieu de l'allégresse ' des oramignons... l£ rêv* s'éteint. Michel ^ se réveille dans la tranchée attaquée; il 'S s'élance; et par trois fois, sa voix mourante \é appelle : « Elise ! ». , * * * s Ce trop court résumé trahit un peu l'œuvre émouvante de notre compatriote. .M. Léon Jongen, 1" grand prix de Rome de - Belgique, soldat de 2" classe — et composi-, teur de très grand talent — a écrit, pour la pièce de M. Fonson, une partition colorée, vibrante et berceuse tour à tour. L'on y a salué, avec un nostalgique plaisir. l*heuireiux emploi de thèmes populaires et oe refraius du pays. Les deux auteurs ont été applaudis à mainte reprise et longuement acclamés au baisser du rideau.^ L'interprétation a été parfaite : M. Fran-cen (Michel); Desfontaines (le père); Colas, Carette, Snévac. Armand Bour, de Bermin-ghamç Mmes Dclmar (Elise): Grum.ba.oh (la mère); Gina Barbie ri; il faudrait les e citer tous, et la bande de gosses hauts e comme ça qui ont joué en grands artistos. J. F. Fonson, dans 1e rôle de « Klascli den door », s'est taillé un joli succès. » L'orchestre a mis en \ a.leiir toutes les ^ richesses do la partition. Des décors super->j bes, des figurants biefi stylés,, des danses harmonieuses encadirent et fleurissent îe drswne. Un auditoire très nombreux — où se oou-a dovaient des membres du Gouvernement j et du corps diplomatique, de nombreux of-•_ ficiers belges et alliés, des artistes et des écrivains, a fait au « Rêve d'une nuit fie s Noël » un accueil enthivsiaste et mérité. Nos soldats et nos mutilés — qu'on aivait j eu la bonne pensée d'inviter — n'ont pas t été les derniers à fêter ces tableaux de ia s vie de nos soldats et de nos compatriotes ; au uavs envahi. Hpmmages français au Roi Albert Les impressions de quelques journalistes parisiens qui ont visité notre Roi au milieu de ses soldats Nous n'aurions pu souhaiter pour le premier numéro de la « Nation belge » de plus belle « revue de presse » que celle dont nos grands confrères français nous donnent l'occasion en racontant la visite qu'ils viennent de faire au roi Albert au milieu de ses soldats. Terre d'idéal Empruntons d'abord à Eugène Tardieu, de l'« Echo de Paris », l'impression générale du voyage : Le territoire belge qui reste inviolé n'est pas bien grand, en moins d'une journée d'au>-t.omobile on peut le parcourir tout entier. C'est -peut-être cependant aujourd'hui le plus grand royaume du monde, où règne le plus grand des rois, plus grand comme le malheur immérité est plus grand que la fortune mal acquise, l'Honneur que la honte et l'Idéal que tout le-reste. C'est pa.r la force de l'Idée que ce minuscule royaume qu'il faut restituer dians sa situation première s'impose au monde entier et aux préoccupations de tous les politiques, car si justice ne lui était pas rendue, l'idée même de justice serait enlevée à l'humanité...Ce petit royaume d'Idéal, qui offre encore tant de coins charmants, montre aussi les plus tragiques des ruines, régions dévastées, villages dont il ne reste pas pierre sur pierre, mais son visage gravie» qui sait encore sourire par un beau jour de printemps, n'a pas un seul trait qui marque le découragement ou la lassitude. Quand on le revoit aujourd'hui courageux et bien armé et qu'on l'a vu si pré- caire à l'époque où, grâce à des efforts héroïques, en quoi rivalisèrent Beiges, Anglais et Français, la marche sur Calais arrèrée fut, après la bataille de la Marne, le plus beau soufflet qu'ait reçu le kaiser, on ne peut se tenir de répéter ici comme ailleurs : « Non î ils ne passeront pas, car ils seront vaincus I » C'est dans l'un des plus gracieux de ces villages flamands que notre auto s'est arrêtée. Un vieux presbytère, dont le petit donjon de briques est surmonté d'un clocher en forme de poire renversée et posée sur unie poan-te. Une avenue d'ormeaux le sépare du cime-ttèi* et de l'église à la haute tour carrée. C'est presque un décor de béguinage, propre, vieil-loi, dolent. Touchante simplicité Le <c Matin » va nous dire la touchante simplicité de l'intérieur : comme au matin de l'automne dernier. îe générai Ruquoy encore nous attendait. Mais ce ne fut as lui qui vint nous recevoir au perron de l'austère demeure, ce fut un général français. Il nous a précédé dans une chambre claire où des vitraux jouaient en reflets bigarrés. Un grand rayon doré brillait sur un fanion aux couleurs de Belgique, un autre auréolait un petit saint antique et un enfant Jésus aux robes délavées. En entrant, tout d'abords je n'ai vu que cela : le saint et le drapeau, et cependant au milieu de la. chambre deux généraux nous accueilli aient ; l'un d'eux était le général Albert Ier. S. M. le roi des Belges est, avant d'être Toi, le premier soldat de Beligique. C'est comme

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This item is a publication of the title La nation belge: journal quotidien d'union nationale belonging to the category Katholieke pers, published in Bruxelles from 1918 to 1956.

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